Αρλέτα [Arléta] (1945-2017) | Μια φορά θυμάμαι [Mia forá thymámai]
Αρλέτα [Arléta] (1945-2017). Μια φορά θυμάμαι [Mia forá thymámai]. Γιώργος Παπαστεφάνου [Giṓrgos Papastefánou], paroles ; Γιάννης Σπανός [Giánnis Spanós], musique.
Αρλέτα, chant et guitare. Grèce, Ελληνική Ραδιοφωνία Τηλεόραση (ΕΡΤ) [Radio Télévision hellénique (ERT)], vers 1966.
Note : Γιάννης Σπανός [Giánnis Spanós], le compositeur de cette chanson, a débuté sa carrière en France sous le nom de Yani Spanos, d’abord comme pianiste-accompagnateur, puis comme compositeur (par exemple pour l’album Complainte amoureuse, sur des textes de Verlaine, Desnos, Aragon, Éluard et d’autres, publié par Juliette Gréco en 1969). Voir l’article qui lui est consacré dans Wikipédia.
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Arléta a été, dans les années 60, l’une des vedettes du Νέο κύμα [Néo kýma] (« nouvelle vague », ainsi nommée en référence à la Nouvelle vague française, bien qu’il se soit agi d’un mouvement purement musical). Elle est restée, jusqu’à sa mort l’an dernier, en 2017, extrêmement populaire en Grèce. En dépit d’un accident cardiaque qui l’a laissée partiellement paralysée en 2008, elle continuait à se produire en public. En France, elle est apparue à une ou deux reprises au côtés de Georges Moustaki.
Μια φορά θυμάμαι [Mia forá thymámai] (Il était une fois… je m’en souviens) est l’une de ses chansons les plus connues de l’époque « Néa kýma ». Elle est extraite de son premier album, simplement intitulé Αρλέτα, paru en 1966. Son style évoque un peu Joan Baez – et plus encore Françoise Hardy, non ?
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- Αρλέτα [Arléta] dans Wikipedia (en anglais)
- Νέο Κύμα [Néo kýma] dans Wikipedia (en anglais)
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Νύχτα βροχερή άδειο το χέρι
ψάχνει να σε βρει μα δεν το ξέρει
πού θα σε βρειNuit pluvieuse ; la main vide
cherche à te trouver et ne sait pas
où te trouverΜια φορά θυμάμαι μ’ αγαπούσες τώρα βροχή
μια φορά θυμάμαι μου μιλούσες τώρα σιωπή
Il était une fois… tu m’aimais, je m’en souviens, et à présent : la pluie
Il était une fois… tu me parlais, je m’en souviens, et à présent : le silenceΠέτρωσ’ η φωνή και πώς να κλάψει
που ’φυγες εσύ έχουν ανάψει
χίλιοι καημοίLa voix s’est pétrifiée : comment pleurer ?
Tu es parti, faisant naître mille fois
Le mal de toiΜια φορά θυμάμαι μ’ αγαπούσες τώρα βροχή
μια φορά θυμάμαι μου μιλούσες τώρα σιωπή
Il était une fois… tu m’aimais, je m’en souviens, et à présent : la pluie
Il était une fois… tu me parlais, je m’en souviens, et à présent : le silenceΘα ’ρθει το πρωί και θα περάσει
θα με λυπηθεί θα με ξεχάσει
όπως κι εσύ
Le matin viendra et passera
Il aura pitié de moi et puis il m’oubliera,
Comme toiΜια φορά θυμάμαι μ’ αγαπούσες τώρα βροχή
μια φορά θυμάμαι μου μιλούσες τώρα σιωπή
Il était une fois… tu m’aimais, je m’en souviens, et à présent : la pluie
Il était une fois… tu me parlais, je m’en souviens, et à présent : le silence Γιώργος Παπαστεφάνου [Giṓrgos Papastefánou]. Μια φορά θυμάμαι [Mia forá thymámai] (1966).
Γιώργος Παπαστεφάνου [Giṓrgos Papastefánou]. Il était une fois… je m’en souviens, traduit de Μια φορά θυμάμαι [Mia forá thymámai] (1966) L. & L.
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Note sur la traduction : je ne parle pas le grec. Cette traduction n’est donnée qu’à titre indicatif. Elle a été réalisée à partir d’une traduction automatique, de traductions espagnole et italienne extraites du site stixoi.info, et de divers outils : dictionnaire bilingue en ligne, tableau des conjugaisons des verbes grecs, etc.
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L’enregistrement studio publié, extrait de l’album Αρλέτα [Arléta] de 1966 :
Αρλέτα [Arléta] (1945-2017). Μια φορά θυμάμαι [Mia forá thymámai]. Γιώργος Παπαστεφάνου [Giṓrgos Papastefánou], paroles ; Γιάννης Σπανός [Giánnis Spanós], musique.
Αρλέτα, chant et guitare. Extrait de l’album Αρλέτα [Arléta]. Grèce, 1966.
« Tivoli 62 »

