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Souvenir de Milan

22 novembre 2017

Milan (Italie) / Milano (Italia), 6 novembre 2017

Milan (Italie), Museo del Novecento, 9 novembre 2017Milan (Italie) / Milano (Italia), Galleria Vittorio Emanuele II, 6 novembre 2017

Milan (Italie) / Milano (Italia), Università cattolica del Sacro Cuore, 8 novembre 2017

Milan (Italie) / Milano (Italia), 7 novembre 2017

Milan (Italie), Museo del Novecento, 9 novembre 2017

Carlo Crivelli (1430?–1495), I santi Ansovino e Girolamo (après 1490), détail. Milan (Italie), Pinacoteca di Brera, 7 novembre 2017 Milan (Italie), Pinacoteca di Brera, 7 novembre 2017

Milan (Italie), 9 novembre 2017

Amália Rodrigues (1920-1999) | O mia bela Madunina (Milan, 1973). Giovanni D’Anzi, proles et musique.
Amália Rodrigues, chant ; José Fontes Rocha et Carlos Gonçalves, guitare portugaise ; Pedro Leal, guitare classique ; Joel Pina, basse acoustique.
Enregistré en public lors d’un concert à Milan (Italie) en 1973. Première publication : 2017. Extrait de l’album Amália em Itália (2017).

La Madonnina (Madunina selon la prononciation locale) est le nom donné à la statue dorée de la Vierge placée sur le plus haut pinacle de la cathédrale de Milan.

Oh mia bella Madonnina,
che te brillet de lontan,
tutta d’òra e piscinina,
ti te dòminet Milan;
sòtt’a ti se viv la vita,
se sta mai coi man in man.

Canten tucc « lontan de Napoli se moeur »,
ma poeù vegnen chì a Milan!
Giovanni D’Anzi (1906-1974). O mia bela Madunina (1934). Extrait.

………

Oh ma belle Madonnina
Toi qu’on voit briller de loin
Toute d’or et si petite
Tu domines Milan.
À tes pieds se vit la vie,
Elle ne s’arrête jamais.

Ils chantent tous « Loin de Naples on se meurt »
Mais après ils viennent à Milan !
Giovanni D’Anzi (1906-1974). O mia bela Madunina (1934). Extrait. Traduction L. & L.

Milan (Italie), 9 novembre 2017

Je suis venu de loin pour te voir.

19 novembre 2017

Toi.

Donato Bramante (1444-1514). Cristo alla colonna (vers 1490). Milan, Pinacoteca di Brera

Donato Bramante (1444-1514). Cristo alla colonna (vers 1490). Milan, Pinacoteca di Brera

Donato Bramante (1444-1514). Cristo alla colonna (vers 1490). Milan, Pinacoteca di Brera

Donato Bramante (1444-1514). Cristo alla colonna (vers 1490). Milan (Italie), Pinacoteca di Brera, 7 novembre 2017

Sopa de pedra | Bate, bate

18 novembre 2017

Sopa de pedra | Bate, bate (2017). Amélia Muge, paroles et musique ; Sopa de Pedra, Sara Yasmine, António Serginho, arrangements.
Sopa de pedra, ensemble vocal.
Extrait de l’album Ao longe já se ouvia. Portugal : Turbina, 2017.
Vidéo : Pedro Santasmarinas, réalisation ; Joana Africano, actrice. Portugal, 2017.

Bate bate meu tear
que chegou a tua hora
E com ou sem tecedeira
bate não te vás embora

 

Claque claque mon métier
C’est l’heure
Et avec ou sans ouvrière
Claque ne t’en vas pas
A minha teia está posta
à espera do teu bater
Bate bate meu tear
bate até eu responder

 

Ma toile est en place
Elle attend que tu claques
Claque claque mon métier
Claque et je te répondrai
Ai bate bate
Meu tear bate, bate, bate
Não esmoreças bate assim
Por mim por ti sem ter fim
Bate bate

 

Claque claque
Mon métier claque, claque, claque
Ne faiblis pas, bats comme ça
Pour moi pour toi sans t’arrêter
Claque claque
Bate bate meu tear
Vá, não deixes de bater
Põe a trama a reclamar
Diz o que tens pra dizer

 

Claque claque mon métier
Claque sans t’arrêter
Fais chanter la trame
Dis ce que tu as à dire
E tanto bate o tear
Como o coração da gente
Um a sentir quando bate
outro a bater quando sente

 

Ainsi claque le métier
Comme bat le cœur des gens
L’un ressent quand il claque
L’autre bat quand il ressent.

