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Dans la ville rozz. 2

15 octobre 2018

Caetano Veloso, lorsqu’il s’est produit à la Halle aux grains – je crois que c’était en 2009 – a d’abord salué le public d’une courte adresse en forme de préface, qu’il a tenu à prononcer en français. « Je suis très content d’être avec vous ce soir dans la ville rozz ». « Rozz », avec ce « r » des Brésiliens, plus grasseyé encore que le « r » français, articulé plus loin dans la gorge que le nôtre, et le « o » ouvert du portugais, plus ouvert même que celui des Toulousains.

La reine d’Angleterre, elle aussi, est venue en visite à Toulouse dans les années 2000. Non pas pour s’y produire à la Halle aux grains. J’ai le souvenir du centre ville bloqué, et de l’avoir entendue, à la radio sans doute, dire à quelle point elle était heureuse de se trouver « dans la ville rowse » avec l’accent et l’intonation caractéristiques des reines d’Angleterre. C’est curieux, n’est-ce pas, de constater à quel point les personnes britanniques sont pour ainsi dire mélangées à leur langue, comme si leur être en était absolument indissociable. C’est un des ingrédients dont elles sont faites. Même lorsqu’elles parviennent à une excellente connaissance d’une  langue étrangère, il leur est impossible en la parlant de se déprendre du rythme tyrannique de l’anglais, ni de la couleur très particulière de ce parler intransigeant. En français, elles se trahiront toujours par un appui exagéré sur telle syllabe, notamment celles que termine un r, qu’elles ne prononcent pas ou, au contraire, sur lequel elles forcent, par un « ooh je vois » élastique et chanté – alors même qu’il n’y a rien à voir –, ou par toutes sortes de fantaisies vocales, notamment mélodiques : mélismes, brusques montées dans l’aigu etc. Un peu comme du grégorien dansé.

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Toulouse (Occitanie, France), place Saint-Pierre, 12 octobre 2018 Toulouse (Occitanie, France), église Saint-Pierre des Chartreux, 12 octobre 2018

Toulouse (Occitanie, France), le Château d'eau, 13 octobre 2018 Toulouse (Occitanie, France), place Saint-Georges, 28 septembre 2018

Toulouse (Occitanie, France), 5 octobre 2018 Toulouse (Occitanie, France), rassemblement pour le climat, Pont neuf,13 octobre 2018

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Caetano Veloso | London London. Caetano Veloso, paroles et musique.
Caetano Veloso, chant.
Extrait de l’album Caetano Veloso / Caetano Veloso (℗1971).

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Dans la ville rozz. 1

15 octobre 2018
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Pour marquer le franchissement du 800e billet (celui-ci est le 801e) : quelques vignettes de la ville.

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Toulouse (Occitanie, France), rue Gambetta, 8 octobre 2018 Toulouse (Occitanie, France), Hôtel Dieu, 13 octobre 2018

Toulouse (Occitanie, France), rue d'Alsace Lorraine, 3 octobre 2018 Toulouse (Occitanie, France), rue du May, 5 octobre 2018

Toulouse (Occitanie, France), Musée des Abattoirs, 12 octobre 2018 Toulouse (Occitanie, France), rue Boulbonne, 5 octobre 2018

Sem fantasia | Chico Buarque, Cristina Buarque, Caetano Veloso, António Zambujo, Carminho

7 octobre 2018

Vem, meu menino vadio
Vem, sem mentir pra você
Vem, mas vem sem fantasia
Chico Buarque de Hollanda. Sem fantasia (1967)

Viens, mon vagabond
Viens, sans te mentir
Viens, mais viens sans masque


Chico Buarque & Cristina Buarque | Sem fantasia. Chico Buarque de Hollanda, paroles & musique.
Chico Buarque & Cristina Buarque, chant ; Chico Buarque, guitare.
Extrait de l’émission de télévision « Ensaio », prod. Fernando Faro (1927-2016). Brésil, TV Tupi, 1971. L’émission complète est accessible ici.

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Il n’y a pas si longtemps, mais je ne sais plus dans quelle publication, j’ai lu une interview d’António Zambujo dont je n’ai retenu qu’un détail, l’éloge d’un trait particulier de la société brésilienne. Au Brésil selon lui, la notion de virilité n’aurait pas la raideur qu’on lui assigne en Europe et ailleurs. Il disait, si je me souviens bien, qu’il aimait ce flou et qu’il s’y reconnaissait. Quelque chose comme ça.

