Nel blu dipinto di blu
Aujourd’hui 9 janvier est l’anniversaire de Domenico Modugno (1928-1994), inoubliable — et inoublié, comme on voit — créateur de Volare (Nel blu dipinto di blu), ainsi que d’autres innombrables chansons. Il était aussi acteur (par exemple : dans Che cosa sono le nuvole? de Pasolini dans le film à sketches Capriccio all’italiana, 1968) et, à partir de 1987, député, puis sénateur, sous l’étiquette du Parti radical (gauche).
Ciao Domenico! Tanti auguri! (Ci vedi? No? Meno male.)
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Domenico Modugno (1928-1994) • Volare (Nel blu dipinto di blu). Franco Migliacci & Domenico Modugno, paroles ; Domenico Modugno, musique.
Domenico Modugno, chant ; accompagnement d’orchestre ; Alberto Semprini, direction.
Vidéo : extrait de la retransmission du Concours Eurovision de la Chanson 1958, AVRO Studios, Hilversum, Pays-Bas, 12 mars 1958. Production : Pays-Bas, Nederlandse Televisie Stichting (NTS), 1958.
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Penso che un sogno così
non ritorni mai più,
mi dipingevo le mani
e la faccia di blu.
Poi d’improvviso venivo
dal vento rapito
e incominciavo a volare
nel cielo infinito.
Je crois qu’un rêve pareil
Ne se reproduira jamais plus.
Je me peignais les mains
Et le visage en bleu.
Et puis soudain
Le vent m’emportait
Et je me mettais à voler
Dans l’infini du ciel !
Volare, oh oh!
Cantare, oh oh oh oh!
Nel blu dipinto di blu,
felice di stare lassù.
E volavo, volavo
felice, più in alto del sole
ed ancora più su.
Mentre il mondo, pian piano,
spariva lontano laggiù
una musica dolce suonava
soltanto per me.
Voler, oh oh !
Chanter, oh oh oh oh !
Dans le bleu, peint en bleu,
Heureux d’être là-haut.
Et je volais, je volais
Heureux, plus haut que le soleil
Et encore plus haut !
Alors que peu à peu le monde
Disparaissait sous moi,
Une douce musique résonnait
Rien que pour moi.
Volare, oh oh!
Cantare, oh oh oh oh!
Nel blu dipinto di blu,
felice di stare lassù.
Voler, oh oh !
Chanter, oh oh oh oh !
Dans le bleu, peint en bleu,
Heureux d’être là-haut.
Ma tutti i sogni
nell’alba svaniscon perché
quando tramonta la luna
li porta con se.
Ma io continuo a sognare
negli occhi tuoi belli
che sono blu come un cielo
trapunto di stelle.
Mais tous les rêves
S’évanouissent à l’aube
Parce que la Lune en se couchant
Les emporte avec elle.
Mais je continue à rêver
Dans tes beaux yeux
Qui sont bleus comme un ciel
Semé d’étoiles.
Volare, oh oh!
Cantare, oh oh oh oh!
Nel blu degli occhi tuoi blu,
Felice di stare quaggiù.
E continuo a volare felice,
più in alto del sole
ed ancora più su.
Mentre il mondo,
pian piano, scompare
negli occhi tuoi blu
la tua voce è una musica dolce
che suona per me.
Voler, oh oh !
Chanter, oh oh oh oh !
Dans le bleu de tes yeux bleus,
Heureux d’être ici-bas.
Et je continue à voler
Heureux, plus haut que le soleil
Et encore plus haut !
Alors que peu à peu le monde
Disparaît,
Dans tes yeux bleus
Ta voix est une douce musique
Qui résonne pour moi.
Volare, oh oh!
Cantare, oh oh oh oh!
Nel blu degli occhi tuoi blu,
felice di stare quaggiù.
Nel blu degli occhi tuoi blu,
felice di stare quaggiù
con te.
Voler, oh oh !
Chanter, oh oh oh oh !
Dans le bleu de tes yeux bleus,
Heureux d’être ici-bas.
