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Canoas do Tejo • pas Amália, mais Carlos do Carmo

25 juillet 2022

Canoas do Tejo (« Barques du Tage ») est l’un des grands succès de Carlos do Carmo, paru d’abord en 1972 avec un bien inutile accompagnement d’orchestre, puis en 1978 avec un quatuor de fado. Voici :

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Carlos do Carmo (1939-2021) • Canoas do Tejo. Frederico de Brito, paroles & musique.
Carlos do Carmo, chant ; António Chainho & António Luís Gomes, guitare portugaise ; Martinho d’Assunção, guitare ; José Maria Nóbrega, basse acoustique.
Extrait de l’album Dez fados vividos / Carlos do Carmo. Portugal, ℗ 1978.

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Ce fado-chanson, écrit et composé par le prolifique Frederico de Brito (1894-1977), surnommé « Britinho », ou encore « le poète-chauffeur » — car telle était sa profession principale — est par ailleurs l’objet d’une anecdote connue des admirateurs d’Amália Rodrigues, laquelle a, au cours de sa carrière, créé ou repris une dizaine d’œuvres de « Britinho ». La voici relatée par son biographe, Vítor Pavão dos Santos :

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Amália considerava que o Britinho, que todos queriam cantar, não era bem o seu tipo de poeta, por isso já nos anos 60 se esquivou muito tempo de cantar Canoas do Tejo, só porque não lhe soava bem o verso: « Se algum barco te abalroa ».
Vítor Pavão dos Santos. O Fado da tua voz : Amália e os poetas. Lisboa, Bertrand, 2014. P. 53.

Amália considérait que Britinho, dont on s’arrachait les chansons, n’était pas vraiment son type de poète, de sorte que dans les années 60 elle a longtemps éludé l’offre de créer « Canoas do Tejo », pour la seule raison que le vers « Se algum barco te abalroa » [« Si un navire t’aborde »] ne lui convenait pas.

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Selon l’intéressée, son grief se concentrait même sur le seul mot « abalroa » :

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O Frederico de Brito fez-me a « Carmencita », que teve um grande sucesso […]. Muitos anos depois, deu-me as « Canoas do Tejo », que eu não cantei porque não gostava da palavra « abalroa », para rimar com « canoa ». Como eu não quis, ele deu a cantiga a Carlos do Carmo que fez um grande sucesso. Os fados do Britinho não eram bem o meu género. E quando há palavras com que embirro não sou capaz de cantar.
Vítor Pavão dos Santos. Amália, uma biografia, 2a edição, Barcarena (Portugal), Ed. Presença, 2005. ISBN 972-23-3468-9. P. 60.

Frederico de Brito m’a fait « Carmencita », qui a été un grand succès […]. Bien des années plus tard, il m’a donné « Canoas do Tejo », que je n’ai pas chanté parce que je n’aimais pas le mot « abalroa », qu’il fait rimer avec « canoa ». Et donc il a donné la chanson à Carlos do Carmo, qui en a fait un grand succès. Les fados de Britinho n’étaient pas vraiment mon genre. Et quand il y a des mots qui ne me vont pas, je n’arrive pas à les chanter.

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Voilà. Le fait est que, « abalroa » ou pas, Alain Oulman lui apportait à l’époque ses compositions sur des poèmes d’une telle qualité qu’elle avait de quoi faire preuve d’une certaine circonspection quant au choix de ses textes. Ce qui ne l’a pas empêchée de réenregistrer, en 1967, deux anciennes chansons dont « Britinho » avait écrit les paroles : Carmencita (qu’elle avait enregistrée une première fois en 1945) et Antigamente (1955).

Canoas do Tejo, vu son succès, a fait l’objet de multiples reprises. Voici celle de la singulière Beatriz da Conceição à la voix grave, aux voyelles traînantes, qui mettait un point d’honneur à exécuter les temps forts légèrement à côté de la note « juste », ou du moins à les en faire dériver, produisant une impression de désaccordé, mais pas vraiment de « faux ». Il n’y avait qu’elle pour chanter de la sorte.

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Beatriz da Conceição (1939-2015) • Canoas do Tejo. Frederico de Brito, paroles & musique.
Beatriz da Conceição, chant ; instrumentistes non identifiés.
Portugal, ℗ 1973.

