Mai
Montpellier, place de la Comédie, 1er mai 2012
Montpellier, théâtre de la Comédie, 1er mai 2012
Montpellier, l’Esplanade, 1er mai 2012
Montpellier, place de La Canourgue, 1er mai 2012
Montpellier, Jardin botanique, 1er mai 2012
Montpellier, Jardin botanique, 1er mai 2012
Montpellier, Jardin botanique, 1er mai 2012
Montpellier, boulevard Professeur Louis Valleton, 1er mai 2012
Montpellier, vue depuis la rue Clapiès, 1er mai 2012
Montpellier, Jardin botanique, 1er mai 2012, la Sarcococca confusa recherche l’ombre
L. & L.
Isocèle
Je rapporte du tram une curieuse émotion : j’y ai vu entrer un couple de jeunes gens, des étudiants sans aucun doute, d’une laideur inconcevable, inouïe.
Elle, seulement le visage. Des cheveux et des cils rudes comme de la filasse de jute, couleur de paille moisie ; une peau d’une teinte indéfinissable, évoquant celle du papier kraft, d’un terne absolu, comme incapable de retenir la lumière ; et là-dedans des yeux gris mouette, incongrus. Lorsqu’elle se présentait de profil : un grand nez isocèle.
Lui grand, non pas malingre, aucunement, mais un torse d’une singulière conformation cylindrique, des épaules en abat-jour, un corps de concombre ou de gros lombric, un visage allant s’évasant vers un front à la fois un peu trop haut et trop large. De profil le menton ne faisait aucune saillie ; inexistant. Pas de menton.
Seulement cette gangue de laideur ne les entravait pas, ne trouvant aucune prise sur eux, nulle part où peser ; ils se mouvaient et se tenaient l’un et l’autre avec une certaine élégance, conversant avec animation. Elle avait noué ses cheveux paille en deux très longues nattes, portait un chandail bleu nuit dont l’encolure formait un V assez profond, son regard gris mouette vibrant d’intelligence et de vivacité.
En vérité elle avait du charme. Lui finissait par paraître seulement ordinaire. Au point que j’étais le seul à en être fasciné, les autres voyageurs ne les ayant même pas remarqués.
Au fond je me fais peut-être des idées, ils n’étaient pas si laids que je le dis ?
Mais si.

L. & L.
La force de la Grèce
Mes disques sont arrivés de Grèce, je suis passé à la poste ce matin pour les chercher. Il y en a trois : les Balades de Theodorákis, qui datent de 1975, parmi lesquelles le superbe Dromoi palioi (« Rues anciennes que j’ai aimées et haïes… ») ; un autre album de Theodorákis constitué de deux recueils de chansons pour voix et piano, respectivement sur des poèmes d’Éluard et de Yánnis Rítsos, toutes chantées par Néna Venetsánou ; et un de Mános Hadjidákis qui a pour titre Στο Σείριο υπάρχουνε παιδιά (« Sur Sirius il y a des enfants »).
J’ai d’abord écouté celui de Néna Venetsánou : les dix chansons sur des poèmes d’Éluard (composées en 1958 à Paris) ressemblent à des mélodies françaises du début du siècle dernier, on les croirait écrites au retour d’un des mercredis de Madame Verdurin où auraient été données les Chansons de Bilitis, de Debussy, et quelque chose de Ravel, Les histoires naturelles mettons.
Leurs yeux toujours purs
Jours de lenteur, jours de pluie,
Jours de miroirs brisés et d’ aiguilles perdues,
Jours de paupières closes à l’horizon des mers,
D’heures toutes semblables, jours de captivité.Mon esprit qui brillait encore sur les feuilles
Et les fleurs, mon esprit est nu comme l’ amour,
L’aurore qu’il oublie lui fait baisser la tête
Et contempler son corps obéissant et vain.Pourtant, j’ai vu les plus beaux yeux du monde,
Dieux d’argent qui tenaient des saphirs dans leurs mains,
De véritables dieux, des oiseaux dans la terre
Et dans l’eau, je les ai vus.Leurs ailes sont les miennes, rien n’existe
Que leur vol qui secoue ma misère,
Leur vol d’étoile et de lumière
Leur vol de terre, leur vol de pierre
Sur les flots de leurs ailes,Ma pensée soutenue par la vie et la mort.
