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Matilde Politi | Cumari

26 décembre 2017

Si fussi masculu ti dassi lu celu
piccchì la tò vuci arrivau dda’ ncapu
puru si dura ti parsi la strata
cu’ pani arti e scarsa munita

Si fussi megghiu cantassi cu ttia
picchì si fimmina comu a mia
stindissi i tò nerbi comu linzola
p’un fari scurdariti ca’ parola,
avi la forza di centu guerriera
di centu guerrera e di na’ cumannera
ca s’iddu voli ti parra ‘nzuccarata
pirchì di zuccaru avi a’ taliata
Valeria Cimò. Cumari (extrait).

Si j’étais homme je te donnerais le ciel
Car ta voix est montée jusque là-haut
Même si la route t’a été dure
Avec du pain, de l’art et un peu de monnaie.

Si j’étais meilleure je chanterais avec toi
Parce que tu es femme comme moi
J’étendrais tes nerfs comme des draps
Pour que tu n’oublies pas que la parole
Est forte comme cent guerriers
Comme cent guerriers et une commandante
Mais qu’elle peut aussi être douce
Car tes yeux sont de sucre.

C’est la langue sicilienne. Matilde Politi est palermitaine. Cumari (« compagne ») est chanté sur une musique de tarentelle composée par Matilde Politi elle-même.

Matilde Politi | Cumari. Valeria Cimò, paroles ; Matilde Politi, musique.
Matilde Politi, chant, concertina ; Gabriele Politi, violon ; Simona Di Gregorio ; Lelio Giannetto, contrebasse ; Lajos Zsivkov, percussions.
Vidéo : Joel Stängle, réalisation. Scillichenti Films, 2010 (mise en ligne).

On trouvera sur cette page le texte sicilien complet avec sa traduction italienne.

 

Laponie aller-retour

25 décembre 2017

Vous y croyez vous, au Père Noël ?

Moi non. Je n’y ai jamais cru, même enfant, même bébé, jamais, et je considérais les gamins qui y croyaient comme des attardés mentaux. Lorsque certains d’entre eux découvraient avec stupeur qu’on leur avait menti au sujet du Père Noël, qu’on leur mentait depuis toujours, tout le monde, je me moquais d’eux, quand bien même ils éprouvaient leur première déchirure intime.

Le Père Noël est établi en Laponie. L’été il se nourrit d’airelles (c’est pourquoi son vêtement est rouge). Il se languit de Paris (« Paari », c’est ainsi qu’il l’écrit, car nul, dans la grande steppe lapone, ne connaît la langue de cette ville et ne peut la lui enseigner). Il joue de l’accordéon durant la longue journée boréale : un accordéon qu’il a oublié de remettre à sa récipiendaire la nuit de Noël 1963.

Oublié peut-être pas, d’ailleurs. Omis serait plus juste.

Meri-Tuuli Saarnio | Bastille. Meri-Tuuli Saarnio, musique.
Meri-Tuuli Saarnio, accordéon ; Timo Alakotila, piano ; Antti Vuori, saxophone ténor. Extrait de l’album Nieve / Meri-Tuuli Saarnio, Finlande : Bests Oy, 2011.
Vidéo : Lapland timelapses, réalisation Antti Vuori, 2012 (mise en ligne).

Sílvia Pérez Cruz | El cant dels ocells

24 décembre 2017

El cant dels ocells (« Le chant des oiseaux ») est tout à la fois un chant de Noël, un catalogue de noms d’oiseaux — le texte complet en cite plusieurs dizaines — et un hymne communautaire pour les Catalans à qui il évoque la Catalogne républicaine et le combat anti-franquiste, depuis la popularisation de cette mélodie par le grand violoncelliste Pau Casals. Exilé dès 1936, Casals exécutait El cant dels ocells à la fin de ses concerts.

En 1992, c’est au son du Cant dels ocells, interprété par la cantatrice Victòria dels Àngels (Victoria de los Ángeles) que s’est éteinte la flamme olympique des Jeux de Barcelone.

Sílvia Pérez Cruz et Raül Fernández en ont enregistré une version dans leur album Granada, paru en 2014.

