Le Havre

Roberto Piazza (Little Bob) et André Wilms dans « Le Havre » (2011), film de Aki Kaurismäki
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Dans Le Havre, le film de Kaurismäki, il y a Little Bob qui tient son propre rôle — ou, pour plus d’exactitude : il y a Roberto Piazza qui tient le rôle de Little Bob, ce même rôle qu’il tient sur les scènes où il se produit avec son groupe de rock. En le voyant dans ce film, surtout dans le café désert où il est assis au comptoir, devant des verres vides, à ressasser la perte de sa Mimie, ou bien quand un peu plus tard, au même endroit, Mimie vient l’apaiser, il vous a certainement, comme à moi, été révélé comme par suite d’une effusion de l’Esprit-Saint combien Marguerite Duras lui ressemblait.
On ne trouve pas, sur les plateformes habituelles, de vidéos montrant ces scènes. On ne trouve que la séquence du concert, dans laquelle l’identité entre M.D. et Little Bob apparaît avec moins de fulgurance, quoique la ressemblance y reste flagrante.
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Le Havre (2011). Extrait. Aki Kaurismäki, réalisation, scénario & dialogues.
Distribution : André Wilms (Marcel Marx) ; Kati Outinen (Arletty Marx, la femme de Marcel) ; Jean-Pierre Darroussin (le commissaire Monet) ; Blondin Miguel (Idrissa Saleh, le jeune clandestin) ; …
Production : Finlande : Sputnik Oy et YLE ; France : Pyramide Productions ; Allemagne : Pandora Filmproduktion GmbH, 2011. Date de sortie : 2011.
Chanson :
Little Bob • Libero. Roberto Piazza, paroles & musique.
Little Bob (Roberto Piazza), chant ; Gilles Mallet, guitare ; Bertrand Couloume, basse ; Nicolas Noël, claviers ; Nico Garotin, batterie.
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Le Havre est situé en face de Trouville, n’est-ce pas ? On le voit depuis Les Roches Noires, sauf par mauvais temps : « La mer est dans les embruns, enfouie. On ne voit plus Le Havre ni la longue procession des pétroliers arrêtés devant le port d’Antifer. » (L’été 80 [1981]. Dans : Marguerite Duras. Œuvres complètes III, Gallimard, impr. 2014 (Bibliothèque de la Pléiade ; 596), ISBN 978-2-07-012229-5, page 810.)
Je découvre en outre qu’au répertoire de Little Bob figure un morceau intitulé Outside. Il n’y a donc pas à discuter.
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Vous voyez, quelquefois je faisais des articles pour les journaux. De temps en temps j’écrivais pour le dehors, quand le dehors me submergeait, quand il y avait des choses qui me rendaient folle, outside, dans la rue – ou que je n’avais rien de mieux à faire. Ça arrivait.
J’ai donc écrit des articles dans les journaux pour diverses raisons. La première étant sans doute en effet de sortir de ma chambre.
Marguerite Duras (1914-1996). Outside (1981). Albin Michel, impr. 1981 (Collection « Illustrations »), ISBN 2-226-01098-X, page 11.
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Par-delà les étoiles

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Cette séparation définitive et noire
Comme toi je la porte en moi.
Pourquoi pleurer ? Reviens plutôt me voir
Dans mes rêves, promets-le moi.
Toi et moi, comme des montagnes,
Nous n’allons plus nous rencontrer…
Puisses-tu seulement à l’heure de minuit
Me faire un signe par-delà les étoiles.
1946
Anna Akhmatova (1889-1966). En rêve, traduit de Во сне [vo sne] (1946). Extrait de : L’églantier fleurit, traduit de Шиповник цветет [Šipovnik tsvetet] par Sophie Benech. Dans : L’hôte venu du futur / Anna Akhmatova, traduit du russe et présenté par Sophie Benech, Éditions Interférences, DL 2020, bilingue russe-français, ISBN 978-2-909589-43-5, page 33.Черную и прочную разлуку
Я несу с тобой наравне.
Что ж ты плачешь? Дай мне лучше руку,
Обещай опять прийти во сне.
Мне с тобою как горе с горою…
Мне с тобой на свете встречи нет.
Только б ты полночною порою
Через звезды мне прислал привет.
1946
Анна Ахматова [Anna Akhmatova] (1889-1966). Во сне [vo sne]. Extrait de : Шиповник цветет [Šipovnik tsvetet].