Tivoli 62 : espectáculo de homenagem a Filipe Pinto. Portugal : Ed. Valentim de Carvalho, © et ℗2015. Enregistrement public, Lisbonne, Teatro Tivoli, 29 novembre 1962.
Le 29 novembre 1962 avait lieu à Lisbonne, au théâtre Tivoli, situé sur l’avenida da Liberdade, un spectacle de Fado réunissant une bonne partie du gratin des fadistes d’alors, parmi lesquels rien moins qu’Alfredo Marceneiro et Amália Rodrigues. Cette dernière passe pour avoir été l’instigatrice de cette soirée organisée en l’honneur de Filipe Pinto, fadiste lui-même, compositeur et directeur de « casas de fado » de la capitale, qui décèdera quelques années plus tard (voir le billet : Filipe Pinto | Minha mãe foi cigarreira).
L’album Tivoli 62, publié en 2015, contient l’enregistrement (partiel) de ce spectacle exceptionnel. Tout amateur de fado devrait se le procurer, ou du moins l’écouter, tant il rend flagrante l’opposition des styles et des répertoires entre la « vieille garde » du fado et Amália, qui entamait alors une nouvelle phase de sa vie artistique, de plus en plus éloignée du fado traditionnel.

De gauche à droite : Alfredo Marceneiro, Filipe Pinto, Amália Rodrigues, Lucília do Carmo et Fernando Farinha au théâtre Tivoli (Lisbonne), le 29 novembre 1962. Source : Museu do Fado (Lisbonne)
On ne sait presque rien des sentiments qu’éprouvaient les grands fadistes de la scène lisboète d’alors (Alfredo Marceneiro, Maria Teresa de Noronha, Lucília do Carmo, Hermínia Silva et autres) pour Amália, qui était depuis de longues années une vedette internationale, probablement bien installée dans une certaine aisance matérielle, choyée par les médias portugais bien que rarement présente au Portugal. Y avait-il de l’envie ? De la jalousie ? De la dureté ? En tout cas pas chez Filipe Pinto. Bien que voué au fado traditionnel, il avait quant à lui très tôt reconnu en Amália Rodrigues une étoile de première grandeur, alors même qu’elle apparaissait dès ses débuts comme une dissidente. De là une amitié réciproque entre les deux artistes, qui transparaît à l’écoute de Tivoli 62 dans les dialogues, les apostrophes, les plaisanteries qui remplissent les intervalles entre les morceaux.
Amália venait de publier (août 1962) un de ses albums cultes, celui dit du « Buste » (« Busto », en raison de l’illustration de la pochette), qui avait désorienté à la fois son propre public, ses collègues fadistes et les critiques. Un album de rupture. Busto ne contenait que deux fados traditionnels (Estranha forma de vida, sur un fado d’Alfredo Marceneiro, et Povo que lavas no rio, sur le Fado Vitória de Joaquim Campos). Les paroles du premier sont constituées d’un poème d’Amália elle-même, non créditée sur l’édition originale ; celle du second, d’un poème de Pedro Homem de Mello jugé à l’époque trop érudit pour du fado.
Amália Rodrigues (1920-1999) | Povo que lavas no rio. Pedro Homem de Mello, paroles ; Joaquim Campos, musique (Fado Vitória).
Amália Rodrigues, chant ; José Nunes, guitare portugaise ; Castro Mota, guitare. Extrait d’une émission de la télévision portugaise. Portugal, RTP (Rádio e Televisão de Portugal), 1961.
Le reste de l’album est fait de pièces que personne ne qualifie alors de « fados », d’ailleurs composées par un étranger, Alain Oulman (un Français), sur des textes très « écrits » de Luís de Macedo et David Mourão-Ferreira. Ces musiques nouvelles désarçonnent jusqu’aux instrumentistes de la chanteuse, qui dans un premier temps y sont rétifs. Comble d’étrangeté, un des poèmes mis en musique par Oulman (Abandono) fait clairement référence aux arrestations brutales dont étaient victimes à l’époque les opposants au régime et à leur emprisonnement dans le fort de Peniche, situé sur la côte, non loin de Lisbonne.
