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Sílvia Pérez Cruz | El cant dels ocells

24 décembre 2017

El cant dels ocells (« Le chant des oiseaux ») est tout à la fois un chant de Noël, un catalogue de noms d’oiseaux — le texte complet en cite plusieurs dizaines — et un hymne communautaire pour les Catalans à qui il évoque la Catalogne républicaine et le combat anti-franquiste, depuis la popularisation de cette mélodie par le grand violoncelliste Pau Casals. Exilé dès 1936, Casals exécutait El cant dels ocells à la fin de ses concerts.

En 1992, c’est au son du Cant dels ocells, interprété par la cantatrice Victòria dels Àngels (Victoria de los Ángeles) que s’est éteinte la flamme olympique des Jeux de Barcelone.

Sílvia Pérez Cruz et Raül Fernández en ont enregistré une version dans leur album Granada, paru en 2014.

Sílvia Pérez Cruz | El cant dels ocells. Traditionnel catalan, paroles et musique.
Sílvia Pérez Cruz, chant ; Raül Fernández, guitare. Captation : New York (NY, États-Unis), Joe’s Pub, 22 mars 2014.
Vidéo : Raul Romero, 2014 (mise en ligne).

Al veure despuntar
el major lluminar
en la nit més ditxosa,
els ocellets cantant,
a festejar-lo van
amb sa veu melindrosa.
En voyant s’éclairer
D’une lumière éclatante
La plus douce des nuits
Les oiselets chanteurs
Lui font fête
De leurs voix gracieuses.

L’àguila imperial
se’n vola cel adalt,
cantant amb melodia,
dient: Jesús és nat,
per treure’ns de pecat
i dar-nos alegria.

L’aigle impérial
S’envole en haut du ciel
Et d’une voix mélodieuse
Chante : Jésus est né
Pour nous libérer du péché
Et nous apporter la joie.

Cantava el passarell:
Oh, que hermós i que bell
és l’infant de Maria!
I li respon el tord:
Vençuda n’és la mort,
ja naix la vida mia !

La linotte chantait :
Oh qu’il est joli, qu’il est beau
L’enfant de Marie !
La grive lui répond :
La mort est vaincue
Voici que naît ma vie !

El cant dels ocells
(extrait). Traditionnel catalan.

Le chant des oiseaux
(extrait), traduit de : El cant dels ocells (traditionnel catalan) par L. & L.

Amália Rodrigues | Fado dos fados (1955)

20 décembre 2017

Canto da nossa tristeza
Choro da nossa alegria
Praga que é quase uma reza
Loucura que é poesia
Um sentimento que passa
A ser eterno cuidado
E razão duma desgraça
E assim tem de ser, é fado!

Leonel Neves (1921-1996). Fado dos fados (1955).

Chant de notre tristesse
Sanglot de notre joie
Colère qui est presque prière
Folie qui est poésie
Sentiment qui se transforme
En éternel tourment
Et qui rend malheureux
Inéluctablement : fado !

Amália Rodrigues (1920-1999) | Fado dos fados. Leonel Neves, paroles ; António Mestre, musique.
Amália Rodrigues, chant ; Domingos Camarinha, guitare portugaise ; Santos Moreira, guitare classique. Enregistré en public au Café Luso, Lisbonne, décembre 1955.
Extrait de l’album Amália no Café Luso. Portugal : Valentim de Carvalho, 1974.

Aquele amor derradeiro
Maldito e abençoado
Pago a sangue e a dinheiro
Já não é amor, é fado!
Cet amour ultime
Maudit autant que béni
Payé de sang et d’argent
N’est plus amour, mais fado.
Quando o ciúme é tão forte
Que ao próprio bem desejado
Só tem ódio ou dá morte
Já não é ciúme, é fado!
Une jalousie si terrible
Qu’elle frappe l’être désiré
De haine ou de mort
N’est plus jalousie, mais fado.

