Les premières années après 1968… Wahala Manitou figurait sur la face B d’un disque 45 tours portant en face A En Alabama, un « tube » de cette année-là.
La musique de Wahala Manitou est de Christophe, qu’on entend chanter au second plan, notamment le refrain. Paroles d’Étienne Roda-Gil.
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Léonie (Léonie Lousseau, née en 1947) • Wahala Manitou. Étienne Roda-Gil, paroles ; Christophe, musique ; Karl Heinz Schäfer & Christophe, arrangement.
Léonie, chant ; accompagnement d’orchestre.
Première publication sur le disque 45t En Alabama ; Wahala Manitou / Léonie. France, Les disques Motors, ℗ 1971.
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Vers les terres magiques
Vont tous les drakkars,
Plus loin que l’Islande,
Vers les brouillards.Anna lisse sa natte d’or
Dans le soleil couchant
Et guette une pirogue
Venant d’occident.Pour la lune nouvelle
Elle se mariera.
Un guerrier seminole
L’attend là-bas.Écoutez la nouvelle,
Le pape n’en saura rien :
La fille d’Erik le Rouge
Épouse un indien.Anna, sous la voile,
Guette l’horizon,
Sur la route des étoiles
Vit son compagnon.Wahala Manitou,
Wahala Manitou,
La fille d’un roi viking
Épouse un guerrier sioux !Les peaux rouges se pressent
Près des bateaux sanglants.
Des cris d’allégresse
Se mêlent au vent.De grandes peaux de bison blanc
Seront son premier lit
Sur la terre nouvelle
Qu’Anna a choisie.Étienne Roda-Gil (1941-2004). Wahala Manitou (1971).
Amália Rodrigues • Assim nasceu este fado
À l’écoute de Nasci para morrer contigo, chanté par Mísia sur un texte de Lobo Antunes, je trouvais que la musique de ce fado m’en évoquait une autre : celle de Assim nasceu este fado (« Voilà comment est né ce fado »), du répertoire d’Amália Rodrigues.
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Amália Rodrigues (1920-1999) • Assim nasceu este fado. António de Sousa Freitas, paroles ; compositeur inconnu.
Amália Rodrigues, chant ; José Nunes, guitare portugaise ; Castro Mota, guitare.
Enregistrement : Lisbonne, Teatro Taborda, entre 1960 et 1962.
Première publication dans l’album Amalia For your delight / Amalia Rodrigues. Royaume-Uni, Columbia, ℗ 1963.
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Assim nasceu este fado, enregistré par Amália au début des années 1960, est chanté sur un fado sans nom et dont le compositeur est inconnu. Toutes les éditions de cet enregistrement, depuis la première – l’album Amalia For your Delight (1963) – jusqu’aux plus récentes, portent pour l’attribution de la musique la mention popular (« populaire »). Les paroles sont de António de Sousa Freitas (1921-2004), qui a fourni à Amália une petite poignée de textes (parmi lesquels Na rua do silêncio, contemporain de Assim nasceu este fado).
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Ao ver teus olhos doirados
E esse jeito de pureza
Numa hora sem cuidados
Nasceu comigo a tristeza
À la vue de tes yeux d’or
Et de ton air de pureté,
En cet instant de sérénité
Est née en moi la tristesse.
E foi então que senti
Na minha alma outra dor
Ai, talvez porque te vi
Nasceu comigo o amor
Et alors j’ai éprouvé
Dans mon âme une douleur nouvelle.
Hélas, peut-être parce que je t’ai vu
Est né en moi l’amour.
Partiste e sou sofrimento
Sou loucura e ansiedade
Mais triste nesse momento
Nasceu comigo a saudade
Tu es parti et je suis souffrance,
Je suis inquiétude et folie.
En ce moment de profonde mélancolie
Est née en moi la saudade.
Tornou-se mais frio o dia
Mais estranho e magoado
E à noite que era sombria
Nasceu comigo este fado
Le jour s’est fait plus froid,
Plus étrange et plus grave.
Alors, au cœur de la nuit sombre
Est né en moi ce fado.
… … António de Sousa Freitas (1921-2004). Assim nasceu este fado (vers 1960).
António de Sousa Freitas (1921-2004). Voilà comment est né ce fado, traduit de : Assim nasceu este fado (vers 1960), par L. & L.