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Canoa de vela erguida
Que vens do Cais da Ribeira
Gaivota, que andas perdida
Sem encontrar companheira
O vento sopra nas fragas
O Sol parece um morango
E o Tejo baila com as vagas
A ensaiar um fandango

Barque à la voile hissée
Qui viens du quai de la Ribeira,
Mouette qui t’es perdue
Sans trouver de compagne…
Le vent souffle dans les rochers,
Le soleil ressemble à une fraise
Et le Tage joue avec les vagues
Comme pour danser un fandango.

Canoa
Conheces bem
Quando há norte pela proa
Quantas docas tem Lisboa
E as muralhas que ela tem

Barque,
Tu sais bien,
Quand le vent souffle au Nord,
Combien Lisbonne a de docks,
Combien Lisbonne a de remparts !

Canoa
Por onde vais?
Se algum barco te abalroa
Nunca mais voltas ao cais
Nunca, nunca, nunca mais

Barque,
Où vas-tu ?
Si un bateau t’aborde,
Tu n’accosteras plus jamais,
Jamais, jamais, plus jamais.

Canoa de vela panda
Que vens da Boca da Barra
E trazes na aragem branda
Gemidos de uma guitarra
Teu arrais prendeu a vela
E se adormeceu, deixa-lo
Agora muita cautela
Não vá o mar acordá-lo

Barque à la voile gonflée
Qui viens de la Boca da Barra
En apportant dans la brise
Les pleurs d’une guitare,
Ton patron a amené la voile
Et s’est endormi, laisse-le !
Et fais bien attention
Que la mer ne le réveille pas !

Canoa
Conheces bem
Quando há norte pela proa
Quantas docas tem Lisboa
E as muralhas que ela tem

Barque,
Tu sais bien,
Quand le vent souffle au Nord,
Combien Lisbonne a de docks,
Combien Lisbonne a de remparts !

Canoa
Por onde vais?
Se algum barco te abalroa
Nunca mais voltas ao cais
Nunca, nunca, nunca mais

Barque,
Où vas-tu ?
Si un bateau t’aborde,
Tu n’accosteras plus jamais,
Jamais, jamais, plus jamais.
Frederico de Brito (1894-1977). Canoas do Tejo [19??].
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Frederico de Brito (1894-1977). Barques du Tage, trad. par L. & L. de Canoas do Tejo [19??].

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Une curiosité pour clore ce billet : Frederico de Brito a produit une variante de son Canoas do Tejo, intitulée Canoa de vela branca (« Barque à la voile blanche »), qui figure au répertoire de la fadiste Fernanda Maria (née en 1937).

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Fernanda Maria (née en 1937) • Canoa de vela branca. Frederico de Brito, paroles & musique.
Fernanda Maria, chant ; Francisco Carvalhinho, guitare portugaise ; Martinho d’Assunção, guitare.
Portugal, [197?].

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La Piaf ou la Callas du Portugal

19 juillet 2022

É da voz do meu povo uma criança
seminua nas docas de Lisboa
que eu ganho a minha voz
caldo verde sem esperança
laranja de humildade
amarga lança
até que a voz me doa.

José Carlos Ary dos Santos (1936-1984). Retrato do povo de Lisboa (1970), chanté par Amália Rodrigues sous le titre É da torre mais alta.

C’est de la voix de mon peuple, un enfant
À demi nu dans les docks de Lisbonne,
Que je tire ma voix,
« caldo verde » de désespoir,
Orange d’humilité,
Amère lance,
Jusqu’à la douleur.
José Carlos Ary dos Santos (1936-1984). Portrait du peuple de Lisbonne, treduit de Retrato do povo de Lisboa (1970) par L. & L..

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Il y a quelques jours, une dame m’a téléphoné au sujet d’Amália. Elle a dit qu’elle était journaliste et aussi réalisatrice de télévision. Elle a voulu savoir si, selon moi, Amália pouvait être qualifiée de « La Piaf du Portugal », ou plutôt de « La Callas du Portugal » : un QCM à deux entrées, en quelque sorte. J’ai cru comprendre que, selon elle, la bonne réponse était la 2.

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Giuseppe Verdi (1813-1901) • Il Trovatore (1853), extrait. D’amor sull’ali rosee. Giuseppe Verdi, musique ; Salvatore Cammarano et Leone Emanuele Bardare, livret.
Maria Callas, soprano (Leonora) ; Chœurs et Orchestre de l’Opéra de Paris ; Georges Prêtre, direction.
Captation : Palais Garnier, Paris, le 19 décembre 1958.
Vidéo : extrait de l’émission La grande nuit de l’opéra, 19 décembre 1958. Production : France, Radiodiffusion Télévision Française [RTF], 1958.

