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Lula Pena en France le 13 janvier

6 janvier 2012

Pena a deux sens en portugais : à la fois peine et plume, comme dans le fado As penas qui sans cesse joue sur cette ambivalence.

Lula aussi se trouve dans le dictionnaire : c’est un calamar.

Oui, et alors, c’est quoi ce lacanisme à la gomme ?

Alors la Conserveira de Lisboa (Conserverie de Lisbonne) a édité en 2010 une boîte à l’intérieur de laquelle s’en trouvent deux autres : une boîte de conserve de calamars à l’encre (lulas com tinta em conserva) et une boîte à musique (caixinha de música) qui joue un air composé par Lula Pena :

le lancement s’étant effectué avec la participation de Lula elle-même, en personne :

Lula Pena est une artiste extrêmement singulière.

Selon moi, et bien qu’elle n’emploie aucun des moyens formels du fado dans l’interprétation (ni la technique vocale, ni l’instrumentarium), que son chant soit dans le murmure plus que dans la puissance et que son répertoire puise à bien des sources, elle est une des plus émouvantes fadistes actuellement en exercice. Je dis une des fadistes parce que la langue française est ainsi faite, mais je veux dire une des plus grandes parmi tous les fadistes, femmes ou hommes.

Un des lieux communs du fado est qu’on naît fadiste, et qu’à moins de ça il n’y a rien : on chantera ce qu’on voudra, ce ne sera jamais du fado. Ou alors si, ce sera du fado — peut-être. Mais le fado n’adviendra pas, selon cette autre formule souvent entendue : o fado acontece, le fado advient.

De ce point de vue Lula Pena est comme Amália : leur expression, à l’une et à l’autre, est fado ; dans le chant, celui qu’elles choisissent de donner, même si c’est — pour Lula Pena — Luna Tucumana d’Atahualpa Yupanqui, ou « Eu quero a Rosa Rosa … Just to love And be loved In return … You’ve got pollen on your nose, Where’ve you been? Where’ve you been? » (successivement de Lula Pena, Eden Ahbez et Mirah, fragments enchaînés dans l’acte VII de Troubadour, l’album de 2010), ou encore une chanson traditionnelle alentejane qui dit que l’amour qu’on a se trouve sur l’autre rive du fleuve et que le bateau reste à quai :

Ribeira vai cheia e o barco não anda
Tenho o meu amor lá da outra banda,
Lá na outra banda e eu cá deste lado
Ribeira vai cheia e o barco parado

Pour Amália c’est une chanson italienne, mettons Canzone per te de Sergio Endrigo, ou espagnole (El toro y la luna, ou autre). Ou Quando eu era pequenina, traditionnel de sa région d’origine, Beira Baixa, ou même, au fond, les compositions d’Alain Oulman, qui formellement n’étant pas des fados ne le deviennent que portés par l’artiste qui a le fado en soi.

Senhora do Almortão / Lula Pena, chant et guitare ; paroles et musique traditionnelles

Et ce sont aussi des fados véritables, As penas, Libertação, Lago, Fria claridade, diamants qui sont passés de l’une à l’autre, resplendissant chaque fois d’un éclat incomparable.

Lula Pena est à Évreux la semaine prochaine, c’est son seul concert prévu en France. Quant à moi, bien qu’il me faille pour cela traverser tout le pays, j’y vais.

(Au passage, chère Scène nationale d’Évreux, lorsqu’on reproduit [ici] des phrases qu’on a trouvées ou , on n’oublie pas les guillemets, ni la citation de la source, merci.)

L. & L.

———

Lula Pena en concert
Vendredi 13 janvier 2012, 20h30

Évreux (27 – Eure) – Scène nationale Évreux-Louviers
Le Cadran
Palais des congrès du Grand Évreux – Boulevard de Normandie
27000 Évreux
Tél : +33 (0)2 32 78 85 25
7 € à 18 € (prix indicatif)

Voir ce concert sur le site du théâtre

———

Pena, Lula
Troubadour (2010)

Lula Pena -- Troubadour. 2010Troubadour / Lula Pena, chant, guitare. — Lisboa : Mbari, 2010.

