Aller au contenu principal

Dolores Duran • Nigraj manteloj (Coimbra)

25 janvier 2021

On connaît bien sûr Avril au Portugal, l’adaptation française de la célèbre chanson Coimbra popularisée, notamment en France, par Amália Rodrigues. Il existe aussi des versions de Coimbra en anglais, en italien et dans d’autres langues — parmi lesquelles l’espéranto. On doit cette curiosité à la chanteuse brésilienne Dolores Duran (1930-1959), qui l’a enregistrée et publiée en 1955 dans son album polyglotte Dolores viaja (« Dolores voyage »). La langue française y est représentée, comble de l’extravagance, par un enregistrement impeccable de Ma cabane au Canada, le succès de Line Renaud, qui remonte à… oui, 1947.

Voir aussi les billets :

Dolores Duran (1930-1959)Nigraj manteloj. José Galhardo, paroles originales portugaises ; Othon Baena, adaptation en espéranto ; Raul Ferrão, musique. Titre original portugais : Coimbra.
Dolores Duran, chant ; accompagnement d’orchestre.
Extrait de l’album Dolores viaja / Dolores Duran. Brésil, ℗ 1955.

Kymata • Οσμάν Αγάς [Osmán Agás]

23 janvier 2021

KymataΟσμάν Αγάς [Osmán Agás]. Paroles & musique traditionnelles (Asie Mineure / Grèce).
Kymata, ensemble instrumental et vocal (Maria Simoglou, chant ; Iacob Maciuca, violon ; Kevin Seddiki, guitare & percussions) ; Kevin Seddiki & Kymata, adaptation & arrangement ; Kevin Seddiki, direction artistique).
Vidéo : Isabelle Montoya, réalisation, montage ; Antonio Carola, cadrage.
Bande-son extraite de l’album Kymata. France, ℗ 2017, © 2018.


Ήθελα να `ρθω να σ’ εύρω,
μ’ έπιασε ψιλή βροχή, Οσμάν Αγά

Je voulais venir te retrouver
Une pluie fine m’en a empêché, Osman Aga*.

Ας ερχόσουνε να μ’ εύρεις,
κι ας γενούσουνε παπί, Οσμάν Αγά

J’aurais aimé que tu viennes me retrouver
Quitte à être tout trempé, Osman Aga.

Βρήκα ρούχα να σ’ αλλάξω,
πάπλωμα να κοιμηθείς, Οσμάν Αγά

J’ai trouvé des vêtements pour te changer,
Un duvet pour que tu dormes, Osman Aga.

Αγκαλιά να σε ζεστάνει
και γλυκά να ονειρευτείς, Οσμάν Αγά

J’ai des bras pour te réchauffer
et pour que tu fasses de doux rêves, Osman Aga.
Traditionnel d’Asie Mineure / Grèce. Οσμάν Αγάς [Osmán Agás].
.
.

Traditionnel d’Asie Mineure / Grèce. Osman Agas, traduit de : Οσμάν Αγάς [Osmán Agás] par Reguina Hatzipetrou-Andronikou. Source : livret d’accompagnement de l’album « Kymata », France, Buda musique, © 2018.
*Officier ottoman.

Kymata
Kymata (2017)

Kymata. France, 2017
Kymata / Kymata Trio (Maria Simoglou, chant, percussions ; Iacob Maciuca, violon ; Kevin Seddiki, guitare, percussions, direction artistique) ; Anne Laurin, prise de son ; Csaba Tóth Bagi, mixage ; produit par Karim Seddiki & Klaus Wildner.
Production : France : Magic Takadin, ℗ 2017.

Enregistrement : France, abbaye de Noirlac (Cher), 19 au 21 octobre 2017. Mixage : Hongrie, Budapest, studio Péter Kaszás, 15 et 16 décembre 2017.

CD : Buda musique, © 2018. – Distribution (France) : Socadisc. – EAN 3341348603278

Sidonie Baba (1905-1973) • La folle des Champs-Élysées

22 janvier 2021

Vous connaissez Sidonie Baba ? C’est elle.

