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Ólöf Arnalds — Madrid

4 octobre 2012

Ólöf Arnalds. Madrid / Ólöf Arnalds, paroles et musique, chant, guitare. Caen, 2010.

Haustið og ég og þú hjá mér
Dagur hnígur síðasta sinn
Tilfinningin dofnar, þverr
Þræðirnir leysast
Finn þeir verða minning
um þrá sem áður var en er ei nú
Nú finn ég ró

Mykrið og við en ekki ég
Kvöldið líður síðasta sinn
Stundin verður sundurslitin, óróleg
Orðin leita, finn þau verða inni
og farveginn þrá sem horfinn er
Ég valdi aldrei að hverfa þér

Nóttin og ég ein með sjálfri mér
Dögunin bíður um sinn
Frelsi fengið frá þér
Hugurinn losnar
Finn mig snúa aftur
Og þráin sem ádur var en aldrei meir
Hún aldrei varð
Ólöf Arnalds. Madrid.

L’automne est venue, tu es encore là
Tu regardes notre dernière journée
S’ achever plus vite, flotter, s’estomper
Notre amour s’anéantir
Se transformer en souvenir
Cet amour autrefois vivant, à présent éteint
Mais je suis en paix

La nuit enfin, mais je ne suis pas là
Pour voir mourir notre dernier soir
Quelque chose dans l’air, je ne sais pas quoi
Étouffe les mots qui nous aideraient
Quoique rien ne pourrait ranimer mon amour
Il s’est évanoui même si je suis encore là

Au cœur de la nuit, je suis seule
L’aube semble ne jamais devoir poindre
Je suis libre de respirer,
Sans toi près de moi
J‘ai la tête pleine de choses que tu ne peux pas imaginer
Cet amour si vite apparu, à présent éteint
N’a jamais existé.
Ólöf Arnalds. Madrid. Trad. L. & L. d’après la traduction anglaise de Sindri Eldon figurant dans le CD Innundir Skinni, One Little Indian Records, 2010.

Le site Telerama.fr propose trois vidéos exclusives de Olöf Arnalds live enregistrées en décembre 2010 :

Vinkonur (Amies), paroles et musique Ólöf Arnalds

Innundir Skinni (Sous la peau), paroles et musique Ólöf Arnalds

That lucky old sun (1949), paroles Haven Gillespie, musique Beasley Smith.

Comme Madrid, Vinkonur et Innundir Skinni figurent sur l’album Innundir Skinni (2010), voir ci-dessous.

Madrid, gare d'Atocha, 23 septembre 2012 Madrid, gare d’Atocha, 23 septembre 2012

L. & L.

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Ólöf Arnalds
Innundir Skinni (2010)

Ólöf Arnalds -- Innundir Skinni (2010)Innundir Skinni / Ólöf Arnalds, chant, piano, guitare, violon, alto, charango, percussions, timbales ; Davíð Þór Jónsson, chant, piano, guitare, banjo, guitare basse, guitare baryton, percussions ; Skúli Sverrisson, guitare, dobro, guitare basse ; [etc.]. — London : One Little Indian, 2010. — 1 CD.

One Little Indian TPLP1065CD. — EAN 5016958130824

Innundir Skinni dans Discogs

Ólöf Arnalds sur Myspace
Ólöf Arnalds dans Wikipédia (fr)

Gente di Madrid

29 septembre 2012
tags:

Bibliothèque nationale d'Espagne, Madrid (Espagne), 21 septembre 2012 Bibliothèque nationale d’Espagne, Madrid (Espagne), 21 septembre 2012

Musée Reina Sofía, Madrid (Espagne). Bâtiment Jean Nouvel, 22 septembre 2012 Musée Reina Sofía, Madrid (Espagne). Bâtiment Jean Nouvel, 23 septembre 2012

Madrid (Espagne), Calle del Almendro, 22 septembre 2012 Madrid (Espagne), Calle del Almendro, 22 septembre 2012

Gente di Madrid, c’est pas de l’espagnol ça
Je sais, mais je ne suis pas espagnol, non plus
— Et tu es italien, peut-être ?
Non, mais que veux-tu, ça m’est venu comme ça
— Et tu expliques ça comment ?
Je ne sais pas. Ça ne s’explique pas.
— Je te trouve bien optimiste.