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Ne me parle plus.
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« Ne me parle plus ». Toulouse, rue du Coq d’Inde, 16 mars 2026.
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Pierre Guédron (156?-1620?) • Qu’on ne me parle plus d’amour. Pierre Guédron, compositeur ; auteur inconnu.
Le Poème Harmonique, ensemble instrumental & vocal ; Vincent Dumestre, direction.
Enregistrement : Paris, chapelle de l’hôpital Notre-Dame de Bon-Secours, avril 2001.
Extrait de l’album Pierre Guédron, Le consert des consorts / Le Poème Harmonique. France, Alpha, ℗ 2002.
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Qu’on ne me parle plus d’amour,
L’inconstance règne à la Cour,
O Dieux! punissez ces ames volages,
O Dieux! punissez ces legers amoureux.Ces amans pour nous decevoir
Jurent Amour & son pouvoir:
O Dieux! punissez ces ames parjures,
O Dieux! punissez ces legers amoureux.Ils n’ont de la fidelité
Sinon pour la desloyauté:
O Dieux! punissez ces cœurs infidelles,
O Dieux! que n’ont ils leurs cœurs dans les yeux.Ils feignent plus de passion
Lors qu’ils ont moins d’affection:
O Dieux! punissez ces cœurs infidelles,
O Dieux! punissez ces legers amoureux.La foi de ces esprits mocqueurs
Fuit par leurs bouches & leurs cœurs:
O Dieux! punissez ces cœurs infidelles,
O Dieux! punissez ces legers amoureux.Anonyme. Qu’on ne me parle plus d’amour (France, vers 1600).
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Claude Delécluse (1920-2011) et Michelle Senlis (1933-2020), les co-parolières de C’est à Hambourg, formaient un couple dans la vie. Elles ont travaillé ensemble et séparément, pour quantité d’interprètes. Pour Édith Piaf, elles ont aussi co-écrit Les Amants d’un jour (1956), sur une musique de Marguerite Monnot (1903-1961), également compositrice de C’est à Hambourg – et de L’Hymne à l’amour (1949, paroles d’Édith Piaf), ou encore de Milord (1959, paroles de Georges Moustaki).
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Édith Piaf (1915-1963) • C’est à Hambourg. Claude Delécluse & Michelle Senlis, paroles ; Marguerite Monnot, musique.
Édith Piaf, chant ; accompagnement d’orchestre ; Robert Chauvigny, direction.
Enregistrement public : Paris, Olympia, janvier 1955.
Extrait de l’album Édith Piaf à l’Olympia. France, Columbia, ℗ 1955.
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C’est à Hambourg, à Santiago,
A Whitechapel, ou Bornéo,
C’est à Hambourg, à Santiago,
A Rotterdam, ou à Frisco…Hello boy! You come with me?
Amigo! Te quiero mucho!
Liebling! Komm doch mit mir!C’est à Hambourg, au ciel de pluie,
Quand les nuages vont à pas lents,
Comme s’en vont les lourds chalands,
Le long des quais, crevant d’ennui,C’est à Hambourg ou bien ailleurs
Qu’à tous les gars en mal d’amour,
Qu’à tous les gars, depuis toujours,
Moi j’balance du rêve en plein cœur…C’est à Hambourg, à Santiago,
A Whitechapel, ou Bornéo,
C’est à Hambourg, à Santiago,
A Rotterdam, ou à Frisco…C’est à Hambourg au ciel de pluie,
Qu’il a posé ses mains sur moi
Et qu’il m’a fait crier de joie
En me serrant fort contre lui,M’a dit Je t’aime à plus finir,
Laisse donc là tous tes marins !
Laisse donc la mer et puis viens,
Moi j’ai du bonheur à t’offrir !Ma p’tite gueule…
C’est à Hambourg au ciel de pluie,
Dans les bastringues à matelots
Que je trimballe encore ma peau,
Les bras ouverts à l’infini…Car moi je suis comme la mer,
J’ai l’cœur trop grand pour un seul gars,
J’ai l’cœur trop grand et c’est pour ça
Qu’j’ai pris l’amour sur toute la terre…C’est à Hambourg, à Santiago
A Whitechapel, ou Bornéo…So long, boy!