Sidonie Baba (1905-1973)
Sidonie Baba (1905-1973). Photo datée du 11 septembre 1931. Source : Wikimedia Commons. Domaine public

« Sidonie Baba, de son vrai nom Ève Solange Terrasson-Duvernon, née le 29 juin 1905 à Remiremont dans les Vosges et morte le 12 janvier 1973 à l’Hôtel-Dieu de Paris, est une chanteuse de music-hall et de cabaret, journaliste et poète française. » Voilà ce que révèle la notice Wikipédia, assez fournie, dressée à son sujet. Elle a fini sa vie comme concierge, rue de Verneuil à Paris (chez les riches donc, probablement), après s’être produite dans divers cabarets de la capitale, dont celui de Suzy Solidor, et avoir ouvert le sien propre, rue Sainte-Anne.

L’ouvrage Les dessous lesbiens de la chanson, par Léa Lootgieter et Pauline Paris (Donnemarie-Dontilly, Éditions iXe, 2019, ISBN 979-10-90062-53-5) lui consacre quelques pages, dont voici un extrait :

Contrairement à ses consœurs qui jouent la carte de la séduction, Sidonie Baba privilégie un répertoire cruel et cynique, illustré notamment par « La folle des Champs-Élysées » (1939) ou « La femme du pendu » (1947). Pour le journal Marianne, elle « possède naturellement une figure de vieille femme féroce, qui mord, qui jalouse, qui hait d’autant mieux qu’elle se débat avec sa faiblesse et quand, subitement, elle fronce les sourcils, quand elle hurle ses menaces, elle se dévoile divine de méchanceté ! »
Léa Lootgieter et Pauline Paris, Les dessous lesbiens de la chanson, Donnemarie-Dontilly, Éditions iXe, 2019, ISBN 979-10-90062-53-5.

Lorsqu’on l’entend dans La folle des Champs-Élysées on pense un peu au chant déclamé et au type de diction particulier de Marianne Oswald, non ?

Sidonie Baba (1905-1973)La folle des Champs-Élysées. Solange Duvernon [Sidonie Baba], paroles ; Solange Duvernon [Sidonie Baba] et René Casabianca, musique.
Sidonie Baba, chant ; Jacques Météhen, piano.
France, 1939.
Nouvelle publication dans le coffret Vive les refrains de nos faubourgs. France, Marianne Mélodie, 2011.

Ce qui suit est une transcription des paroles. Les passages entre crochets sont incertains.

Les gens qui rient sur mon passage
Ne sont pas de vrais Parisiens.
Les vrais ont connu mon visage
Quand j’étais jeune et riche et bien.

Dans mes somptueux équipages
Ils me croisaient avenue du Bois
On parlait de mes attelages
Maint’nant on me montre du doigt.

On dit :
Voici la folle des Champs-Élysées,
Laissez passer ! Laissez passer !

Je ne suis pas si folle que ça
Avec mes robes démodées,
Mon grand [cabas] et mes [vieux bas].
J’en connais de plus folles que moi
Qui ne sont pas enfermées.

On dit :
Voici la folle des Champs-Élysées,
Laissez passer ! Laissez passer !

Vous que j’amuse ou que j’intrigue
Savez-vous bien où vous courez ?
Vous tous, avares ou prodigues
Ce que j’n’ai plus, vous le tenez.

Mais la fortune se fatigue,
Un jour, vous passe sous le nez.
Heureux ceux qui, pauvres, naviguent
Ceux-là n’ont rien à regretter.

On dit :
Voici la folle des Champs-Élysées,
Laissez passer ! Laissez passer !

Je ne suis pas si folle que ça
Avec mes robes démodées,
Mon grand [cabas] et mes [vieux bas].
J’en connais de plus folles que moi
Qui ne sont pas enfermées.

On dit :
Voici la folle des Champs-Élysées,
Laissez passer ! Laissez passer !
Laissez passer !
Solange Duvernon [Sidonie Baba] (1905-1973). La folle des Champs-Élysées (vers 1939).

Voici un autre de des succès de Sidonie Baba (qui a laissé très peu d’enregistrements) : Le bal des trois chandelles.

Sidonie Baba (1905-1973)Le bal des trois chandelles. Solange Duvernon [Sidonie Baba], paroles ; Solange Duvernon [Sidonie Baba] et René Casabianca, musique.
Sidonie Baba, chant ; accompagnement d’orchestre ; Lionel Cazaux, direction.
France, 1939 ou 1940.
Nouvelle publication dans le coffret Le grand abécédaire de la chanson rétro. France, Marianne Mélodie, 2011.