Bate bate meu tear
acerta a tua pancada
Que a tecedeira morreu
E eu cá de ti não sei nada

 


Claque claque mon métier
Prépare ton battement
Car l’ouvrière est morte
Et moi je ne sais rien de toi

Bate bate meu tear

Como o coração da gente
Um a sentir quando bate
outro a bater quando sente

 


Claque claque mon métier
Comme bat le cœur des gens
L’un ressent quand il claque
L’autre bat quand il ressent
Amélia Muge.
Bate, bate
.
Amélia Muge.
, traduit de : Bate, bate par L. & L.


Internet :

Pomba branca | Beatriz da Conceição, Gisela João, Max

4 novembre 2017

Pomba branca, pomba branca
Já perdi o teu voar
Naquela terra distante
Toda coberta pelo mar
Vasco de Lima Couto (1924-1980). Pomba branca, pomba branca (1973).

Blanche colombe, blanche colombe
À présent je ne te vois plus voler
Dans ce pays lointain
Tout recouvert de mer

Il s’agit de la nostalgie du pays de l’enfance, lorsque la vie l’a éloigné de vous. Il s’agit à vrai dire de la nostalgie de l’enfance, qui avait lieu dans ce pays.

Quel serait ce « pays lointain, tout recouvert de mer » ? Est-ce le pays quitté, ou bien celui de l’exil ? Les motifs de l’inondation et de la colombe évoquent l’épisode biblique du Déluge. Peut-être est-ce l’enfance, cette terre engloutie à jamais dont aucune colombe n’annoncera plus la réapparition.

Le poème est de Vasco de Lima Couto (1924-1980), originaire de Porto, mais c’est Maximiano de Sousa, dit Max (1918-1980), madérois émigré à Lisbonne, qui a composé la musique de cette chanson et l’a rendue célèbre. Nous connaissons déjà ce Max. Chanteur et humoriste, il fait un peu penser à Bourvil, tant par le physique que par le personnage, extrêmement populaire au Portugal dès la fin des années 1940. Pomba branca, pomba branca, une de ses dernières œuvres, est aussi l’un de ses plus grands succès.

Il est probable pourtant que Pomba branca a été créée non par Max lui-même, mais par la fadiste Beatriz da Conceição, dans une interprétation très élégante.

Comme Vasco de Lima Couto, Beatriz da Conceição (1939-2005) était originaire de Porto.

Beatriz da Conceição (1939-2005) | Pomba branca, pomba branca. Vasco de Lima Couto, paroles ; Maximiano de Sousa, musique.
Beatriz da Conceição, chant ; Conjunto de guitarras de José Nunes.
Portugal, 1973 ou 1974.

Mais voici que la pétulante Gisela João, qui recrée volontiers des fados du répertoire de Beatriz da Conceição, reprend à son tour Pomba branca à sa manière bien caractéristique, l’animant d’une vie frémissante. J’adore cette vidéo je dois dire, prise sur le vif à Lisbonne lors du festival « Caixa Alfama » 2016 — même si le son n’est pas très bon.

Gisela João | Pomba branca. Vasco de Lima Couto, paroles ; Maximiano de Sousa, musique.
Gisela João, chant ; instrumentistes non désignés.
Captation : Lisbonne, Festival Caixa Alfama, septembre 2016.
Vidéo : Isidoro Fernandes, 2017 (mise en ligne).

Pomba branca, pomba branca
Já perdi o teu voar
Naquela terra distante
Toda coberta pelo mar.

 

Blanche colombe, blanche colombe
À présent je ne te vois plus voler
Dans ce pays lointain
Tout recouvert de mer.
Fui criança, andei descalço
Porque a terra me aquecia
Eram longos os meus olhos
Quando a noite adormecia
Vinham barcos dos países
Eu sorria, de os sonhar
Traziam roupas, felizes
As crianças dos países
Nesses barcos a chegar.

 

J’étais enfant, je marchais pieds nus
La terre me réchauffait
Et mes yeux s’allongeaient
Quand la nuit s’endormait
Il venait des bateaux de partout
Et je souriais dans mon rêve
De ces enfants des bateaux
De leurs habits, de leur bonheur
Dans ces bateaux qui venaient.
Depois mais tarde ao perder-me
Por ruas doutras cidades
Cantei meu amor ao vento
Porque sentia saudades.
Saudades do meu lugar
Do primeiro amor da vida
Desse instante a aproximar
Os campos do meu lugar
À chegada e à partida.

