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Sílvia Pérez Cruz | Mechita

23 juillet 2017

Sílvia Pérez Cruz publie un nouvel album, Vestida de nit. Sa voix seule, accompagnée d’un quintette à cordes. Quel événement !

Vestida de nit est composé de pièces qui faisaient déjà partie du répertoire de la chanteuse, certaines depuis ses débuts (Vestida de nit, musique de son père Càstor Pérez, texte de sa mère Glòria Cruz, Corrandes d’exili, de Pere Quart et Lluís Llach, Gallo rojo, gallo negro, …).

En voici un aperçu : Mechita est une valse du compositeur péruvien Manuel Raygada Ballesteros (1904-1971), natif de Callao — le port de Lima, bien connu des tintinophiles.

Sílvia Pérez Cruz | Mechita (extrait). Manuel Raigada Ballester, paroles & musique.
Javier Galiana de la Rosa, arrangement ; Sílvia Pérez Cruz, chant ; Elena Rey & Carlos Montfort, violon ;Anna Aldomà, alto ; Joan Antoni Pich, violoncelle ; Miquel Àngel Cordero, contrebasse.
Vidéo : igor.cat [Igor Cortadellas], réalisation ; Juan Casanovas, son. 2015.

Encore ! Une version avec guitare seule, enregistrée en 2013 à Arles :

Sílvia Pérez Cruz | Mechita. Manuel Raigada Ballester, paroles & musique.
Sílvia Pérez Cruz, chant ; Mario Mas, guitare.
Vidéo : Arte, production. Captation : Arles (France), Festival Les Suds, 10 juillet 2013.

Encore ! La version de Vestida de nit — un enregistrement récent réalisé au Chili :

Sílvia Pérez Cruz | Mechita. Manuel Raigada Ballester, paroles & musique.
Javier Galiana de la Rosa, arrangement ; Sílvia Pérez Cruz, chant ; Elena Rey & Carlos Montfort, violon ;Anna Aldomà, alto ; Joan Antoni Pich, violoncelle ; Miquel Àngel Cordero, contrebasse.
Captation : Chili, 17 juin 2017. Son désagréable les premières secondes.

Mechita de mis ensueños,
muñequita seductora,
tu juventud atesora
todo un mundo de esplendor;
el misterio de tus ojos
ha turbado toda mi calma
y hace nacer en mi alma
una esperanza de amor.

 

Mechita de mes rêves,
Ma poupée séductrice
Ta jeunesse rassemble
Tout un monde de splendeur.
Le mystère de tes yeux
A troublé tout mon calme
Et fait naître dans mon ême
Un espoir d’amour.
Mechita eres linda,
tus ojos,
tus ojos me fascinan,
tu boca,
tu boquita divina
quisiera,
quisiera yo besar.

 

Mechita tu es belle,
Tes yeux
Tes yeux me fascinent,
Ta bouche,
Ta divine petite bouche,
Je voudrais,
Je voudrais l’embrasser.
Mechita, tú bien sabes
lo mucho,
lo mucho que te quiero,
por eso,
por eso te ruego
no me hagas sufrir más.

 

Mechita tu sais bien
À quel point
À quel point je t’aime,
Et donc,
Et donc je t’en prie
Ne me fais pas souffrir davantage.
Manuel Raygada Ballesteros (1904-1971).
Mechita
(années 1960).
Manuel Raygada Ballesteros (1904-1971).
Mechita
, traduit de : Mechita (années 1960) par L. & L.

 

Maria Emília | Procura-me esta noite (Fado Laranjeira)

22 juillet 2017

Maria Emília est une fadiste d’origine brésilienne, établie au Portugal de longue date (voir aussi : Maria Emília | Saudades de Júlia Mendes).

Elle est impressionnante dans ce Procura-me esta noite (« Viens me retrouver ce soir »), dont la musique est celle du Fado Laranjeira (« Fado de l’oranger ») d’Alfredo Marceneiro.

Dès son commencement le fado vous prend vous aussi. La dernière strophe vous soulève. Vous pleurez.