La plainte à voix d’ombre des saudades

18 janvier 2021

Lisbonne. Vue depuis la terrasse de l'église São Vicente de Fora (Igreja de São Vicente de Fora), 19 mars 2017
Lisbonne, quartier d’Alfama. Vue depuis la terrasse de l’église São Vicente de Fora (Igreja de São Vicente de Fora), 19 mars 2017.

[…]
Mon sang portugais s’est perdu dans la mer de ma Négritude.
Amalia Rodriguez [sic], chante ô chante de ta voix basse les saudades de mes amours anciennes
Des fleuves des forêts des voiles, des océans des plages de soleil
Et les coups donnés et le sang versé pour des choses futiles.

J’écoute au plus profond de moi la plainte à voix d’ombre des saudades.
Léopold Sédar Senghor (1906-2001). Élégie des saudades, dans : Nocturnes (1961).

Amália Rodrigues (1920-1999)Alfama. José Carlos Ary dos Santos ; Alain Oulman, musique.
Amália Rodrigues, chant ; José Fontes Rocha, guitare portugaise ; Martinho d’Assunção, guitare classique.
Extrait de l’album Cantigas numa língua antiga / Amália Rodrigues. Portugal : Edições Valentim de Carvalho, ℗ 1977.


Quando Lisboa anoitece
como um veleiro sem velas
Alfama toda parece
Uma casa sem janelas
Aonde o povo arrefece.

Quand Lisbonne s’enfonce dans la nuit
Comme un voilier sans voiles,
Alfama* toute entière
Semble une maison sans fenêtres
Où le peuple prend froid.

É numa água-furtada
No espaço roubado à mágoa
Que Alfama fica fechada
Em quatro paredes de água
Quatro paredes de pranto
Quatro muros de ansiedade
Que à noite fazem o canto
Que se acende na cidade
Fechada em seu desencanto
Alfama cheira a saudade.

C’est dans une mansarde,
Espace volé à la tristesse,
Qu’Alfama reste prise
Entre quatre murs d’eau,
Quatre murs de larmes,
Quatre murs d’inquiétude
Qui, la nuit, font le chant
Qui s’allume dans la ville
Enfermée dans sa désillusion.
Alfama a l’odeur de la saudade.

Alfama não cheira a fado
Cheira a povo, a solidão,
Cheira a silêncio magoado
Sabe a tristeza com pão
Alfama não cheira a fado
Mas não tem outra canção.

Alfama n’a pas l’odeur du fado.
Elle sent le peuple, la solitude,
Elle sent le silence meurtri,
Elle a un goût de tristesse et de pain.
Alfama n’a pas l’odeur du fado,
Mais elle n’a pas d’autre chanson.
José Carlos Ary dos Santos (1936-1984). Alfama (1970).
.
.
.
.
José Carlos Ary dos Santos (1936-1984). Alfama, trad. par L. & L. de Alfama (1970).
* Alfama est un quartier de Lisbonne. José Carlos Ary dos Santos, l’auteur du poème, y demeurait. Sa maison était située dans la rua da Saudade — la rue de la Saudade.

.

Lisbonne, quartier d'Alfama, 19 mars 2017

Lola Flores • ¡Ay, pena, penita, pena!

17 janvier 2021

Et ta danse sera toute de frissons
Oscar Vladislas de Lubicz-Milosz (1877-1939). La danse de la vie, dans : Les sept solitudes (1906).

¡Ay, pena, penita, pena! (1953). Extrait. Miguel Morayta, réalisation ; Paulino Masip, Alejandro Verbitzky & Miguel Morayta, scénario ; Lola Flores (Carmela) ; Luis Aguilar (Luis) ; Antonio Badú (Carlos)…, acteurs. Production : Mexique : Diana Films ; Espagne : Suevia Films, 1953.
Chanson :

Lola Flores (1923-1995)¡Ay pena, penita, pena!. Quintero, León y Quiroga [Antonio Quintero, Rafael de León y Manuel Quiroga], paroles & musique.
Lola Flores, chant ; accompagnement d’orchestre.
Espagne, ℗ 1953.


Si en el firmamento poder yo tuviera,
esta noche negra lo mismo que un pozo,
con un cuchillito de luna, lunera,
cortara los hierros de tu calabozo.
Si yo fuera reina de la luz del día,
del viento y del mar,
cordeles de esclava yo me ceñiría
por tu libertad.