L. & L.

Il fait toujours nuit à Amsterdam ?

29 septembre 2012
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Amsterdam (Pays-Bas), 19 septembre 2012 Amsterdam (Pays-Bas), 19 septembre 2012

Amsterdam, 18 septembre 2012     Amsterdam (Pays-Bas), 18 septembre 2012

Amsterdam (Pays-Bas), 19 septembre 2012     Amsterdam (Pays-Bas), 18 septembre 2012
Amsterdam (Pays-Bas), 19 septembre 2012

Amsterdam (Pays-Bas), 18 septembre 2012 Amsterdam (Pays-Bas), 19 septembre 2012

Mais non voyons, dans aucun lieu du monde il ne fait toujours nuit.
— Pourtant, sur tes photos…
Évidemment qu’il fait nuit : elles ont été prises de nuit.
— Tu en as où il fasse jour ?
Non, pas sur moi, mais ça ne prouve rien.
— Moi tu sais, je suis comme saint Thomas. Et ce que je vois, c’est une ville où il fait nuit.
Tu n’as qu’à y aller, tu verras par toi-même.
— Tu n’y penses pas, je suis nyctophobe (et tu le sais ; tu veux me nuire, c’est ça ? Tu veux me nuire ?)

L. & L.

Madrid. Musée Reina Sofía

29 septembre 2012

Dans le musée Reina Sofía, Madrid (Espagne). Bâtiment Jean Nouvel, 23 août 2012 Dans le musée Reina Sofía, Madrid (Espagne). Bâtiment Jean Nouvel, 23 septembre 2012. La ville se reflète dans l’avancée du toit.

Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid (Espagne). Exposition Espectros de Artaud. Lenguaje y arte en los años cincuenta, 23 août 2012 Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid (Espagne). Exposition Espectros de Artaud. Lenguaje y arte en los años cincuenta, 23 septembre 2012

Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid (Espagne), Exposition Espectros de Artaud, 23 août 2012 « Hasta ahora ha habido dos modelos económicos » (Jusqu’à présent il y a eu deux modèles économiques).
Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid (Espagne). Exposition Espectros de Artaud. Lenguaje y arte en los años cincuenta. Projection du film Le film est déjà commencé ?, Maurice Lemaître, 1951.

Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid (Espagne). Exposition Espectros de Artaud. Lenguaje y arte en los años cincuenta, 23 août 2012 Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid (Espagne). Exposition Espectros de Artaud. Lenguaje y arte en los años cincuenta, 23 septembre2012

Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid (Espagne). Exposition Espectros de Artaud. Lenguaje y arte en los años cincuenta, 23 août 2012 Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid (Espagne). Exposition Espectros de Artaud. Lenguaje y arte en los años cincuenta, 23 septembre 2012

Musée Reina Sofía, Madrid (Espagne). Bâtiment Jean Nouvel, 23 septembre 2012 Musée Reina Sofía, Madrid (Espagne). Bâtiment Jean Nouvel, 23 septembre 2012

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Internet :

Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid (Espagne)
Exposition Espectros de Artaud. Lenguaje y arte en los años cincuenta, 19 septembre – 17 décembre 2012

Visionner Le film est déjà commencé ? de Maurice Lemaître sur ubuweb (début du film à 2 min 35 s)
Maurice Lemaître dans Wikipédia (fr)
Le film est déjà commencé ? de Maurice Lemaître dans Wikipédia (fr)

C’est toi Bruxelles ?

27 septembre 2012
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Cht’avais pas vue

Bruxelles, Mont des Arts, 19 septembre 2012 Bruxelles, Mont des Arts, 19 septembre 2012

Bruxelles, vue depuis le Mont des Arts, 19 septembre 2012 Bruxelles, vue depuis le Mont des Arts, 19 septembre 2012

Bruxelles, Botanique, 19 septembre 2012 Bruxelles, Botanique, 19 septembre 2012

— Cht’imaginais pas comme ça

— Tu m’imaginais comment alors ?

— Chais pas trop

— Comme ça ?

