Carminho | Perdidamente

Florbela Espanca (1894-1930). Photographe inconnu. Domaine public
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Le sonnet de Florbela Espanca (1894-1930) s’intitule Ser poeta (« Être poète »). Chanté sur une musique de João Gil par le groupe Trovante en 1987, il est devenu Perdidamente (« Éperdument »).
João Gil, qui faisait partie dudit groupe à l’époque, est un guitariste bien connu au Portugal. Il est surtout un compositeur de chansons extrêmement doué. En 2017 est paru un double album de reprises de ses compositions par une belle brochette d’artistes portugais : Raquel Tavares, António Zambujo, Carlos do Carmo (pour une étonnante version du poème de Verlaine Il pleure dans mon cœur), Luísa Sobral et bien d’autres.
Par exemple, pour ce Perdidamente : Carminho – toujours avec ce léger excès d’expression qui est sa marque et sa faiblesse. Décidément, il faut réécouter la version enregistrée par Lula Pena dans son premier album (Phados, 1998). Je lui ai demandé un soir, après un concert, pourquoi elle ne le chantait pas sur scène. Elle a dit qu’elle l’avait enregistré en 1998 parce que, pour ce premier album, il fallait de la matière immédiatement. Alors ce titre-là oui, pourquoi pas. Son interprétation est sans emphase aucune, sombre, très « florbélienne », magique. Malheureusement Phados est indisponible depuis longtemps.
Mais Carminho n’est pas mal non plus, au fond.
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Carminho | Perdidamente. Poème de Florbela Espanca ; João Gil, musique.
Carminho, chant ; guitariste innommé.
Extrait de l’album João Gil por…. Portugal, ℗ 2017.
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Ser poeta é ser mais alto, é ser maior
Do que os homens! Morder como quem beija!
É ser mendigo e dar como quem seja
Rei do Reino de Aquém e de Além Dor!
Être poète c’est être plus grand, plus élevé
Que les hommes ! Mordre comme dans un baiser !
C’est être mendiant et donner comme si on était Roi
Du Pays d’En-Deça et d’Outre-Douleur !
É ter de mil desejos o esplendor
E não saber sequer que se deseja!
É ter cá dentro um astro que flameja,
É ter garras e asas de condor!
C’est posséder la splendeur de mille désirs
Sans même savoir qu’on désire !
C’est avoir en soi un astre flamboyant,
C’est avoir les serres et les ailes d’un condor !
É ter fome, é ter sede de Infinito!
Por elmo, as manhãs de oiro e de cetim…
É condensar o mundo num só grito!
C’est avoir faim, avoir soif d’infini !
Pour heaume, avoir les matins d’or et de satin…
C’est condenser le monde dans un cri !
E é amar-te, assim, perdidamente…
É seres alma, e sangue, e vida em mim
E dizer-lo cantando a toda a gente!
Et c’est t’aimer ainsi, éperdument,
Et toi : être âme, sang et vie en moi,
Et dire cela au monde dans le chant !
… … Florbela Espanca (1894-1930). Ser poeta, extrait de : Charneca em flor (vers 1927. 1ère publication : 1931). Florbela Espanca (1894-1930). Être poète, traduit de : Ser poeta, extrait de : Charneca em flor (vers 1927. 1ère publication : 1931) par L. & L.
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Alfredo Marceneiro | O pajem
Avec Alfredo Marceneiro (1892-1980) : retour aux fondamentaux du Fado, presque à ses racines. « Presque », car le fado s’est individualisé en tant que genre distinct au milieu du XIXe siècle. Marceneiro représente l’archétype de ce qu’était le fado du XXe siècle avant qu’Amália Rodrigues le dénationalise et le façonne à sa mesure en y coulant toute sorte d’influences tierces. Son avènement a produit un raz-de-marée.
Marceneiro, le plus illustre représentant du fado « castiço » (« authentique »), n’a pour ainsi dire pas de postérité. Ni lui, ni ceux des fadistes de sa génération qui se sont produits essentiellement dans les maisons de fado et peu dans les théâtres, et qui ne se sont rendus dans les studios d’enregistrement qu’avec réticence. Marceneiro en avait horreur, lui qui considérait que le disque « industrialisait le fado ». Son legs discographique est de ce fait assez mince.
Il était à la fois un compositeur extraordinaire (toutes ses compositions sont devenus des classiques, repris par les autres fadistes et parfois par lui-même sur d’autres textes) et un admirable chanteur. On reconnaît instantanément sa voix étonnante qui ressemble à un pleur, son style de chant reposant sur de discrets ornements, refusant tout effet dramatique.
Sa seule faiblesse réside dans la piètre qualité générale des textes de ses fados. Défaut d’ailleurs assez bien partagé par ses collègues d’alors – à l’exception notable d’Amália Rodrigues, encore elle. Et si Amália a interprété beaucoup des compositions de Marceneiro, c’était toujours sur d’autres poèmes que les originaux ; elle n’aurait probablement jamais repris un texte comme O pajem (« Le page »).
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Alfredo Marceneiro (1892-1980) | O pajem. Fernando Teles, paroles ; Alfredo Marceneiro, musique (Fado Pajem).
Alfredo Marceneiro, chant ; António Chainho & Acácio Rocha, guitare portugaise ; Pais da Silva & José Maria Nóbrega, guitare classique. Portugal, date indéterminée.
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Todas as noites um pagem
Com voz linda e maviosa
Ia render homenagem
À marquesinha formosa
Toutes les nuits un page
De sa voix splendide et suave
Allait rendre hommage
À la belle marquiseMas numa noite de agoiro
O marquês fero e brutal
Naquela garganta de oiro
Mandou cravar um punhal
Mais une certaine nuit fatale
Le marquis féroce et brutal
Dans cette gorge d’or
Fit planter un poignard
E a marquesa delirante
De noite em seu varandim
Pobre louca alucinante
Chorando, cantava assim:
Et la marquise dans son délire
Le soir, sur son balcon
Pauvre folle hallucinée
Chantait à travers ses larmes :
Óh minha paixão querida
Meu amor, meu pagem belo
Foge sempre minha vida
Deste maldito castelo
Ô ma chère âme
Mon amour, mon beau page
Fuis pour toujours, ma vie
De ce château maudit.
… … Fernando Teles (1891-1956). O pajem. Fernando Teles (1891-1956). Le page, traduit de : O pajem par L. & L.
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Camané a repris O pajem tel quel, paroles et musique, dans son album Camané canta Marceneiro (2017). Plus inattendue est la contribution de Mísia, dans le projet Mediterraneo de Christina Pluhar avec son ensemble L’Arpeggiata (2013).
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Mísia & L’Arpeggiata | O pajem. Fernando Teles, paroles ; Alfredo Marceneiro, musique (Fado Pajem).
Mísia, chant ; L’Arpeggiata, ensemble instrumental ; Christina Pluhar, direction.
Extrait de l’album Mediterraneo / L’Arpeggiata, Christina Pluhar, direction. Europe, ℗ 2013.
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Mísia, qui s’approprie à nouveau le Fado Pajem, dans un tout autre style, à l’occasion de son récent album Pura vida (banda sonora) (2019, disponible en France fin novembre), sur un poème de Tiago Torres da Silva intitulé Ausência.
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Damia | La chaîne

Damia (1889-1978). Studio Harcourt (Paris), 1944. Domaine public.
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Damia (1889-1978) : la « tragédienne de la chanson », la créatrice des fameux et justement célèbres Goélands de Lucien Boyer ou de Sombre dimanche, la version française de la déprimante chanson hongroise Szomorú vasárnap.
Elle se produisait devant un rideau noir, vêtue d’une robe noire, éclairée par un projecteur – un seul. Elle est la première chanteuse en noir de l’histoire. Cela aussi, outre son type de répertoire, jusqu’à sa gloire, Édith Piaf le lui a pris après guerre. Sa période à elle, c’est l’Entre-deux-guerres. Paris. Une vie, un milieu, un air du temps impossibles à concevoir aujourd’hui.
Pour le cinéaste Aki Kaurismäki, qui a fait de Damia l’un des personnages de son film Le Havre (2011), elle est « la plus grande chanteuse de tous les temps » (L’Humanité, 19 mai 2011, Entretien avec le cinéaste Aki Kaurismäki).
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Damia (1889-1978) | La chaîne. Émile Ronn, paroles ; Léo Daniderff, musique.
Damia, chant ; orchestre, direction Pierre Chagnon. France, 1928.
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Le jour où l’on s’est rencontré
Lorsque nos yeux se sont fixés
Ton regard dur comme l’acier
Semblait dire quand même
Je t’aime
Et j’ai compris que le destin
M’avait placée sur ton chemin
Comme une proie que l’on entraîne
En lui mettant la chaîneAlors, dès le premier baiser
Entre nous j’ai senti passer
L’ardent frisson qui fait germer
En de longues caresses
L’ivresse
Et tous nos baisers nés d’hier
Se faisant plus fous et pervers
Dans une étreinte plus certaine
Ont rivé notre chaîneMais un jour, las de trop s’aimer
Ah, comme l’on s’est bien trompé
Chacun voulant se délivrer
Pour vivre une autre vie
Folie
Si bien que sans amour au cœur
Lèvre à lèvre pleins de rancœur
Entre nous se dressa la haine
Sans briser notre chaîneJe te hais comme tu me hais
Mais je sens bien que désormais
Nous ne nous quitterons jamais
Quoi qu’on dise ou qu’on fasse
Grimace
Et nous irons ainsi toujours
Comme deux forçats de l’amour
Rivés au boulet et qui traînent
L’infamie de leur chaîne.
