Double naissance dans la rue des Poutiroux
Monsieur le Docteur Sacha Touille, podologue, demeurant rue du Canard à Toulouse et Mademoiselle Célestine Rata, artiste de cirque, demeurant rue du Coq d’Inde à Toulouse, ont le plaisir d’annoncer la naissance de leurs enfants Raoul et Lucien survenue ce lundi, rue des Poutiroux, à Toulouse, suite à une élégante arabesque exécutée par Mademoiselle Rata alors que le jeune couple venait de déjeuner dans un restaurant de la proche rue Pharaon.
« Raoul & Lucien seront acrobates, comme leur maman ! » s’est aussitôt enthousiasmée Mademoiselle Célestine Rata.
« Nous verrons » a commenté en souriant le Docteur Sacha Touille. « Il leur faut en tout cas savoir l’italien dès que possible. »
En cette période de fêtes nous présentons à Monsieur le Docteur Sacha Touille, à Mademoiselle Célestine Rata, ainsi qu’aux petits Raoul et Lucien Rata-Touille nos vœux de bonheur et de gloire. Et voici notre contribution à l’accomplissement du souhait du récent papa :
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Emanuele Luzzati (1921-2007) & Giulio Gianini (1927-2009) | Alì Babà. Emanuele Luzzati, dessins ; Giulio Gianini, animation et photographie ; Emanuele Luzzati & Giulio Gianini, scénario et réalisation ; Gianfranco Maselli, musique. Italie, 1970.
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Ностальгия – Bach – Richter
Sans rien dire.
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Johann Sebastian Bach (1685-1750) | Prélude et fugue. Clavier. BWV 853. Mi bémol mineur (Prélude seul).
Святослав Рихтер (Sviatoslav Richter), piano. Enregistrement : Salzbourg (Autriche), château de Klessheim, juillet 1970. Extrait de l’album Bach. Das Wohltemperierte Klavier 1. Teil BWV 846-869 / Svjatoslaw Richter. Allemagne, 1970.
Images extraites de : Ностальгия(Nostalghia). Андрей Тарковский [Andreï Tarkovski], réalisation ; Андрей Тарковский [Andreï Tarkovski] & Tonino Guerra, scénario. Italie & URSS, 1982 (production), 1983 (sortie).
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Edmundo Bettencourt | Canção do Alentejo ; Canção da Beira Baixa (& Amália Rodrigues & Gisela João)
- Fait suite au billet : Saudades de Coimbra | Edmundo Bettencourt (et José Afonso).
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À l’université de Coimbra les étudiants étaient – et sont encore – originaires de toutes les régions du Portugal. Edmundo Bettencourt, qui était madérien, reste dans l’histoire de la Chanson de Coimbra comme celui qui en a enrichi le répertoire en y incorporant des airs traditionnels provenant de l’ensemble du pays. Il les chantait avec accompagnement de guitares et dans le style vocal de la Chanson de Coimbra. Ainsi de cette très belle Canção do Alentejo (« Chanson de l’Alentejo »), aussi connue sous le titre Lá vai Serpa, lá vai Moura (« Voilà Serpa, voilà Moura »), Serpa et Moura étant deux villes de la partie orientale de l’Alentejo.
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Edmundo Bettencourt (1899-1973) | Canção do Alentejo. Paroles et musique traditionnelles (Portugal, Alentejo).
Edmundo Bettencourt, chant ; [?], guitare portugaise ; [?], guitare classique. Portugal, 1928.
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Autre exemple : la Canção da Beira Baixa (« Chanson de la Beira Baixa »), dont Edmundo Bettencourt laisse le texte au féminin : « Era ainda pequenina… » (« J’étais encore toute petite… ».
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Edmundo Bettencourt (1899-1973) | Canção da Beira Baixa. Paroles et musique traditionnelles (Portugal, Beira Baixa).
Edmundo Bettencourt, chant ; [?], guitare portugaise ; [?], guitare classique. Portugal, 1928.
