Skip to content

Raquel Tavares & Pedro Jóia — Deste-me um beijo e vivi

20 janvier 2012

C’est encore une vidéo de cette série épatante, tu sais ? A música portuguesa a gostar dela própria. Elle n’a pas cessé de s’accroître, il s’y publie parfois plusieurs clips par jour.

Et là tu vois, c’est Raquel Tavares (on la connaît elle aussi, dans ce billet-ci, dans celui-là, et dans cet autre), en duo avec Pedro Jóia, guitariste (et compositeur).

Deste-me um beijo e vivi / Raquel Tavares, chant ; Pedro Jóia, guitare ; Vasco de Lima Couto, paroles ; Alfredo Marceneiro, musique (Fado cravo) ; Andreia Silva, réalisation. Enregistrement : Antiga fábrica da Viúva Lamego, Lisbonne, 28 novembre 2011. (A música portuguesa a gostar dela própria).

Tous les deux sont excellents dans ce Fado cravo, une des plus belles compostions d’Alfredo Marceneiro (Amália le tenait pour « uma maravilha », une merveille).

Petit à petit ils emmènent ce fado profondément castiço, c’est à dire issu de la plus pure veine du fado traditionnel, vers l’Andalousie. En tant qu’instrumentiste Pedro Jóia s’est un temps tourné du côté du flamenco. Il est à présent rendu à ses racines portugaises, ayant consacré son dernier album (Á espera de Armandinho, 2007) à douze magistrales transcriptions des compositions originales du grand joueur de guitare portugaise et compositeur Armandinho (1891-1946). Tout cela on l’entend ici, c’est vraiment magnifique.

Raquel Tavares elle aussi est impressionnante. On ne saurait mieux montrer à quel point le fado est un art de la tension et de la vibration : le chant lui-même doit être dans cet état de stress qui est à l’image de la vie. Lula Pena, après le concert d’Évreux l’autre soir, évoquait une expérience à laquelle elle a participé à Gérone, en Catalogne : il s’agissait de mesurer au moyen de l’appareillage médical approprié, et de visualiser sur un écran, l’effort fourni par son propre cœur durant un concert. Il s’avérait que le cœur était d’autant plus sollicité – et que les écrans d’affichage s’affolaient d’autant plus — que la voix était retenue.

L’absence de tension tue le fado, il le rend fade, morne, insipide, ennuyeux. Ici non.

Deste-me um beijo e vivi
Na força que veio de ti
Encontrei a fé perdida
Negando o barro e o mito
O meu corpo feito grito
Pediu à vida mais vida

Acontecemos um só
Sob a luz dum mesmo sol
Cores do mesmo matiz
Razões de uma só razão
Pedaços do mesmo chão
Troncos da mesma raíz

Dá-me as tuas carícias mais gratas
Das tuas mãos regressadas
Vindas do fundo do tempo
Mil madrugadas esperei
Presença viva que sei
Amor com força de vento

E o meu corpo feito grito
Teve força de granito
Força que veio de ti
Encontrei a fé perdida
Deste-me um beijo e vivi
Pedi à vida mais vida.
Vasco de Lima Couto. Deste-me um beijo e vivi.

Ton baiser m’a fait revivre
Dans cette force qui vient de toi
J’ai puisé la foi perdue
Refusant l’argile et le mythe
Mon corps qui n’est plus qu’un cri
Réclame à nouveau sa part de vie

Nous ne faisons qu’un
Dans l’éclat d’un même soleil
Couleurs d’une même palette
Raisonnant d’une même raison
Pétris d’une même terre
Troncs d’une même racine

Apaise-moi des plus douces caresses
De tes mains que je retrouve
Venues du fond du temps
Mille fois j’ai attendu cette aube
Présence vive que je connais
Amour aussi fort que le vent

Et mon corps qui n’est qu’un cri
A repris une vigueur de granit
Une vigueur qui vient de toi
J’ai retrouvé la foi perdue
Ton baiser m’a fait revivre
Je veux encore ma part de vie
Vasco de Lima Couto. Deste-me um beijo e vivi. Traduction L. & L.

C’est à Beatriz da Conceição — originaire de Porto — qu’est due la création de cette version particulière du Fado cravo, sur Deste-me um beijo e vivi (Ton baiser m’a fait revivre), un poème qui facilite probablement l’avènement de la tension voulue, grâce notamment à ses rimes appuyées en « i », une voyelle tendue.

Deste-me um beijo e vivi / Beatriz da Conceição, chant ; Vasco de Lima Couto, paroles ; Alfredo Marceneiro, musique (Fado cravo).

L. & L.

A música portuguesa a gostar dela própria — Site
Raquel Tavares sur Myspace
Pedro Jóia sur Myspace

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :