Aller au contenu principal

Insaisissable

16 juillet 2022

Il y a quelqu’un.

.

Toulouse (Occitanie, France), rue de la Dalbade, 10 juin 2022

.

Il n’y a plus personne.

.

Toulouse (Occitanie, France), rue de la Dalbade, 10 juin 2022

.

Ainsi passe la gloire du monde.

.

.

Jeanne Moreau (1928-2017)L’insaisissable. Eugène Guillevic, d’après Elsa Triolet, paroles ; Philippe-Gérard, musique.
Jeanne Moreau, chant ; Christian Chevallier, arrangement et direction.
Extrait de l’album Les chansons de Clarisse / Jeanne Moreau. France, ℗ 1968.

.

.

.

Toulouse (Occitanie, France), rue de la Dalbade, 10 juin 2022

Porque me olhas assim • Fausto Bordalo Dias (& Cristina Branco, Camané)

15 juillet 2022

Fausto Bordalo Dias, dit Fausto, né en 1949, est un auteur compositeur interprète actif au Portugal depuis 1969. Bien qu’ayant publié une douzaine d’albums originaux, il est peu connu en dehors de son pays où il jouit d’une grande estime parmi ses pairs : ceux de sa génération (José Mário Branco, aujourd’hui disparu, Sérgio Godinho, Vitorino) comme ses cadets (Marco Oliveira, Ana Moura et d’autres).

FaustoPorque me olhas assim. Fausto Bordalo Dias, paroles & musique.
Fausto, chant, guitare ; Rui Luís Pereira, guitare électrique ; Pedro Casais, basse ; João Lucas, claviers ; Eduardo Paes Mamede , flûte ; Tomás Pimentel, trompette ; Edgar Caramelo, saxophone ; Tó Pinheiro Da Silva , programmation des synthétiseurs ; Fernando Molina, percussion ; André Sousa Machado, batterie ; André Sousa Machado, Eduardo Paes Mamede, Fausto, Fernando Molina, João Lucas, Pedro Casais, Rui Vaz, chœurs ; Eduardo Paes Mamede & Fausto, arrangement et direction.
Enregistrement : Lisbonne, studio Namouche, été 1987.
Extrait de l’album Para além das cordilheiras / Fausto. Portugal, ℗ 1987.

Porque me olhas assim (« Parce que tu me regardes ainsi ») est une belle composition de 1987 reprise par Cristina Branco dans son album Ulisses (2004) et par Camané six ans plus tard (Do amor e dos dias, 2010).

Cristina BrancoPorque me olhas assim. Fausto Bordalo Dias, paroles & musique.
Cristina Branco, chant ; Ricardo J. Dias, piano.
Vidéo : extrait de l’émission Des mots de minuit, [20??]. Production : France, France 2, [20??].

CamanéPorque me olhas assim. Fausto Bordalo Dias, paroles & musique.
Camané, chant ; José Manuel Neto, guitare portugaise ; Carlos Manuel Proença, guitare ; Carlos Bica, basse acoustique ; José Mário Branco, direction.
Enregistrement : Portugal, avril-juin 2010.
Extrait de l’album Do amor e dos dias / Camané. Portugal, ℗ 2010.

Je dois dire que la traduction du texte m’a donné beaucoup de fil à retordre et qu’elle ne figure ici que pour donner une idée générale de l’atmosphère de la chanson. Il se peut que j’aie commis un contresens sur son titre même et sur tous les vers commençant par « porque » — forme qui, en portugais, est employée autant pour l’adverbe interrogatif pourquoi que pour la conjonction parce que. Or le texte original, transcrit du livret d’accompagnement de la compilation de Fausto 18 canções de amor e mais uma de ressentido protesto (2007) est exempt de tout élément de ponctuation — contrairement à celui qui figure dans l’album Ulisses de Cristina Branco, où on a opté pour des formes interrogatives (« Pourquoi me regardes-tu ainsi ? »).


Diz-me agora o teu nome
Se já dissemos que sim
Pelo olhar que demora
Porque me olhas assim
Porque me rondas assim

À présent dis-moi ton nom,
Puisque nous avons dit oui
Par ce regard qui s’attarde
Parce que tu me regardes ainsi
Parce que tu m’observes ainsi

Toda a luz da avenida
Se desdobra em paixão
Magias de druida
P’lo teu toque de mão
Soam ventos amenos
P’los mares morenos
Do meu coração

Les lumières de l’avenue
Soudain sont éclats de passion,
Sortilèges de druide
Au contact de ta main
De douces brises vibrent
Sur les mers sombres
De mon cœur.

