Mathilda

Où vas-tu Mathilda ? Où vas-tu ce soir ?
Faire un tour. Le long du canal.
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Quel canal ?
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Jeanne Moreau | Où vas-tu Mathilde. Cyrus Bassiak [Serge Rezvani], paroles et musique.
Jeanne Moreau, chant ; arrangements et direction Elek Bacsik.
Claude Lelouch, réalisation. France, 1966.
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Castigo de Deus
Drôle de fado celui-ci. Les paroles, la musique, tout.
Ce Castigo de Deus (« Châtiment de Dieu ») est l’œuvre, paroles et musique, de Frederico de Brito (1894-1977), surnommé Britinho, connu surtout pour son inépuisable activité de parolier de fados et de marches. Son nom est présent dans la discographie de la plupart des fadistes du vingtième siècle, y compris les plus fameux.
Il a aussi composé aussi des musiques (Canoas do Tejo, du répertoire de Carlos do Carmo, par exemple), parfois plus proches de la chanson que du fado (Aquela janela virada para o mar, interprété par Tristão da Silva, repris par António Zambujo dans un de ses premiers albums). Castigo de Deus entrerait plutôt dans cette catégorie des fados qui n’en sont pas. La musique a un je ne sais quoi d’espagnol, ou un je ne sais quoi de je ne sais quoi.
Je l’ai découvert par hasard, comme souvent, il y a quelques semaines. Après quoi je me suis rendu compte que j’en possédais un enregistrement, sur une compilation que j’ai depuis une bonne vingtaine d’années. Mais je sais pourquoi je n’y avais pas fait attention jusqu’à présent : dans les compilations, je n’écoute pas les fados avec accompagnement d’orchestre ; je passe au suivant. Or cette fois, malgré les violons et le reste, non seulement j’ai écouté jusqu’au bout, mais j’y suis revenu. Ce qui m’a retenu c’est la voix, la diction, et dans ce fado l’articulation et l’accentuation particulières des mots « castigo » et « contigo » dans le refrain. La chanteuse met carrément et bien franchement l’accent sur la dernière syllabe (comme en français), ce qui crée une sorte de bizarrerie fascinante.
La vidéo est hideuse.
Alice Maria | Castigo de Deus. Frederico de Brito, paroles et musique.
Alice Maria, chant ; accompagnement d’orchestre. Portugal, années 1970 ?.
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On sait peu de chose de cette Alice Maria : son activité s’est apparemment étendue sur les décennies 1970-80. Elle a peu enregistré.
Pour comparer, voici une autre interprétation, plus classique, de ce même thème par Fernanda Maria.
Fernanda Maria (née en 1937) | Castigo de Deus. Frederico de Brito, paroles et musique.
Fernanda Maria, chant ; Jaime Santos, guitare portugaise ; Martinho d’Assunção, guitare classique ; José Maria Nóbrega, basse acoustique. Portugal, années 1970 ?.
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Pecados, pecados e os dias
passados
De tantos pecados de amor o que é que nos resta?
Se a vida é o fruto de tantos
pecados
Sem termos pecados a vida não presta
Eu sei que pequei, eu sei, mas ninguém me diga
Que a vida nos vem por bem, que Deus não castiga
Des péchés, des péchés et tant de jours passés
De tous ces péchés d’amour, qu’est-ce qu’il nous en reste ?
S’il est vrai que la vie est le fruit du péché,
Alors vivre sans péchés n’est pas vivre.
J’ai péché, je le sais, mais qu’on ne me dise pas
Que la vie est un cadeau et que Dieu n’est qu’amour ! Castigo de Deus pelos pecados meus
Pedi-te uma esmola, Deus deu-me um castigo
Porque me disseste que fosse
com Deus
Que eu fosse com Deus
E ao fim combinamos que eu fosse contigo
Colère de Dieu, pour tous mes péchés
Je t’ai demandé l’aumône et j’ai eu la colère de Dieu
Parce que tu m’as dit : « que Dieu t’accompagne ! »
« Que Dieu t’accompagne ! »
Mais finalement, c’est bien toi qui m’as accompagnée. Pecados, pecados e os dias
contados
Sem ter uma esperança sequer, sem ter um carinho
Já não me entendia com tantos