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Kauas pilvet karkaavat (1996). Extrait. Aki Kaurismäki, réalisation & scénario ; Jacques Prévert, dialogues ; Shelley Fisher, musique. Titre français : Au loin s’en vont les nuages.
Distribution : Kati Outinen (Ilona) ; Kari Väänänen (Lauri) ; Elina Salo (Madame Sjöholm) ; Sakari Kuosmanen (Melartin) ; Markus Allan (chanteur) ; …
Production : Finlande, Sputnik Oy, 1996. Sortie : France, 1996.
Chanson :
Markus Allan (né en 1945) • Kohtalon tuulet. Pauli Ylitalo, paroles ; Taisto Wesslin, musique. Traduction française du titre : Les vents du destin.
Markus Allan, chant ; accompagnement d’orchestre ; Markus Allan, direction.
Finlande, ℗ 1996.
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Équinoxe
Et pourtant comme la vie était belle, ce printemps-là…
Patrick Modiano. Livret de famille (1977). Dans : Romans / Patrick Modiano, Gallimard, DL 2013 (Quarto), ISBN 978-2-07013956-9. Page 279.
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Amália Rodrigues (1920-1999) • Primavera. David Mourão-Ferreira, paroles ; Pedro Rodrigues, musique (Fado Primavera).
Amália Rodrigues, chant ; Raul Nery & José Fontes Rocha, guitare portugaise ; Castro Mota, guitare classique ; Joel Pina, basse acoustique.
Enregistrement : studio Valentim de Carvalho, (Paço d’Arcos, Portugal), mars-avril 1967.
Première publication : album Fados 67 / Amália Rodrigues. Portugal, Columbia, ℗ 1967. Réédition : album Fados 67. Portugal : Edições Valentim de Carvalho, 2017.
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Todo o amor que nos prendera
como se fora de cera
se quebrava e desfazia.
Ai funesta primavera!
Quem me dera, quem nos dera
ter morrido nesse dia.
Tout l’amour qui nous avait emprisonnés,
Comme s’il était fait de cire,
Se brisait et se défaisait.
Hélas, printemps funeste !
Comme je voudrais être morte,
Que nous soyons morts ce jour-là !
E condenaram-me a tanto
viver comigo meu pranto
viver, viver e sem ti
vivendo sem no entanto
eu me esquecer desse encanto
que nesse dia perdi.
On m’a condamnée à cette peine
De vivre, avec mes larmes,
De vivre, de vivre sans toi,
De vivre, sans que jamais
Je puisse oublier cet enchantement
Que j’ai perdu ce jour-là.
Pão duro da solidão
é somente o que nos dão
o que nos dão a comer
que importa que o coração
diga que sim ou que não
se continua a viver.
Pain sec de la solitude,
Voilà tout ce qu’on nous donne
Ce qu’on nous donne à manger.
Qu’importe que le cœur
Dise oui ou dise non
Puisqu’il continue à vivre !
Todo o amor que nos prendera
se quebrara e desfizera
em pavor se convertia.
Ninguém fale em primavera!
Quem me dera, quem nos dera
ter morrido nesse dia!
Tout l’amour qui nous avait emprisonnés,
S’était brisé et défait
Et se changeait en effroi.
Qu’on ne me parle pas du printemps !
Comme je voudrais être morte,
Que nous soyons morts ce jour-là !
David Mourão-Ferreira (1927-1996). Primavera (1953).
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David Mourão-Ferreira (1927-1996). Printemps, traduit de : Primavera (1953) par L. & L.
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U Stambolu na Bosforu
Dafné Kritharas • U Stambolu na Bosforu. Paroles & musique traditionnelles (Bosnie, Bosnie-Herzégovine).
Dafne Kritharas, chant ; Camille El Bacha, piano ; Matthias Courbaud, contrebasse.
France : Lior Editions, ℗ 2020.
Vidéo : Ian Vandooren & Lucas Vandooren, réalisation. Lieu du tournage : Château de Menthon-Saint-Bernard (Haute-Savoie, France). France, 2021.
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De même que Lisbonne a engendré le fado, la Bosnie a produit la sevdalinka (ou sevdah), en souvenir de son passé ottoman : en turc, sevda désigne l’amour brûlant, passionné jusqu’à la douleur. Traditionnellement, la sevdalinka est chantée par des hommes.