Adios, amigo!
Nacher, Schatz!
Au r’voir, p’tite gueule !Claude Delécluse (1920-2011) & Michelle Senlis (1933-2020). C’est à Hambourg (1955).
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Nasci para morrer contigo • Mísia, Lobo Antunes
Beaucoup des textes de chansons écrites par António Lobo Antunes l’ont été pour Vitorino Salomé, auteur compositeur interprète, plus connu sous son seul prénom : Vitorino. Il a composé la musique de Nasci para morrer contigo (« Je suis née pour mourir avec toi ») à l’intention de Mísia, alors à ses débuts. Probable que le texte lui-même – qui n’est pas un chef-d’œuvre, je trouve – ait été écrit pour Mísia lui aussi.
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Mísia (1955-2024) • Nasci para morrer contigo. António Lobo Antunes, paroles ; Vitorino Salomé, musique ; António Chainho, arrangement.
Mísia, chant ; António Chainho, guitare portugaise & direction artistique ; Fernando Alvim, guitare.
Enregistrement : Algés (Portugal), studios Tchatchatcha, du 9 au 11 août 1993.
Extrait de l’album Fado / Mísia. Portugal, BMG Ariola, ℗ 1993.
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Nasci para morrer contigo
a cama que tenho dou-te
meu amante meu amigo
não te vás, fica comigo
(Nasci para morrer contigo)
esta noite toda a noite.
Je suis née pour mourir avec toi.
Ce lit que j’ai, je te le donne.
Mon amant, mon ami,
Ne pars pas, reste avec moi,
(Je suis née pour mourir avec toi)
Cette nuit, toute la nuit.
Quero que a pele seja trigo
a ondular ao açoite
dos gemidos que te digo
meu amante meu amigo
nasci para morrer contigo
esta noite toda a noite
Je veux que la peau soit le blé
Ondulant sous le coup
Des gémissements que tu m’arraches
Mon amant, mon ami,
Je suis née pour mourir avec toi
Cette nuit, toute la nuit.
A gaivota dos meus braços
foi feita para o teu rio
tuas pernas são meus laços
a tua boca dois traços
na boca que o espelho viu.
La mouette de mes bras
Est faite pour ton fleuve
Tes jambes sont mes amarres,
Ta bouche, deux traits
Sur la bouche que le miroir a vue.
… … António Lobo Antunes (1942-2026). Nasci para morrer contigo (1993).
António Lobo Antunes (1942-2026). Je suis née pour mourir avec toi, traduit de : Nasci para morrer contigo (1993), par L. & L.
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Michel Hermon (né en 1948) • C’est à Hambourg. Claude Delécluse & Michelle Senlis, paroles ; Marguerite Monnot, musique.
Michel Hermon, chant ; accompagné à l’accordéon par Gérard Barreaux.
Enregistrement public : Nanterre (Hauts-de-Seine, France), Maison de le musique, 13 janvier 1995.
Extrait de l’album Michel Hermon chante Piaf. France, Last Call records, ℗ 1995.
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António Lobo Antunes est mort hier ; il n’aura jamais eu le prix Nobel, on se demande pourquoi.
Mais après tout Marguerite Duras non plus ne l’a pas eu.
Si elle avait été portugaise, Marguerite aurait été une merveilleuse parolière pour le fado, ses livres en sont chargés, de même sa voix. Lobo Antunes l’a été. En voici un exemple.
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Katia Guerreiro (née en 1976) • Vodka e valium 10. António Lobo Antunes, paroles ; Casimiro Ramos, musique (fado Fé).
Katia Guerreiro, chant ; Paulo Valentim, guitare portugaise ; João Veiga, guitare ; Rodrigo Serrão, contrebasse.
Enregistrement : studio d’Aldeia, 2003.
Extrait de l’album Nas mãos do fado / Katia Guerreiro. Portugal, Ocarina, ℗ 2003.
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Quem me espera não me espera
Quem me ama já esqueceu
Quem me toca dilacera
Esta estranha Primavera
Que o mês de Maio me deu.
Qui m’attend ne m’attend pas
Qui m’aime a déjà oublié
Et qui me touche lacère
Cet étrange printemps
Que m’a donné le mois de mai.
