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João Monge — Eu sou o outro

20 juillet 2012

Je suis l’autre

J’ai mal au corps de l’autre
Comme si l’autre m’encombrait les veines
Comme s’il était moi.
J’ai mal à ses mollets, aux articulations de ses doigts
Parfois il me fait tousser…
Mais non ce n’est pas l’autre, c’est moi.

Alors je choisis une terrasse, et une mouette
Et la mouette m’enlève la douleur de l’autre et l’emporte dans le ciel
Puis elle me remet la douleur
Comme si l’autre c’était moi.

Ces jours-là je vois l’autre sourire
— Mais son sourire
N’est pas qu’à lui
Il est à moi.
João Monge. Eu sou o outro (2010). Traduction L. & L.

Eu sou o outro

Dói-me o corpo do outro
Assim como se o outro me entupisse as veias
E fosse eu
Dói-me a barriga das pernas e o nó dos dedos do outro
Às vezes dá-me tosse…
Mas isto não é o outro, sou eu

Depois escolho uma esplanada e uma gaivota para seguir
E ela leva-me a dor do outro para o céu
Até me devolver a dor
Como se o outro fosse eu

Nesses dias vejo o outro a sorrir
Só que o sorriso dele
Não é só dele
É meu
João Monge. Eu sou o outro (2010). Source : João Monge. Versalhadas [blog], consulté le 20 juillet 2012.

Urbino (Marches, Italie), Duomo. Détail d'un pilastre. 18 juillet 2012
Urbino (Marches, Italie), Duomo. Détail d’un pilastre. 18 juillet 2012

Insatiété

20 juillet 2012

Ti ho visto. Je t’ai vu.

Désormais s’est creusé un abîme de désir, infini.

« Ti ho visto ». Urbino (Marches, Italie), 18 juillet 2012 « Ti ho visto ». Urbino (Marches, Italie), via Federico Barocci, 18 juillet 2012

Intranquillité

20 juillet 2012

Ti ho visto. Je t’ai vu.

Ne sois pas tranquille, il y a quelqu’un qui sait.

« Ti ho visto ». Urbino (Marches, Italie), 18 juillet 2012 « Ti ho visto ». Urbino (Marches, Italie), via Federico Barocci, 18 juillet 2012

Le jour de la disparition

9 juillet 2012

Henry Holiday (1839-1927). Illustration pour The Hunting of the Snark (Lewis Carroll). Planche 10, The Vanishing
Henry Holiday (1839-1927). Illustration pour The Hunting of the Snark (Lewis Carroll). Planche 10, The Vanishing. 1874.

In the midst of the word he was trying to say,
In the midst of his laughter and glee,
He had softly and suddenly vanished away

Lewis Carroll (1832-1898). The Hunting of the Snark (1874). Fit the Eight, The Vanishing

Au milieu de ce mot qu’il essayait de dire,
Au milieu des hourras et des rires,
Il avait, soudain, doucement disparu
Lewis Carroll (1832-1898). The Hunting of the Snark (1874). Huitième crise, La disparition. Traduction L. & L.

J’ai constaté quelque chose d’étrange, relativement à moi. Depuis quelque temps — oh, quelques mois à peine — je disparais tous les lundis, jusqu’à 21 heures. Je disparais. Même à mes propres yeux. C’est à dire que, ni moi ni personne ne pouvons me trouver.

Ça n’a aucun sens ce que tu dis. Si tu te cherches, c’est que tu n’as pas disparu. Je veux dire que : celui de toi qui cherche l’autre n’a pas disparu.

Mais je ne me cherche pas, ce serait impossible.

Mais, comment sais-tu que tu as disparu alors ?

C’est en dehors des moments de disparition que je m’en aperçois ; lorsque, rétrospectivement je consulte le compte-rendu de la semaine écoulée. Il y a un manque. Aucune trace de moi les lundis. Et cela, toutes les semaines.

Tu sais ce que tu devrais faire ? Il faut que quelqu’un te tienne la main le dimanche à minuit.

Ce serait inutile : la disparition est absolue, toutes les traces sont effacées, même dans les mémoires d’autrui (toi-même par exemple, il est impossible que aies pensé à moi aucun de ces derniers lundis). De sorte qu’on peut bien me tenir la main le dimanche à minuit, dès minuit et une seconde on se trouve avec sa propre main dans une position insolite, voilà tout.

