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Fémoche

19 janvier 2013

Fépabôlejour.

Montpellier, Place de La Canourgue, 19 janvier 2013

Fépabôlanui.

Montpellier, devant le musée Fabre, 19 janvier 2013

Mékelsaltan !

Mésavasarretékan ?

L. & L.

Réapparition de Marguerite

16 janvier 2013

Vous croyez au hasard ?

J’aime ça de me sentir une partie du grand jeu : incapable de contrôler ou de prévoir le cours des choses. Le malaise des gens, vous voyez, je pense qu’il naît de là, de la conscience tragique qu’ils ne sont pas, à la hauteur de ce qu’ils voudraient, arbitres de leur propre vie.
Marguerite Duras (1914-1996). Dans : La passion suspendue, entretiens avec Leopoldina Pallotta della Torre. Traduit de l’italien et annoté par René de Ceccatty. Seuil, 2013. P. 48. ISBN 978-2-02-109639-2

Cette « conscience tragique », vois-tu Marguerite, c’est le fado, sache-le. Toi-même tu es fadiste, et d’esprit portugais, tu le savais ? Non bien sûr, mais il y a tant de choses que tu ne veux pas voir.

Soit dit en passant, il me semble que la différence entre cet esprit portugais et la mentalité italienne (je les rapporte l’une à l’autre parce que je rentre à peine de Rome, comme tu le sais, non ? Hein ? Mais si tu le sais), c’est qu’en Italie, à supposer qu’y prévale cette même « conscience tragique », on ne s’y arrête pas. Suffit de mettre un cierge ou deux à sainte Odile, sainte Olga, saint Jean-Paul II, saint Padre Pio, sainte Mère Teresa ou d’autres en plus de la Sainte Vierge, et hop. Plus de tragédie. Et si ça ne marche pas du premier coup on va à confesse et on remet une tournée de cierges pour tout le monde ; à tout hasard on en ajoute pour sainte Rita. (Rita c’est Marguerite, tu le sais bien, ça n’est-ce pas ? Qu’est-ce que tu en fais de tous tes cierges ?)

Pasolini — si grande était sa compassion pour le peuple qui souffre — avait à cœur d’en soulager la douleur, et d’en exaucer parfois dans ses films les prières ingénues, comme dans la merveilleuse scène de la guérison miraculeuse du lépreux de l’Évangile selon saint Mathieu, ou bien dans l’épisode de la servante dans Théorème.

Pas de ça chez toi ; dans le fado non plus. Conscience tragique, lucidité atroce, amertume. Aucune guérison possible.

L. & L.

Marguerite Duras. La passion suspendue. Seuil, 2013.

Marguerite Duras (1914-1996) & Leopoldina Pallotta della Torre
La passione sospesa (1989). Traduction française (Ceccatty ; 2013)

La passion suspendue : entretiens avec Leopoldina Pallotta della Torre / Marguerite Duras ; traduit de l’italien et annoté par René de Ceccatty. — Éd. du Seuil, 2013. — 187 p. ; 19 cm.
Entretiens réalisés de 1987 à 1989.

ISBN 978-2-02-109639-2 (livre imprimé).

La coupe est pleine

13 janvier 2013

Agrumes

Ce qu’elles sont turbulentes les oranges, tu n’imagines pas. Toujours à se chamailler, à vouloir la meilleure place, — et avec ça, méchantes avec les mandarines : elles en ont déshabillé une avant de la passer par-dessus bord. Encore à bouger quand on dit ne bougez plus, à pincer leur voisine ou à la mordre, intenables.

Rien à voir avec les courges, bonnes filles, balourdes et empotées. Elles se croient laides, embarrassées qu’elles sont de leur tour de taille, mais elles ont de belles voix enveloppantes, des voix de diseuses : Il était une fois un prince, beau comme le jour, qui se morfondait au sommet de sa tour dans l’attente de son amour. (Son amour qui pour le rejoindre doit traverser Paris aujourd’hui même, alors que s’y est déversée la droite la plus méchante et la plus rétrograde du monde ; il n’est pas près d’y parvenir le pauvre.)

