Ball del vetlatori | Maria Arnal i Marcel Bagés
C’est un chant pour veiller un enfant mort.
Il se nomme Danse de la veillée, car selon la tradition, répandue autrefois au sud de la Catalogne et en pays valencien, les veilleurs chantaient et dansaient autour de l’enfant.
« Vie brève, mort petite / Ta voix quitte ton corps / Des vents viennent, la recueillent / Et la chantent alentour / Ta voix quitte ton corps / Et les vents la sèment dans les champs / Et tu es sillon, graine, herbe et fleur / Rosée, chant d’oiseau / Et les vents la portent sur les mers / Et tu es vague forte et rumeur / des fonds de l’océan. »
Maria Arnal et Marcel Bagés sont de Barcelone.
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Maria Arnal i Marcel Bagés | Ball del vetlatori. Maria Arnal et tradition, paroles ; Maria Arnal et Marcel Bagés, musique.
Maria Arnal, chant ; Marcel Bagés, guitare.
Vidéo : Tots Sants, production et réalisation. Catalogne, 2015.
Vida breu, mort petita
la teva veu deixa el cos
la prenen vents que arriben
i la canten pels volts
la teva veu deixa el cos
i els vents la sembren pels camps
i ets solc, llavor, herba i flor,
rosada, cançó de pardal
la teva veu deixa el cos
i els vents la duen als mars
i ets ona forta i remor
dels profunds de l’oceà
la teva veu deixa el cos
Vie brève, mort petite
Ta voix quitte ton corps
Des vents viennent, la recueillent
Et la chantent alentour
Ta voix quitte ton corps
Et les vents la sèment dans les champs
Et tu es sillon, graine, herbe et fleur
Rosée, chant d’oiseau
Ta voix quitte ton corps
Et les vents la portent sur les mers
Et tu es vague forte et rumeur
des fonds de l’océan
Ta voix quitte ton corps. La cosa més dolça i fina
més que el millor pensament
i a tots els presents ens dol
que estigui de cos present
la cosa més dolça i fina
La plus douce des choses
Plus que la pensée la plus douce
Et ça nous fait mal à tous
Ce petit corps qui est là
La plus douce des choses. El pare i la mare ploren
no ploreu pel xiquet
que s’ha mort la criatura
i s’ha tornat angelet
el pare i la mare ploren
Le père et la mère pleurent
Ne pleurez pas pour le petit
Car il est mort le petit
Et il est un ange à présent
Le père et la mère pleurent. I el vetlatori a l’albat
xiquetes vol començar
que està ja tot preparat
i podreu anar ballant
la cosa més dolça i fina
Et la veillée de l’enfant
Les petites veulent commencer
Puisque tout est déjà prêt
Et vous pourrez commencer la danse
La plus douce des choses. …… Maria Arnal et traditionnel (Pays valencien).
Ball del vetlatori.Maria Arnal et traditionnel (Pays valencien).
Danse de la veillée funèbre, traduit de : Ball del vetlatori par L. & L.
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Pourtant je n’ai pas rêvé
Il y a quelqu’un.

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Il n’y a plus personne.

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Comme le temps passe.
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Pourtant je n’ai pas rêvé. Je me surprends quelquefois à dire cette phrase dans la rue, comme si j’entendais la voix d’un autre. Une voix blanche. Des noms me reviennent à l’esprit, certains visages, certains détails. Plus personne avec qui en parler. Il doit bien se trouver deux ou trois témoins encore vivants. Mais ils ont sans doute tout oublié. Et puis, on finit par se demander s’il y a eu vraiment des témoins.
Patrick Modiano. L’herbe des nuits (2012). Gallimard, impr. 2015 (Folio ; 5775), ISBN 978-2-07-045696-3, page 9.
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« Un peu dissimulée aux yeux des autres »
Jeanne Moreau est morte ce matin.
On dirait que 2017 est l’année où tout meurt en France.
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Jeanne Moreau (1928-2017) et Marguerite Duras (1914-1996) | Jeanne Moreau par Marguerite Duras. Extrait de l’émission Dim Dam Dom du 28 juillet 1965.
Marguerite Duras et Jeanne Moreau, participantes ; Roger Pic, réalisation. Production : ORTF [Office national de radiodiffusion télévision française]. France, 1965.