Eu já nem sei o que tenho
Se febre, se mal ruim
Se esse sentimento estranho
De não ser de aonde venho
Comigo longe de mim.
Je ne sais plus ce que j’ai
Fièvre, mal profond
Ou ce sentiment bizarre
De n’être pas d’où je suis,
D’être loin de moi-même.
E assim fico sentado
Como algas a boiar
De queixo na mão pousado
Ó meu barquinho parado
Sem porto para ancorar.
Et je reste assis là
Tel ces algues qui flottent,
Le menton pris dans la main,
Ô ma barque encalminée
Et sans port où accoster.
… … António Lobo Antunes (1942-2026). Vodka e valium 10, extrait de Letrinhas de cantigas (2002).
António Lobo Antunes (1942-2026). Vodka et valium 10, traduit de : Vodka e valium 10, extrait de Letrinhas de cantigas (2002), par L. & L.
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Lina_ (née en 1984) & Marco Mezquida (né en 1987) • Fado da Defesa. António Calém, paroles ; José António Sabrosa, musique (Fado da Defesa). Autre titre : Lembras-te da nossa rua.
Lina_, chant ; Marco Mezquida, piano.
Enregistrement : Barcelone, Moraleda studios, 2025.
Extrait de l’album O fado / Lina & Marco Mezquida. Allemagne, Galileo, ℗ 2025.
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Elle peut se prévaloir d’une voix agréable et d’une technique de chant parfaite qu’elle met en œuvre en toutes circonstances, et quelle que soit la nature de son accompagnement instrumental, d’une manière imperturbablement classique.
Ses trois albums ont été reçus dans l’enthousiasme par la critique internationale, France comprise. Lina_Raül Refree (2020) était à vrai dire un projet de Raül Refree, auquel Lina (Lina Rodrigues, devenue « Lina_ » pour l’occasion) prêtait sa voix pour un ensemble de morceaux presque tous choisis dans le répertoire d’Amália ; le chant, très traditionnel, contrastait avec des arrangements à base de synthétiseurs et de claviers.
Fado Camões (2024) puisait dans l’œuvre du grand poète national portugais – Luís de Camões –, comme Amália l’avait fait autrefois à son corps défendant. Dans les années 1960 la chose passait pour une audace scandaleuse et Amália avait dû affronter alors ce qu’on appellerait aujourd’hui une tempête médiatique. Fado Camões, enregistré avec des musiciens pop britanniques, est un joli disque bien chanté, bien produit.
O fado (2025), dont est extrait ce Fado da Defesa (une création de Maria Teresa de Noronha) est un autre album-concept, réalisé en duo avec le pianiste minorquin Marco Mezquida – pianiste de jazz, amant de la musique de Ravel et qui, avant Lina_, s’est produit un duo avec Sílvia Pérez Cruz (voir les billets Sílvia Pérez Cruz & Marco Mezquida • Na nena (Tornada a Menorca) et Sílvia Pérez Cruz & Marco Mezquida • Mallorca i No trobaràs la mar). Et toujours ce même chant bien exécuté, impeccable, sans débord.
Voici Maria Teresa de Noronha :
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Maria Teresa de Noronha (1918-1993) • Fado da Defesa. António Calém, paroles ; José António Sabrosa, musique (Fado da Defesa). Autre titre : Lembras-te da nossa rua.
Maria Teresa de Noronha, chant ; José António Sabrosa, Raul Nery & José Fontes Rocha, guitare portugaise ; Joaquim de Vale & Júlio Gomes, guitare ; Joel Pina, basse acoustique.
Première publication : disque 45 t Avé Maria da Serra / Maria Teresa de Noronha. Portugal, Decca, ℗ 1969.
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Lembras-te da nossa rua
Que hoje é minha e já foi tua
Talhada para nós dois?
Foi aberta pela amizade,
Construída com saudade
Para o amor morar depois
Te souviens-tu de notre rue,
Qui est ma rue et qui fut ta rue,
Taillée pour nous deux ?
Ouverte par l’amitié
Construite avec le désir
Que l’amour y demeure.
Mas um dia tu partiste
E um vento frio e triste
Varreu toda a Primavera
Agora veio o Outono
E as folhas ao abandono
Morreram à tua espera
Mais un jour tu es parti
Et un vent froid et triste
A balayé tout le printemps.