Dans le bleu de tes yeux bleus,
Heureux d’être ici-bas
Avec toi.
Domenico Modugno (1928-1994). Nel blu dipinto di blu (Volare) (1958).
.Domenico Modugno (1928-1994). Voler (Dans le bleu, peint en bleu), trad. par L. & L. de Nel blu dipinto di blu (Volare) (1958).
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Sandy Denny, Nina Simone • Who knows where the time goes?
Who knows where the time goes? est, à juste titre, l’une des chansons les plus connues du mouvement de renouveau de la folk music britannique des années soixante et soixante-dix. Elle était déjà reprise par la chanteuse américaine Judy Collins avant même que son autrice, Sandy Denny (1947-1978), ait eu le temps d’en réaliser un enregistrement autrement que sous forme de maquette, en 1967.
La chanson, devenue un classique, a depuis été reprise par quantité d’interprètes. L’émouvante version de Nina Simone, enregistrée en concert, date d’octobre 1969.
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Nina Simone (1933-2003) • Who knows where the time goes?. Sandy Denny, paroles & musique.
Nina Simone, chant, piano, arrangements ; Weldon Irvine, orgue ; Tom Smith & Emile Latimer, guitare ; Don Alias, batterie ; Juma Sultan, percussions.
Enregistrement public : New York (États-Unis), Philharmonic Hall, 26 octobre 1969.
Première publication dans l’album Black gold / Nina Simone. États-Unis, ℗ 1970.Voir la notice Discogs.
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Across the evening sky, all the birds are leaving
But how can they know it’s time for them to go?
Before the winter fire, I will still be dreaming
I have no thought of time
Dans le ciel du soir, on voit les oiseaux partir
Mais comment savent-ils qu’il est temps pour eux de partir ?
Moi je reste à rêver, devant mon feu d’hiver.
Je ne pense pas au temps qui passe.
For who knows where the time goes?
Who knows where the time goes?
Car qui sait où va le temps ?
Qui sait où va le temps ?
Sad, deserted shore, your fickle friends are leaving
Ah, but then you know it’s time for them to go
But I will still be here, I have no thought of leaving
I do not count the time
Rivages tristes et désertés, tes amis volages s’en vont
Mais tu sais, il est temps pour eux de partir…
Mais moi je reste, je ne pense pas à partir.
Je ne compte pas le temps qui passe.
For who knows where the time goes?
Who knows where the time goes?
Car qui sait où va le temps ?
Qui sait où va le temps ?
And I am not alone while my love is near me
I know it will be so until it’s time to go
So come the storms of winter and then the birds in spring again
I have no fear of time
Je ne suis pas seule tant que mon amour est près de moi.
Nous resterons ainsi, jusqu’au jour où il faudra partir.
Les vents de l’hiver peuvent venir, puis les oiseaux du printemps,
Je ne crains pas le temps qui passe.
For who knows where the time goes?
Who knows where the time goes?
Car qui sait où va le temps ?
Qui sait où va le temps ?
Sandy Denny (1947-1978). Who knows where the time goes? (1967 ?).
.Sandy Denny (1947-1978). Qui sait où va le temps ?, trad. par L. & L. de Who knows where the time goes? (1967 ?).
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La première interprétation de Who knows where the time goes? publiée officiellement par Sandy Denny elle-même est celle parue en juillet 1969 sur l’album Unhalfbricking, du groupe Fairport Convention qu’elle a rejoint épisodiquement, de 1968 à 1969, puis de 1974 à 1975.
Entre cet enregistrement et la maquette réalisée par Sandy Denny deux ans plus tôt il y en a eu un autre, capté au cours de l’été 1968 au Danemark, où la chanteuse se produisait avec un groupe nommé The Strawbs. Un album studio, resté inédit jusqu’en 1973, a alors été enregistré à Copenhague. Sandy Denny, seule avec sa guitare, y reprenait Who knows where the time goes?, dans un tempo plus rapide que dans la version avec Fairport Convention.
- Voir aussi le billet : Vers le Nord : Sandy Denny | The quiet land of Erin
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Sandy Denny (1947-1978) • Who knows where the time goes?. Sandy Denny, paroles & musique.