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J’ai choisi ces deux exemples parce qu’ils sont aussi présents dans la discographie d’Amália Rodrigues, à qui pourrait s’appliquer la « cuisante louange » dont Cocteau gratifia jadis Colette : « Où ne s’est-elle pas fourrée, cette grosse abeille ? ».
Amália a enregistré trois albums de « folklore » comme on disait alors, dont les publications s’échelonnent de 1965 à 1972. Si ces albums, à l’exception du troisième, ne sont pas de grandes réussites, elle n’en est pas la principale responsable. Les deux premiers sont en effet chantés avec accompagnement d’orchestre, dans des arrangements et selon des choix de tempo et de caractère très éloignés de ceux de la chanson traditionnelle. Amália elle-même regrettait, surtout pour le deuxième de ces albums, la trop grande part prise par l’orchestre qui obligeait même à tronquer les parties chantées. On en jugera avec Lá vai Serpa lá vai Moura :
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Amália Rodrigues (1920-1999) | Lá vai Serpa, lá vai Moura. Traditionnel portugais (Alentejo).
Amália Rodrigues, chant ; accompagnement d’orchestre ; Jorge Costa Pinto, direction et arrangements. Extrait de l’album Amália canta Portugal. Enregistrement : février 1965. Portugal, 1975 (première publication).
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Les trois albums de « folklore » d’Amália ont été rassemblés en 2016 dans une nouvelle édition augmentée d’inédits et accompagnée de notes historiques, à vrai dire moins riches que dans la plupart des autres volumes de la réédition intégrale en cours. On n’y trouve pas d’indications précises sur les sources de chacune des chansons présentées. À propos de Lá vai Serpa lá vai Moura, on apprend que sa première strophe apparaît dans le Cancioneiro de Serpa, et que la version enregistrée par Amália est une adaptation de celle extraite du recueil de chansons Cantigas de Portugal, publié en 1922, avec accompagnement de piano, par Alexandre Rey Colaço.
Pour Quando era pequenina en revanche, aucune source n’est citée. On ne dispose que d’une information générale sur son collectage dans la Beira Baixa par Rodney Gallop (1901-1948), un ethnographe anglais qui a travaillé au Portugal entre 1931 et 1933.
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Amália Rodrigues (1920-1999) | Canção da Beira Baixa (Quando eu era pequenina). Traditionnel portugais (Beira Baixa).
Amália Rodrigues, chant ; accompagnement d’orchestre ; Joaquim Luís Gomes, direction et arrangements. Extrait de l’album Amália canta Portugal 2. Enregistrement : 1967. Portugal, 1971 (première publication).
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La Beira Baixa était la région d’origine de la famille d’Amália Rodrigues, qui a régulièrement porté à la scène Quando eu era pequenina dans un arrangement pour guitares portugaises et guitares. Un arrangement qui est, de façon flagrante, inspiré de la manière d’Edmundo Bettencourt, comme on le constatera dans cet enregistrement public de 1987, à Lisbonne.
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Amália Rodrigues (1920-1999) | Canção da Beira Baixa (Quando eu era pequenina). Traditionnel portugais (Beira Baixa).
Amália Rodrigues, chant ; Carlos Gonçalves, Pinto Varela, guitares portugaises ; António Moliças, guitare classique ; Joel Pina, basse acoustique. Enregistré en public au Coliseu dos recreios, Lisbonne (Portugal), le 3 avril 1987.
Extrait de l’album Amália, Coliseu, 3 de abril de 1987 / Amália Rodrigues. Portugal, 1987 (réédité en 2017, augmenté de sept morceaux enregistrés le 4 avril 1987).
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Quando eu era pequenina
Acabada de nascer
Ainda mal abria os olhos
Já era para te ver
Acabada de nascerQuand j’étais toute petite
Quand je venais de naître
J’ouvrais à peine les yeux
Et c’était déjà pour te voir
Quand je venais de naître E quando eu já for velhinha
Acabada de morrer
Olha bem para os meus olhos
Sem vida ainda te hão de ver
Acabada de morrerEt quand je serai toute vieille
Au moment de ma mort
Alors regarde bien mes yeux :
Sans vie, ils te verront encore
Au moment de ma mort …… Traditionnel portugais (Beira Baixa).
