Encore des mots
JEUNE FEMME (chanté) :
Si jamais tu partais
Partais et me quittais
Je crois que j’en mourrais
Que j’en mourrais d’amour
Mon amour, mon amour…Silence.
MADELEINE (fixe, stupéfiée par la violence des paroles). — Non.
Silence.
JEUNE FEMME (sur le même ton) :
Que j’en mourrais d’amour
Mon amour, mon amour.MADELEINE. — Non.
Silence. La Jeune Femme se tait. C’est Madeleine qui, comme contrite, reprend.
MADELEINE. — Mon amour, mon amour…
Marguerite Duras (1914-1996). Savannah Bay (1983). Les Éditions de Minuit, impr. 2005, ISBN 2-7073-0668-1. Page 16.
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Édith Piaf (1915-1963) | Les mots d’amour. Michel Rivgauche, paroles ; Charles Dumont, musique.
Édith Piaf, chant ; accompagnement d’orchestre ; Robert Chauvigny, direction.
France, 1960.
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Saison de l’inconfort

Toulouse (Occitanie, France), la Garonne depuis la rue de la Digue, 29 novembre 2019
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Défaut de l’automne, venir après l’été et annoncer l’hiver. Saison de l’inconfort.
Se demander si ce n’est pas justement le temps propice à la réflexion.
Robert Pinget (1919-1997). Du nerf (1990). Les Éditions de Minuit, impr. 1990. ISBN 2-7073-1326-2. P. 16.
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Kumquat, kiwano, karambol

Potimarrons, 25 novembre 2019
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Sur un autre étalage de primeurs il voit écrit kumquat, kiwano, karambol. Il demande à la marchande à quoi ça rime. Elle dit à ça en lui montrant des fruits bizarroïdes. Il marmonne encore de l’exotique. Elle répond pas plus que vous.
Robert Pinget (1919-1997). Du nerf (1990). Les Éditions de Minuit, impr. 1990. ISBN 2-7073-1326-2. P. 35.
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Tous les étés réfugiés là

Toulouse (Occitanie, France), rue Bédelières, 25 novembre 2019
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Pour faire durer la belle saison trois mots sur le beau temps dans son cahier.
Tous les étés réfugiés là.
Robert Pinget (1919-1997). Du nerf (1990). Les Éditions de Minuit, impr. 1990. ISBN 2-7073-1326-2. P. 32.
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Argentina Santos, morte
Amar não é um pecado
Pecado é andar no mundo
Sem ter amor a ninguém
Moita Girão. Amar não é um pecado (extrait).Aimer n’est pas un péché.
Le péché c’est être au monde
Sans amour pour quiconque.
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AArgentina Santos (1924-2019) | Amar não é pecado. Moita Girão, paroles ; Pedro Rodrigues, musique (Fado Pedro Rodrigues).
Argentina Santos, chant, guitare ; Bernardo Couto, guitare portugaise ; Diogo Clemente, guitare ; Nando Araújo, guitare basse. Extrait du DVD Cabelo branco é saudade / conçu et dirigé par Ricardo Pais ; direction musicale Diogo Clemente. Portugal, ℗ 1998.
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Elle est morte aujourd’hui, Dona Argentina, l’une des plus grandes fadistes de sa génération. Morte à 95 ans. À vrai dire elle ne chantait plus depuis près de dix ans à la Parreirinha de Alfama (« la petite treille d’Alfama »), sa maison de fados située presque face au Musée du fado à Lisbonne, non loin du Tage. Il fallait se contenter de ses quelques enregistrements, audio ou vidéo, pour entendre encore ce chant absolument singulier, dont le plus proche parent serait celui d’Alfredo Marceneiro, ou encore celui de fadistes très anciennes comme Berta Cardoso (1911-1997) ou autres. Au fond, elle était le dernier témoin du fado « d’avant ». D’avant Amália Rodrigues, s’entend. L’une des dernières interprètes du fado castiço (« authentique »), une tradition désormais presque engloutie ; la dernière fadiste véritable, peut-être.