Canto da nossa tristeza
Choro da nossa alegria
Praga que é quase uma reza
Loucura que é poesia
Um sentimento que passa
A ser eterno cuidado
E razão duma desgraça
E assim tem de ser, é fado!

Chant de notre tristesse
Sanglot de notre joie
Colère qui est presque prière
Folie qui est poésie
Sentiment qui se transforme
En éternel tourment
Et qui rend malheureux
Inéluctablement : fado !

O remorso de quem sente
Que se voltasse ao passado
Pecaria novamente
Já não é remorso, é fado!

Le remords de ceux qui savent
Que revivant leur passé
Ils commettraient les mêmes péchés
N’est pas remords, mais fado.
E esta saudade de agora
Não de algum bem acabado
Mas das saudades de outrora
Já não é saudade, é fado!
Et cette nostalgie présente
Non pas d’un amour révolu
Mais nostalgie des anciennes nostalgies
N’est pas saudade, mais fado !
Leonel Neves (1921-1996).
Fado dos fados
(1955).
Leonel Neves (1921-1996).
Fado des fados
, traduit de : Fado dos fados (1955) par L. & L.

Ingrid Caven | Die großen weißen Vögel

4 décembre 2017

J’avais autrefois un disque 45 tours d’Ingrid Caven chantant Les goélands, la chanson popularisée par Damia dans les années 20, dans cet arrangement singulier qui s’ouvre sur une extrait de L’ode à la joie de la 9e de Beethoven et se clôt sur un passage de L’internationale.

J’ignorais jusqu’à présent qu’une version allemande, Die großen weißen Vögel (« Les grands oiseaux blancs ») avait précédé cet enregistrement. L’auteur du texte, Peer Raben (1940-2007), est surtout connu pour avoir composé la plupart des musiques des films de R.W. Fassbinder jusqu’au dernier, Querelle (1982). Il aurait été quelque temps son amant.

Ingrid Caven, comme on sait, a été l’épouse de Fassbinder.

Ingrid Caven | Die großen weißen Vögel. D’après Les goélands, Lucien Boyer, paroles et musique ; Peer Raben, texte allemand.
Ingrid Caven, chant ; Peer Raben, arrangements et direction. Extrait de l’album Der Abendstern / Ingrid Caven (1979).
Intègre des citations de la Symphonie no. 9 en ré mineur, op. 125 de Ludwig van Beethoven dans l’interprétation du Boston Symphony Orchestra dirigé par Charles Munch en 1959, de la Messe de Requiem de Giuseppe Verdi dans l’interprétation du NBC Symphony Orchestra dirigé par Arturo Toscanini en 1940 (?) et de L’internationale, musique Pierre Degeyter, paroles Eugène Pottier (interprètes non identifiés).
Vidéo : MrBlueiberlin, 2011.

Seid umschlungen, Millionen!
Diesen Kuß der ganzen Welt!
Friedrich Schiller (1759-1805). An die Freude, extrait.
Enlacez-vous, multitudes !
Ce baiser est pour le monde entier !

Weit draußen auf dem blauen Meer
erklingt ein Lied von Wiederkehr,
ein Lied vom Leben.
Matrosen singen es zur Stund,
da sie den Freund dem Meeresgrund
tot übergeben.
Im Tuch aus Leinen ruht er schön
und hört leis weiße Flügel gehn
in blauen Fernen.
Ein Lächeln schmückt ihn, wo er liegt.
Das ist die Seele, denn sie fliegt
nicht zu den Sternen.
Und seinen Leichnam ruft ein Lied,
das lockend über Klippen zieht,
wie Wind und Welle.
Schäumt auch die Meeresfläche wild,
Gedanken formen doch ein Bild
aus seiner Seele.
Der schöne Seemann, wie ein Stein,
sank in die tiefe Flut hinein,
in eine Wiege.
Zur selben Stund hoch in der Luft
ein großer weißer Vogel ruft:
den Tod besiege!
Seht ihr die weißen Möwen dort,
sie fliegen weit vom Ufer fort
im Meerestosen.
Sie formen Schreie und erzählen:
unsre Flügel sind die Seelen
der Matrosen.
Der Meeresfluten kühles Grab
zieht dich, Matrose, tief hinab,
dich zu vereinen
mit allen, die an dich gedacht
und die in ferner stiller Nacht
leis um dich weinen, weinen, weinen.

