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Une pie, tant pis

7 juin 2017

Elle apparaît dans sa stricte livrée noire et blanche, marchant sur le rebord de la terrasse. S’arrête, se tourne du côté du vide, jacasse brièvement en entrebâillant les ailes dans un tremblement, découvrant un plumage bleu nuit.

Fait à nouveau quelques pas. S’arrête, jacasse au vide dans son frisson bleu.

Revient sur ses pas. S’arrête.

Brusquement, se laisse tomber dans le vide.

Pauvre petite.

Une solitude parfaite

27 mai 2017

Apprenons à nous chercher une retraite au milieu du monde même, & nous y jouïrons d’une solitude parfaite, mieux convenable à nos véritables desseins que celle qu’on trouveroit au haut d’une Pyramide d’Egypte, ou du Pic de Teneriffe.

Daniel Defoe (1661?-1731). Réflexions sérieuses et importantes de Robinson Crusoé. Dans : La vie et les avantures surprenantes de Robinson Crusoé, contenant Son retour dans son Isle, ses autres nouveaux Voyages & ses Réflexions. Traduit de l’Anglois. Nouvelle Edition, avec Figures. A Paris, chez Cailleau, rue S. Jacques, au-dessus de la rue des Noyers, à S. André. Chez Dufour, même Boutique & Fonds de Cuissart, au milieu du Quai de Gêvres, à l’Ange Gardien. M.DCC.LXI.

Toulouse (Occitanie, France). La Garonne, 27 mai 2017

Let them learn to retreat in the world, and they shall enjoy a perfect solitude; as complete, to all intents and purposes, as if they were to live in the cupola of St. Paul’s, or as if they were to live upon the top of Cheviot Hill, in Northumberland.

Daniel Defoe (1661?-1731). Serious Reflections of Robinson Crusoe, with his vision of the angelic world (1721).

Henry Purcell (1659-1695) | O solitude, my sweetest choice, Z. 406 (1684/1685). Henry Purcell, musique ; poème d’Antoine Girard de Saint-Amant, traduit par Katherine Philips.
Andreas Scholl, contre-ténor ; Accademia Bizantina, ensemble instrumental ; Stefano Montanari, direction.
Captation : France, Festival de Beaune, 25 juillet 2010.
Vidéo : Olivier Simonnet, réalisation ; CLC productions, Festival de Beaune, Voo Tv, production. France, 2010.

Toulouse (Occitanie, France). La Garonne, 27 mai 2017

Maria Teresa de Noronha | Fado pintadinho

25 mai 2017

Voici un fado particulièrement approprié pour un jour de l’Ascension. La voix de Maria Teresa de Noronha, d’une souplesse incomparable, atteint avec une extrême facilité les notes aiguës du Fado pintadinho, qu’elle seule interprète avec une telle agilité. Beaucoup de fadistes ont repris cette musique, avec d’autres textes, mais tous marquent un temps d’arrêt avant de se lancer dans l’arpège ascendant qui est la marque de ce fado.

Maria Teresa de Noronha était la plus grande styliste du fado d’après-guerre. Son timbre de voix n’était pas exceptionnel, et elle se contentait généralement de textes sans grand intérêt. Amália Rodrigues, tout en reconnaissant ses qualités vocales, la trouvait par ailleurs (dans son autobiographie) exagérément bigote. « Elle sentait un peu le bénitier » : je crois que c’est la formule qu’elle emploie. Je n’ai pas le livre sous la main en ce moment, je retrouverai la citation précise.

Maria Teresa de Noronha (1918-1993) | Fado Pintadinho. José Mariano, paroles ; José Mariano et Maria Teresa de Noronha, musique.
Maria Teresa de Noronha, chant ; accompagnement de guitare portugaise et guitare classique (instrumentistes non mentionnés).
Captation : « Madrugada do Fado », spectacle d’hommage à Alfredo Marceneiro, Lisbonne, Théâtre São Luiz, 25 mai 1963.