Elle n’a pas cherché la renommée. Pour elle, faire la cuisine était plus agréable que chanter. Elle avait le fado en elle, oui, et elle le laissait s’exprimer de temps en temps. La vidéo ci-dessus est un extrait d’un spectacle filmé, présenté en 2005 dans plusieurs villes d’Europe. Y participaient avec elle : Celeste Rodrigues, Alcindo de Carvalho et Ricardo Ribeiro – seul survivant de la petite troupe (si l’on excepte les instrumentistes).
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- Wikipedia (pt) : Argentina Santos
Amélia Muge | Havemos de nos ver outra vez
Amélia Muge | Havemos de nos ver outra vez. Teresa Muge, paroles & musique.
Amélia Muge, chant, guitare ; Pedro Santos, accordéon ; Catarina Anacleto, violoncelle ; Carlos Bica, contrebasse ; José Mário Branco, arrangements. Extrait de l’album Taco a taco / Amélia Muge. Enregistrement : décembre 1997, studio Noites longas, Seixal, Portugal. Portugal, ℗ 1998.
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Amélia Muge est une autrice, compositrice, instrumentiste et chanteuse portugaise née au Mozambique au début des années 1950. Cette chanson, Havemos de nos ver outra vez (« Nous nous reverrons »), extraite de Taco a taco, un album déjà ancien (1998), est une œuvre de sa sœur Teresa. Elle n’est pas vraiment représentative de l’art très particulier d’Amélia, qui se nourrit de musiques traditionnelles du Portugal et d’Afrique et d’une grande sophistication musicale.
Du moins y entend-on sa voix au timbre étincelant. Et c’est une chanson apaisante, au regard de l’imminence de la fin du monde.
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Havemos de nos ver outra vez Quem sabe à tarde, quem sabe de manhã Só sei que não há duas sem três E uma vez que assim é Havemos de nos ver outra vez |
Nous nous reverrons Un soir peut-être, ou peut-être un matin Jamais deux fois sans trois Et puisqu’il en est ainsi, Nous nous reverrons. |
Panos vazios, Quem chega, parte É mal? É bem? Danos sadios Em qualquer hora Em qualquer parte Se reconhecem os amigos |
Des draps vides, On vient, on part, Est-ce mal ? Est-ce bien ? Un mal pour un bien… À toute heure Et en tout lieu Les amis se reconnaissent |
Havemos de nos ver outra vez Quem sabe à tarde, quem sabe de manhã Só sei que não há duas sem três E uma vez que assim é Havemos de nos ver outra vez |
Nous nous reverrons Un soir peut-être, ou peut-être un matin Jamais deux fois sans trois Et puisqu’il en est ainsi, Nous nous reverrons. |
Sabor a vício Dos viajantes É mal? É bem? Sabe como antes Em qualquer hora Em qualquer sítio Se reconhecem os amantes |
Saveur de vice Des voyageurs Est-ce mal ? Est-ce bien ? Saveur de toujours À toute heure Et en tout lieu Les amants se reconnaissent |
Havemos de nos ver outra vez Quem sabe à tarde, quem sabe de manhã Só sei que não há duas sem três E uma vez que assim é Havemos de nos ver outra vez |
Nous nous reverrons Un soir peut-être, ou peut-être un matin Jamais deux fois sans trois Et puisqu’il en est ainsi, Nous nous reverrons. |
Lugares marcados Lugares vividos É mal? É bem? Lugares antigos Em qualquer hora Em qualquer lado Se reconhecem os amigos |
Places réservées Lieux où on est passé Est-ce mal ? Est-ce bien ? Lieux anciens À toute heure Et en tout lieu Les amis se reconnaissent |
Havemos de nos ver outra vez Quem sabe à tarde, quem sabe de manhã Só sei que não há duas sem três E uma vez que assim é Havemos de nos ver outra vez |
Nous nous reverrons Un soir peut-être, ou peut-être un matin Jamais deux fois sans trois Et puisqu’il en est ainsi, Nous nous reverrons. |
| Teresa Muge. Havemos de nos ver outra vez (1998). . |
Teresa Muge. Nous nous reverrons, traduit de : Havemos de nos ver outra vez (1998) par L & L. |
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Sabiá | Chico Buarque & Tom Jobim ; et aussi Carminho & António Zambujo – et même Françoise Hardy

Antônio Carlos (« Tom ») Jobim et Chico Buarque au Festival international de la chanson de Rio (1968)
Vou voltar
Sei que ainda vou voltar
Para o meu lugar
Foi lá e é ainda lá
Que eu hei de ouvir cantar
Uma sabiá
Cantar uma sabiá
Je reviendrai
Je sais que je reviendrai
Chez moi
Là où j’ai entendu, là
Où j’entendrai encore chanter
Le merle
Chanter le merle
Chico Buarque de Holanda. Sabiá (1968). Chico Buarque de Holanda. Sabiá (1968)
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Il n’y a pas si longtemps a été publié ici même un billet sur le scandale du 3e Festival de la chanson populaire de Rio de Janeiro au cours duquel, en septembre 1968, le jury a refusé la victoire au favori du public, Geraldo Vandré, et à sa chanson Pra não dizer que não falei das flores (Caminhando) clairement dirigée contre le régime de dictature militaire en place au Brésil depuis 1964.
