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Mísia • Fado do retorno (et aussi Armandinho et Madalena de Melo)

8 août 2022

Le Fado Estoril, utilisé par Marco Oliveira pour Pena (Rua de Martim Vaz n.2) [voir le billet Marco Oliveira • Pena (Rua de Martim Vaz n. 2) du 27 juillet dernier] est une composition du grand guitariste Armandinho (Armando Freire, 1891-1946), remontant aux années 1920. Le voici exécuté par son compositeur lui-même, capté lors d’une campagne d’enregistrements réalisés à Lisbonne en octobre 1928 et publiés l’année suivante :

Armandinho (Armando Freire, 1891-1946)Fado do Estoril. Armandinho (Armando Freire), musique.
Armandinho (Armando Freire), guitare portugaise ; Georgino de Sousa, guitare.
Enregistrement ; Lisbonne, Teatro São Luís, 12 octobre 1928.
Première publication : Portugal, 1929. Nouvelle édition remastérisée : Royaume-Uni, ℗ 1994.

La première version chantée de ce fado a été captée au cours de la même campagne d’enregistrements, avec les mêmes musiciens et la fadiste Madalena de Melo, dont on ne sait presque rien. Le style du chant en est bien sûr très daté, de même d’ailleurs que celui du texte : « Cheio de pasmo e dor, vergado ao desalento, / Tu disseste-me adeus, naquele dia triste […] » (« Plein de stupeur et de douleur, accablé d’amertume / Tu m’as dit adieu, en ce jour si triste […] »).

Madalena de Melo (dates biographiques inconnues)Fado do Estoril. Armandinho (Armando Freire), musique ; auteur des paroles non identifié.
Madalena de Melo, chant ; Armandinho (Armando Freire), guitare portugaise ; Georgino de Sousa, guitare.
Enregistrement ; Lisbonne, Teatro São Luís, 13 ou 14 octobre 1928.
Première publication : Portugal, 1929. Nouvelle édition remastérisée : Royaume-Uni, ℗ 1994.

Seule la première partie de la composition d’Armandinho (avant les variations) est exécutée dans cette version et il en sera toujours ainsi des versions chantées, jusqu’à aujourd’hui.

C’est peut-être parce qu’il est ainsi réduit à un unique motif mélodique qui revient sans cesse sur lui-même, sans jamais se développer, que ce fado est resté d’un emploi assez rare : il donne l’impression d’une longue introduction qui n’introduit à rien. Mais ce côté lancinant, cet aspect de ressassement, assez présent dans le fado de manière générale, en constitue finalement l’un des intérêts. Mísia y avait été sensible en 1998 et c’est pour cette musique qu’elle avait demandé un poème à Lídia Jorge, connue plutôt pour son œuvre romanesque. Le Fado do retorno qui en a résulté fait partie de l’album Garras dos sentidos, publié par la fadiste en 1998.

MísiaFado do retorno I. Lídia Jorge, paroles ; Armandinho (Armando Freire), musique (Fado Estoril).
Mísia, chant ; Ricardo Dias, piano, accordéon & arrangement ; [etc.].
Enregistrement ; Lisbonne, studios Xangrilá, octobre 1997.
Extrait de l’album Garras do sentido / Mísia. France, ℗ 1998.


Amor, é muito cedo e tarde uma palavra
A noite uma lembrança que não escurece nada

Amour, il est trop tôt et tard est juste un mot,
La nuit : un souvenir qui n’enténèbre rien.

Voltaste, já voltaste, já entras como sempre
Abrandas os teus passos e paras no tapete

Tu es revenu, te voici et déjà, comme avant,
Entrant à pas feutrés, tu vas jusqu’au tapis.

Então que uma luz arda e assim o fogo aqueça
Os dedos bem unidos movidos pela pressa

Alors, qu’un feu s’allume et que sa flamme chauffe
Nos doigts unis, fiévreux, se cherchant dans leur hâte.

Amor, é muito cedo e tarde uma palavra
A noite uma lembrança que não escurece nada

Amour, il est trop tôt et tard est juste un mot,
La nuit : un souvenir qui n’enténèbre rien.

Voltaste, já voltei, também cheia de pressa
De dar-te, na parede o beijo que me peças

Tu es là, je suis là moi aussi, dans la fièvre
De t’offrir le baiser que tu cherches sur mes lèvres.

Então que a sombra agite e assim a imagem faça
Os rostos de nós dois tocados pela graça.

Alors, que l’ombre tremble et produise l’image
De nos deux visages effleurés par la grâce.

Amor, é muito cedo e tarde uma palavra
A noite uma lembrança que não escurece nada

Amour, il est trop tôt et tard est juste un mot,
La nuit : un souvenir qui n’enténèbre rien.

Amor, o que será mais certo que o futuro
Se nele é para habitar a escolha do mais puro

Amour, ce qui sera plus sûr que le futur
Si en lui nous plaçons notre choix du plus pur.