Tivoli 62 est le témoin de cette rupture. Amália en assure toute la seconde partie avec sept titres, pour la plupart extraits de Busto. L’entendre succéder à Fernando Farinha (un chanteur « à voix »), Lucília do Carmo, souveraine dans Fado Loucura, Alfredo Marceneiro, génialement égal à lui-même dans son chant psalmodié, et Filipe Pinto, le héros de la soirée, permet de mesurer à quel point Amália avait alors pris le large par rapport au fado traditionnel et à ses vedettes d’alors. On a l’impression de passer à autre chose.
Pour autant la performance d’Amália est loin d’anéantir celle de ses collègues. Les deux parties se mettent mutuellement en valeur. Même, le moment le plus émouvant de l’album est pour moi Desespero (« Désespoir »), l’unique fado interprété par Filipe Pinto. D’ambiance très « pessoienne », il se conclut par ces deux vers : Estou cansado de viver / Mas tenho medo da morte (Je suis fatigué de vivre, / Mais j’ai peur de la mort). Feuilletons par exemple le Livro do dessassossego :
E eu, que odeio a vida com timidez, temo a morte com fascinação.
Fernando Pessoa (1888–1935). Livro do desassossego.Et moi, qui hais la vie avec timidité, je crains la mort avec fascination.
Fernando Pessoa (1888–1935). Le livre de Bernardo Soares, rua dos douradores, dans : Livre(s) de l’inquiétude, traduit de Livro(s) do desassossego par Marie-Hélène Piwnik, d’après l’édition de Teresa Rita Lopes (2015). Christian Bourgois, 2018. ISBN 978-2-267-03057-0. Page 361.
La musique est celle du merveilleux et poignant Fado Meia-Noite, dont Filipe Pinto est l’auteur, utilisée d’ailleurs par Amália pour Libertação (poème de David Mourão-Ferreira) – un de ses plus beaux fados.
Filipe Pinto (1905-1968) | Desespero. Orlando Nunes, paroles ; Filipe Pinto, musique (Fado Meia-noite).
Filipe Pinto, chant ; Francisco Carvalhinho et Jorge Fontes, guitare portugaise ; Martinho d’Assunção, guitare. Extrait du spectacle donné en hommage à Filipe Pinto au théâtre Tivoli, Lisbonne, le 29 novembre 1962. Portugal, ℗2015.
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Outrora, lembro-me bem,
As ilusões refloriam
E quando meus lábios riam
Meus olhos riam também.Autrefois, je m’en souviens,
Les illusions fleurissaient
Et quand mes lèvres riaient,
Mes yeux riaient aussi.Sem ver que os olhos consomem
As ilusões lentamente
Desejei infantilmente
Crescer, ter barba e ser homem.Sans voir que les yeux consument
Lentement les illusions,
Je voulais, comme les enfants
Grandir, avoir de la barbe, être un homme.Agora os risos são ais
Olho o mundo e desespero
Acho-o tristonho demais
P’ra quem é justo e sincero.Aujourd’hui les rires se transforment en soupirs
Je regarde le monde et je désespère
Ce sort est trop triste
Pour quelqu’un de juste et sincère.Os dias parecem meses
Decorrem tristes a esmo
Confesso que muitas vezes
Tenho pena de mim mesmo.Les jours, longs comme des mois
S’écoulent tristes et sans but
Et j’avoue que bien souvent
J’ai pitié de moi-même.Não sei contudo entender
Estes balanços da sorte
Estou cansado de viver
Mas tenho medo da morte.Mais je n’arrive pas à comprendre
Ces caprices du destin.
Je suis fatigué de vivre,
Mais j’ai peur de la mort. Orlando Nunes. Desespero (1960).
Orlando Nunes. Désespoir, traduit de Desespero (1960) L. & L.
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En voici l’enregistrement original réalisé en studio, publié en 1960 :
Filipe Pinto (1905-1968) | Desespero. Orlando Nunes, paroles ; Filipe Pinto, musique (Fado Meia-noite).
Filipe Pinto, chant ; Francisco Carvalhinho, guitare portugaise ; Martinho d’Assunção, guitare. Portugal, 1960.
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Filipe Pinto | Minha mãe foi cigarreira