Bruxelles, Parc de Bruxelles, 19 septembre 2012

« Dites-lui avec des frites », Bruxelles, Parc de Bruxelles, 19 septembre 2012

L. & L.

400e — Le fado, quel intérêt ?

26 septembre 2012

Amália Rodrigues. Tudo isto é fado / Aníbal Nazaré, paroles ; Fernando Carvalho, musique ; Amália Rodrigues, chant ; Domingos Camarinha, guitare portugaise ; Santos Moreira, guitare. Enregistrement public, Olympia, Paris, 1956.

Les billets marquant les centaines, je les ai consacrés à Amália (sauf un, le 200e) : 100e : Amália invicta ; Amália & Camões. 3. Erros meus (300e). C’est une révérence nécessaire, puisque à jamais elle restera l’interprète par excellence du fado. Nul ne l’égalera : si un interprète d’un éclat et d’un génie comparables devait un jour éclore au Portugal, ce ne pourrait être que dans un genre différent.

Encore que postuler, comme on le fait généralement, qu’Amália relève purement et simplement de la catégorie « fado » ne se justifie qu’à condition de s’entendre sur ce terme même de fado. Celui d’Amália c’est le fatum, c’est-à-dire le destin de tout être. Pour Amália, chanter c’est reconnaître les forces qui s’exercent sur le cours d’une vie — la sienne comme emblème des autres vies — et le modèlent à la manière de celles qui décident du cours d’un fleuve.

Le fado (style musical) aura été son terreau et sa nourriture, mais elle ne s’est jamais souciée de « faire du fado ». Ne s’est jamais tenue ni à un style de chant, ni à un registre thématique – encore moins ne s’est laissée brider par quelque obligation de conformité que ce soit –, ne s’interdisant rien, étonnée qu’on se scandalise de ce qu’on nommait ses audaces, ou ses libertés (s’autoriser Camões, chanter les compositions d’Alain Oulman, étendre son répertoire à la chanson italienne ou française, au folklore portugais ou mexicain, etc.). Pour elle, il s’agissait seulement de donner du sens à sa carrière. De rechercher une expression toujours plus juste et plus forte de son fado à elle, c’est-à-dire de son fatum, son destin. C’est en cela qu’elle était fadiste.

À la suite d’une mésaventure personnelle survenue à Lisbonne, je me méfie désormais du fado, que j’entends avec moins d’indulgence et d’aveuglement qu’auparavant – de cécité devrais-je dire. Je ne peux plus écouter aucun des innombrables enregistrements de fado industriel de ce XXIe siècle, ni ceux des fadistes de bonne volonté mais sans réel talent d’interprète ou sans qualité de vocaliste.

Je me plais assez dans l’ancien : Alfredo Marceneiro, Hermínia Silva qui étaient les plus grands, Maria Teresa de Noronha et encore quelques autres, ceux dont le fado est une fièvre.

Alfredo Marceneiro & Lucília do Carmo. Cabelo Branco é saudade / Henrique Rêgo, paroles ; musique traditionnelle (Fado Mouraria) ; Alfredo Marceneiro & Lucília do Carmo, chant ; instrumentistes non précisés.

Quant aux contemporains, je ne me laisse plus ravir par le premier moineau venu qui pépie en portugais. Il me faut du lourd, du solide, du grave. Je trie sur le volet. Resteraient :

Lula Pena, à mon avis la seule en qui on retrouve un peu de la chair et du sang d’Amália.

Raquel Tavares (renversante dans son duo avec Pedro Jóia, malheureusement resté sans suite à ma connaissance).

Raquel Tavares & Pedro Jóia. Deste-me um beijo e vivi / Vasco de Lima Couto, paroles ; Alfredo Marceneiro, musique (Fado cravo) ; Raquel Tavares, chant ; Pedro Jóia, guitare ; Andreia Silva, réalisation. Enregistrement : Antiga fábrica da Viúva Lamego, Lisbonne, 28 novembre 2011. (A música portuguesa a gostar dela própria).

Carminho (qui bien que s’en tenant essentiellement à une réinterprétation de fados traditionnels le fait avec force, et dispose de moyens vocaux à la hauteur de son répertoire).