Já fuma o nosso fumo, já sobra a nossa manta
Já veio o nosso sono fechar-nos a garganta

Déjà notre âtre fume et notre lit est prêt
Et voici le sommeil qui nous rend au silence.

Então que os cílios olhem e assim a casa seja
A árvore do Outono coberta de cereja.

Alors, que regardent nos cils et qu’ainsi la maison
Soit le verger d’automne recouvert de cerises.
Lídia Jorge (née en 1946). Fado do retorno (1998).
.
Lídia Jorge (née en 1946). Fado du retour, trad. par L. & L. de Fado do retorno (1998).

Ce poème est écrit en alexandrins, pour correspondre à la métrique du Fado Estoril qui est de type « alexandrino » (encore que l’alexandrin portugais soit moins rigide que le français). Je dois dire que j’ai eu les pires difficultés pour le traduire, non en raison de sa métrique, mais parce que certains passages me laissaient désemparé. Voici la traduction fournie dans le livret accompagnant l’album de Mísia. Elle est de Pierre Léglise-Costa, traducteur d’António Lobo Antunes entre autres.

Amour c’est trop tôt
Et trop tard un mot
La nuit un souvenir
Qui n’assombrit rien

Tu es revenu, déjà revenu
Tu rentres comme toujours
Tu ralentis tes pas
Et tu t’arrêtes sur le tapis

Alors, qu’une lumière brûle
Et que le feu chauffe ainsi
Les doigts bien unis
Poussés par la hâte

Amour c’est trop tôt
Et trop tard un mot
La nuit un souvenir
Qui n’assombrit rien

Tu es revenu, je suis aussi
Revenue très pressée
De te donner, contre un mur
Le baiser que tu demanderas

Alors, que l’ombre bouge
Et que l’image dessine ainsi
Le visage de nous deux
Touchés par la grâce

Amour c’est trop tôt
Et trop tard un mot
La nuit un souvenir
Qui n’assombrit rien

Amour, qu’est-ce qui sera
Plus sûr que le futur
Si c’est pour y loger
Le choix du plus pur

Notre fumée fume déjà
Notre couverture encombre déjà
Notre sommeil est déjà arrivé
Pour nous fermer la gorge

Alors, que les cils regardent
Et que la maison soit ainsi
L’arbre de l’automne
Couvert de cerises.

Lídia Jorge (née en 1946). Fado du retour, traduit par Pierre Léglise-Costa de Fado do retorno (1998). Dans le livret accompagnant le CD : Mísia. Garras dos Sentidos, Erato Disques, 1998.

La chanson du dimanche [20]

7 août 2022

Je ne savais même pas que Frank Alamo était mort : quel coup !

Frank Alamo (1941-2012)Biche oh ma biche. Vline Buggy, paroles françaises ; Mort Shuman, musique. Adaptation française de Sweets for my sweet. Doc Pomus, paroles originales anglaises.
Frank Alamo, chant ; accompagnement d’orchestre.
Vidéo : extrait de l’émission Le Palmarès des chansons du 18 novembre 1965. Production : France, ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française), 1965.

Biche oh ma biche était une adaptation de Sweets for my sweet, une chanson américaine de 1961. À partir de l’Angleterre, cette chanson a dû se répandre sur l’Europe dans les années suivantes, car en voici une adaptation serbe, publiée dans la Yougoslavie d’alors. Bon dimanche !

Џентлмени [Džentlmeni]Слатко [Slatko]. Бранко Марушић [Branko Marušić], paroles serbes ; Mort Shuman, musique. Adaptation serbe de Sweets for my sweet. Doc Pomus, paroles originales anglaises.
Џентлмени [Džentlmeni], ensemble instrumental et vocal.
Yougoslavie, ℗ 1968.

La chanson du dimanche [19]

31 juillet 2022

Bang bang, chantée en italien par Dalida, est indiscutablement une chanson du dimanche — et d’ailleurs Les amours imaginaires, le film de Xavier Dolan auquel elle sert de leitmotiv, en compte quelques autres. Cette Bang bang-là a, paraît-il, connu un succès strepitoso non seulement en Italie, mais aussi en Espagne et dans toute l’Amérique latine.

Les amours imaginaires (2010). Extrait. Xavier Dolan, réalisation & scénario.
Distribution : Xavier Dolan (Francis) ; Monia Chokri (Marie) ; Niels Schneider (Nicolas)…
Production : Canada (Québec) : Alliance Atlantis Vivafilm ; Mifilifilms, 2010. Sortie : 2010 (Canada & France).
Chanson :

Bang bang. Alessandro Colombini & Alberto Testa, paroles italiennes ; Sonny Bono, musique. Adapté de : Bang bang (My baby shot me down). Sonny Bono, paroles originales anglaises.
Dalida, chant ; accompagnement d’orchestre ; Claude Denjean, direction.
Italie, ℗ 1966.