La chanson Sem fantasia de Chico Buarque pourrait illustrer ce propos. Dans l’enregistrement original (paru dans l’album Chico Buarque De Hollanda, Volume 3, 1968), le chanteur, qui en est aussi l’auteur-compositeur, l’interprète en duo avec sa sœur Cristina, à qui échoit seule toute la première partie du texte, explicitement adressée à un jeune homme : « Vem, meu menino vadio… » (« viens, mon vagabond… »). La voix de Chico Buarque ne se fait entendre que dans la seconde strophe qui, bien que dans la continuité de la première, ne porte aucune marque grammaticale de genre. Pendant ce temps la voix féminine reprend la première strophe.

Les reprises de Sem fantasia reproduisent généralement ce schéma : une chanteuse seule pour la première moitié, rejointe par un chanteur pour la seconde : Maria Bethânia avec Chico Buarque (Chico Buarque & Maria Bethânia ao vivo, 1975), Roberta Sá avec António Zambujo dans l’album-hommage consacré par ce dernier à Chico Buarque (Até pensei que fosse minha, 2016), ou encore l’extraordinaire Carminho avec le même Zambujo, ici à Rio en 2016 :


António Zambujo & Carminho | Sem fantasia. Chico Buarque de Hollanda, paroles & musique.
António Zambujo & Carminho, chant ; accompagnement de guitare.
Captation : Cirdo voador, Rio de Janeiro (Brésil), 20 janvier 2016, dans le cadre du Festival MP,B 40 anos.

Cependant – pour en revenir au propos initial – on pouvait voir le jour de Noël de 1978, sur la chaîne de télévision TV Bandeirantes, basée à São Paulo, un « Especial Chico Buarque » au cours duquel le dédicataire de l’émission interprétait son Sem fantasia en duo avec l’intrépide Caetano Veloso, triomphant, armé de son sourire, qui, les yeux posés sur l’autre garçon, entonnait avec douceur l’adorable mélodie : « viens, mon vagabond… je t’enroulerai dans mes cheveux… je te veux fragile, je te veux fou, je te veux tout à moi. »


Caetano Veloso & Chico Buarque | Sem fantasia. Chico Buarque de Hollanda, paroles & musique.
Caetano Veloso & Chico Buarque, chant ; Chico Buarque, guitare.
Extrait de l’émission de télévision « Especial Chico Buarque », diffusée le 25 décembre 1978. Brésil, TV Bandeirantes, 1978.

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Vem, meu menino vadio
Vem, sem mentir pra você
Vem, mas vem sem fantasia
Que da noite pro dia
Você não vai crescer
Vem, por favor não evites
Meu amor, meus convites
Minha dor, meus apelos
Vou te envolver nos cabelos
Vem perder-te em meus braços
Pelo amor de Deus
Vem que eu te quero fraco
Vem que eu te quero tolo
Vem que eu te quero todo meu
Viens, mon vagabond
Viens, sans te mentir
Viens, mais viens sans masque
Car du jour au lendemain
Tu ne vas pas devenir grand
Viens, n’esquive pas
Mes avances, mon amour
Mes appels, ma douleur
Je t’enroulerai dans mes cheveux
Viens te perdre dans mes bras
Pour l’amour de Dieu
Viens, je te veux sans défense
Viens, je te veux sans boussole
Viens, je te veux tout à moi.
Ah, eu quero te dizer
Que o instante de te ver
Custou tanto penar
Não vou me arrepender
Só vim te convencer
Que eu vim pra não morrer
De tanto te esperar
Eu quero te contar
Das chuvas que apanhei
Das noites que varei
No escuro a te buscar
Eu quero te mostrar
As marcas que ganhei
Nas lutas contra o rei
Nas discussões com Deus
E agora que cheguei
Eu quero a recompensa
Eu quero a prenda imensa
Dos carinhos teus
Il faut que je te dise combien
L’instant même où je t’ai vu
M’a déchiré le cœur.
Je ne me sens coupable de rien,
Je veux juste que tu comprennes
Que je suis venu pour ne pas mourir
De toujours t’attendre
Il faut que tu saches tout
Des pluies que j’ai subies
Des nuits que j’ai passées
Dans l’ombre à te chercher
Il faut que je te montre
Les marques que m’ont laissées
Mes luttes avec le roi
Mes disputes avec Dieu.
Maintenant que je suis là
J’en attends la récompense
Fais-moi le don immense
De tes caresses.
Chico Buarque De Hollanda. Sem fantasia (1967).
Chico Buarque De Hollanda. Sans masque, traduit de Sem fantasia par L. & L.