J’ai constaté aussi que la durée de la disparition a augmenté depuis peu. Il y a encore trois semaines, le phénomène prenait fin à 20 heures. Mais la semaine suivante : 21 heures. J’ai cru à une erreur, mais non, c’est désormais 21 heures. Jusqu’à quand ? Est-ce un mécanisme qui s’est enclenché ? Est-ce que la disparition finira par mordre sur le mardi, et progressivement sur tous les autres jours de la semaine ?

L. & L.

Quand on est abeille, pas d’histoires

9 juillet 2012

Henri Michaux (1899-1984). Sans Titre (Mouvements). 1950-51.
Henri Michaux (1899-1984). Sans Titre (dans : Mouvements). 1950-1951.

Le matin, quand on est abeille, pas d’histoires, faut aller butiner.
Henri Michaux (1899-1984). Face aux verrous (1954).

Quand on n’est pas abeille, alors c’est différent.
Il n’y a pas d’obligation.
Des histoires, il peut y en avoir.

Reste à savoir ce qu’on est ce matin.

L. & L.

Dins l’òrt

9 juillet 2012

Montpellier, jardin des plantes, 8 juillet 2012

Menaçant acéré lacérant.

Montpellier, jardin des plantes, 8 juillet 2012

Bienveillant ?

Montpellier, jardin des plantes, 8 juillet 2012

Mystérieux.

Non pas du tout. Ombreux, liquide.

Nénuphar : quelque chose de l’enfance — né-nu-phar. Nénuphar un mot de livre de lecture : Sur le nénuphar je ferai le café.

Se tenir sur le nénuphar comme Vénus sur sa coquille Saint-Jacques ? On basculerait piteusement dans l’étang. On n’est pas libellule.

Montpellier, jardin des plantes, 8 juillet 2012

Mais qu’est-ce qu’il fait cet homme.

Il avait caché le trésor de sa vie là-dedans, il ne sait plus dans laquelle des anfractuosités. Retrouver le trésor avant la fermeture du jardin, c’est une question de vie ou de mort.

Montpellier, jardin des plantes, 8 juillet 2012

Encore de la menace. Ça se donne pour bleu, mais qu’en est-il ?

Montpellier, jardin des plantes, 8 juillet 2012

Ça n’existe pas cela.

L. & L.

Négligé, oublié

7 juillet 2012

Hello, my name is [moustache] Hello, my name is [moustache] -- Street art, Montpellier (Street art, Montpellier)

Ce matin :

je vais à la pharmacie

puis au marché

mais avant je m’arrête devant les stands des bouquinistes

mais avant je m’arrête devant le stand du marchand de disques d’occasion (de vinyles je veux dire). C’est là — juste avant de négocier le prix de deux albums de Jeanne Moreau, des deux premiers 33 t de Françoise Hardy et d’un double d’Amália,  — que je me rends compte que j’ai du dentifrice dans la moustache.

C’est à dire que depuis mon sortir je suis visible ainsi, la moustache biffée de dentifrice. La pharmacienne a fait comme si de rien n’était, comme elle aurait servi n’importe quelle personne porteuse d’une moustache impeccable, ou au contraire comme si toute moustache raisonnable se trempait dans le dentifrice avant de vaquer à ses affaires.

Mais au fond, peut-être que de rien n’était effectivement. Peut-être que la pharmacienne n’était aucunement surprise de me voir ainsi. Peut-être qu’à mon insu elle m’a toujours vu quelque chose d’erroné dans la tenue, un truc ou un autre qui cloche ; toujours. Et qu’elle a cessé d’être étonnée.

Toujours toujours un détail qui clocherait, bien visible. De l’oublié, du négligé, du déraisonnable. À y réfléchir, oui, évidemment c’est ça.

Le fait est que je n’ai jamais été quelqu’un de raisonnable ; je n’en ai jamais eu l’aspect je crois. C’est à soupirer.

L. & L.

Jeanne Moreau. La vie de cocagne / Cyrus Bassiak (Serge Rezvani), paroles ; Cyrus Bassiak (Serge Rezvani) et Jean-Jacques Robert, musique ; Jeanne Moreau, chant ; orchestre dirigé par Ward Swingle. 1963.

