Amália Rodrigues • Que Deus me perdoe (& Kirsi Poutanen)
Tout au long des années 1940, Amália a beaucoup joué (et chanté) au théâtre, dans des revues ou des pièces musicales. En 1946 elle était la vedette de l’opérette Mouraria, dans laquelle elle jouait le rôle d’une fadiste nommée « Cesária ». Créée en 1926, la pièce était pour l’occasion remontée dans une nouvelle scénographie, avec l’ajout de deux chansons : Que Deus me perdoe (« Que Dieu me pardonne ») et Sabe-se lá (« Qui sait ? »), composées spécialement pour elle par Frederico Valério, qui était à l’époque son compositeur de prédilection.
Les chansons de Valério chantées par Amália (notamment Ai, Mouraria, qu’elle avait enregistrée au Brésil l’année précédente) obtenaient alors un très vif succès. Dix ans plus tard, en 1956, Ai, Mouraria, Sabe-se lá et Que Deus me perdoe figuraient toutes les trois au programme du premier — et décisif — passage de la chanteuse à l’Olympia de Paris.
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Amália Rodrigues (1920-1999) • Que Deus me perdoe. João da Silva Tavares, paroles ; Frederico Valério, musique.
Amália Rodrigues, chant ; Domingos Camarinha, guitare portugaise ; Santos Moreira, guitare.
Enregistrement public : Olympia (Paris), avril ou mai 1956.
Première publication dans l’album Amalia à l’Olympia / Amália Rodrigues. France, Pathé Marconi, ℗ 1957.
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Se a minha alma fechada
Se pudesse mostrar,
E o que eu sofro calada
Se pudesse contar,
Toda a gente veria
Quanto sou desgraçada
Quanto finjo alegria
Quanto choro a cantar…
Si mon âme secrète
Pouvait s’exposer,
Si ma souffrance muette
Pouvait se raconter,
Chacun pourrait voir
Combien je suis malheureuse,
Combien ma joie est feinte,
Combien je pleure quand je chante…
Que Deus me perdoe
Se é crime ou pecado,
Mas eu sou assim
E fugindo ao fado,
Fugia de mim.
Cantando dou brado
E nada me dói
Se é pois um pecado
Ter amor ao fado,
Que Deus me perdoe.
Que Dieu me pardonne
Si c’est crime ou péché,
Mais je suis ainsi
Et fuir le fado
Serait me fuir moi-même.
Chanter, c’est comme crier
Pour soulager mon mal
Alors, si c’est un péché
Que d’aimer le fado,
Que Dieu me pardonne !
Quando canto não penso
No que a vida é de má,
Nem sequer me pertenço,
Nem o mal se me dá.
Chego a crer na verdade
E a sonhar – sonho imenso –
Que tudo é felicidade
E tristeza não há.
Quand je chante, j’oublie
La dureté de la vie.
Je ne m’appartiens plus,
Le mal ne m’atteint plus.
Je crois même en la vérité
Et je rêve — rêve insensé —
Que le bonheur triomphe,
Que la tristesse est abolie.
João da Silva Tavares (1893-1964). Que Deus me perdoe, de Mouraria, opérette de Lino Ferreira, Silva Tavares & Lopo Lauer, musique de Filipe Duarte, nouvelle version avec deux fados supplémentaires de Silva Tavares, musique de Frederico Valério (1946).
.João da Silva Tavares (1893-1964). Que Dieu me pardonne, trad. par L. & L. de Que Deus me perdoe, opérette de Lino Ferreira, Silva Tavares & Lopo Lauer, musique de Filipe Duarte, nouvelle version avec deux fados supplémentaires de Silva Tavares, musique de Frederico Valério (1946).
