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Marco Oliveira • Nenhum de nós

17 avril 2021

Le discret Marco Oliveira annonce la parution de son 3e album, enregistré en novembre 2019, pour ce mois de mai. À titre de mise en bouche, un premier extrait en a été divulgué hier : Nenhum de nós (« Aucun de nous »), un fado dont il est l’auteur, paroles et musique. Son interprétation d’une élégante simplicité, sans fioritures ni emportements, sobrement soutenue par une guitare portugaise, une guitare classique (la sienne) et une contrebasse, est d’une très grande classe. On pense à António dos Santos (1919-1993), créateur de Gaivotas em terra, d’ailleurs enregistré par Marco Oliveira. « Nenhum de nós », écrit-il dans le texte de présentation, « est un fado que j’ai écrit à propos d’un long adieu […], [de] lettres écrites et jamais envoyées, [de] mots restés en suspens entre deux personnes. »

Si l’ensemble de l’album à venir est de cette veine, ce sera un grand album de fado.

Marco OliveiraNenhum de nós. Marco Oliveira, paroles & musique (Fado Alexandrino de Sesimbra).
Marco Oliveira, chant, guitare ; Ricardo Parreira, guitare portugaise ; Carlos Barretto, contrebasse ; José Mário Branco, production.
Enregistrement : Lisbonne, studios Valentim de Carvalho, novembro 2019. Portugal : SME Portugal, ℗ 2021.
Vidéo :
Aurélio Vasques, réalisation ; João Leão, assistant de réalisation. Production : Zul filmes. Portugal, 2021.
Filmé à Lisbonne en février 2021.


De tudo o que dissemos
faltou dizer adeus
Chorar, seguir de vez
por essa longa estrada
O tempo foi passando,
levou-me beijos teus
E as cartas que escrevi
ficaram sem morada

Nous nous sommes dit tant de choses,
mais pas le mot adieu.
Pleurer, s’en tenir désormais
à cette longue route.
Le temps a passé,
emportant tes baisers,
Je t’ai écrit tant de lettres,
sans les envoyer…

Eu nunca mais te vi,
tu nunca mais me viste
Nas mesmas velhas ruas
onde a saudade mora
Saudade de nós dois,
do amor que ainda existe
Por pena desespera,
em mágoas se demora

Je ne t’ai jamais revue,
tu ne m’as jamais revu
Dans ces mêmes vieilles rues
où réside la saudade,
Saudade de nous deux,
de l’amour toujours vivant,
Qui par tristesse se désespère
et s’attarde dans le chagrin.

É tudo tão diferente,
bem sei que já mudaste
Em tudo o que eu sonhava,
em tudo o que eu sentisse
Mas lembra-te de mim
na vida que encontraste
E que ao dizer adeus,
nenhum de nós o disse

Maintenant tout est bien différent,
déjà tu as changé
Dans mes rêves d’alors,
dans ce que j’ai pu ressentir
Mais souviens-toi de moi
dans la vie que tu mènes
Souviens-toi qu’au moment de se dire adieu,
aucun de nous ne l’a dit.
Marco Oliveira (né en 1988). Nenhum de nós (2019).
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Marco Oliveira (né en 1988). Aucun de nous, traduit de Nenhum de nós (2019) par L. & L.

Si la Garonne avait voulu

19 avril 2021

La Garonne à Toulouse, 27 mai 2017
La Garonne à Toulouse, 27 mai 2017

Cette chanson de Gustave Nadaud (1820-1893) — natif de Roubaix —, dont le titre original est simplement La Garonne, a été reprise dans les années 1970 par Julos Beaucarne, chanteur, conteur, écrivain… (etc.) belge, dans une version mise en musique par lui-même. La mélodie originale de Nadaud en est pourtant tout à fait correcte, comme en témoignent ces deux enregistrements : le plus récent des deux, réalisé par un Marcel Nobla, chanteur et guitariste (accompagné au piano en l’occurrence), date de 1956 ; l’autre, par Charlus, pseudonyme de Louis-Napoléon Defer (1860-1951), remonte à 1903.