Première page du périodique Guitarra de Portugal (Lisbonne : 1922-1947), livraison du 1er novembre 1945. Source : Museu do Fado, Lisbonne.
Les connaisseurs de la discographie d’Amália Rodrigues ont dans l’oreille, et sûrement dans leur discothèque, l’extraordinaire récital enregistré sur le vif en 1955 au Café Luso (une « casa de fados » du Bairro Alto de Lisbonne), publié en 1974 sous le titre Amália no Café Luso. La voix masculine qui annonce chacun des fados, après avoir présenté la fadiste avec l’emphase d’un prédicateur délivré de lui-même et possédé par la grâce (« Senhoras e senhores […], vão ouvir a expressão máxima do Fado, Amália Rodrigues! » : « Mesdames et messieurs […], vous allez entendre l’expression absolue du Fado, Amália Rodrigues ! »), est celle de Filipe Pinto.
Un peu comme Patachou pour la chanson française d’après-guerre, Filipe Pinto (1905-1968) était un personnage important de l’univers du fado des années 1930 à 1960. Fadiste lui-même, surnommé « o Marialva do fado » (« l’aristocrate du fado ») en raison de sa prestance et de son élégance vestimentaire, il a dirigé plusieurs maisons de fado (dont le « Luso ») et fait office de « directeur artistique », si on peut dire, pour quelques autres. Il connaissait tout le monde et entretenait des relations d’amitié avec les plus grands fadistes de l’époque, Alfredo Marceneiro et Amália Rodrigues surtout. Amália, sa cadette de quinze ans, lui devrait même son nom de scène (source : Museu do Fado). En tant qu’artiste il appartenait indiscutablement à l’univers du fado castiço – le fado traditionnel. Dans les années 1960 il était considéré comme un fadiste à l’ancienne. Amália Rodrigues le décrit ainsi :
O Filipe Pinto era um tipo extraordinário, um daqueles fadistas de bota afiambrada, com uma cara cheia de personalidade. Não era homem de cantar muitas coisas, mas três ou quatro que cantava, cantava bem. E a apresentar agarrava a atenção das pessoas, tinha um certo magnetismo.
Dans : Vítor Pavão dos Santos. Amália, uma biografia. Lisboa, Ed. Presença, 2005, p. 61.Filipe Pinto était un type extraordinaire, un de ces fadistes portant des bottines élégantes, au visage plein de personnalité. Son répertoire n’était pas très étendu, mais les trois ou quatre choses qu’il chantait, il les chantait bien. Et en tant que présentateur il captait l’attention des gens, il avait une sorte de magnétisme.
Il a malgré tout laissé quelques enregistrements. Le plus connu, Minha mãe foi cigarreira (1961), apparaît sur quelques anthologies. La musique est celle du Fado menor, sur laquelle il a écrit lui-même un texte assez curieux, bien dans sa manière, qui joue à plusieurs reprises sur les différents sens du mot mortalha : « linceul » ou « papier à cigarettes ».
Filipe Pinto (1905-1968). Minha mãe foi cigarreira. Filipe Pinto, paroles ; musique Fado menor (compositeur inconnu).
Filipe Pinto, chant ; Francisco Carvalhinho, guitare portugaise ; Martinho d’Assunção, guitare. Portugal, ℗1961.
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Minha mãe foi cigarreira
E tinha um porte bizarro
‘Inda vejo a sua imagem
No fumo do meu cigarro.Ma mère était cigarettière
Et avait grande allure
Son image se forme encore
Dans la fumée de ma cigarette.A sua alma branquinha
Honesta, modesta e franca
Envolvia a minha alma
Como a mortalha mais branca.Son âme candide
Honnête, modeste et droite
Enveloppait mon âme
Comme le tabac dans son linceul de papier.Coitadinha já morreu
Que o amor de Deus lhe valha
Foi concerteza pró céu
Envolta em branca mortalha.
La pauvrette n’est plus là
Que l’amour de Dieu la protège
Elle est sûrement montée au ciel
Enveloppée dans son drap blanc.Minha mãe estrela perdida
‘Inda a vejo entre os abrolhos
Como se fosse envolvida
Na mortalha dos meus olhos.Ma mère, étoile perdue
Je la vois briller du fond de mes tourments
Comme enveloppée
Dans le blanc de mes yeux. Filipe Pinto (1905-1968). Minha mãe foi cigarreira (1961).
Filipe Pinto (1905-1968). Ma mère était cigaretière, traduit de Minha mãe foi cigarreira (1961) L. & L.
Celeste est morte
Morte ? Celeste ? Morte ? Oui. Morte. Aujourd’hui. Je l’apprends à l’instant. La nouvelle vient de frapper.
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Celeste Rodrigues (1923-2018). Fado Celeste / Tiago Torres da Silva, paroles ; Pedro Pinhal, musique ; Celeste Rodrigues, chant ; Pedro Amendoeira, guitare portugaise ; Pedro Pinhal, guitare classique ; Frederico Cato (dans la vidéo), Paulo Paz (dans l’enregistrement audio), basse acoustique. Enregistrement audio ℗2007.
Vidéo : Bruno de Almeida, réalisation ; Paulo Abreu, directeur de la photographie ; Diogo Varela Silva, producteur exécutif. Production : BA Filmes, 2013. Vidéo réalisée à l’occasion du 90e anniversaire de Celeste Rodrigues.
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Quando a manhã me desperta
A janela entreaberta
Deixa-me ver a cidade;
E para não sofrer à toa
Não dou um nome a Lisboa
E só lhe chamo saudadeLorsque le matin m’éveille,
La fenêtre entr’ouverte
Me laisse voir la ville ;
Et pour prévenir toute blessure
Je ne dis pas le nom de Lisbonne
Je l’appelle : saudadeHá tanta gente a passar
Que ás vezes chego a escutar
O pregão duma varina
Sei que a vida continua
Mas vejo passar na rua
Os meus tempos de meninaJe vois passer tant de monde
Qu’il m’arrive parfois d’entendre
Le cri d’une varina*
Je sais que la vie continue
Mais ce sont les années de mon enfance
Que je vois passer dans la rueOlho outra vez a cidade
Mas quando o vento me invade
E a solidão me agarra
Fecho de vez a janela
Peço á saudade cautela
E abraço uma guitarraJe regarde encore la ville
Mais quand le vent me saisit
Et que m’empoigne la solitude
Je ferme vivement la fenêtre
Je demande à la saudade de me ménager
Et j’étreins une guitare Tiago Torres da Silva. Fado Celeste (2007).
Tiago Torres da Silva. Fado Celeste (2007). Traduction L. & L. * Varina : ancienne vendeuse de rue à Lisbonne. Les varinas vendaient du poisson qu’elles portaient dans une vaste panière posée sur la tête.
L. & L.
Dans la lune
Verde, que te quiero verde,
verde viento, verdes ramas.