Eu vi outrora o luar
À porta de Santa Cruz
Era o silêncio a rezar
Avé Marias de luz

 

À la porte de Santa Cruz
Le clair de lune semblait
Un silence récitant
Des Ave Marias de lumière
Fiquei na sombra discreta
E murmurei: Que primor!
Não és apenas poeta
Ó luar tu és pintor

 

Discrète, je me tenais dans l’ombre
Et murmurai : quelle splendeur !
Tu n’es pas que poète
Clair de lune, tu es peintre !
Passou o tempo voltei
Vi a mesma claridade
E fui eu que então rezei
Padre-nossos de saudade

 

Le temps a passé, j’y suis retournée
C’était la même clarté
Et c’est moi qui ai récité
Des Notre Père de saudade
José Mariano.
Fado pintadinho
.
José Mariano.
Fado pintadinho
. Traduction L. & L.

À l’est de la ville

22 mai 2017

Insensiblement nous sortons de la ville. Ou c’est elle qui nous quitte.

Elle se distend, laisse place à d’autres paysages.

Paris (France), bois de Vincennes, 18 mai 2017

Une plaine immense. Nous marchons.

L’un de nous dit : nous nous sommes écartés de l’itinéraire.

Mais non. C’est la direction. À ce croisement nous trouverons une indication.

Rien.

Un homme. Il faut lui demander. Monsieur s’il vous plaît.

Paris (France), cartoucherie, bois de Vincennes, 18 mai 2017

Il ne répond pas, ne semble pas comprendre.

Il pleure. On ne sait de quel malheur.

L’un de nous dit : il ne comprend pas. Monsieur, vous êtes turc ?

Cette question, pour qu’elle soit entendue de l’homme, il faudrait la poser en turc. Aucun de nous ne connaît cette langue.

L’homme pleure. Il pleure sur la douleur de la Turquie.

Ces musiques au loin… Anatoliennes, oui… Vous croyez ?

Nous marchons.

Nous longeons la paroi d’une falaise blanche ornée de loin en loin de peintures rupestres. L’une d’elle nous intrigue. On y reconnaît un éléphant, il n’y a pas à s’y méprendre.

Paris (France), cartoucherie, bois de Vincennes, 18 mai 2017

Les Indes ? Une telle distance parcourue déjà ?

Nous atteignons un fleuve.

Paris (France), bois de Vincennes, 18 mai 2017

C’est l’un des plus grands du monde. Nous décidons d’en longer la rive, vers ce que nous croyons être son aval.

La végétation se fait d’une densité impitoyable. Il devient difficile de se tenir au plus près du cours du fleuve. Parfois nous nous en éloignons.

Nous le retrouvons grâce au tumulte de ses eaux.

Un pont.

Paris (France), jardin d'agronomie tropicale de Paris, bois de Vincennes, 18 mai 2017

La végétation s’est fermée sur nous. Nous sommes incarcérés, prisonniers de la plus inexpugnable des forteresses.

Nous nous sentons observés.

Paris (France), jardin d'agronomie tropicale de Paris, bois de Vincennes, 18 mai 2017

Menacés.

Paris (France), jardin d'agronomie tropicale de Paris, bois de Vincennes, 18 mai 2017

Nous débouchons soudain dans une clairière que rien n’annonçait.

Un silence terrible s’est établi.

Ces traces sur le sol : les tigres.

Paris (France), jardin d'agronomie tropicale de Paris, bois de Vincennes, 18 mai 2017

Vers le soir nous atteignons la frontière de la Chine.

Paris (France), jardin d'agronomie tropicale de Paris, bois de Vincennes, 18 mai 2017

Kardeş Türküler | Tencere tava havası.
Kardeş Türküler, ensemble instrumental et vocal. Turquie, 2013.

Paris (France), jardin d'agronomie tropicale de Paris, bois de Vincennes, 18 mai 2017

Désormais dans la lune

20 mai 2017

Ainsi paraît la gloire du monde.

Paris (France), bois de Vincennes, 18 mai 2017

Ainsi passe-elle.

Paris (France), bois de Vincennes, 18 mai 2017

Dissoute. Car toute splendeur est vouée à sa perte.