Marcel NoblaSi la Garonne avait voulu. Gustave Nadaud, paroles & musique.
Marcel Nobla, chant ; accompagnement de piano.
Extrait du disque 45t Chansons éternelles N° 4 / Marcel Nobla, du Lapin agile. France : RCA, ℗ 1956. Restauration : Bibliothèque nationale de France, 2014.

Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Quand elle sortit de sa source,
Diriger autrement sa course,
Et vers le Midi s’épancher,
Qui donc eût pu l’en empêcher ?
Tranchant vallon, plaine et montagne,
Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Elle allait arroser l’Espagne.

Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Pousser au Nord sa marche errante,
Elle aurait coupé la Charente,
Coupé la Loire aux bords fleuris,
Coupé la Seine dans Paris,
Et moitié verte, moitié blanche,
Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Elle se jetait dans la Manche.

Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Elle aurait pu boire la Saône,
Boire le Rhin après le Rhône,
De là, se dirigeant vers l’Est,
Absorber le Danube à Pesth,
Et puis, ivre à force de boire,
Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Elle aurait grossi la mer Noire.

Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Elle aurait pu dans sa furie,
Pénétrer jusqu’en Sibérie,
Passer l’Oural et le Volga,
Traverser tout le Kamschatka,
Et, d’Atlas déchargeant l’épaule,
Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Elle aurait dégelé le pôle.

La Garonne n’a pas voulu,
Lanturlu !
Humilier les autres fleuves.
Seulement, pour faire ses preuves,
Elle arrondit son petit lot :
Ayant pris le Tarn et le Lot,
Elle confisqua la Dordogne.
La Garonne n’a pas voulu,
Lanturlu !
Quitter le pays de Gascogne.
Gustave Nadaud (1820-1893). La Garonne ou Si la Garonne avait voulu (1848 ou 1860). Publié dans : Gustave Nadaud, Collection complète des Chansons. [13eme Volume], Paris : Heugel et C.ie, [1861].

Charlus (1860-1951)Si la Garonne avait voulu. Gustave Nadaud, paroles & musique.
Charlus, chant ; accompagnement de piano.
France, 1903.

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La Garonne à Toulouse, 21 novembre 2020

L’anxieux

18 avril 2021

Toulouse (Occitanie, France), rue Bouquières, octobre 2017
Toulouse (Occitanie, France), rue Bouquières, 7 octobre 2017

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Supposez les pensées, des ballons, l’anxieux s’y couperait encore.
Henri Michaux (1899-1984). Extrait de Face aux verrous (1954). Dans : Face aux verrous, nouvelle éd. revue et corrigée, Gallimard, impr. 1989, © 1967, ISBN 2-07-024454-7, p. 57.

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Toulouse (Occitanie, France), rue Bouquières, 7 octobre 2017

Toti Soler & Gemma Humet • Penyora d’amor

16 avril 2021

Toti Soler (né en 1949), guitariste catalan de formation classique, également compositeur, peut se prévaloir d’une vaste discographie en solo. Il est en outre connu pour ses collaborations avec d’autres artistes, tels que Léo Ferré (il a notamment participé à l’enregistrement du triple album Ludwig ; L’Imaginaire ; Le Bateau ivre, paru en 1982), Sílvia Pérez Cruz, Pascal Comelade ou Maria del Mar Bonet, pour ne citer que les plus connus de ce côté-ci des Pyrénées.

Penyora d’amor (« Gage d’amour »), en duo avec la chanteuse Gemma Humet, est une reprise d’une chanson composée par Martí Llauradó en 1965 sur un poème de Joan Salvat-Papasseit (1894-1924), poète barcelonais d’avant-garde proche des courants anarchistes, mort de tuberculose à l’âge de 30 ans. Elle est extraite du très bel album de Toti Soler Raó de viure (« Raison de vivre »), paru en 2011 et qui contient plusieurs duos comme celui-ci, dont un avec Sílvia Pérez Cruz.