Et encore :

l’adorable groupe OqueStrada, qui n’a pas la renommée qu’il mérite (sa chanteuse, Marta e Miranda, pétille d’intelligence et de malice comme le faisait Hermínia Silva ; en concert, elle empoigne la scène et produit autant d’énergie qu’une centrale nucléaire ; seulement elle est sans danger pour les populations alentour, et je la crois capable de résister aux tsunamis).

OqueStrada. Senhora do Tejo / José Luís Gordo, paroles ; José Fontes Rocha, musique ; OqueStrada, groupe vocal et instrumental ; Marta Miranda, réalisation. Sony Music, 2011.

António Zambujo, bon musicien, excellent chanteur, fadiste à ses heures (mais alors quel régal !).

Mísia, qui retient du fado son rituel théâtral ; elle est remarquable en concert.

Autrement je ne vois pas. Parfois quelques bonnes surprises par ci par là… je ne demande qu’à les trouver sur ma route.

L. & L.

Edson Cordeiro. Fado Português / José Régio, poème ; Alain Oulman, musique ; Edson Cordeiro, chant ; Broder Kühne, piano. Extrait de : The woman’s voice. Allemagne, Prime records, 2009.

Probablement

19 septembre 2012

Je t’écris depuis le thalys, entre Amsterdam et Bruxelles. Nous traversons de larges fleuves.
— Le Rhin, probablement. Écoute, j’en suis heureux pour toi, mais je ne vois pas pourquoi tu me l’écris, je ne sais même pas qui tu es.
— Ah bon ? Me serais-je trompé de destinataire ?
— D’expéditeur, plutôt.

L. & L.

Cristina Branco — Sonnet 136 de Shakespeare (Se a alma te reprova)

15 septembre 2012

Se a alma te reprova eu venha perto,
Jura à cega, que o teu ardor eu fosse;
Ardor tem, como saber, sítio certo,
E assim me enchas, amor, medida doce.
Ardor enche de ardor e amor teu cofre,
Ai, lardeia-o de ardor!, e ardor apronto
E bem prova que em vazadouro sofre:
Se o número é grande, eu só não conto.
Então que eu passe em grupo sem ser visto,
Sendo um nas contas dessa feitoria;
Tem-me em nada, se te agradar registo
De que este nada em ti é doçaria.

Faz só meu nome teu amor e amor;
E amas-me então pois eu te chamo Ardor.

William Shakespeare (1564-1616). Sonnet 135. Traduction portugaise (Vasco Graça Moura). Source : Cristina Branco, Sensus, Universal Classics France, cop. 2003.

Cristina Branco. Se a alma te reprova / poème de William Shakespeare ; Vasco Graça Moura, adaptation portugaise ; Custódio Castelo, musique ; Cristina Branco, chant ; Custódio Castelo, guitare portugaise ; Alexandre Silva, guitare ; Fernando Maia, basse acoustique ; Ricardo Dias, piano. — Vers 2004/2006. — Se a alma te reprova : adaptation du Sonnet 136 de William Shakespeare..

Détestable piano de Ricardo Dias, limite vulgaire, qui prend le pas sur la guitare portugaise de Custódio Castelo. Cristina Branco un peu à côté de la plaque elle aussi. Mieux vaut — de loin — l’enregistrement studio de l’album Sensus (voir au bas du billet).

Au fond cette tonalité est assez en accord avec celle du sonnet 136, qui est plein de sous-entendus sexuels appuyés. Il est particulièrement difficile à traduire en raison des multiples significations, explicites ou non, du mot will, sur lesquelles Shakespeare joue abondamment : la volonté, le désir (y compris sexuel), le prénom William dont il est un diminutif. Mais will était aussi à la Renaissance un mot argotique désignant l’organe sexuel, masculin ou féminin. Ce possible sens, il y a une intention évidente qu’il soit perçu, par exemple aux vers 5 et 6, qui prennent dès lors un éclairage des plus crus :

‘Will’, will fulfil the treasure of thy love,
Ay, fill it full with wills, and my will one.

C’est à dire, littéralement :

‘Will’ [William, ou le désir] emplira le trésor de ton amour,
Oui, il l’emplira [de désirs / de pénis], et mon [désir / pénis] un parmi d’autres.