Sílvia Pérez Cruz | El cant dels ocells. Traditionnel catalan, paroles et musique.
Sílvia Pérez Cruz, chant ; Raül Fernández, guitare. Captation : New York (NY, États-Unis), Joe’s Pub, 22 mars 2014.
Vidéo : Raul Romero, 2014 (mise en ligne).

Al veure despuntar
el major lluminar
en la nit més ditxosa,
els ocellets cantant,
a festejar-lo van
amb sa veu melindrosa.
En voyant s’éclairer
D’une lumière éclatante
La plus douce des nuits
Les oiselets chanteurs
Lui font fête
De leurs voix gracieuses.

L’àguila imperial
se’n vola cel adalt,
cantant amb melodia,
dient: Jesús és nat,
per treure’ns de pecat
i dar-nos alegria.

L’aigle impérial
S’envole en haut du ciel
Et d’une voix mélodieuse
Chante : Jésus est né
Pour nous libérer du péché
Et nous apporter la joie.

Cantava el passarell:
Oh, que hermós i que bell
és l’infant de Maria!
I li respon el tord:
Vençuda n’és la mort,
ja naix la vida mia !

La linotte chantait :
Oh qu’il est joli, qu’il est beau
L’enfant de Marie !
La grive lui répond :
La mort est vaincue
Voici que naît ma vie !

El cant dels ocells
(extrait). Traditionnel catalan.

Le chant des oiseaux
(extrait), traduit de : El cant dels ocells (traditionnel catalan) par L. & L.

Amália Rodrigues | Fado dos fados (1955)

20 décembre 2017

Canto da nossa tristeza
Choro da nossa alegria
Praga que é quase uma reza
Loucura que é poesia
Um sentimento que passa
A ser eterno cuidado
E razão duma desgraça
E assim tem de ser, é fado!

Leonel Neves (1921-1996). Fado dos fados (1955).

Chant de notre tristesse
Sanglot de notre joie
Colère qui est presque prière
Folie qui est poésie
Sentiment qui se transforme
En éternel tourment
Et qui rend malheureux
Inéluctablement : fado !

Amália Rodrigues (1920-1999) | Fado dos fados. Leonel Neves, paroles ; António Mestre, musique.
Amália Rodrigues, chant ; Domingos Camarinha, guitare portugaise ; Santos Moreira, guitare classique. Enregistré en public au Café Luso, Lisbonne, décembre 1955.
Extrait de l’album Amália no Café Luso. Portugal : Valentim de Carvalho, 1974

Aquele amor derradeiro
Maldito e abençoado
Pago a sangue e a dinheiro
Já não é amor, é fado!
Cet amour ultime
Maudit autant que béni
Payé de sang et d’argent
N’est plus amour, mais fado.
Quando o ciúme é tão forte
Que ao próprio bem desejado
Só tem ódio ou dá morte
Já não é ciúme, é fado!
Une jalousie si terrible
Qu’elle frappe l’être désiré
De haine ou de mort
N’est plus jalousie, mais fado.

Canto da nossa tristeza
Choro da nossa alegria
Praga que é quase uma reza
Loucura que é poesia
Um sentimento que passa
A ser eterno cuidado
E razão duma desgraça
E assim tem de ser, é fado!

Chant de notre tristesse
Sanglot de notre joie
Colère qui est presque prière
Folie qui est poésie
Sentiment qui se transforme
En éternel tourment
Et qui rend malheureux
Inéluctablement : fado !

O remorso de quem sente
Que se voltasse ao passado
Pecaria novamente
Já não é remorso, é fado!

Le remords de ceux qui savent
Que revivant leur passé
Ils commettraient les mêmes péchés
N’est pas remords, mais fado.
E esta saudade de agora
Não de algum bem acabado
Mas das saudades de outrora
Já não é saudade, é fado!
Et cette nostalgie présente
Non pas d’un amour révolu
Mais nostalgie des anciennes nostalgies
N’est pas saudade, mais fado !
Leonel Neves (1921-1996).
Fado dos fados
(1955).
Leonel Neves (1921-1996).
Fado des fados
, traduit de : Fado dos fados (1955) par L. & L.