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Amália, Piaf et Callas ont en commun d’avoir été trois femmes, possédées par la passion du chant. Ce mot passion est pris ici dans ses deux sens, d’obsession ardente et de souffrance aiguë. Pour elles, privées de la possibilité de célébrer la gloire du chant, il n’y avait qu’à mourir. Édith Piaf n’a pas eu le temps de parvenir au stade où le chant s’épuise en soi : elle est morte de ses maladies, de ses excès de vie et de douleur, et enfin de la puissance destructrice des médicaments dont elle avait besoin pour tenir debout sur scène — mais dans la pleine force de son chant. Amália et la Callas, en revanche, ont assisté au vieillissement de leur voix et senti, à un certain point de leur vie, s’éteindre une à une et de plus en plus vite les molécules qui formaient la splendeur unique de leur art. L’une et l’autre pourtant, pour ne pas mourir, vraiment pour cette raison-là, ont continué à chanter professionnellement jusqu’à l’épuisement. Chacune, dans sa lutte pathétique contre cette voix qui ne voulait plus, a remporté quelques victoires : lorsqu’elles parvenaient à contenir leurs défaillances techniques dans des limites acceptables, ce combat même, allié à l’expérience de la souffrance qu’elles avaient l’une et l’autre accumulée, produisait parfois des moments sublimes.

Là s’arrête l’analogie, car il y a évidemment un monde entre le répertoire du théâtre lyrique et celui de la chanson ou du fado. Maria Callas, qui se signalait, il est vrai, par son sens du théâtre et son instinct exceptionnel d’actrice, était avant tout une musicienne accomplie : elle n’a jamais paru sur scène, ni au studio d’enregistrement, qu’après des heures d’un travail minutieux et harassant. Tandis que la Piaf autant qu’Amália étaient des interprètes spontanées, dotées l’une et l’autre de capacités vocales miraculeuses sur lesquelles elles s’appuyaient entièrement. Amália a toujours dit qu’elle ne travaillait jamais, ni sa voix ni son répertoire, sauf dans la phase initiale de mise au point d’un nouveau morceau. Elle disait aussi qu’elle montait sur scène, même après une interruption, sans préparation.

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Édith Piaf (1915-1963) • Non, je ne regrette rien. Michel Vaucaire, paroles ; Charles Dumont, musique.
Édith Piaf, chant ; accompagnement d’orchestre.
Vidéo : extrait de l’émission Cinq colonnes à la une du 2 décembre 1960. Production : France, Radiodiffusion Télévision Française [RTF], 1960.

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Ce qui rapproche principalement Édith Piaf et Amália — auxquelles il faudrait en l’occurrence ajouter Oum Kalsoum —, c’est qu’elles ont été, d’une manière très forte, très viscérale, comme l’incarnation du génie de leurs pays respectifs. Ainsi étaient-elles perçues à l’étranger, ainsi se percevaient-elles elles-mêmes. Mais si la France vouait à sa Piaf une adoration fervente et inquiète, Amália a dû attendre 1985 et l’âge de 65 ans pour que le public du Coliseu de Lisbonne l’accueille en triomphe — comme la Piaf à Paris —, alors même que sa voix avait déjà sensiblement décliné. Et c’est plus tard encore que David Mourão-Ferreira, l’auteur de Barco negro, Abandono, Libertação, Maria Lisboa et autres, l’a appelée Amália, um heterónimo de Portugal (« Amália, un hétéronyme du Portugal »). En revanche, nul n’a jamais identifié Maria Callas avec la Grèce ni avec une quelconque région du monde.

Tout bien considéré, c’est l’extrême singularité de leurs destins respectifs qui rapproche le plus ces trois femmes qui, toutes, ont acquis une certaine dimension légendaire. C’est pourquoi, en signe de révérence, la postérité ne retient de leur nom qu’une sorte de quintessence : un patronyme, qui est en fait un nom de scène (« Piaf » ; « Callas »), ou un prénom (« Amália »).