Maria Emília | Procura-me esta noite. Paco Gonzalez, paroles ; Alfredo Marceneiro, musique (Fado Laranjeira)
Maria Emília, chant ; Luís Ribeiro, guitare portugaise ; Jaime Martins et Ricardo Belo, guitare (viola de fado) ; Luís N´Gambi, basse acoustique.
Vidéo : 4FadoLisbon.
Captation : Lisbonne, Restaurant A Nini, 21 mars 2013, à l’occasion de la « Noite Nuno de Aguiar ».

Procura-me esta noite noite, eu
[quero-te contar
O que passei sem ti desde que te
[deixei
Procura-me esta noite e sabe
[perdoar
Que eu esqueço o que sofri p’lo muito
[que te amei

 

Viens me trouver ce soir, je veux te
[raconter
Ce que j’ai souffert sans toi depuis que je
[t’ai quitté
Viens me trouver ce soir et sache
[pardonner
Car j’oublie mes souffrances de tant t’avoir aimé.
Procura-me esta noite, à hora do
[costume
Que eu levo o coração repleto
[de ansiedade
Procura-me esta noite, os meus lábios
[são lume
E o fogo da paixão mata-me de
[saudade

 

Viens me trouver ce soir, à l’heure
[habituelle
Car j’ai le cœur dévoré
[d’inquiétude
Viens me trouver ce soir, mes lèvres
[sont comme la braise
Et le feu de la passion me consume de
[saudade.
Procura-me esta noite, a noite é dos
[amantes
E o mundo de nós dois é poema
[de amor
Encontras nesta noite mil noites como
[dantes
Cheiinhas de alegria, de beijos e calor

 

Viens me trouver ce soir, la nuit est aux
[amants
Et notre monde à nous est poème
[d’amour
Cette nuit sera comme mille de nos
[anciennes nuits
Toute pleine de joie, de baisers, de
[chaleur.
Procura-me esta noite, se sabes que
[sou tua
Não deixes que o rancor no teu peito
[se acoite
Se a vida é tão pequena, não esperes
[amor meu
A zanga já passou, procura-me esta noite

 

Viens me trouver ce soir, si tu sais que
[je t’aime
Ne laisse pas la rancune se ficher dans
[ton cœur
La vie est courte, n’attends pas
[davantage
La dispute est finie, viens me trouver ce soir.
Paco Gonzalez.
Procura-me esta noite
.
Paco Gonzalez.
Viens me trouver ce soir
, traduit de : Procura-me esta noite par L. & L.

Rideau

15 juillet 2017

Urbino (Marches, Italie = Marche, Italia), Palazzo ducale, 4 juillet 2017 Urbino (Marches, Italie = Marche, Italia), Palazzo ducale, 4 juillet 2017

Urbino (Marches, Italie = Marche, Italia), Palazzo ducale, 4 juillet 2017 Urbino (Marches, Italie = Marche, Italia), Palazzo ducale, 4 juillet 2017

Mathilda

14 juillet 2017

Fondazione Magnani Rocca, Traversetolo (Émilie-Romagne, Italie), 30 juin 2017

Où vas-tu Mathilda ? Où vas-tu ce soir ?
Faire un tour. Le long du canal.

Fondazione Magnani Rocca, Traversetolo (Émilie-Romagne, Italie), 30 juin 2017

Quel canal ?

Jeanne Moreau | Où vas-tu Mathilde. Cyrus Bassiak [Serge Rezvani], paroles et musique.
Jeanne Moreau, chant ; arrangements et direction Elek Bacsik.
Claude Lelouch, réalisation. France, 1966.

Fondazione Magnani Rocca, Traversetolo (Émilie-Romagne, Italie), 30 juin 2017

Castigo de Deus

12 juillet 2017

Drôle de fado celui-ci. Les paroles, la musique, tout.

Ce Castigo de Deus (« Châtiment de Dieu ») est l’œuvre, paroles et musique, de Frederico de Brito (1894-1977), surnommé Britinho, connu surtout pour son inépuisable activité de parolier de fados et de marches. Son nom est présent dans la discographie de la plupart des fadistes du vingtième siècle, y compris les plus fameux.

Il a aussi composé aussi des musiques (Canoas do Tejo, du répertoire de Carlos do Carmo, par exemple), parfois plus proches de la chanson que du fado (Aquela janela virada para o mar, interprété par Tristão da Silva, repris par António Zambujo dans un de ses premiers albums). Castigo de Deus entrerait plutôt dans cette catégorie des fados qui n’en sont pas. La musique a un je ne sais quoi d’espagnol, ou un je ne sais quoi de je ne sais quoi.

