Let no man steel your thyme • Anne Briggs, The Pentangle
Sur le thème du thym, une autre chanson traditionnelle britannique (anglaise celle-ci, et pleine de sous-entendus et de double sens) : Let no man steel your thyme, « Ne laissez pas les hommes dérober votre thym ». Voici d’abord l’extraordinaire Anne Briggs (née en 1944) et son chant très orné, de style irlandais, enregistrée en 1964 :
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Anne Briggs (née en 1944) • Let no man steal your thyme. Paroles & musique traditionnelles (Angleterre).
Anne Briggs, chant.
Première publication dans l’album Edinburgh Folk Festival. Vol. 2. Royaume-Uni, Decca, ℗ 1964.
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Come all you fair and tender girls
That flourish in your prime, prime,
Beware, beware, if you’re good and fair*
Let no man steal your thyme, thyme,
Let no man steal your thyme.
Belles et tendres demoiselles,
Vous qui êtes dans la fleur de votre âge,
Vous qui êtes bonnes et pures, prenez garde !*
Ne laissez pas les hommes dérober votre thym,
Ne laissez pas les hommes dérober votre thym.
For when your thyme it is past and gone
He’ll care no more for you, you.
And every place where your thyme was waste
Shall spread all o’er with rue, rue**,
Shall spread all o’er with rue.
Car lorsque vous n’aurez plus de thym
Ils se détourneront de vous
Et là où votre thym autrefois prospérait
À sa place poussera la rue**,
À sa place poussera la rue.
For woman is a branchy tree
And man a clinging vine, vine.
And from her branches carelessly
He takes what he can find, find,
He takes what he can find.
Car la femme est un arbre
Et l’homme une vigne qui s’y accroche
Et qui dans ses branches, désinvolte,
S’empare de ce qu’il trouve,
S’empare de ce qu’il trouve.
… … Traditionnel (Angleterre). Let no man steel your thyme.
*Dans la version du Pentangle : « Beware, beware, keep your garden fair » (« Prenez garde, protégez votre jardin »).
**Double sens. « Rue » est le nom de la « rue » (la plante) et signifie aussi « regret ». C’est une acception vieillie, mais on entend encore la forme verbale de « rue » dans « to rue the day when… » : « maudire le jour où… ».Traditionnel (Angleterre). Ne laissez pas les hommes dérober votre thym, traduit de Let no man steel your thyme, par L. & L.
*Dans la version du Pentangle : « Prenez garde, protégez votre jardin ».
**Double sens du texte anglais. « Rue » est le nom de la « rue » (la plante) et signifie aussi « regret ». Comprendre donc : « Il ne vous restera que des regrets ». C’est une acception vieillie, mais on entend encore sa forme verbale dans « to rue the day when… » : « maudire le jour où… ».
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En anglais thyme (le thym) et time (le temps) sont de parfaits homophones. Let no man steel your thyme joue sur cette ambiguïté, d’autant plus que time peut assumer plusieurs sens en fonction du contexte. Mais surtout, le brin de thym est souvent dans ces chansons traditionnelles anglaises perçu comme un symbole de la virginité – comme c’est manifestement le cas ici.
Ce symbolisme est encore plus flagrant lorsque le vers « Beware, beware, if you’re good and fair » de la première strophe (« Vous qui êtes bonnes et pures, prenez garde ! ») est remplacé par « Beware, beware, keep your garden fair » (« Prenez garde, protégez votre jardin ») comme dans la version du groupe The Pentangle, très différente de celle d’Anne Briggs.
The Pentangle, formé en 1967, réunissait des musiciens jouissant déjà d’une réputation flatteuse sur la scène folk britannique, notamment le merveilleux guitariste Bert Jansch (1943-2011), également chanteur, son compère John Renbourn (1944-2015), le contrebassiste Danny Thompson (1939-2025) et le percussionniste Terry Cox (né en 1937). Sa vocaliste principale, Jacqui McShee (née en 1943) conduisait sa voix diaphane avec une certaine virtuosité, curieusement inexpressive. Entièrement acoustique, la musique de Pentangle se teintait de sonorités de jazz et de blues et en cela se démarquait de celle des interprètes de folk-rock de l’époque.
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The Pentangle • Let no man steal your thyme. Paroles & musique traditionnelles (Angleterre) ; Bert Jansch, Jacqui McShee & Terry Cox, arrangement.