Espelhando as vitrinas
Da cidade sem fim
Tu surgiste divina
Porque me abeiras assim
Porque me tocas assim

Reflétant les vitrines
De la ville infinie,
Tu as surgi, divine,
Parce que tu m’abordes ainsi
Parce que tu me touches ainsi.

E trocámos pendentes
Velhas palavras tontas
Com sotaques diferentes
Nossa prosa está pronta
Dobrando esquinas e gretas
P’lo caminho das letras
Que tudo o resto não conta

Et nous nous sommes dit
De vieux mots idiots, décousus,
Avec nos accents différents.
Nous nous parlons sans cesse,
Indifférents aux rues où nous marchons,
Attentifs au seul trajet de nos paroles,
Car rien d’autre n’existe plus.

E lá fomos audazes
Por passeios tardios
Vadiando o asfalto
Cruzando outras pontes
De mares que são rios
E num bar fora de horas
Se eu chorar, perdoa
Ó meu bem é que eu canto
Por dentro sonhando
Que estou em Lisboa

Et nous étions pleins d’audace
Dans nos flâneries nocturnes,
Errant sur l’asphalte,
Traversant d’autres ponts
Sur des mers qui étaient des fleuves
Et dans un bar, très tard,
Si je pleure, mon amour,
Pardonne-moi : c’est que je chante
En moi-même, en rêvant
Que je suis à Lisbonne.

Dizes-me então que sou teu
Que tu és tudo p’ra mim
Que me pões no apogeu
Porque me abraças assim
Porque me beijas assim

Alors, tu me dis que je suis à toi,
Que tu es toute à moi,
Qu’avec toi je revis
Parce que tu m’enlaces ainsi,
Parce que tu m’embrasses ainsi.

Por esta noite adiante
Se tu me pedes enfim
Um céu de anúncios brilhantes
Vamos casar em Berlim
À luz vã dos faróis
São de seda os lençóis
Porque me amas assim

Et cette nuit qui vient,
Si tu me demandes enfin
Un ciel plein de néons
Marions-nous à Berlin.
À la vaine lueur des phares,
Nos draps seront de satin,
Parce que tu m’aimes ainsi.
Fausto Bordalo Dias (né en 1948). Porque me olhas assim (1987).
.
Fausto Bordalo Dias (né en 1948). Parce que tu me regardes ainsi, trad. par L. & L. de Porque me olhas assim (1987).

L’endroit s’appelle ainsi. Sienne. Siena.

8 juillet 2022

Sienne (Toscane, Italie) = Siena (Toscana, Italia), Piazza del Duomo, 26 juin 2022
Sienne (Toscane, Italie) = Siena (Toscana, Italia), Piazza del Duomo, 26 juin 2022

Regardez la caméra.

[…] Ne bougez pas. Attendez. Ne soyez pas surpris. Je vais vous dire ceci : vous allez réapparaître dans l’image. Non, je ne vous avais pas prévenu. Oui, ça va recommencer.

Déjà vous avez derrière vous un passé, un plan.
Déjà vous avez vieilli.

Déjà vous êtes en danger.

[…] N’ayez pas peur.

[…] Cette fois-ci, vous allez mourir à votre propre vue.

Marguerite Duras (1914-1996). L’homme atlantique (1982). Éd. de Minuit, impr. 2008, p. 22-25.

.

.

Uno alla volta

6 juillet 2022

Sienne (Toscane, Italie), complexe muséal Santa Maria della Scala = Siena (Toscana, Italia), complesso museale Santa Maria della Scala, 27 juin 2022
« Sedersi uno alla volta » (« S’asseoir un seul à la fois »).
Sienne (Toscane, Italie), complexe muséal Santa Maria della Scala = Siena (Toscana, Italia), complesso museale Santa Maria della Scala, 27 juin 2022

.

J’étais en Italie. Que voulez-vous, je n’ai pas pensé à vous écrire.

.

.

.

Sienne (Toscane, Italie), complexe muséal Santa Maria della Scala = Siena (Toscana, Italia), complesso museale Santa Maria della Scala, 27 juin 2022

.

.