Je l’ai découvert par hasard, comme souvent, il y a quelques semaines. Après quoi je me suis rendu compte que j’en possédais un enregistrement, sur une compilation que j’ai depuis une bonne vingtaine d’années. Mais je sais pourquoi je n’y avais pas fait attention jusqu’à présent : dans les compilations, je n’écoute pas les fados avec accompagnement d’orchestre ; je passe au suivant. Or cette fois, malgré les violons et le reste, non seulement j’ai écouté jusqu’au bout, mais j’y suis revenu. Ce qui m’a retenu c’est la voix, la diction, et dans ce fado l’articulation et l’accentuation particulières des mots « castigo » et « contigo » dans le refrain. La chanteuse met carrément et bien franchement l’accent sur la dernière syllabe (comme en français), ce qui crée une sorte de bizarrerie fascinante.

La vidéo est hideuse.

Alice Maria | Castigo de Deus. Frederico de Brito, paroles et musique.
Alice Maria, chant ; accompagnement d’orchestre. Portugal, années 1970 ?.

On sait peu de chose de cette Alice Maria : son activité s’est apparemment étendue sur les décennies 1970-80. Elle a peu enregistré.

Pour comparer, voici une autre interprétation, plus classique, de ce même thème par Fernanda Maria.

Fernanda Maria (née en 1937) | Castigo de Deus. Frederico de Brito, paroles et musique.
Fernanda Maria, chant ; Jaime Santos, guitare portugaise ; Martinho d’Assunção, guitare classique ; José Maria Nóbrega, basse acoustique. Portugal, années 1970 ?.

Pecados, pecados e os dias
passados
De tantos pecados de amor o que é que nos resta?
Se a vida é o fruto de tantos
pecados
Sem termos pecados a vida não presta
Eu sei que pequei, eu sei, mas ninguém me diga
Que a vida nos vem por bem, que Deus não castiga

 

Des péchés, des péchés et tant de jours passés
De tous ces péchés d’amour, qu’est-ce qu’il nous en reste ?
S’il est vrai que la vie est le fruit du péché,
Alors vivre sans péchés n’est pas vivre.
J’ai péché, je le sais, mais qu’on ne me dise pas
Que la vie est un cadeau et que Dieu n’est qu’amour !
Castigo de Deus pelos pecados meus
Pedi-te uma esmola, Deus deu-me um castigo
Porque me disseste que fosse
com Deus
Que eu fosse com Deus
E ao fim combinamos que eu fosse contigo

 

Colère de Dieu, pour tous mes péchés
Je t’ai demandé l’aumône et j’ai eu la colère de Dieu
Parce que tu m’as dit : « que Dieu t’accompagne ! »
« Que Dieu t’accompagne ! »
Mais finalement, c’est bien toi qui m’as accompagnée.
Pecados, pecados e os dias
contados
Sem ter uma esperança sequer, sem ter um carinho
Já não me entendia com tantos
pecados
E um dia esqueci-me dalguns p’lo caminho
Não sei se os remi, não sei, a paixão cegou-me
Pagar o que fiz não quis, e Deus castigou-me

 

Des péchés, des péchés et tous ces jours passés
Sans le moindre espoir, sans tendresse aucune !
Je ne savais plus où j’en étais de tant de péchés
Jusqu’à en oublier plusieurs
en chemin
Je ne sais si je les ai rachetés, la passion m’aveuglait
J’ai refusé de payer pour ce que j’ai fait, Dieu m’a punie.
Castigo de Deus pelos pecados meus
Pedi-te uma esmola, Deus deu-me um castigo
Porque me disseste que fosse
com Deus
Que eu fosse com Deus
E ao fim combinamos que eu fosse contigo

 

Colère de Dieu, pour tous mes péchés
Je t’ai demandé l’aumône et j’ai eu la colère de Dieu
Parce que tu m’as dit : « que Dieu t’accompagne ! »
« Que Dieu t’accompagne ! »
Mais finalement, c’est bien toi qui m’as accompagnée.
Frederico de Brito (1894-1977).
Castigo de Deus
.
Frederico de Brito (1894-1977).
Colère de Dieu
, traduit de : Castigo de Deus par L. & L.