Sandy Denny, chant, guitare.
Enregistrement : Copenhague (Danemark), août 1968.
Extrait de l’album All our own work / Sandy Denny & The Strawbs. Royaume-Uni, ℗ 1973.Voir la notice Discogs.
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José Afonso • Verdes são os campos
Si j’ai bonne mémoire, Verdes são os campos (« Vertes sont les prairies ») est la première chanson de José Afonso que j’aie entendue, du moins la première qui ait attiré mon attention : c’était il y a très longtemps. J’avais sans doute été frappé alors par la douceur de la voix — aujourd’hui je dirais aussi : sa fragilité — et par la mélodie, bien dans la manière des ballades de Coimbra.
Verdes são os campos est un vilancete, ou vilancico, de Luís de Camões, le grand poète portugais de la Renaissance (né en 1524 ou 1525, mort en 1580).
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José Afonso (1929-1987) • Verdes são os campos. Poème de Luís de Camões ; José Afonso, musique.
José Afonso, chant ; Carlos Correia (Bóris) & Filipe Colaço, guitare.
Enregistrement : Londres (Royaume-Uni), Pye Records studio, 1970.
Extrait de l’album Traz outro amigo também / José Afonso. Portugal, ℗ 1970.
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Mote (anónimo) :
Verdes são os campos,
De cor de limão;
Assim são os olhos
Do meu coração.
« Mote » [Thème] (anonyme) :
Vertes sont les prairies,
Couleur de citron ;
Et verts sont aussi
Les yeux de mon cœur.
Voltas (Camões) :
Campo, que te estendes
Com verdura bela;
Ovelhas, que nela
Vosso pasto tendes,
De ervas vos mantendes
Que traz o Verão,
E eu das lembranças
Do meu coração.
« Voltas » [Glose] (Camões) :
Prairie, qui t’étends
Avec belle verdure ;
Brebis, qui de cette verdure
Faites votre pâture,
Vous vivez des herbes
Qu’apporte l’été,
Moi des souvenirs
Que j’ai de mon cœur.
Gados que pasceis
Com contentamento,
Vosso mantimento
Não no entendeis:
Isso que comeis
Não são ervas, não:
São graças dos olhos
Do meu coração.
Troupeaux qui paissez
Jusqu’à satiété
Vous ne savez pas
De quoi vous vivez :
Ce que vous mangez
N’est pas l’herbe, non,
Ce sont les beautés
Des yeux de mon cœur.
Luís de Camões (1524 ou 1525-1580). Verdes são os campos.
.Luís de Camões (1524 ou 1525-1580). Vertes sont les prairies, trad. par L. & L. de Verdes são os campos.
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Voici quelques autres versions de Verdes são os campos, en commençant par un instrumental à la guitare seule, qui montre à quel point José (dit Zeca) Afonso était un remarquable mélodiste. Elle est extraite d’un album de Pedro Jóia (Zeca, 2020) entièrement consacré aux musiques de José Afonso.
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Pedro Jóia • Verdes são os campos. José Afonso, musique.
Pedro Jóia, guitare.
Extrait de l’album Zeca / Pedro Jóia. Portugal, ℗ 2020.
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Celle-ci est attendrissante. Elle est due à l’inénarrable Salvador Sobral en duo avec le guitariste madérien André Santos, dans le cadre de leur projet de recréation d’un répertoire de chansons qui leur tiennent à cœur à l’un et à l’autre, nommé Quinta das canções (« Ferme aux chansons »).
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Salvador Sobral & André Santos • Verdes são os campos. Poème de Luís de Camões ; José Afonso, musique.
Salvador Sobral, chant ; André Santos, guitare.
Vidéo : Salvador Sobral & André Santos, 2019.
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Enfin celle de Cristina Branco, alors en tout début de carrière, captée lors d’un concert organisé à Amsterdam par le Círculo de cultura portuguesa na Holanda. L’enregistrement, publié à l’époque par cette association, a constitué le premier album de la chanteuse.