Si au firmament j’avais du pouvoir,
En cette nuit noire, aussi noire qu’un puits,
Avec un petit couteau de lune lunatique
Je couperais les barreaux de ton cachot
Si j’étais reine de la lumière du jour,
Du vent et de la mer,
Je me ceindrais des cordes de l’esclave
Pour ta liberté.

¡Ay, pena, penita, pena, pena!
pena de mi corazón,
que me corre por las venas, pena,
con la fuerza de un ciclón.
Es lo mismo que un nublao
de tiniebla y pederná.
Es un potro desbocao
que no sabe dónde va.
Es un desierto de arena, pena,
es mi gloria en un penal, ¡ay, pena, ay, pena!
¡Ay, pena, penita, pena!

Ah ma peine, ma peine !
Chagrin de mon cœur,
Qui coule dans mes veines
Avec la force d’un ouragan,
Comme une nuée
De ténèbre et de silex,
Comme un cheval affolé
Qui ne sait pas où il va,
Comme un désert de sable, ma peine,
Mon joyau dans une prison, ah ma peine !
Ah ma peine, ma peine !

Yo no quiero flores, dinero, ni palmas,
quiero que me dejen llorar tus pesares
y estar a tu vera, cariño del alma,
bebiéndome el llanto de tus soleares.
Me duelen los ojos de mirar sin verte,
reniego de mi,
que tienen la culpa de tu mala suerte,
mis rosas de abril.

Je ne veux ni fleurs, ni argent, ni bravos.
Je veux qu’on me laisse pleurer tes peines
Et être avec toi, amour de mon âme
Et boire les larmes de tes « soleares ».
Les yeux me brûlent de regarder sans te voir
Pauvre de moi !
Car la cause de ta mauvaise fortune,
Ce sont mes roses d’avril.
Rafael de León (1908-1982). ¡Ay, pena, penita, pena! (1951).
.
Rafael de León (1908-1982). Ah ma peine, ma peine !, trad. par L. & L. de ¡Ay, pena, penita, pena! (1951).

Μαρινέλλα [Marinélla] • Σύνορα η αγάπη δεν γνωρίζει [Sínora ī agápī den gnōrízei]

14 janvier 2021

Un peu de variété grecque démodée, ça ne fait pas de mal. La chanteuse, Marinella, est accompagnée par le groupe « Les Athéniens » auquel appartenait Nana Mouskouri à ses débuts.

Μαρινέλλα [Marinélla]Σύνορα η αγάπη δεν γνωρίζει [Sínora ī agápī den gnōrízei]. Σώτια Τσώτου [Sótia Tsótou], paroles ; Κώστας Χατζής [Kóstas Chatzís], musique.
Μαρινέλλα [Marinélla], chant ; Les Athéniens (Οι Αθηναίοι), ensemble vocal et instrumental ; Αδελφοί Τζαβάρα [Frères Tzavára], guitare et chant.
Captation : Athènes, scène musicale Zoom, novembre 1976.
Vidéo : Δάφνη Τζαφέρη [Dáfnī Tzaférī], réalisation. ΕΡΤ [ERT] (Ελληνική Ραδιοφωνία Τηλεόραση [Ellinikí Radiofōnía Tileórasī]), production. Grèce, 1976.


Άσε με να κάτσω πλάι σου
κι ό,τι θέλεις συλλογίσου,
δε θα σου μιλήσω, δε θα σου μιλήσω.
Μίλα με τους άλλους γύρω σου
για ν’ ακούω τη φωνή σου,
σε παρακαλώ, σε παρακαλώ.

Laisse-moi m’asseoir près de toi
Et pense à ce que tu veux.
Je ne te parlerai pas, je ne te parlerai pas.
Toi, parle aux autres, à ceux qui t’entourent,
Que je puisse entendre ta voix,
S’il te plaît, s’il te plaît.

Σύνορα η αγάπη δε γνωρίζει,
πόσο σ’ αγαπώ, πόσο σ’ αγαπώ.
Γέρνεις και ο ίσκιος σου μ’ αγγίζει
κι εγώ ριγώ, κι εγώ ριγώ.