Adriano CelentanoLa gatta che scotta. Tata Giacobetti, paroles ; Gorni Kramer, musique.
Adriano Celentano, chant ; accompagnement d’orchestre ; Giulio Libano, direction.
Italie, ℗ 1960.

Mísia (& Carlos Paredes) • Horas de breu

14 juin 2022

Agora
Só corre a água
Da mágoa
Que amor me deu

E mora
No coração
Um vão
Só de breu

Vasco Graça Moura (1942-2014). Horas de breu (2003).

À présent
Seule coule l’eau
Du chagrin
Qu’amour m’a donné

Et un vide
Dans mon cœur
Demeure,
D’un noir de poix

Mísia vient de publier un album, Animal sentimental, mais Horas de breu (« Heures sombres ») provient d’un recueil plus ancien simplement dénommé Canto (« Chant »), remontant à 2003.

MísiaHoras de breu. Vasco Graça Moura, paroles ; Carlos Paredes, musique (Melodia nº 2).
Mísia, chant ; José Manuel Neto, guitare portugaise ; Carlos Manuel Proença, guitare ; Manuel Rocha, violon ; Quintette à cordes issu de la Camerata de Bourgogne (Jean-François Corvaisier, violon ; Laurent Lagarde, violoncelle ; Alain Pélissier & Valérie Pélissier, alto ; Pierre Sylvan, contrebasse) ; Henri Agnel, arrangement et direction.
Enregistrement : Waimes (Belgique), studio GAM, juin 2003.
Extrait de l’album Canto / Mísia. France, ℗ 2003.

Canto est un bel album ; je dois dire pourtant que j’y suis resté indifférent lors de sa parution : il m’a fallu des années pour l’écouter vraiment. Les musiques sont toutes des compositions, parfois anciennes, du grand guitariste de Coimbra Carlos Paredes (1925-2004), auquel Canto rend hommage. Des paroles y ont été adaptées pour l’occasion (seule Verdes anos, chanson extraite du film éponyme de Paulo Rocha, sorti en 1963, en possédait déjà ; voir le billet Verdes anos • Carlos Paredes et alii).

Horas de breu, comme la grande majorité des textes de l’album, a été écrit à la demande de Mísia par l’homme de lettres (poète, romancier, traducteur, essayiste) Vasco Graça Moura (1942-2014).


No dia
De eu me ir embora
Não sei se chora
Quem me prendeu

Le jour
Où je m’en irai
J’ignore s’il pleurera
Celui qui m’avait ravie

Na hora
Da despedida
A minha vida
Quase morreu

À l’heure
Des adieux
Ma vie
Est presque morte

Agora
Só corre a água
Da mágoa
Que amor me deu

À présent
Seule coule l’eau
Du chagrin
Qu’amour m’a donné

E mora
No coração
Um vão
Feito de breu

Et un vide
Dans mon cœur
Demeure,
D’un noir de poix

Na rua
De madrugada
Esta balada
Triste gemeu

Dans la rue
À l’aube
Cette ballade
Triste résonnait

E a lua
Quando tentava
Ver quem cantava
Viu que era eu

Et la Lune
Cherchant à voir
Qui chantait
Vit que c’était moi

Agora
Só corre a água
Da mágoa
Que amor me deu

À présent
Seule coule l’eau
Du chagrin
Qu’amour m’a donné

E mora
No coração
Um vão
Feito de breu

Et j’ai
Dans le cœur
Un vide
D’un noir de poix
Vasco Graça Moura (1942-2014). Horas de breu (2003), extrait de : Mais Fados & Companhia (2004, 1ère publication).
.
Vasco Graça Moura (1942-2014). Heures sombres, trad. par L. & L. de Horas de breu (2003), extrait de : Mais Fados & Companhia (2004, 1ère publication).

Voici la composition originale de Carlos Paredes (Melodia nº 2, qu’il interprète lui-même à la guitare portugaise, accompagné à la guitare par Fernando Alvim. L’enregistrement est extrait de Guitarra portuguesa (1967), son premier album.

Carlos Paredes (1925-2004)Melodia nº 2. Carlos Paredes, musique.
Carlos Paredes, guitare portugaise ; Fernando Alvim, guitare.
Enregistrement : Paço de Arcos (Portugal), studios Valentim de Carvalho.
Extrait de l’album Guitarra portuguesa / Carlos Paredes. Portugal, ℗ 1967.