Toti Soler & Gemma HumetPenyora d’amor. Poème de Joan Salvat-Papasseit ; Martí Llaudaró, musique.
Toti Soler, guitare ; Gemma Humet, chant.
Enregistrement : Palau-Sator (province de Gérone, Catalogne).
Extrait de l’album Raó de viure / Toti Soler. Espagne : Satélite K, ℗ 2011.


Li deia l’enamorat
Penyora d’amor, penyora—
si tu em besaves, amor,
jo et donaria una rosa.

Son amoureux lui disait
Gage d’amour, gage d’amour.
Si tu m’embrassais, mon amour,
je te donnerais une rose.

No fóra mesquí de res,
penyora d’amor, penyora;
—o bé et tornaria el bes
o et donaria una taronja,
una ametlla
o bé l’esqueix
d’una clavellina nova.

Je ne serais pas avare,
Gage d’amour, gage d’amour.
— Ou bien je te rendrais ton baiser
Ou je te donnerais une orange,
Une amande
Ou bien une fraîche bouture
D’œillet.

No fóra mesquí de res,
penyora d’amor, penyora;
—o la flor del cirerer
o el llessamí
o bé la lluerna
que havés pogut descobrir
la nostra abraçada estreta.

Je ne serais pas avare,
Gage d’amour, gage d’amour.
— Ou la fleur du cerisier
Ou le jasmin
Ou la luciole
Qui aurait pu découvrir
Notre étreinte.

No fóra mesquí de res,
penyora d’amor, penyora:
que jo em donaria teu
i tu et donaries tota.

Je ne serais pas avare,
Gage d’amour, gage d’amour.
Car je me donnerais tout entier
Et tu te donnerais toute entière.

Si tu em besaves, amor,
jo et donaria una rosa.

Si tu m’embrassais, mon amour,
je te donnerais une rose.
Joan Salvat-Papasseit (1894-1924). L’enamorat li deia o Penyora d’amor, extrait de La gesta dels estels (1922).
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Joan Salvat-Papasseit (1894-1924). Gage d’amour, traduit de L’enamorat li deia o Penyora d’amor, extrait de La gesta dels estels (1922) par L. & L.

David Gurita • Maldição

15 avril 2021

David GuritaMaldição. Armando Vieira Pinto, paroles ; Alfredo Marceneiro, musique (Fado Cravo).
David Gurita, chant ; instrumentistes non crédités.
Vidéo : [David Gurita], réalisation. 2020.

Maldição, sur la musique du Fado cravo d’Alfredo Marceneiro, est l’un des grands fados du répertoire d’Amália Rodrigues. Ce jeune homme, dans les quelques mots qui accompagnent sa vidéo, ne fait pourtant référence qu’à la version d’Ana Moura. David Gurita — c’est son nom — s’illustre généralement dans une variété pop portugaise d’assez mauvais aloi, mais il lui arrive de chanter le fado. Il s’en sort plutôt bien, je trouve, même si la voix semble manquer de puissance. Et il doit être possible de chanter sans crisper le visage à ce point : on le croirait livré aux mains d’un acupuncteur sadique. Peut-être faut-il y voir l’influence de Dulce Pontes, qu’il dit aimer beaucoup (moi, pas du tout).