U Stambolu na Bosforu (« À İstanbul près du Bosphore »), dont l’auteur est inconnu, évoque en langue bosniaque les derniers instants d’un vieux pacha. Entouré de ses fidèles serviteurs en prière — qu’il prend soin, en guise de cadeau d’adieu, de gratifier chacun « d’au moins sept femmes » de son harem —, il rend l’âme en versant une larme. À cette triste nouvelle, son épouse bien aimée pleure elle aussi — et tombe morte.
Voici trois interprétations de U Stambolu na Bosforu, dont deux — contrairement à la tradition — par des femmes : celle (ci-dessus) de Daphné Kritharas, française d’ascendance paternelle grecque, qui s’est spécialisée dans un répertoire de musiques issues des anciennes régions ottomanes, puis celle de la grande Amira Medunjanin, vedette bosniaque de la sevdalinka, dont plusieurs albums ont été réalisés en collaboration avec Bojan Z, le pianiste de jazz serbo-français. La troisième, un peu plus ancienne, exécutée par Safet Isović (1936-2007), autre vedette du genre, est plus traditionnelle.
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Amira Medunjanin • U Stambolu na Bosforu. Paroles & musique traditionnelles (Bosnie, Bosnie-Herzégovine).
Vidéo : Extrait de l’émission Dalibor Petko show du 21 avril 2019. Production : Croatie, CMC TV (Croatian Music Channel), 2019.
Amira Medunjanin, chant ; Ante Gelo, guitare.
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Safet Isović (1936-2007) • U Stambolu na Bosforu. Paroles & musique traditionnelles (Bosnie, Bosnie-Herzégovine).
Vidéo : Bosnie-Herzégovine : Sevdah TV, sans date.
Bande-son extraite de l’album Legenda o Bosni / Safet Isović. Safet Isović, chant ; Faruk H. Jažić, arrangements et direction. Enregistrement : Studio Bosnaton, Sarajevo (Bosnie-Herzégovine).
Bosnie-Herzégovine : Bosnaton, ℗ 2003.
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Amália Rodrigues • Longe daqui
Em sonho lá vou de fugida,
Tão longe daqui, tão longe.
Hernâni Correia (1925-1998). Longe daqui (1970).En rêve je m’évade
Très loin d’ici, très loin.
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On pourrait croire à une chanson traditionnelle qui aurait été arrangée à la mode des ballades de Coimbra. Elle a pourtant été composée dans les années 1960 par Arlindo de Carvalho (1930-2016), originaire comme Amália Rodrigues de la Beira Baixa, une région montagneuse du Centre-Est du Portugal.
L’enregistrement, réalisé en 1970, n’a été publié qu’en 1997 dans Segredo (« Secret »), une compilation d’inédits, oubliés pour la plupart de la chanteuse elle-même. Des fonds de tiroir de luxe.
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Amália Rodrigues (1920-1999) • Longe daqui. Hernâni Correia, paroles ; Arlindo de Carvalho, musique.
Amália Rodrigues, chant ; José Fontes Rocha, guitare portugaise ; Pedro Leal, guitare ; Joel Pina, basse acoustique. Enregistrement : Paço d’Arcos (Portugal), studios Valentim de Carvalho, 1970.
Première publication dans l’album Segredo / Amália Rodrigues. Portugal : Valentim de Carvalho, ℗ 1997.
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Em sonho lá vou de fugida,
Tão longe daqui, tão longe.
É triste viver tendo a vida,
Tão longe daqui, tão longe.
En rêve je m’évade
Très loin d’ici, très loin.
Comme il est triste de vivre une vie
Qui est très loin d’ici, très loin !
Mais triste será quem não sofre,
Do amor a prisão sem grades.
No meu coração há um cofre,
Com jóias que são saudades.
Plus triste encore est d’ignorer
La prison sans barreaux de l’amour.
Dans mon cœur il y a un coffre
Rempli de perles de nostalgie.
Tenho o meu amor para além do rio,
E eu cá deste lado cheiinha de frio.
Tenho o meu amor para além do mar,
E tantos abraços e beijos p’ra dar.
Mon amour est de l’autre côté du fleuve
Et moi de celui-ci, toute transie de froid
Mon amour est de l’autre côté de la mer
Et moi qui ai tant de baisers à donner !
Ó bem que me dá mil cuidados,
Tão longe daqui, tão longe.
A lua me leva recados,
Tão longe daqui, tão longe.