The Pentangle, ensemble instrumental & vocal (Jacqui McShee, chant ; Bert Jansch, guitare acoustique, chant ; John Renbourn, guitare acoustique, chant ; Danny Thompson, contrebasse ; Terry Cox, batterie, chant).
Enregistrement : Londres (Angleterre), IBC Studios & Olympic Sound Studio, février-mars 1968.
Première publication dans l’album The Pentangle. Royaume-Uni, Transatlantic, ℗ 1968.
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Je possédais cet album autrefois, il y a bien longtemps, et je l’adorais. Celui-là et quelques autres de Pentangle, et de Bert Jansch aussi. Il y a longtemps.
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Encore Marianne Faithfull, oui, celle des années 1960. Elle enregistrait alors, outre son répertoire purement pop, des chansons traditionnelles britanniques – c’était l’époque du folk revival, porté par Sandy Denny, Steeleye Span, Fairport Convention, Donovan et bien d’autres. Wild mountain thyme est une chanson particulièrement connue dans ce milieu, et qui a fait l’objet de quantité de reprises. Elle est ici chantée avec l’appui d’un sitar indien, mis à la mode en Angleterre par les Beatles.
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Marianne Faithfull (1946-2025) • Wild mountain thyme. Paroles & musique traditionnelles (Écosse, Irlande) ; Jon Mark, arrangement.
Marianne Faithfull, chant ; Mike Leander, production.
Première publication dans l’album Go away from my world / Marianne Faithfull. États-Unis, London records, ℗ 1965.
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Oh, the summer time is coming,
And the trees are sweetly blooming,
And the wild mountain thyme
Blooms around the purple heather.
Will ye go, lassie, go?
Voici que reviennent les beaux jours
Tous les arbres sont en fleurs
Et dans la montagne le thym sauvage
Fleurit près de la mauve bruyère
Viendras-tu, ma mie ?
And we’ll all go together
To pick wild mountain thyme
All around the blooming heather,
Will ye go, lassie, go?
Et tous ensemble nous irons
Cueillir le thym sauvage
Tout autour de la bruyère en fleurs
Viendras-tu, ma mie ?
I will give my love a bowl
By yon clear crystal fountain
And in it I will place
All the flowers of the mountain.
Will ye go, lassie, go?
À mon aimée je donnerai une coupe
Auprès de la pure fontaine
Et dedans j’y mettrai
Toutes les fleurs de la montagne.
Viendras-tu, ma mie ?
And we’ll all go together
To pluck wild mountain thyme
All around the blooming heather,
Will ye go, lassie, go?
Et tous ensemble nous irons
Cueillir le thym sauvage
Tout autour de la bruyère en fleurs
Viendras-tu, ma mie ?
If my true love she won’t go
I will surely find another
To pull wild mountain thyme
All around the purple heather.
Will ye go, lassie, go?
Si mon aimée ne veut pas
J’en trouverai une autre
Pour cueillir le thym sauvage
Tout autour de la mauve bruyère.
Viendras-tu, ma mie ?
And we’ll all go together
To pluck wild mountain thyme
All around the blooming heather,
Will ye go, lassie, go?
Et tous ensemble nous irons
Cueillir le thym sauvage
Tout autour de la bruyère en fleurs
Viendras-tu, ma mie ?
… … Traditionnel (Écosse, Irlande). Wild mountain thyme.
Traditionnel (Écosse, Irlande). Le thym sauvage, traduit de Wild mountain thyme par L. & L.
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Encore une.
Cette année qui pointe le gros orteil… Nous ne savons encore rien d’elle, l’espoir est possible à son endroit.
Entamons-la avec l’ineffable, la quasi divine Cathy Berberian – ce sera toujours ça de pris. Bonne année !
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Luciano Berio (1925-2003) • Folk songs (1964). 4, Rossignolet du bois. Paroles et musique traditionnelles (Auvergne, France) ; Luciano Berio, arrangement pour voix (mezzo-soprano), flûte, clarinette, harpe, percussions, alto et violoncelle.
Cathy Berberian, mezzo-soprano ; Juilliard Ensemble ; Luciano Berio, direction.
Enregistrement : New York (États-Unis), Webster Hall, 21 ou 23 décembre 1968.