Au loin sur la mer bleue
résonne une chanson de retour,
une chanson de vie.
Les marins la chantent
tandis qu’ils confient l’ami mort
aux fonds marins.
Et lui, couché dans la toile de lin,
il entend battre doucement des ailes blanches dans des lointains bleus.
Un sourire orne son visage.
C’est son âme. Car elle ne s’envole pas
vers les étoiles.
Et de son cadavre monte un chant
qui s’étire par-dessus les écueils
comme le vent et les vagues.
Une grande écume se forme sur la mer,
tandis que les pensées dessinent une image de son âme.
Le beau marin, comme une pierre,
s’est enfoncé dans le flot profond,
dans un berceau.
À ce moment, un grand oiseau blanc
crie dans le ciel :
sois victorieux de la mort !
Voyez les mouettes blanches là-bas,
qui s’éloignent de la côte
dans le fracas des vagues.
Elles crient et disent :
nos ailes sont les âmes
des matelots.
Le froid tombeau des flots
t’attire au plus profond, marin,
pour t’unir
à tous ceux qui ont pensé à toi
et qui loin de toi, dans la nuit silencieuse,
doucement pleurent, pleurent, pleurent.
Peer Raben (1940-2007).
Die großen weißen Vögel
, d’après Les goélands (1911), de Lucien Boyer (1876-1942).
Peer Raben (1940-2007).
Les grands oiseaux blancs
, traduit de : Die großen weißen Vögel par L. & L.

Damia (1889-1978) | Les goélands. Lucien Boyer, paroles et musique.
Damia, chant ; Pierre Chagnon, arrangements et direction. Première publication : France, 1929.

Jeanne Moreau | Je m’ennuie la nuit sans toi

26 novembre 2017

Jeanne Moreau (1928-2017) | Je m’ennuie la nuit sans toi. Jeanne Moreau, paroles ; Guy Boyer, musique.
Jeanne Moreau, chant ; Stéphane Grappelli, violon ; accompagnement d’orchestre.
Extrait du film Le jardin qui bascule. Guy Gilles, réalisation, scénario et dialogues ; Delphine Seyrig, Anouk Ferjac, Patrick Jouané, Sami Frey, Philippe Chemin, Guy Bedos, Jeanne Moreau,… acteurs. France, 1974.


Nous avions Jeanne Moreau.

Et maintenant voyez. Qu’avons-nous ?

Ainsi passe la gloire du monde.

Jeanne Moreau dans La Notte (1961), Michelangelo Antonioni, réalisateur

Souvenir de Milan

22 novembre 2017

Milan (Italie) / Milano (Italia), 6 novembre 2017

Milan (Italie), Museo del Novecento, 9 novembre 2017Milan (Italie) / Milano (Italia), Galleria Vittorio Emanuele II, 6 novembre 2017

Milan (Italie) / Milano (Italia), Università cattolica del Sacro Cuore, 8 novembre 2017

Milan (Italie) / Milano (Italia), 7 novembre 2017

Milan (Italie), Museo del Novecento, 9 novembre 2017

Carlo Crivelli (1430?–1495), I santi Ansovino e Girolamo (après 1490), détail. Milan (Italie), Pinacoteca di Brera, 7 novembre 2017 Milan (Italie), Pinacoteca di Brera, 7 novembre 2017

Milan (Italie), 9 novembre 2017

Amália Rodrigues (1920-1999) | O mia bela Madunina (Milan, 1973). Giovanni D’Anzi, proles et musique.
Amália Rodrigues, chant ; José Fontes Rocha et Carlos Gonçalves, guitare portugaise ; Pedro Leal, guitare classique ; Joel Pina, basse acoustique.
Enregistré en public lors d’un concert à Milan (Italie) en 1973. Première publication : 2017. Extrait de l’album Amália em Itália (2017).