pecados
E um dia esqueci-me dalguns p’lo caminho
Não sei se os remi, não sei, a paixão cegou-me
Pagar o que fiz não quis, e Deus castigou-me
Des péchés, des péchés et tous ces jours passés
Sans le moindre espoir, sans tendresse aucune !
Je ne savais plus où j’en étais de tant de péchés
Jusqu’à en oublier plusieurs
en chemin
Je ne sais si je les ai rachetés, la passion m’aveuglait
J’ai refusé de payer pour ce que j’ai fait, Dieu m’a punie. Castigo de Deus pelos pecados meus
Pedi-te uma esmola, Deus deu-me um castigo
Porque me disseste que fosse
com Deus
Que eu fosse com Deus
E ao fim combinamos que eu fosse contigo
Colère de Dieu, pour tous mes péchés
Je t’ai demandé l’aumône et j’ai eu la colère de Dieu
Parce que tu m’as dit : « que Dieu t’accompagne ! »
« Que Dieu t’accompagne ! »
Mais finalement, c’est bien toi qui m’as accompagnée. …… Frederico de Brito (1894-1977).
Castigo de Deus.Frederico de Brito (1894-1977).
Colère de Dieu, traduit de : Castigo de Deus par L. & L.
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Lula Pena | O negro que sou + Breviário
Lula Pena | O negro que sou + Breviário.
O negro que sou. Poème de Ronald Augusto ; musique de Lula Pena.
Breviário. Poème de Jerusa Pires Ferreira ; musique de Lula Pena.
Lula Pena, chant, guitare. Captation : Pays-Bas, mai 2016.
Vidéo : Hilversum (Pays-Bas) : VPRO, 2016.
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Deux extraits de l’album Archivo pittoresco (2017), l’un et l’autre employant des poèmes d’auteurs brésiliens.
À propos du premier, O negro que sou, voir le billet Lula Pena | O negro que sou.
Le second poème, Breviário (« Bréviaire »), est l’œuvre de Jerusa Pires Ferreira, universitaire spécialiste de littérature populaire, née en 1938 dans la région de Salvador de Bahia. Il évoque la ville de Breves de Marajó située au nord du Brésil, dans l’état du Pará. Breves emprunte son nom à celui de ses fondateurs, les deux frères portugais Manuel Fernandes Breves et Ângelo Fernandes Breves qui s’y installèrent dans la première moitié du XVIIIe siècle. Ils y implantèrent une fabrique de transformation de la canne à sucre autour de laquelle s’organisa l’activité économique de la ville, longtemps désignée pour cette raison du nom de Engenho dos Breves (« Fabrique des Breves »). Un des vers du poème fait référence à cet ancien nom (« antigo engenho dos irmãos » : « antique fabrique des frères »).
Santana festeja a vinda
do grande barco
que acaba de
varar o estreito
vencer a morte
clarear a noite
em Breves de Marajó
o giro de um outro
este tão pequeno
no entorno
escreve partes do nome
da cidade santa
Jerusalém
traça um esboço
um destino
homem e mulher sob a lua
jesuítas e índios
negros caboclos e todos
Ao léu dos perigos
tantos barcos a passar
buscavam no escuro
orações-fortes
breves resumos amuletos
por isso a cidade festejada
antigo engenho dos irmãos
e o nome
que a eterniza
em seu aflito
pedido de proteção
que ela sobreviva
aos decibéis
aturdidores
e a tantas cobiçasSantana célèbre l’arrivée
du grand navire
qui vient
de passer le détroit
vaincre la mort
changer la nuit en clarté
à Breves de Marajó
le sillage d’un autre
celui-ci si petit
auprès de l’autre
écrit des parties du nom
de la ville sainte
Jérusalem
trace une ébauche
une destinée
homme et femme sous la lune
jésuites et indiens
nègres métis et tous
À l’abri des dangers
de nombreux navires passaient
cherchant dans l’obscurité
prières miraculeuses
médailles, formules, amulettes
c’est pourquoi : que la cité en fête,
antique fabrique des frères,
et le nom
qui la rend éternelle
dans sa demande de protection
pleine d’affliction,
survive
aux décibels
assourdissants
et à toutes les convoitises …… Jerusa Pires Ferreira (née en 1938). Breviário. Dans : Sete cromos para Breves (2010).Jerusa Pires Ferreira (née en 1938).
Bréviaire, traduit par L. & L. de : Breviário. Dans : Sete cromos para Breves (2010).
L’entrée dans Jérusalem