Extrait de l’album Recital 1 For Cathy ; Folk Songs ; 3 Songs by Kurt Weill / Luciano Berio. ℗ 1995.
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Non je ne permettrai pas
Que vous touchiez mes pommes
Prenez d’abord la lune
Et le soleil en main
Puis vous aurez les pommes
Qui sont dans mon jardinTraditionnel (Auvergne, France). Rossignolet du bois (extrait).
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La noyée • Gainsbourg + Giordi & Les Femmes de Serge
Voici les faits : Serge Gainsbourg a écrit et composé La noyée pour le film Le Roman d’un voleur de chevaux (États-Unis, France, Italie & Yougoslavie, 1971) dont il est l’un des acteurs et dans lequel il chante cette valse lente.
Il n’a pas réalisé d’enregistrement studio de cette chanson – connu à ce jour, du moins.
Seule l’interprétation qu’il en a donnée en 1972 dans une émission de télévision, accompagnée au piano par Jean-Claude Vannier – célèbre arrangeur de l’époque –, a été publiée commercialement, dans un livre-CD intitulé Gainsbourg et caetera (Paris, Vade Retro, © 1994). Voici cette interprétation, précédée d’un extrait de son entretien, au cours de la même émission, avec le producteur Pierre Bouteiller. La noyée commence vers 1 min 10 s.
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Samedi Loisirs. Émission du 4 novembre 1972. Extrait. Gilles Daudé, réalisation.
Producteur : Paris, Office national de radiodiffusion télévision française, 1972.
Première diffusion : 1ère chaîne, samedi 4 novembre 1972.
Contenu : Jusqu’à 1 min 10 s, interview de Serge Gainsbourg par Pierre Bouteiller (extrait) ; à partir de 1 min 10 s : Serge Gainsbourg interprète la chanson La noyée (Serge Gainsbourg, paroles & musique), accompagné au piano par Jean-Claude Vannier.
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Tu t’en vas à la dérive
Sur la rivière du souvenir
Et moi, courant sur la rive,
Je te crie de revenir
Mais, lentement, tu t’éloignes
Et dans ma course éperdue,
Peu à peu, je te regagne
Un peu de terrain perdu.De temps en temps, tu t’enfonces
Dans le liquide mouvant
Ou bien, frôlant quelques ronces,
Tu hésites et tu m’attends
En te cachant la figure
Dans ta robe retroussée,
De peur que ne te défigurent
Et la honte et les regrets.Tu n’es plus qu’une pauvre épave,
Chienne crevée au fil de l’eau
Mais je reste ton esclave
Et plonge dans le ruisseau
Quand le souvenir s’arrête
Et l’océan de l’oubli,
Brisant nos cœurs et nos têtes,
A jamais, nous réunit.Serge Gainsbourg. La noyée (1971)
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Je ne connaissais pas cette chanson. Je l’ai découverte par l’adaptation italienne de Roberto Michelangelo Giordi parue ces jours-ci, intitulée Gli annegati (« Les noyés »). Elle est assez fidèle à l’original quant au texte, et plus encore quant à l’interprétation, complètement à rebours de la variété italienne actuelle.
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Roberto Michelangelo Giordi • Gli annegati. Roberto Michelangelo Giordi, paroles italiennes ; Serge Gainsbourg, musique ; adaptation italienne de La noyée, paroles originales françaises de Serge Gainsbourg.
Roberto Michelangelo Giordi, chant ; accompagnement de piano.
Première publication : Italie, Maremosso, ℗ 2025.
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Te ne vai alla deriva
Sui sentieri dell’oblio
Io, che corro sulla riva,
Io ti grido di rivenir.
Poco a poco ti allontani
Ed io, nelle rincorse buie,
Cerco di riconquistar
L’amore che mi hai dato tu.
Tu t’en vas à la dérive
Sur les sentiers de l’oubli
Et moi, qui cours sur la rive,
Je te crie de revenir.
Peu à peu tu t’éloignes
Et moi, dans mes sombres élans,
J’essaie de reconquérir
L’amour que tu m’avais donné.
Di tanto in tanto tu sprofondi
Nelle acque ripide
E graffiandoti tra i rovi
Tu divaghi e aspetti me
Ed occulti il tuo bel viso
Sotto quel vestito blu
Per paura di oltraggiare
La vergogna e un po’ anche me.