Canção da Beira Baixa (Quando eu era pequenina).Traditionnel portugais (Beira Baixa).
Chanson de Beira Baixa (Quand j’étais toute petite). Traduction L. & L.
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En 1987 la voix d’Amália a déjà subi de graves dommages. Voici une reprise de Quando era pequenina, limitée à la première strophe comme dans le premier enregistrement d’Amália, par une Gisela João débutante à la voix pleine et ductile, sobrement accompagnée par une guitare seule.
Gisela João | Canção da Beira Baixa (Quando eu era pequenina). Paroles et musique traditionnelles (Portugal, Beira Baixa).
Gisela João, chant ; Pedro Soares, guitare classique. Captation : Lisbonne, Teatro do Bairro, 2012.
Vidéo : Maria Joana Figueiredo, image ; João Botelho, éclairage ; Federico Pereira, son ; Francisco Veloso, captation sonore. 2012.
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Saudades de Coimbra | Edmundo Bettencourt (et José Afonso)
Puisque dans un billet récent, il a été question de Coimbra et de son université, sujets ou prétextes d’un film – Capas negras – et d’une chanson – Coimbra –, curiosons un peu dans le magasin de ce qu’on appelle « fado » de Coimbra, ou « chanson » de Coimbra. « Curioser » est un italianisme : curiosare. Mais si le mot s’emploie en italien, pourquoi s’en priver en français ?
Pour parler de ces chansons-là on emploie tantôt la désignation de « Fado de Coimbra », tantôt celle de « Canção [Chanson] de Coimbra ». La seconde semble mieux appropriée : l’appellation de « fado » s’est propagée jusqu’à Coimbra depuis Lisbonne, probablement en même temps que l’usage de la guitare portugaise comme instrument d’accompagnement. Car la Chanson de Coimbra, très différente du Fado de Lisbonne – il suffit d’entendre l’une et l’autre –, a sa propre histoire, sans doute plus ancienne que celle du Fado de Lisbonne, avec lequel elle n’a guère en commun que d’être chantée en portugais et d’être accompagnée par le même type d’instruments, guitare portugaise et guitare classique. Encore faut-il préciser qu’à Coimbra les instruments sont accordés un ton plus bas qu’à Lisbonne et que la technique de jeu – et la sonorité – de la guitare portugaise sont extrêmement dissemblables d’une ville à l’autre. La guitare de Coimbra rend un son qui évoque celui du clavecin ; à Lisbonne le son est plus charnu et lié, plus chantant.

Domitila de Carvalho (1871-1966), première femme inscrite à l’Université de Coimbra, en 1891. Dans : « O Ocidente : revista ilustrada de Portugal e do estrangeiro » – Nº 922 (10 Août 1904).
Alors que le Fado de Lisbonne est né dans les bordels, chanté d’abord par les prostituées de la ville, la chanson de Coimbra est liée à la vie universitaire. Traditionnellement, elle est chantée par les étudiants (et les anciens étudiants, de même que par les universitaires en général). Des hommes, uniquement. Car si les femmes étaient en principe autorisées à s’inscrire à l’université depuis la fin du XVIIIe siècle, les usages sociaux les en dissuadaient. Il fallait beaucoup de courage, ou une grande indifférence à la pression sociale, pour s’en affranchir. De fait, la première inscription d’une femme à l’université de Coimbra (Domitila de Carvalho [1871-1966]) n’advient qu’en 1891. Ce n’est qu’à partir des années 1960 que les choses changent vraiment. Voir la présentation, sur le site de l’université de Coimbra, du cycle de conférences « Raras e discretas » (2017).