Voir sur le site de l’INA
Mina | Tintarella di luna
« Italians do it better. »
È proprio vero.
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Mina | Tintarella di luna. Franco Migliacci, paroles ; Bruno De Filippi, musique.
Mina, chant ; I Solitari, groupe instrumental.
Extrait du film Juke box, urli d’amore (Italie, 1959). Mauro Morassi, réalisation ; Ugo Guerra, Ottavio Alessi, Fabio De Agostini, scénaristes ; Mario Carotenuto, Marisa Merlini, Mario Girotti, … acteurs. Sorti en France en 1964 sous le titre : Pousse pas grand-père dans les orties.
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Abbronzate, tutte chiazze,
pellirosse un po’ paonazze
son le ragazze che prendono il sol
ma ce n’e’ una
che prende la luna.
Tintarella di luna,
tintarella color latte
tutta notte sopra il tetto
sopra al tetto come i gatti
e se c’e’ la luna piena
tu diventi candida.
Tintarella di luna,
tintarella color latte
che fa bianca la tua pelle
ti fa bella tra le belle
e se c’e’ la luna piena
tu diventi candida.
Tin tin tin
raggi di luna
tin tin tin
baciano te
al mondo nessuna e’ candida come te.
Elles sont noires, on dirait des taches
Ou des peaux-rouges bien rouges
Ces filles qui prennent le soleil
Mais il y en a une
Une qui prend la lune.
Bain de lune
Bain couleur de lait
Toute la nuit sur le toit
Sur le toit comme les chats
Et s’il y a pleine lune
Toi, tu deviens comme neige !
Bain de lune
Bain couleur de lait
Qui rend ta peau blanche
Te fait belle entre les belles
Et s’il y a pleine lune
Toi, tu deviens comme neige !
Tin tin tin
Les rayons de lune
Tin tin tin
Te caressent
Personne au monde n’est aussi blanche que toi ! …… Franco Migliacci (né en 1930).
Tintarella di luna (années 1960).Franco Migliacci (né en 1930).
Bain de lune, traduit de : Tintarella di luna (années 1960) par L. & L.
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Sílvia Pérez Cruz | Mechita
Sílvia Pérez Cruz publie un nouvel album, Vestida de nit. Sa voix seule, accompagnée d’un quintette à cordes. Quel événement !
Vestida de nit est composé de pièces qui faisaient déjà partie du répertoire de la chanteuse, certaines depuis ses débuts (Vestida de nit, musique de son père Càstor Pérez, texte de sa mère Glòria Cruz, Corrandes d’exili, de Pere Quart et Lluís Llach, Gallo rojo, gallo negro, …).
En voici un aperçu : Mechita est une valse du compositeur péruvien Manuel Raygada Ballesteros (1904-1971), natif de Callao — le port de Lima, bien connu des tintinophiles.
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Sílvia Pérez Cruz | Mechita (extrait). Manuel Raigada Ballester, paroles & musique.
Javier Galiana de la Rosa, arrangement ; Sílvia Pérez Cruz, chant ; Elena Rey & Carlos Montfort, violon ;Anna Aldomà, alto ; Joan Antoni Pich, violoncelle ; Miquel Àngel Cordero, contrebasse.
Vidéo : igor.cat [Igor Cortadellas], réalisation ; Juan Casanovas, son. 2015.
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Encore ! Une version avec guitare seule, enregistrée en 2013 à Arles :
Sílvia Pérez Cruz | Mechita. Manuel Raigada Ballester, paroles & musique.
Sílvia Pérez Cruz, chant ; Mario Mas, guitare.
Vidéo : Arte, production. Captation : Arles (France), Festival Les Suds, 10 juillet 2013.
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Encore ! La version de Vestida de nit — un enregistrement récent réalisé au Chili :
Sílvia Pérez Cruz | Mechita. Manuel Raigada Ballester, paroles & musique.
Javier Galiana de la Rosa, arrangement ; Sílvia Pérez Cruz, chant ; Elena Rey & Carlos Montfort, violon ;Anna Aldomà, alto ; Joan Antoni Pich, violoncelle ; Miquel Àngel Cordero, contrebasse.
Captation : Chili, 17 juin 2017. Son désagréable les premières secondes.