Amália Rodrigues • La ville s’éveille

30 juillet 2022

Amália Rodrigues (1920-1999)La ville s’éveille. Pierre Cour, paroles françaises ; Alberto Janes, musique. Adaptation d’une chanson originale portugaise (titre inconnu). Alberto Janes, paroles originales portugaises.
Amália Rodrigues, chant ; José Fontes Rocha & Carlos Gonçalves, guitare portugaise ; Pedrol Leal, guitare ; Joel Pina, basse acoustique.
Enregistrement : Paço de Arcos (Portugal), studios Valentim de Carvalho, 1971.
France, ℗ 1971.

C’est une curiosité : La ville s’éveille, enregistrée et lancée en 1971 à destination du public francophone, est une chanson d’un auteur-compositeur portugais, Alberto Janes, dont Amália n’a enregistré que l’adaptation française. Idem de La mer est mon amie, du même auteur, parue sur le même disque 45 tours — à ceci près que cette dernière a connu une version italienne, Il mare è amico mio.

Alberto Janes était l’auteur-compositeur — entre autres — du célèbre Vou dar de beber à dor, un des plus grands succès de vente de disques d’Amália au Portugal (de même qu’en France, sous la forme de son adaptation La maison sur le port). Ses chansons, le plus souvent écrites sur un tempo énergique, étaient particulièrement prisées des publics non lusophones, et donc très utiles lors des récitals à l’étranger.

La ville s’éveille, avec son agréable mélodie typique des compositions d’Alberto Janes, est une marche rapide, bien enlevée par les guitares volubiles. Le chant, en revanche, semble légèrement empêtré dans la diction de cette langue qu’Amália n’aimait décidément pas chanter :

Eu não gosto de cantar francês, não gosto do som da língua francesa para cantar. Para nós, portugueses, há uma dificuldade muito grande em pronunciar certos sons e quem está a cantar preocupada em pronunciar bem, já não está a cantar, já não se entrega.
Amália Rodrigues (1920-1999). Dans : Vítor Pavão dos Santos. Amália, uma biografia. Lisboa, Ed. Presença, 2005, p. 125.

Je n’aime pas chanter en français, je n’aime pas le son de la langue française pour le chant. Pour nous Portugais, c’est très difficile de prononcer certains sons et quand il faut se concentrer sur la prononciation, on n’est plus en train de chanter, on ne peut pas se donner entièrement.

C’est bien ça.

Amália Rodrigues (1920-1999)
La mer est mon amie ; La ville s’éveille (1971)
Amália Rodrigues. La mer est mon amie ; La ville s’éveille (1971)La mer est mon amie ; La ville s’éveille / Amália Rodrigues, chant ; José Fontes Rocha & Carlos Gonçalves, guitare portugaise ; Pedrol Leal, guitare ; Joel Pina, basse acoustique. — Production : France : Columbia, ℗ 1971.
Enregistrement : Paço d’Arcos (Portugal), studios Valentim de Carvalho, 1971.

1 disque 45 t : Columbia, 1971.

Marco Oliveira • Pena (Rua de Martim Vaz n.2)

29 juillet 2022

Pena (Rua de Martim Vaz n. 2), chanté sur la musique du Fado Estoril d’Armandinho (Armando Freire, 1891-1946), fait partie du bel album Ruas e memórias publié par Marco Oliveira en 2021.

Marco OliveiraPena (Rua de Martim Vaz n. 2). Ana Sofia Paiva, paroles ; Armandinho, musique (Fado Alexandrino do Estoril).
Marco Oliveira, chant, guitare ; Ricardo Parreira, guitare portugaise ; Carlos Barretto, contrebasse ; José Mário Branco, arrangements & production musicale. Enregistrement ; Lisbonne, studios Valentim de Carvalho, novembre 2019.
Extrait de l’album Ruas e memórias / Marco Oliveira. Portugal ; SME Portugal, ℗ 2021.
Vidéo :
Aurélio Vasques, réalisation ; João Leão, assistant de réalisation. Production : Zul filmes. Portugal, 2022.
Filmé à Lisbonne en 2021.


Lisboa é uma criança perdida ao pé do mar
Sem casa onde dormir, trapeira onde morar
Brincando alheia à dor, ao vento que assobia
Por entre o doce véu de alguma gelosia

Lisbonne est un enfant perdu sur le rivage,
Sans abri pour dormir, pas même une mansarde ;
Elle joue, étrangère à la douleur et au vent
Qui siffle à travers le voile doux d’une persienne.

Lisboa é uma criança de crua pele morena
No pátio escuro e pobre da vila mais pequena
Lá vai descendo a rua, velhinha e descalçada
Vender laranja nova por pouco ou quase nada

Lisbonne est un enfant à la peau brune et rude
Dans une pauvre cour au fond d’un bourg perdu.
La voici, les pieds nus, on croirait une vieille :
Elle va, pour quelques sous, vendre ses trois oranges.

