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Camané | Com que voz (2019) ; puis Amália Rodrigues (1969)

10 novembre 2019

Com que voz chorarei meu triste fado,
que em tão dura paixão me sepultou?

Luís Vaz de Camões (1524?-1580) [attribué à]. Com que voz chorarei meu triste fado

De quelle voix pleurerai-je mon triste sort,
Qui en si dure passion m’a enseveli ?

La vidéo ci-dessous, avec la bande-son associée, vient en estafette du nouvel album de Camané Aqui está-se sossegado (« Ici c’est la tranquillité », premier vers d’un poème de Pessoa devenu un fado en 2015 à travers l’interprétation du même Camané). L’album, à paraître le 15 novembre au Portugal, est constitué de 14 morceaux, tous arrangés et interprétés par le fadiste lui-même en partenariat avec le compositeur et pianiste de jazz Mário Laginha.

Camané | Com que voz. Poème attribué à Luís de Camões ; Alain Oulman, musique.
Camané, chant ; Mário Laginha, piano. Bande son extraite de l’album Aqui está-se sossegado. Portugal, ℗ 2019.
Vidéo : Aurélio Vasques, réalisateur et directeur de la photographie ; Carlos Lopes, assistant image ; Fernando Centeio, producteur. Portugal, 2019.

Le programme de l’album compte deux reprises du répertoire d’Amália, l’une et l’autre sur des musiques d’Alain Oulman : le Com que voz que voici et Abandono, déjà enregistré par Camané dans l’album collectif Amália, les voix du fado, paru en 2015.

Camané peut se prévaloir d’un public d’admirateurs fervents. Quant à moi j’ai rarement été emporté par ses interprétations, toujours parfaites, mais que je trouve généralement tristes – ce que n’est pas, ce que ne doit pas être le fado. Au contraire, le fado libère de l’accablement. De fait on ne peut rien alléguer en défaveur de cette reprise de Com que voz, impeccable, mesurée, sensible ; sinon qu’elle est dépourvue de feu et comme voilée de grisaille.

Il est vrai que le sonnet de Camões sur lequel il est composé évoque une forme de tristesse, suite à la déchirante privation de l’être aimé : « triste je veux vivre, car elle s’est muée / en tristesse, la joie des jours passés » ; une tristesse ardente, puisque « d’un mal si grand, la cause est l’amour pur ». Amália y fait entendre le désarroi de la passion contrariée ; Camané la résignation.

Après tout, c’est une façon de voir les choses – et la grisaille peut être belle.

Amália Rodrigues (1920-1999) | Com que voz. Poème attribué à Luís de Camões ; Alain Oulman, musique.
Amália Rodrigues, chant ; José Fontes Rocha, guitare portugaise ; Pedro Leal, guitare classique ; José Fontes Rocha, arrangements. Enregistrement : janvier 1969.
Extrait de l’album Com que voz, nouvelle édition « remastered ». Portugal : Edições Valentim de Carvalho, ℗ et © 2019.

Com que voz chorarei meu triste fado,
que em tão dura paixão me sepultou,
que mór não seja a dor que me deixou
o tempo, de meu bem desenganado?
De quelle voix pleurerai-je mon triste sort,
Qui en si dure passion m’a enseveli,
Que plus grande encore ne soit la douleur
Que m’a laissée le temps, désabusé de mon amour ?
Mas chorar não se estima neste estado,
aonde suspirar nunca aproveitou;
triste quero viver, pois se mudou
em tristeza a alegria do passado.
Mais les pleurs sont sans effet dans cet état,
Que jamais les soupirs n’ont su guérir;
Je veux vivre triste, car la joie d’autrefois
Est devenue tristesse.
[Non chanté :
Assi a vida passo descontente,
ao som — nesta prisão — do grilhão duro
que lastima o pé que o sofre e sente!]
[Non chanté :
Ainsi se passe ma vie sans contentement,
Au son, dans cette prison, des fers cruels
Qui blessent le pied qu’ils enserrent et qui les endure !]
De tanto mal, a causa é amor puro,
devido a quem de mi tenho ausente
por quem a vida, e bens dela, aventuro.
D’un mal si grand la cause est pur amour,
Pour qui me prive de sa présence,
Pour qui je compromets ma vie, et ses plaisirs.
Luís Vaz de Camões (1524?-1580) [attribué à]. Com que voz chorarei meu triste fado.
Luís Vaz de Camões (1524?-1580) ?. De quelle voix pleurerai-je mon triste sort, traduit de Com que voz chorarei meu triste fado par L. & L.