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Il existe une version de Que Deus me perdoe dans la fascinante langue finnoise. Elle figure sur un album entièrement consacré à des reprises d’Amália publié en Finlande en 2013, enregistré par une certaine Kirsi Poutanen (dont je ne sais rien, strictement rien). Bien qu’accompagnée par la crème des instrumentistes du fado de Lisbonne (José Manuel Neto, son compère Carlos Manuel Proença et Daniel Pinto), Kirsi me donne l’impression de priver ce qu’elle chante de tout caractère fadiste (même le second refrain qu’elle reprend en portugais) ; c’est très curieux. En outre, plus curieux encore, j’ai aussi l’impression que les guitaristes n’y croient pas non plus. Une hallucination ? Cela dit elle a une voix très agréable et elle chante très bien.
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Kirsi Poutanen • Kai anteeksi saan. Tarja Härkönen, paroles ; Frederico Valério, musique. Adaptation finnoise de Que Deus me perdoe. João da Silva Tavares, paroles originales portugaises.
Kirsi Poutanen, chant ; José Manuel Neto, guitare portugaise ; Carlos Manuel Proença, guitare & arrangement ; Daniel Pinto, basse acoustique.
Chanté en finnois, avec un court passage en portugais. Enregistrement : Montijo (Portugal), studio Safraan.
Extrait de l’album Amália tribute / Kirsi Poutanen. Finlande, Rocket Records, ℗ 2013 .
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Suonno d’ajere • ‘E ccerase
Une chanson de désespoir, propre à faire couler des larmes « grosses comme des cerises ». Il suffira ensuite de ne pas en interrompre le flot ; dans la contemplation morose du monde, on pourra pleurer sur le malheur de la Terre et sur le sien propre.
C’est une chanson de Naples. Voici :
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Suonno d’ajere • ‘E ccerase. Salvatore Di Giacomo, paroles ; Vincenzo Valente, musique.
Suonno D’Ajere, ensemble instrumental & vocal (Irene Lupe Scarpato, chant ; Marcello Smigliante Gentile, mandoline, mandole, mandoloncelle ; Gian Marco Libeccio, guitare).
Extrait de l’album : Suspiro / Suonno d’ajere. Italie, Italian World Beat, ℗ 2021.
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Abbrile, abbrile! Mmiez’ ’e ffronne ’e rosa
vaco vennenno ’o frutto ’e chisto mese;
cacciate ’a capa, femmene cianciose,
io donco ’a voce e vuie facite ’a stesa:
«Frutto nuviello e mese ’e paraviso!
Collera ncuorpo a nuie nun ce ne trase!…»
Avril, avril ! Les rosiers sont en fleurs,
Et je viens vendre le fruit de ce mois ;
Montrez-vous, belles demoiselles,
Je crie mon boniment, chantez-le avec moi :
« Beau fruit nouveau du mois du paradis !
Quelle colère pourrait nous habiter ? »
’E ccerase!…’E ccerase!…
Les cerises ! Les belles cerises !
Ll’ anno passato, ’o tiempo d’ ’e ccerase,
facevo ’ammore cu na Purticesa,
abbascio ’o Granatiello steva ’e casa,
e a’ chiammaveno Rosa ’a vrucculosa.
Belli tiempe de lacreme e de vase!…
Ogne lacrema quanto a na cerasa!
Ogni cinche minutele nu vaso!…
L’an passé, au beau temps des cerises,
Une fille de Portici était ma promise.
Elle habitait au port du Granatello
On l’appelait Rosa la charmeuse.
Quel beau temps c’était, de baisers et de larmes !…
Larmes grosses comme des cerises !
Baisers ininterrompus !…
’E ccerase!…’E ccerase!…
Les cerises ! Les belles cerises !
Mo c’ aggia fa’? Se so’ cagnate ’e ccose
e m’ ha licenziato, chella mpesa!
È arrivato nu legno genuvese,
e ’o capitano ha ditto ca s’ ’a sposa…
Capitano d’ ’o legno genuvese,
addò t’ ’a puorte ’a bella Purticesa?
Mais qu’y puis-je ? Les choses ont bien changé,
Cette drôlesse m’a abandonné !