Des ordres, ou des recommandations expresses, avaient en effet été adressés au jury afin qu’il en soit ainsi. La colère et la frustration du public ensevelirent alors les sœurs Cynara e Cybele, interprètes de Sabiá, la chanson déclarée gagnante, sous des huées et des grondements pareils à ceux qui accueilleraient le ministre Castaner dans un congrès de gilets jaunes.
(La sabiá, ou sabiá-laranjeira, est une variété de merle typique de l’est et du sud du Brésil, présent aussi dans les pays voisins. Son nom français est « merle à ventre roux ».)
Ladite chanson ne méritait certainement pas une telle réception et ses auteurs eux-mêmes en ont été meurtris. Sabiá est l’œuvre d’Antônio Carlos (dit « Tom ») Jobim, l’un des fondateurs de la bossa nova, extrêmement célèbre au Brésil et à l’étranger, et de son cadet Chico Buarque de Holanda qui comptait déjà plusieurs albums et quelques succès à son actif.
Tom Jobim partageait alors sa vie entre le Brésil et les États-Unis où il enregistrait beaucoup. Quant à Chico Buarque, ce n’est que l’année suivante, en 1969, qu’il jugera prudent de quitter le Brésil pour l’Europe, comme Caetano Veloso ou Gilberto Gil. Les paroles de Sabiá en font pourtant une chanson d’exil avant la lettre, d’autant plus qu’elles font clairement référence à la Canção do exílio (1843) de l’écrivain brésilien Gonçalves Dias (1823- 1864), écrite en exil au Portugal :
Minha terra tem palmeiras,
Onde canta o Sabiá;
As aves, que aqui gorjeião,
Não gorjeião como lá.
Mon pays a des palmiers
Où chante le Merle ;
Les oiseaux d’ici ne gazouillent pas
Comme ceux de là-bas.
[…] […]
Não permitta Deos que eu morra,
Sem que eu volte para lá;
Sem que eu desfructe os primores
Que não encontro por cá;
Sem qu’inda aviste as palmeiras,
Onde canta o Sabiá.
Coimbra, julho 1843.
Plaise à Dieu que je ne meure pas
Avant de retourner là-bas,
Jouir encore des splendeurs
Qu’ici je ne trouve pas ;
Avant de revoir les palmiers
Où chante le Merle.
Coimbra, juillet 1843.
Gonçalves Dias (1823-1864). Canção do Exílio (1843). La graphie respecte celle de la première édition. Gonçalves Dias (1823-1864). Chanson de l’exil (1843)
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Voici quelques-unes des nombreuses versions existantes de Sabiá. Celle enregistrée en 1968 par Chico Buarque lui-même d’abord, suivie d’un duo Tom Jobim – Chico Buarque capté en 1973 sur une scène de Los Angeles. Puis un autre duo, très émouvant je trouve, constitué par deux artistes portugais bien connus, Carminho et António Zambujo, à l’occasion d’un hommage à Tom Jobim dans le cadre d’un équivalent brésilien des « Victoires de la musique » en 2013. L’arrangement reprend celui de Tom Jobim, avec les réparties d’une flûte assez ravélienne. En 2016, Carminho consacrera un album à Tom Jobim (l’excellent Carminho canta Tom Jobim) en y incluant une interprétation de Sabiá. La même année paraîtra Até pensei que fosse minha, hommage d’António Zambujo à Chico Buarque.