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Amália Rodrigues (1920-1999) • Fado Amália. José Galhardo, paroles ; Frederico Valério, musique.
Amália Rodrigues, chant ; Domingos Camarinha, guitare portugaise ; Santos Moreira, guitare.
Enregistrement public : Olympia (Paris), avril ou mai 1956.
Première publication dans l’album Amalia à l’Olympia / Amália Rodrigues. France, Pathé Marconi, ℗ 1957.

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Post scriptum

Quant à É da torre mais alta, dont un extrait figure en tête de ce billet, le voici. On en trouvera les paroles complètes avec leur traduction dans le billet Amália Rodrigues | É da torre mais alta (1969) publié le 29 octobre 2019.

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Amália Rodrigues (1920-1999) • É da torre mais alta. José Carlos Ary dos Santos, paroles ; Alain Oulman, musique. Titre du poème original : Retrato do povo de Lisboa
Amália Rodrigues, chant ; Fontes Rocha, guitare portugaise ; Pedro Leal, guitare classique. L’enregistrement est une maquette de travail réalisée en 1969.
Extrait de l’album Com que voz, nouvelle édition « remastered ». Portugal : Edições Valentim de Carvalho, ℗ et © 2019.

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La chanson du dimanche [18]

17 juillet 2022

C’est une petite valse désuète, qui nous vient du Paris des années 1890. Si vous avez vu La maman et la putain, le film de Jean Eustache dont une édition restaurée vient de sortir au cinéma, vous reconnaîtrez dans Tout simplement la chanson que chante Veronika (Françoise Lebrun) vers la fin du film, a cappella. Musique de Paul Delmet (1862-1904) — le compositeur des Petits pavés —, paroles de Maurice Boukay, alias Charles-Maurice Couÿba (1866-1931) — auteur des Pissenlits.

Elle est ici interprétée par le baryton-basse Vanni-Marcoux en 1956.

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Vanni-Marcoux (1877-1962) • Tout simplement. Maurice Boukay, paroles ; Paul Delmet, musique.
Vanni-Marcoux, baryton-basse ; Irène Aïtoff, piano.
Extrait de l’album Vanni Marcoux chante Paul Delmet. France, 1955.

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Insaisissable

16 juillet 2022

Il y a quelqu’un.

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Toulouse (Occitanie, France), rue de la Dalbade, 10 juin 2022

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Il n’y a plus personne.

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Toulouse (Occitanie, France), rue de la Dalbade, 10 juin 2022

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Ainsi passe la gloire du monde.

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Jeanne Moreau (1928-2017) • L’insaisissable. Eugène Guillevic, d’après Elsa Triolet, paroles ; Philippe-Gérard, musique.
Jeanne Moreau, chant ; Christian Chevallier, arrangement et direction.
Extrait de l’album Les chansons de Clarisse / Jeanne Moreau. France, ℗ 1968.

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Toulouse (Occitanie, France), rue de la Dalbade, 10 juin 2022

Porque me olhas assim • Fausto Bordalo Dias (& Cristina Branco, Camané)

15 juillet 2022

Fausto Bordalo Dias, dit Fausto, né en 1949, est un auteur compositeur interprète actif au Portugal depuis 1969. Bien qu’ayant publié une douzaine d’albums originaux, il est peu connu en dehors de son pays où il jouit d’une grande estime parmi ses pairs : ceux de sa génération (José Mário Branco, aujourd’hui disparu, Sérgio Godinho, Vitorino) comme ses cadets (Marco Oliveira, Ana Moura et d’autres).

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Fausto • Porque me olhas assim. Fausto Bordalo Dias, paroles & musique.
Fausto, chant, guitare ; Rui Luís Pereira, guitare électrique ; Pedro Casais, basse ; João Lucas, claviers ; Eduardo Paes Mamede , flûte ; Tomás Pimentel, trompette ; Edgar Caramelo, saxophone ; Tó Pinheiro Da Silva , programmation des synthétiseurs ; Fernando Molina, percussion ; André Sousa Machado, batterie ; André Sousa Machado, Eduardo Paes Mamede, Fausto, Fernando Molina, João Lucas, Pedro Casais, Rui Vaz, chœurs ; Eduardo Paes Mamede & Fausto, arrangement et direction.
Enregistrement : Lisbonne, studio Namouche, été 1987.
Extrait de l’album Para além das cordilheiras / Fausto. Portugal, ℗ 1987.

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Porque me olhas assim (« Parce que tu me regardes ainsi ») est une belle composition de 1987 reprise par Cristina Branco dans son album Ulisses (2004) et par Camané six ans plus tard (Do amor e dos dias, 2010).