Mísia
Canto (2003)
Mísia. « Canto », France, Warner Jazz France, ℗ 2003Canto / Mísia, chant ; José Manuel Neto, guitare portugaise ; Carlos Manuel Proença, guitare ; Manuel Rocha, violon ; Quintette à cordes issu de la Camerata de Bourgogne (Jean-François Corvaisier, violon ; Laurent Lagarde, violoncelle ; Alain Pélissier & Valérie Pélissier, alto ; Pierre Sylvan, contrebasse) ; Henri Agnel, arrangement et direction. — Production : France : Warner Jazz France, ℗ 2003.
Enregistrement : Waimes (Belgique), studio GAM, juin 2003.

1 CD : Warner Jazz France, 2003. — EAN 825646085026.

Carlos Paredes (1925-2004)
Guitarra portuguesa (1967)
Carlos Paredes (1925-2004). « Guitarra portuguesa », Portugal, Valentim de Carvalho, ℗ 1967Guitarra portuguesa / Carlos Paredes, musique ; Carlos Paredes, guitare portugaise ; Fernando Alvim, guitare. — Production : Portugal : Valentim de Carvalho, ℗ 1967.
Enregistrement : Paço de Arcos (Portugal), studios Valentim de Carvalho.

1 disque 33t : Valentim de Carvalho, 1967. — 1 CD : Valentim de Carvalho, 2007 (rééd., remastérisé). — EAN 5604931121329.

Bon anniversaire, Monsieur de la Personne

13 juin 2022

Fernando Pessoa (1888-1935). Photographie, auteur inconnu. 1914? Domaine public.
Fernando Pessoa (1888-1935). Photographie, auteur inconnu. 1914? Domaine public.

134 ans aujourd’hui, 13 juin 2022.


Do vale à montanha,
Da montanha ao monte,
Cavalo de sombra,
Cavaleiro monge,
Por casas, por prados,
Por quinta e por fonte,

Par vaux et par monts,
Par monts et par vaux,
Cheval de ténèbre
Et moine chevalier,
Par les demeures, par les prés,
Par fermes et fontaines,

Caminhais aliados.
Do vale à montanha,
Da montanha ao monte,
Cavalo de sombra,
Cavaleiro monge,
Por penhascos pretos,

Unis vous allez.
Par vaux et par monts,
Par monts et par vaux,
Cheval de ténèbre
Et moine chevalier,
Sur les noires falaises

Atrás e defronte,
Caminhais secretos.
Do vale à montanha,
Da montanha ao monte,
Cavalo de sombra,
Cavaleiro monge,

En arrière, en avant,
Secrets, vous allez.
Par vaux et par monts,
Par monts et par vaux,
Cheval de ténèbre
Et moine chevalier,

Por plainos desertos
Sem ter horizontes,
Caminhais libertos.
Do vale à montanha,
Da montanha ao monte,
Cavalo de sombra,

Par les plaines désertes
Privées d’horizon,
Libres vous allez.
Par vaux et par monts,
Par monts et par vaux,
Cheval de ténèbre

Cavaleiro monge,
Por ínvios caminhos,
Por rios sem ponte,
Caminhais sozinhos.
Do vale à montanha,
Da montanha ao monte

Et moine chevalier,
Par mauvais chemins,
Par fleuves sans pont,
Tout seuls vous allez.
Par vaux et par monts,
Par monts et par vaux,

Cavalo de sombra,
Cavaleiro monge,
Por quanto é sem fim,
Sem ninguém que o conte,
Caminhais em mim.

Cheval de ténèbre
Et moine chevalier,
Par ce qui est sans fin
Et sans nul pour le dire,
En moi vous allez.
Fernando Pessoa (1888-1935). Do vale à montanha (24 octobre 1932), extrait de : Poesias (1942, 1ère publication).
.
Fernando Pessoa (1888-1935). Par vaux et par monts, trad. par L. & L. de Do vale à montanha (24 octobre 1932), extrait de : Poesias (1942, 1ère publication).

Amália, la première à avoir employé dans son répertoire des œuvres des grands auteurs de la littérature lusophone, n’a jamais chanté Pessoa. Elle disait que sa poésie n’était pas faite pour ça.