 

Plus tard je me suis perdu
Dans des rues, dans des villes
Je chantais mon amour au vent
Pour apaiser mon cafard.
Nostalgie de mon pays,
De mon premier amour
De cet instant où j’approchais
De ma campagne, de chez moi,
Des arrivées et des départs.
Vasco de Lima Couto (1924-1980). Pomba branca, pomba branca. (1973).
Vasco de Lima Couto (1924-1980).
Blanche colombe
, traduit de : Pomba branca, pomba branca par L. & L.

Voici enfin la version de Max :

Max | Pomba branca, pomba branca. Vasco de Lima Couto, paroles ; Maximiano de Sousa, musique.
Max, chant ; Orquestra de Jorge Machado ; Jorge Machado, arrangements et direction.
Portugal, 1974.

Madrid

1 novembre 2017

Madrid (Espagne), 28 octobre 2017

J’étais à Madrid à la fin de la semaine dernière. Une chaleur anormale, disaient les collègues espagnols : « On va vers l’été » plaisantait l’un.

Madrid (Espagne), 28 octobre 2017

Ce qui frappait, en sortant du métro pour gagner l’hôtel, jeudi après-midi, c’était le foisonnement de drapeaux. Des drapeaux de l’Espagne pendus aux balcons.

Madrid (Espagne), 28 octobre 2017

Tous croient que l’Espagne est un fait de la nature, qu’elle est née avec le monde (c’est aussi ce que croient de la France la plupart des Français).

J’aime bien Madrid.

Pourtant j’y avais la saudade de Lisbonne.

Mísia | A cidade (1991). José Carlos Ary dos Santos, paroles ; Nuno Nazareth Fernandes, musique.
Mísia, chant ; António Chaínho, guitare portugaise ; Carlos Proença, guitare classique ; Pedro Nóbrega, basse acoustique.

Extrait de l’album Mísia / Mísia. Portugal : EMI-Valentim de Carvalho, 1991.

Em Lisboa não morro mas espero
O Tejo a água a ponte e o Rossio.
Em Lisboa não morro mas espero
Um pouco menos Tejo menos frio.

 

À Lisbonne je ne meurs pas, j’attends
Le Tage, l’eau, le pont et le Rossio
Non je n’y meurs pas mais j’y voudrais
Un peu moins de Tage et moins de froid.
Em Lisboa vendendo a minha fruta
De azeite e mel de ódio e de saudade
É dentro de mim próprio que eu tropeço
Num degrau de ternura da cidade.

 

À Lisbonne où je vends mes fruits
De vinaigre et de miel, de haine et de saudade
C’est en moi-même que je trébuche
Sur une saillie de tendresse de cette ville.
Em Lisboa gaivota que navega
No Terreiro do paço por acaso
Eu encontro a dimensão da minha entrega
No aterro, onde me enterro a curto prazo.

 

À Lisbonne, mouette qui navigue
Sur le Terreiro do Paço, par hasard
Je découvre la dimension de mon dépôt
Dans la décharge où je m’ensevelirai bientôt.
Limoeiro, limão* do mar da Palha
Palha podre de tédio rio surpresa
Desta Lisboa de água que só falha
Quando do céu azul sobra tristeza.

 

Citronnier, citron de la mer de Paille
Paille pourrie d’ennui, fleuve surprise
De cette Lisbonne d’eau qui n’échoue
Que lorsque le ciel d’azur déborde de tristesse.
Lisboa meu amor, minha aventura
Em cada beco só uma saída
Alfama, meu mirante de lonjura
Má fama que a nós todos dás guarida.

 

Lisbonne mon amour mon aventure
Tes ruelles n’ont qu’une sortie
Alfama, mon belvédère
Ta mauvaise réputation est notre baume à tous.

Mas esta angustia que eu canto
Lisboa, Lisboa, não vem ao caso!

 


Mais cette angoisse que je chante,
Lisbonne, Lisbonne, est hors de propos.
José Carlos Ary dos Santos (1937-1984).
A cidade
.
* Toutes les interprètes de cette chanson (Mísia, Simone de Oliveira, Maria Armanda) chantent bien « limão » (citron), mais certaines transcriptions du poème portent ici « limo », mot qui désigne à la fois le goémon et la vase et qui serait assez cohérent avec l’inspiration morbide d’Ary dos Santos dans ce texte.
José Carlos Ary dos Santos (1937-1984).
La ville
, traduit de : A cidade par L. & L.