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Cristina Branco • Porque me olhas assim. Fausto Bordalo Dias, paroles & musique.
Cristina Branco, chant ; Ricardo J. Dias, piano.
Vidéo : extrait de l’émission Des mots de minuit, [20??]. Production : France, France 2, [20??].

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Camané • Porque me olhas assim. Fausto Bordalo Dias, paroles & musique.
Camané, chant ; José Manuel Neto, guitare portugaise ; Carlos Manuel Proença, guitare ; Carlos Bica, basse acoustique ; José Mário Branco, direction.
Enregistrement : Portugal, avril-juin 2010.
Extrait de l’album Do amor e dos dias / Camané. Portugal, ℗ 2010.

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Je dois dire que la traduction du texte m’a donné beaucoup de fil à retordre et qu’elle ne figure ici que pour donner une idée générale de l’atmosphère de la chanson. Il se peut que j’aie commis un contresens sur son titre même et sur tous les vers commençant par « porque » — forme qui, en portugais, est employée autant pour l’adverbe interrogatif pourquoi que pour la conjonction parce que. Or le texte original, transcrit du livret d’accompagnement de la compilation de Fausto 18 canções de amor e mais uma de ressentido protesto (2007) est exempt de tout élément de ponctuation — contrairement à celui qui figure dans l’album Ulisses de Cristina Branco, où on a opté pour des formes interrogatives (« Pourquoi me regardes-tu ainsi ? »).

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Diz-me agora o teu nome
Se já dissemos que sim
Pelo olhar que demora
Porque me olhas assim
Porque me rondas assim

À présent dis-moi ton nom,
Puisque nous avons dit oui
Par ce regard qui s’attarde
Parce que tu me regardes ainsi
Parce que tu m’observes ainsi

Toda a luz da avenida
Se desdobra em paixão
Magias de druida
P’lo teu toque de mão
Soam ventos amenos
P’los mares morenos
Do meu coração

Les lumières de l’avenue
Soudain sont éclats de passion,
Sortilèges de druide
Au contact de ta main
De douces brises vibrent
Sur les mers sombres
De mon cœur.

Espelhando as vitrinas
Da cidade sem fim
Tu surgiste divina
Porque me abeiras assim
Porque me tocas assim

Reflétant les vitrines
De la ville infinie,
Tu as surgi, divine,
Parce que tu m’abordes ainsi
Parce que tu me touches ainsi.

E trocámos pendentes
Velhas palavras tontas
Com sotaques diferentes
Nossa prosa está pronta
Dobrando esquinas e gretas
P’lo caminho das letras
Que tudo o resto não conta

Et nous nous sommes dit
De vieux mots idiots, décousus,
Avec nos accents différents.
Nous nous parlons sans cesse,
Indifférents aux rues où nous marchons,
Attentifs au seul trajet de nos paroles,
Car rien d’autre n’existe plus.

E lá fomos audazes
Por passeios tardios
Vadiando o asfalto
Cruzando outras pontes
De mares que são rios
E num bar fora de horas
Se eu chorar, perdoa
Ó meu bem é que eu canto
Por dentro sonhando
Que estou em Lisboa

Et nous étions pleins d’audace
Dans nos flâneries nocturnes,
Errant sur l’asphalte,
Traversant d’autres ponts
Sur des mers qui étaient des fleuves
Et dans un bar, très tard,
Si je pleure, mon amour,
Pardonne-moi : c’est que je chante
En moi-même, en rêvant
Que je suis à Lisbonne.

Dizes-me então que sou teu
Que tu és tudo p’ra mim
Que me pões no apogeu
Porque me abraças assim
Porque me beijas assim

Alors, tu me dis que je suis à toi,
Que tu es toute à moi,
Qu’avec toi je revis
Parce que tu m’enlaces ainsi,
Parce que tu m’embrasses ainsi.

Por esta noite adiante
Se tu me pedes enfim
Um céu de anúncios brilhantes
Vamos casar em Berlim
À luz vã dos faróis
São de seda os lençóis
Porque me amas assim

Et cette nuit qui vient,
Si tu me demandes enfin
Un ciel plein de néons
Marions-nous à Berlin.
À la vaine lueur des phares,
Nos draps seront de satin,
Parce que tu m’aimes ainsi.
Fausto Bordalo Dias (né en 1948). Porque me olhas assim (1987).
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Fausto Bordalo Dias (né en 1948). Parce que tu me regardes ainsi, trad. par L. & L. de Porque me olhas assim (1987).