Paul Éluard (1895-1952). Dans : Capitale de la douleur (1926). Source : Wikilivres
Néna Venetsánou est très bien, sa diction française presque sans faille. Il est vrai qu’elle a reçu — ici en France — l’enseignement de sa compatriote la mezzo-soprano Irma Kolassi (Ίρμα Κολάση), francophone et francophile, qui vient de mourir, très âgée.
Irma Kolassi, qui a fait travailler la jeune Maria Callas au conservatoire d’Athènes avant de s’installer définitivement à Paris, chantait la mélodie française à la perfection. Sa discographie est peu abondante, mais son enregistrement du Poème de l’amour et de la mer de Chausson — une des plus belles musiques du monde — fait autorité :
Ernest Chausson (1855-1899). Poème de l’amour et de la mer, op. 19. 3e partie, La mort de l’amour / Írma Kolássi, mezzo-soprano ; London Philharmonic Orchestra ; Louis de Froment, dir. — Enregistrement : 1955.
Le temps des lilas et le temps des roses
Ne reviendra plus à ce printemps-ci;
Le temps des lilas et le temps des roses
Est passé, le temps des œillets aussi.Le vent a changé, les cieux sont moroses,
Et nous n’irons plus courir, et cueillir
Les lilas en fleur et les belles roses;
Le printemps est triste et ne peut fleurir.
Maurice Bouchor (1855-1929). Les poëmes de l’amour et de la mer (1876). La mort de l’amour. XXXVIII. Extrait.
Écouter ou podcaster Les greniers de la mémoire. Hommage à Irma Kolassi. Entretien réalisé par Karine Le Bail en 1998 (prod. Karine Le Bail, France Musique, 14 avril 2012).
Écouter ou podcaster Horizons chimériques. Souvenirs d’Irma Kolassi (prod. Marc Dumont, France Musique, 2 avril 2012).
Irma Kolassi sur le site de l’émission Les greniers de la mémoire (prod. Karine Le Bail, France Musique).
Irma Kolassi est morte. Qobuz, 2 avril 2012
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Βενετσάνου, Νένα [Venetsánou, Néna]
Η Νένα Βενετσάνου τραγουδά Μίκη Θεοδωράκη
[I Néna Venetsánou tragoudá Míki Theodoráki]
Η Νένα Βενετσάνου τραγουδά Μίκη Θεοδωράκη : Τα Eluard ; Επιτάφιος [I Néna Venetsánou tragoudá Míki Theodoráki : Ta Eluard ; Epitáfios] / Νένα Βενετσάνου [Néna Venetsánou], chant ; Ελενα Μουζάλα [Elena Mouzála], Σαράντης Κασσάρας [Sarántis Kassáras], piano ; Μίκης Θεοδωράκης [Míkis Theodorákis], musique ; Πωλ Ελυαρ [Paul Éluard], Γιάννης Ρίτσος [Giánnis Rítsos], poèmes. — Grèce : MBI, 2008.
MBI 3301173219. — EAN 5202482732195.
Compatible
Dans la rue deux jeunes filles d’origine maghrébine crient à la cantonade « Votez Hollande ! ». Sur le trottoir opposé deux jeunes hommes répliquent en riant « Votez Le Pen ! ».
Voilà où nous en sommes : on peut crier par jeu Votez Le Pen, dans la rue, ça sort comme n’importe quelle exclamation anodine, ça vient naturellement. Cela d’autant plus, sans aucun doute, que la nation vient d’être informée par son président que ladite Le Pen est « compatible avec la République » (Libération, 25 avril 2012, Le Monde, même date).
Lendemains difficiles.
Hollande lui, parle du fado dans une interview donnée à O Expressso (Lisbonne) :
O fado, agora reconhecido como património mundial, continua a ser a canção, a voz, a alma de Portugal. Um fado que muita gente, demasiado frequentemente, acredita ser triste, mas que eu sei ser também brincalhão, libertino, cheio de humor e ironia. O fado é um canto de todos tempos, ontem com Amália, hoje com Mariza, Mafalda Arnaulth ou Camané.