L’amour ne connaît pas de limites,
Comme je t’aime, comme je t’aime !
Tu te penches et ton ombre me touche
et je frissonne, et je frissonne.

Άσε με απ’ το ποτήρι σου
μια γουλιά να πιω ακόμα,
δίψασα πολύ, δίψασα πολύ.
Φεύγει η ζωή και χάνεται
και τ’ αφίλητό μου στόμα
καίει για ένα φιλί, καίει για ένα φιλί.

Laisse-moi boire encore
Une gorgée dans ton verre.
Que j’avais soif, que j’avais soif !
La vie s’en va et se perd
et ma bouche, qu’aucune bouche n’a effleurée
brûle pour un baiser, brûle pour un baiser.
Σώτια Τσώτου [Sótia Tsótou] (1942-2011). Σύνορα η αγάπη δεν γνωρίζει [Sínora ī agápī den gnōrízei].
.
.
Σώτια Τσώτου [Sótia Tsótou] (1942-2011). L’amour ne connaît pas de limites, trad. par L. & L. de Σύνορα η αγάπη δεν γνωρίζει [Sínora ī agápī den gnōrízei], à partir d’une traduction italienne. Source : stixoi.info..

Florelle • Le roi d’Aquitaine (Marie Galante)

13 janvier 2021

Le roi d’Aquitaine est une chanson extraite de Marie Galante, pièce de théâtre de Jacques Deval (1890-1972) créée à Paris en décembre 1934, avec une musique de scène composée par Kurt Weill (1900-1950) — dont nous connaissons déjà J’attends un navire et Le grand Lustucru.

Dans la pièce, Le roi d’Aquitaine, qui a l’allure d’une chanson traditionnelle, est dévolu à Marie, le personnage principal de l’ouvrage, dont le rôle, à la création, était tenu par Florelle (1898-1974).

Florelle a enregistré à l’époque toutes les chansons de son personnage, bien que sur des arrangements de Wal-Berg, chef d’orchestre et compositeur extrêmement actif dans les années 30 et 40 surtout, et non sur l’instrumentation originale de Kurt Weill.

Florelle (1898-1974)Le roi d’Aquitaine. Roger Fernay & Jacques Deval, paroles ; Kurt Weill, musique. Extrait de la pièce de théâtre Marie Galante (1934), de Jacques Deval (1890–1972), d’après son roman éponyme (1931).
Florelle, chant ; accompagnement d’orchestre ; Wal-Berg, direction et arrangements.
Enregistrement : France, 15 décembre 1934. Publication : France, DL 1940.

Un canard gris, un canard bleu, un canard blanc.
Le gris marche derrière et le bleu va devant.
C’est le blanc le plus gros, je le vendrai vingt francs,
Le bleu est tout petit, je le vendrai six francs.

Le roi d’Aquitaine,
S’il vient au marché,
Pour servir la reine
M’enverra chercher.
Le roi d’Aquitaine
Me prendra la main,
Tant pis pour la reine
Demain.

Un prince gris, un prince bleu, un prince blanc.
Le blanc a des rubis et le bleu des diamants,
Le gris a sa couronne et son épée au flanc,
Le bleu m’aime le mieux et j’aime mieux le blanc.

Le roi d’Aquitaine
M’a vue au marché,
Tant pis pour la reine,
J’aurai un duché.
Le roi d’Aquitaine
Me prendra la main,
Tant pis pour la reine
Demain.
Roger Fernay (1905-1983) & Jacques Deval (1890-1972). Le roi d’Aquitaine. Extrait de Marie Galante, pièce de théâtre de Jacques Deval, musique de scène de Kurt Weill.

Fado classique • Pés descalços

10 janvier 2021

Pés descalços no rio
Pés descalços
Corpo nu aos teus olhos
Corpo nu

Pieds nus dans le fleuve
Pieds nus
Corps nu à tes yeux
Corps nu.

Le fado se fait aussi à Paris, voyez — avec un quatuor à cordes.

