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La voyageuse

12 juillet 2019

Urbino (Marche, Italia), Palazzo ducale, 28 juin 2019

Madame ! Que faites-vous ici, à Urbin ? Vous êtes en villégiature sans doute.

De passage. C’est ça. Vous parcourez l’Europe. Inverness, Göttingen, la mer de paille, la grande porte de Kiev.

Qu’avez-vous vu à Göttingen ? À Marienbad ?

Demain l’île de Krk, puis l’île de Sein, celles de la Frise ; vous aimez les îles. Et l’Engadine, Tolède, Salonique, Helsinki, les Dardanelles, quel beau voyage ! Que de photographies ! N’allez-vous pas les confondre, une fois retournée dans vos enfers familiers ?

Peu importe, n’est-ce pas. L’important c’est de les avoir prises. Vous reviendrez l’année prochaine.

Έλλη Πασπαλά [Éllī Paspalá] | Youkali, tango-habanera. Roger Fernay, paroles ; Kurt Weill, musique. Musique extraite de la musique de scène composée par Kurt Weill pour la pièce de théâtre Marie Galante (1934), de Jacques Deval (1890–1972), d’après son roman Marie Galante (1931). Les paroles ont été ajoutées en 1935.
Έλλη Πασπαλά [Éllī Paspalá], chant ; Θεόδωρος Κοτεπάνος [Theódōros Kotepános], arrangements et direction d’orchestre.
Extrait de l’album Στη Λάμψη του Φεγγαριού [Stī Lámpsi tou Fengarioú]. Grèce, 1988.

António Zambujo | Catavento da Sé

8 juillet 2019

Da minha rua eu vejo ao longe o catavento da sé
E o galo gira ao sabor do vento que vira com a maré
Gira pelo próprio pé
Contra o tempo que gira o relógio da torre da sé
Miguel Araújo. Catavento da Sé (extrait).

De ma rue je vois au loin la girouette de la cathédrale
Le coq tourne au gré du vent qui change avec la marée
Il tourne sur sa patte
À rebours du temps qui fait tourner l’horloge du clocher

Un joli mot que catavento (ou cata-vento). En portugais, il désigne la girouette. Quant à , qui vient du latin sedes (« siège ») et qu’il faut prononcer « sè », c’est le mot le plus couramment utilisé pour « cathédrale » : a sé de Lisboa.

Catavento da sé est une chanson extraite de l’album Do avesso (« À l’envers »), publié en novembre 2018 par António Zambujo, actuellement chanteur pop. Un grand succès au Portugal, et pourtant tout y a un air de déjà entendu. À une oreille française du moins, ça évoque parfois Michel Jonasz, ou des manières de chanter des années 70, ou encore, comme ici, certains yé-yés nonchalants des années 63, 64, 65, Bobby Solo, Richard Anthony, Danyel Gérard… C’est ça : Danyel Gérard. Vous vous souvenez ? « Il pleut dans ma maison ah ah oh oui, car toutes les tuiles s’en vont ah ah oh oui… » En son temps, l’art de Danyel Gérard ne s’était pas répandu jusqu’à Lisbonne. Voici que cette lacune se comble, au ravissement du Portugal.

António Zambujo | Catavento da Sé. Miguel Araújo, paroles & musique (musique d’après Acorda Maria, acorda), chanson traditionnelle de l’Alentejo.
António Zambujo, chant, guitare acoustique ; Nuno Rafael, guitare acoustique ; Ricardo Cruz, basse électrique ; Filipe Melo, orgue Hammond ; Nuno Rafael & João Moreira, percussions ; Filipe Melo, João Moreira & Nuno Rafael, arrangements et chœurs. Extrait de l’album Do avesso / António Zambujo, Portugal, ℗2018.
Vidéo : Bruno Ferreira, réalisation. Production : Casper Films. Portugal, 2019

António Zambujo
Do avesso (2018)

Do avesso / António Zambujo. — Production : Portugal : Sons em Trânsito, sous licence Universal Music Portugal, ℗2018.

CD : Universal Music Portugal, 2018. — EAN 0602577218989.

Lula Pena | Come wander with me + Ojos, si queréis vivir

6 juillet 2019

Quelle chaleur. On n’a pas de pouvoir, aucun, rien n’obéit ; les choses glissent, s’échappent de soi. On ne veut rien, on ne veut pas être transporté au paradis, on n’en a pas l’idée, aucune idée ne vient. On est liquide. Souffre-t-on ? On ne sait pas. On est le début ou la fin du monde.

 

Lula Pena | Come wander with me (1964). Jeff Alexander & Anthony Wilson, paroles et musique. Ojos, si queréis vivir (Espagne, XVIIe siècle). Auteur et compositeur inconnus.
Lula Pena, chant & guitare. Captation : Madrid (Espagne), 9 juin 2017, dans le cadre du programme de concerts de musique portugaise de la Feria del Libro de Madrid.