Nocturno passarinho, cativo de orfandade
Correr da doce mágoa ao colo da cidade
Deixando duras penas a quem quiser cantar
Lisboa é uma criança perdida ao pé do mar

Petit oiseau de nuit, éternel orphelin,
Doux chagrin sécrété par le sein de la ville
Laissant de vives peines à qui veut les chanter,
Lisbonne est un enfant perdu sur le rivage.
Ana Sofia Paiva. Pena (Rua de Martim Vaz n.2) (2019).
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Ana Sofia Paiva. Pena (2, rue Martim Vaz), traduit de Pena (Rua de Martim Vaz n.2) (2019) par L. & L.

La rue Martim Vaz, dans la « freguesia » (quartier) de la Pena, est une ruelle escarpée du centre de Lisbonne, située un peu au Nord de la place du Rossio, là où se forme la butte de Sant’Ana, ou Santana, l’une des « sept collines » sur lesquelles s’étend la ville. C’est là, en haut de cette rue, qu’est née Amália Rodrigues ; elle y a vécu les premières années de sa vie, avant que sa famille ne déménage vers les quartiers de l’ouest de la capitale. Pena, le nom du quartier qui sert aussi de titre au fado, permet un jeu de mot grâce à son identité avec le substantif pena (« peine, souffrance,… » et aussi « plume ») — bien qu’il dérive en fait de Penha (« rocher »).

Le clip vidéo de Marco Oliveira a été mis en ligne le 23 juillet dernier précisément, jour anniversaire de la naissance d’Amália, accompagné d’un court poème, non signé, en forme d’hommage :


Onde estão os pés descalços de Amália, pequenina,
saindo do número 2 do Pátio de Santos, à Rua de Martim Vaz?
Lembras-te, pai?
Que é das infâncias, pai?
Que é feito de nós?
Que é das noites perdidas à procura do que o dia não soube dar?
Que é dos passos de quem já não está?
Que fado é este que nos condena a ir assim:
pelas ruas da noite, com basalto de tristeza, para sempre meninos,
nocturnos passarinhos, cativos de orfandade?

Où sont les pieds nus d’Amália, petiote,
Sortant du numéro 2 du Pátio de Santos de la rue Martim Vaz ?
Tu te rappelles, papa ?
Où sont passées les enfances, papa ?
Qu’est-ce qu’on est devenus ?
Où sont nos nuits perdues à chercher ce que la journée n’avait pas su donner ?
Où sont les pas de ceux qui ne sont plus ?
Quel est ce destin qui nous condamne à errer ainsi :
par les rues de la nuit, sur ce basalte de tristesse, éternels enfants,
petits oiseaux nocturnes, prisonniers de leur sort d’orphelins ?

Para Amália Rodrigues,
nascida a 23 de Julho de 1920.

Pour Amália Rodrigues,
Née le 23 juillet 1920.
[Marco Oliveira?]. [Para Amália Rodrigues] (2022).
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[Marco Oliveira?]. [À Amália Rodrigues], traduit de [Para Amália Rodrigues] (2022) par L. & L.

Marco Oliveira
Ruas e memórias (2021)
Marco Oliveira. Ruas e memórias, Portugal, Sony Music, ℗ 2021.Ruas e memórias / Marco Oliveira, chant, guitare ; Ricardo Parreira, guitare portugaise ; Carlos Barreto, contrebasse. — Production : Portugal : Sony Music Entertainment Portugal, ℗ 2021.
Enregistrement : Paço d’Arcos (Portugal), studios Valentim de Carvalho, du 4 au 18 novembre 2019.

1 CD : Sony, 2021. — EAN 194398689128.

Il vecchio frack • Domenico Modugno

26 juillet 2022

On peut bien écouter Domenico Modugno de temps en temps. Il vecchio frack (« Le vieux frac ») est une chanson triste et délicate. À sa publication, en 1955, la dernière strophe : « Addio […] / Ad un attimo d’amore, che mai più ritornerà! » (« Adieu […] / À un instant d’amour qui ne reviendra plus jamais ! ») s’est trouvée censurée en Italie, au point qu’il a fallu en modifier le texte. Incroyable. La rédaction originale est rétablie ici, dans cette émission de télévision datant probablement des années 1960 ou 1970.

Domenico Modugno (1928-1994)Il vecchio frack. Domenico Modugno, paroles & musique.
Domenico Modugno, chant, guitare.
Vidéo : pas d’information. Production : [Italie, RAI, 19??].


È giunta mezzanotte, si spengono i rumori
Si spegne anche l’insegna di quell’ultimo caffè
Le strade son deserte, deserte e silenziose
Un’ultima carrozza cigolando se ne va
Il fiume scorre lento frusciando sotto i ponti
La luna splende in cielo, dorme tutta la città.
Solo va un uomo in frack.

Il est minuit passé, la rumeur de la ville s’éteint
Comme s’éteint l’enseigne de ce dernier café.
Les rues sont désertes, désertes et silencieuses.
Un fiacre s’éloigne dans un grincement de roues,
Le fleuve coule lentement dans un bruit doux,
La Lune resplendit et toute la ville dort.
Seul marche un homme en frac.