Fado classiquePés descalços. [Roseta Caixinha, paroles & musique ?]
Roseta Caixinha, chant ; Mathilde Borsarello Herrmann & Alix Catinchi, violon ; Alexandra Brown, alto ; Caroline Boita, violoncelle ; José Martins, arrangements.
Enregistrement : Paris, Abbey Road Institute, 16 juin 2020. France : Bly Music Group, ℗ 2021.
Vidéo : Rosete Caixinha, participante ; Mélina Chahih, danseuse ; Gaël Grzeskowiak, direction artistique ; [pas d’indication relative à la réalisation ni à la production]. 2021 (mise en ligne)


Nel blu dipinto di blu

9 janvier 2021

Aujourd’hui 9 janvier est l’anniversaire de Domenico Modugno (1928-1994), inoubliable — et inoublié, comme on voit — créateur de Volare (Nel blu dipinto di blu), ainsi que d’autres innombrables chansons. Il était aussi acteur (par exemple : dans Che cosa sono le nuvole? de Pasolini dans le film à sketches Capriccio all’italiana, 1968) et, à partir de 1987, député, puis sénateur, sous l’étiquette du Parti radical (gauche).

Ciao Domenico! Tanti auguri! (Ci vedi? No? Meno male.)

Domenico Modugno (1928-1994)Volare (Nel blu dipinto di blu). Franco Migliacci & Domenico Modugno, paroles ; Domenico Modugno, musique.
Domenico Modugno, chant ; accompagnement d’orchestre ; Alberto Semprini, direction.
Vidéo : extrait de la retransmission du Concours Eurovision de la Chanson 1958, AVRO Studios, Hilversum, Pays-Bas, 12 mars 1958. Production : Pays-Bas, Nederlandse Televisie Stichting (NTS), 1958.



Penso che un sogno così
non ritorni mai più,
mi dipingevo le mani
e la faccia di blu.
Poi d’improvviso venivo
dal vento rapito
e incominciavo a volare
nel cielo infinito.

Je crois qu’un rêve pareil
Ne se reproduira jamais plus.
Je me peignais les mains
Et le visage en bleu.
Et puis soudain
Le vent m’emportait
Et je me mettais à voler
Dans l’infini du ciel !

Volare, oh oh!
Cantare, oh oh oh oh!
Nel blu dipinto di blu,
felice di stare lassù.
E volavo, volavo
felice, più in alto del sole
ed ancora più su.
Mentre il mondo, pian piano,
spariva lontano laggiù
una musica dolce suonava
soltanto per me.

Voler, oh oh !
Chanter, oh oh oh oh !
Dans le bleu, peint en bleu,
Heureux d’être là-haut.
Et je volais, je volais
Heureux, plus haut que le soleil
Et encore plus haut !
Alors que peu à peu le monde
Disparaissait sous moi,
Une douce musique résonnait
Rien que pour moi.

Volare, oh oh!
Cantare, oh oh oh oh!
Nel blu dipinto di blu,
felice di stare lassù.

Voler, oh oh !
Chanter, oh oh oh oh !
Dans le bleu, peint en bleu,
Heureux d’être là-haut.

Ma tutti i sogni
nell’alba svaniscon perché
quando tramonta la luna
li porta con se.
Ma io continuo a sognare
negli occhi tuoi belli
che sono blu come un cielo
trapunto di stelle.

Mais tous les rêves
S’évanouissent à l’aube
Parce que la Lune en se couchant
Les emporte avec elle.
Mais je continue à rêver
Dans tes beaux yeux
Qui sont bleus comme un ciel
Semé d’étoiles.

Volare, oh oh!
Cantare, oh oh oh oh!
Nel blu degli occhi tuoi blu,
Felice di stare quaggiù.
E continuo a volare felice,
più in alto del sole
ed ancora più su.
Mentre il mondo,
pian piano, scompare
negli occhi tuoi blu
la tua voce è una musica dolce
che suona per me.

Voler, oh oh !
Chanter, oh oh oh oh !
Dans le bleu de tes yeux bleus,
Heureux d’être ici-bas.
Et je continue à voler
Heureux, plus haut que le soleil
Et encore plus haut !
Alors que peu à peu le monde
Disparaît,
Dans tes yeux bleus
Ta voix est une douce musique
Qui résonne pour moi.

Volare, oh oh!
Cantare, oh oh oh oh!
Nel blu degli occhi tuoi blu,
felice di stare quaggiù.
Nel blu degli occhi tuoi blu,
felice di stare quaggiù
con te.