Carminho | Perdidamente

5 novembre 2019

Florbela Espanca (1894-1930)

Florbela Espanca (1894-1930). Photographe inconnu. Domaine public

Le sonnet de Florbela Espanca (1894-1930) s’intitule Ser poeta (« Être poète »). Chanté sur une musique de João Gil par le groupe Trovante en 1987, il est devenu Perdidamente (« Éperdument »).

João Gil, qui faisait partie dudit groupe à l’époque, est un guitariste bien connu au Portugal. Il est surtout un compositeur de chansons extrêmement doué. En 2017 est paru un double album de reprises de ses compositions par une belle brochette d’artistes portugais : Raquel Tavares, António Zambujo, Carlos do Carmo (pour une étonnante version du poème de Verlaine Il pleure dans mon cœur), Luísa Sobral et bien d’autres.

Par exemple, pour ce Perdidamente : Carminho – toujours avec ce léger excès d’expression qui est sa marque et sa faiblesse. Décidément, il faut réécouter la version enregistrée par Lula Pena dans son premier album (Phados, 1998). Je lui ai demandé un soir, après un concert, pourquoi elle ne le chantait pas sur scène. Elle a dit qu’elle l’avait enregistré en 1998 parce que, pour ce premier album, il fallait de la matière immédiatement. Alors ce titre-là oui, pourquoi pas. Son interprétation est sans emphase aucune, sombre, très « florbélienne », magique. Malheureusement Phados est indisponible depuis longtemps.

Mais Carminho n’est pas mal non plus, au fond.

Carminho | Perdidamente. Poème de Florbela Espanca ; João Gil, musique.
Carminho, chant ; guitariste innommé.
Extrait de l’album João Gil por…. Portugal, ℗ 2017.

Ser poeta é ser mais alto, é ser maior
Do que os homens! Morder como quem beija!
É ser mendigo e dar como quem seja
Rei do Reino de Aquém e de Além Dor!

Être poète c’est être plus grand, plus élevé
Que les hommes ! Mordre comme dans un baiser !
C’est être mendiant et donner comme si on était Roi
Du Pays d’En-Deça et d’Outre-Douleur !
É ter de mil desejos o esplendor
E não saber sequer que se deseja!
É ter cá dentro um astro que flameja,
É ter garras e asas de condor!

C’est posséder la splendeur de mille désirs
Sans même savoir qu’on désire !
C’est avoir en soi un astre flamboyant,
C’est avoir les serres et les ailes d’un condor !
É ter fome, é ter sede de Infinito!
Por elmo, as manhãs de oiro e de cetim…
É condensar o mundo num só grito!

C’est avoir faim, avoir soif d’infini !
Pour heaume, avoir les matins d’or et de satin…
C’est condenser le monde dans un cri !
E é amar-te, assim, perdidamente…
É seres alma, e sangue, e vida em mim
E dizer-lo cantando a toda a gente!

Et c’est t’aimer ainsi, éperdument,
Et toi : être âme, sang et vie en moi,
Et dire cela au monde dans le chant !
Florbela Espanca (1894-1930). Ser poeta, extrait de : Charneca em flor (vers 1927. 1ère publication : 1931). Florbela Espanca (1894-1930). Être poète, traduit de : Ser poeta, extrait de : Charneca em flor (vers 1927. 1ère publication : 1931) par L. & L.