La lune.
Verte.
Déserte, aquatique. Chaude.

Cette lumière : c’est le trop-plein d’éclat qui jaillit de la Terre.

Plus aucune présence humaine depuis longtemps, la nôtre exceptée.
Nous sommes seuls au monde.

Les paysages lunaires ne nous sont pas familiers. Ils sont faits de vagues et d’écumes, de colonnes, de voûtes, d’amas.

Il existe des clairières sur la lune.
Ces taches pâles qu’on voit depuis la Terre.

Dans l’une d’elles : une usine abandonnée.
C’est là qu’était fabriqué le carburant nécessaire au voyage de retour vers la Terre. À peu de distance de l’usine, le sol, jadis frappé par la traîne de feu du véhicule interastral, en garde la brûlure.

Ici étaient logés les ouvriers.
L’intérieur de la bicoque est intact.
La formule « Rui ♥ Leo », gravée à mi-hauteur de la paroi opposée à l’entrée, n’a subi aucune usure. Tant d’amour sur la lune, dans la bicoque des ouvriers, comme sur un balcon au clair de lune !

Huye luna, luna, luna.
Si vinieran los gitanos,
harían con tu corazón
collares y anillos blancos.
Va-t’en lune, lune lune.
Car s’ils venaient, les gitans,
ils feraient avec ton cœur
des bagues et des colliers blancs.
Ainsi, dans sa fuite, la lune nous emporte.
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Paco Ibañez | Romance a la luna, luna. Poème de Federico García Lorca ; Paco Ibañez, musique.
Paco Ibañez, chant et guitare ; Antonio Membrado, guitare. Enregistrement : Paris, 1964.
Extrait de l’album Poèmes de Federico Garcia Lorca et Luis De Góngora / Paco Ibañez. France, 1964. Nombreuses rééditions, parfois sous d’autres titres.
………
La luna vino a la fragua
con su polisón de nardos.
El niño la mira mira.
El niño la está mirando.
En el aire conmovido
mueve la luna sus brazos
y enseña, lúbrica y pura,
sus senos de duro estaño.
— Huye luna, luna, luna.
Si vinieran los gitanos,
harían con tu corazón
collares y anillos blancos.
— Niño déjame que baile.
Cuando vengan los gitanos,
te encontrarán sobre el yunque
con los ojillos cerrados.
— Huye luna, luna, luna,
que ya siento sus caballos.
— Niño déjame, no pises,
mi blancor almidonado.La lune vint à la forge
avec sa tournure de nards.
L’enfant la regarde, regarde.
Ne laisse de la regarder.
Dans l’air tout commotionné
elle bouge ses bras, la lune,
et montre, lubrique et pure,
ses seins tout de dur étain.
— Va-t’en, lune, lune lune.
Car s’ils venaient, les gitans,
ils feraient avec ton cœur
des bagues et des colliers blancs.
— Petit, laisse-moi danser.
Quand ils viendront, les gitans,
ils te trouveront sur l’enclume,
avec tes petits yeux clos.
— Va-t’en, lune, lune lune,
déjà j’entends leurs chevaux.
— Petit, laisse-moi, ne piétine
pas ma blancheur empesée.
El jinete se acercaba
tocando el tambor del llano.
Dentro de la fragua el niño,
tiene los ojos cerrados.
Por el olivar venían,
bronce y sueño, los gitanos.
Las cabezas levantadas
y los ojos entornados.
Le cavalier approchait
battant le tambour de la plaine.
À l’intérieur de la forge
il a les yeux clos, l’enfant.
Par l’oliveraie venaient,
bronze et rêve, les gitans.
Ils avaient la tête haute
et les yeux à demi clos.
¡Cómo canta la zumaya,
ay como canta en el árbol!
Por el cielo va la luna
con el niño de la mano.
Ah ! Comme elle chante la chouette,
comme elle chante sur son arbre !
Dans le ciel s’en va la lune
tenant par la main un enfant.
Dentro de la fragua lloran,
dando gritos, los gitanos.
El aire la vela, vela.
el aire la está velando.
Dedans la forge ils pleurent,
poussant des cris, les gitans.
Le vent la veille, veille.
Ne laisse de la veiller. …… Federico García Lorca (1898-1936).
Romance de la luna, luna (1926), extrait de : El Romancero Gitano (1928).
Federico García Lorca (1898-1936).
Romance de la lune, lune, traduit de : Romance de la luna, luna (1926), extrait de : El Romancero Gitano (1928), par Danièle Faugeras. Dans : Federico García Lorca, Polisseur d’étoiles : œuvre poétique complète, Toulouse, Érès, 2016.
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Federico García Lorca (1898-1936)
Œuvre poétique complète. Français. Trad. D. Faugeras