Enfin une curiosité : Françoise Hardy était présente à Rio en 1968 lors du fameux 3e Festival Internacional da Canção où elle représentait la France lors du gala international. Elle y a entendu Sabiá, dont elle a fait faire une adaptation française – bien éloignée de l’original – à son retour. Du moins y est-il aussi question d’un oiseau : « La mésange ».
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Chico Buarque | Sabiá. Chico Buarque de Holanda, paroles ; Antônio Carlos Jobim, musique.
Chico Buarque, chant ; Lindolfo Gaya, arrangements et direction. Brésil, ℗ 1968.
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Tom Jobim & Chico Buarque | Sabiá. Chico Buarque de Holanda, paroles ; Antônio Carlos Jobim, musique.
Captation : Los Angeles (États-Unis), 1974.
Extrait du DVD Águas de março. Roberto de Oliveira, réalisateur ; Vinicius França, producteur artistique ; João Wainer, directeur de la photographie. Production : R.W.R., Brésil, 2005.
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Carminho & António Zambujo | Sabiá. Chico Buarque de Holanda, paroles ; Antônio Carlos Jobim, musique.
Carminho & António Zambujo, chant ; Jaques Morelenbaum, arrangements et direction. Captation : Brésil, Rio de Janeiro, Theatro Municipal, juillet 2013, dans le cadre du 24e Prêmio da Música Brasileira. Brésil, 2013.
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Vou voltar
Sei que ainda vou voltar
Para o meu lugar
Foi lá e é ainda lá
Que eu hei de ouvir cantar
Uma sabiá
Cantar uma sabiá
Je reviendrai
Je sais que je reviendrai
Chez moi
Là où j’ai entendu, là où
J’entendrai encore chanter
Le merle
Chanter le merle
Vou voltar
Sei que ainda vou voltar
Vou deitar à sombra
De uma palmeira
Que já não há
Colher a flor
Que já não dá
E algum amor
Talvez possa espantar
As noites que eu não queria
E anunciar o dia
Je reviendrai
Je sais que je reviendrai
Je m’allongerai à l’ombre
D’un palmier
Qui n’existe plus
Je cueillerai une fleur
Qui ne fleurit plus
Et peut-être un amour
Viendra-t-il chasser les nuits
Et annoncer le jour
Vou voltar
Sei que ainda vou voltar
Não vai ser em vão
Que fiz tantos planos
De me enganar
Como fiz enganos
De me encontrar
Como fiz estradas
De me perder
Fiz de tudo e nada
De te esquecer
Je reviendrai
Je sais que je reviendrai
Je n’aurai pas en vain
Fait autant de projets
Pour me leurrer
Que j’ai fait d’erreurs
Pour me trouver
Que j’ai pris de routes
Pour me perdre
J’ai tout fait, et rien
Pour t’oublier
Vou voltar
Sei que ainda vou voltar
Para o meu lugar
Foi lá e é ainda lá
Que eu hei de ouvir cantar
Uma sabiá
Cantar uma sabiá
Je reviendrai
Je sais que je reviendrai
Chez moi
Là où j’ai entendu, là où
J’entendrai encore chanter
Le merle
Chanter le merle
Chico Buarque de Holanda. Sabiá (1968). Chico Buarque de Holanda. Le merle, traduit de : Sabiá (1968) par L & L.
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Françoise Hardy | La mésange. Frank Gérald, paroles ; Chico Buarque de Holanda, paroles originales ; Antônio Carlos Jobim, musique. Adaptation française de Sabiá (1968).
Françoise Hardy, chant ; Mike Vickers, arrangements et direction.
Extrait de l’album Comment te dire adieu (remasterisé en 2016). France, ℗ 1968, 2016.
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Camané | Com que voz (2019) ; puis Amália Rodrigues (1969)
Com que voz chorarei meu triste fado,
que em tão dura paixão me sepultou?
Luís Vaz de Camões (1524?-1580) [attribué à]. Com que voz chorarei meu triste fadoDe quelle voix pleurerai-je mon triste sort,
Qui en si dure passion m’a enseveli ?