Émile Ronn (1870-1935), pseudonyme de Henri Alphonse Lemonnier. La chaîne (1911).
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¡Viva la rosa en su rosal!
Aquel guante de luna que olvidé,
¿dónde está?
¡Viva la rosa en su rosal!
Federico García Lorca (1898-1936). Encuentro, dans : El jardín de las morenas (1919-1921)Ce gant de lune que j’ai laissé,
Où est-il ?
Vive la rose en son rosier !
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María del Reposo,
te vuelvo a encontrar
junto a la fuentefría
del limonar.
¡Viva la rosa en su rosal!María del Reposo,
te vuelvo a encontrar,
los cabellos de niebla
y ojos de cristal.
¡Viva la rosa en su rosal!María del Reposo,
te vuelvo a encontrar.
Aquel guante de luna que olvidé,
¿dónde está?
¡Viva la rosa en su rosal!
Federico García Lorca (1898-1936). Encuentro, dans : El jardín de las morenas (1919-1921)
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Comme dans l’effondrement de son existence

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« Si accomodi » disse la donna indicandogli la poltrona vicina: e lui vi si sprofondò come nella frana della sua esistenza.
Leonardo Sciascia (1921-1989). Gioco di società, dans : Il mare colore del vino (1973). Adelphi, 1996 (Fabula ; 91), page 96.« Asseyez-vous, dit la femme en lui désignant le fauteuil le plus proche. » Il s’y écroula, comme dans l’effondrement de son existence.
Leonardo Sciascia (1921-1989). Jeu de société, dans : La mer couleur de vin, traduit par Jacques de Pressac, édition revue et corrigée par Mario Fusco. Gallimard, impr. 2011 (L’imaginaire ; 121), ISBN 978-2-07-076697-0, page 131.
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Lhasa de Sela (1972-2010), ou simplement Lhasa, était une chanteuse, par ailleurs autrice et compositrice, née aux États-Unis d’un père mexicain et d’une mère américaine. Elle a partagé sa courte vie entre les États-Unis, le Mexique, le Québec et la France et son répertoire reflétait les cultures musicales et les langues de ces différents lieux.
On la voit ici, lors d’un spectacle donné à Nyon en 2004, rendre un hommage au Fado avec ce choix qu’elle fait d’un des morceaux de l’album Com que voz d’Amália Rodrigues. Hommage un peu malhabile mais émerveillé, de quelqu’un qui découvre cet univers.
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Lhasa (1972-2010) | Meu limão de amargura (Meu amor, meu amor). José Carlos Ary dos Santos, paroles ; Alain Oulman, musique.
Lhasa de Sela, chant ; instrumentistes non identifiés.
Captation : Nyon, Suisse, 21 juillet 2004, dans le cadre du 29e Paléo festival. Extrait du documentaire Lhasa au Paléo festival de Nyon 2004. Production : ?. Réalisation : ?. 1ère diffusion : France, Mezzo, 6 octobre 2004.
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Meu amor meu amor
meu corpo em movimento
minha voz à procura
do seu próprio lamento.Meu limão de amargura meu punhal a [escrever / crescer]
nós parámos o tempo não sabemos morrer
e nascemos nascemos
do nosso entristecer.Meu amor meu amor
meu pássaro cinzento,
a chorar [a] lonjura,
do nosso afastamento.Meu amor meu amor
meu nó [e / de] sofrimento
minha mó de ternura
minha nau de tormentoeste mar não tem cura este céu não tem ar
nós parámos o vento não sabemos nadar
e morremos morremos
devagar devagar.
José Carlos Ary dos Santos (1937-1984). Meu amor meu amor (1968). Entre crochets : la formulation originale du poème, suivie de ce qui est chanté lorsque cela diffère.………
Mon amour mon amour
Mon corps en mouvement
Ma voix à la recherche
De sa propre plainte.Mon citron d’amertume, mon poignard qui [écrit / grandit]
Nous avons arrêté le temps, nous ne savons pas mourir
Et nous naissons, nous naissons
De notre accablement.Mon amour mon amour
Mon passereau cendré
Toi qui pleures l’infinie distance
Qui nous tient éloignés.Mon amour mon amour
Mon nœud [ma / de] souffrance
Ma meule de tendresse
Mon navire de tourment,Cette mer est incurable, ce ciel est privé d’air
Nous avons arrêté le vent, nous ne savons pas nager
Et nous mourons, nous mourons
Lentement, lentement.