Amour qui me donne mille tourments
Très loin d’ici, très loin.
La lune m’apporte des messages
Très loin d’ici, très loin.
Quem me dera este céu adiante,
Correndo veloz no vento.
Irás a chegar num instante,
Onde está o meu pensamento.
Comme je voudrais voler dans ce ciel
Emportée par le vent !
En un instant tu parviendrais
Là même où sont mes pensées.
Tenho o meu amor para além do rio,
E eu cá deste lado cheiinha de frio.
Tenho o meu amor para além do mar,
E tantos abraços e beijos p’ra dar.
Tenho o meu amor para além do mar.
Mon amour est de l’autre côté du fleuve
Et moi de celui-ci, toute transie de froid
Mon amour est de l’autre côté de la mer
Et moi qui ai tant de baisers à donner !
Mon amour est de l’autre côté de la mer.
Hernâni Correia (1925-1998). Longe daqui (1970).
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Hernâni Correia (1925-1998). Loin d’ici, traduit de Longe daqui (1970) par L. & L.
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Los marineros son las alas del amor

Marinero Tano : mural en El Caminito (Buenos Aires), par Oscar Tello sur Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)
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Los marineros son las alas del amor,
son los espejos del amor,
el mar les acompaña,
y sus ojos son rubios lo mismo que el amor
rubio es también, igual que son sus ojos.
Les marins sont les ailes de l’amour,
Ils sont les miroirs de l’amour,
La mer les accompagne,
Et leurs yeux sont blonds, pareils à l’amour
Blond lui aussi, de même que leurs yeux.
La alegría vivaz que vierten en las venas
rubia es también,
idéntica a la piel que asoman;
no les dejéis marchar porque sonríen
como la libertad sonríe,
luz cegadora erguida sobre el mar.
La joie vive qu’ils versent dans les veines
Est blonde aussi,
Identique à la peau qu’ils montrent ;
Ne les laissez pas s’en aller car ils sourient
Comme la liberté sourit,
Lumière éblouissante ouverte sur la mer.
Si un marinero es mar,
rubio mar amoroso cuya presencia es cántico,
no quiero la ciudad hecha de sueños grises;
quiero sólo ir al mar donde me anegue,
barca sin norte,
cuerpo sin norte hundirme en su luz rubia.
Si un marin est une mer,
Blonde mer amoureuse dont la présence est un cantique,
Je ne veux pas de la ville avec ses songes gris ;
Je ne veux qu’aller à la mer et m’y noyer,
Barque égarée,
Corps égaré me perdre en sa lumière blonde.
Luis Cernuda (1902-1963). Los marineros son las alas del amor, extrait de : Los placeres prohibidos (1931).
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Luis Cernuda (1902-1963). Les marins sont les ailes de l’amour, traduit de Los marineros son las alas del amor (1931) par Jacques Ancet. Dans : Luis Cernuda. Les Plaisirs interdits, traduits par Jacques Ancet, Éditions Fata Morgana, 1981 (Dioscures). Texte original espagnol et traduction française.
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Carminho • Meu amor marinheiro. António Campos, paroles ; Joaquim Pimentel, musique.
Vidéo : João Botelho, réalisation. Participants : Carminho (la chanteuse), Luís Guerreiro (le joueur de guitare portugaise), Diogo Clemente (le guitariste), Yami Aloelela (le joueur de basse acoustique). Portugal, 2009.
Bande son : Carminho, chant ; José Manuel Neto, guitare portugaise ; Diogo Clemente, guitare, direction musicale ; Marino de Freitas, basse acoustique. Enregistrement : Lisbonne (Portugal), studios Lisboa.
Extrait de l’album Fado / Carminho. Portugal, ℗ 2009.
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Tenho ciúme das verdes ondas do mar
Que teimam em querer beijar
teu corpo erguido às marés.
Je suis jalouse des vertes vagues de la mer
Obstinées dans leur désir
De ton corps dressé face aux marées.
Tenho ciúme do vento que me atraiçoa
Que vem beijar-te na proa
E morre pelo convés.
Je suis jalouse du vent qui me trahit
Qui vient t’embrasser à la proue
Puis s’en va mourir sur le pont.
Tenho ciúme do luar da lua cheia
Que no teu corpo se enleia
Para contigo ir bailar.
Je suis jalouse de l’éclat de la pleine lune
Qui enlace ton corps
Pour t’emmener danser.