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Amália Rodrigues, Charles Aznavour | Aie, mourir pour toi

2 octobre 2018

Amália Rodrigues (1920-1999). Aïe, mourir pour toi. Charles Aznavour, paroles et musique.
Amália Rodrigues, chant ; Domingos Camarinha, guitare portugaise ; Santos Moreira, guitare. Production : France, ORTF (Office de radiodiffusion télévision française), 1965. Première diffusion : 16 décembre 1965.

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Je ne crois pas avoir consacré un seul billet aux chansons françaises d’Amália Rodrigues. À vrai dire elles n’ont pas grand intérêt. De toutes celles qu’elle a enregistrées (une douzaine, une quinzaine peut-être) Amália n’en a d’ailleurs chanté que trois en scène, et toujours pendant une période assez brève. Pour assurer le service après-vente, en quelque sorte.

De toute façon, elle n’aimait pas chanter en français.

Eu não gosto de cantar francês, não gosto do som da língua francesa para cantar. Para nós, portugueses, há uma dificuldade muito grande em pronunciar certos sons e quem está a cantar preocupada em pronunciar bem, já não está a cantar, já não se entrega. O Charles Aznavour, que já era o meu amigo antes do Olympia e muito amigo do Coquatrix, queria fazer uma cantiga para mim. Ouviu-me cantar o « Ai, Mouraria » e para fazer um bocadinho de fado apanhou-lhe o princípio e fez o « Aïe, Mourir Pour Toi », que eu tive mesmo que cantar no Olympia [1957] e fez bastante sucesso. Depois, no Olympia esteva sempre o Coquatrix nos bastidores, quando eu estava no palco, a dizer: « Amália! Aïe, Mourir Pour Toi, s’il vous plaît! » E eu cantava. Gosto da música, gosto das palavras, só não gosto é de cantar em francês.
Amália Rodrigues (1920-1999). Dans : Vítor Pavão dos Santos. Amália, uma biografia. Lisboa, Ed. Presença, 2005, p. 125.

Je n’aime pas chanter en français, je n’aime pas le son de la langue française pour le chant. Pour nous Portugais, c’est très difficile de prononcer certains sons et quand il faut se concentrer sur la prononciation, on n’est plus en train de chanter, on ne peut pas se donner entièrement. Charles Aznavour, qui était un ami avant l’Olympia et qui était aussi très ami avec Coquatrix, voulait faire une chanson pour moi. Il m’avait entendue chanter « Ai, Mouraria » et pour faire quelque chose qui rappelle le fado il a repris ce début et c’est devenu « Aïe, Mourir Pour Toi », que j’ai dû chanter à l’Olympia [1957] et qui a eu un certain succès. Par la suite, quand j’étais sur scène à l’Olympia, il y avait toujours Coquatrix qui me demandait depuis les coulisses : « Amália ! Aïe, mourir pour toi, s’il vous plaît ! » Et je le chantais. J’aime la musique et les paroles, c’est juste que je n’aime pas chanter en français.

Quand je l’ai vue moi-même à l’Olympia, beaucoup plus tard, en 1985 et 1986, il s’est trouvé à chaque fois quelqu’un dans le public pour lui réclamer Aïe, mourir pour toi et chaque fois elle refusait, avec un grand sourire : « Aïe, mourir pour toi, non non ». C’était pourtant la meilleure chanson de son petit répertoire français.

Charles Aznavour en a lui-même enregistré une version bien différente. Différente même de celle-ci, que j’ai trouvée sur l’Internet, sans aucune indication sinon la date de 1957. À la fin de l’extrait, on reconnaît Bruno Coquatrix, directeur de l’Olympia, avec Odette Laure.

Charles Aznavour (1924-2018). Aïe, mourir pour toi. Charles Aznavour, paroles et musique.
Charles Aznavour, chant ; accompagnement de piano ; Odette Laure, Bruno Coquatrix, participants. Production : France, RTF (Radiodiffusion télévision française), 1957. Première diffusion : octobre 1957.

Kész az egész

30 septembre 2018

Voici cette chose qui, une fois vue et entendue, prend possession de vous. D’ailleurs on y revient de soi-même, on ne la laisse pas, on ne peut pas. On veut entendre encore ce piano hypnotique et dur, répétant ses coups, toujours les mêmes, comme une machine-outil, et la voix traînante qui, au bout d’une attente interminable, attaque enfin, douce et inoubliable : Kész… az egész… « c’est fini… tout ça…», et continue dans cette langue qu’on ne comprend pas, pleine de voyelles et de sons suaves. Il y a ces paroles qui reviennent : « soha már, soha talán », avec les s prononcés ch et les a sans accent presque o. Ça revient tout le temps. Ça obsède, on attend que ça revienne. Soha már, soha talán, « plus jamais, jamais peut-être ». Le bar s’appelle Titanik. Le film, Damnation (Kárhozat en v.o.).