Pour autant la Chanson de Coimbra est restée une affaire d’hommes, jusqu’à aujourd’hui. À ma connaissance, seules des fadistes de Lisbonne s’y sont essayées (Amália Rodrigues, Maria Teresa de Noronha ou Mísia, par exemple), mais de façon marginale. Ce n’est pas leur répertoire. Du reste la Chanson de Coimbra ne requiert pas les mêmes aptitudes vocales que le Fado de Lisbonne : moins virtuose et moins dynamique que ce dernier, elle s’exerce dans la puissance d’émission et la rondeur du timbre et demande avant tout une « belle » voix capable de projection.
la Chanson de Coimbra a donc ses propres vedettes, guitaristes et chanteurs. Parmi les guitaristes, le plus connu et le plus célébré est Artur Paredes (1899-1980), qui est aussi le concepteur d’un modèle de guitare portugaise adapté à la Chanson de Coimbra, utilisé depuis par tous ses collègues. Son fils Carlos Paredes (1925-2004) a enregistré plusieurs albums de ses propres compositions ; il est en outre l’auteur de musiques de film, notamment pour Manuel de Oliveira.
Augusto Hilário (1864-1896) est le plus ancien des grands chanteurs connus de la Chanson de Coimbra. Il faut ensuite attendre l’entre-deux-guerres (encore que ce terme s’applique mal au cas du Portugal, officiellement neutre lors du second conflit mondial) pour voir apparaître d’autres personnalités de premier plan qui forment ce qu’on nomme la « Génération d’or » (« Geração de oiro ») de la Chanson de Coimbra : António Menano (1895-1969) et Edmundo Bettencourt (1899-1973).
Edmundo Bettencourt (ou Edmundo de Bettencourt, on trouve les deux formes) était aussi un poète reconnu, influencé par le surréalisme français.
Voici l’un de ses plus grands succès, repris ensuite par quantité d’autres chanteurs : Saudades de Coimbra. Ce morceau illustre l’un des thèmes de prédilection de la Chanson de Coimbra : la nostalgie des années vécues dans cette ville durant la période heureuse des études universitaires, qui était aussi celle de la jeunesse, des amitiés masculines, des amours.
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Edmundo Bettencourt (1899-1973) | Saudades de Coimbra. António de Sousa, paroles ; Mário Faria da Fonseca, musique.
Edmundo Bettencourt, chant ; [Artur Paredes & Albano de Noronha], guitares portugaises ; [Mário da Fonseca], guitare classique. Enregistrement : 1929. Portugal, 1930 (1ère publication).
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Oh Coimbra do Mondego
E dos amores que eu lá tive
Quem te não viu anda cego
Quem te não ama não vive
Oh Coimbra du Mondego*
Et des amours que j’y ai vécues !
Celui qui ne t’a pas vue est un aveugle
Celui qui ne t’aime pas ne vit pas.
Do Choupal até à Lapa
Foi Coimbra os meus amores
A sombra da minha capa
Deu no chão abriu em flores
Du « Choupal** » jusqu’à la Lapa***
Coimbra fut la ville de mes amours
En passant, que de fleurs
A fait éclore l’ombre de ma cape !
António de Sousa (1898-1981). Saudades de Coimbra (années 1930).
António de Sousa (1898-1981). Saudades de Coimbra (années 1930), traduction par L. & L. * Le Mondego : le fleuve qui arrose Coimbra.
** Le Choupal, littéralement « la peupleraie » : un bois situé en aval de Coimbra, le long de la rive droite du Mondego.
*** La Lapa (A Lapa dos Esteios) : un jardin situé sur la rive gauche du Mondego.
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Les chanteurs de la « Génération d’or » restent sans postérité, jusqu’à ce que se produise, à partir des années 1950, une nouvelle effervescence grâce à Fernando Machado Soares (1930-2014) ou Luiz Goes (1933-2012), qui s’inscrivent dans la tradition établie par Edmundo Bettencourt ; grâce aussi à des chanteurs à la voix moins vaillante mais très engagés, y compris artistiquement, dans la résistance au régime salazariste : Adriano Correia de Oliveira (1942-1982) et José Afonso (1929-1987).