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Mechita de mis ensueños,
muñequita seductora,
tu juventud atesora
todo un mundo de esplendor;
el misterio de tus ojos
ha turbado toda mi calma
y hace nacer en mi alma
una esperanza de amor.
Mechita de mes rêves,
Ma poupée séductrice
Ta jeunesse rassemble
Tout un monde de splendeur.
Le mystère de tes yeux
A troublé tout mon calme
Et fait naître dans mon âme
Un espoir d’amour. Mechita eres linda,
tus ojos,
tus ojos me fascinan,
tu boca,
tu boquita divina
quisiera,
quisiera yo besar.
Mechita tu es belle,
Tes yeux
Tes yeux me fascinent,
Ta bouche,
Ta divine petite bouche,
Je voudrais,
Je voudrais l’embrasser. Mechita, tú bien sabes
lo mucho,
lo mucho que te quiero,
por eso,
por eso te ruego
no me hagas sufrir más.
Mechita tu sais bien
Combien,
Combien je t’aime,
Et donc,
Et donc je t’en prie
Ne me fais pas souffrir davantage. …… Manuel Raygada Ballesteros (1904-1971).
Mechita (années 1960).Manuel Raygada Ballesteros (1904-1971).
Mechita, traduit de : Mechita (années 1960) par L. & L.
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Maria Emília | Procura-me esta noite (Fado Laranjeira)
Maria Emília est une fadiste d’origine brésilienne, établie au Portugal de longue date (voir aussi : Maria Emília | Saudades de Júlia Mendes).
Elle est impressionnante dans ce Procura-me esta noite (« Viens me retrouver ce soir »), dont la musique est celle du Fado Laranjeira (« Fado de l’oranger ») d’Alfredo Marceneiro.
Dès son commencement le fado vous prend vous aussi. La dernière strophe vous soulève. Vous pleurez.
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Maria Emília | Procura-me esta noite. Paco Gonzalez, paroles ; Alfredo Marceneiro, musique (Fado Laranjeira)
Maria Emília, chant ; Luís Ribeiro, guitare portugaise ; Jaime Martins et Ricardo Belo, guitare (viola de fado) ; Luís N´Gambi, basse acoustique.
Vidéo : 4FadoLisbon.
Captation : Lisbonne, Restaurant A Nini, 21 mars 2013, à l’occasion de la « Noite Nuno de Aguiar ».
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Procura-me esta noite noite, eu
[quero-te contar
O que passei sem ti desde que te
[deixei
Procura-me esta noite e sabe
[perdoar
Que eu esqueço o que sofri p’lo muito
[que te amei
Viens me trouver ce soir, je veux te
[raconter
Ce que j’ai souffert sans toi depuis que je
[t’ai quitté
Viens me trouver ce soir et sache
[pardonner
Car j’oublie mes souffrances de tant t’avoir aimé. Procura-me esta noite, à hora do
[costume
Que eu levo o coração repleto
[de ansiedade
Procura-me esta noite, os meus lábios
[são lume
E o fogo da paixão mata-me de
[saudade
Viens me trouver ce soir, à l’heure
[habituelle
Car j’ai le cœur dévoré
[d’inquiétude
Viens me trouver ce soir, mes lèvres
[sont comme la braise
Et le feu de la passion me consume de
[saudade. Procura-me esta noite, a noite é dos
[amantes
E o mundo de nós dois é poema
[de amor
Encontras nesta noite mil noites como
[dantes
Cheiinhas de alegria, de beijos e calor
Viens me trouver ce soir, la nuit est aux
[amants
Et notre monde à nous est poème
[d’amour
Cette nuit sera comme mille de nos
[anciennes nuits
Toute pleine de joie, de baisers, de
[chaleur. Procura-me esta noite, se sabes que
[sou tua
Não deixes que o rancor no teu peito
[se acoite
Se a vida é tão pequena, não esperes
[amor meu
A zanga já passou, procura-me esta noite
Viens me trouver ce soir, si tu sais que
[je t’aime
Ne laisse pas la rancune se ficher dans
[ton cœur
La vie est courte, n’attends pas
[davantage
La dispute est finie, viens me trouver ce soir. …… Paco Gonzalez.
Procura-me esta noite.Paco Gonzalez.
Viens me trouver ce soir, traduit de : Procura-me esta noite par L. & L.
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Rideau

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Mathilda

Où vas-tu Mathilda ? Où vas-tu ce soir ?