Courge

L. & L.

Un Z qui veut dire

11 janvier 2013

Ce matin nous avons pris l’atroce tgv de 5h23 pour Paris, quelques collègues et moi. Nous étions quatre et nous avions rendez-vous à la Bibliothèque nationale à 10 heures.

Nos interlocuteurs étaient sept, et sur ce nombre trois dont le nom de famille avait pour dernière lettre un z : une circonstance rarissime, stupéfiante. On ne saurait conclure à une simple coïncidence. Cela d’autant moins qu’on a su au cours de la journée que l’un de ces noms aurait dû se terminer en d. C’est au fait que le père, ou le grand-père ou l’aïeul, soit par inadvertance venu au monde en Savoie que le z est dû. Dans ce pays-là, qui que vous soyez, les officiers de l’état civil vous collent un z à la fin du nom lorsque vous y naissez.

On voit bien que la main du destin était à l’ouvrage.

Bibliothèque nationale de France (Paris), 11 janvier 2012 Bibliothèque nationale de France (Paris), 11 janvier 2012.

Ce soir je trouve dans la boîte aux lettres l’album de Sílvia Pérez Cruz 11 de novembre, commandé le 1er janvier.

11 de novembre : 11/11. Commandé le 1er janvier : 1/1. Reçu le 11 janvier : 11/1.

Alors ?

L. & L.

Déambulations romaines. 6. Tuer Rome, partir avant de se faire tuer par elle

6 janvier 2013

Rome (Italie). Église Santi Domenico e Sisto, 29 décembre 2012
Rome (Italie). Église Santi Domenico e Sisto, 29 décembre 2012.

Scarpia — Io tenni la promessa…
Tosca — Non ancora. Voglio un salvacondotto onde fuggir dallo Stato con lui.
Scarpia — Partir dunque volete?
Tosca — Sì, per sempre!
Scarpia — Si adempia il voler vostro.
E qual via scegliete?
Tosca — La più breve!

Scarpia — J’ai tenu parole…
Tosca — Pas encore. Je veux un sauf-conduit m’autorisant à quitter l’État avec lui.
Scarpia — Vous voulez donc partir ?
Tosca — Oui, pour toujours !
Scarpia — Qu’il soit fait selon votre désir.
Par quelle route voulez-vous ?
Tosca — La plus courte !
Luigi Illica et Giuseppe Giacosa. Tosca (1900). 2e acte. Trad. L. & L.

Giacomo Puccini (1858-1924). Tosca (1900). Extrait (1964 ; Callas, Gobbi ; Londres, Covent Garden).
Livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa, d’après la pièce de Victorien Sardou ; musique de Giacomo Puccini ; Maria Callas, soprano (Floria Tosca) ; Tito Gobbi, baryton (baron Scarpia) ; Robert Bowman, ténor (Spoletta) ; orchestre et chœurs du Royal Opera House, Covent Garden ; direction Carlo Felice Cillario. Captation : Londres, Royal Opera House, Covent Garden, 9 février 1964, mise en scène Franco Zeffirelli.

Rome (Italie). Villa Borghese, 27 décembre 2012 Rome (Italie). Villa Borghese, 27 décembre 2012.

Rome (Italie). Vue prise depuis le Capitole, 26 décembre 2012 Rome (Italie). Vue prise depuis le Capitole, 26 décembre 2012.

Déambulations romaines. 5

6 janvier 2013

Rome (Italie). Musei Capitolini, 26 décembre 2012 Rome (Italie). Musei Capitolini, 26 décembre 2012.

Rome (Italie). Basilique Santa Maria in Aracoeli, 26 décembre 2012 Rome (Italie). Basilique Santa Maria in Aracoeli, 26 décembre 2012.

Rome (Italie). Basilique Santa Prassede, 26 décembre 2012 Rome (Italie). Basilique Santa Prassede, 26 décembre 2012.