Que destino, ou maldição
Manda em nós, meu coração?
Um do outro assim perdidos
Somos dois gritos calados
Dois fados desencontrados
Dois amantes desunidos.
Quel destin, ou quelle malédiction
Commande en nous, mon cœur ?
Car nous sommes étrangers l’un à l’autre,
Deux cris silencieux
Deux destins qui s’ignorent
Deux amants désunis.
Por ti sofro e vou morrendo
Não te encontro, nem te entendo
Amo e odeio sem razão
Coração… quando te cansas
Das nossas mortas esperanças
Quando paras, coração?
Tu me fais souffrir, tu me fais mourir
Je te cherche sans te comprendre
J’aime et je hais sans raison
Mon cœur… quand te lasses-tu
De nos espoirs anéantis,
Quand t’arrêtes-tu, mon cœur ?
Nesta luta, esta agonia
Canto e choro de alegria
Sou feliz e desgraçado.
Que sina a tua, meu peito
Que nunca estás satisfeito
Que dás tudo… e não tens nada.
Dans cette lutte, cette agonie
Je chante et je pleure de joie
Je suis heureux et malheureux.
Quel destin que le tien mon cœur,
Toi, jamais satisfait
Qui donnes tout… et qui n’as rien !
Na gelada solidão
Que tu me dás coração
Não há vida nem há morte
É lucidez, desatino
De ler no próprio destino
Sem poder mudar-lhe a sorte.
Dans cette solitude glacée
Que tu me donnes, mon cœur,
Il n’y a ni vie ni mort.
C’est lucidité et c’est folie
De lire dans sa propre destinée
Sans pouvoir agir sur son cours.
Armando Vieira Pinto (1906-1964). Maldição.
Armando Vieira Pinto. Malédiction, traduit de Maldição par L. & L.

Padam, padam… • GirodiBanda (et Édith Piaf)

11 avril 2021

GirodiBanda est un ensemble à effectif variable ancré dans la région du Salento (Pouilles), dirigé par le trompettiste Cesare Dell’Anna, de formation classique. La base de son répertoire est constituée par la musique des fanfares du Sud de l’Italie, à laquelle se mêlent les différentes traditions locales, notamment la pizzica et les musiques des communautés albanaises installées dans la région depuis le Moyen-Âge. GirodiBanda se produit généralement dans un kiosque à musique.

Avec GirodiBanda, Cesare Dell’Anna réalise le rêve de réunir dans un même kiosque à musique le folk des salles de danse et des haut-parleurs des vendeurs ambulants, la « pizzica » et la tradition du chant de nos grands-parents, les sons des Balkans que diffusaient les radios albanaises dans les postes de nos parents qui allaient travailler à l’usine, les camps roms et les fêtes « gipsy », les Africains et leurs fêtes ethniques, le jazz et les études au conservatoire. Le tout fortement influencé par de belles trouvailles d’improvisation et des arrangements pour fanfare.

Le kiosque à musique, la scène par excellence sur laquelle se produisent les fanfares du Sud de l’Italie, se transforme en un kaléidoscope où se rencontrent des musiciens de plusieurs régions de l’Italie du Sud et de l’Albanie, de Roumanie et du Sénégal, qui jouent les marches symphoniques classiques du répertoire des fanfares ainsi que des compositions inédites.
Extrait du site Cesare Dell’Anna, consulté le 11 avril 2021. Traduit de l’italien par L. & L.

De leur second album, Guerra (2018), est extraite cette succulente version de Padam, padam, du répertoire d’Édith Piaf.

GirodiBandaPadam padam. Henri Contet, paroles ; Norbert Glanzberg, musique.
GirodiBanda, ensemble instrumental et vocal ; Cesare Dell’Anna, direction & arrangements.
Extrait de l’album Guerra / GirodiBanda. Italie : 11-8 Records, ℗ 2018.

Il fallait aussi, bien sûr, entendre Édith Piaf, ici en public à l’Olympia, en 1955. On se demande comment une voix pareille pouvait sortir d’un corps si minuscule, si frêle. C’est extraordinaire. Le public est électrisé.

Édith Piaf (1915-1963)Padam, padam…. Henri Contet, paroles ; Norbert Glanzberg, musique.
Édith Piaf, chant ; chœurs et orchestre sous la direction de Robert Chauvigny.
Enregistrement public, Paris, Olympia, 27 ou 28 janvier 1955.
Extrait de l’album Récital enregistré au cours du spectacle de l’Olympia / Édith Piaf. France : Columbia, ℗ 1955.