Faire un tour. Le long du canal.
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Quel canal ?
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Jeanne Moreau | Où vas-tu Mathilde. Cyrus Bassiak [Serge Rezvani], paroles et musique.
Jeanne Moreau, chant ; arrangements et direction Elek Bacsik.
Claude Lelouch, réalisation. France, 1966.
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Castigo de Deus
Drôle de fado celui-ci. Les paroles, la musique, tout.
Ce Castigo de Deus (« Châtiment de Dieu ») est l’œuvre, paroles et musique, de Frederico de Brito (1894-1977), surnommé Britinho, connu surtout pour son inépuisable activité de parolier de fados et de marches. Son nom est présent dans la discographie de la plupart des fadistes du vingtième siècle, y compris les plus fameux.
Il a aussi composé aussi des musiques (Canoas do Tejo, du répertoire de Carlos do Carmo, par exemple), parfois plus proches de la chanson que du fado (Aquela janela virada para o mar, interprété par Tristão da Silva, repris par António Zambujo dans un de ses premiers albums). Castigo de Deus entrerait plutôt dans cette catégorie des fados qui n’en sont pas. La musique a un je ne sais quoi d’espagnol, ou un je ne sais quoi de je ne sais quoi.
Je l’ai découvert par hasard, comme souvent, il y a quelques semaines. Après quoi je me suis rendu compte que j’en possédais un enregistrement, sur une compilation que j’ai depuis une bonne vingtaine d’années. Mais je sais pourquoi je n’y avais pas fait attention jusqu’à présent : dans les compilations, je n’écoute pas les fados avec accompagnement d’orchestre ; je passe au suivant. Or cette fois, malgré les violons et le reste, non seulement j’ai écouté jusqu’au bout, mais j’y suis revenu. Ce qui m’a retenu c’est la voix, la diction, et dans ce fado l’articulation et l’accentuation particulières des mots « castigo » et « contigo » dans le refrain. La chanteuse met carrément et bien franchement l’accent sur la dernière syllabe (comme en français), ce qui crée une sorte de bizarrerie fascinante.
La vidéo est hideuse.
Alice Maria | Castigo de Deus. Frederico de Brito, paroles et musique.
Alice Maria, chant ; accompagnement d’orchestre. Portugal, années 1970 ?.
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On sait peu de chose de cette Alice Maria : son activité s’est apparemment étendue sur les décennies 1970-80. Elle a peu enregistré.
Pour comparer, voici une autre interprétation, plus classique, de ce même thème par Fernanda Maria.
Fernanda Maria (née en 1937) | Castigo de Deus. Frederico de Brito, paroles et musique.
Fernanda Maria, chant ; Jaime Santos, guitare portugaise ; Martinho d’Assunção, guitare classique ; José Maria Nóbrega, basse acoustique. Portugal, années 1970 ?.
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Pecados, pecados e os dias
passados
De tantos pecados de amor o que é que nos resta?
Se a vida é o fruto de tantos
pecados
Sem termos pecados a vida não presta
Eu sei que pequei, eu sei, mas ninguém me diga
Que a vida nos vem por bem, que Deus não castiga
Des péchés, des péchés et tant de jours passés
De tous ces péchés d’amour, qu’est-ce qu’il nous en reste ?
S’il est vrai que la vie est le fruit du péché,
Alors vivre sans péchés n’est pas vivre.
J’ai péché, je le sais, mais qu’on ne me dise pas
Que la vie est un cadeau et que Dieu n’est qu’amour ! Castigo de Deus pelos pecados meus
Pedi-te uma esmola, Deus deu-me um castigo
Porque me disseste que fosse
com Deus
Que eu fosse com Deus
E ao fim combinamos que eu fosse contigo
Colère de Dieu, pour tous mes péchés
Je t’ai demandé l’aumône et j’ai eu la colère de Dieu
Parce que tu m’as dit : « que Dieu t’accompagne ! »
« Que Dieu t’accompagne ! »
Mais finalement, c’est bien toi qui m’as accompagnée. Pecados, pecados e os dias
contados
Sem ter uma esperança sequer, sem ter um carinho
Já não me entendia com tantos
pecados
E um dia esqueci-me dalguns p’lo caminho
Não sei se os remi, não sei, a paixão cegou-me
Pagar o que fiz não quis, e Deus castigou-me
Des péchés, des péchés et tous ces jours passés
Sans le moindre espoir, sans tendresse aucune !