Ha il cilindro per cappello, due diamanti per gemelli
Un bastone di cristallo, la gardenia nell’occhiello
E sul candido gilet
Un papillon
Un papillon di seta blu.
S’avvicina lentamente, con incedere elegante
Ha l’aspetto trasognato, malinconico ed assente
Non si sa da dove vien
Né dove va
Chi mai sarà
Quell’uomo in frack?

Il porte haut-de-forme et diamants aux manchettes,
Une canne de cristal, gardénia à la boutonnière
Et sur le gilet blanc
Un nœud papillon,
Un nœud papillon de soie bleue.
Il s’approche lentement, d’une démarche élégante.
Son aspect est chimérique, absent, mélancolique.
On ne sait d’où il vient
Ni où il va.
Qui peut être
Cet homme en frac ?

« Bonne nuit, bonne nuit,
Bonne nuit, bonne nuit,
Buona notte! »
Va dicendo ad ogni cosa, ai fanali illuminati
Ad un gatto innamorato che randagio se ne va.

« Bonne nuit, bonne nuit,
Bonne nuit, bonne nuit,
Buona notte! »
Dit-il à toute chose, aux réverbères,
À un chat errant qui cherche l’aventure.

È giunta ormai l’aurora, si spengono i fanali
Si sveglia, a poco a poco, tutta quanta la città
La luna s’è incantata, sorpresa ed impallidita
Pian piano, scolorandosi, nel cielo sparirà
Sbadiglia una finestra sul fiume silenzioso
E nella luce bianca, galleggiando, se ne van
Un cilindro, un fiore e un frack.

Voici que point l’aurore, les lumières s’éteignent
Alors que peu à peu s’éveille la grande ville.
La Lune, surprise, pâlit et perd de sa couleur,
Et doucement s’efface et disparaît.
Une fenêtre s’ouvre sur le fleuve silencieux
Et dans l’aube blanche, à fleur d’eau s’en vont
Un haut-de-forme, une fleur et un frac.

Galleggiando dolcemente e lasciandosi cullare
Se ne scende lentamente, sotto i ponti, verso il mare
Verso il mare se ne va.
Chi mai sarà, chi mai sarà
Quell’uomo in frack?

Flottant doucement et se laissant bercer,
Lentement entraîné, sous les ponts, vers la mer,
Vers la mer il s’en va.
Mais qui est-ce, qui est donc
Cet homme en frac ?

Adieu, adieu, adieu, adieu,
Addio al mondo,
Ai ricordi del passato, ad un sogno mai sognato
Ad un attimo d’amore, che mai più ritornerà!

Adieu, adieu, adieu, adieu,
Adieu au monde,
Aux souvenirs de passé, à ce rêve jamais rêvé,
À un instant d’amour qui ne reviendra pas !
Domenico Modugno (1928-1994). Il vecchio frack (1955).
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Domenico Modugno (1928-1994). Le vieux frac, trad. par L. & L. de Il vecchio frack (1955).

Il vecchio frack a été adapté en français par Pierre Delanoë, connu notamment pour ses collaborations avec Gilbert Bécaud, sous le titre : L’homme en habit.

Domenico Modugno (1928-1994)L’homme en habit. Pierre Delanoë, paroles françaises ; Domenico Modugno, musique. Adaptation de Il vecchio frack. Domenico Modugno, paroles originales italiennes.
Domenico Modugno, chant ; Trio Charpin (François Charpin, Michel Gaudry, Pierre Cavalli), ensemble instrumental.
France, ℗ 1957.

Comme souvent, l’adaptation française est nettement inférieure à la version originale. L’homme en habit a pourtant été enregistrée par Barbara à ses débuts :

Barbara (1930-1997)L’homme en habit. Pierre Delanoë, paroles françaises ; Domenico Modugno, musique. Adaptation de Il vecchio frack. Domenico Modugno, paroles originales italiennes.
Barbara, chant ; Armand Motta et son Ensemble.
France, ℗ 1958.

Canoas do Tejo • pas Amália, mais Carlos do Carmo

25 juillet 2022

Canoas do Tejo (« Barques du Tage ») est l’un des grands succès de Carlos do Carmo, paru d’abord en 1972 avec un bien inutile accompagnement d’orchestre, puis en 1978 avec un quatuor de fado. Voici :

Carlos do Carmo (1939-2021)Canoas do Tejo. Frederico de Brito, paroles & musique.
Carlos do Carmo, chant ; António Chainho & António Luís Gomes, guitare portugaise ; Martinho d’Assunção, guitare ; José Maria Nóbrega, basse acoustique.
Extrait de l’album Dez fados vividos / Carlos do Carmo. Portugal, ℗ 1978.