Madrid (Espagne), 26 octobre 2017

Ball del vetlatori | Maria Arnal i Marcel Bagés

18 août 2017

C’est un chant pour veiller un enfant mort.

Il se nomme Danse de la veillée, car selon la tradition, répandue autrefois au sud de la Catalogne et en pays valencien, les veilleurs chantaient et dansaient autour de l’enfant.

« Vie brève, mort petite / Ta voix quitte ton corps / Des vents viennent, la recueillent / Et la chantent alentour / Ta voix quitte ton corps / Et les vents la sèment dans les champs / Et tu es sillon, graine, herbe et fleur / Rosée, chant d’oiseau / Et les vents la portent sur les mers / Et tu es vague forte et rumeur / des fonds de l’océan. »

Maria Arnal et Marcel Bagés sont de Barcelone.

Maria Arnal i Marcel Bagés | Ball del vetlatori. Maria Arnal et tradition, paroles ; Maria Arnal et Marcel Bagés, musique.
Maria Arnal, chant ; Marcel Bagés, guitare.
Vidéo : Tots Sants, production et réalisation. Catalogne, 2015.

Vida breu, mort petita
la teva veu deixa el cos
la prenen vents que arriben
i la canten pels volts
la teva veu deixa el cos
i els vents la sembren pels camps
i ets solc, llavor, herba i flor,
rosada, cançó de pardal
la teva veu deixa el cos
i els vents la duen als mars
i ets ona forta i remor
dels profunds de l’oceà
la teva veu deixa el cos

 

Vie brève, mort petite
Ta voix quitte ton corps
Des vents viennent, la recueillent
Et la chantent alentour
Ta voix quitte ton corps
Et les vents la sèment dans les champs
Et tu es sillon, graine, herbe et fleur
Rosée, chant d’oiseau
Ta voix quitte ton corps
Et les vents la portent sur les mers
Et tu es vague forte et rumeur
des fonds de l’océan
Ta voix quitte ton corps.
La cosa més dolça i fina
més que el millor pensament
i a tots els presents ens dol
que estigui de cos present
la cosa més dolça i fina

 

La plus douce des choses
Plus que la pensée la plus douce
Et ça nous fait mal à tous
Ce petit corps qui est là
La plus douce des choses.
El pare i la mare ploren
no ploreu pel xiquet
que s’ha mort la criatura
i s’ha tornat angelet
el pare i la mare ploren

 

Le père et la mère pleurent
Ne pleurez pas pour le petit
Car il est mort le petit
Et il est un ange à présent
Le père et la mère pleurent.
I el vetlatori a l’albat
xiquetes vol començar
que està ja tot preparat
i podreu anar ballant
la cosa més dolça i fina

 

Et la veillée de l’enfant
Les petites veulent commencer
Puisque tout est déjà prêt
Et vous pourrez commencer la danse
La plus douce des choses.
Maria Arnal et traditionnel (Pays valencien).
Ball del vetlatori
.
Maria Arnal et traditionnel (Pays valencien).
Danse de la veillée funèbre
, traduit de : Ball del vetlatori par L. & L.

Pourtant je n’ai pas rêvé

15 août 2017

Il y a quelqu’un.

Montpellier (Occitanie, France). Musée Fabre, exposition « Francis Bacon/Bruce Nauman. Face à face. » 15 août 2017.

Il n’y a plus personne.

Montpellier (Occitanie, France). Musée Fabre, exposition « Francis Bacon/Bruce Nauman. Face à face. » 15 août 2017.

Comme le temps passe.

Pourtant je n’ai pas rêvé. Je me surprends quelquefois à dire cette phrase dans la rue, comme si j’entendais la voix d’un autre. Une voix blanche. Des noms me reviennent à l’esprit, certains visages, certains détails. Plus personne avec qui en parler. Il doit bien se trouver deux ou trois témoins encore vivants. Mais ils ont sans doute tout oublié. Et puis, on finit par se demander s’il y a eu vraiment des témoins.
Patrick Modiano. L’herbe des nuits (2012). Gallimard, impr. 2015 (Folio ; 5775), ISBN 978-2-07-045696-3, page 9.

Montpellier (Occitanie, France). Musée Fabre, exposition « Francis Bacon/Bruce Nauman. Face à face. » 15 août 2017.

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