Voir les traductions  de Robert Ellrodt et d’Yves Bonnefoy ci-dessous.

If thy soul check thee that I come so near,
Swear to thy blind soul that I was thy ‘Will’,
And will, thy soul knows, is admitted there;
Thus far for love, my love-suit, sweet, fulfil.
‘Will’, will fulfil the treasure of thy love,
Ay, fill it full with wills, and my will one.
In things of great receipt with ease we prove
Among a number one is reckon’d none:
Then in the number let me pass untold,
Though in thy store’s account I one must be;
For nothing hold me, so it please thee hold
That nothing me, a something sweet to thee:

Make but my name thy love, and love that still,
And then thou lov’st me for my name is ‘Will.’

William Shakespeare (1564-1616). Sonnet 135. Source : Projet Gutengerg.

——

Si ton âme, quand j’approche trop près, te retient,
Jure à ton âme aveugle que j’étais ton Désir,
Et, ton âme le sait, là désir trouve accueil :
Par amour donc, très chère, emplis mon vœu d’amour.
De ton amour Désir veut emplir le trésor ;
Oui, l’emplir de désirs et, parmi tous, le mien.
En large réceptacle, on le prouve aisément,
Perdu dans le grand nombre, un n’a valeur de nombre ;
Laisse-moi dans le nombre passer sans qu’on me compte,
Bien qu’en ton inventaire il faut que j’en sois un ;
Tiens-moi pour rien pourvu que ce rien, il te plaise
De le tenir pou quelque chose de doux pour toi.

De mon seul nom fais ton amour, aimé toujours :
Tu m’aimeras alors car mon nom est Désir.

William Shakespeare (1564-1616). Sonnet 29. Traduction française (Robert Ellrodt).

Si ton âme renâcle à me voir si près,
Dis à cette âme aveugle : c’est mon Will,
Car elle saura bien ce que le mot veut dire,
Et ton goût du plaisir saura me satisfaire.

Will ? Il aura comblé ta faim d’amour
Que tant de désirs comblent, et moi l’un d’eux.
En des lieux de si bel accueil il va de soi
Qu’un parmi tant ne se remarque guère.

Laisse-moi donc passer inaperçu
Bien qu’en tes sensations j’aie à compter,
Tiens-moi pour rien, mais un rien qui te tienne,
Un rien mais quelque chose qui te soit doux.

Aime mon nom seulement, et toujours,
Et ce sera m’aimer, car tu sais ce qu’est Will.

William Shakespeare (1564-1616). Sonnet 29. Traduction française (Yves Bonnefoy).

Sur Yves Bonnefoy, traducteur des Sonnets de Shakespeare :
Michael Edwards « Yves Bonnefoy et les Sonnets de Shakespeare », Littérature 2/2008 (n° 150), p. 25-39.
URL : www.cairn.info/revue-litterature-2008-2-page-25.htm.
DOI : 10.3917/litt.150.0025.

L. & L.

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Branco, Cristina
Sensus (2003)

Cristina Branco. Sensus (2003)Sonnet / Cristina Branco, chant ; Custódio Castelo, guitare portugaise ; Alexandre Silva, guitare ; Miguel Carvalhinho, guitare classique ; Fernando Maia, basse acoustique ; Ben Wolf, contrebasse ; André Dequech, piano. – [Antony] : [Universal licensing music] : [distrib. Universal division Mercury], P 2003. – 1 disque compact + 1 brochure.

Enregistré de septembre à décembre 2002, aux studios Pé de Vento, Salvaterra De Magos (Portugal), sauf un titre : studios Right Track, New York.

Emarcy classics 067 168-2. – EAN 0044006716824

Cristina Branco sur Myspace

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Shakespeare, William (1564-1616)
Sonnets. Traduction française (Ellrodt)

Shakespeare. Sonnets (traduction Robert Ellrodt). BabelSonnets / Shakespeare ; texte établi, traduit de l’anglais et présenté par Robert Ellrodt. – Éd. bilingue. – Arles : Actes Sud ; [Montréal] : Leméac, impr. 2007. – 1 vol. (444 p.) ; 18 cm. – (Babel ; 847).