Leur engagement politique ne les éloigne pas du répertoire traditionnel de la Chanson de Coimbra. José Afonso y a consacré deux albums complets : Baladas e canções (1964) et Fados de Coimbra e outras canções (1981). Dans ce dernier, que le chanteur a dédié à son père et à Edmundo Bettencourt, figure une version de Saudades de Coimbra :
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José Afonso (1929-1987) | Saudades de Coimbra. António de Sousa, paroles ; Mário Faria da Fonseca, musique.
José Afonso, chant ; Octávio Sérgio, guitare portugaise ; Durval Moreirinhas, guitare classique.
Extrait de l’album Fados de Coimbra e outras canções / José Afonso. Portugal, 1981.
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Cyfri’r geifr : un arc-en-ciel de chèvres
C’est Noël, mais il faut quand même compter les chèvres, n’est-ce pas.
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Siobhan Owen | Cyfri’r geifr. paroles & musique traditionnelles (Pays de Galles).
Siobhan Owen, chant, harpe.
Captation : Woodford (Queensland, Australie), Woodford Folk Festival, session « Celts around the world », 31 décembre 2011. 5 janvier 2012 (mise en ligne).
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C’est une chanson galloise. Le gallois est cousin du breton : « chèvre » se dit « gavr » en breton, « gafr » en gallois, mais comme le f gallois se prononce v, c’est exactement le même mot. Au pluriel c’est différent : « geifr » en gallois, « givri » en breton. Parfois le mot est identique (« du » pour « noir ») mais se prononce différemment : « u » se dit i en gallois alors qu’il sonne comme le « u » français en breton.
Bref, Cyfri’r geifr (« Le comptage des chèvres », prononcer : kœuvri’r geivr) est une chanson à accumulation. Après le deuxième couplet on répète le premier, après le troisième on répète le deuxième puis le premier et ainsi de suite, en accélérant. Les paroles des couplets sont identiques, seule la couleur de la chèvre change.
[Refrain]
Oes gafr eto?
Oes heb ei godro?
Ar y creigiau geirwon
Mae’r hen afr yn crwydro.
[Refrain]
Est-ce qu’il y a encore une chèvre
Qui n’a pas été traite ?
Sur les rocs escarpés
La vieille chèvre divague.
Gafr wen, wen, wen.
Ie finwen, finwen, finwen.
Foel gynffonwen, foel gynffonwen,
Ystlys wen a chynffon wen, wen, wen.
Une chèvre blanche, blanche, blanche,
Aux lèvres blanches, blanches, blanches,
Avec une queue blanche, une queue blanche,
Des flancs et une queue blancs, blancs, blancs.
Gafr ddu, ddu, ddu.
Ie finddu, finddu, finddu.
Foel gynffonddu, foel gynffonddu,
Ystlys ddu a chynffon ddu, ddu, ddu.
Une chèvre noire, noire, noire,
Aux lèvres noires, noires, noires,
Avec une queue noire, une queue noire,
Des flancs et une queue noirs, noirs, noirs.
Gafr goch, goch, goch.
Ie fingoch, fingoch, fingoch.
Foel gynffongoch, foel gynffongoch,
Ystlys goch a chynffon goch, goch, goch.
Une chèvre rouge, rouge, rouge,
Aux lèvres rouges, rouges, rouges,
Avec une queue rouge, une queue rouge,
Des flancs et une queue rouges, rouges, rouges.
Gafr las, las, las.
Ie finlas, finlas, fin las.
Foel gynffonlas, foel gynffonlas,
Ystlys las a chynffon las, las, las.
Une chèvre bleue, bleue, bleue*,
Aux lèvres bleues, bleues, bleues,
Avec une queue bleue, une queue bleue,
Des flancs et une queue bleues, bleues, bleues.
Gafr binc, binc, binc.
Ie fin binc, fin binc, fin binc.
Foel gynffonbinc, foel gynffonbinc,
Ystlys binc a chynffon binc, binc, binc.