Rome (Italie). Musei Capitolini, 26 décembre 2012 Rome (Italie). Musei Capitolini, 26 décembre 2012.

Federico Fellini (1920-1993), réalisateur. Roma (1972). Extrait : la Rome souterraine, la découverte et la destruction des fresques.

Église San Carlo alle Quattro Fontane, Rome (Italie), 28 décembre 2012 Rome (Italie). Crypte, église San Carlo alle Quattro Fontane, 28 décembre 2012.

Déambulations romaines. 4

5 janvier 2013

Rome (Italie). Villa Medici (Villa Médicis), 28 décembre 2012 Rome (Italie). Villa Medici (Villa Médicis), 28 décembre 2012.

Rome (Italie). Villa Medici (Villa Médicis), 28 décembre 2012 Rome (Italie). Villa Medici (Villa Médicis), 28 décembre 2012
Rome (Italie). Villa Medici (Villa Médicis), 28 décembre 2012 Rome (Italie). Villa Medici (Villa Médicis), 28 décembre 2012 Rome (Italie). Villa Medici (Villa Médicis), 28 décembre 2012.

Rome (Italie). Villa Medici (Villa Médicis), 28 décembre 2012

Rome (Italie). Villa Medici (Villa Médicis), 28 décembre 2012.


Michelangelo Antonioni (1912-2007), réalisateur. L’eclisse (1962). Extrait : scène finale ; avec Monica Vitti (Vittoria) et Alain Delon (Piero).

Déambulations romaines. 3

5 janvier 2013

La mouette romaine que tu vois s’est installée à cet endroit (la terrasse du monument à Victor Emmanuel II, aussi appelé « la machine à écrire ») pour se vendre aux touristes. C’est à dire qu’elle me vend sa pose, ou du moins qu’elle prétend le faire. Elle n’a rien obtenu de moi tu penses, sinon une sèche réprimande.

Rome (Italie). Terrasses du monument à Victor Emmanuel II, 26 décembre 2012 Rome (Italie). Mouette poseuse, terrasses du monument à Victor Emmanuel II, 26 décembre 2012.

Il y en a pléthore comme elle sur les hauts du Capitole qui spontanément font des grâces aux photographes japonais ou autres, lèvent la jambe, ouvrent le bec, prennent des postures qu’elles ont apprises et dont elles savent qu’elles enchantent les touristes étrangers, qui rient et crient « my god! », et clic et clic et reclic — dans l’espoir de miettes de pain. C’est une chose incroyable à moins de la voir soi-même. La lie de l’espèce. Devraient être rayées de l’ordre, déchues, privées de ce nom de mouette.

Rome (Italie). Vue (vers l'ouest) depuis la Villa Aldobrandini, 26 décembre 2012 Rome (Italie). Vue (vers la via IV Novembre) depuis la Villa Aldobrandini, 26 décembre 2012.

Rome (Italie), Villa Aldobrandini, 26 décembre 2012 Rome (Italie), Villa Aldobrandini, 26 décembre 2012.

Dino Risi (1916-2008), réalisateur. Profumo di donna (1974). Extrait ; avec Vittorio Gassman (Capitano Fausto Consolo), Vernon Dobtcheff (DonCarlo).

Me ne frego io di non vedere Roma. Non mi è mai piaciuta Roma. Per me Roma è la capitale della Turchia.

Je m’en fous de ne pas pouvoir voir Rome. J’ai jamais aimé Rome. Pour moi Rome c’est la capitale de la Turquie.

Rome (Italie). Vue depuis le Pincio, 29 décembre 2012 Rome (Italie). Vue depuis le Pincio, 29 décembre 2012.

Déambulations romaines. 2

4 janvier 2013

Vue (vers l'ouest) depuis San Gregorio in Celio, Rome (Italie), 25 décembre 2012 Rome (Italie). Vue (vers l’ouest) depuis San Gregorio in Celio, 25 décembre 2012.