Lula Pena | O negro que sou + Breviário

10 juillet 2017

Lula Pena | O negro que sou + Breviário.
O negro que sou. Poème de Ronald Augusto ; musique de Lula Pena.
Breviário. Poème de Jerusa Pires Ferreira ; musique de Lula Pena.
Lula Pena, chant, guitare. Captation : Pays-Bas, mai 2016.
Vidéo : Hilversum (Pays-Bas) : VPRO, 2016.

Deux extraits de l’album Archivo pittoresco (2017), l’un et l’autre employant des poèmes d’auteurs brésiliens.

À propos du premier, O negro que sou, voir le billet Lula Pena | O negro que sou.

Le second poème, Breviário (« Bréviaire »), est l’œuvre de Jerusa Pires Ferreira, universitaire spécialiste de littérature populaire, née en 1938 dans la région de Salvador de Bahia. Il évoque la ville de Breves de Marajó située au nord du Brésil, dans l’état du Pará. Breves emprunte son nom à celui de ses fondateurs, les deux frères portugais Manuel Fernandes Breves et Ângelo Fernandes Breves qui s’y installèrent dans la première moitié du XVIIIe siècle. Ils y implantèrent une fabrique de transformation de la canne à sucre autour de laquelle s’organisa l’activité économique de la ville, longtemps désignée pour cette raison du nom de Engenho dos Breves (« Fabrique des Breves »). Un des vers du poème fait référence à cet ancien nom (« antigo engenho dos irmãos » : « antique fabrique des frères »).

Santana festeja a vinda
do grande barco
que acaba de
varar o estreito
vencer a morte
clarear a noite
em Breves de Marajó
o giro de um outro
este tão pequeno
no entorno
escreve partes do nome
da cidade santa
Jerusalém
traça um esboço
um destino
homem e mulher sob a lua
jesuítas e índios
negros caboclos e todos
Ao léu dos perigos
tantos barcos a passar
buscavam no escuro
orações-fortes
breves resumos amuletos
por isso a cidade festejada
antigo engenho dos irmãos
e o nome
que a eterniza
em seu aflito
pedido de proteção
que ela sobreviva
aos decibéis
aturdidores
e a tantas cobiças
Santana célèbre l’arrivée
du grand navire
qui vient
de passer le détroit
vaincre la mort
changer la nuit en clarté
à Breves de Marajó
le sillage d’un autre
celui-ci si petit
auprès de l’autre
écrit des parties du nom
de la ville sainte
Jérusalem
trace une ébauche
une destinée
homme et femme sous la lune
jésuites et indiens
nègres métis et tous
À l’abri des dangers
de nombreux navires passaient
cherchant dans l’obscurité
prières miraculeuses
médailles, formules, amulettes
c’est pourquoi : que la cité en fête,
antique fabrique des frères,
et le nom
qui la rend éternelle
dans sa demande de protection
pleine d’affliction,
survive
aux décibels
assourdissants
et à toutes les convoitises
Jerusa Pires Ferreira (née en 1938). Breviário. Dans : Sete cromos para Breves (2010).
Jerusa Pires Ferreira (née en 1938).
Bréviaire
, traduit par L. & L. de : Breviário. Dans : Sete cromos para Breves (2010).

L’entrée dans Jérusalem

10 juillet 2017

Urbino (Marches, Italie = Marche, Italia), 4 juillet 2017

Le voici. Splendeur et grâce du monde, entrant dans Jérusalem.

Le peuple vient à lui, portant des palmes dont il lui évente le visage et le torse, l’acclamant, se prosternant. Les enfants courent se jucher dans les figuiers, on monte sur les murs, on se penche aux fenêtres, chacun veut voir. Le ciel s’emplit des hirondelles de la ville. Elles fusent de tous côtés, sifflant, ivres de bonheur, tandis que les chiens accourent, bonnes bêtes, désireux de participer à la liesse de l’univers.

Urbino (Marches, Italie = Marche, Italia), 4 juillet 2017

Silence.

Comme se défait l’écume des vagues, comme les vagues elles-mêmes viennent mourir sur les grèves, ainsi passe à jamais la gloire du monde.

Urbino (Marches, Italie = Marche, Italia), 4 juillet 2017

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