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Le voici. Splendeur et grâce du monde, entrant dans Jérusalem.
Le peuple vient à lui, portant des palmes dont il lui évente le visage et le torse, l’acclamant, se prosternant. Les enfants courent se jucher dans les figuiers, on monte sur les murs, on se penche aux fenêtres, chacun veut voir. Le ciel s’emplit des hirondelles de la ville. Elles fusent de tous côtés, sifflant, ivres de bonheur, tandis que les chiens accourent, bonnes bêtes, désireux de participer à la liesse de l’univers.
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Silence.
Comme se défait l’écume des vagues, comme les vagues elles-mêmes viennent mourir sur les grèves, ainsi passe à jamais la gloire du monde.
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Kardeş Türküler | Bingöl
Je suis égaré, ne connais plus les chemins.
Je ne connais pas les mille lacs, fleurs et rochers.
Je suis un exilé, ces lieux sont étrangers.
Dis, ma sœur, lequel est le chemin de Bingöl ?Avetik Issahakian [Ավետիք Իսահակյան] (1875-1957). Bingöl. Traduction extraite du billet : Missak Manouchian, le poète, par Serge Venturini (2007), sur le site ADIC.
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Une musique traditionnelle arménienne, interprétée par le groupe stambouliote Kardeş Türküler, formé en 1993. Les paroles, en langue arménienne, sont constituées par le poème Bingöl de Avetik Issahakian [Ավետիք Իսահակյան] (1875-1957). Seules les première et dernière strophes sont chantées.
Kardeş Türküler | Bingöl. Avetik Issahakian [Ավետիք Իսահակյան], paroles ; musique traditionnelle (Arménie).
Kardeş Türküler, ensemble instrumental et vocal.
Captation : aucun renseignement. 2012 (mise en ligne).
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Enfin quand s’ouvrirent toutes les portes vertes du printemps
Des lyres devinrent les sources ondoyantes de Bingöl.
Les chameaux ornés passèrent, l’un après l’autre,
Ma bien-aimée partit aussi au vert Bingöl.Je me languis du visage de ma bien-aimée,
De sa fine taille, de ses cheveux-mers, je languis.
De sa douce parole, de son parfum, je languis.
De cette biche aux yeux noirs de Bingöl, je languis.Ô Sources fraîches, mes lèvres assoiffées restent fermées.
Ô Fleurs par milliers, mes yeux en pleurs restent fermés.
Ô Sans voir ma bien-aimée, mon cœur reste fermé.
Hélas ! Que m’importent les rossignols de Bingöl.Je suis égaré, ne connais plus les chemins.
Je ne connais pas les mille lacs, fleurs et rochers.
Je suis un exilé, ces lieux sont étrangers.
Dis, ma sœur, lequel est le chemin de Bingöl ?Avetik Issahakian [Ավետիք Իսահակյան] (1875-1957). Bingöl. Traduction extraite du billet : Missak Manouchian, le poète, par Serge Venturini (2007), sur le site ADIC.
Une pie, tant pis
Elle apparaît dans sa stricte livrée noire et blanche, marchant sur le rebord de la terrasse. S’arrête, se tourne du côté du vide, jacasse brièvement en entrebâillant les ailes dans un tremblement, découvrant un plumage bleu nuit.
Fait à nouveau quelques pas. S’arrête, jacasse encore face au vide dans son frisson bleu.
Revient sur ses pas. S’arrête.
Brusquement, se laisse tomber dans le vide.
Pauvre petite.
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Une solitude parfaite
Apprenons à nous chercher une retraite au milieu du monde même, & nous y jouïrons d’une solitude parfaite, mieux convenable à nos véritables desseins que celle qu’on trouveroit au haut d’une Pyramide d’Egypte, ou du Pic de Teneriffe.
Daniel Defoe (1661?-1731). Réflexions sérieuses et importantes de Robinson Crusoé. Dans : La vie et les avantures surprenantes de Robinson Crusoé, contenant Son retour dans son Isle, ses autres nouveaux Voyages & ses Réflexions. Traduit de l’Anglois. Nouvelle Edition, avec Figures. A Paris, chez Cailleau, rue S. Jacques, au-dessus de la rue des Noyers, à S. André. Chez Dufour, même Boutique & Fonds de Cuissart, au milieu du Quai de Gêvres, à l’Ange Gardien. M.DCC.LXI.
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Let them learn to retreat in the world, and they shall enjoy a perfect solitude; as complete, to all intents and purposes, as if they were to live in the cupola of St. Paul’s, or as if they were to live upon the top of Cheviot Hill, in Northumberland.
Daniel Defoe (1661?-1731). Serious Reflections of Robinson Crusoe, with his vision of the angelic world (1721).
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Henry Purcell (1659-1695) | O solitude, my sweetest choice, Z. 406 (1684/1685). Henry Purcell, musique ; poème d’Antoine Girard de Saint-Amant, traduit par Katherine Philips.
Andreas Scholl, contre-ténor ; Accademia Bizantina, ensemble instrumental ; Stefano Montanari, direction.
Captation : France, Festival de Beaune, 25 juillet 2010.
Vidéo : Olivier Simonnet, réalisation ; CLC productions, Festival de Beaune, Voo Tv, production. France, 2010.
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Maria Teresa de Noronha | Fado pintadinho
Voici un fado particulièrement approprié pour un jour de l’Ascension. La voix de Maria Teresa de Noronha, d’une souplesse incomparable, atteint avec une extrême facilité les notes aiguës du Fado pintadinho, qu’elle seule interprète avec une telle agilité. Beaucoup de fadistes ont repris cette musique, avec d’autres textes, mais tous marquent un temps d’arrêt avant de se lancer dans l’arpège ascendant qui est la marque de ce fado.
Maria Teresa de Noronha était la plus grande styliste du fado d’après-guerre. Son timbre de voix n’était pas exceptionnel, et elle se contentait généralement de textes sans grand intérêt. Amália Rodrigues, tout en reconnaissant ses qualités vocales, la trouvait par ailleurs (dans son autobiographie) exagérément bigote. « Elle sentait un peu le bénitier » : je crois que c’est la formule qu’elle emploie. Je n’ai pas le livre sous la main en ce moment, je retrouverai la citation précise.
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Maria Teresa de Noronha (1918-1993) | Fado Pintadinho. José Mariano, paroles ; José António Sabrosa, musique ; Maria Teresa de Noronha, arrangement.
Maria Teresa de Noronha, chant ; accompagnement de guitare portugaise et guitare classique (instrumentistes non mentionnés).
Captation : « Madrugada do Fado », spectacle d’hommage à Alfredo Marceneiro, Lisbonne, Théâtre São Luiz, 25 mai 1963.
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Eu vi outrora o luar
À porta de Santa Cruz
Era o silêncio a rezar
Avé Marias de luz
À la porte de Santa Cruz
Le clair de lune semblait
Un silence récitant
Des Ave Marias de lumière Fiquei na sombra discreta
E murmurei: Que primor!
Não és apenas poeta
Ó luar tu és pintor
Discrète, je me tenais dans l’ombre
Et murmurai : quelle splendeur !
Tu n’es pas que poète
Clair de lune, tu es peintre ! Passou o tempo voltei
Vi a mesma claridade
E fui eu que então rezei
Padre-nossos de saudade
Le temps a passé, j’y suis retournée
C’était la même clarté
Et c’est moi qui ai récité
Des Notre Père de saudade …… José Mariano.
Fado pintadinho.José Mariano.
Fado pintadinho. Traduction L. & L.
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À l’est de la ville
Insensiblement nous sortons de la ville. Ou c’est elle qui nous quitte.
Elle se distend, laisse place à d’autres paysages.