L’E.-J.

4 juillet 2012

— Non, dans 3 mois, pas avant. Le 1er octobre, ça te va ? Ste Thérèse de l’E.-J.
— Ste Thérèse de quoi ?
— De l’E.-J., c’est écrit comme ça.
— Oui, mais enfin ça doit se développer, c’est comme Fête Nat.
— Oui je m’en doute, que ça se développe, mais je ne sais pas comment.
— Qu’est-ce que ça pourrait être… T’as une idée ?
— Non, je ne vois pas… Sans doute le nom d’un miracle qu’elle a fait, j’imagine.
— Probable oui… Ça pourrait être Encornet Jauni par exemple.
— Jaunir un encornet, mais quel intérêt ? Un miracle de piètre portée, tu en conviendras.
— Oui… ça devait être un miracle de jeunesse. Elle en a sûrement fait d’autres ensuite…
— Ah oui, lesquels alors ? Cuire des grondins rien qu’en les regardant ? Ce serait déjà mieux oui, c’est certain. Mais je te ferais remarquer que dans ce cas c’est plutôt d’après ce miracle-là qu’on l’aurait nommée. Ste Thérèse des G.-C.
— G.-C. ?
— Grondins cuits. Entre parenthèses les grondins auraient eu intérêt à passer au large quand la sainte faisait trempette…
— Elle faisait de la plongée sous-marine, d’après toi ? Y a pas un risque avec l’auréole ?
— Un risque de quoi ?
— Je sais pas, de choc électrique…
— Mais enfin, tu ne crois pas que ça marche à l’électricité quand même… y a des moments… quelle naïveté ! Au contraire, ça doit être très pratique dès qu’on atteint les profondeurs — ou la nuit.
— Je croyais que c’était interdit, la pêche au lamparo.
— Peut-être, mais pas la pêche à l’auréole. Mais bon, ça nous éloigne du sujet. E.-J., ce n’est pas Encornet Jauni.
— T’as mieux à proposer ?
— Je ne sais pas… Endouille Japonaise par exemple.
— Ça prend un a, andouille.
— Pas quand elle est japonaise. C’est fait avec du porc cru.
— Une sainte charcutière ?
— Pourquoi pas.
— Mais alors où est le prodige ? Si elle était charcutière, c’est normal qu’elle ait fait de l’andouille, non ? Enfin de l’endouille. Et puis franchement excuse-moi, mais à mon avis, c’est plutôt ses clients qu’il aurait fallu canoniser.
— Qu’est-ce que tu as contre la cuisine japonaise ?
— De toute façon c’est pas un nom très japonais ça, Thérèse.
— Je n’ai pas dit qu’elle était japonaise. Tu sais, les restaurants japonais sont rarement tenus pas des Japonais. Souvent c’est des Chinois, des Laotiens, des Vietnamiens ou autres.
— Je me demande d’où tu tiens ça. Mais ça ne fait pas non plus chinois, ni laotien ni vietnamien, Thérèse.
— Non non, je te l’accorde. Elle devait être française ou belge. Ou suisse.
— Une sainte suisse, ça m’étonnerait. Ils sont protestants là-bas.
— Oui, sauf Thérèse justement. C’est pour ça. Les Suisses ne supportaient pas. Imagine-la, la pauvrette, à Schaffhouse ou au bord du lac des Quatre-Cantons. Ils ont fondu sur elle et ils l’ont foutue dans le lac, l’accusant d’être une empoisonneuse.
— Sur ce point ils n’avaient pas tort à mon avis.
— Enfin, de là à la noyer… je te trouve d’une sauvagerie tout à coup. Toujours est-il qu’elle n’est pas morte. Là est le miracle. Le lendemain elle ouvrait sa charcuterie comme si de rien n’était. Mais elle n’est pas restée, elle a pris ses cliques et ses claques et s’est faite carmélite à Nevers en France.
— Pourquoi Nevers ?
— Elle y avait connu un homme autrefois, un Allemand pendant la guerre. Ça a fait toute une histoire après, c’est pour ça qu’elle était partie…
— … en Suisse vendre de la charcuterie japonaise.
— D’abord au Japon où elle s’est formée, et de là en Suisse, oui.
— Je me demande si tu ne confonds pas plusieurs histoires. C’est un peu tiré par les cheveux je trouve.
— Les saintes tu sais, c’est inimaginable ; ce sont des histoires incroyables. D’ailleurs, tiré par les cheveux c’est impossible, elle avait été tondue après la guerre. Et à nouveau, de peur après la tentative de noyade, ses cheveux étaient tombés. Entièrement.
— La sainte patronne des chauves alors ? Non ça ne me va pas le 1er. Tu es libre le 2 ?
— Le 2 ? St Léger. Le saint patron des anorexiques. Soit. 10 heures ?
— OK, c’est noté.