Lula Pena | Extraits de : Pero a mí nunca jamás, paroles d’Atahualpa Yupanqui, musique de Pablo del Cerro ; Canción de la madre del Amargo, poème de Federico García Lorca, musique de Lula Pena ; Estranha forma de vida, paroles d’Amália Rodrigues, musique d’Alfredo Marceneiro (Fado bailado).
Lula Pena, chant et guitare. Captation : Lanzarote (îles Canaries, Espagne), Cueva de los Verdes, 11 novembre 2011.
Vidéo : Cláudia Varejão, 2011.

De loma en loma has de ir
y mi huella buscarás
El rastro de las vicuñas
Eso solo encontrarás
Pero a mí nunca jamás
Atahualpa Yupanqui (1908-1992). Pero a mí nunca jamás (extrait).

Tu iras de colline en colline
Et tu chercheras ma trace
Mais tu ne trouveras
Que celles des vigognes
Moi, tu ne me trouveras jamais plus.

Lo llevan puesto en mi sábana
mis adelfas y mi palma.

Día veintisiete de agosto
con un cuchillito de oro.

La cruz. ¡Y vamos andando!
Era moreno y amargo.

Vecinas, dadme una jarra
de azófar con limonada.

La cruz. No llorad ninguna.
El Amargo está en la luna.
Federico García Lorca (1898-1936). Canción de la madre del Amargo. Dans : Poema del cante jondo (1921).

On l’emporte enveloppé dans mon drap
posé sur mes lauriers-roses et ma palme.

Le vingt-sept août
avec un petit couteau d’or.

La croix. Et en route !
Il était brun et amer.

Voisines, donnez-moi de la citronnade
dans un pichet de cuivre.

La croix. Pas de larmes.
L’Amer est désormais dans la lune.

Foi por vontade de Deus
Que eu vivo nesta ansiedade
Que todos os ais são meus,
Que é toda a minha saudade
Foi por vontade de Deus.
C’est Dieu qui a voulu
Que je vive dans cette inquiétude
Que toutes les plaintes soient miennes
Que toute la saudade soit mienne
C’est Dieu qui l’a voulu.
Que estranha forma de vida
Tem este meu coração
Vive de vida perdida
Quem lhe daria o condão?
Que estranha forma de vida.
Étrange façon de vivre
Que celle de mon cœur
Vivre une vie d’égarement
Être sans emprise sur soi-même
Étrange façon de vivre.
Coração independente
Coração que não comando
Vives perdido entre a gente
Teimosamente sangrando
Coração independente.
Cœur indépendant
Cœur désobéissant
Tu vis perdu dans le monde
Tu saignes, obstinément
Cœur indépendant.
Eu não te acompanho mais
Para, deixa de bater
Se não sabes onde vais,
Porque teimas em correr?
Eu não te acompanho mais.
Je ne t’accompagne plus
Arrête-toi, cesse de battre
Si tu ne sais pas où tu vas
Pourquoi t’obstiner à courir ?
Moi, je ne t’accompagne plus.
Amália Rodrigues (1920-1999). Estranha forma de vida. Amália Rodrigues (1920-1999). Étrange façon de vivre, traduit de Estranha forma de vida par L. & L.

Paris (France), cartoucherie, bois de Vincennes, 18 mai 2017

Eurovisão

13 mai 2017

Il n’y a pas de sondages avant l’Eurovision. Il y a les classements établis par les bookmakers tout au long des semaines, des mois même, qui précèdent l’événement. Ces listes se constituent dès l’annonce des premières sélections, vers janvier, et ne fluctuent guère jusqu’au début des répétitions sur le lieu, sur la scène même, du concours. Dès ce moment tout peut changer, des favoris dériver, des outsiders s’insinuer dans les premières places. Quoi qu’il en soit l’état des cotes tel qu’il s’était fixé juste avant les deux demi-finales (qui se sont déroulées cette semaine à Kiev) en a préfiguré les résultats d’une manière assez convenable.

La finale a lieu ce soir. L’Italie a constamment tenu le premier rang des pronostics dès l’annonce, par le vainqueur du Festival de Sanremo 2017, le Toscan Francesco Gabbani, qu’il acceptait de représenter son pays à l’Eurovision avec son étonnant Occidentali’s karma (voir ci-dessous). Avec lui dans le groupe de tête — mais derrière lui : la Suède et la Bulgarie avec des chansons et des mises en scène typiquement « Eurovision », c’est à dire sans intérêt, sans utilité en dehors de ce contexte.