Ingrid Caven | Die großen weißen Vögel

4 décembre 2017

J’avais autrefois un disque 45 tours d’Ingrid Caven chantant Les goélands, la chanson popularisée par Damia dans les années 20, dans cet arrangement singulier qui s’ouvre sur une extrait de L’ode à la joie de la 9e de Beethoven et se clôt sur un passage de L’internationale.

J’ignorais jusqu’à présent qu’une version allemande, Die großen weißen Vögel (« Les grands oiseaux blancs ») avait précédé cet enregistrement. L’auteur du texte, Peer Raben (1940-2007), est surtout connu pour avoir composé la plupart des musiques des films de R.W. Fassbinder jusqu’au dernier, Querelle (1982). Il aurait été quelque temps son amant.

Ingrid Caven, comme on sait, a été l’épouse de Fassbinder.

Ingrid Caven | Die großen weißen Vögel. D’après Les goélands, Lucien Boyer, paroles et musique ; Peer Raben, texte allemand.
Ingrid Caven, chant ; Peer Raben, arrangements et direction. Extrait de l’album Der Abendstern / Ingrid Caven (1979).
Intègre des citations de la Symphonie no. 9 en ré mineur, op. 125 de Ludwig van Beethoven dans l’interprétation du Boston Symphony Orchestra dirigé par Charles Munch en 1959, de la Messe de Requiem de Giuseppe Verdi dans l’interprétation du NBC Symphony Orchestra dirigé par Arturo Toscanini en 1940 (?) et de L’internationale, musique Pierre Degeyter, paroles Eugène Pottier (interprètes non identifiés).
Vidéo : MrBlueiberlin, 2011.

Seid umschlungen, Millionen!
Diesen Kuß der ganzen Welt!
Friedrich Schiller (1759-1805). An die Freude, extrait.
Enlacez-vous, multitudes !
Ce baiser est pour le monde entier !

Weit draußen auf dem blauen Meer
erklingt ein Lied von Wiederkehr,
ein Lied vom Leben.
Matrosen singen es zur Stund,
da sie den Freund dem Meeresgrund
tot übergeben.
Im Tuch aus Leinen ruht er schön
und hört leis weiße Flügel gehn
in blauen Fernen.
Ein Lächeln schmückt ihn, wo er liegt.
Das ist die Seele, denn sie fliegt
nicht zu den Sternen.
Und seinen Leichnam ruft ein Lied,
das lockend über Klippen zieht,
wie Wind und Welle.
Schäumt auch die Meeresfläche wild,
Gedanken formen doch ein Bild
aus seiner Seele.
Der schöne Seemann, wie ein Stein,
sank in die tiefe Flut hinein,
in eine Wiege.
Zur selben Stund hoch in der Luft
ein großer weißer Vogel ruft:
den Tod besiege!
Seht ihr die weißen Möwen dort,
sie fliegen weit vom Ufer fort
im Meerestosen.
Sie formen Schreie und erzählen:
unsre Flügel sind die Seelen
der Matrosen.
Der Meeresfluten kühles Grab
zieht dich, Matrose, tief hinab,
dich zu vereinen
mit allen, die an dich gedacht
und die in ferner stiller Nacht
leis um dich weinen, weinen, weinen.

Au loin sur la mer bleue
résonne une chanson de retour,
une chanson de vie.
Les marins la chantent
tandis qu’ils confient l’ami mort
aux fonds marins.
Et lui, couché dans la toile de lin,
il entend battre doucement des ailes blanches dans des lointains bleus.
Un sourire orne son visage.
C’est son âme. Car elle ne s’envole pas
vers les étoiles.
Et de son cadavre monte un chant
qui s’étire par-dessus les écueils
comme le vent et les vagues.
Une grande écume se forme sur la mer,
tandis que les pensées dessinent une image de son âme.
Le beau marin, comme une pierre,
s’est enfoncé dans le flot profond,
dans un berceau.
À ce moment, un grand oiseau blanc
crie dans le ciel :
sois victorieux de la mort !
Voyez les mouettes blanches là-bas,
qui s’éloignent de la côte
dans le fracas des vagues.
Elles crient et disent :
nos ailes sont les âmes
des matelots.
Le froid tombeau des flots
t’attire au plus profond, marin,
pour t’unir
à tous ceux qui ont pensé à toi
et qui loin de toi, dans la nuit silencieuse,
doucement pleurent, pleurent, pleurent.
Peer Raben (1940-2007).
Die großen weißen Vögel
, d’après Les goélands (1911), de Lucien Boyer (1876-1942).
Peer Raben (1940-2007).
Les grands oiseaux blancs
, traduit de : Die großen weißen Vögel par L. & L.