Thérèse (extrait) / Alain Cavalier, réalisateur ; Alain Cavalier et Camille de Casabianca, scénario ; Catherine Mouchet (Thérèse Martin, Sœur Thérèse de l’enfant Jésus) ; Hélène Alexandridis (Lucie)… et d’autres. France, 1986.

L. & L.

Tout est calme dans le ciel

1 juillet 2012

Toulouse, Musée des Augustins, 24 juin 2012
Toulouse, Musée des Augustins (église), 24 juin 2012. Devant Le martyre de saint André (1645), de Sébastien Bourdon (1616-1671).

Dans ce coin là-bas, derrière ce pilier, Ciel que vois-je ?
Mais non allons, c’est impossible, pas ici.

Enfin pourtant… elles sont où mes lunettes…?
Ah non, c’est pas ce que je croyais… On dirait un billet de 5 non ?… C’est pas grand chose 5 €, mais quand même…
Qu’est-ce que je fais ?
J’espère qu’elle a rien vu ma voisine, elle serait capable de se le garder mine de rien, les bourgeoises y a pas plus radin.
Faudrait que je voie de plus près, faudrait que je passe par-dessus ce cordon. Cette femme… Attendre qu’elle s’éloigne…
Bon ben ça y est, elle l’a assez vu ce tableau non ? Ça fait bientôt dix minutes qu’elle est là.
Mais qu’elle m’agace.

Au moins elle me regarde pas, c’est pas comme celle du guichet, on aurait dit une grenouille qui a vu un moucheron, ses yeux hors de la tête, une vache, une vraie vache, elle avait jamais vu une bonne sœur ma parole.
Oh mais qu’elle m’énerve, elle le fait exprès ou quoi.
Tu vas foutre le camp connasse
Mais qu’est-ce que j’dis mais quelle horreur !

C’est sa faute aussi.

Du calme sœur Huguette. Respire, ma cocotte.

Vinicio Capossela. Non c’è disaccordo nel cielo / Vinicio Capossela, chant, piano, harmonium indien ; Gianfranco Grisi, harmonica de verre ; Alessandro Stefana, lap steel guitar ; Vinicio Capossela, paroles ; Frederick Martin Lehman, musique. D’après There’s no disappointment in Heaven (1914), cantique de Frederick Martin Lehman (1858-1953). Extrait de Da solo (2008).

Non c’è disaccordo nel cielo
né nuvole gonfie o mistero
né pacchi né stupri né soglie
né stanze svuotate d’addio

Solo tutte le lacrime avute
quando siamo stati migliori
e la grazia e l’oscuro segreto
ci scrosta nell’oscurità

A volte non vedo nel cielo
che nuvole gonfie e mistero
e salendo nel vapore leggero
altro non vedo e non so

Né anime bianche né salmi
che cantino gloria con noi
né vecchi compagni né amanti
che dividano il cielo con noi

Così resto solo col cielo
e altro non vedo e non so
ma se tutto è nascosto nel cielo
al cielo io ritornerò
Vinicio Capossela. Non c’è disaccordo nel cielo

Au ciel il n’y a pas de discorde
Pas de nuages lourds, rien de mystérieux
Ni paquets, ni viols, ni seuils
Ni chambres vidées par des adieux

Il n’y a que les larmes que nous avons pleurées
Quand nous avons été meilleurs
Et la grâce, et l’obscur secret
Qui nous gratte dans l’obscurité

Parfois je ne vois dans le ciel
Que nuages lourds et mystères
Et s’élevant dans la vapeur légère
Il n’y a rien d’autre que je voie

Ni âmes candides ni psaumes
Qui chantent le gloria avec nous
Ni de vieux copains ni d’amants
Qui partagent le ciel avec nous

Je reste donc seul avec le ciel
Il n’y a rien d’autre que je voie
Mais si tout est caché dans le ciel
Au ciel, moi je retournerai
Vinicio Capossela. Non c’è disaccordo nel cielo. Traduction L. & L.