Voler, oh oh !
Chanter, oh oh oh oh !
Dans le bleu de tes yeux bleus,
Heureux d’être ici-bas.
Dans le bleu de tes yeux bleus,
Heureux d’être ici-bas
Avec toi.
Domenico Modugno (1928-1994). Nel blu dipinto di blu (Volare) (1958).
.
Domenico Modugno (1928-1994). Voler (Dans le bleu, peint en bleu), trad. par L. & L. de Nel blu dipinto di blu (Volare) (1958).

Sandy Denny, Nina Simone • Who knows where the time goes?

8 janvier 2021

Who knows where the time goes? est, à juste titre, l’une des chansons les plus connues du mouvement de renouveau de la folk music britannique des années soixante et soixante-dix. Elle était déjà reprise par la chanteuse américaine Judy Collins avant même que son autrice, Sandy Denny (1947-1978), ait eu le temps d’en réaliser un enregistrement autrement que sous forme de maquette, en 1967.

La chanson, devenue un classique, a depuis été reprise par quantité d’interprètes. L’émouvante version de Nina Simone, enregistrée en concert, date d’octobre 1969.

Nina Simone (1933-2003)Who knows where the time goes?. Sandy Denny, paroles & musique.
Nina Simone, chant, piano, arrangements ; Weldon Irvine, orgue ; Tom Smith & Emile Latimer, guitare ; Don Alias, batterie ; Juma Sultan, percussions.
Enregistrement public : New York (États-Unis), Philharmonic Hall, 26 octobre 1969.
Première publication dans l’album Black gold / Nina Simone. États-Unis, ℗ 1970.Voir la notice Discogs.


Across the evening sky, all the birds are leaving
But how can they know it’s time for them to go?
Before the winter fire, I will still be dreaming
I have no thought of time

Dans le ciel du soir, on voit les oiseaux partir
Mais comment savent-ils qu’il est temps pour eux de partir ?
Moi je reste à rêver, devant mon feu d’hiver.
Je ne pense pas au temps qui passe.

For who knows where the time goes?
Who knows where the time goes?

Car qui sait où va le temps ?
Qui sait où va le temps ?

Sad, deserted shore, your fickle friends are leaving
Ah, but then you know it’s time for them to go
But I will still be here, I have no thought of leaving
I do not count the time

Rivages tristes et désertés, tes amis volages s’en vont
Mais tu sais, il est temps pour eux de partir…
Mais moi je reste, je ne pense pas à partir.
Je ne compte pas le temps qui passe.

For who knows where the time goes?
Who knows where the time goes?

Car qui sait où va le temps ?
Qui sait où va le temps ?

And I am not alone while my love is near me
I know it will be so until it’s time to go
So come the storms of winter and then the birds in spring again
I have no fear of time

Je ne suis pas seule tant que mon amour est près de moi.
Nous resterons ainsi, jusqu’au jour où il faudra partir.
Les vents de l’hiver peuvent venir, puis les oiseaux du printemps,
Je ne crains pas le temps qui passe.

For who knows where the time goes?
Who knows where the time goes?

Car qui sait où va le temps ?
Qui sait où va le temps ?
Sandy Denny (1947-1978). Who knows where the time goes? (1967 ?).
.
Sandy Denny (1947-1978). Qui sait où va le temps ?, trad. par L. & L. de Who knows where the time goes? (1967 ?).

La première interprétation de Who knows where the time goes? publiée officiellement par Sandy Denny elle-même est celle parue en juillet 1969 sur l’album Unhalfbricking, du groupe Fairport Convention qu’elle a rejoint épisodiquement, de 1968 à 1969, puis de 1974 à 1975.

Entre cet enregistrement et la maquette réalisée par Sandy Denny deux ans plus tôt il y en a eu un autre, capté au cours de l’été 1968 au Danemark, où la chanteuse se produisait avec un groupe nommé The Strawbs. Un album studio, resté inédit jusqu’en 1973, a alors été enregistré à Copenhague. Sandy Denny, seule avec sa guitare, y reprenait Who knows where the time goes?, dans un tempo plus rapide que dans la version avec Fairport Convention.

Sandy Denny (1947-1978)Who knows where the time goes?. Sandy Denny, paroles & musique.
Sandy Denny, chant, guitare.
Enregistrement : Copenhague (Danemark), août 1968.
Extrait de l’album All our own work / Sandy Denny & The Strawbs. Royaume-Uni, ℗ 1973.Voir la notice Discogs.