Damia (1889-1978) | Les goélands. Lucien Boyer, paroles et musique.
Damia, chant ; Pierre Chagnon, arrangements et direction. Première publication : France, 1929.

Jeanne Moreau | Je m’ennuie la nuit sans toi

26 novembre 2017

Jeanne Moreau (1928-2017) | Je m’ennuie la nuit sans toi. Jeanne Moreau, paroles ; Guy Boyer, musique.
Jeanne Moreau, chant ; Stéphane Grappelli, violon ; accompagnement d’orchestre.
Extrait du film Le jardin qui bascule. Guy Gilles, réalisation, scénario et dialogues ; Delphine Seyrig, Anouk Ferjac, Patrick Jouané, Sami Frey, Philippe Chemin, Guy Bedos, Jeanne Moreau,… acteurs. France, 1974.


Nous avions Jeanne Moreau.

Et maintenant voyez. Qu’avons-nous ?

Ainsi passe la gloire du monde.

Jeanne Moreau dans La Notte (1961), Michelangelo Antonioni, réalisateur

Souvenir de Milan

22 novembre 2017

Milan (Italie) / Milano (Italia), 6 novembre 2017

Milan (Italie), Museo del Novecento, 9 novembre 2017Milan (Italie) / Milano (Italia), Galleria Vittorio Emanuele II, 6 novembre 2017

Milan (Italie) / Milano (Italia), Università cattolica del Sacro Cuore, 8 novembre 2017

Milan (Italie) / Milano (Italia), 7 novembre 2017

Milan (Italie), Museo del Novecento, 9 novembre 2017

Carlo Crivelli (1430?–1495), I santi Ansovino e Girolamo (après 1490), détail. Milan (Italie), Pinacoteca di Brera, 7 novembre 2017 Milan (Italie), Pinacoteca di Brera, 7 novembre 2017

Milan (Italie), 9 novembre 2017

Amália Rodrigues (1920-1999) | O mia bela Madunina (Milan, 1973). Giovanni D’Anzi, proles et musique.
Amália Rodrigues, chant ; José Fontes Rocha et Carlos Gonçalves, guitare portugaise ; Pedro Leal, guitare classique ; Joel Pina, basse acoustique.
Enregistré en public lors d’un concert à Milan (Italie) en 1973. Première publication : 2017. Extrait de l’album Amália em Itália (2017).

La Madonnina (Madunina selon la prononciation locale) est le nom donné à la statue dorée de la Vierge placée sur le plus haut pinacle de la cathédrale de Milan.

Oh mia bella Madonnina,
che te brillet de lontan,
tutta d’òra e piscinina,
ti te dòminet Milan;
sòtt’a ti se viv la vita,
se sta mai coi man in man.

Canten tucc « lontan de Napoli se moeur »,
ma poeù vegnen chì a Milan!
Giovanni D’Anzi (1906-1974). O mia bela Madunina (1934). Extrait.

………

Oh ma belle Madonnina
Toi qu’on voit briller de loin
Toute d’or et si petite
Tu domines Milan.
À tes pieds se vit la vie,
Elle ne s’arrête jamais.

Ils chantent tous « Loin de Naples on se meurt »
Mais après ils viennent à Milan !
Giovanni D’Anzi (1906-1974). O mia bela Madunina (1934). Extrait. Traduction L. & L.

Milan (Italie), 9 novembre 2017

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