L. & L.

Écouter Da solo sur Deezer
Vinicio Capossela — Site officiel (en italien et anglais)
Vinicio Capossela dans Wikipedia (en italien)

Indifferentemente (Passe-moi le poison s’il te plaît)

1 juillet 2012

La lune disparaît
Et nous, pour jouer la dernière scène,
Nous restons main dans la main,
Sans avoir le courage de nous regarder…

Fais-moi ce que tu veux
Avec indifférence,
Car je le sais, ce que je suis :
Pour toi je ne suis plus rien !
Et donne-moi ce poison
N’attends pas demain…
Car, avec indifférence,
Si tu me tues je ne te dirai rien.

Et ris tant que tu peux,
En m’arrachant le cœur de la poitrine !
Je ne sens plus la douleur
Et pour toi je n’ai plus de larmes.

Fais-moi ce que tu veux.

Et, avec indifférence
Je te perds.
Umberto Martucci. Indifferentemente (1963). Traduction L. & L., d’après la traduction italienne du site CanzoniNapoletani.it. Consulté le 1er juillet 2012.

Mina. Indifferentemente / Umberto Martucci, paroles ; Salvatore Mazzocco, musique ; Mina, chant ; Danilo Rea, piano, Fender Rhodes ; Sandro Gibellini, guitare ; Massimo Moriconi, contrebasse ; Gabriele Comeglio, cordes, vents, saxophone ; Pippo Colucci, Umberto Marcandalli, Emilio Soana, trompette ; Giuseppe Di Stefano, Mauro Parodi, trombone ; Franco Ambrosetti, saxhorn ; Maurizio Dei Lazzaretti, batterie ; Naco, percussions. Extrait de Napoli (1996).

Tramonta ‘a luna…
e nuje, pe’ recitá ll’ùrdema scena,
restammo mane e mane,
senza tené ‘o curaggio ‘e ce guardá…

Famme chello che vuó’
indifferentemente,
tanto ‘o ssaccio che só’:
pe’ te nun só’ cchiù niente!…
E damme stu veleno,
nun aspettá dimane…
ca, indifferentemente,
si tu mm’accide nun te dico niente.

E ride pure,
mentre mme scippe ‘a pietto chistu core!?…
Nun sento cchiù dulore
e nun tengo cchiù lacreme pe’ te…

Famme chello che vuó’

E indifferentemente
io perdo a te!
Umberto Martucci. Indifferentemente (1963). Source : CanzoniNapoletani.it. Consulté le 1er juillet 2012.

Mísia. Indifferentemente / Umberto Martucci, paroles ; Salvatore Mazzocco, musique ; Mísia, chant. Extrait de Passione, film de John Turturro (2010).

Tramonta la luna…
e noi, per recitare l’ultima scena,
restammo mano nella mano,
senza avere il coraggio di guardarci…

Fammi quello che vuoi
indifferentemente,
tantolo so che sono:
per te non sono più niente!…
E dammi questo veleno,
non aspettare domani…
che, indifferentemente,
se tu mi uccidi non ti dico nulla.

E ridi pure,
mentre mi strappi dal petto questo cuore!?…
Non sento più dolore
e non ho più lacrime per te…

Fammi quello che vuoi

…e indifferentemente
io ti perdo!…
Umberto Martucci. Indifferentemente (1963). Traduction italienne du site CanzoniNapoletani.it. Consulté le 1er juillet 2012.

Enzo Gragnaniello con Sud Express. Indifferentemente / Umberto Martucci, paroles ; Salvatore Mazzocco, musique ; Enzo Gragnaniello, chant, guitare ; Sud Express, ensemble instrumental ; Erasmo Petringa, violoncelle. Extrait de Radice (2011). — Sud Express : Piero Gallo mandoline et guitares ; Francesco Iadicicco, basse ; Franco Del Prete, batterie.

L. & L.