José Carlos Ary dos Santos (1937-1984). Mon amour mon amour, traduit de : Meu amor meu amor (1968) par L & L. Entre crochets : la formulation originale du poème, suivie de ce qui est chanté lorsque cela diffère
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Voici le même morceau dans l’interprétation d’Amália Rodrigues, filmée en Belgique en 1973 – c’est à dire quatre ans après l’enregistrement de l’album Com que voz dans lequel figure ce fado. Seulement accompagnée dans l’enregistrement studio d’une guitare portugaise et d’une guitare classique, Amália se produit ici avec sa formation habituelle : 2 guitares portugaises, 1 guitare classique et 1 basse acoustique.
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Amália Rodrigues (1920-1999) | Meu limão de amargura (Meu amor, meu amor). José Carlos Ary dos Santos, paroles ; Alain Oulman, musique.
Amália Rodrigues, chant ; José Fontes Rocha, Carlos Gonçalves, guitare portugaise ; [?], guitare classique ; Joel Pina, basse acoustique.
Captation : Casino de Knokke-Le Zoute, Belgique, 1973. Extrait de l’émission télévisée La goélette d’or – Knokke 73. Production : Belgique : BRT [Belgische Radio- en Televisieomroep] ; Portugal : RTP [Rádio e Televisão de Portugal]. Luís Andrade, réalisation.
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Márta Sebestyén | Szerelem, szerelem
Szerelem, szerelem,
Átkozott gyötrelem,
Mért nem virágoztál
Minden fa teteje?
Traditionnel (Hongrie). Szerelem, szerelem.Amour, amour,
Maudit tourment,
Pourquoi n’as-tu pas fleuri
À la cime de tous les arbres ?
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De l’amour hongrois. Il y en a sûrement, même là-bas.
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Sebestyén Márta | Szerelem, szerelem. Paroles & musique traditionnelles (Hongrie) ; Márta Sebestyén, adaptation.
Márta Sebestyén, chant.
Extrait de l’album Nem Arról Hajnallik, Amerről Hajnallott… / Muzsikás, ensemble vocal et instrumental. Hongrie : Hungaroton, ℗ 1986. Cet enregistrement est utilisé dans la bande originale du film The English patient (1996), réalisé par Anthony Minghella.
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Szerelem, szerelem,
Átkozott gyötrelem,
Mért nem virágoztál
Minden fa teteje?Amour, amour,
Maudit tourment,
Pourquoi n’as-tu pas fleuri
À la cime de tous les arbres ?Minden fa tetején,
Diófa levelén,
Hogy szakísztott volna,
Minden leány és legény.
Au sommet de tous les arbres,
Sur les feuilles du noyer,
Pour que toutes les filles et les garçons
Puissent te cueillir.
Mer’ én is szakísztottam,
El is szalasztottam,
Én is szakísztottam,
S el is szalasztottam.
Car je l’ai cueilli moi aussi
Mais je l’ai laissé glisser de ma main
Je l’ai cueilli moi aussi,
Mais je l’ai laissé glisser de ma main
Ej de még szakísztanék,
Ha jóra találnék,
Ha jóra, ha szépre,
Régi szeretőmre.
Je le cueillerais encore et encore
Si j’en trouvais un bon,
Un bon, un beau,
Mon vieil amoureux.
S a régi szeretőmér,
Mit nem cselekednék,
Tengerből a vizet,
Kanállal lemerném.
Et pour mon vieil amoureux,
Que ne ferais-je pas ?
Je viderais l’eau de la mer
Avec une cuillère.
S a tenger fenekéről,
Apró gyöngyöt szednék,
S a régi szeretőmnek,
Gyöngykoszorút kötnék.
Et du fond de la mer
Je tirerais de petites perles,
Et pour mon vieil amoureux
Je tresserais une couronne de perles.
… … Traditionnel (Hongrie). Márta Sebestyén, adaptation. Szerelem, szerelem. Traditionnel (Hongrie). Márta Sebestyén, adaptation. Amour, amour, traduit de : Szerelem, szerelem par L. & L., à partir de la traduction anglaise de whobyhisladyscommand sur Youtube.
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Amália Rodrigues | Amêndoa amarga (1969)
Meu perfume de tudo minha essência
meu lume minha lava meu labéu
como é possível não chegar ao cume
de tão lavado céu?