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L’endroit s’appelle ainsi. Sienne. Siena.

8 juillet 2022

Sienne (Toscane, Italie) = Siena (Toscana, Italia), Piazza del Duomo, 26 juin 2022
Sienne (Toscane, Italie) = Siena (Toscana, Italia), Piazza del Duomo, 26 juin 2022

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Regardez la caméra.

[…] Ne bougez pas. Attendez. Ne soyez pas surpris. Je vais vous dire ceci : vous allez réapparaître dans l’image. Non, je ne vous avais pas prévenu. Oui, ça va recommencer.

Déjà vous avez derrière vous un passé, un plan.
Déjà vous avez vieilli.

Déjà vous êtes en danger.

[…] N’ayez pas peur.

[…] Cette fois-ci, vous allez mourir à votre propre vue.

Marguerite Duras (1914-1996). L’homme atlantique (1982). Éd. de Minuit, impr. 2008, p. 22-25.

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Uno alla volta

6 juillet 2022

Sienne (Toscane, Italie), complexe muséal Santa Maria della Scala = Siena (Toscana, Italia), complesso museale Santa Maria della Scala, 27 juin 2022
« Sedersi uno alla volta » (« S’asseoir un seul à la fois »).
Sienne (Toscane, Italie), complexe muséal Santa Maria della Scala = Siena (Toscana, Italia), complesso museale Santa Maria della Scala, 27 juin 2022

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J’étais en Italie. Que voulez-vous, je n’ai pas pensé à vous écrire.

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Sienne (Toscane, Italie), complexe muséal Santa Maria della Scala = Siena (Toscana, Italia), complesso museale Santa Maria della Scala, 27 juin 2022

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Adriano Celentano • La gatta che scotta. Tata Giacobetti, paroles ; Gorni Kramer, musique.
Adriano Celentano, chant ; accompagnement d’orchestre ; Giulio Libano, direction.
Italie, ℗ 1960.

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Mísia (& Carlos Paredes) • Horas de breu

14 juin 2022

Agora
Só corre a água
Da mágoa
Que amor me deu

E mora
No coração
Um vão
Só de breu

Vasco Graça Moura (1942-2014). Horas de breu (2003).

À présent
Seule coule l’eau
Du chagrin
Qu’amour m’a donné

Et un vide
Dans mon cœur
Demeure,
D’un noir de poix

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Mísia vient de publier un album, Animal sentimental, mais Horas de breu (« Heures sombres ») provient d’un recueil plus ancien simplement dénommé Canto (« Chant »), remontant à 2003.

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Mísia • Horas de breu. Vasco Graça Moura, paroles ; Carlos Paredes, musique (Melodia nº 2).
Mísia, chant ; José Manuel Neto, guitare portugaise ; Carlos Manuel Proença, guitare ; Manuel Rocha, violon ; Quintette à cordes issu de la Camerata de Bourgogne (Jean-François Corvaisier, violon ; Laurent Lagarde, violoncelle ; Alain Pélissier & Valérie Pélissier, alto ; Pierre Sylvan, contrebasse) ; Henri Agnel, arrangement et direction.
Enregistrement : Waimes (Belgique), studio GAM, juin 2003.
Extrait de l’album Canto / Mísia. France, ℗ 2003.

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Canto est un bel album ; je dois dire pourtant que j’y suis resté indifférent lors de sa parution : il m’a fallu des années pour l’écouter vraiment. Les musiques sont toutes des compositions, parfois anciennes, du grand guitariste de Coimbra Carlos Paredes (1925-2004), auquel Canto rend hommage. Des paroles y ont été adaptées pour l’occasion (seule Verdes anos, chanson extraite du film éponyme de Paulo Rocha, sorti en 1963, en possédait déjà ; voir le billet Verdes anos • Carlos Paredes et alii).

Horas de breu, comme la grande majorité des textes de l’album, a été écrit à la demande de Mísia par l’homme de lettres (poète, romancier, traducteur, essayiste) Vasco Graça Moura (1942-2014).

