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Amália — Faz-me pena

7 mai 2010

Voilà à quoi je faisais allusion dans le précédent billet. Il s’agit d’une répétition, d’une séance de travail (non datée, mais certainement enregistrée dans les années 1990). Si je comprends bien Amália veut voir ce que donnerait Faz-me pena sans la répétition des deux premiers vers de chaque quatrain. On la voit en tenue de ville, une personne âgée extrêmement ordinaire, une petite grosse comme on en voit choisir les viandes du pot-au-feu chez le boucher du coin. Il manque le caddie, c’est tout.

Mais lorsqu’elle chante, sans engagement particulier puisqu’il s’agit d’un réglage, il y a miracle. À la fin elle se retourne directement vers les musiciens pour faire le bilan, mais les personnes présentes qui avaient arrêté de vaquer applaudissent. Elle a pour eux un rapide sourire de remerciement étonné, et à nouveau elle est dans son travail.

C’est une des plus belles vidéos d’Amália âgée qui traîne sur le Net (elle vient d’ici). Je la trouve bouleversante.

Pas toi ?

Faz-me pena

Que culpa tem o destino
Deste destino que eu tenho
Se o desgosto é pequenino
Eu aumento-lhe o tamanho

É meu destino
Se o desgosto é pequenino
Eu aumento-lhe o tamanho

Se o desespero matasse
Eu já teria morrido
Talvez alguém me chorasse
Talvez o tenha merecido

Talvez alguém
Talvez alguém me chorasse
Talvez o tenha merecido

Sinto que cheguei ao fim
Das ilusões que não tive
Porque alguém gosta de mim
Algo de mim sobrevive

Cheguei ao fim
Mas se alguém gosta de mim
Algo de mim sobrevive

Adeus que chegou a hora
Há muito a venho esperando
E se por mim ninguém chora
Faz-me pena e vou chorando

Já vou embora
E se por mim ninguém chora
Faz-me pena e vou chorando

Amália Rodrigues. Dans : Versos. Lisboa : Cotovia, 1997. ISBN 972-8028-88-1

Est-ce la faute du destin
Si ce destin est le mien ?
Si le chagrin est tout petit
Moi j’en augmente la taille

C’est mon destin
Si le chagrin est tout petit
Moi j’en augmente la taille

Si le désespoir tuait
Je serais déjà morte
Peut-être se trouverait-il quelqu’un pour me pleurer
Peut-être l’aurais-je mérité

Peut-être
Peut-être se trouverait-il quelqu’un pour me pleurer
Peut-être l’aurais-je mérité

Je sens que j’ai atteint le bout
Des illusions que je n’ai pas eues
Parce qu’il se trouve quelqu’un qui m’aime
Quelque chose de moi survit

J’ai atteint le bout
Mais si quelqu’un m’aime
Quelque chose de moi survit

Adieu, car elle est venue cette heure
Que j’attends depuis longtemps
Et si pour moi nul ne pleure
J’en ai de la peine et j’en pleure

Je m’en vais
Et si pour moi nul ne pleure
J’en ai de la peine et j’en pleure

Il n’existe pas d’enregistrement sur disque de Faz-me pena.

L. & L.

Amália Rodrigues. Versos. Cotovia, 1997.Versos / Amália Rodrigues. — Lisboa : Cotovia, 1997. — ISBN 972-8028-88-1

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