José Carlos Ary dos Santos (1936-1984). Retrato de Amigo (1970).
Toi qui tout parfumes, mon essence
Ma braise ma lave mon infamie
Comment ne pas être transporté
Au plus haut de cieux si purs ?
Autre inédit publié en supplément de la réédition de 2019 de l’album Com que voz : la première captation connue d’Amêndoa amarga (« Amande amère »). Datée de 1969, elle provient de la même source que celle de É da torre mais alta et de Fui à fonte lavar os cabelos, à savoir une maquette de travail conservée sur une bande magnétique (copie de la bande d’origine, aujourd’hui introuvable).
Amêndoa amarga – ou plutôt Retrato de Amigo (« Portrait de l’Ami ») selon son titre original – est un poème d’amour écrit par un homme, adressé à un autre homme. Son auteur, José Carlos Ary dos Santos (1937-1984), ne faisait pas mystère de son homosexualité.
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Amália Rodrigues (1920-1999) | Amêndoa amarga. José Carlos Ary dos Santos, paroles ; Alain Oulman, musique.
Amália Rodrigues, chant ; Fontes Rocha, guitare portugaise ; Pedro Leal, guitare classique. L’enregistrement est une maquette de travail réalisée en 1969.
Extrait de l’album Com que voz, nouvelle édition « remastered ». Portugal : Edições Valentim de Carvalho, ℗ et © 2019.
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Une version d’Amêndoa amarga, la seule connue jusqu’à présent, figure dans l’album Cantigas numa língua antiga. Publié en 1977, ce recueil reproduit certaines des caractéristiques de Com que voz : musiques d’Alain Oulman sur des poèmes d’auteurs contemporains ou non, accompagnement réduit à deux instruments. Mais le son en est différent : l’enregistrement s’est étalé sur une période de trois ans au lieu des deux nuits prodigieuses de Com que voz – et il faut admettre que la voix d’Amália, qui entre temps a subi la tourmente des lendemains immédiats de la Révolution des œillets (1974), montre quelques signes d’altération : moins de brillant, parfois un peu de vibrato.
Voici l’enregistrement de Amêndoa amarga publié dans Cantigas numa língua antiga (1977) :
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Amália Rodrigues (1920-1999) | Amêndoa amarga. José Carlos Ary dos Santos, paroles ; Alain Oulman, musique.
Amália Rodrigues, chant ; José Fontes Rocha, guitare portugaise ; Martinho d’Assunção, guitare classique.
Extrait de l’album Cantigas numa língua antiga / Amália Rodrigues. Portugal, ℗ 1977.
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La version de É da torre mais alta enregistrée en 1975 aurait pu être intégrée à cet album mais n’a pas été retenue [voir le billet précédent], contrairement à Amêndoa amarga. À cette différence près, les deux fados ont une genèse analogue : l’un et l’autre sont composés sur un poème d’Ary dos Santos issu du recueil Fotos-grafias publié en 1970 ; l’un et l’autre ont été mis en musique dès 1969 ; enfin, les versions ultérieures de l’un comme de l’autre ont été amputées d’une strophe sur laquelle la musique d’Alain Oulman se tend pour atteindre un climax dramatique, résolu dans les derniers vers qui reviennent à la mélodie des strophes précédentes.
Dans le cas d’Amêndoa amarga, c’est la strophe transcrite au début du présent billet qu’ignore l’enregistrement de 1977, alors qu’elle figure intégralement dans l’enregistrement de 1969 moyennant deux changements dans le texte : suppression de « de tudo » dans le premier vers, remplacement de « cume » par son synonyme « cimo » (« sommet ») dans le troisième :
Meu perfume minha essência
meu lume minha lava meu labéu
como é possível não chegar ao cimo
de tão lavado céu?
José Carlos Ary dos Santos (1936-1984). Amêndoa amarga, d’après Retrato de Amigo (1970).
Mon parfum, mon essence
Ma braise ma lave mon infamie
Comment ne pas être transporté
Au plus haut de cieux si purs ?
Comme pour la partie supprimée de É da torre mais alta, ce passage est chanté sur un motif mélodique particulier qui introduit une variation par rapport aux deux strophes précédentes et atteint un acmé sur le mot cimo (« sommet »), avant de céder au caractère désespéré de la fin du poème. Dans le cas d’Amêndoa amarga comme dans celui de É da torre mais alta, on se demande pourquoi l’avoir supprimé dans l’enregistrement studio de Cantigas numa língua antiga.
Le poème publié dans Fotos-grafias ne comporte pas la dernière strophe. On trouvera ci-dessous les différentes versions du texte.