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Cristina Branco • Verdes são os campos. Poème de Luís de Camões ; José Afonso, musique.
Cristina Branco, chant ; Custódio Castelo, guitare portugaise ; Alexandre Silva, guitare.
Enregistrement public : Amsterdam (Pays-Bas), Zal 100, 25-27 avril 1997.
Extrait de l’album In Holland / Cristina Branco. Pays-Bas : Círculo de cultura portuguesa na Holanda, ℗ 1997.
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Maria Ana Bobone • Meu nome é nome de mar
Elle ressemble à Françoise Hardy, non ? Avec une voix plus aiguë et crispée, un peu acide et monochrome. Maria Ana Bobone a une formation classique, voix et piano (dont elle s’accompagne parfois), et s’adonne au fado depuis les années 1990. Meu nome é nome de mar (« Mon nom est un nom de mer »), sur un poème de Manuel Alegre, a fourni le titre de son troisième album solo, paru en 2006.
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Maria Ana Bobone • Meu nome é nome de mar. Poème de Manuel Alegre ; João Braga, musique.
Maria Ana Bobone, chant ; Ricardo Rocha, guitare portugaise ; Carlos Manuel Proença, guitare ; Marino de Freitas, basse acoustique ; Ricardo Rocha, direction musicale et arrangements. Captation : église de Graça, Lisbonne.
Vidéo : Toni Ferrino, réalisation ; Cláudio Oliveira, assistant de production ; Cláudio Ribeiro, photographie. Production : Portugal, Persona Non Grata, 2006.
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Meu nome é nome de mar
Onde o longe é mais visível
Nome de sonho embarcado
Para um amor impossível.
Meu nome é nome de mar.
Mon nom est un nom de mer,
D’où le lointain est plus visible,
Nom d’un rêve embarqué
Pour un amour impossible.
Mon nom est un nom de mer.
Meu nome é nome de vento
Escrito na areia e na espuma
E na flor do pensamento
Que é luz por dentro da bruma.
Meu nome é nome de vento.
Mon nom est un nom de vent
Écrit sur le sable, sur l’écume
Et sur la fleur de la pensée,
Lumière au-dedans de la brume.
Mon nom est un nom de vent.
Meu nome é nome de fado
Nome de casa e de rua
Nome de encontro marcado
Na outra face da lua.
Meu nome é nome de fado.
Mon nom est un nom de fado
Nom de maison, nom de rue,
Nom d’un rendez-vous fixé
Sur la face cachée de la Lune.
Mon nom est un nom de fado.
Manuel Alegre. Meu nome é nome de mar.
.Manuel Alegre. Mon nom est un nom de mer, trad. par L. & L. de Meu nome é nome de mar.
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Carlos do Carmo

Carlos do Carmo (1939-2021) au Concours Eurovision de la chanson 1976, La Haye (Pays-Bas), 3 avril 1976. Photo Rob Mieremet / Anefo (Domaine public)
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Au Portugal, le premier mort célèbre de l’année est le fadiste Carlos do Carmo, disparu au matin du 1er janvier, quelques jours après son quatre-vingt-unième anniversaire. Bien qu’ayant pris congé de la scène en novembre 2019, il travaillait encore, semble-t-il, à la publication d’un nouvel album studio.
Né en 1939, fils de la grande fadiste Lucília do Carmo (1919-1998), il s’était lui aussi mis au fado en 1964, d’abord avec une certaine réticence, après des études d’hôtellerie en Suisse. À sa mort il restait donc l’un des derniers fadistes — en tout cas le seul ayant statut de vedette — dont la carrière ait débuté sous l’ancien régime. Son répertoire d’avant la Révolution des œillets (1974) ne trahit guère les sympathies pour le Parti communiste portugais dont il se prévalait. On y trouve même, en 1969, un enregistrement de Uma casa portuguesa (« Une maison portugaise »), cette apologie de la « joie de la pauvreté », popularisée par Amália Rodrigues et qui deviendra, après 1974, un argument à charge contre la chanteuse accusée des pires compromissions avec le régime salazariste.