Un jour est arrivé un navire de Gênes
Et le capitaine a dit qu’il l’épouserait.
Capitaine du navire de Gênes,
La belle de Portici, où vas-tu l’emmener ?
’E ccerase!…’E ccerase!…
Les cerises ! Les belles cerises !
Cacciate ’a capa, femmene cianciose;
io donco ’a voce e vuie facite ’a stesa:
’E ccerase!… ’E ccerase!… Abbrile è ’o mese
c’ uno se scorda meliune ’e cose…
Capitano d’ ’o legno genuvese,
a me nun me ne importa ca t’ ’a spuse;
mme daie na voce a n’ ato pare ’e mise!…
Montrez-vous, belles demoiselles,
Je crie mon boniment, chantez-le avec moi :
Les cerises ! Les belles cerises ! En avril
On oublie des millions de choses…
Capitaine du navire de Gênes,
Que m’importe que tu l’épouses ?
Quand tu reviendras, donne-moi des nouvelles !…
’E ccerase!…’E ccerase!…
Les cerises ! Les belles cerises !
Salvatore Di Giacomo (1860-1934). ‘E ccerase, extrait de : Voce luntane (1888). Salvatore Di Giacomo (1860-1934). Les cerises, trad. par L. & L. de ‘E ccerase, extrait de : Voce luntane (1888).
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Suonno d’ajere (« Rêve d’hier », en référence au titre d’une chanson de Pino Daniele), un trio voix, mandoline(s) et guitare formé à Naples en 2016, est spécialisé dans la chanson classique de cette ville : compositions nouvelles ou, plus souvent, chansons anciennes comme ‘E ccerase (« Les cerises », 1888), un poème de Salvatore Di Giacomo (1860-1934) mis en musique par Vincenzo Valente (1855-1921).
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Suonno d’ajere. Photo Riccardo Piccirillo.
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Amália Rodrigues • Fado Lamentos (1951)
Amália Rodrigues (1920-1999) • Fado Lamentos. Amália Rodrigues, paroles & musique.
Amália Rodrigues, chant ; Raul Nery, guitare portugaise ; Santos Moreira, guitare.
Enregistrement : Lisbonne (Portugal), Établissements Valentim de Carvalho, 97-99, rua nova do Almada, 1951.
Première publication dans l’album No Chiado / Amália. Portugal, Edições Valentim de Carvalho, ℗ 2014.
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Porque mentes tanto?
Mentes sem cessar!
Mentira é a luz do teu olhar.
Mentes quando falas,
Mentes quando te calas.
Mentira é o teu riso e o teu pranto,
Mentira é o teu corpo fremente,
As tuas carícias, os teus beijos,
Falso é o calor fugaz da tua pele ardente
E o ardor dos teus desejos.
Pourquoi mens-tu autant ?
Tu mens sans arrêt !
Mensonge est l’éclat de ton regard.
Tu mens quand tu parles,
Tu mens quand tu te tais.
Mensonges, ton rire et tes larmes,
Mensonges, ton corps frémissant,
Tes caresses, tes baisers,
La chaleur fugace de ta peau ardente
Et la vigueur de tes désirs.
Dentro do teu peito
Tudo é de tal jeito
Que nem tu próprio sabes o que sentes,
Os teus pensamentos
Ao sabor dos ventos
Que nem tu dás por isso quando mentes.
Mas se assim em ti tudo é mentira,
Mente uma vez mais por caridade:
Diz-me que é o desvairo do ciúme que me inspira,
Que o teu amor é verdade!
Au fond de ton cœur,
Tout est tel
Que tu ne sais pas toi-même ce que tu ressens,
Tes pensées
Vont au gré des vents,
Et lorsque tu mens tu ne t’en aperçois même pas.
Mais puisque en toi tout est mensonge,
Mens encore une fois, je t’en prie :
Dis-moi que c’est la jalousie qui m’égare
Et que ton amour est vrai !