Texte anglais et traduction française en regard. – Bibliogr., 5 p.

ISBN 978-2-7427-6938-4 (Actes Sud). – ISBN 978-2-7609-2711-7 (Leméac). – EAN 9782742769384

Shakespeare, William (1564-1616)
Sonnets. Traduction française (Bonnefoy)

Shakespeare. Sonnets (traduction Yves Bonnefoy). Gallimard PoésieLes sonnets ; précédés de Vénus et Adonis ; Le viol de Lucrèce ; Phénix et Colombe / William Shakespeare ; présentation et traduction d’Yves Bonnefoy. – [Paris] : Gallimard, impr. 2007. – 1 vol. (333 p.) ; 18 cm. – (Collection Poésie ; 437).

Bibliogr., 2 p.

ISBN 978-2-07034242-6. – EAN 9782070342426

Aldona — Sonnet 29 de Shakespeare

15 septembre 2012

Aldona Nowowiejska. Sonnet / poème de William Shakespeare ; Aldona Nowowiejska, adaptation polonaise, musique, chant ; images Ilone Gueugnon, Kevin Gueugnon, Cola ; montage Ilone Gueugnon, Philippe Gueugnon ; mixage et réalisation Philippe Gueugnon. — Captation : Satellit Café Roanne-Villerest, Villerest (Loire, France), 2010 ?. — Sonnet : adaptation du Sonnet 29 de William Shakespeare..

Kiedy w niełasce u ludzi i losu
Placzę od wszystkich nagle odtrącony
i dźwigam głos mój do głuchych niebiosów
i patrzę w siebie i klne zrozpaczony.
Chciałbym jak ów być w nadzieję bogaty.
Jak ów co wpośród przyjaciół króluje
Owe talenta, ów kunszt, owe szaty.
To co najmilsze, najmniej mnie raduje.
Lecz, kiedy w myśli wlasnym gardzę życiem
Wspominam Ciebie i z ziemi podnoszę
jako ptakowie zbudzeni o świcie,
głos mój, i hymnem radość niebios głoszę.

Twoja bo miłość przywodzi wspomnienia,
iżbym z królami losu nie zamieniał.

William Shakespeare (1564-1616). Sonnet 29. Polonais (adapt. Aldona Nowowiejska)

When, in disgrace with Fortune and men’s eyes,
I all alone beweep my outcast state
And trouble deaf heav’n with my bootless cries,
And look upon myself and curse my fate,
Wishing me like to one more rich in hope,
Featured like him, like him with friends possess’d,
Desiring this man’s art, and that man’s scope,
With what I most enjoy contented least;
Yet in these thoughts myself almost despising,
Haply I think on thee, and then my state,
(Like to the lark at break of day arising)
From sullen earth sings hymns at Heaven’s gate;

For thy sweet love rememb’red such wealth brings
That then I scorn to change my state with Kings.

William Shakespeare (1564-1616). Sonnet 29 (éd. Robert Ellrodt).

——

Lorsqu’en disgrâce auprès de Fortune et des hommes,
Solitaire, je pleure d’être ainsi rejeté,
Et de cris sans effet harcèle le ciel sourd ;
Que je vois mon état et maudis mon destin,
Souhaitant être semblable à l’un, riche d’espoir,
D’un tel avoir les traits ou les amis nombreux,
Désirant de l’un le talent, de l’autre les chances,
Moi, le moins satisfait de mes dons les meilleurs ;
Si pourtant, me méprisant presque en ces pensées,
Je pense à toi par chance, alors change mon sort,
Et comme l’alouette au point du jour s’élève
Loin du sol triste, je chante à la porte du ciel :

Ton cher amour remémoré me rend si riche
Qu’à l’état d’un monarque je préfère le mien.

William Shakespeare (1564-1616). Sonnet 29. Traduction française (Robert Ellrodt).

Honni de la Fortune, autant des hommes,
Je pleure, seul, mon destin de paria,
Le Ciel est sourd, en vain je l’importune
Je comprends qui je suis, je maudis mon sort

Et envie ceux qui ont quelque espérance
J’en voudrais les amis ou l’entregent,
J’en rêve le talent. Je ne dédaigne
Que ce qui est déjà de mon pouvoir.