Du moins, alors que le fado, considéré dès lors comme l’un des oripeaux les plus détestables de la période de dictature, se voyait désormais voué à l’abomination au point que pratiquement aucun nouvel artiste ne s’y est risqué jusqu’à Mísia en 1991, Carlos do Carmo a-t-il pu continuer sans encombre sa carrière. En 1976 il représente son pays au Concours Eurovision de la chanson avec Flor de verde pinho, sur un poème de Manuel Alegre, puis publie l’année suivante Um homem na cidade (1977), l’un de ses albums les plus célèbres, dont tous les textes sont signés José Carlos Ary dos Santos (1936-1984), membre du Parti communiste portugais depuis 1969.
Alors que la nouvelle génération des fadistes qui se constitue à la suite de Mísia s’inspire essentiellement de l’art et du type de répertoire d’Amália Rodrigues, Carlos do Carmo maintient une tradition plus proche du fado ancien. Doté d’une voix au timbre singulier, il avait cette qualité d’élasticité et de nervosité du chant, presque introuvable aujourd’hui, héritée d’artistes tels que Alfredo Marceneiro ou Lucília do Carmo, sa mère.
Voici, en trois chansons, une rapide évocation du large répertoire de Carlos do Carmo, en commençant par l’un de ses titres les plus connus : Lisboa menina e moça (« Lisbonne demoiselle et jeune fille »), dans la version de 1978 où les guitares ont heureusement remplacé l’accompagnement d’orchestre de la version originale.
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Carlos do Carmo (1939-2021) • Lisboa menina e moça. José Carlos Ary dos Santos, Fernando Tordo & Joaquim Pessoa, paroles ; Paulo de Carvalho, musique.
Carlos do Carmo, chant ; António Chainho & António Luís Gomes, guitare portugaise ; Martinho d’Assunção, guitare ; José Maria Nóbrega, basse acoustique.
Extrait de l’album Dez fados vividos / Carlos do Carmo. Portugal, 1978.
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Carlos do Carmo, surtout à la fin de sa carrière, a multiplié les collaborations avec d’autres chanteurs, qu’il invitait sur ses propres enregistrements — ou qu’il rejoignait sur les leurs. Cette participation, en 2017, à un album du guitariste João Gil, avec le célèbre poème Il pleure dans mon cœur tiré des Romances sans paroles de Verlaine mis en musique par João Gil lui-même, témoigne de l’éclectisme du fadiste. Il y fait preuve d’une diction et d’une prononciation du français absolument remarquables, malheureusement gâchées par une malencontreuse faute de liaison, sur le vers « Sans amour et sans haine ».
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Carlos do Carmo (1939-2021) • Il pleure dans mon cœur. Poème de Paul Verlaine ; João Gil, musique. Poème de Verlaine extrait du recueil Romances sans paroles (1874).
Carlos do Carmo, chant ; Ruben Alves, piano ; João Gil, guitare classique ; Miguel Amado, contrebasson ; Carlos Miguel Antunes, batterie. Enregistrement : Lisbonne, studio Namouche.
Extrait de l’album João Gil por / interprètes divers. Portugal, ℗ 2017.
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Voici enfin Morrer de ingratidão (« Mourir d’ingratitude »), extrait du très bel album sans titre, enregistré en duo avec la grande pianiste Maria João Pires en 2012 et publié la même année.
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Maria João Pires & Carlos do Carmo (1939-2021) • Morrer de ingratidão. Vasco Graça Moura, paroles ; António Victorino d’Almeida, musique.
Carlos do Carmo, chant ; Maria João Pires, piano. Enregistrement : Lisbonne, studio Namouche.
Extrait de l’album Maria Joao Pires/Carlos do Carmo. Portugal, ℗ 2012.
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Bonjour …
… et bonne année !
Et vous, 2021, ne prenez pas exemple sur votre triste prédécessoresse, de grâce.
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Élise Caron • Bonjour. Élise Caron, paroles & musique.
Élise Caron, voix, piano, flûte ; Christine Chazelle, piano ; Michel Musseau, piano jouet, scie musicale.