Le bar est dans un noir épais, presque matériel, seulement troué par les personnages, chacun à sa table, chacun à sa solitude, éclairés à la manière des scènes du Caravage. La pluie abondante du début de la scène, épaisse elle aussi, bruyante, ne cesse jamais durant le film. Tous les extérieurs en sont noyés. À regarder on est frigorifié, oppressé par le bruit obstiné de cette pluie interminable. La boue, les chiens errants. La langue hongroise. Kész… az egész…

Kárhozat (1988), extrait. Titre français : Damnation.
Béla Tarr, réalisation, avec la participation d’Ágnes Hranitzky ; László Krasznahorkai & Béla Tarr, scénario ; Mihály Víg, musique ; Miklos B. Székely (Karrer), Vali Kerekes (la chanteuse), Hedi Temessy (la dame du vestiaire), acteurs. Sociétés de production : Mokép Films, Magyar Filmintézet (Budapest). Hongrie, 1988 (sortie hongroise).
Chanson : Kész az egész. Mihály Víg, paroles et musique.
[Vali Kerekes ?], chant ; Zoltán Csonka, Sándor Kaszab, accordéon ; Mihály Víg, piano ; János Újvári, saxophone ; József Dénes, guitare basse ; Gábor Balogh, batterie.

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Sur le film Kárhozat (Damnation), de Béla Tarr :

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Encore une fois ce bout de film, sans les sous-titres et jusqu’au bout. Il faut savoir ceci : Karrer, le personnage principal, a eu une liaison avec la chanteuse. Elle, cette chanteuse, y a mis fin. Cela on l’a su avant cette scène du bar où Kerrer, toujours obsédé d’elle, est revenu la voir. La chanson achevée, alors qu’il s’apprête à partir, il est rejoint et menacé par le mari de la chanteuse. La scène se termine par la magnifique séquence avec la dame du vestiaire. Elle lui dit de ne pas provoquer cet homme, qu’il se ferait écraser, détruire – et de fermer sa veste avant de sortir, car le brouillard pénètre partout, même en soi.

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Kész az egész
Mindennek vége,
Vége már és
Nem lesz másik
Nem lesz jó
Soha már
Soha talán.

Rémkép az egész
Talány, hogy honnan lesz új,
Hogy honnan jön el, ha jön,
Vagy nem jön el, soha már.
Soha talán.

Ez van, ezt kell szeretni.
Most már mit lehet tenni,
Torkodra forr szavad,
Elmenned nem szabad

Ennek rég vége már,
Jó hogy Nirvána vár,
Jó hogy nem fogok lenni,
Ez van, ezt kell szeretni.

Mondd, miért,
kicsim, miért,
miért van vége, vége már
Ès nem lesz másik,
nem lesz jó soha már,
soha talán.

Tőle és vele van a lélek,
Neki lelkesülnek a dolgok,
Nélküle minden kopár,
Vele meg teljes és boldog,
Hogy lenne vége? Szamár!
Soha már, soha talán.

Kész, ez kész, nincs vége,
Vége már.
Nem múlhatott el, és nem fog
Elmúlni soha már. Soha talán.
Talán soha már.
Mihály Víg (Víg Mihály selon l’usage hongrois). Kész az egész (1988).

Des paupières tragiques

23 septembre 2018

Si ce n’est déjà fait, vous devriez lire Madame Solario, je vous assure. C’est un roman qu’il faudrait avoir découvert jeune, afin d’en rester marqué toute la vie.

Un des personnages du roman (mais c’est tout à fait anecdotique) m’a fait penser à Gisela João. Celui de Missy, une jeune fille pétulante et versatile, qui chante elle aussi, quoique en amateur. Eugene Harden, le frère de madame Solario et l’un des deux héros du roman, en parle ainsi :

« Qui l’eût cru ? dit-il, il y a en elle quelque chose de tragique. Jamais on ne l’imaginerait à première vue, elle est si enfant gâtée, elle rit trop et elle est même un peu vulgaire. Mais, t’en souviens-tu, je t’ai dit un jour qu’elle m’inspirait un certain intérêt à cause de la forme de ses paupières. Maintenant, je vois pourquoi : ses paupières ont quelque chose de tragique. »
Gladys Huntington (1887-1959). Madame Solario, traduit de Madame Solario (1956) par Renée Villoteau, avec la collaboration de l’autrice. Les Belles lettres, 2018. ISBN 978-2-251-21007-0. Page 284.