Tenho ciúme das ondas que se levantam
E das sereias que cantam
Que cantam p’ra te encantar.
Je suis jalouse des vagues qui se lèvent
Et des sirènes qui chantent
Qui chantent pour t’enchanter.
Ó meu amor marinheiro
Dono dos meus anelos
Não deixes que à noite a lua
Roube a côr aos teus cabelos.
Oh mon marin mon amour
Maître de mes désirs brûlants
Ne laisse pas la lune cette nuit
Dérober la couleur de tes cheveux.
Não olhes para as estrelas
Porque elas podem roubar
O verde que há nos teus olhos
Teus olhos da cor do mar.
Ne regarde pas les étoiles
Car elles pourraient voler
Ce vert que tu as dans les yeux
Dans tes yeux couleur de mer.
António Campos. Meu amor marinheiro.
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António Campos. Mon marin, mon amour, traduit de Meu amor marinheiro par L. & L.
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Maxi marinero para Muneq mag, par Pol Lion sur Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)
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Marianne Faithfull • Paris bells
Est-ce qu’elle était mélancolique à ses débuts, Marianne Faithfull ? L’a-t-elle toujours été ? Paris bells est extraite de son premier album studio paru en 1965, sans titre autre que son nom, Marianne Faithfull.
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Marianne Faithfull • Paris bells. Jon Birchell (autres identités : John Michael Burchell ; Jon Mark), paroles & musique.
Extrait de l’album Marianne Faithfull / Marianne Faithfull.
Marianne Faithfull, chant ; Mike Leander, arrangements, direction ; David Whitaker & Jon Mark, arrangements. Enregistrement : Londres (Royaume-Uni), Lansdowne Studios & Decca No. 2 Studio, 1964-1965. Royaume-Uni, ℗ 1965.
Vidéo : pas d’information [France ?, vers 1966].
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Past the café shutters down,
No one stirs in the town.
The morning after the rain
The barges move on the Seine.
Les cafés sont encore fermés,
La ville paraît endormie.
Petit matin après la pluie,
Lentes péniches sur la Seine.
Down the avenue lined with trees
Paris bells ring on the breeze
Paris bells ring on the breeze.
Au long de l’avenue bordée d’arbres
La brise porte le son des cloches de Paris.
La brise porte le son des cloches de Paris.
Dawn is breaking, birds start to sing,
Sun is rising, warms everything.
The echo of footsteps on a cobbled street,
Dim alleyways where the shadows meet.
L’aube pointe, les oiseaux s’éveillent,
Le soleil se lève et la chaleur vient.
Échos de pas sur les pavés,
Ruelles où se rejoignent les ombres.
Down the avenue lined with trees
Paris bells ring on the breeze
Paris bells ring on the breeze.
Au long de l’avenue bordée d’arbres
La brise porte le son des cloches de Paris.
La brise porte le son des cloches de Paris.
The places where we used to visit,
The chapel where we went to wed.
Paris bells on the breeze
Often stir memories.
Les endroits où nous aimions aller,
L’église de notre mariage.
Les cloches de Paris dans la brise
Remuent des souvenirs.
We both knew the morning rain
We both wandered down the Seine.
Now you’re gone away from me
You’re just a memory
Like the bells ring on the breeze,
Paris bells ring on the breeze.
Nous connaissions ces pluies,
Ces fins de nuit près de la Seine.
Tu m’as quittée et aujourd’hui
Tu n’es plus qu’un souvenir
Comme ces carillons dans la brise,
Ces cloches de Paris dans la brise.
Jon Birchell (autres identités : John Michael Burchell ; Jon Mark). Paris bells.
Jon Birchell (autres identités : John Michael Burchell ; Jon Mark). Cloches de Paris, traduit de Paris bells par L. & L.
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New Delice (Paris, quartier des Enfants-Rouges), par Amélien Bayle sur Flickr (CC BY-NC 2.0)
Mayte Martín • Soneto de amor
Mayte Martín, c’est comme une parente espagnole d’Amália Rodrigues. Si elle était née portugaise, elle serait aujourd’hui la plus grande fadiste contemporaine.
Dans son album Tempo rubato (2018) elle a réuni onze chansons d’amour, certaines déjà entendues au fil de ses albums précédents, dans de nouveaux arrangements reposant esentiellement sur un quintette à cordes.
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Mayte Martín • Soneto de amor. Poème de Rafael de León ; Mayte Martín, musique.