Extrait de l’album Chansons pour les petites oreilles. France : Le chant du monde, ℗ 2006.
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Ayant perdu les témoins de sa splendeur

Le livre : Henri Michaux, Plume ; précédé de Lointain intérieur, nouvelle éd. revue et corrigée, Gallimard, impr. 1972, avec un marque-page représentant Amália Rodrigues.
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Quittant le balcon où défilait le Monde, quand il faut rentrer sans arcades, dans la gueule froide de la journée grignoteuse, devant les centaines de boîtes qu’il faut remplir précipitamment, quand il faut quitter le grand vide admirable où l’on avait séjour…
Tristesse du réveil !
Il s’agit de redescendre, de s’humilier.L’homme retrouve sa défaite : le quotidien.
Ayant perdu les témoins de sa splendeur, il ne sait que dire. Il peut même passer pour un imbécile, un médiocre, un homme de rien, cependant qu’il y a peu d’instants encore, il se trouvait entre les Majestés, lui-même sur un trône, parmi les souverains masqués et qu’en grande pompe le suivaient ses gens, tandis que s’élevant toujours plus haut, plus haut encore, il abordait à la plate-forme suprême, où, seul, le son des grandes trompettes de la victoire pouvait le rejoindre.
Henri Michaux (1899-1984). L’insoumis (fragment). Extrait de : Lointain intérieur (1938). Dans : Plume ; précédé de Lointain intérieur, nouvelle éd. revue et corrigée, Gallimard, impr. 1972.
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Com que voz chorarei meu triste fado?
Attribué à Luís Vaz de Camões (1524?-1580).De quelle voix pleurerai-je mon triste sort ?
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Amália Rodrigues (1920-1999) • Com que voz. Poème attribué à Luís de Camões ; Alain Oulman, musique.
Amália Rodrigues, chant ; José Fontes Rocha, guitare portugaise ; Pedro Leal, guitare classique ; José Fontes Rocha, arrangements. Enregistrement : janvier 1969.
Extrait de l’album Com que voz, nouvelle édition « remastered ». Portugal : Edições Valentim de Carvalho, ℗ et © 2019.
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Totalement, tendrement, tragiquement

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CAMILLE : Tu vois mes pieds dans la glace ?
PAUL : Oui.
CAMILLE : Tu les trouves jolis ?
PAUL : Oui, très.
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CAMILLE : Et mes chevilles, tu les aimes ?
PAUL : Oui.
CAMILLE : Tu les aimes mes genoux aussi ?
PAUL : Oui, j’aime beaucoup tes genoux.
CAMILLE : Et mes cuisses ?
PAUL : Aussi.
CAMILLE : Tu vois mon derrière dans la glace ?
PAUL : Oui.
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CAMILLE : Tu les trouves jolies, mes fesses ?
PAUL : Oui, très.
CAMILLE : [inaudible]
PAUL : Ça va.
CAMILLE : Et mes seins, tu les aimes ?
PAUL : Oui, énormément.
CAMILLE : Doucement, Paul, pas si fort.
PAUL : Pardon, Camille.
CAMILLE : Qu’est-ce que tu préfères, mes seins ou la pointe de mes seins ?
PAUL : Je sais pas, c’est pareil.
CAMILLE : Et mes épaules, tu les aimes ?
PAUL : Oui.
CAMILLE : Moi je trouve qu’elles ne sont pas assez rondes. Et mes bras, tu les aimes ?
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PAUL : Oui.
CAMILLE : Et mon visage ?
PAUL : Aussi.
CAMILLE : Tout ? Ma bouche, mes yeux, mon nez, mes oreilles ?
PAUL : Oui, tout.
CAMILLE : Donc tu m’aimes totalement ?
PAUL : Oui, je t’aime totalement, tendrement, tragiquement.
CAMILLE : Moi aussi Paul.
Jean-Luc Godard. Dialogue extrait du film Le mépris (France & Italie, 1963). Camille : Brigitte Bardot ; Paul : Michel Piccoli.
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