Missy, qu’Eugene trouve « un peu vulgaire » n’en est pas moins capable de chanter admirablement et d’émouvoir aux larmes son auditoire.

Comme Gisela João.

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Gisela João | As rosas não falam. Cartola, paroles & musique.
Gisela João, chant ; Bernardo Romão, guitare portugaise ; Nelson Aleixo, guitare ; Francisco Gaspar, basse acoustique.
Production : Omroepvereniging VPRO. Pays-Bas, 2018. Première diffusion publique dans l’émission VPRO Vrije Geluiden du 18 mars 2018. Captation : complexe TivoliVredenburg, Utrecht (Pays-Bas).

As rosas não falam (« Les roses ne parlent pas ») est « un » samba – le mot est masculin en portugais – de Cartola (1908-1980), auteur compositeur interprète brésilien, originaire de Rio de Janeiro où il a vécu toute sa vie.

Cette chanson est considérée comme l’une des plus célèbres de son auteur. Gisela João l’a enregistrée pour son deuxième album de studio, Nua (2016), qui en compte une seconde, également célèbre, du même auteur : O mundo é um moinho (« Le monde est un moulin »). Elle interprète l’une et l’autre dans un style certainement beaucoup plus proche du fado que de la samba.

Pour mémoire, Cartola figure également au répertoire de Lula Pena (voir ce billet).

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Bate outra vez
Com esperanças o meu coração
Pois já vai terminando o verão
Enfim
Bats encore
D’espoir, mon cœur
Car l’été se termine
Enfin
Volto ao jardim
Com a certeza que devo chorar
Pois bem sei que não queres voltar
Para mim
Je retourne au jardin
Avec la certitude qu’il me faut pleurer
Car tu ne veux pas, je le sais
Me revenir
Queixo-me às rosas
Mas que bobagem
As rosas não falam
Simplesmente as rosas exalam
O perfume que roubam de ti, ai
Je dis toute ma peine aux roses
Mais quelle sottise
Les roses ne parlent pas
Simplement, les roses exhalent
Le parfum qu’elles te dérobent
Devias vir
Para ver os meus olhos tristonhos
E, quem sabe, sonhavas meus sonhos
Por fim
Tu devrais venir
Alors tu verrais mes yeux tristes
Et peut-être rêverais-tu mes rêves
Enfin
Cartola (1908-1980). As rosas não falam (1974).
Cartola (1908-1980). Les roses ne parlent pas, traduit de As rosas não falam par L. & L.

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Sur Madame Solario :

Francisco Stoffel | Oração

17 septembre 2018

Francisco Stoffel (1944?-1966) | Oração. Jorge Empis, paroles ; Alfredo Marceneiro, musique (Fado Cravo).
Francisco Stoffel, chant ; Conjunto de guitarras de Raul Nery, ensemble instrumental (Raul Nery & José Fontes Rocha, guitare portugaise ; Castro Mota, guitare ; Joel Pina, guitare basse acoustique). Espagne, 1966.

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Il est portugais, quoique son nom évoque le Rhin ou la Moselle. Je dis « il est », mais je ne devrais pas : il est mort en 1966, à l’âge de 22 ans, d’une maladie qui l’aurait emporté assez vite faute d’un diagnostic correct. Ce qui reste de lui, c’est un disque 45 tours de quatre titres – quatre fados traditionnels – enregistré pour une maison espagnole (Belter) l’année même de sa disparition. Il n’a probablement pas eu le temps d’en voir la publication.

Or cet enregistrement témoigne à la fois d’une personnalité vocale assez rare et d’une maîtrise vraiment remarquable de l’art du fado, qui laissaient augurer une grande carrière. On s’en rendra compte à l’écoute de cet Oração (« Prière »), chanté sur le splendide Fado cravo d’Alfredo Marceneiro – l’un des plus beaux fados traditionnels il est vrai. Il l’interprète magnifiquement, sur un tempo lent totalement habité par sa voix singulière, soutenue par l’ensemble instrumental de Raul Nery, l’un des meilleurs de l’époque.

C’est accompagnée de ce même ensemble qu’Amália Rodrigues enregistrera quelques mois plus tard (mars 1967), sur le poème Maldição d’Armando Vieira Pinto, une autre version du Fado cravo. De fait, lorsque après l’introduction instrumentale d’Oração c’est la voix singulière de Francisco Stoffel qui s’élève, l’effet de surprise est total lorsqu’on connaît l’enregistrement d’Amália.