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Amêndoa amarga (fado) Por ti falo e ninguém pensa
mas eu digo minha amêndoa, meu amigo, meu irmão
meu tropel de ternura, minha casa
meu jardim de carência, minha asa.Amande amère (fado) C’est pour toi que je parle et nul ne sait
Mais je dis mon amande, mon ami, mon frère
Mon déferlement de tendresse, ma maison
Mon jardin du manque, mon aile.Por ti vivo e ninguém pensa
mas eu sigo um caminho de silvas e de nardos
uma intensa ternura que persigo
rodeada de cardos por tantos lados.
Pour toi je vis et nul n’y pense,
Mais je poursuis, sur un chemin de ronces et de nards,
Une intense tendresse,
De tous côtés cernée de chardons.
*Meu perfume minha essência
meu lume minha lava meu labéu
como é possível não chegar ao cimo
de tão lavado céu?
*Mon parfum, mon essence
Ma braise ma lave mon infamie
Comment ne pas être transporté
Au plus haut de cieux si purs ?
Por ti morro e ninguém sabe
mas eu espero o teu corpo que sabe a madrugada
o teu corpo que sabe a desespero
ó minha amarga amêndoa desejada.
Pour toi je meurs et nul n’y pense,
Mais j’attends ton corps qui a le goût de l’aube,
Ton corps qui a le goût du désespoir,
Ô mon amande amère, que je désire.
… … José Carlos Ary dos Santos (1936-1984). Amêndoa amarga, version de Retrato de Amigo (1970).
* Strophe présente dans la version de 1969, absente de celle de 1977.José Carlos Ary dos Santos (1936-1984). Amande amère, traduit de : Amêndoa amarga, version de Retrato de Amigo [« Portrait de l’Ami »] (1970) par L. & L.
* Strophe présente dans la version de 1969, absente de celle de 1977.
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Retrato de Amigo (1970)
Por ti falo. E ninguém sabe. Mas eu digo
meu irmão minha amêndoa meu amigo
meu tropel de ternura minha casa
meu jardim de carência minha asa.Por ti morro e ninguém pensa. Mas eu sigo
um caminho de nardos empestados
uma intensa e terrífica ternura
rodeado de cardos por muitíssimos lados.Meu perfume de tudo minha essência
meu lume minha lava meu labéu
como é possível não chegar ao cume
de tão lavado céu?
José Carlos Ary dos Santos (1937-1984). Retrato de Amigo, extrait de : Fotos-grafias (avec Nuno Calvet, photographies). 1970. Dans le même recueil : É da torre mais alta (Retrato do povo de Lisboa).………
C’est pour toi que je parle. Et nul ne sait. Mais je dis
Mon frère mon amande mon ami
Mon déferlement de tendresse, ma maison
Mon jardin du manque mon aile.Pour toi je meurs et nul n’y pense. Mais je poursuis
Sur un chemin de nards nauséabonds
Une intense et terrifiante tendresse
De tous côtés cerné de chardonsToi qui tout parfumes, mon essence
Ma braise ma lave mon infamie
Comment ne pas être transporté
Au plus haut de cieux si purs ?
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Amália Rodrigues (1920-1999)
Com que voz (Édition 2019)
Com que voz / poèmes de Cecília Meireles, David Mourão-Ferreira, Manuel Alegre, etc. ; Alain Oulman, musiques ; Amália Rodrigues, chant ; José Fontes Rocha, guitare portugaise ; Pedro Leal, guitare,… [etc.]. — Production : Portugal : Edições Valentim De Carvalho, ℗ 2019.
Nouvelle édition remastérisée de l’album Com que voz (enregistré en 1969 et publié pour la première fois en 1970), augmentée de 8 morceaux réunis en un ensemble intitulé « À maneira do Com que voz », parmi lesquels des versions inédites de titres précédemment publiés ainsi qu’un titre inédit (Fui à fonte lavar os cabelos, poème de João Soares Coelho, musique d’Alain Oulman). Dates d’enregistrement : 8 et 9 janvier 1969 (édition originale de Com que voz) ; dates diverses, comprises entre novembre 1968 et 1969 (« À maneira do Com que voz »).
CD : Valentim de Carvalho, 2019. — EAN 3760220460752.
Voir la description complète de l’album sur Discogs
Amália Rodrigues | É da torre mais alta (1969)
É da voz do meu povo uma criança
seminua nas docas de Lisboa
que eu ganho a minha voz
caldo verde sem esperança
laranja de humildade
amarga lança
até que a voz me doa.