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No dia
De eu me ir embora
Não sei se chora
Quem me prendeu

Le jour
Où je m’en irai
J’ignore s’il pleurera
Celui qui m’avait ravie

Na hora
Da despedida
A minha vida
Quase morreu

À l’heure
Des adieux
Ma vie
Est presque morte

Agora
Só corre a água
Da mágoa
Que amor me deu

À présent
Seule coule l’eau
Du chagrin
Qu’amour m’a donné

E mora
No coração
Um vão
Feito de breu

Et un vide
Dans mon cœur
Demeure,
D’un noir de poix

Na rua
De madrugada
Esta balada
Triste gemeu

Dans la rue
À l’aube
Cette ballade
Triste résonnait

E a lua
Quando tentava
Ver quem cantava
Viu que era eu

Et la Lune
Cherchant à voir
Qui chantait
Vit que c’était moi

Agora
Só corre a água
Da mágoa
Que amor me deu

À présent
Seule coule l’eau
Du chagrin
Qu’amour m’a donné

E mora
No coração
Um vão
Feito de breu

Et j’ai
Dans le cœur
Un vide
D’un noir de poix
Vasco Graça Moura (1942-2014). Horas de breu (2003), extrait de : Mais Fados & Companhia (2004, 1ère publication).
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Vasco Graça Moura (1942-2014). Heures sombres, trad. par L. & L. de Horas de breu (2003), extrait de : Mais Fados & Companhia (2004, 1ère publication).

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Voici la composition originale de Carlos Paredes (Melodia nº 2, qu’il interprète lui-même à la guitare portugaise, accompagné à la guitare par Fernando Alvim. L’enregistrement est extrait de Guitarra portuguesa (1967), son premier album.

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Carlos Paredes (1925-2004) • Melodia nº 2. Carlos Paredes, musique.
Carlos Paredes, guitare portugaise ; Fernando Alvim, guitare.
Enregistrement : Paço de Arcos (Portugal), studios Valentim de Carvalho.
Extrait de l’album Guitarra portuguesa / Carlos Paredes. Portugal, ℗ 1967.

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Mísia
Canto (2003)
Mísia. « Canto », France, Warner Jazz France, ℗ 2003Canto / Mísia, chant ; José Manuel Neto, guitare portugaise ; Carlos Manuel Proença, guitare ; Manuel Rocha, violon ; Quintette à cordes issu de la Camerata de Bourgogne (Jean-François Corvaisier, violon ; Laurent Lagarde, violoncelle ; Alain Pélissier & Valérie Pélissier, alto ; Pierre Sylvan, contrebasse) ; Henri Agnel, arrangement et direction. — Production : France : Warner Jazz France, ℗ 2003.
Enregistrement : Waimes (Belgique), studio GAM, juin 2003.

1 CD : Warner Jazz France, 2003. — EAN 825646085026.

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Carlos Paredes (1925-2004)
Guitarra portuguesa (1967)
Carlos Paredes (1925-2004). « Guitarra portuguesa », Portugal, Valentim de Carvalho, ℗ 1967Guitarra portuguesa / Carlos Paredes, musique ; Carlos Paredes, guitare portugaise ; Fernando Alvim, guitare. — Production : Portugal : Valentim de Carvalho, ℗ 1967.
Enregistrement : Paço de Arcos (Portugal), studios Valentim de Carvalho.

1 disque 33t : Valentim de Carvalho, 1967. — 1 CD : Valentim de Carvalho, 2007 (rééd., remastérisé). — EAN 5604931121329.

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Bon anniversaire, Monsieur de la Personne

13 juin 2022

Fernando Pessoa (1888-1935). Photographie, auteur inconnu. 1914? Domaine public.
Fernando Pessoa (1888-1935). Photographie, auteur inconnu. 1914? Domaine public.

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134 ans aujourd’hui, 13 juin 2022.

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Do vale à montanha,
Da montanha ao monte,
Cavalo de sombra,
Cavaleiro monge,
Por casas, por prados,
Por quinta e por fonte,

Par vaux et par monts,
Par monts et par vaux,
Cheval de ténèbre
Et moine chevalier,
Par les demeures, par les prés,
Par fermes et fontaines,

Caminhais aliados.
Do vale à montanha,
Da montanha ao monte,
Cavalo de sombra,
Cavaleiro monge,
Por penhascos pretos,

Unis vous allez.
Par vaux et par monts,
Par monts et par vaux,
Cheval de ténèbre
Et moine chevalier,
Sur les noires falaises

Atrás e defronte,
Caminhais secretos.
Do vale à montanha,
Da montanha ao monte,
Cavalo de sombra,
Cavaleiro monge,