Le poème, d’un certain Jorge Empis (sur lequel je n’ai trouvé aucune information), est malheureusement assez faible. La montée dynamique finale en particulier tombe un peu à plat.

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Quero-te mais do que a vida
Como quem com a morte lida
Quero a Deus Nosso Senhor
Quero-te com toda a alma
E ninguém me leva a palma
A querer-te com tanto ardor.
Je t’aime plus que la vie
Comme celui qui lutte avec la mort
J’aime Dieu Notre Seigneur
Je t’aime de toute mon âme
Et personne autant que moi
Ne t’aime d’une telle ardeur.
Como fadista à guitarra
Preso está na mesma garra
Assim preso por ti estou
Como a tristeza à saudade
Como a morte à eternidade
Como a dor a quem chorou.
Comme le fadiste, pris
Dans la griffe de sa guitare
Je suis prisonnier de toi
Comme la tristesse, de la saudade
Comme la mort, de l’éternité
Comme la douleur, de ceux qui pleurent.
Por isso confio ao fado
Que é amigo dedicado
As penas do coração
Pego na guitarra e canto
E às vezes este meu pranto
Faz lembrar uma oração.
C’est pourquoi je confie au fado
Qui est un ami fidèle
Les souffrances de mon cœur.
Je prends ma guitare et je chante
Et cette plainte qui s’élève
Ressemble à une prière.
Jorge Empis. Oração (vers 1966).
Jorge Empis. Prière, traduit de Oração par L. & L.

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Oração figure au répertoire de quelques fadistes – par exemple Ricardo Ribeiro –, preuve que Francisco Stoffel n’est pas oublié.

Ricardo Ribeiro (1944-1966) | Oração. Jorge Empis, paroles ; Alfredo Marceneiro, musique (Fado Cravo).
Ricardo Ribeiro, chant ; Pedro de Castro, guitare portugaise ; Carlos Manuel Proença, guitare ; Francisco Gaspar, guitare basse acoustique. Captation : Lisbonne, Mesa de Frades, 2012.
Video : Bruce Tupholme.

Sílvia Pérez Cruz | Mañana

7 septembre 2018

Sílvia Pérez Cruz | Mañana. Ana María Moix, paroles ; Sílvia Pérez Cruz, musique.
Sílvia Pérez Cruz, chant ; Carlos Monfort, violon ; Jaume Llombart, guitare ; Miquel Àngel Cordero, contrebasse.
Video réalisée pour le film documentaire Ana María Moix, passió per la paraula. Production : PlayFiction Video & TV3. Catalogne, 2016.

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La vidéo est extraite d’un film documentaire de 2016 consacré à l’écrivaine Ana María Moix (1947-2014). On suppose que la chanson, musique de Sílvia Pérez Cruz sur un texte de l’écrivaine, a été écrite exprès. Délicatesse du chant, souriant en dépit du thème du poème, élégamment accompagné d’un trio de cordes, guitare, violon, contrebasse. Sílvia Pérez Cruz  est décidément une artiste.

Le documentaire peut être visionné dans sa totalité (avec sous-titres français) ici.

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Cuando yo muera amado mío
no cantes para mí canciones tristes,
olvida falsedades del pasado,
recuerda que fueron solo sueños que tuviste.
Quand je mourrai, mon aimé
Ne chante pas pour moi des chansons tristes
Oublie les faux-semblants du passé
Souviens-toi que ce que tu as eu, ce n’était que des rêves.
¡Que falsa invulnerabilidad la felicidad!
¿Dónde está ahora?
¿Dónde estará mañana?
Quelle fausse invulnérabilité que le bonheur !
Où est-il à présent ?
Où sera-t-il demain ?
Cuando yo muera amado mío
no me mandes flores a casa,
no pongas rosas sobre el mármol de mi fosa, no,
no escribas cartas sentimentales
que serían solo para ti.
Quand je mourrai, mon aimé
Ne m’envoie pas de fleurs à la maison
Ne pose pas de roses sur le marbre de ma tombe, non,
N’écris pas ces lettres sentimentales
Qui ne seraient destinées qu’à toi.
Cuando yo muera mañana, mañana, mañana
habrá cesado el miedo de pensar
que ya siempre estaré sola.
Quand je mourrai demain, demain, demain
La peur de penser que je serai seule pour toujours
Aura cessé.
Ana María Moix (1947-2014). Mañana.
Ana María Moix (1947-2014). Demain, traduit de Mañana L. & L.