Ce fado-chanson, écrit et composé par le prolifique Frederico de Brito (1894-1977), surnommé « Britinho », ou encore « le poète-chauffeur » — car telle était sa profession principale — est par ailleurs l’objet d’une anecdote connue des admirateurs d’Amália Rodrigues, laquelle a, au cours de sa carrière, créé ou repris une dizaine d’œuvres de « Britinho ». La voici relatée par son biographe, Vítor Pavão dos Santos :

Amália considerava que o Britinho, que todos queriam cantar, não era bem o seu tipo de poeta, por isso já nos anos 60 se esquivou muito tempo de cantar Canoas do Tejo, só porque não lhe soava bem o verso: « Se algum barco te abalroa ».
Vítor Pavão dos Santos. O Fado da tua voz : Amália e os poetas. Lisboa, Bertrand, 2014. P. 53.

Amália considérait que Britinho, dont on s’arrachait les chansons, n’était pas vraiment son type de poète, de sorte que dans les années 60 elle a longtemps éludé l’offre de créer « Canoas do Tejo », pour la seule raison que le vers « Se algum barco te abalroa » [« Si un navire t’aborde »] ne lui convenait pas.

Selon l’intéressée, son grief se concentrait même sur le seul mot « abalroa » :

O Frederico de Brito fez-me a « Carmencita », que teve um grande sucesso […]. Muitos anos depois, deu-me as « Canoas do Tejo », que eu não cantei porque não gostava da palavra « abalroa », para rimar com « canoa ». Como eu não quis, ele deu a cantiga a Carlos do Carmo que fez um grande sucesso. Os fados do Britinho não eram bem o meu género. E quando há palavras com que embirro não sou capaz de cantar.
Vítor Pavão dos Santos. Amália, uma biografia, 2a edição, Barcarena (Portugal), Ed. Presença, 2005. ISBN 972-23-3468-9. P. 60.

Frederico de Brito m’a fait « Carmencita », qui a été un grand succès […]. Bien des années plus tard, il m’a donné « Canoas do Tejo », que je n’ai pas chanté parce que je n’aimais pas le mot « abalroa », qu’il fait rimer avec « canoa ». Et donc il a donné la chanson à Carlos do Carmo, qui en a fait un grand succès. Les fados de Britinho n’étaient pas vraiment mon genre. Et quand il y a des mots qui ne me vont pas, je n’arrive pas à les chanter.

Voilà. Le fait est que, « abalroa » ou pas, Alain Oulman lui apportait à l’époque ses compositions sur des poèmes d’une telle qualité qu’elle avait de quoi faire preuve d’une certaine circonspection quant au choix de ses textes. Ce qui ne l’a pas empêchée de réenregistrer, en 1967, deux anciennes chansons dont « Britinho » avait écrit les paroles : Carmencita (qu’elle avait enregistrée une première fois en 1945) et Antigamente (1955).

Canoas do Tejo, vu son succès, a fait l’objet de multiples reprises. Voici celle de la singulière Beatriz da Conceição à la voix grave, aux voyelles traînantes, qui mettait un point d’honneur à exécuter les temps forts légèrement à côté de la note « juste », ou du moins à les en faire dériver, produisant une impression de désaccordé, mais pas vraiment de « faux ». Il n’y avait qu’elle pour chanter de la sorte.

Beatriz da Conceição (1939-2015)Canoas do Tejo. Frederico de Brito, paroles & musique.
Beatriz da Conceição, chant ; instrumentistes non identifiés.
Portugal, ℗ 1973.


Canoa de vela erguida
Que vens do Cais da Ribeira
Gaivota, que andas perdida
Sem encontrar companheira
O vento sopra nas fragas
O Sol parece um morango
E o Tejo baila com as vagas
A ensaiar um fandango

Barque à la voile hissée
Qui viens du quai de la Ribeira,
Mouette qui t’es perdue
Sans trouver de compagne…
Le vent souffle dans les rochers,
Le soleil ressemble à une fraise
Et le Tage joue avec les vagues
Comme pour danser un fandango.

Canoa
Conheces bem
Quando há norte pela proa
Quantas docas tem Lisboa
E as muralhas que ela tem

Barque,
Tu sais bien,
Quand le vent souffle au Nord,
Combien Lisbonne a de docks,
Combien Lisbonne a de remparts !

Canoa
Por onde vais?
Se algum barco te abalroa
Nunca mais voltas ao cais
Nunca, nunca, nunca mais

Barque,
Où vas-tu ?
Si un bateau t’aborde,
Tu n’accosteras plus jamais,
Jamais, jamais, plus jamais.

Canoa de vela panda
Que vens da Boca da Barra
E trazes na aragem branda
Gemidos de uma guitarra
Teu arrais prendeu a vela
E se adormeceu, deixa-lo
Agora muita cautela
Não vá o mar acordá-lo

Barque à la voile gonflée
Qui viens de la Boca da Barra
En apportant dans la brise
Les pleurs d’une guitare,
Ton patron a amené la voile
Et s’est endormi, laisse-le !
Et fais bien attention
Que la mer ne le réveille pas !