Elle morte, les fadistes nouveaux ont puisé partout, dans ce qui leur tombait sous la main. Suffisait de trouver un poème dont la métrique s’accordait à un fado traditionnel ; ou du moins des vers réguliers, en couplets, facilement mettables en musique — et y avait qu’à se servir.

Exemple.

MarizaCavaleiro monge. Poème de Fernando Pessoa ; Mário Pacheco, musique.
Mariza, chant ; Mário Pacheco, guitare portugaise ; António Neto, guitare ; Marino Freitas, basse acoustique.
Enregistrement : Lisbonne, studios Xangrilá.
Extrait de l’album Fado curvo / Mariza. Portugal, ℗ 2003.

La chanson du dimanche [17]

12 juin 2022

Mais de quoi pourrait-on avoir peur en Tchéquie ?

Olga Tokarczuk. Sur les ossements des morts, trad. de : Prowadź swój pług przez kości umarłych (2009) par Margot Carlier. Libretto, impr. 2019, ISBN 978-2-36914-115-0, page 280.

Or en 1965 c’était la Tchécoslovaquie, un pays aujourd’hui disparu. Dans ce pays vivait et chantait Judita Čeřovská — elle aussi disparue.

Judita Čeřovská (1929-2001)Malý vůz. Jiřina Fikejzová, paroles tchèques ; J.W. Stole (Franck Pourcel) & Del Roma (Paul Mauriat). Adaptation tchèque de Chariot (1962), paroles originales françaises de Jacques Plante. La musique a d’abord (1961) été publiée seule.
Judita Čeřovská, chant ; Taneční orchestr Československého rozhlasu.
Vidéo : aucune information. Production : Tchécoslovaquie, ČST (Československá televize), [1965?].

Malý vůz signifie : « Petite voiture » (d’après un célèbre service de traduction automatique en ligne). La version originale de cette chanson, quoique créée par Petula Clark, était française et se nommait Chariot. Elle a connu une certaine popularité dans les pays de langue française.

Petula Clark (née en 1932)Chariot. Jacques Plante, paroles ; J.W. Stole (Franck Pourcel) & Del Roma (Paul Mauriat). La musique a d’abord (1961) été publiée seule, sous le même titre.
Petula Clark, chant ; Peter Knight Orchestra.
France, ℗ 1962.

D’ailleurs Judita elle-même chantait aussi en français, voyez.

Judita Čeřovská (1929-2001)Padam padam. Henri Contet, paroles ; Norbert Glanzberg, musique.
Judita Čeřovská, chant ; Taneční orchestr Československého rozhlasu ; Josef Vobruba, direction.
Extrait de l’album Judita Of Prague / Judita. Tchécoslovaquie, ℗ 1966.

Το γιασεμί [To giasemí]

8 juin 2022

Το γιασεμί στην πόρτα σου, γιασεμί μου
ήρτα να το κλαδέψω, ω! γιαβρή μου.

Traditionnel (Chypre). Το γιασεμί [To giasemí].

Le jasmin à ta porte, ô mon jasmin !
Je suis venu pour le tailler, ô mon amour.

ArHaiΤο γιασεμί [To giasemí]. Paroles & musique traditionnelles (Chypre). Autre titre : Jasmine.
ArHai, duo vocal & instrumental (Jovana Backovic, chant ; Adrian Lever, luth). Captation : Norwich (Royaume-Uni), St. Lawrence’s Church.
Vidéo : Massimo Mucchiut, réalisation. 2013 (mise en ligne).

ArHai est un duo formé de la chanteuse Jovana Backovic, née à Belgrade, et du multi-instrumentiste Adrian Lever, britannique. Il réside à Londres et compte plusieurs albums à son catalogue, dont Eastern roads (2013) qui comporte un enregistrement de cette chanson, Το γιασεμί [To giasemí] (« Le jasmin »).

C’est une vieille chanson de Chypre, encore que son origine soit probablement à rechercher en Anatolie (« l’Asie mineure », comme disent les hellénophones). Comme c’est généralement le cas des chansons traditionnelles anciennes, son texte présente de nombreuses variantes. Seul son incipit semble immuable : « Le jasmin à ta porte, ô mon jasmin ! / Je suis venu pour le tailler, ô mon amour. »

En voici deux enregistrements traditionnels. Le premier, de 1906, a probablement été réalisé à Constantinople d’après le commentaire de la vidéo sur Youtube. Le second a été capté à Chypre en 2010. Le chanteur, Μιχάλης Ττερλικκάς [Michálīs Tterlikkás], né dans la partie aujourd’hui turquéfiée de l’île, est un spécialiste de la musique traditionnelle chypriote.