Une plaine immense. Nous marchons.
L’un de nous dit : nous nous sommes écartés de l’itinéraire.
Mais non. C’est la direction. À ce croisement nous trouverons une indication.
Rien.
Un homme. Il faut lui demander. Monsieur s’il vous plaît.

Il ne répond pas, ne semble pas comprendre.
Il pleure. On ne sait de quel malheur.
L’un de nous dit : il ne comprend pas. Monsieur, vous êtes turc ?
Cette question, pour qu’elle soit entendue de l’homme, il faudrait la poser en turc. Aucun de nous ne connaît cette langue.
L’homme pleure. Il pleure sur la douleur de la Turquie.
Ces musiques au loin… Anatoliennes, oui… Vous croyez ?
Nous marchons.
Nous longeons la paroi d’une falaise blanche ornée de loin en loin de peintures rupestres. L’une d’elle nous intrigue. On y reconnaît un éléphant, il n’y a pas à s’y méprendre.

Les Indes ? Une telle distance parcourue déjà ?
Nous atteignons un fleuve.

C’est l’un des plus grands du monde. Nous décidons d’en longer la rive, vers ce que nous croyons être son aval.
La végétation se fait d’une densité impitoyable. Il devient difficile de se tenir au plus près du cours du fleuve. Parfois nous nous en éloignons.
Nous le retrouvons grâce au tumulte de ses eaux.
Un pont.

La végétation s’est fermée sur nous. Nous sommes incarcérés, prisonniers de la plus inexpugnable des forteresses.
Nous nous sentons observés.

Menacés.

Nous débouchons soudain dans une clairière que rien n’annonçait.
Un silence terrible s’est établi.
Ces traces sur le sol : les tigres.

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Vers le soir nous atteignons la frontière de la Chine.
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Kardeş Türküler | Tencere tava havası.
Kardeş Türküler, ensemble instrumental et vocal. Turquie, 2013.
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