Canoa
Conheces bem
Quando há norte pela proa
Quantas docas tem Lisboa
E as muralhas que ela tem

Barque,
Tu sais bien,
Quand le vent souffle au Nord,
Combien Lisbonne a de docks,
Combien Lisbonne a de remparts !

Canoa
Por onde vais?
Se algum barco te abalroa
Nunca mais voltas ao cais
Nunca, nunca, nunca mais

Barque,
Où vas-tu ?
Si un bateau t’aborde,
Tu n’accosteras plus jamais,
Jamais, jamais, plus jamais.
Frederico de Brito (1894-1977). Canoas do Tejo [19??].
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Frederico de Brito (1894-1977). Barques du Tage, trad. par L. & L. de Canoas do Tejo [19??].

Une curiosité pour clore ce billet : Frederico de Brito a produit une variante de son Canoas do Tejo, intitulée Canoa de vela branca (« Barque à la voile blanche »), qui figure au répertoire de la fadiste Fernanda Maria (née en 1937).

Fernanda Maria (née en 1937)Canoa de vela branca. Frederico de Brito, paroles & musique.
Fernanda Maria, chant ; Francisco Carvalhinho, guitare portugaise ; Martinho d’Assunção, guitare.
Portugal, [197?].

La Piaf ou la Callas du Portugal

19 juillet 2022

É da voz do meu povo uma criança
seminua nas docas de Lisboa
que eu ganho a minha voz
caldo verde sem esperança
laranja de humildade
amarga lança
até que a voz me doa.

José Carlos Ary dos Santos (1936-1984). Retrato do povo de Lisboa (1970), chanté par Amália Rodrigues sous le titre É da torre mais alta.

C’est de la voix de mon peuple, un enfant
À demi nu dans les docks de Lisbonne,
Que je tire ma voix,
« caldo verde » de désespoir,
Orange d’humilité,
Amère lance,
Jusqu’à la douleur.
José Carlos Ary dos Santos (1936-1984). Portrait du peuple de Lisbonne, treduit de Retrato do povo de Lisboa (1970) par L. & L..

Il y a quelques jours, une dame m’a téléphoné au sujet d’Amália. Elle a dit qu’elle était journaliste et aussi réalisatrice de télévision. Elle a voulu savoir si, selon moi, Amália pouvait être qualifiée de « La Piaf du Portugal », ou plutôt de « La Callas du Portugal » : un QCM à deux entrées, en quelque sorte. J’ai cru comprendre que, selon elle, la bonne réponse était la 2.

Giuseppe Verdi (1813-1901)Il Trovatore (1853), extrait. D’amor sull’ali rosee. Giuseppe Verdi, musique ; Salvatore Cammarano et Leone Emanuele Bardare, livret.
Maria Callas, soprano (Leonora) ; Chœurs et Orchestre de l’Opéra de Paris ; Georges Prêtre, direction.
Captation : Palais Garnier, Paris, le 19 décembre 1958.
Vidéo : extrait de l’émission La grande nuit de l’opéra, 19 décembre 1958. Production : France, Radiodiffusion Télévision Française [RTF], 1958.

Amália, Piaf et Callas ont en commun d’avoir été trois femmes, possédées par la passion du chant. Ce mot passion est pris ici dans ses deux sens, d’obsession ardente et de souffrance aiguë. Pour elles, privées de la possibilité de célébrer la gloire du chant, il n’y avait qu’à mourir. Édith Piaf n’a pas eu le temps de parvenir au stade où le chant s’épuise en soi : elle est morte de ses maladies, de ses excès de vie et de douleur, et enfin de la puissance destructrice des médicaments dont elle avait besoin pour tenir debout sur scène — mais dans la pleine force de son chant. Amália et la Callas, en revanche, ont assisté au vieillissement de leur voix et senti, à un certain point de leur vie, s’éteindre une à une et de plus en plus vite les molécules qui formaient la splendeur unique de leur art. L’une et l’autre pourtant, pour ne pas mourir, vraiment pour cette raison-là, ont continué à chanter professionnellement jusqu’à l’épuisement. Chacune, dans sa lutte pathétique contre cette voix qui ne voulait plus, a remporté quelques victoires : lorsqu’elles parvenaient à contenir leurs défaillances techniques dans des limites acceptables, ce combat même, allié à l’expérience de la souffrance qu’elles avaient l’une et l’autre accumulée, produisait parfois des moments sublimes.

Là s’arrête l’analogie, car il y a évidemment un monde entre le répertoire du théâtre lyrique et celui de la chanson ou du fado. Maria Callas, qui se signalait, il est vrai, par son sens du théâtre et son instinct exceptionnel d’actrice, était avant tout une musicienne accomplie : elle n’a jamais paru sur scène, ni au studio d’enregistrement, qu’après des heures d’un travail minutieux et harassant. Tandis que la Piaf autant qu’Amália étaient des interprètes spontanées, dotées l’une et l’autre de capacités vocales miraculeuses sur lesquelles elles s’appuyaient entièrement. Amália a toujours dit qu’elle ne travaillait jamais, ni sa voix ni son répertoire, sauf dans la phase initiale de mise au point d’un nouveau morceau. Elle disait aussi qu’elle montait sur scène, même après une interruption, sans préparation.