François Hollande. Dans : François Hollande: « Portugal beneficiará com negociação do Pacto Europeu » (O Expresso (en ligne), 21 avril 2012, consulté le 25 avril 2012).Le fado, à présent reconnu patrimoine mondial, continue à être la chanson, la voix, l’âme du Portugal. Un fado que beaucoup de monde, trop souvent, croit être triste, mais que je sais être tout autant enjoué, libertin, plein d’humour et d’ironie. Le fado est un chant de toutes les époques, d’hier avec Amália, d’aujourd’hui avec Mariza, Mafalda Arnaulth ou Camané.
François Hollande. Dans : François Hollande: « Portugal beneficiará com negociação do Pacto Europeu » (O Expresso (en ligne), 21 avril 2012, consulté le 25 avril 2012). Traduction L. & L.
Étonnant, non ?
Amália Rodrigues. Povo que lavas no rio / Pedro Homem de Mello, paroles ; Joaquim Campos, musique (Fado Vitória). Portugal, années 1960.Povo que lavas no rio
E talhas com teu machado
As tábuas do meu caixão;
Pode haver quem te defenda
Quem compre o teu chão sagrado
Mas a tua vida não!
Pedro Homem de Mello. Povo que lavas no rio. Extrait.Peuple, toi qui laves dans la rivière,
Toi dont la hache façonne
Les planches de mon cercueil,
Il peut se trouver quelqu’un pour te défendre
Quelqu’un pour acheter ta terre sacrée
Mais personne n’achètera ta vie !
Pedro Homem de Mello. Povo que lavas no rio. Extrait. Traduction L. & L.
L. & L.
Lambreta — António Zambujo, João Monge
C’est l’un des morceaux les plus attachants du nouvel album d’António Zambujo, Quinto, publié au Portugal mais pas encore en France. Sur l’album aussi Lambreta (Scooter) est interprété avec cette simplicité-là, voix et guitare.
Les paroles, de même que la musique ce qui est assez rare, portent la signature de João Monge (auteur du Zorro du précédent album, Guia).
Comme tous les textes de João Monge, celui de Lambreta est un délice, un miracle de délicatesse, de naturel et de savoir-faire, parcouru d’un humour subtil et d’une grande tendresse, que ce petit bout de traduction est impuissant à rendre.
Lambreta / António Zambujo, chant, guitare ; João Monge, paroles et musique. 2012.
Vem dar uma voltinha na minha lambretaViens on va faire un tour sur mon scooter E deixa de pensar no tal Vilela
Que tem carro e barco à vela
O pai tem e a mãe também
Que é tão tão sempre a preceito
Cá pra mim no meu conceito
Se é tão tão e tem tem tem
Tem de ter algum defeitoEt arrête de penser à ce Vilela
Avec sa bagnole et son voilier
Son père par ci, sa mère par là
Toujours tellement tellement parfait
Mais moi tu sais, à mon avis
S’il est tellement tellement, s’il a tout ça tout ça tout ça
Il a sûrement un truc qui va pas […][…] Vem dar uma voltinha na minha lambretaViens on va faire un tour sur mon scooter Eu juro que guio devagarinho
Tu só tens de estar juntinho
Por razões de segurança
E se a estrada nos levar
Noite fora até o mar
Paro na beira da esperança
Com a luzinha a alumiar Je te promets d’aller doucement
Faut juste que tu te serres contre moi
(Pour des raisons de sécurité)
Et si au bout de la nuit mon scooter
Nous amène au bord de la mer
Je l’arrête au bord de l’espoir
Dans la lumière de son phare João Monge. Lambreta.João Monge. Lambreta. Traduction L. & L.
(Soit dit en passant, il devrait peut-être surveiller son régime alimentaire le Zambujo ; au train où il va il ne va bientôt plus pouvoir boutonner sa chemise…)
Tu vois ça ne ressemble à rien cette traduction. Comment rendre l’effet rythmique de Se é tão tão e tem tem tem (littéralement : « s’il est tellement tellement et qu’il a qu’il a qu’il a ») ? Et puis la sonorité de scooter, abrupte et banale, est à l’opposé de celle de lambreta, douce et permettant de faire durer le « e » : lambre—–ta.
Lambreta, c’est comme tu l’as compris — ça ne fait aucun doute –, la forme portugaise, devenue nom commun, de Lambretta, le scooter le plus fameux du monde.
Tu te souviens de ceci ?