Cet air qui m’obsède jour et nuit,
Cet air n’est pas né d’aujourd’hui.
Il vient d’aussi loin que je viens
Traîné par cent mille musiciens.
Un jour cet air me rendra folle
Cent fois j’ai voulu dire pourquoi,
Mais il m’a coupé la parole,
Il parle toujours avant moi
Et sa voix couvre ma voix

Padam, padam, padam
Il arrive en courant derrière moi
Padam, padam, padam
Il me fait le coup du souviens-toi
Padam, padam, padam
C’est un air qui me montre du doigt
Et je traîne après moi comme une drôle d’erreur
Cet air qui sait tout par cœur.

Il dit « rappelle-toi tes amours »,
Rappelle-toi puisque c’est ton tour.
Y a pas de raison pour que tu ne pleures pas,
Avec tes souvenirs sur les bras !
Et moi je revois ceux qui restent,
Mes vingt ans font battre tambour.
Je vois s’entrebattre des gestes,
Toute la comédie des amours
Sur cet air qui va toujours…

Padam, padam, padam
Des je t’aime de 14 juillet
Padam, padam, padam
Des toujours qu’on achète au rabais
Padam, padam, padam
Des veux-tu en voilà par paquets
Et tout ça pour tomber juste au coin de la rue
Sur l’air qui m’a reconnue.

Écoutez le chahut qu’il me fait
Comme si tout mon passé défilait.
Faut garder du chagrin pour après,
J’en ai tout un solfège sur cet air qui bat,
Qui bat comme un cœur de bois.
Henri Contet (1904-1998). Padam, padam… (1951).

Fourmis

8 avril 2021

« Nous sommes plus que jamais entourés de fourmis », dit sa lettre. Inquiètes, ventre à terre elles poussent des poussières. Elles ne s’intéressent pas à nous.
Pas une ne lève la tête.
C’est la société la plus fermée qui soit , quoi qu’elles se répandent constamment au dehors. N’importe, leurs projets à réaliser, leurs préoccupations… elles sont entre elles… partout.
Et jusqu’à présent pas une n’a levé la tête sur nous. Elle se ferait plutôt écraser.
Henri Michaux (1899-1984). « Je vous écris d’un pays lointain », extrait de Lointain intérieur (1938). Dans : Plume ; précédé de Lointain intérieur, nouvelle éd. revue et corrigée, Gallimard, impr. 1972, © 1963, pages 78-79.

ZoucLa fourmi. Zouc, autrice.
Vidéo : extrait de l’émission Numéro un du 4 février 1978. Zouc, participante ; Marion Sarraut, réalisatrice ; Gilbert Carpentier & Maritie Carpentier, producteurs. Production : France, TF1,1978.

Bien fait

7 avril 2021

Bomarzo (VT, Lazio, Italie), Parco dei Mostri, 11 juillet 2020
Bomarzo (VT, Lazio, Italie), Parco dei Mostri, 11 juillet 2020

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La nature a bien fait les choses dit sa voisine à monsieur Songe.
À Dieu ne plaise qu’elle récidive, Madame.
Heureusement, la voisine est sourde.

Robert Pinget (1919-1997). Charrue (1985). Dans : Monsieur Songe ; suivi de Le harnais et Charrue, Les Éditions de Minuit, DL 2011 (Double ; 74), ISBN 978-2-7073-2158-9, page 173.

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Bomarzo (VT, Lazio, Italie), Parco dei Mostri, 11 juillet 2020

El día que nací yo • Rodrigo Cuevas (& Imperio Argentina)

3 avril 2021

Rodrigo Cuevas. Manual De Cortejo, Rodrigo Cuevas ronda a Raül Refree. Espagne : Aris Música, 2019.
Rodrigo Cuevas. Manual De Cortejo, Rodrigo Cuevas ronda a Raül Refree. Espagne : Aris Música, 2019.