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La vidéo ci-dessous, avec la bande-son associée, vient en estafette du nouvel album de Camané Aqui está-se sossegado (« Ici c’est la tranquillité », premier vers d’un poème de Pessoa devenu un fado en 2015 à travers l’interprétation du même Camané). L’album, à paraître le 15 novembre au Portugal, est constitué de 14 morceaux, tous arrangés et interprétés par le fadiste lui-même en partenariat avec le compositeur et pianiste de jazz Mário Laginha.
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Camané | Com que voz. Poème attribué à Luís de Camões ; Alain Oulman, musique.
Camané, chant ; Mário Laginha, piano. Bande son extraite de l’album Aqui está-se sossegado. Portugal, ℗ 2019.
Vidéo : Aurélio Vasques, réalisateur et directeur de la photographie ; Carlos Lopes, assistant image ; Fernando Centeio, producteur. Portugal, 2019.
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Le programme de l’album compte deux reprises du répertoire d’Amália, l’une et l’autre sur des musiques d’Alain Oulman : le Com que voz que voici et Abandono, déjà enregistré par Camané dans l’album collectif Amália, les voix du fado, paru en 2015.
Camané peut se prévaloir d’un public d’admirateurs fervents. Quant à moi j’ai rarement été emporté par ses interprétations, toujours parfaites, mais que je trouve généralement tristes – ce que n’est pas, ce que ne doit pas être le fado. Au contraire, le fado libère de l’accablement. De fait on ne peut rien alléguer en défaveur de cette reprise de Com que voz, impeccable, mesurée, sensible ; sinon qu’elle est dépourvue de feu et comme voilée de grisaille.
Il est vrai que le sonnet de Camões sur lequel il est composé évoque une forme de tristesse, suite à la déchirante privation de l’être aimé : « triste je veux vivre, car elle s’est muée / en tristesse, la joie des jours passés » ; une tristesse ardente, puisque « d’un mal si grand, la cause est l’amour pur ». Amália y fait entendre le désarroi de la passion contrariée ; Camané la résignation.
Après tout, c’est une façon de voir les choses – et la grisaille peut être belle.
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Amália Rodrigues (1920-1999) | Com que voz. Poème attribué à Luís de Camões ; Alain Oulman, musique.
Amália Rodrigues, chant ; José Fontes Rocha, guitare portugaise ; Pedro Leal, guitare classique ; José Fontes Rocha, arrangements. Enregistrement : janvier 1969.
Extrait de l’album Com que voz, nouvelle édition « remastered ». Portugal : Edições Valentim de Carvalho, ℗ et © 2019.
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| Com que voz chorarei meu triste fado, que em tão dura paixão me sepultou, que mór não seja a dor que me deixou o tempo, de meu bem desenganado? |
De quelle voix pleurerai-je mon triste sort, Qui en si dure passion m’a enseveli, Car plus grande ne saurait être la douleur Que m’a laissée le temps, désabusé de mon amour ? |
| Mas chorar não se estima neste estado, aonde suspirar nunca aproveitou; triste quero viver, pois se mudou em tristeza a alegria do passado. |
Mais les pleurs sont sans effet sur cet état, Que jamais les soupirs n’ont su guérir; Je veux vivre triste, car la joie d’autrefois S’est changée en tristesse. |
| [Non chanté : Assi a vida passo descontente, ao som — nesta prisão — do grilhão duro que lastima o pé que o sofre e sente!] |
[Non chanté : Ainsi se passe ma vie sans contentement, Au son, dans cette prison, des fers cruels Qui blessent le pied qu’ils enserrent et qui les endure !] |
| De tanto mal, a causa é amor puro, devido a quem de mi tenho ausente por quem a vida, e bens dela, aventuro. |
D’un mal si grand la cause est pur amour Pour qui me prive de sa présence, Pour qui je compromets ma vie, et ses plaisirs. |
| Luís Vaz de Camões (1524?-1580) [attribué à]. Com que voz chorarei meu triste fado. – |
Luís Vaz de Camões (1524?-1580) ?. De quelle voix pleurerai-je mon triste sort, traduit de Com que voz chorarei meu triste fado par L. & L. |
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