 

Roberto M. Giordi | Core ‘ngrato

6 septembre 2018

Roberto M. Giordi | Core ‘ngrato. Riccardo Cordiferro (pseud. de Alessandro Sisca), paroles ; Salvatore Cardillo, musique.
Roberto M. Giordi, chant ; Piero de Asmundis, arrangements et production artistique. Extrait de l’album Il sogno di Partenope (à paraître).
Vidéo : Alessandro Freschi, réalisation et montage. Italie, 2018.

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Le cher Roberto, le Napolitain de Paname, enlève le haut dans sa nouvelle vidéo. Le bas aussi, il ne faut pas en douter même si on ne le voit pas, car Core ‘ngrato, l’une des plus célèbres chansons napolitaines, parle de dépouillement absolu : « Tu m’as pris ma vie » dit le refrain. Ce morceau est le premier publié d’un album entièrement consacré à Naples, Il sogno di Partenope (« Le songe de Parthénope »), à paraître sous peu.

La chanson remonte à 1911. Le texte est l’œuvre d’un certain Alessandro Sisca, Napolitain émigré en 1892 aux États-Unis où il a connu une carrière de journaliste, d’écrivain et de comédien. Il signait ses poèmes du pseudonyme de Riccardo Cordiferro (« Richard Cœur-de-Fer ») et c’est pourtant ce « Cœur ingrat » qui l’a rendu célèbre. Core ‘ngrato, créé par Caruso, est au répertoire de tous les interprètes de chansons napolitaines ; on en trouve d’innombrables versions sur le Web. Ce sonts souvent des ténors, qui ne font pas toujours dans la nuance, qui s’en emparent, mais on peut aussi l’entendre par des voix moins tonitruantes, par exemple celle du grand Roberto Murolo.

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Catarì, Catarì,
Pecché me dice sti parole amare,
Pecché me parle e ‘o core
Me turmiente Catarì?
Nun te scurdà ca t’aggio date ‘o core, Catarì
Nun te scurdà!
Catarì, Catarì, che vene a dicere
Stu parlà, che me dà spaseme?
Tu nun nce pienze a stu dulore mio
Tu nun nce pienze tu nun te ne cure
Caterina, Caterina,
Pourquoi tu me dis toutes ces paroles amères?
Pourquoi tu me parles, pourquoi
tu me tortures le cœur, Caterina?
N’oublie pas que je t’ai donné mon cœur, Caterina
N’oublie pas !
Caterina, Caterina, qu’est-ce que ça veut dire
Ce que tu racontes ? Ça me met hors de moi
Tu n’as pas idée de tout ce que je souffre
Tu n’y penses pas, ça t’est bien égal
Core, core ‘ngrato
Te haie pigliato ‘a vita mia
Tutt’ è passato
E nun nce pienze cchiù!
Cœur, cœur ingrat
Tu m’as pris ma vie
Pour toi c’est du passé
Et tu n’y penses plus.
Catarì, Catarì,
Tu nun ‘o saie ca ‘nfin int’a na chiesa
Io só trasuto e aggio priato a Dio, Catarì
E l’aggio ditto pure a ‘o cunfessore:
I’ sto a suffrì
Pe chella llà!
Caterina, Caterina
Tu ne sais pas ? Je suis même entré
Dans une église et j’ai prié Dieu, Caterina
Et je l’ai dit aussi au confesseur :
J’ai mal
À cause de cette femme-là !
Sto a suffrì,
Sto a suffrì, nun se pó credere,
Sto a suffrì tutte li strazie!
E ‘o cunfessore ca è persona santa,
M’ha ditto: Figlio mio, lassala stà, lassala stà
J’ai mal
Tellement qu’on ne peut pas le croire
Je souffre tous les tourments !
Et le confesseur, qui est un saint homme
M’a dit : Mon fils, oublie-la, oublie-la
Core, core ‘ngrato
Te haie pigliato ‘a vita mia
Tutt’ è passato
E nun nce pienze cchiù!
Cœur, cœur ingrat
Tu m’as pris ma vie
Pour toi c’est du passé
Et tu n’y penses plus.
Riccardo Cordiferro (1875-1940). Core ‘ngrato (1911).
Riccardo Cordiferro (1875-1940). Core ‘ngrato, traduit par L. & L. à partir de la traduction italienne publiée dans Wikipedia [it]

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Αρλέτα [Arléta] (1945-2017) | Μια φορά θυμάμαι [Mia forá thymámai]