Rundinella dans l’auto

4 juillet 2019

Passagère. — Mince. Ma porte est bloquée. Je vais être obligée de sortir de ton côté.
Conductrice. — Rhaah encore. Oui la mienne aussi est bloquée. Elle remet ça, j’en ai marre. J’en ai marre.
P. — Qui remet quoi ?
C. — Cette bagnole de merde. On ne sortira pas tant qu’on n’aura pas fait ce qu’elle veut.
P. — Quoi ?
C. — C’est une perverse. Une française d’ailleurs, pas étonnant. Ceux-là pour emmerder les gens ils sont champions du monde.
P. — Ma mère est française je te rappelle.
C. — Eeeh oui. Bon. Qu’est-ce qu’elle a écrit sur l’écran ?
P. — Rundinella.
C. — Tu l’as pas oubliée j’espère ? Faut qu’on la chante, c’est ça qu’elle veut.
P. — Non non c’est bon, je la connais.
C. — Bon, on y va. Applique-toi. Elle est capable de nous faire recommencer sinon.

 

Ebbanesis | Rundinella (1918). Rocco Galdieri, paroles ; Gaetano Spagnolo, musique.
Ebbanesis, duo vocal et instrumental.
Vidéo : Italie, octobre 2018 (mise en ligne).

Sicut erat in principio

4 juillet 2019


Chiesa San Francesco, Urbino (Marche, Italia) = Église Saint François, Urbin (Marches, Italie)

et nunc et semper


Collegiata di San Cristoforo (Duomo), Barga (Toscana, Italia) = Cathédrale Saint-Christophe, Barga (Toscane, Italie)

et in sæcula sæculorum amen confiteor à la bienheureuse Marie toujours vierge à saint Michel archange à saint Jean-Baptiste aux saints apôtres Pierre et Paul et à tous les saints que j’ai beaucoup péché par pensées par actions et par omission, beaucoup péché, mea culpa, mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa


Luis Cernuda | Despedida. Celeste Rodrigues | Meu corpo

14 juin 2019

la calle, sola a medianoche,
Doblaba en eco vuestro paso.
Llegados a la esquina fue el momento:
Arma presta, el espacio.

Eras tú quien partía,
Fuiste primero tú el que rompiste,
Así el ánima rompe sola,
Con terror a ser libre.

Y entró la noche en ti, materia tuya
Su vastedad desierta,
Desnudo ya del cuerpo tan amigo
Que contigo uno era.
Luis Cernuda (1902-1963). Despedida, extrait de Poemas para un cuerpo (1957).

………

La rue, vide à minuit,
Doublait en écho votre pas.
Arrivés au coin, ce fut le moment :
Arme preste, l’espace.

C’était toi qui partais,
Ce fut toi le premier à rompre.
Ainsi l’âme rompt seule,
Dans la terreur d’être libre.

En toi la nuit entra, ta matière
Son étendue déserte,
Dépouillé du corps tant aimé,
Qui avec toi ne faisait qu’un.
Luis Cernuda (1902-1963). Adieux, traduit de Despedida par Bruno Roy. Extrait de : Poèmes pour un corps (1957).
Dans : Poèmes pour un corps / Luis Cernuda ; [illustrations de] Luis Caballero ; [texte français de Bruno Roy]. France : Fata Morgana, impr. 2010. Bilingue espagnol français. ISBN 978-2-85194-781-9. P. 9.

Celeste Rodrigues (1923-2018) | Meu corpo. José Carlos Ary dos Santos, paroles ; Fernando Tordo, musique.
Celeste Rodrigues, chant ; Bernardo Couto, guitare portugaise ; Diogo Clemente, guitare classique (viola de fado) et direction musicale ; Nando Araujo, basse acoustique.
Vidéo : extrait du spectacle Cabelo branco é saudade, créé au Teatro Nacional São João, mis en scène par Ricardo Pais. 2005.

Se ouvires o chorar duma criança
Ou um grito de vingança, sou eu

Sou eu, de cabelo solto ao vento
Com olhar e pensamento no teu
Sou eu, na raíz do sofrimento
Contra ti e contra o tempo, sou eu
José Carlos Ary dos Santos (1937-1984). Meu corpo (extrait).

………

Si tu entends un enfant qui pleure
Ou un cri de vengeance, c’est moi.

C’est moi, les cheveux au vent
Les yeux et la tête pleins de toi
C’est moi, à la racine de la souffrance
Contre toi et contre le temps, c’est moi !
José Carlos Ary dos Santos (1937-1984). Mon corps (extrait), traduit de : Meu corpo par L. & L..

Fréhel | Où sont tous mes amants ?

10 juin 2019

Comme un lundi.

Fréhel (1891-1951) | Où sont tous mes amants ?. Charlys (Charles André Cachan) et Maurice Vandair, paroles & musique.
Fréhel, chant ; accompagnement d’orchestre ; Pierre Chagnon, direction.
Enregistrement : France, 1935.

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