Édith Piaf (1915-1963)Non, je ne regrette rien. Michel Vaucaire, paroles ; Charles Dumont, musique.
Édith Piaf, chant ; accompagnement d’orchestre.
Vidéo : extrait de l’émission Cinq colonnes à la une du 2 décembre 1960. Production : France, Radiodiffusion Télévision Française [RTF], 1960.

Ce qui rapproche principalement Édith Piaf et Amália — auxquelles il faudrait en l’occurrence ajouter Oum Kalsoum —, c’est qu’elles ont été, d’une manière très forte, très viscérale, comme l’incarnation du génie de leurs pays respectifs. Ainsi étaient-elles perçues à l’étranger, ainsi se percevaient-elles elles-mêmes. Mais si la France vouait à sa Piaf une adoration fervente et inquiète, Amália a dû attendre 1985 et l’âge de 65 ans pour que le public du Coliseu de Lisbonne l’accueille en triomphe — comme la Piaf à Paris —, alors même que sa voix avait déjà sensiblement décliné. Et c’est plus tard encore que David Mourão-Ferreira, l’auteur de Barco negro, Abandono, Libertação, Maria Lisboa et autres, l’a appelée Amália, um heterónimo de Portugal (« Amália, un hétéronyme du Portugal »). En revanche, nul n’a jamais identifié Maria Callas avec la Grèce ni avec une quelconque région du monde.

Tout bien considéré, c’est l’extrême singularité de leurs destins respectifs qui rapproche le plus ces trois femmes qui, toutes, ont acquis une certaine dimension légendaire. C’est pourquoi, en signe de révérence, la postérité ne retient de leur nom qu’une sorte de quintessence : un patronyme, qui est en fait un nom de scène (« Piaf » ; « Callas »), ou un prénom (« Amália »).

Amália Rodrigues (1920-1999)Fado Amália. José Galhardo, paroles ; Frederico Valério, musique.
Amália Rodrigues, chant ; Domingos Camarinha, guitare portugaise ; Santos Moreira, guitare.
Enregistrement public : Olympia (Paris), avril ou mai 1956.
Première publication dans l’album Amalia à l’Olympia / Amália Rodrigues. France, Pathé Marconi, ℗ 1957.

Post scriptum

Quant à É da torre mais alta, dont un extrait figure en tête de ce billet, le voici. On en trouvera les paroles complètes avec leur traduction dans le billet Amália Rodrigues | É da torre mais alta (1969) publié le 29 octobre 2019.

Amália Rodrigues (1920-1999)É da torre mais alta. José Carlos Ary dos Santos, paroles ; Alain Oulman, musique. Titre du poème original : Retrato do povo de Lisboa
Amália Rodrigues, chant ; Fontes Rocha, guitare portugaise ; Pedro Leal, guitare classique. L’enregistrement est une maquette de travail réalisée en 1969.
Extrait de l’album Com que voz, nouvelle édition « remastered ». Portugal : Edições Valentim de Carvalho, ℗ et © 2019.

La chanson du dimanche [18]

17 juillet 2022

C’est une petite valse désuète, qui nous vient du Paris des années 1890. Si vous avez vu La maman et la putain, le film de Jean Eustache dont une édition restaurée vient de sortir au cinéma, vous reconnaîtrez dans Tout simplement la chanson que chante Veronika (Françoise Lebrun) vers la fin du film, a cappella. Musique de Paul Delmet (1862-1904) — le compositeur des Petits pavés —, paroles de Maurice Boukay, alias Charles-Maurice Couÿba (1866-1931) — auteur des Pissenlits.

Elle est ici interprétée par le baryton-basse Vanni-Marcoux en 1956.

Vanni-Marcoux (1877-1962)Tout simplement. Maurice Boukay, paroles ; Paul Delmet, musique.
Vanni-Marcoux, baryton-basse ; Irène Aïtoff, piano.
Extrait de l’album Vanni Marcoux chante Paul Delmet. France, 1955.

Insaisissable

16 juillet 2022

Il y a quelqu’un.

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Toulouse (Occitanie, France), rue de la Dalbade, 10 juin 2022

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Il n’y a plus personne.

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Toulouse (Occitanie, France), rue de la Dalbade, 10 juin 2022

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Ainsi passe la gloire du monde.

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Jeanne Moreau (1928-2017)L’insaisissable. Eugène Guillevic, d’après Elsa Triolet, paroles ; Philippe-Gérard, musique.
Jeanne Moreau, chant ; Christian Chevallier, arrangement et direction.
Extrait de l’album Les chansons de Clarisse / Jeanne Moreau. France, ℗ 1968.

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Toulouse (Occitanie, France), rue de la Dalbade, 10 juin 2022

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