Polisseur d’étoiles : œuvre poétique complète / Federico García Lorca ; traduite de l’espagnol par Danièle Faugeras. — Toulouse : Érès, 2016. — 1 volume (1142 p.) ; 16 cm. — (Po & psy in extenso ; 5).
ISBN 978-2-7492-5121-9.
Caetano Veloso | Asa branca
Quando olhei a terra ardendo
Qual fogueira de São João
Eu perguntei a Deus do céu, ai
Por que tamanha judiação
Luiz Gonzaga (1912-1989) & Humberto Teixeira (1915-1979). Asa branca (1947).
Quand j’ai vu la terre brûler
Comme un feu de la Saint-Jean
J’ai demandé au Dieu du ciel
Pourquoi pareil acharnement
………
Caetano Veloso | Asa branca. Luiz Gonzaga & Humberto Teixeira, paroles et musique.
Caetano Veloso, chant et guitare.
Extrait de l’émission Discorama. Denise Glaser, production et présentation ; Roland Holliger, réalisation. Société de production : Office de radiodiffusion-télévision française, France, 1972. 1ère diffusion : 10 septembre 1972.
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Cette séquence, diffusée le 10 septembre 1972 sur la première chaîne de la télévision française, est l’une de celles compilées dans le triple DVD consacré à l’émission Discorama, publié par l’INA en 2008. Il manque cependant à cet extrait l’introduction en voix off de Denise Glaser (1920-1983), la créatrice, productrice et présentatrice de l’émission : « Gaetano [sic] Veloso est un des plus merveilleux musiciens du monde. Brésilien, fils d’un employé des postes de Bahia, ville pauvre du nord-est de son pays, il est devenu là-bas plus qu’une idole, un mythe. Liberté d’esprit, ironie, tendresse, désinvolture et talent lui ont valu d’être jeté en prison, puis exilé en 1968. Il vit à Londres au milieu d’un groupe où fleurit une nouvelle vague de théâtre, de cinéma et de musique, véritable renaissance appelée « tropicalisme », du nom d’une de ses meilleures chansons, Tropicália. Regardez, écoutez. J’ai rarement vu une telle concentration, une telle sérénité, émaner d’un visage, d’une voix, où tout a la gravité et la désinvolture de l’essentiel. »
Asa branca est une chanson écrite et composée en 1947 par Luiz Gonzaga, célèbre musicien du Nordeste brésilien, avec la collaboration d’Humberto Teixeira. Elle passe pour l’archétype d’un genre appelé baião, créé précisément par Luiz Gonzaga. D’après l’article que lui consacre le Wikipédia portugais, le baião dérive du lundum, souvent cité comme étant par ailleurs l’une des sources du fado. On n’en sera pas surpris à l’écoute de cette extraordinaire interprétation de Caetano, alors encore presque aux débuts de sa longue carrière.
Le texte évoque l’aridité du sertão, brûlé de chaleur au point de tuer le bétail, d’en chasser les habitants et les oiseaux : Quand j’ai vu la terre brûler / Comme un feu de la Saint-Jean / J’ai demandé au Dieu du ciel / Pourquoi pareil acharnement. / Quel brasier, quelle fournaise / Aucune végétation ne prend / La sécheresse a décimé mon troupeau / Et fait mourir de soif mon alezan. / Et même l’asa branca / S’est envolée du sertão / Alors j’ai dit « adieu Rosinha » / Garde bien mon cœur auprès de toi.
L’asa branca (littéralement : « aile blanche ») est un type local de pigeon.
………
Quando olhei a terra ardendo
Qual fogueira de São João
Eu perguntei a Deus do céu, ai
Por que tamanha judiaçãoQue braseiro, que fornalha
Nem um pé de plantação
Por falta d’água perdi meu gado
Morreu de sede meu alazãoPor falta d’água perdi meu gado
Morreu de sede meu alazãoAté mesmo a asa branca
Bateu asas do sertão
Entonce eu disse, adeus Rosinha
Guarda contigo meu coraçãoEntonce eu disse, adeus Rosinha
Guarda contigo meu coraçãoHoje longe, muitas léguas
Numa triste solidão
Espero a chuva cair de novo
Pra mim voltar pro meu sertãoEspero a chuva cair de novo
Pra mim voltar pro meu sertãoQuando o verde dos teus olhos
Se espalhar na plantação
Eu te asseguro não chore não, viu
Que eu voltarei, viu
Meu coraçãoEu te asseguro não chore não, viu
Que eu voltarei, viu
Meu coração
Luiz Gonzaga (1912-1989) & Humberto Teixeira (1915-1979). Asa branca (1947).
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De 5 à 7
Là.