Je ne savais plus où j’en étais de tant de péchés
Jusqu’à en oublier plusieurs
en chemin
Je ne sais si je les ai rachetés, la passion m’aveuglait
J’ai refusé de payer pour ce que j’ai fait, Dieu m’a punie. Castigo de Deus pelos pecados meus
Pedi-te uma esmola, Deus deu-me um castigo
Porque me disseste que fosse
com Deus
Que eu fosse com Deus
E ao fim combinamos que eu fosse contigo
Colère de Dieu, pour tous mes péchés
Je t’ai demandé l’aumône et j’ai eu la colère de Dieu
Parce que tu m’as dit : « que Dieu t’accompagne ! »
« Que Dieu t’accompagne ! »
Mais finalement, c’est bien toi qui m’as accompagnée. …… Frederico de Brito (1894-1977).
Castigo de Deus.Frederico de Brito (1894-1977).
Colère de Dieu, traduit de : Castigo de Deus par L. & L.
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Lula Pena | O negro que sou + Breviário
Lula Pena | O negro que sou + Breviário.
O negro que sou. Poème de Ronald Augusto ; musique de Lula Pena.
Breviário. Poème de Jerusa Pires Ferreira ; musique de Lula Pena.
Lula Pena, chant, guitare. Captation : Pays-Bas, mai 2016.
Vidéo : Hilversum (Pays-Bas) : VPRO, 2016.
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Deux extraits de l’album Archivo pittoresco (2017), l’un et l’autre employant des poèmes d’auteurs brésiliens.
À propos du premier, O negro que sou, voir le billet Lula Pena | O negro que sou.
Le second poème, Breviário (« Bréviaire »), est l’œuvre de Jerusa Pires Ferreira, universitaire spécialiste de littérature populaire, née en 1938 dans la région de Salvador de Bahia. Il évoque la ville de Breves de Marajó située au nord du Brésil, dans l’état du Pará. Breves emprunte son nom à celui de ses fondateurs, les deux frères portugais Manuel Fernandes Breves et Ângelo Fernandes Breves qui s’y installèrent dans la première moitié du XVIIIe siècle. Ils y implantèrent une fabrique de transformation de la canne à sucre autour de laquelle s’organisa l’activité économique de la ville, longtemps désignée pour cette raison du nom de Engenho dos Breves (« Fabrique des Breves »). Un des vers du poème fait référence à cet ancien nom (« antigo engenho dos irmãos » : « antique fabrique des frères »).
Santana festeja a vinda
do grande barco
que acaba de
varar o estreito
vencer a morte
clarear a noite
em Breves de Marajó
o giro de um outro
este tão pequeno
no entorno
escreve partes do nome
da cidade santa
Jerusalém
traça um esboço
um destino
homem e mulher sob a lua
jesuítas e índios
negros caboclos e todos
Ao léu dos perigos
tantos barcos a passar
buscavam no escuro
orações-fortes
breves resumos amuletos
por isso a cidade festejada
antigo engenho dos irmãos
e o nome
que a eterniza
em seu aflito
pedido de proteção
que ela sobreviva
aos decibéis
aturdidores
e a tantas cobiçasSantana célèbre l’arrivée
du grand navire
qui vient
de passer le détroit
vaincre la mort
changer la nuit en clarté
à Breves de Marajó
le sillage d’un autre
celui-ci si petit
auprès de l’autre
écrit des parties du nom
de la ville sainte
Jérusalem
trace une ébauche
une destinée
homme et femme sous la lune
jésuites et indiens
nègres métis et tous
À l’abri des dangers
de nombreux navires passaient
cherchant dans l’obscurité
prières miraculeuses
médailles, formules, amulettes
c’est pourquoi : que la cité en fête,
antique fabrique des frères,
et le nom
qui la rend éternelle
dans sa demande de protection
pleine d’affliction,
survive
aux décibels
assourdissants
et à toutes les convoitises …… Jerusa Pires Ferreira (née en 1938). Breviário. Dans : Sete cromos para Breves (2010).Jerusa Pires Ferreira (née en 1938).
Bréviaire, traduit par L. & L. de : Breviário. Dans : Sete cromos para Breves (2010).