De temps en temps tu t’enfonces
Dans les eaux abruptes
Tu te blesses dans les ronces,
Tu t’éloignes, tu m’attends
Et ton beau visage se cache
Sous ta robe bleue,
De peur d’outrager
Ta honte, et de m’outrager moi-même.
Ora che sei un relitto
In balia della corrente
Io sarò fedele schiavo
E affogo insieme a te
Quando svanirà il ricordo
E l’oceano del oblio
Spazzerà l’amor terreno
E noi saremo liberi.
À présent que tu es une épave
Livrée à la merci du courant
Je reste ton fidèle esclave
Et je sombrerai avec toi
Lorsque se sera éteint le souvenir,
Que l’océan de l’oubli
Aura dispersé l’amour terrestre
Et que nous serons libres.
Roberto Michelangelo Giordi. Gli annegati (2025), adaptation en langue italienne de La noyée (1971), texte original français de Serge Gainsbourg (1928-1991).
.Roberto Michelangelo Giordi. Les noyés, trad. par L. & L. de Gli annegati (2025), adaptation en langue italienne de La noyée (1971), texte original français de Serge Gainsbourg (1928-1991).
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À ma surprise il existe plusieurs reprises de La noyée : Anna Karina, Yann Tiersen et même – horresco referens – Carla Bruni-Sarkozy ; jusqu’à une version en langue japonaise par une certaine Natsuo Ishidō (石堂夏央 en v.o.).
Mais c’est du Mexique (de Guadalajara, capitale de l’état de Jalisco comme nous le savons) que vient l’enregistrement des « Femmes de Serge », un quintet instrumental et vocal formé en principe de deux voix féminines, un piano, une basse et une batterie (ce n’est pas la formation entendue ici) :
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Les Femmes de Serge • La noyée. Serge Gainsbourg, paroles & musique.
Les Femmes de Serge, ensemble instrumental et vocal.
Première publication : Mexique, CDBaby, ℗ 2018.
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La chanson du dimanche [104]. Coquillages • Marianne Faithfull
Marianne, in French.
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Marianne Faithfull (1946-2025) • Coquillages. Marcel Stellman, paroles françaises ; Michael John Taylor, musique. Adaptation française de Cockleshells, Michael John Taylor, paroles originales anglaises.
Marianne Faithfull, chant ; Mike Leander, arrangement, production.
Enregistrement : Decca Studio No 2, Londres, 165 Broadhurst Gardens.
Première publication dans le disque 45 t Si demain… ; Le cœur gros ; Coquillages ; Les parapluies de Cherbourg / Marianne Faithfull. France, Decca, ℗ 1966.
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Des coquillages
De longs voyages
Rapportés par mon bien-aimé
Rapportés par mon bien-aimé
Rapportés par mon bien-aiméPar mon bien-aimé
Par mon bien-aimé
Par mon bien
Par mon bien
Par mon bien-aiméJe me promènerai
Le long de la vallée
Aux côtés de mon bien-aimé
Aux côtés de mon bien-aimé
Aux côtés de mon bien-aiméDe mon bien-aimé
De mon bien-aimé
De mon bien
De mon bien
De mon bien-aiméPuis quand je reviendrai
Je vous dirai
Celui qui va me marier
Celui qui va me marier
Celui qui va me marierVa me marier
Va me marier
Marier
Marier
Va me marier.Quand le temps passe
L’amour vous lasse
Je n’aurai plus de bien-aimé
Je n’aurai plus de bien-aimé
Je n’aurai plus de bien-aiméPlus de bien-aimé
Plus de bien-aimé
Bien-aimé
Bien-aimé
Plus de bien-aiméMarcel Stellman (1925-2021). Coquillages (1966). Adaptation française de : Michael John Taylor. Cockleshells (1966).
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Lea Maria Fries • India song
VOIX 3
Que crie-t-il ?
VOIX 4
Son nom.
VOIX 3 (lent)
Anna Maria Guardi.
VOIX 4
Oui. Toute la nuit dans Calcutta, il a crié ce nom.
Marguerite Duras (1914-1996). India Song (1972), acte III.
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Lea Maria Fries (née en 1989) • India song. Marguerite Duras, paroles ; Carlos d’Alessio, musique ; Julien Herné, arrangement.
Lea Maria Fries, chant ; Vincent Peirani, accordéon ; Gauthier Toux, piano ; Julien Herné, guitare basse.