La Madonnina (Madunina selon la prononciation locale) est le nom donné à la statue dorée de la Vierge placée sur le plus haut pinacle de la cathédrale de Milan.

Oh mia bella Madonnina,
che te brillet de lontan,
tutta d’òra e piscinina,
ti te dòminet Milan;
sòtt’a ti se viv la vita,
se sta mai coi man in man.

Canten tucc « lontan de Napoli se moeur »,
ma poeù vegnen chì a Milan!
Giovanni D’Anzi (1906-1974). O mia bela Madunina (1934). Extrait.

………

Oh ma belle Madonnina
Toi qu’on voit briller de loin
Toute d’or et si petite
Tu domines Milan.
À tes pieds se vit la vie,
Elle ne s’arrête jamais.

Ils chantent tous « Loin de Naples on se meurt »
Mais après ils viennent à Milan !
Giovanni D’Anzi (1906-1974). O mia bela Madunina (1934). Extrait. Traduction L. & L.

Milan (Italie), 9 novembre 2017

Je suis venu de loin pour te voir.

19 novembre 2017

Toi.

Donato Bramante (1444-1514). Cristo alla colonna (vers 1490). Milan, Pinacoteca di Brera

Donato Bramante (1444-1514). Cristo alla colonna (vers 1490). Milan, Pinacoteca di Brera

Donato Bramante (1444-1514). Cristo alla colonna (vers 1490). Milan, Pinacoteca di Brera

Donato Bramante (1444-1514). Cristo alla colonna (vers 1490). Milan (Italie), Pinacoteca di Brera, 7 novembre 2017

Sopa de pedra | Bate, bate

18 novembre 2017

Sopa de pedra | Bate, bate (2017). Amélia Muge, paroles et musique ; Sopa de Pedra, Sara Yasmine, António Serginho, arrangements.
Sopa de pedra, ensemble vocal.
Extrait de l’album Ao longe já se ouvia. Portugal : Turbina, 2017.
Vidéo : Pedro Santasmarinas, réalisation ; Joana Africano, actrice. Portugal, 2017.

Bate bate meu tear
que chegou a tua hora
E com ou sem tecedeira
bate não te vás embora

 

Claque claque mon métier
C’est l’heure
Et avec ou sans ouvrière
Claque ne t’en vas pas
A minha teia está posta
à espera do teu bater
Bate bate meu tear
bate até eu responder

 

Ma toile est en place
Elle attend que tu claques
Claque claque mon métier
Claque et je te répondrai
Ai bate bate
Meu tear bate, bate, bate
Não esmoreças bate assim
Por mim por ti sem ter fim
Bate bate

 

Claque claque
Mon métier claque, claque, claque
Ne faiblis pas, bats comme ça
Pour moi pour toi sans t’arrêter
Claque claque
Bate bate meu tear
Vá, não deixes de bater
Põe a trama a reclamar
Diz o que tens pra dizer

 

Claque claque mon métier
Claque sans t’arrêter
Fais chanter la trame
Dis ce que tu as à dire
E tanto bate o tear
Como o coração da gente
Um a sentir quando bate
outro a bater quando sente

 

Ainsi claque le métier
Comme bat le cœur des gens
L’un ressent quand il claque
L’autre bat quand il ressent.

Bate bate meu tear
acerta a tua pancada
Que a tecedeira morreu
E eu cá de ti não sei nada

 


Claque claque mon métier
Prépare ton battement
Car l’ouvrière est morte
Et moi je ne sais rien de toi

Bate bate meu tear

Como o coração da gente
Um a sentir quando bate
outro a bater quando sente

 


Claque claque mon métier
Comme bat le cœur des gens
L’un ressent quand il claque
L’autre bat quand il ressent
Amélia Muge.
Bate, bate
.
Amélia Muge.
, traduit de : Bate, bate par L. & L.


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