À présent voici l’automne
Et les feuilles à l’abandon
Sont mortes de t’attendre.
Certas noites o luar
Traça o caminho no ar
Para chegares até mim
Mas é tão longa a viagem
Que só te vejo em miragem
Num sonho que não tem fim
Parfois le clair de lune
Trace dans la nuit le chemin
Qui te mènerait à moi.
Mais il est si long le voyage
Que je ne te vois qu’en mirage
Dans un rêve sans fin.
… … António Calém (1913-1990). Lembras-te da nossa rua (avant 1952). Autres titres : Fado do Zé António ; Fado da Defesa.
António Calém (1913-1990). Souviens-toi de notre rue, traduit de : Lembras-te da nossa rua (avant 1952), par L. & L.
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Il est très fréquent qu’une musique de fado traditionnel soit combinée à des textes différents ; c’est même presque la règle. L’inverse – un même texte chanté sur des musiques différentes – est rare. Tel est le cas de Lembras-te da nossa rua, d’António Calém (1913-1990), que Maria Teresa de Noronha utilise sur le Fado da Defesa (une composition de son mari, le guitariste José António Sabrosa). Elle l’avait déjà interprété dix-sept ans plus tôt, en 1952, sur le Fado do Zé António de sextilhas – autre composition de José António Sabrosa – que je préfère au Fado da Defesa, je dois dire :
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Maria Teresa de Noronha (1918-1993) • Fado do Zé António. António Calém, paroles ; José António Sabrosa, musique (Fado José António de sextilhas). Autre titre : Lembras-te da nossa rua.
Maria Teresa de Noronha, chant ; Fernando Pinto Coelho, guitare portugaise ; Alberto Lima, guitare.
Première publication : disque 78 t Fado do Zé António ; Fado em cinco estilos / Maria Teresa de Noronha. Portugal, Melodia, ℗ 1952.
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El niño mudo • Federico García Lorca
El niño busca su voz.
(La tenía el rey de los grillos.)
En una gota de agua
buscaba su voz el niño.
L’enfant cherche sa voix.
(C’est le roi des grillons qui l’a prise.)
Dans une goutte d’eau
l’enfant cherchait sa voix.
No la quiero para hablar;
me haré con ella un anillo
que llevará mi silencio
en su dedo pequeñito.
Je ne la veux pas pour parler ;
je m’en ferai une bague
que portera mon silence
à son doigt, son petit doigt.
En una gota de agua
buscaba su voz el niño.
Dans une goutte d’eau
l’enfant cherchait sa voix.
(La voz cautiva, a lo lejos,
se ponía un traje de grillo.)
(La voix captive, au loin,
revêtait un costume de grillon.)
Federico García Lorca (1898-1936). El niño mudo, extrait de Canciones (1921-1924). Federico García Lorca (1898-1936). L’enfant muet, trad. par L. & L. de El niño mudo, extrait de Chansons (1921-1924).
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De ce poème le groupe chilien Quilapayún, alors réfugié en France, a fait une chanson :
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Quilapayún • El niño mudo. Poème de Federico García Lorca ; Patricio Wang, musique.
Quilapayún, ensemble vocal & instrumental (Eduardo Carrasco, Carlos Quezada, Guillermo Oddó, Hernán Gómez, Hugo Lagos, Guillermo García, Ricardo Venegas, Patricio Wang) ; Eduardo Carrasco, direction artistique.
Enregistrement : Boulogne-Billancourt (France), studio Pathé-Marconi EMI.
Extrair de l’album Survarío / Quilapayún. France, Klan, ℗ 1987.
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Chanson reprise trois décennies plus tard par Sílvia Pérez Cruz et Marco Mezquida – le pianiste de Minorque – enregistrés en public à Tokyo :
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Sílvia Pérez Cruz (née en 1983) & Marco Mezquida (né en 1987) • El niño mudo. Poème de Federico García Lorca ; Patricio Wang, musique.
Sílvia Pérez Cruz, chant ; Marco Mezquida, piano.
Enregistrement public : Tokyo (Japon), Blue Note, 9-11 octobre 2019.
Extrait de l’album MA = 間 : Live in Tokyo / Sílvia Pérez Cruz & Marco Mezquida. Espagne, ℗ 2020.
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