Alfredo Marceneiro | O pajem

3 novembre 2019

Avec Alfredo Marceneiro (1892-1980) : retour aux fondamentaux du Fado, presque à ses racines. « Presque » oui, car le fado s’est individualisé en tant que genre distinct au milieu du XIXe siècle. Marceneiro représente l’archétype de ce qu’était le fado du XXe siècle avant qu’Amália Rodrigues le dénationalise et le façonne à sa mesure en y coulant toute sorte d’influences tierces. Son avènement a produit un raz-de-marée.

Marceneiro, le plus illustre représentant du fado « castiço » (« authentique »), n’a pour ainsi dire pas de postérité. Ni lui, ni ceux des fadistes de sa génération qui se sont produits essentiellement dans les maisons de fado et peu dans les théâtres, et qui ne se sont rendus dans les studios d’enregistrement qu’avec réticence. Marceneiro en avait horreur, lui qui considérait que le disque « industrialisait le fado ». Son legs discographique est de ce fait assez mince.

Il était à la fois un compositeur extraordinaire (toutes ses compositions sont devenus des classiques, repris par les autres fadistes et parfois par lui-même sur d’autres textes) et un admirable chanteur. On reconnaît instantanément sa voix étonnante qui ressemble à un pleur, son style de chant reposant sur de discrets ornements, refusant tout effet dramatique.

Sa seule faiblesse réside dans la piètre qualité générale des textes de ses fados. Défaut d’ailleurs assez bien partagé par ses collègues d’alors – à l’exception notable d’Amália Rodrigues, encore elle. Et si Amália a interprété beaucoup de ses musiques, c’était toujours sur d’autres poèmes que les originaux ; elle n’aurait probablement jamais repris un texte comme O pajem (« Le page »).

Alfredo Marceneiro (1892-1980) | O pajem. Fernando Teles, paroles ; Alfredo Marceneiro, musique (Fado Pajem).
Alfredo Marceneiro, chant ; António Chainho & Acácio Rocha, guitare portugaise ; Pais da Silva & José Maria Nóbrega, guitare classique. Portugal, date indéterminée.

Todas as noites um pagem
Com voz linda e maviosa
Ia render homenagem
À marquesinha formosa

Toutes les nuits un page
De sa voix splendide et suave
Allait rendre hommage
À la belle marquise
Mas numa noite de agoiro
O marquês fero e brutal
Naquela garganta de oiro
Mandou cravar um punhal

Mais une certaine nuit fatale
Le marquis féroce et brutal
Dans cette gorge d’or
Fit planter un poignard
E a marquesa delirante
De noite em seu varandim
Pobre louca alucinante
Chorando, cantava assim:

Et la marquise dans son délire
Le soir, sur son balcon
Pauvre folle hallucinée
Chantait à travers ses larmes :
Óh minha paixão querida
Meu amor, meu pagem belo
Foge sempre minha vida
Deste maldito castelo

Ô ma chère âme
Mon amour, mon beau page
Toujours ma vie s’enfuit
De ce château maudit.

Fernando Teles. O pajem. Fernando Teles. Le page, traduit de : O pajem par L. & L.

Camané a repris O pajem tel quel, paroles et musique, dans son album Camané canta Marceneiro (2017). Plus inattendue est la contribution de Mísia, dans le projet Mediterraneo de Christina Pluhar avec son ensemble L’Arpeggiata (2013). Mísia, qui s’approprie à nouveau le Fado Pajem, dans un tout autre style, à l’occasion de son récent album Pura vida (banda sonora) (2019, disponible en France fin novembre), sur un poème de Tiago Torres da Silva intitulé Ausência.

Mísia & L’Arpeggiata | O pajem. Fernando Teles, paroles ; Alfredo Marceneiro, musique (Fado Pajem).
Mísia, chant ; L’Arpeggiata, ensemble instrumental ; Christina Pluhar, direction.
Extrait de l’album Mediterraneo / L’Arpeggiata, Christina Pluhar, direction. Europe, ℗ 2013.