Or voici que le Portugal, représenté par l’inattendu Salvador Sobral et sa chanson Amar pelos dois, qui montait doucement dans l’estime des parieurs depuis une dizaine de jours, s’est hissé hier à la première place des pronostics (quoique de justesse).

Salvador Sobral, grand garçon qui s’exprime autant par sa gestuelle que par un chant absolument dépourvu d’artifice, a manqué la première semaine de répétitions à Kiev pour raisons de santé. Sa sœur Luísa (l’autrice et compositrice de la chanson) a été son homme de paille au cours des séances de réglage des éclairages, des cadrages etc. Elle chantait à sa place. Aucune scénographie à ajuster : il chante sur une petite scène annexe, devant un micro fixe, comme au Festival da canção. Le voici lors de sa demi-finale de mardi :

Salvador Sobral | Amar pelos dois. Luísa Sobral, paroles et musique.
Salvador Sobral, chant ; accompagnement d’orchestre.
Vidéo : Concours Eurovision de la chanson 2017, 1re demi-finale, 9 mai 2017 (extrait). Production : European Broadcasting Union, 2017.

Arrivé à Kiev il y a moins d’une semaine, il a découvert avec un certain effarement les coulisses frénétiques de ce qui est devenu, paraît-il, le spectacle télévisuel non sportif le plus suivi au monde. Fan zone en ville comme pour une coupe du monde de foot, inauguration fastueuse à laquelle les délégations se rendent en cortège au long d’un interminable tapis rouge bordé de photographes pour lesquels il faut poser, de micros dans lesquels il faut répondre chaque fois aux mêmes questions. Il faut vraiment endurer ça ?

Le lieu du spectacle lui-même : une halle immense où une scène démesurée, bourrée d’électronique, a été construite, et avec ça une salle de presse, des loges pour les artistes des 42 pays participants, des policiers partout. Des concurrents plus ou moins doués, plus ou moins sympathiques, prenant parfois la compétition très au sérieux. Des mises en scène extravagantes, incroyables, tout ça pour trois minutes exactement sur scène pour chacun, pas une seconde de plus, et des chansons qui, pour la plupart, ne valent même pas la peine qu’on les écoute.

Il a dit qu’il ne s’attendait pas à un tel cirque.

La chanson de Gabbani lui plaît, il l’a dit aussi.

C’est surtout le texte d’Occidentali’s karma qui est remarquable, son ton sarcastique et ses références à Shakespeare par ci, à l’essai Le singe nu de Desmond Morris par là, à Marx (Karl), Héraclite (la formule « panta rhei ») et autres. Mais c’est probablement sa musique pop et ses arrangements bien fichus qui ont valu au clip officiel de dépasser les 100 millions de visualisations sur YouTube.

Qui va gagner ? Peut-être aucun des deux finalement. Ça leur sera probablement égal, à l’un comme à l’autre.

Francesco Gabbani | Occidentali’s karma. Francesco Gabbani, Fabio Ilacqua et Luca Chiaravalli, paroles ; Francesco Gabbani, Filippo Gabbani et Luca Chiaravalli, musique.
Francesco Gabbani, chant ; accompagnement d’orchestre.
Vidéo : Festival di Sanremo 2017, 11 février 2017 (extrait). Production : Italie, RAI 1, 2017.

Essere o dover essere
Il dubbio amletico contemporaneo
Come l’uomo del neolitico
Nella tua gabbia 2×3 mettiti comodo
Intellettuali nei caffè, internettologi
Soci onorari del gruppo dei selfisti anonimi.

 

Être ou devoir être :
Le doute hamlétique contemporain.
Comme l’homme du néolithique,
Mets-toi à l’aise dans ta niche de 2 m sur 3.
Intellectuels de comptoir, internettologues,
membres d’honneur de l’association des selfistes anonymes.
L’intelligenza è démodé
Risposte facili, dilemmi inutili
Cercasi
Storie dal gran finale
Sperasi
Comunque vada, panta rei
And singing in the rain.