En arrière, en avant,
Secrets, vous allez.
Par vaux et par monts,
Par monts et par vaux,
Cheval de ténèbre
Et moine chevalier,

Por plainos desertos
Sem ter horizontes,
Caminhais libertos.
Do vale à montanha,
Da montanha ao monte,
Cavalo de sombra,

Par les plaines désertes
Privées d’horizon,
Libres vous allez.
Par vaux et par monts,
Par monts et par vaux,
Cheval de ténèbre

Cavaleiro monge,
Por ínvios caminhos,
Por rios sem ponte,
Caminhais sozinhos.
Do vale à montanha,
Da montanha ao monte

Et moine chevalier,
Par mauvais chemins,
Par fleuves sans pont,
Tout seuls vous allez.
Par vaux et par monts,
Par monts et par vaux,

Cavalo de sombra,
Cavaleiro monge,
Por quanto é sem fim,
Sem ninguém que o conte,
Caminhais em mim.

Cheval de ténèbre
Et moine chevalier,
Par ce qui est sans fin
Et sans nul pour le dire,
En moi vous allez.
Fernando Pessoa (1888-1935). Do vale à montanha (24 octobre 1932), extrait de : Poesias (1942, 1ère publication).
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Fernando Pessoa (1888-1935). Par vaux et par monts, trad. par L. & L. de Do vale à montanha (24 octobre 1932), extrait de : Poesias (1942, 1ère publication).

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Amália, la première à avoir employé dans son répertoire des œuvres des grands auteurs de la littérature lusophone, n’a jamais chanté Pessoa. Elle disait que sa poésie n’était pas faite pour ça.

Elle morte, les fadistes nouveaux ont puisé partout, dans ce qui leur tombait sous la main. Suffisait de trouver un poème dont la métrique s’accordait à un fado traditionnel ; ou du moins des vers réguliers, en couplets, facilement mettables en musique — et y avait qu’à se servir.

Exemple.

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Mariza • Cavaleiro monge. Poème de Fernando Pessoa ; Mário Pacheco, musique.
Mariza, chant ; Mário Pacheco, guitare portugaise ; António Neto, guitare ; Marino Freitas, basse acoustique.
Enregistrement : Lisbonne, studios Xangrilá.
Extrait de l’album Fado curvo / Mariza. Portugal, ℗ 2003.

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La chanson du dimanche [17]

12 juin 2022

Mais de quoi pourrait-on avoir peur en Tchéquie ?

Olga Tokarczuk. Sur les ossements des morts, trad. de : Prowadź swój pług przez kości umarłych (2009) par Margot Carlier. Libretto, impr. 2019, ISBN 978-2-36914-115-0, page 280.

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Or en 1965 c’était la Tchécoslovaquie, un pays aujourd’hui disparu. Dans ce pays vivait et chantait Judita Čeřovská — elle aussi disparue.

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Judita Čeřovská (1929-2001) • Malý vůz. Jiřina Fikejzová, paroles tchèques ; J.W. Stole (Franck Pourcel) & Del Roma (Paul Mauriat). Adaptation tchèque de Chariot (1962), paroles originales françaises de Jacques Plante. La musique a d’abord (1961) été publiée seule.
Judita Čeřovská, chant ; Taneční orchestr Československého rozhlasu.
Vidéo : aucune information. Production : Tchécoslovaquie, ČST (Československá televize), [1965?].

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Malý vůz signifie : « Petite voiture » (d’après un célèbre service de traduction automatique en ligne). La version originale de cette chanson, quoique créée par Petula Clark, était française et se nommait Chariot. Elle a connu une certaine popularité dans les pays de langue française.

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Petula Clark (née en 1932) • Chariot. Jacques Plante, paroles ; J.W. Stole (Franck Pourcel) & Del Roma (Paul Mauriat). La musique a d’abord (1961) été publiée seule, sous le même titre.
Petula Clark, chant ; Peter Knight Orchestra.
France, ℗ 1962.

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D’ailleurs Judita elle-même chantait aussi en français, voyez.

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Judita Čeřovská (1929-2001) • Padam padam. Henri Contet, paroles ; Norbert Glanzberg, musique.
Judita Čeřovská, chant ; Taneční orchestr Československého rozhlasu ; Josef Vobruba, direction.
Extrait de l’album Judita Of Prague / Judita. Tchécoslovaquie, ℗ 1966.

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