Κώτσος Βλάχος [Kōtsos Vláchos]Το γιασουμί [To giasoumí]. Paroles & musique traditionnelles (Chypre).
Κώτσος Βλάχος [Kōtsos Vláchos], chant ; accompagnement instrumental et vocal.
Enregistrement : [Constantinople?], 1906.

Μιχάλης Ττερλικκάς [Michálīs Tterlikkás]Το γιασεμί [To giasemí]. Paroles & musique traditionnelles (Chypre).
Μιχάλης Ττερλικκάς [Michálīs Tterlikkás], chant ; Παναγιώτης Νικολαΐδης [Panagiōtīs Nikolaídīs], luth, chœurs ; Κώστας Καρπασίτης [Kōstas Karpasítīs] & Νίκος Σουρουλλάς [Níkos Souroullás], chœurs.
Vidéo : Πασχάλης Παπαπέτρου, réalisation. Production : Chypre, Μιχάλης Ττερλικκάς [Michálīs Tterlikkás], 2010 (mise en ligne).


Το γιασεμί στην πόρτα σου, γιασεμί μου
ήρτα να το κλαδέψω, ω! γιαβρή μου.
Τξ’ ενόμισεν η μανά σου, γιασεμί μου
πως ήρτα να σε κλέψω, ω! γιαβρή μου.

Le jasmin à ta porte, ô mon jasmin !
Je suis venu pour le tailler, ô ma douce.
Mais quand ta mère m’a vu, ô mon jasmin !
Elle a cru que je voulais te voler, ô ma douce.

Το γιασεμί στην πόρτα σου, γιασεμί μου
μουσκολοούν οι στράτες, ω! γιαβρή μου.
τξ’ η μυρωθκιά του η πολλή, γιασεμί μου
λαώννει τους θκιαβάτες, ω! γιαβρή μου.

Le jasmin à ta porte, ô mon jasmin !
Embaume tous les chemins, ô ma douce.
Et son parfum, ô mon jasmin !
Enivre les passants, ô ma douce.

Το γιασεμί στην πόρτα σου, γιασεμί μου
π’ αθκεί το καλοτξαίριν, ω! γιαβρή μου.
μουσκολοά τξαι σαίρουνται, γιασεμί μου
παίθκιοι τξαι νιοι τξαι γέροι, ω! γιαβρή μου.

Le jasmin à ta porte, ô mon jasmin !
Qui fleurit en été, ô ma douce,
Embaume jusqu’aux lointains, ô mon jasmin !
Et ravit jeunes et vieux, ô ma douce.
Traditionnel (Chypre). Το γιασεμί [To giasemí].
Source : livret d’accompagnement de l’album « Κυπραία Φωνή – Καλώς ήρταν οι ξένοι μας » / Μιχάλης Ττερλικκάς, http://www.mousalyra.com.cy/el/dikografia/ksenoi/ksenoi-keimena
Traditionnel (Chypre). Le jasmin, trad. par L. & L. de Το γιασεμί [To giasemí], d’après la traduction anglaise fournie dans le livret d’accompagnement de l’album « Κυπραία Φωνή – Καλώς ήρταν οι ξένοι μας » / Μιχάλης Ττερλικκάς, http://www.mousalyra.com.cy/en/dikografia-en/ksenoi/ksenoi-keimena.

La chanson du dimanche [16]

5 juin 2022

En Hongrie à nouveau, ce dimanche. Celle de 1970.

Il s’en passait, des choses, derrière le « rideau de fer », on n’a pas idée ! Sarolta Zalatnay (née Charlotte Sacher en 1947, à Budapest) était l’une des vedettes de la chanson pop et rock locale. Cette courte vidéo, provenant probablement d’une émission de la télévision magyare, la montre interprétant (en playback) l’un de ses succès de l’année 1970 : Nem vagyok én apáca (« Je ne suis pas une bonne sœur »). « Je ne suis pas une bonne sœur / Je ne peux pas vivre enfermée / Et tu n’es pas, chéri, gardien de prison ».

De fait Sarolta semble avoir vécu dans l’effervescence : trois mariages — le dernier en date avec un réalisateur de films pornographiques —, une liaison avec l’un des Bee Gees lors d’un séjour dans la Perfidious Albion en 1968, de la prison pour fraude fiscale.