Enregistrement : France, studio Surikat Sound.
Extrait de l’album Cleo / Lea Maria Fries. France, Heavenly Sweetness, ℗ 2025.
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Mísia • Valsa das sombras
Elle dansa encore une fois avec Michael Richardson. Ce fut la dernière fois.
La femme était seule, un peu a l’écart du buffet, sa fille avait rejoint un groupe de connaissances vers la porte du bal. Michael Richardson se dirigea vers elle dans une émotion si intense qu’on prenait peur à l’idée qu’il aurait pu être éconduit. Lol, suspendue, attendit, elle aussi. La femme ne refusa pas.
Ils étaient partis sur la piste de danse. Lol les avait regardés, une femme dont le cœur est libre de tout engagement, très âgée, regarde ainsi ses enfants s’éloigner, elle parut les aimer.Marguerite Duras (1914-1996). Le ravissement de Lol V. Stein (1964).
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Mísia (1955-2024) • Valsa das sombras. Vasco Graça Moura, paroles ; Artur Paredes & Gonçalo Paredes, musique. Titre de la pièce originale : Valsa (1976).
Mísia, chant ; José Manuel Neto, guitare portugaise ; Carlos Manuel Proença, guitare ; Manuel Rocha, violon ; Quintette à cordes issu de la Camerata de Bourgogne (Jean-François Corvaisier, violon ; Laurent Lagarde, violoncelle ; Alain Pélissier & Valérie Pélissier, alto ; Pierre Sylvan, contrebasse) ; Henri Agnel, arrangement et direction.
Enregistrement : Waimes (Belgique), studio GAM, juin 2003.
Extrait de l’album Canto / Mísia. France, Warner Jazz France, ℗ 2003.
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Agora esta valsa na lenta espiral
Do baile de sombras em que às vezes danças,
Quando a noite cai e é de pedra e cal
No espelho vazio das minhas lembranças…
À présent cette valse dans la lente spirale
Du bal des ombres où tu danses parfois,
Lorsque la nuit tombe et que c’est pour toujours
Dans le miroir vide de mes souvenirs…
Agora esta valsa no avesso dos dias,
Na melancolia das suas oitavas,
Repete de leve, nas horas sombrias,
As loucas palavras que me murmuravas!
À présent cette valse sur l’envers des jours,
Avec ses octaves de mélancolie,
Répète doucement, dans les heures les plus sombres,
Les folles paroles que tu me murmurais !
Agora esta valsa, quando te atravessas
Nesta solidão envolta num xaile,
Lembra-me uma a uma as tuas promessas
Na luz apagada deste fim de baile.
À présent cette valse, tandis que tu divagues
Dans cette solitude enveloppée d’un châle,
Me rappelle une à une tes anciennes promesses
Dans les lumières éteintes de cette fin de bal.
Qualquer valsa agora são passos em volta;
Na vida sem rumo o adeus é cruel,
Galopam as nuvens deixadas à solta:
Ficou-me o deserto, ainda sabe a mel!
Désormais une valse, ce sont des pas qui tournent.
Dans cette vie sans but l’adieu est bien cruel,
Galopent les nuages comme et où bon leur semble :
Me reste le désert, toujours au goût de miel !
Vejo o teu vulto e é muito tarde
Nesta distância sem regresso;
Talvez a vida me acovarde
Se à tua ausência me confesso.
Je vois ta silhouette, mais il est trop tard
Trop long est le chemin, il n’y a pas de retour ;
Peut-être que la vie m’ôtera mes défenses
Si je me confesse à ton absence.
Nem saberei o que me espera,
Nem que rosário de amargura,
Nem se é inverno a primavera,
Nem se este amor se fez loucura…
Je ne sais ce qui m’attend,
Quel chapelet d’amertume,
Ni si le printemps est devenu hiver,
Ni si cet amour est devenu folie…
Agora esta valsa na lenta espiral
Do baile de sombras em que às vezes danças,
Quando a noite cai e é de pedra e cal
No espelho vazio das minhas lembranças…
À présent cette valse dans la lente spirale
Du bal des ombres où tu danses parfois,
Lorsque la nuit tombe et que c’est pour toujours
Dans le miroir vide de mes souvenirs…
Qualquer valsa agora são passos em volta,
Na vida sem rumo o adeus é cruel,
Galopam as nuvens deixadas à solta:
Ficou-me o deserto, ainda sabe a mel!