Amália Rodrigues (1920-1999). Fado Lamentos (vers 1947).
.Amália Rodrigues (1920-1999). Fado des plaintes, trad. par L. & L. de Fado Lamentos (vers 1947).
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Ce texte torride, qui remonte au moins à 1947, s’est avéré devoir être attribué à Amália Rodrigues elle-même.
L’enregistrement, réalisé à Lisbonne en 1951, est resté inédit jusqu’en 2014, abandonné sur une bande magnétique dépourvue d’indications. Pour autant, ce Fado Lamentos avait été interprété par Amália dans l’un de douze courts-métrages tournés à Madrid en 1947 et projetés à partir de l’année suivante dans les cinémas du Portugal en complément de programme. (De ces films courts, un seul subsiste aujourd’hui.)
Vítor Pavão dos Santos, le rédacteur de l’autobiographie d’Amália, qui était à la fois un admirateur de très longue date, puis un ami de la chanteuse, s’en souvient :
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Un jour, Frederico Santiago me dit qu’il y avait, dans les vieilles bobines de la maison Valentim de Carvalho, une chanson non identifiée : personne n’avait la moindre idée de ce que c’était, sinon qu’il s’agissait d’Amália chantant quelque chose qui parlait de mensonges. J’ai dressé l’oreille et j’ai demandé à Frederico qu’il m’en apporte une copie. Et subitement je me suis trouvé transporté à l’Éden [cinéma] par une chaude soirée de printemps, alors que j’avais dans les 8 ans. Avant le film, passait un court-métrage avec Amália chantant « Fado Lamentos », dont [il était indiqué qu’]elle était l’autrice des paroles, ce qui a suscité une certaine rumeur dans cette salle énorme et pleine, une rumeur d’incrédulité, du genre : « Alors maintenant Amália écrit de la poésie ? »
Vítor Pavão dos Santos. Amália e os seus segredos mais bem escondidos, dans le livret d’accompagnement du CD Amália no Chiado, Lisboa, Valentim de Carvalho, 2014, p. [31]. Trad. L. & L.
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(Frederico Santiago est l’éditeur intellectuel de la réédition systématique en cours de l’œuvre enregistré d’Amália.) L’intérêt de cette anecdote réside dans le scepticisme du public en lisant au générique que les paroles du fado étaient d’Amália. Dans son ouvrage Amália e os poetas : o Fado na tua voz (Lisbonne, Bertrand, 2014), Pavão dos Santos ajoute que même son père, avec qui il se trouvait au cinéma ce soir-là, pensait que quelqu’un d’autre — un homme, bien sûr : Ricardo Espírito Santo, banquier, collectionneur d’art et joueur de tennis, une relation d’Amália — les avait peut-être écrites pour elle. Or elle a été une parolière prolifique à l’extrême. Mais ayant beaucoup tardé à se faire enregistrer à la société portugaise de gestion des droits d’auteur, elle n’a pas été créditée de ses propres œuvres sur les pochettes de disque pendant de longues années.
Ce n’est pas tout : selon un document de l’époque (un prospectus annonçant, au programme d’un cinéma, le court-métrage Fado Lamentos), Amália serait aussi responsable de la musique dudit morceau — ce qui est bien plus étonnant : on peut compter ses autres compositions sur les doigts d’une main (Quando se gosta de alguém en 1980, plus deux « arrangements » dans l’album Obsessão de 1990, sauf omissions) et, bien que beaucoup plus tardives, elles me semblent moins élaborées que celle-ci.
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Amália Rodrigues • Fado da carta (1947)
Capas negras (1947). Extrait. Armando de Miranda, réalisation ; Alberto Barbosa, José Galhardo & Luís Galhardo, scénario & dialogues ; Jaime Mendes, musique ; Raul Ferrão, Frederico Valério, Ângelo Araújo, musiques des chansons.