Mbari 09.

Disponible sur CDGO, Fnac (Portugal)
Télécharger sur Amazon, Fnac

Lula Pena sur MySpace

8 commentaires leave one →
  1. 6 janvier 2012 09:58

    merci encore de rompre le complot de silence autour de ce bloc d’émotion.
    c’est un peu comme si ce monde n’était pas capable de l’assumer.
    même à Lisbonne impossible de trouver un disque d’elle !

    • lili-et-lulu permalink*
      6 janvier 2012 11:02

      Souvent les disques restent dans les bacs quelques semaines après leur parution (c’est vrai en France aussi, sauf pour ceux qui se vendent facilement). Mais on peut se procurer Troubadour sur l’Internet. Pour Phados, le premier, c’est plus difficile : il est épuisé je crois. Il avait été bien diffusé en France au moment de sa parution (je l’avais acheté à la Fnac, à l’époque sans savoir de quoi il s’agissait, intrigué par le titre et l’étonnant dessin de couverture).

  2. jeanne permalink
    6 janvier 2012 13:25

    oh mais mais mais uma lula c’est un encornet et pas du tout un calmar

    • lili-et-lulu permalink*
      6 janvier 2012 14:47

      Mais… ce n’est pas la même chose un encornet et un calmar ? 🙂

      C’est vrai qu’en Bretagne par exemple on dit encornet, ma mère n’a jamais employé un autre mot. Mais dans le Sud on parle plutôt de calamar je pense (avec un a entre l et m), ou bien de supion, ou de scipion.

      Dans wikipedia.fr, l’article (en français donc) qui correspond à l’article « Lula » de wikipedia.pt est « Calmar » … Et donc je ne sais pas ce qu’il faut dire !

  3. Anne-Marie permalink
    6 janvier 2012 16:36

    Indépendamment de la discussion sur les calamars qu’en Bretagne on laisse aux chats, je dois dire que j’ai eu de la chance en trouvant Phados en occasion chez Gibert et j’ai reçu Troubadour en le commandant au Portugal sur tes conseils. Moi aussi j’aimerais bien aller à Evreux écouter Lula, mais impossible de commander mon billet sur internet, ce n’est pas prévu ? J’ai essayé hier et j’ai même cru que le concert était annulé tellement les indications que j’avais eues grâce à un lecteur de ton site tombaient à l’eau…

    • lili-et-lulu permalink*
      6 janvier 2012 19:26

      Mais comment tu t’es débrouillée ? Moi j’ai réservé sur leur site, ils m’ont envoyé un email de confirmation. Évidemment il faut envoyer un chèque par la poste, on n’est plus habitué… Sinon j’ai mis leur numéro de téléphone aussi, tu peux les appeler.

      (Et c’est quoi cette histoire d’encornets qu’on donne aux chats en Bretagne ? Ma mère nous en faisait parfois. Et c’est très bon au wok.)

      On se voit à Évreux alors ? Le lieu le plus improbable du monde pour écouter du phado…

      Ph.

  4. Laurinda permalink
    12 janvier 2012 17:29

    Sur vos conseils, j’ai couru à la FNAC à Porto. Je l’ai trouvé, même si le vendeur a semblé étonné par la demande !….

    Merci encore !

    Pela partilha.

    Laurinda.

  5. zanzibar permalink
    12 janvier 2012 23:04

    J’y serais aussi. Si vous n´avez pas peur d’un inconnu qui portera un sweat aux couleurs du Brésil, n´hésitez pas me faire un signe. J´essaierais d´avoir une place vers l´avant de la salle, donc je compte arriver relativement tôt.
    Sur un site où j´écris au milieu de beaucoup d´autres personnes, j´ai porté par écrit un petit morceau des réponses qu´elle avait si gentiment données à mes petites questions lors d’un de ses concerts donné à la Casa de la Musica do Porto en été 2011.
    Il suffit de se rendre sur le forum « Bossa Nova » – 2Toutes les musiques du Brésil » si jamais ceci vous intéresse.

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