Désormais une valse, ce sont des pas qui tournent.
Dans cette vie sans but l’adieu est bien cruel,
Galopent les nuages où et comme bon leur semble :
Me reste le désert, toujours au goût de miel !
Nem saberei o que me espera,
Nem que rosário de amargura,
Nem se é inverno a primavera,
Nem se este amor se fez loucura…
Je ne sais ce qui m’attend,
Quel chapelet d’amertume,
Si le printemps est devenu hiver,
Si cet amour est devenu folie…
Vasco Graça Moura (1942-2014). Valsa das sombras (2003).
Vasco Graça Moura (1942-2014). Valse des ombres, trad. par L. & L. de Valsa das sombras (2003).
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La chanson du dimanche [103]. ¡Ay, Jalisco, no te rajes!
Je marchais d’un pas léger comme si j’étais arrivé un soir de juillet dans une ville étrangère. Je m’étais mis à siffler l’air d’une chanson mexicaine. Mais cette fausse insouciance n’a pas duré longtemps. Je longeais les grilles du Luxembourg et le refrain de « Ay Jalisco no te rajes » s’est éteint sur mes lèvres. Une affiche était collée au tronc de l’un des grands arbres qui nous abritent de leur feuillage jusqu’à l’entrée des jardins, là-haut, à Saint-Michel. « Cet arbre est dangereux. Il va être abattu prochainement. Il sera remplacé dès cet hiver. » Pendant quelques instants, j’ai cru que je faisais un mauvais rêve.
Patrick Modiano (né en 1945). Dans le café de la jeunesse perdue (2007).
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Jorge Negrete (1911-1953) • ¡Ay, Jalisco, no te rajes!. Ernesto Cortázar, paroles ; Manuel Esperón, musique. Du film ¡Ay, Jalisco, no te rajes! (Mexique, 1941), Joselito Rodríguez, réalisation.
Jorge Negrete y su Mariachi.
Enregistré au Mexique.
Première publication : disque 78t Cocula ; Ay Jalisco, no te rajes / Jorge Negrete y su Mariachi. Mexique, RCA Victor, [1941?].
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Ay Jalisco, Jalisco, Jalisco
Tú tienes tu novia que es Guadalajara
Muchacha bonita, la perla más rara
De todo Jalisco, es mi GuadalajaraErnesto Cortázar (1897-1953). ¡Ay, Jalisco, no te rajes! (1941). Extrait.
Ah Jalisco, Jalisco, Jalisco,
Tu as une fiancée et c’est Guadalajara,
La belle, la perle la plus rare
De tout le Jalisco, c’est ma Guadalajara !
Le Jalisco est l’un des états du Mexique. Sa capitale est Guadalajara.
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Amália Rodrigues • Antigamente
De quand exactement date cet Antigamente, qu’Amália aimait tant ? Elle l’a enregistré deux fois en studio : à Paris en 1954, puis à Lisbonne en 1967, accompagnée par le flamboyant ensemble de guitares de Raúl Nery, sur un tempo beaucoup plus allant que la première fois. Ce second enregistrement a été réalisé au cours de la même session que Não é tarde, mais n’a été publié qu’en 1968 sur un disque 45 tours de quatre titres, en compagnie de trois autres morceaux enregistrés en 1966.
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Amália Rodrigues (1920-1999) • Antigamente. Frederico de Brito, paroles ; Júlio Proença, musique (fado Modesto).
Amália Rodrigues, chant ; Raul Nery & José Fontes Rocha, guitare portugaise ; Castro Mota, guitare ; Joel Pina, basse acoustique.
Enregistrement : Paço de Arcos (Portugal), studios Valentim de Carvalho, mars ou avril 1967.
Première publication dans le disque 45t Não peças demais à vida / Amália. Portugal, Valentim de Carvalho, ℗ 1968.
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Antigamente
Era coito a Mouraria
Daquela gente
Condenada à revelia
E o fado ameno
Canção das mais portuguesas
Era o veneno
P’ra lhes matar as tristezas
Autrefois,
La Mouraria était un refuge
Pour tous ceux-là,
Les condamnés par contumace
Et l’aimable fado,
Chanson des plus portugaises,
Était le poison
Qui endormait leur vague à l’âme.