Distribution : Amália Rodrigues (Maria de Lisboa) ; Alberto Ribeiro (José Duarte, un étudiant en droit) ; Artur Agostinho (Manecas) ; Vasco Morgado (Jorge)…
Production : Portugal : Produtores Associados, 1947. Sortie : 1947 (Portugal).
Chanson :
Fado da carta. José Galhardo, paroles ; [Raul Ferrão?], musique.
Amália Rodrigues, chant ; accompagnement de guitare portugaise et de guitare.
Portugal, 1947.
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Huit ans avant Les amants du Tage (1955), le film d’Henri Verneuil grâce auquel la carrière internationale d’Amália Rodrigues a pris son essor, Capas negras (« Les capes noires », 1947) avait largement consolidé sa gloire nationale, elle qui jouissait déjà d’une grande renommée dans son pays depuis ses débuts en 1939. Ce mélodrame, truffé de séquences musicales destinées à mettre en valeur les voix des deux protagonistes (Amália, dont c’était la première apparition au cinéma, et le bellâtre Alberto Ribeiro), a connu au Portugal un succès phénoménal — et durable —, dû en grande partie aux chansons de sa bande originale, notamment le célébrissime Coimbra (« Avril au Portugal » dans son adaptation française).
Coimbra, un des quelques « tubes » absolus du répertoire d’Amália, était chanté dans le film par Alberto Ribeiro. Elle-même y disposait de quelques numéros bien calibrés, mais on entend ici sa voix, encore légère mais incroyablement expressive, dans un très court morceau d’à peine plus d’une minute trente destiné à illustrer une séquence dans laquelle « Maria de Lisboa », le personnage qu’elle incarne, écrit à celui qu’elle aime (« José Duarte », alias Alberto Ribeiro). Le texte de sa lettre est chanté en voix off, sur une musique composée dans le goût du fado de Coimbra. Ce passage, rarissime au disque, figure dans une compilation de 2017 due à la maison française Milan Music, intitulée Amália Rodrigues au cinéma.
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Sem esperança de resposta ainda te escreve
Esta carta derradeira
Quem nesta folha tão leve
Te manda uma vida inteira
Ter-te amado foi para mim má sorte
Não te amar pior seria
Serei tua até à morte
Adeus para sempre
Maria
Sans espoir de réponse, elle t’écrit encore
Cette dernière lettre,
Celle qui dans cette feuille si légère
T’envoie une vie entière.
T’avoir aimé m’a porté malheur,
Ne pas t’aimer serait pire.
Je t’appartiendrai jusqu’à la mort.
Adieu, pour toujours.
Maria
José Galhardo (1905-1967). Fado da carta, du film Capas negras (1947).
José Galhardo (1905-1967). Fado de la lettre, trad. par L. & L. de Fado da carta, du film Capas negras (1947).
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Amália Rodrigues (1920-1999)
Amália Rodrigues et le cinéma (2017)
Amália Rodrigues et le cinéma. — France : Éditions Milan Music, ℗ & © 2017.
Réunit des extraits des bandes originales des films suivants : Les amants du Tage (France, 1955) ; Capas negras (Portugal, 1947) ; Fado, história duma cantadeira (Portugal, 1947) ; Sol e toiros (Portugal, 1949) ; Vendaval maravilhoso (Portugal & Brésil, 1949) ; April in Portugal (Royaume-Uni, 1956) ; Sangue toureiro (Portugal, 1958).
1 CD : Éditions Milan Music ; Universal music France (diffusion/distribution), 2017. — EAN 3299039983621.
Voir la notice dans Discogs.
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La chanson du dimanche [25]
Այս կիրակի երգը հայկական է։
Ce qui veut dire, comme vous l’aviez compris : « La chanson de ce dimanche est arménienne » et qui se prononce (selon Google) : « Ays kiraki yergy haykakan e. » Car en arménien, dimanche se dit : Կիրակի, « kiraki », presque comme en grec.