Sarolta Zalatnay (née en 1947)Nem vagyok én apáca. István S. Nagy, paroles ; Ottó Schöck, musique.
Sarolta Zalatnay, chant ; Metró, ensemble instrumental. Enregistrement : Budapest (Hongrie), Qualiton Stúdió.
Hongrie, ℗ 1970.
Vidéo : aucune information.

Un monsieur me suit dans la rue • Piaf, Barbara

4 juin 2022

Vraiment, une étonnante chanson.

Un monsieur me suit dans la rue n’a pas été créée par Édith Piaf, qui l’a rendue célèbre en 1944, mais par Christiane Néré, ou Nérée (1908-1995), actrice et chanteuse à la voix de soprano léger qui l’avait enregistrée l’année précédente. La chanson a ensuite été reprise par Barbara dans son premier album Barbara à L’Écluse (1959).

Édith Piaf (1915-1963)Un monsieur me suit dans la rue. Jean-Paul Le Chanois, paroles ; Jacques Besse, musique.
Édith Piaf, chant ; accompagnement d’orchestre ; Guy Luypaerts, direction.
Enregistrement : Paris, 27 janvier 1944. France, ℗ 1944.

Barbara (1930-1997)Un monsieur me suit dans la rue. Jean-Paul Le Chanois, paroles ; Jacques Besse, musique.
Barbara, chant, piano ; Freddy Balta, accordéon .
Extrait de l’album : Barbara à l’Écluse. Enregistrement : Paris, studio Jenner, de février 1958 à fin janvier 1959. France, ℗ 1959.

Les paroles diffèrent de la version de Piaf à celle de Barbara, surtout dans le dernier couplet. Ci-dessous, le texte tel qu’il est chanté par Barbara.

J’étais une petite fille,
Du moins je le croyais.
J’portais des espadrilles,
J’avais encore mes jouets.
Mais un jour dans la rue
En sortant de l’école,
Je vois un inconnu
Qui, à mes pas, se colle.

Un monsieur me suit dans la rue,
J’en avais rêvé bien souvent
Et je suis d’avance tout émue.
Qu’est-ce qui va s’passer maintenant ?
Quand on me suivrait dans la rue,
J’pensais qu’ce serait épatant,
Quand on me suivrait dans la rue, dans la rue.
Ce n’était qu’un vieux dégoûtant.

Le cœur a ses mystères :
Je m’suis prise de passion
Pour un homme, un gangster,
Qu’a de la conversation ;
Et quand je vais chez lui,
Je dois faire attention.
Je sais qu’on le poursuit
Pour le mettre en prison.

Voilà qu’on me suit dans la rue,
Gros soulier qui marche en criant.
Pourvu qu’on n’m’ait pas reconnue !
J’ai peur que ce soit deux agents.
J’enfile des rues et des rues
Mon Dieu, ça devient inquiétant.
Tout le monde me suit toujours dans la rue, dans la rue,
Que vais-je faire maintenant ?

Je suis tombée malade
Dans un grand lit tout blanc,
Le cœur en marmelade,
Mon pauvre front brûlant.
Un monsieur me demande :
« Voulez-vous le bon Dieu ? »
Moi je préfère attendre,
Des fois que j’irais mieux.

J’vois tout le monde qui m’suit dans la rue,
Les hommes saluent, déférents.
C’est pour moi, j’l’aurais jamais cru
Que les femmes se signent en passant.
J’vois tout le monde qui m’suit dans la rue,
Devant moi marchent deux enfants.
On ne me suivra jamais plus dans la rue,
Car je m’en vais les pieds devant.
Jean-Paul Le Chanois (1909-1985). Un monsieur me suit dans la rue (1943).

Les versions de Piaf et de Barbara s’éloignent l’une comme l’autre de la version originale de Christiane Néré (1943), dans laquelle la mort de la narratrice n’est qu’un cauchemar dont elle se réveille — et que voici.

Christiane Néré (1908-1995)Un monsieur me suit dans la rue. Jean-Paul Le Chanois, paroles ; Jacques Besse, musique.
Christiane Néré (« Nérée » sur l’étiquette du disque), chant ; accompagnement d’orchestre ; Marius Costes, direction.
France, ℗ 1943.