Les deux ménétriers | Damia, Édith Piaf, Barbara

2 novembre 2019

2 novembre, le jour des morts : Les deux ménétriers (galop macabre), sur un poème de Jean Richepin (1849-1926), par Damia et ses successoresses, l’une immédiate (Édith Piaf), l’autre plus éloignée (Barbara, géniale).


Damia (1889-1978) | Les deux ménétriers (galop macabre). Jean Richepin, paroles ; Lucien Durand, musique.
Damia, chant ; accompagnement d’orchestre. France, 1927.


Édith Piaf (1915-1963) | Les deux ménétriers (galop macabre). Jean Richepin, paroles ; Lucien Durand, musique.
Édith Piaf, chant ; orchestre, direction Georges Aubanel. France, 1936.


Barbara (1930-1997) | Les deux ménétriers (galop macabre). Jean Richepin, paroles ; Lucien Durand, musique.
Barbara, chant ; ensemble instrumental. France, 1969 (enregistrement).

Sur les noirs chevaux sans mors,
Sans selle et sans étriers,
Par le royaume des morts
Vont deux blancs ménétriers.
Ils vont un galop d’enfer,
Tout en raclant leur crincrin
Avec des archets de fer,
Ayant des cheveux pour crin.
Au fracas des durs sabots,
Au rire des violons,
Les morts sortent des tombeaux.
Dansons et cabriolons !

Et les trépassés joyeux
S’en vont par bonds et soufflant,
Avec une flamme aux yeux,
Rouge dans leurs crânes blancs.
Et les noirs chevaux sans mors,
Sans selle et sans étriers
Font halte et voici qu’aux morts
Parlent les ménétriers :

Le premier dit, d’une voix
Sonnant comme un tympanon :
« Voulez-vous vivre deux fois ?
Venez, la Vie est mon nom ! »
Et tous, même les plus gueux
Qui de rien n’avaient joui,
Tous, dans un élan fougueux,
Les morts ont répondu : « Oui ! »

Alors l’autre, d’une voix
Qui soupirait comme un cor,
Leur dit : « Pour vivre deux fois,
Il vous faut aimer encor !
Aimez donc ! Enlacez-vous !
Venez, l’Amour est mon nom ! »
Mais tous, même les plus fous,
Les morts ont répondu : « Non ! »

Et leurs doigts décharnés,
Montrant leurs cœurs en lambeaux,
Avec des cris de damnés,
Sont rentrés dans leurs tombeaux.
Et les blancs ménétriers
Sur leurs noirs chevaux sans mors,
Sans selle et sans étriers,
Ont laissé dormir les morts.
Jean Richepin (1849-1926). Les deux ménétriers (1891). Dans : La bombarde (1899)

Damia | La chaîne

1 novembre 2019

Damia (1889-1978). Studio Harcourt (Paris), 1944

Damia (1889-1978). Studio Harcourt (Paris), 1944. Domaine public.

Damia (1889-1978) : la « tragédienne de la chanson », la créatrice des fameux et justement célèbres Goélands de Lucien Boyer ou de Sombre dimanche, la version française de la déprimante chanson hongroise Szomorú vasárnap.

Elle se produisait devant un rideau noir, vêtue d’une robe noire, éclairée par un projecteur – un seul. Elle est la première chanteuse en noir de l’histoire. Cela aussi, outre son type de répertoire, jusqu’à sa gloire, Édith Piaf le lui a pris après guerre. Sa période à elle, c’est l’Entre-deux-guerres. Paris. Une vie, un milieu, un air du temps impossibles à concevoir aujourd’hui.

Pour le cinéaste Aki Kaurismäki, qui a fait de Damia l’un des personnages de son film Le Havre (2011), elle est « la plus grande chanteuse de tous les temps » (L’Humanité, 19 mai 2011, Entretien avec le cinéaste Aki Kaurismäki).

Damia (1889-1978) | La chaîne. Émile Ronn, paroles ; Léo Daniderff, musique.
Damia, chant ; orchestre, direction Pierre Chagnon. France, 1928.