Rome (Italie), anciens abattoirs du Testaccio (aujourd'hui Macro, Musée d'art contemporain de Rome), 25 décembre 2012 Rome (Italie), anciens abattoirs du Testaccio (aujourd’hui Macro, Musée d’art contemporain de Rome), 25 décembre 2012.

Rome (Italie), quartier du Testaccio, 25 décembre 2012 Rome (Italie), quartier du Testaccio, 25 décembre 2012.

Rome (Italie), via del Campo Boario, 25 décembre 2012 Rome (Italie), via del Campo Boario, 25 décembre 2012.

Rome (Italie), quartier du Testaccio, 25 décembre 2012 Rome (Italie), quartier du Testaccio, 25 décembre 2012.

Rome (Italie), quartier du Testaccio, 25 décembre 2012 Rome (Italie), quartier du Testaccio, 25 décembre 2012.

[Ninetto-Otello] — Et ces choses là-haut, qu’est-ce que c’est ?
[Totò-Iago] — Ces choses, c’est…, c’est les nuages !
[Ninetto-Otello] — Et c’est quoi, les nuages ?
[Totò-Iago] — Ben…
[Ninetto-Otello] — Qu’est-ce qu’ils sont beaux, qu’est-ce qu’ils sont beaux ! Qu’est-ce qu’ils sont beaux !
[Totò-Iago] — Ah, déchirante et merveilleuse beauté de la création !

Pier Paolo Pasolini (1922-1975), réalisateur. Che cosa sono le nuvole? (1968), partie du film à sketches Capriccio all’italiana (1968). Extrait : chanson Che cosa sono le nuvole? (paroles de Pier Paolo Pasolini, musique de Domenico Modugno), interprétée par Domenico Modugno (l’éboueur) ; avec Totò (Iago), Ninetto Davoli (Otello), Laura Betti (Desdemona), et d’autres.

Che io possa esser dannato
se non ti amo
e se così non fosse
non capirei più niente
tutto il mio folle amore
lo soffia il cielo
lo soffia il cielo
così

Ah! Malerba suavemente delicata
di un profumo che da gli spasimi!
ah! tu non fossi mai nata
tutto il mio folle amore
lo soffia il cielo
lo soffia il cielo
così

Il derubato che sorride
ruba qualcosa al ladro
ma il derubato che piange
ruba qualcosa a se stesso
perciò io vi dico
finché sorriderò
tu non sarai perduta

Ma queste son parole
e non ho mai sentito
che un cuore, un cuore affranto
si cura con l’udito
e tutto il mio folle amore
lo soffia il cielo
lo soffia il cielo
così
Pier Paolo Pasolini (1922-1975). Che cosa nono le nuvole?

Déambulations romaines. 1

4 janvier 2013

Rome (Italie), via Baccina, 24 décembre 2012 Rome (Italie), via Baccina, 24 décembre 2012.

Escalier de l’église Santi Domenico e Sisto, Rome (Italie), 24 décembre 2012 Escalier de l’église Santi Domenico e Sisto, Rome (Italie), 24 décembre 2012.

Rome (Italie), via della Gatta / vicolo Doria, 24 décembre 2012 Rome (Italie), via della Gatta / vicolo Doria, 24 décembre 2012.

Rome (Italie), piazza di Sant Ignazio, 24 décembre 2012 Rome (Italie), piazza di Sant Ignazio, 24 décembre 2012.

Rome (Italie), fontana di Trevi, 24 décembre 2012 Rome (Italie), fontana di Trevi, 24 décembre 2012.

Federico Fellini (1920-1993), réalisateur. La dolce vita (1960). Extrait : Adriano Celentano, accompagné par le groupe I Campanino, interprète Ready Teddy (paroles et musique de Robert Blackwell et John Marascalco), avec Anita Ekberg (Sylvia).

Rome (Italie), fontana di Trevi, 24 décembre 2012 Rome (Italie), fontana di Trevi, 24 décembre 2012.