Et pourtant ! L’alouette au point du jour
Dénie la terre sombre ; et même dans l’état
Où je suis, ce mépris, presque, que j’ai de moi,
Mon chant de toi monte aux portes du Ciel.

Si riche, à me savoir aimé de toi,
Que j’en mépriserais le sort même des rois.

William Shakespeare (1564-1616). Sonnet 29. Traduction française (Yves Bonnefoy).

Sur Yves Bonnefoy, traducteur des Sonnets de Shakespeare :
Michael Edwards « Yves Bonnefoy et les Sonnets de Shakespeare », Littérature 2/2008 (n° 150), p. 25-39.
URL : www.cairn.info/revue-litterature-2008-2-page-25.htm.
DOI : 10.3917/litt.150.0025.

L. & L.

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Aldona
Sonnet (2011)

Aldona -- Sonnet (2011)Sonnet / Aldona Nowowiejska, chant, guitare, percussions ; Raphael Dumas, mandoline, banjo, mandole, guitare ; Stephen Harrison, contrebasse ; Michel Schick, clarinette basse, saxophone soprano, ukulele, harmonica ; Sylvain Meillan, violoncelle ; [etc.]. — Bremen : Jaro Medien ; [France] ; L’autre distribution, distrib., 2011. — 1 CD.

Jaro 4305-2. — EAN 4006180430527

Aldona sur Myspace

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Shakespeare, William (1564-1616)
Sonnets. Traduction française (Ellrodt)

Shakespeare. Sonnets (traduction Robert Ellrodt). BabelSonnets / Shakespeare ; texte établi, traduit de l’anglais et présenté par Robert Ellrodt. – Éd. bilingue. – Arles : Actes Sud ; [Montréal] : Leméac, impr. 2007. – 1 vol. (444 p.) ; 18 cm. – (Babel ; 847).

Texte anglais et traduction française en regard. – Bibliogr., 5 p.

ISBN 978-2-7427-6938-4 (Actes Sud). – ISBN 978-2-7609-2711-7 (Leméac). – EAN 9782742769384

Shakespeare, William (1564-1616)
Sonnets. Traduction française (Bonnefoy)

Shakespeare. Sonnets (traduction Yves Bonnefoy). Gallimard PoésieLes sonnets ; précédés de Vénus et Adonis ; Le viol de Lucrèce ; Phénix et Colombe / William Shakespeare ; présentation et traduction d’Yves Bonnefoy. – [Paris] : Gallimard, impr. 2007. – 1 vol. (333 p.) ; 18 cm. – (Collection Poésie ; 437).

Bibliogr., 2 p.

ISBN 978-2-07034242-6. – EAN 9782070342426

Sans tressaillir

12 septembre 2012

Mer Baltique, entre Danemark et Allemagne, 19 août 2012 Mer Baltique, entre Danemark et Allemagne (Femern Bælt), 19 août 2012

Nous croisons des mouettes qui vont d’Allemagne au Danemark. D’autres nous accompagnent : elles se tiennent au-dessus du pont, ailes déployées, sans que leur vitesse varie aucunement par rapport à celle du ferry. Elles se jouent des bourrasques et de tout fluctuement, tout remous de l’air : expertes navigatrices.

Si sur le pont dans une bourrasque un chuchotement vient à se poser sur ton épaule, oiseau très tendre
et transparent, écoute bien sans tressaillir,
de crainte que le message ne s’efface en gardant son énigme, comme ta vie.
Pentti Holappa (1927- ). Voyage en mer. Extrait de : Sur la peau du tambour (1999), dans : Les mots longs, poèmes (1950-1994). Traduction du finnois par Gabriel Rebourcet

L. & L.

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Holappa, Pentti (1927- )
Les mots longs, poèmes (1950-1994). Traduction Rebourcet

Pentti Holappa. Les mots longs. Gallimard, 1997.Les mots longs : poèmes 1950-1994 / Pentti Holappa ; traduit du finnois et présenté par Gabriel Rebourcet. – [Paris] : Gallimard, 1997. — 196 pages ; 18 cm.
(Collection Poésie ; 307).

ISBN 2-07-032966-6.