« Rodrigo Cuevas, Oviedo 1985, es un artista total » (« Rodrigo Cuevas, né à Oviedo en 1985, est un artiste total ») — annonce sans détour la note biographique du site Internet dudit Rodrigo (https://rodrigocuevas.sexy), qui se présente en outre comme « agitador folclórico ».

« L’agitation folklorique » menée par Rodrigo, centrée sur la musique traditionnelle de ses Asturies natales, est attestée par son premier album, Manual de cortejo [« Manuel de séduction »], réalisé en partenariat avec Raül Refree, que nous connaissons pour ses collaborations avec Sílvia Pérez Cruz, Rosalía, ou, plus récemment, pour le projet Lina_ Raül Refree.

« Manual de Cortejo » es un disco lento; hecho sin prisas, para escuchar sin prisas, para vivir sin prisa. En él hay todo un recorrido por los ritmos y las melodías asturianas aderezadas con algún ritmo y melodía de otros lugares de la península.
Site Internet de l’artiste : https://rodrigocuevas.sexy/albums/manual-de-cortejo/

« Manual de Cortejo » est un disque lent ; fait sans hâte, à écouter sans hâte, à vivre sans hâte. Il renferme tout un parcours à travers les rythmes et les mélodies asturiennes assaisonnés de rythmes et de mélodies d’autres lieux de la péninsule.

Extraite de Manual de cortejo, voici par exemple El día que nací yo, réinterprétation d’une copla créée par Imperio Argentina (1910-2003) dans Morena clara, un film de 1936.

Rodrigo CuevasEl día que nací yo. Antonio Quintero Ramírez & Manuel Desco Sanz [pseudonyme de Pascual Guillén Aznar] ; Juan Mostazo Morales, musique.
Rodrigo Cuevas, chant, percussion, synthétiseur, électronique ; Rubén Bada, guitare électrique, basse, chœurs ; Tino Cuesta, synthétiseur, accordéon, programmation, chœurs ; Mapi Quintana, tambourin, vocodeur, palmas, chœurs ; Juanjo Díaz, percussion ; Raül Refree & Rodrigo Cuevas, production.
Enregistrement : Barcelone, Estudios Calamar.
Extrait de l’album Manual De Cortejo / Rodrigo Cuevas ronda a Raül Refree. Espagne, ℗ 2019.

Morena clara (1936). Extrait. Florián Rey, réalisation, scénario & dialogues ; d’après la pièce Morena Clara, de Antonio Quintero Ramírez & Manuel Desco Sanz [pseudonyme de Pascual Guillén Aznar].
Distribution : Imperio Argentina (Trinidad Marqués « Trini » ; Miguel Ligero (Agustín Marqués « Regalito ») ; Manuel Luna (Enrique Baena) ; …
Production : Espagne : Cifesa, 1936. Date de sortie (Espagne) : 1936.

Chanson :
Imperio Argentina (1910-2003)El día que nací yo. Antonio Quintero Ramírez & Manuel Desco Sanz [pseudonyme de Pascual Guillén Aznar] ; Juan Mostazo Morales, musique.
Imperio Argentina, chant ; accompagnement d’orchestre.


El día que nací yo
¿Qué planeta reinaría?
Por donde quiera que voy
¿Qué mala estrella me guía?

Sous quelle planète
Suis-je née ?
Quelle mauvaise étoile
Me guide où que j’aille ?

Estrella de plata,
La que más reluce.
¿Por qué me llevas por éste calvario
llenito de cruces?

Étoile d’argent,
Toi la plus brillante,
Pourquoi me faire parcourir ce calvaire
Tout semé de croix ?

Tú vas a caballo
Por el firmamento
Yo cieguecita sobre las tinieblas
A pasito lento.

Tu traverses le ciel
Sur ton destrier
Tandis que sous la voûte des ténèbres,
À l’aveuglette, je marche à pas lents.

El barco de vela
De tu poderío
Me trajo a este puerto
Donde me se ahogan
Los cinco sentidos.

Le voilier
De ta puissance
M’a menée jusqu’à ce port
Où se noient
Mes cinq sens.