Mayte Martín, chant ; Joan Albert Amargós, arrangements et direction.
Extrait de l’album Tempo rubato / Mayte Martín. Espagne : Satélite K, ℗ 2018.
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Peso poco en tu vida, casi nada,
como un leve rumor, como una brisa,
como un sorbo de fresca limonada
bebido sin calor y a toda prisa.
Dans ta vie je ne suis presque rien,
À peine une rumeur, une brise,
Une gorgée de fraîche limonade
Avalée distraitement, à toute vitesse.
No adelanto el compás de tu pisada,
ni distraigo la salve de tu misa,
y en tu frente de nardo desvelado*
no llego ni a recuerdo ni a sonrisa.
Ce n’est pas pour moi que tu presses le pas
Mon évocation ne distrait pas tes prières
Et sur ton front de tubéreuse éclose
Elle ne fait naître ni sourire, ni souvenir.
Y en cambio tú eres todo, mi locura,
mi monte, mi canción, mi mar templado,
el pulso de mi sangre, la llanura
Et pour moi tu es tout, ma folie,
Ma montagne, mon chant, mon océan,
Le battement de mon sang, la plaine
donde duermo sin sueño ni pecado,
y el andamio en que apoyo con ternura
este amor que nació ya fracasado.
Où je dors sans rêve ni péché,
L’armature où j’appuie tendrement
Cet amour qui est mort à peine né.
Rafael de León (1908-1982). Cuatro sonetos de amor. IV.
*Chanté : desvelada.
Rafael de León (1908-1982). Quatre sonnets d’amour. IV, traduit de Cuatro sonetos de amor. IV par L. & L.
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Mayte Martín
Tempo rubato (2018)
Tempo rubato / Mayte Martín, chant ; Joan Albert Amargós, arrangements et direction.
Production : Espagne : Satélite K, ℗ 2018.
CD : Satélite K , 2018. — EAN 8435307605009.
Voir la notice dans Discogs.
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Beaucoup la Suisse
J’aime beaucoup la Suisse.
Marguerite Duras (1914-1996). Émission Soir information du 28 juillet 1966. Production : Suisse, RTS (Radio télévision suisse), 1966.
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Les deux vidéos que voici sont des documentaires de la RTS (Radio télévision suisse) : deux entretiens réalisés en 1965 et 1966, chacun entre une écrivaine française et une ou un journaliste suisse. On ne peut imaginer contraste plus violent entre les deux documents. On dirait que l’un est l’envers de l’autre.
En 1966, Marguerite Duras, venue à Lausanne à l’occasion d’une nouvelle édition du Marin de Gibraltar (1952) par la Guilde du livre, se montre souriante, détendue, très professionnelle, exceptionnellement bienveillante envers son interlocutrice qui ne semble pas très à l’aise — intimidée peut-être, au point d’être un peu oiseuse parfois (« Vous avez le goût d’une certaine aventure, euh, intérieure ? Ou plus extérieure encore ? ») et alors on voit clairement les deux secondes de perplexité de Marguerite, qui répond comme si la question était autre.
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Marguerite Duras (1914-1996) • Entretien, Suisse, 1966. Extrait d’un entretien entre Marguerite Duras, écrivaine, et Catherine Charbon, journaliste.
Émission Soir information du 28 juillet 1966. Production : Suisse, RTS (Radio télévision suisse), 1966.
L’intégralité de la séquence est accessible sur le site de la RTS.
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Françoise Sagan, elle, dont Julliard vient de publier La chamade (1965), n’en a clairement rien à faire de cette interview et le dit presque, ou en tout cas le manifeste sans ambigüité ; elle a toutes les peines du monde à prendre au sérieux les questions très cadrées du journaliste — lequel est à deux doigts de perdre patience à un certain point —, tout simplement parce qu’elle ne se prend pas au sérieux elle-même. Elle esquive et parfois déjoue la mécanique bien huilée de l’interview, au moyen d’une sincérité abrupte et désarmante. Elle fume, elle avale ses mots, elle est pleine de tics : Sagan, quoi. Adorable.
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Françoise Sagan (1935-2004) • Entretien, Suisse, 1965. Entretien entre Françoise Sagan, écrivaine, et Maurice Huelin, journaliste.
Émission Préfaces du 17 septembre 1965. Production : Suisse, RTS (Radio télévision suisse), 1965.
La séquence est aussi accessible sur le site de la RTS.
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