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Plus là.

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Sans toi, sans toi, sans toi.
………
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Corinne Marchand | Sans toi. Agnès Varda, paroles ; Michel Legrand, musique.
Corinne Marchand, chant ; accompagnement d’orchestre.
Extrait de l’émission Discorama. Production Office national de radiodiffusion télévision française. France, 1962.
La chanson Sans toi est extraite du film Cléo de 5 à 7 (1962), réalisé par Agnès Varda, dans lequel Corinne Marchand interprète le rôle de Cléo.
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Toutes portes ouvertes, en plein courant d’air
Je suis une maison vide, sans toi, sans toi.
Comme une île déserte que recouvre la mer
Mes vagues se dévident, sans toi, sans toi.
Belle en pure perte, nue au cœur de l’hiver
Je suis un corps avide, sans toi, sans toi.
Rongée par le cafard, morte au cercueil de verre
Je me couvre de rides, sans toi, sans toi.
Et si tu viens trop tard, on m’aura mise en terre
Seule, laide et livide, sans toi, sans toi,
Sans toi.
Agnès Varda. Sans toi.
Duarte | Covers
L’aimable Duarte peut se montrer féroce. Ce Covers, extrait de son album Só a cantar (février 2018, non distribué en France que je sache), chanté sur la musique du Fado Pechincha, brocarde avec virulence quelques-uns de ses collègues fadistes (lesquels ?), coupables selon lui de fossiliser le fado en se contentant de singer les grands anciens.
La « veille taverne » de la dernière strophe pourrait être celle célébrée autrefois par Hermínia Silva dans le fado Velha tendinha, enregistré pour la première fois en 1936, repris ensuite par Amália Rodrigues.
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Duarte | Covers. Duarte Coxo, paroles ; João do Carmo Noronha, musique (Fado Pechincha).
Duarte, chant ; Pedro Amendoeira, guitare portugaise ; Rogério Ferreira, guitare classique ; Daniel Pinto, basse acoustique ; João Gil, production musicale. Extrait de l’album Só a cantar, Portugal, 2018.
Vidéo : Melidesart. Portugal, 2018.
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Já não são fados são covers
Imitações desalmadas
Reproduções do destino
Tantas vezes tão cantadas.Ce ne sont plus des fados, ce sont des « covers »
Imitations sans âme
Reproductions du destin
Mille fois chantées et rechantées.
…
Toda a saudade é fingida
A tristeza disfarçada
Parecem já não ter vida
De fado não têm nada.…
Des ersatz de saudade
De la tristesse plaquée
Ils n’ont plus rien de vivant
Ils n’ont plus rien du fado. …
Esses que tentam viver
Aquilo que outros viveram
Acabam por se perder
No tanto que não fizeram.…
Ces chanteurs qui veulent vivre
Ce que d’autres ont vécu
Finissent par se dissoudre
Dans ce qu’ils n’ont jamais fait. …
Vampiragem pós-moderna
Da Lisboa dos turistas
Falam da velha taberna
Mas querem ser futuristas.…
Vampirisme post-moderne
De la Lisbonne des touristes
Ils chantent la « vieille taverne »
Tout en se disant futuristes. …… Duarte Coxo.
Covers.
Duarte Coxo.
Covers, traduit de : Covers par L. & L.
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Hermínia Silva (1907-1993) | Velha tendinha. José Galhardo, paroles ; Raúl Ferrão, musique.
Hermínia Silva, chant ; accompagnement instrumental.
Portugal, 1936.
Il Maggio del 1968
In memoria del Maggio Francese e di tutti i giovani che hanno creduto e continuato a credere nei valori del ’68.
R. M. Giordi. Gare de Lyon (2018).………
En souvenir du mai français et de tous les jeunes qui ont cru et continuent à croire aux valeurs de 68.
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Roberto Michelangelo Giordi | Gare de Lyon. Roberto Michelangelo Giordi, texte.
Roberto Michelangelo Giordi, récitant.
Vidéo : Roberto Michelangelo Giordi, réalisation ; Gilbert Normand, sous-titres français. 2018.
Soli nel mezzo del mondo
Ormai siamo soli nel mezzo del mondo
Qualcosa divide la gente da noi
Ma quello che conta è non essere soli
Quello che conta è che tu sei con me
Luciano Salce (1922-1989). Quello che conta.………
Nous voici seuls au beau milieu du monde
Quelque chose sépare les autres de nous
Mais ce qui compte, c’est d’être ensemble
Ce qui compte, c’est que tu sois avec moi.
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Nous avons décidé de quitter le chaudron du monde et de nous établir en dehors de lui.
Nous partons.