Il Lambret twist / Quartetto Cetra, groupe vocal et instrumental ; Tata Giacobetti, Virgilio Savona, paroles et musique (1962)
Un cocktail fatto di genialità,
di dinamismo, di eleganza, di potenza,
tutto quello che può darti la felicità
Il Lambret twist / Tata Giacobetti, Virgilio Savona, paroles et musique.
« Un cocktail de génie, de dynamisme, d’élégance, de puissance, tout ce qui peut t’apporter le bonheur ».
Quant au style évidemment c’est un peu différent n’est-ce pas ?
L. & L.
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Zambujo, António
Quinto (2012)
Quinto / António Zambujo, chant, guitare ; Carlos Manuel Proença, guitare ; Bernardo Couto, José Manuel Neto, Luís Guerreiro, guitare portugaise ; Ricardo Cruz, contrebasse, basse acoustique ; Jon Luz, cavaquinho ; José Miguel Conde, clarinettes. — [Portugal] : Universal music Portugal, 2012.
Universal Portugal 0602527972305. — EAN 602527972305
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Inversion
Dans le tram, dont je sors à peine, il y avait un jeune homme portant les oreilles à l’envers. C’est à dire les lobes en haut.
Peut-être ces oreilles étaient-elles simplement victimes d’une pratique assidue de la boxe, mais on pouvait aussi faire l’hypothèse d’une distraction passagère de l’ouvrier dans la chaîne de montage, ayant dû peut-être répondre à une question du contremaître, ce qui aurait rompu l’automatisme de la répétition des gestes, et pas le temps de rectifier, le suivant se présentait déjà ; ou d’un dérèglement du robot.
L. & L.
Lula Pena ouvre ¡Rio Loco! 2012

Lula Pena par the cardinal de la ville sur Flickr
Divine surprise.
(Je n’en avais même pas rêvé, c’était impensable.)
Lula Pena sera à Toulouse le 31 mai, en ouverture du festival ¡Rio Loco! 2012, peuplé d’artistes lusophones.
Ça ne pouvait pas mieux commencer.
Elle chantera ceci peut-être :
Mes peines me sont si lourdes, si tu savais.
Dieu sait comme elles me pèsent.Dieu, et moi.
Fernando Caldeira (1841-1894). As penas (extrait). Trad. L. & L.
As penas / Lula Pena, chant, guitare ; Fernando Caldeira, paroles ; José Bacalhau, musique (Fado Bacalhau). Captation : Lisbonne, Auditório Carlos Paredes, janvier 2010.
Beauté pure, beleza pura.
La suite n’est pas mal non plus : les pétulants, incroyables et indispensables d’OqueStrada sont de la partie, samedi 9 juin au parc Clairfont (métro Bellefontaine). Dans le même spectacle (avant ou après, ce n’est pas très clair), Teofilo Chantre, du Cap-Vert.
Au retour de Lisbonne le mois dernier, pour une raison connue, je n’ai rien écouté de ce que j’y avais acheté à une exception près : un disque 45 tours d’OqueStrada, avec Senhora do Tejo (Sete colinas) sur une face, et une nouvelle version de Oxalá te veja sur l’autre. Un 45 tours oui, format 25 cm, édité en 2011. Ça c’est de la résistance. Vive OqueStrada !
Agarrem-me / OqueStrada, ensemble vocal et instrumental ; Marta & Miranda, paroles ; OqueStrada, musique. 2011.
António Zambujo revient, pas rancunier (vendredi 15 juin, 18h30, prairie des Filtres) avec son nonchalant Quinto qui vient de sortir au Portugal (parution française prévue à l’automne).
Flagrante / António Zambujo, chant. Extrait de Quinto (Universal, 2012).
Ils l’ont collé à 18h30, avant Mariza qui tient donc lieu de vedette : un peu de paresse dans la programmation, là. J’aurais bien préféré Raquel Tavares, ou Ricardo Ribeiro, ou les deux, avec Pedro Jóia.
Mais, bien que Pedro Jóia ne soit pas invité, il n’y a pas à se plaindre quant aux guitaristes : on pourra entendre Custódio Castelo (guitare portugaise), António Chainho (idem), et aussi Norberto Lobo (guitare classique), ce qui est finalement plus inattendu.
À signaler aussi la présence de Bonga (Angola), 70 ans ou presque, une pêche de jeune homme, et celle de Madredeus.