Une chèvre rose, rose, rose,
Aux lèvres roses, roses, roses,
Avec une queue rose, une queue rose,
Des flancs et une queue roses, roses, roses.
Traditionnel gallois. Cyfri’r geifr.
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Traditionnel gallois. Le comptage des chèvres, traduit de : Cyfri’r geifr par L. & L., à partir de la traduction anglaise disponible dans Wikipedia (en) * « Glas » (gallois) et « glaz » (breton) recouvrent les notions de « bleu » et de « vert ».
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Une autre version, exécutée par un chœur d’hommes. Mais toutes les couleurs n’y sont pas.
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The Massed Male Choirs | Cyfri’r geifr. paroles & musique traditionnelles (Pays de Galles).
The Massed Male Choirs, chœur.
2011 (mise en ligne).
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Mísia | De alguna manera (1995)
De alguna manera, de l’auteur compositeur interpète espagnol Luis Eduardo Aute, a été enregistré en 1993 par une Mísia encore jeune et quasi débutante, pour son deuxième album simplement intitulé Fado. Cet album comporte plusieurs chansons qui, comme De alguna manera, ne sont pas des fados – y compris une version portugaise de La chanson des vieux amants de Jacques Brel –, mais que Mísia fait sonner comme tels.
La vidéo que voici est extraite d’une émission diffusée en 1995 sur Canal Sur, une chaîne de télévision andalouse.
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Mísia | De alguna manera. Luis Eduardo Aute, paroles & musique.
Mísia, chant ; [António Chainho?], guitare portugaise ; instrumentiste non identifié, guitare classique.
Extrait de l’émission El programa de Carlos Herrera diffusée le 3 novembre 1995. Production : Canal Sur Televisión. Espagne, 1995.
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De alguna manera
tendré que olvidarte,
por mucho que quiera
no es fácil, ya sabes,
me faltan las fuerzas,
ha sido muy tarde,
y nada más, y nada más,
apenas nada más.
De toute façon
Je devrai t’oublier
Mais j’ai beau essayer,
Ce n’est pas facile, tu sais,
Je n’en ai pas la force,
Il est déjà trop tard
Et c’est tout, c’est tout,
Rien de plus.
Las noches te acercan
y enredas el aire,
mis labios se secan
e intento besarte,
qué fría es la cera
de un beso de nadie
y nada más, y nada más,
apenas nada más.
La nuit te rapproche
L’air frémit de toi,
Mes lèvres se dessèchent
Et j’essaie de t’embrasser
Comme elle est froide la cire
Du baiser de personne !
Et c’est tout, c’est tout,
Rien de plus.
Las horas de piedra
parecen cansarse
y el tiempo se peina
con gesto de amante,
de alguna manera
tendré que olvidarte
y nada más, y nada más,
apenas nada más.
Les heures de pierre
Semblent s’épuiser
Et le temps se peigne
D’un geste d’amant
De toute façon
Je devrai t’oublier
Et c’est tout, c’est tout,
Rien de plus.
Luis Eduardo Aute. De alguna manera.
.
Luis Eduardo Aute. De toute façon, traduit de : De alguna manera par L. & L.
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Tu ne sais plus qui tu es
Théâtre du Capitole (Toulouse, Occitanie, France), 6 décembre 2019
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Ingrid Caven | Ich weiß genau. Hans & Herta Hennecke, paroles ; Robert Chauvigny & Julien Bouquet, musique. Adaptation allemande de Je sais comment (1959). Julien Bouquet, paroles.
Ingrid Caven, chant ; Jay Gottlieb, piano ; Jérome Simon, violon ; Le Quatuor Actuel, quatuor à cordes ; Bob Drewry, contrebasse ; Alain Beghin, percussions ; Richard Foy, saxophone ; Peer Raben, arrangements. Enregistré en public à Paris, Théâtre de l’Athénée Louis-Jouvet, 1988.
Extrait de l’album Ingrid Caven chante Piaf « en public ». France, 1989.
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