4 septembre 2018

Αρλέτα [Arléta] (1945-2017). Μια φορά θυμάμαι [Mia forá thymámai]. Γιώργος Παπαστεφάνου [Giṓrgos Papastefánou], paroles ; Γιάννης Σπανός [Giánnis Spanós], musique.
Αρλέτα, chant et guitare. Grèce, Ελληνική Ραδιοφωνία Τηλεόραση (ΕΡΤ) [Radio Télévision hellénique (ERT)], vers 1966.
Note : Γιάννης Σπανός [Giánnis Spanós], le compositeur de cette chanson, a débuté sa carrière en France sous le nom de Yani Spanos, d’abord comme pianiste-accompagnateur, puis comme compositeur (par exemple pour l’album Complainte amoureuse, sur des textes de Verlaine, Desnos, Aragon, Éluard et d’autres, publié par Juliette Gréco en 1969). Voir l’article qui lui est consacré dans Wikipédia.

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Arléta a été, dans les années 60, l’une des vedettes du Νέο κύμα [Néo kýma] (« nouvelle vague », ainsi nommée en référence à la Nouvelle vague française, bien qu’il se soit agi d’un mouvement purement musical). Elle est restée, jusqu’à sa mort l’an dernier, en 2017, extrêmement populaire en Grèce. En dépit d’un accident cardiaque qui l’a laissée partiellement paralysée en 2008, elle continuait à se produire en public. En France, elle est apparue à une ou deux reprises au côtés de Georges Moustaki.

Μια φορά θυμάμαι [Mia forá thymámai] (Il était une fois… je m’en souviens) est l’une de ses chansons les plus connues de l’époque « Néa kýma ». Elle est extraite de son premier album, simplement intitulé Αρλέτα, paru en 1966. Son style évoque un peu Joan Baez – et plus encore Françoise Hardy, non ?

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Νύχτα βροχερή άδειο το χέρι
ψάχνει να σε βρει μα δεν το ξέρει
πού θα σε βρει
Nuit pluvieuse ; la main vide
cherche à te trouver et ne sait pas
où te trouver
Μια φορά θυμάμαι μ’ αγαπούσες τώρα βροχή
μια φορά θυμάμαι μου μιλούσες τώρα σιωπή
Il était une fois… tu m’aimais, je m’en souviens, et à présent : la pluie
Il était une fois… tu me parlais, je m’en souviens, et à présent : le silence
Πέτρωσ’ η φωνή και πώς να κλάψει
που ’φυγες εσύ έχουν ανάψει
χίλιοι καημοί
La voix s’est pétrifiée : comment pleurer ?
Tu es parti, faisant naître mille fois
Le mal de toi
Μια φορά θυμάμαι μ’ αγαπούσες τώρα βροχή
μια φορά θυμάμαι μου μιλούσες τώρα σιωπή
Il était une fois… tu m’aimais, je m’en souviens, et à présent : la pluie
Il était une fois… tu me parlais, je m’en souviens, et à présent : le silence
Θα ’ρθει το πρωί και θα περάσει
θα με λυπηθεί θα με ξεχάσει
όπως κι εσύ
Le matin viendra et passera
Il aura pitié de moi et puis il m’oubliera,
Comme toi
Μια φορά θυμάμαι μ’ αγαπούσες τώρα βροχή
μια φορά θυμάμαι μου μιλούσες τώρα σιωπή
Il était une fois… tu m’aimais, je m’en souviens, et à présent : la pluie
Il était une fois… tu me parlais, je m’en souviens, et à présent : le silence
Γιώργος Παπαστεφάνου [Giṓrgos Papastefánou]. Μια φορά θυμάμαι [Mia forá thymámai] (1966).
Γιώργος Παπαστεφάνου [Giṓrgos Papastefánou]. Il était une fois… je m’en souviens, traduit de Μια φορά θυμάμαι [Mia forá thymámai] (1966) L. & L.
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Note sur la traduction : je ne parle pas le grec. Cette traduction n’est donnée qu’à titre indicatif. Elle a été réalisée à partir d’une traduction automatique, de traductions espagnole et italienne extraites du site stixoi.info, et de divers outils : dictionnaire bilingue en ligne, tableau des conjugaisons des verbes grecs, etc.

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L’enregistrement studio publié, extrait de l’album Αρλέτα [Arléta] de 1966 :

Αρλέτα [Arléta] (1945-2017). Μια φορά θυμάμαι [Mia forá thymámai]. Γιώργος Παπαστεφάνου [Giṓrgos Papastefánou], paroles ; Γιάννης Σπανός [Giánnis Spanós], musique.
Αρλέτα, chant et guitare. Extrait de l’album Αρλέτα [Arléta]. Grèce, 1966.