José Carlos Ary dos Santos (1936-1984). Retrato do povo de Lisboa (1970).
C’est de la voix de mon peuple, un enfant
À demi nu dans les docks de Lisbonne,
Que je tire ma voix,
« caldo verde » de désespoir,
Orange d’humilité,
Amère lance,
Jusqu’à la douleur.
Jusqu’à présent, le seul enregistrement connu du splendide É da torre mais alta par Amália Rodrigues était celui publié en 1997, dans le très bel album d’inédits intitulé Segredo (« Secret »). Réalisé en 1975, l’année suivant la Révolution des œillets, il était resté « secret » pendant plus de vingt ans. La réédition de 2019 de l’album Com que voz en propose, parmi ses suppléments, une captation bien antérieure, datée de 1969, c’est à dire avant même la publication du poème d’Ary dos Santos sur lequel il s’appuie (1970). Cet enregistrement provient de la même source que celui de Fui à fonte lavar os cabelos, à savoir une maquette de travail conservée sur une bande magnétique (copie de la bande d’origine, aujourd’hui introuvable).
La version de 1969 diffère de celle de 1975 par sa plus grande fidélité au poème original : la strophe ci-dessus, ignorée dans l’enregistrement de 1975, y figure intégralement moyennant une légère altération du texte (« uma criança / nua nas docas de Lisboa » au lieu de « uma criança / seminua … » : « un enfant / nu dans les docks de Lisbonne » au lieu de « un enfant / à demi nu … »). Ce passage est chanté sur un motif mélodique particulier, très beau (notamment la vigoureuse montée dans l’aigu sur « que eu ganho a minha voz »), absent du reste du fado. On se demande ce qui a conduit à sa suppression en 1975. Il est vrai qu’à l’époque l’enregistrement n’avait finalement pas été publié.
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Amália Rodrigues (1920-1999) | É da torre mais alta. José Carlos Ary dos Santos, paroles ; Alain Oulman, musique.
Amália Rodrigues, chant ; Fontes Rocha, guitare portugaise ; Pedro Leal, guitare classique. L’enregistrement est une maquette de travail réalisée en 1969.
Extrait de l’album Com que voz, nouvelle édition « remastered ». Portugal : Edições Valentim de Carvalho, ℗ et © 2019.
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Voici par comparaison l’enregistrement de 1975, publié en 1997 :
Amália Rodrigues (1920-1999) | É da torre mais alta. José Carlos Ary dos Santos, paroles ; Alain Oulman, musique.
Amália Rodrigues, chant ; José Fontes Rocha, guitare portugaise ; Pedro Leal, guitare. Enregistrement : 1975. Extrait de l’album Segredo / Amália Rodrigues. Portugal, 1997.
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É da torre mais alta est une composition d’Alain Oulman sur un poème de José Carlos Ary dos Santos (1937-1984), homosexuel déclaré, adhérent au Parti communiste portugais, cela même sous l’ancien régime. Il n’en était pas moins un familier d’Amália Rodrigues qui le recevait chez elle – comme en témoigne l’album Amália / Vinicius, enregistré en 1968 lors d’une de ces soirées amicales qu’avait coutume d’organiser la fadiste, à laquelle participaient cette fois-là, outre Amália et Vinicius de Moraes, les poètes Ary dos Santos, Natália Correia et David Mourão Ferreira, entre autres.
Intitulé Retrato do povo de Lisboa (« Portrait du peuple de Lisbonne »), le poème original a paru en 1970 dans un recueil illustré de photographies en noir et blanc de Nuno Calvet intitulé Fotos-Grafias – rapidement interdit par la censure. Les modifications pratiquées pour le fado consistent non seulement en suppressions, mais aussi en ajouts. On trouvera ci-dessous les différentes versions du texte.
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É da torre mais alta (fado) É da torre mais alta
Que eu canto este meu pranto
Que eu canto este meu sangue,
Este meu povo
Dessa torre maior
Em que apenas sou grande
Por me cantar de novo,
Por me cantar de novo.C’est de la plus haute tour (fado) C’est de la plus haute tour
Que je chante mon sanglot,
Que je chante mon sang,
Mon peuple que voici,
Du haut de cette tour,
Le seul lieu où je suis grand,
Où je peux me chanter à nouveau
Où je peux me chanter à nouveauCantar como quem despe
A ganga da tristeza
Como quem bebe
A água da saudade,
Chama que nasce e cresce
E vive e morre acesa
Chama que nasce e cresce
Em plena liberdade.
Chanter comme on se dépouille
De sa gangue de tristesse
Comme on boit
L’eau de la saudade
Flamme qui naît et croît
Et vit, et meurt ardente
Flamme qui naît et croît
En pleine liberté.