El día que nací yo
¿Qué planeta reinaría?
Por donde quiera que voy
¿Qué mala estrella me guía?

Sous quelle planète
Suis-je née ?
Quelle mauvaise étoile
Me guide où que j’aille ?

Estrella de nácar
Déjame ser buena
Y que me pongan
En estos barrotes
Mi reloj de arena.

Étoile de nacre,
Laisse-moi être bonne,
Ordonne qu’on enferme
Mon sablier
Derrière ces barreaux.

Yo haré lo que mandes
Rey de los luceros
Y cuando él diga:
« Que la lleven presa »
Le diré: « te quiero ».

Je t’obéirai,
Roi des astres.
Et quand il ordonnera :
« Qu’on la jette en prison »
Je lui dirai : « Je t’aime ».

El día que nací yo
¿Qué planeta reinaría?
Por donde quiera que voy
¿Qué mala estrella me guía?

Sous quelle planète
Suis-je née ?
Quelle mauvaise étoile
Me guide où que j’aille ?
Antonio Quintero Ramírez (1895-1977) & Manuel Desco Sanz [pseudonyme de Pascual Guillén Aznar] (1891-1972). El día que nací yo (1935).
Antonio Quintero Ramírez (1895-1977) & Manuel Desco Sanz [pseudonyme de Pascual Guillén Aznar] (1891-1972). Le jour où je suis née, traduit de El día que nací yo (1935) par L. & L.

Rodrigo Cuevas
Manual de cortejo (2019)

Rodrigo Cuevas. Manual De Cortejo, Rodrigo Cuevas ronda a Raül Refree. Espagne : Aris Música, 2019.Manual De Cortejo / Rodrigo Cuevas ronda a Raül Refree. — Production : Espagne : El Cohete Internacional, ℗ 2019.

CD : Aris Música, 2019. — CD019. EAN 8429006488247.
Voir la notice dans Discogs.

La chanson de Margaret Le Coz

31 mars 2021

« Margaret Le Coz. Le Coz en deux mots.
— Vous habitez dans le quartier ?
— Non. Du côté d’Auteuil. »
[…]
Bosmans était surpris par sa voix calme, cette manière paisible et lente de marcher, comme pour une promenade, cette apparente sérénité qui contrastait avec le sparadrap au-dessus de l’arcade sourcilière et la tache de sang sur l’imperméable. […]
« Margaret Le Coz, c’est breton ?
— Oui.
— Vous êtes née en Bretagne ?
— Non. À Berlin. »
Patrick Modiano. L’horizon (2010). Dans : Romans / Patrick Modiano, Gallimard, impr. 2014 (Quarto), ISBN 978-2-07-013956-9, page 992.

Germaine Montero (1909-2000)La chanson de Margaret. Pierre Mac Orlan, paroles ; Vincent Marceau, musique.
Germaine Montero, chant ; accompagnement d’orchestre ; Philippe-Gérard, direction ; Henri Crolla, guitare.
France, 1952.

L’après-midi où elle se présenta à l’agence Stewart, faubourg Saint-Honoré, elle attendit longtemps avant d’être reçue par un blond d’une cinquantaine d’années aux petits yeux bleus. Il s’assit à son bureau et l’observa un moment d’un œil attentif et froid de maquignon. Elle restait debout, gênée. Ce type allait peut-être lui dire d’une voix sèche : Déshabillez-vous. Mais il lui désigna un fauteuil de cuir, en face de lui.
« Vos nom et prénom ? »
Il avait pris une fiche et décapuchonné son stylo.
« Margaret Le Coz. »
D’habitude on lui demandait : en deux mots ? Ou bien : vous êtes bretonne ? Mais le blond écrivit son nom sur la fiche sans rien lui dire.
Patrick Modiano. L’horizon (2010). Dans : Romans / Patrick Modiano, Gallimard, impr. 2014 (Quarto), ISBN 978-2-07-013956-9, page 1034.

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