L. & L.
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Sur l’Internet :
Δρόμοι παλιοί [Drómoi palioí] / Μαργαρίτα Ζορμπαλά [Margaríta Zorbalá], chant ; Μανώλης Αναγνωστάκης [Manólis Anagnostákis], paroles ; Μίκης Θεοδωράκης [Míkis Theodorákis], musique. Extrait de : Μπαλάντες = Balades / Μίκης Θεοδωράκης [Míkis Theodorákis]. 1976
Il existe beaucoup de versions de cette chanson très connue de Theodorákis, notamment celles de Maria Farantouri et de Néna Venetsánou. Sa musique avait été auparavant celle du film Serpico, de Sydney Lumet (1973).
Cette version, chantée par Margaríta Zorbalá, est celle de l’enregistrement d’origine (1976) dirigé par le compositeur lui-même. L’album Μπαλάντες (Balades) dont elle est extraite compte neuf chansons sur des poèmes de Manólis Anagnostákis, interprétées par Margaríta Zorbalá et Pétros Pándis.
Δρόμοι παλιοί που αγάπησα και μίσησα ατέλειωτα
κάτω απ’ τους ίσκιους των σπιτιών να περπατώ
νύχτες των γυρισμών αναπότρεπτες κι η πόλη νεκρήΤην ασήμαντη παρουσία μου βρίσκω σε κάθε γωνιά
κάμε να σ’ ανταμώσω κάποτε φάσμα χαμένο του πόθου μου κι εγώΞεχασμένος κι ατίθασος να περπατώ
κρατώντας μια σπίθα τρεμόσβηστη στις υγρές μου παλάμεςΚαι προχωρούσα μέσα στη νύχτα χωρίς να γνωρίζω κανένα
κι ούτε κανένας κι ούτε κανένας με γνώριζε με γνώριζε
Μανώλης Αναγνωστάκης [Manólis Anagnostákis]. Δρόμοι παλιοί [Drómoi palioí]. Source : stixoi.info.—
Rues anciennes
Rues anciennes que j’ai aimées et haïes infiniment,
Marchant à l’ombre de leurs maisons,
Aux nuits inéluctables des retours et la ville, morte.Je croise à chaque carrefour ma présence insignifiante.
Fais qu’un jour je te rencontre,
Spectre évanoui de mon désir. Et moi,
Oublié et rebelle, qui marcheAvec une étincelle vacillante
Dans mes paumes humides.Et je marchais dans la nuit
Sans reconnaître personne
Sans personne pour me reconnaître.
Μανώλης Αναγνωστάκης [Manólis Anagnostákis]. Δρόμοι παλιοί [Drómoi palioí]. Traduction : Blanche Molfessis, dans Εικόνες [Eikónes] = Icônes, album de Νένα Βενετσάνου [Néna Venetsánou], Artistic Anatoli, 1996.
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Θεοδωράκης, Μίκης [Theodorákis, Míkis]
Μπαλάντες = Balades (1976)
Μπαλάντες = Balades / Πέτρος Πάνδης [Pétros Pándis] & Μαργαρίτα Ζορμπαλά [Margaríta Zorbalá], chant ; Μίκης Θεοδωράκης [Míkis Theodorákis], musique ; Μανώλης Αναγνωστάκης [Manólis Anagnostákis], paroles. — Minos, 1976. Rééd. EMI Greece, 2004.
(Míkis Theodorákis EMI Remasters ; vol. 19)
.
Écouter sur Deezer
Ayant aimé cette ville.
Mais aujourd’hui quelque chose de cassé dans la mécanique.

Réparable, je ne sais pas. Faudrait trouver un mécanicien qui fasse ce genre de remise en état.
Et la pièce, celle qui a cédé ? Elle a volé en éclats. Irremplaçable. C’était du sur mesure tu sais, du travail à façon. Autant chercher à restaurer la boîte à musique d’un ange emportée par un méchant orage, fracassée contre un autobus.

L. & L.
Daltonisme
Tu y crois toi ?

À quoi ?
À ça. Enfin tu y crois vraiment ?
Quoi, au ciel ?
Mais non. À cette couleur. Tu y crois ?
Je ne vois pas ce que tu veux dire.
Tu vois bien.
L. & L.