*É da voz do meu povo uma criança
nua nas docas de Lisboa
que eu ganho a minha voz
caldo verde sem esperança
laranja de humildade
amarga lança
até que a voz me doa.
*C’est de la voix de mon peuple, un enfant
Nu dans les docks de Lisbonne,
Que je tire ma voix,
« caldo verde » de désespoir,
Orange d’humilité,
Amère lance,
Jusqu’à la douleur.
Mas nunca se dói só
Quem a cantar magoa
Dói-me o Tejo vencido
Dói-me a secura
Dói-me o tempo perdido
Dói-me ele de lonjura
Dói-me o povo esquecido
E morro de ternura
Dói-me o tempo perdido
E morro de ternura.
Mais quiconque chante à s’en meurtrir
Ne souffre jamais pour soi seul
J’ai mal au Tage vaincu
J’ai mal à la sécheresse
J’ai mal au temps perdu
Je souffre qu’il soit loin de moi
J’ai mal au peuple oublié
Et je meurs de tendresse.
J’ai mal du temps perdu
Et je meurs de tendresse.
… … José Carlos Ary dos Santos (1936-1984). É da torre mais alta, version de Retrato do povo de Lisboa (1970).
* Strophe présente dans la version de 1969, absente de celle de 1975.José Carlos Ary dos Santos (1936-1984). C’est de la tour la plus haute, traduit de : É da torre mais alta, version de Retrato do povo de Lisboa [« Portrait du peuple de Lisbonne »] (1970) par L. & L.
* Strophe présente dans la version de 1969, absente de celle de 1975.
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Retrato do povo de Lisboa (1970)
É da torre mais alta do meu pranto
que eu canto este meu sangue este meu povo.
Dessa torre maior em que apenas sou grande
por me cantar de novo.Cantar como quem despe a ganga da tristeza
e põe a nu a espádua da saudade
chama que nasce e cresce e morre acesa
em plena liberdade.É da voz do meu povo uma criança
seminua nas docas de Lisboa
que eu ganho a minha voz
caldo verde sem esperança
laranja de humildade
amarga lança
até que a voz me doa.Mas nunca se dói só quem a cantar magoa
dói-me o Tejo vazio dói-me a miséria
apunhalada na garganta.Dói-me o sangue vencido a nódoa negra
punhada no meu canto.José Carlos Ary dos Santos (1936-1984). Retrato do povo de Lisboa (1970).
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C’est de la plus haute tour de mon sanglot
Que je chante mon sang, mon peuple que voici.
Du haut de cette tour, le seul lieu où je suis grand,
Où je peux me chanter à nouveau.Chanter comme on se dépouille de sa gangue de tristesse
Mettant à nu l’épaule de la saudade
Flamme qui naît et croît et meurt ardente
En pleine liberté.C’est de la voix de mon peuple, un enfant
À demi nu dans les docks de Lisbonne,
Que je tire ma voix,
« caldo verde » de désespoir,
Orange d’humilité,
Amère lance,
Jusqu’à la douleur.Mais quiconque chante à s’en meurtrir ne souffre jamais seul
J’ai mal au Tage vide, à la misère
Poignardée dans la gorge.J’ai mal au sang vaincu, aux bleus,
Coup de poing dans mon chant.José Carlos Ary dos Santos (1936-1984). Portrait du peuple de Lisbonne, traduit de : Retrato do povo de Lisboa (1970) par L. & L.
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Amália Rodrigues (1920-1999)
Com que voz (Édition 2019)
Com que voz / poèmes de Cecília Meireles, David Mourão-Ferreira, Manuel Alegre, etc. ; Alain Oulman, musiques ; Amália Rodrigues, chant ; José Fontes Rocha, guitare portugaise ; Pedro Leal, guitare,… [etc.]. — Production : Portugal : Edições Valentim De Carvalho, ℗ 2019.
Nouvelle édition remastérisée de l’album Com que voz (enregistré en 1969 et publié pour la première fois en 1970), augmentée de 8 morceaux réunis en un ensemble intitulé « À maneira do Com que voz », parmi lesquels des versions inédites de titres précédemment publiés ainsi qu’un titre inédit (Fui à fonte lavar os cabelos, poème de João Soares Coelho, musique d’Alain Oulman). Dates d’enregistrement : 8 et 9 janvier 1969 (édition originale de Com que voz) ; dates diverses, comprises entre novembre 1968 et 1969 (« À maneira do Com que voz »).
CD : Valentim de Carvalho, 2019. — EAN 3760220460752.
Voir la description complète de l’album sur Discogs