Nous parcourons une très longue distance, celle nécessaire pour parvenir à la frontière du monde.
Au-delà plus de route. De la végétation de savane ; des lianes.

Le monde est désormais quitté.

Nous rencontrons d’anciens canaux, sur lesquels empiète une végétation partout souveraine, à les étouffer. Des traces de civilisations révolues, intactes, surgissent comme des plantes pétrifiées épargnées par le lacis végétal, mêlées à lui.

Tandis que nous étions à la recherche du lieu où fonder la nouvelle demeure, un chat est venu vers nous. Il nous a dit avoir quitté le chaudron du monde et se nommer Adelphe.
Nous construisons le domicile, circulaire, conformément au plan élaboré par Adelphe. Pour trois c’est le mieux, dit-il.

Ensemble nous faisons de longues promenades.

Parfois, sans y prendre garde, nous nous sommes approchés du chaudron du monde. Nous en apercevons les avant-postes. À peine en retrait des confins se tiennent les ambassades. Elles nous regardent.

Les ambassadeurs cherchent à établir le contact avec nous, nous le savons.
Nous en éconduisons les estafettes, quand bien mêmes elles sont porteuses de présents.

Nous avons disposé des avis à leur intention.

Adelphe ne nous accompagne pas toujours dans nos longues marches. À notre retour, nous le trouvons méditant sous le pommier du Japon.

Il nous a préparé une collation d’écrevisses et de jus d’airelle.
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Luigi Tenco (1938-1967) | Quello che conta. Luciano Salce, paroles ; Ennio Morricone, musique.
Luigi Tenco, chant ; orchestre dirigé par Ennio Morricone.
La musique, d’Ennio Morricone, a été composée pour le film La Cuccagna (Luciano Salce, réalisateur, 1962), dans lequel Luigi Tenco interprète le rôle de Giuliano.
Italie, 1962.
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Ormai siamo soli nel mezzo del mondo
Qualcosa divide la gente da noi
Ma quello che conta è non essere soli
Quello che conta è che tu sei con meNous voici seuls au beau milieu du monde
Quelque chose sépare les autres de nous
Mais ce qui compte, c’est d’être ensemble
Ce qui compte, c’est que tu sois avec moi.
Adesso che il fumo cancella l’estate
E il grigio ritorna scendendo su noi
La lunga vacanza si chiude per sempre
Pure qualcosa di noi resteràÀ présent que l’été se perd dans les fumées
Que la grisaille descend à nouveau sur nous
Les longues vacances se referment à jamais
Pourtant quelque chose de nous restera. …
No non parlare più,
guarda la strada e va’
Io sono qui con te, tu sei con me…
Non, ne dis plus rien,
regarde la route, marchons
Je suis avec toi, tu es avec moi. …
Adesso che il fumo cancella l’estate
E il grigio ritorna scendendo su noi
La lunga vacanza si chiude per sempre
Pure qualcosa di noi resterà…
À présent que l’été se perd dans les fumées
Que la grisaille descend à nouveau sur nous
Les longues vacances se referment à jamais
Pourtant quelque chose de nous restera. …… Luciano Salce (1922-1989).
Quello che conta (1962).
Luciano Salce (1922-1989).
Ce qui compte, traduit de : Quello che conta (1962) par L. & L.
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