E a Mouraria
Mãe do fado doutras eras
Que foi ninho de Severas
Que foi bairro turbulento
Perdeu agora
Todo o aspeto de galdéria
Está mais limpa, está mais séria
Mais fadista cem por cento
Et la Mouraria,
Mère du fado des temps anciens
Où vivait la Severa et ses semblables,
Qui fut un quartier turbulent,
A perdu
Tous ses anciens lupanars.
Elle est plus propre et plus sérieuse,
Le fado est tout ce qui lui reste.
Adeus, tipoias
Com pilecas e guizeiras,
Adeus ramboias
E cafés de camareiras
Nada mais resta
Da Moirama que deu brado
Do que a funesta
Lembrança do seu passado
Adieu les fiacres,
Leurs canassons et leurs grelots,
Adieu vie de bohême,
Les anciens cafés et leurs hôtesses…
De la populace
Tumultueuse du quartier
Ne reste que
Le triste souvenir de son passé.
E a Mouraria
Que perdeu em tempos idos
A nobreza dos sentidos
E o poder de uma virtude
Salvou ainda
Toda a graça que ela tinha
Agarrada à capelinha
Da Senhora da Saúde
Et la Mouraria,
Qui avait autrefois
Perdu la noblesse des sentiments
Et la puissance de la vertu,
A préservé
Tout le charme qu’elle possédait,
Accroché à la chapelle
De la Senhora da Saúde*.
Joaquim Frederico de Brito (1894-1977). Antigamente (antérieur à 1955).
.Joaquim Frederico de Brito (1894-1977). Autrefois, trad. par L. & L. de Antigamente (antérieur à 1955).
*La chapelle baroque de la Senhora da Saúde (N.D. de la Santé) est l’un des rares édifices publics ayant échappé aux destructions de la partie basse du quartier de la Mouraria.
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D’après son biographe, Vítor Pavão dos Santos, Amália tenait pour assuré que ce fado faisait partie du répertoire de Júlio Proença (1901-1970), fadiste et compositeur dont il subsiste quelques rares enregistrements 78 tours réalisés probablement au cours des années 1930. Júlio Proença est en effet l’auteur de la musique d’Antigamente, connue sous le nom de fado Modesto et qu’on trouve appareillée à plusieurs textes différents, interprétés par divers artistes. Júlio Proença le chantait-il lui-même avec ces paroles-là ?
Le thème desdites paroles constitue un lieu commun du fado du milieu du XXe siècle : la Mouraria, ce quartier de Lisbonne considéré comme le berceau du fado, lieu d’une certaine ambiance bohême caractéristique, perd une grande part de son âme à mesure que disparaît sa partie basse, démolie avec obstination par les pouvoirs publics à partir des années 1930 et surtout de 1946 au début des années 1960 (voir le billet Há festa na Mouraria • Amália, Marceneiro). Elles pourraient dater des années 1940. Leur auteur est Frederico de Brito (1894-1977), par ailleurs compositeur de fados, ce qui explique peut-être que, sans être remarquables, elles sonnent bien sur cette musique.
Le bel enregistrement de 1954, réalisé à Paris et publié en France l’année suivante, ne compte quant à lui que deux instrumentistes (Domingos Camarinha à la guitare portugaise, Santos Moreira à la guitare classique) :
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Amália Rodrigues (1920-1999) • Antigamente. Frederico de Brito, paroles ; Júlio Proença, musique (fado Modesto).
Amália Rodrigues, chant ; Domingos Camarinha, guitare portugaise ; Santos Moreira, guitare.
Enregistrement : Paris, 1954.
Première publication dans le disque 33t 25 cm Fallaste corazón ; Por un amor ; Grão de arroz ; Antigamente, … / Amália Rodrigues. France, Columbia, ℗ 1955.
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Antigamente a aussi figuré au répertoire de Lucília do Carmo, qui l’interprète dans son style bien personnel, plus populaire, moins lyrique que celui d’Amália – mais non moins délectable :
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Lucília do Carmo (1919-1998) • Antigamente. Frederico de Brito, paroles ; Júlio Proença, musique (fado Modesto).
Lucília do Carmo, chant ; Fernando Freitas & António Chainho, guitare portugaise ; José Maria Nóbrega & Orlando Silva, guitare ; Raúl Silva, basse acoustique.
Première publication : Portugal, Decca, ℗ 1971.
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