Le jour où l’on s’est rencontré
Lorsque nos yeux se sont fixés
Ton regard dur comme l’acier
Semblait dire quand même
Je t’aime
Et j’ai compris que le destin
M’avait placée sur ton chemin
Comme une proie que l’on entraîne
En lui mettant la chaîne

Alors, dès le premier baiser
Entre nous j’ai senti passer
L’ardent frisson qui fait germer
En de longues caresses
L’ivresse
Et tous nos baisers nés d’hier
Se faisant plus fous et pervers
Dans une étreinte plus certaine
Ont rivé notre chaîne

Mais un jour, las de trop s’aimer
Ah, comme l’on s’est bien trompé
Chacun voulant se délivrer
Pour vivre une autre vie
Folie
Si bien que sans amour au cœur
Lèvre à lèvre pleins de rancœur
Entre nous se dressa la haine
Sans briser notre chaîne

Je te hais comme tu me hais
Mais je sens bien que désormais
Nous ne nous quitterons jamais
Quoi qu’on dise ou qu’on fasse
Grimace
Et nous irons ainsi toujours
Comme deux forçats de l’amour
Rivés au boulet et qui traînent
L’infamie de leur chaîne.
Émile Ronn (1870-1935), pseudonyme de Henri Alphonse Lemonnier. La chaîne (1911).

¡Viva la rosa en su rosal!

31 octobre 2019

Aquel guante de luna que olvidé,
¿dónde está?
¡Viva la rosa en su rosal!
Federico García Lorca (1898-1936). Encuentro, dans : El jardín de las morenas (1919-1921)

Ce gant de lune que j’ai laissé,
Où est-il ?
Vive la rose en son rosier !

Cimetière de Saint-Girons (Ariège, Occitanie, France), 30 octobre 2019

Cimetière de Saint-Girons (Ariège, Occitanie, France), 30 octobre 2019   Cimetière de Saint-Girons (Ariège, Occitanie, France), 30 octobre 2019

Cimetière de Saint-Girons (Ariège, Occitanie, France), 30 octobre 2019   Cimetière de Saint-Girons (Ariège, Occitanie, France), 30 octobre 2019

Cimetière de Saint-Girons (Ariège, Occitanie, France), 30 octobre 2019

María del Reposo,
te vuelvo a encontrar
junto a la fuentefría
del limonar.
¡Viva la rosa en su rosal!

María del Reposo,
te vuelvo a encontrar,
los cabellos de niebla
y ojos de cristal.
¡Viva la rosa en su rosal!

María del Reposo,
te vuelvo a encontrar.
Aquel guante de luna que olvidé,
¿dónde está?
¡Viva la rosa en su rosal!
Federico García Lorca (1898-1936). Encuentro, dans : El jardín de las morenas (1919-1921)

Cimetière de Blajan (Haute-Garonne, Occitanie, France), 30 octobre 2019

Comme dans l’effondrement de son existence

29 octobre 2019

Toulouse (Occitanie, France), cour d'un immeuble, rue de la Pomme

« Si accomodi » disse la donna indicandogli la poltrona vicina: e lui vi si sprofondò come nella frana della sua esistenza.
Leonardo Sciascia (1921-1989). Gioco di società, dans : Il mare colore del vino (1973). Adelphi, 1996 (Fabula ; 91), page 96.

« Asseyez-vous, dit la femme en lui désignant le fauteuil le plus proche. » Il s’y écroula, comme dans l’effondrement de son existence.
Leonardo Sciascia (1921-1989). Jeu de société, dans : La mer couleur de vin, traduit par Jacques de Pressac, édition revue et corrigée par Mario Fusco. Gallimard, impr. 2011 (L’imaginaire ; 121), ISBN 978-2-07-076697-0, page 131.

Toulouse (Occitanie, France), cour d'un immeuble, rue de la Pomme

Toulouse (Occitanie, France), cour d'un immeuble, rue de la Pomme

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