 

L’intelligence est démodée.
Réponses faciles, dilemmes inutiles…
Cherche
histoires grandioses
(si possible).
De toute façon : panta rhei
and Singing in the rain.
Lezioni di Nirvana
C’è il Buddha in fila indiana
Per tutti un’ora d’aria, di gloria
La folla grida un mantra
L’evoluzione inciampa
La scimmia nuda balla
Occidentali’s karma
La scimmia nuda balla
Occidentali’s karma!

 

Cours de Nirvana,
voici Bouddha en file indienne :
pour tous une heure d’oxygène, de gloire.
La foule crie un mantra,
l’évolution trébuche
et le singe nu danse.
Occidentaux’s karma
Le singe nu danse
Occidentaux’s karma !
Piovono gocce di Chanel
Su corpi asettici
Mettiti in salvo
Dall’odore dei tuoi simili
Tutti tuttologi col web
Coca dei popoli
Oppio dei poveri
Cercasi
Umanità virtuale
Sex appeal
Comunque vada, panta rei
And singing in the rain

 

Il pleut des gouttes de Chanel
sur des corps ascétiques
Protège-toi bien
de l’odeur de tes semblables !
Tous toutologues grâce au Web,
cocaïne du peuple,
opium du pauvre.
Cherche
humanité virtuelle,
sex appeal.
De toute façon : panta rhei
and Singing in the rain.
Quando la vita si distrae
cadono gli uomini…
Occidentali’s karma
La scimmia si rialza
Namastè! Alè!
Quand la vie est distraite
les hommes trébuchent…
Occidentaux’s karma
Mais le singe se relève
Namaste ! Allez !
Francesco Gabbani, Fabio Ilacqua et Luca Chiaravalli.
Occidentali’s karma
.
Francesco Gabbani, Fabio Ilacqua et Luca Chiaravalli.
Occidentali’s karma
. Traduction L. & L.

Träume

9 mai 2017

Ainsi paraît la gloire du monde.

Toulouse (Occitanie, France), place Sainte-Scarbes, 6 mai 2017

Ainsi passe-elle.

Toulouse (Occitanie, France), place Sainte-Scarbes, 6 mai 2017

Dissoute dans l’éternité, comme la vapeur des rêves.

Françoise Hardy | Träume. Fred Weyrich, paroles ; Martin Böttcher, musique.
Françoise Hardy, chant ; accompagnement d’orchestre ; Saint-Preux, direction.
Vidéo extraite de l’émission Sacha show, France, 1969.

Träume, die bei Nacht entstehen
und am Tag vergehen
sind meistens gar nicht wahr
weil sie unter den Millionen
unsrer Illusionen
geboren sind

 

Ces rêves qui naissent la nuit
Pour se dissoudre le jour
Ne sont presque jamais vrais
Car ils surgissent
Parmi les millions
De toutes nos illusions.
Träume sind wie ferne Wolken
denen andre folgen
solang es Leben gibt
sag mir, sag wohin sie treiben
wo sie einmal bleiben
weiss nur der Wind

 

Les rêves sont comme de lointains nuages
Que d’autres poursuivent
Leur vie durant.
Mais dis-moi, dis-moi où ils mènent…
Le but de leur voyage,
Seul le vent le connaît.
Wie ein Wunder ist die Welt
jeder Baum und jedes Feld
wie ein Wunder ist die Welt

 

Le monde est un miracle,
Chaque arbre, chaque pré
Le monde est un miracle.
Träume, die uns nichts bedeuten
sollte man beizeiten
mit andern Augen sehn
weil sie oftmals unser Denken
auf die Wege lenken
die wir dann gehn
Ces rêves, qui ne veulent rien dire,
Il faut savoir à temps
Les voir avec d’autres yeux
Car souvent ils imposent
Leur cours à nos pensées
Et nous les laissons faire.
Fred Weyrich (1921-1999).Träume.
Fred Weyrich (1921-1999).
Rêves
, traduit de Träume par L. & L.

L’épée d’Yseut et de Tristan fut un parapluie.

Louis Scutenaire (1905-1987). Dans : Mes inscriptions 1945-1963. Allia, 2017, ISBN 979-10-304-0521-7, p. 292


Toulouse (Occitanie, France), place Sainte-Scarbes, 6 mai 2017

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