La chanson, dont la musique, si mes renseignements sont justes, est d’Aram Khatchaturian, s’appelle : Le vin rouge d’Arménie. Elle est interprétée par Armen Guirag, de son vrai nom Գիրագ Սաքըզլյան [Girag Sak̕ëzlyan], un ténor arménien actif des années 1930 aux années 1970, exilé aux États-Unis à la fin des années 1940 après un séjour en Amérique du Sud.
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Armen Guirag (19??-19??) • Հայաստանի Կարմիր Գինին [Hayastani karmir ginin]. Աշոտ Գրաշու [Ašot Grašow], paroles ; Արամ Խաչատրյան [Aram Xačatryan] = Aram Khatchatourian, musique.
Armen Guirag, ténor ; Jascha Galperin, piano.
Extrait de l’album Hye Yerk : Armenian classic & folk songs / Armen Guirag. [Argentine?], 194?.
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Voici les paroles originales de la chanson. Libre à vous de les soumettre à une application de traduction automatique.
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Գովենք ընկեր, ուրախ սազով,
Հայաստանի կարմիր գինին,
Խմենք ընկեր, ոսկէ թասով,
Հայաստանի կարմիր գինին։Աղբիւրի պէս վարար լինի
Հայաստանի կարմիր գինին,
Ով որ խմի անուշ լինի
Հայաստանի կարմիր գինին։Սարեր, ձորեր մենք զարդարենք
Կանաչ—կարմիր այգիներով,
Կարասները լիքը լցնենք
Հայաստանի կարմիր գինով։Աղբիւրի պէս վարար լինի…
Թող երգի պէս միշտ կարկաչի
Հայրենիքի ճոխ սեղանին,
Թող վառ շրթով մեզ հիւր կանչի
Հայաստանի կարմիր գինին։Աղբիւրի պէս վարար լինի…
Աշոտ Գրաշու [Ašot Grašow] (1910-1973). Հայաստանի Կարմիր Գինին [Hayastani karmir ginin].
Mayte Martín • S.O.S.
Ven a borrarme los fracasos de mi mente
Ven a llenarme de caricias diferentes
Ven a sacarme de este pozo de amargura
Donde me encuentro yoY dame el agua de tu fuente cristalina
Y dame el beso que sin darse se adivina
Que estoy sedienta de cariño sin medida
Cansá de dar amor
S.O.S. (Extrait). Paroles & musique traditionnelles (Andalousie) ; Mayte Martín, adaptation.Viens effacer la débâcle de ma tête
Viens me combler de caresses nouvelles
Viens me tirer de ce puits d’amertume
Où je suis enfoncéeEt donne-moi l’eau de ta source cristalline
Et donne-moi le baiser qui, sans se donner, se devine
Car j’ai soif d’une tendresse sans mesure
Et je suis lasse de donner de l’amour
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Mayte Martín • S.O.S. Paroles & musique traditionnelles (Andalousie) ; Mayte Martín, adaptation.
Mayte Martín, chant ; Juan Ramón Caro, guitare.
Vidéo : Extrait de l’émission El sol, la sal y el son, 2010. Production : Espagne, Canal Andalucia Flamenco, 2010.
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L’extraordinaire Mayte Martín, interprétant en 2010 un titre de son premier album, Muy frágil (« Très fragile », 1995).
Depuis ses cheveux ont blanchi, mais sa ferveur est intacte.
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Amália, un autre monde

Amália Rodrigues (1920-1999). D’après la pochette du disque « Amália at the Paris Olympia », 1957.
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Il y a aujourd’hui vingt-trois ans, Amália Rodrigues s’éteignait dans sa maison de Lisbonne.
En art comme dans la vie — car dans le cas des très grands artistes les deux se confondent —, le Fado lui était pour ainsi dire comme une langue maternelle, ce prisme à travers lequel chacun construit son propre monde et perçoit celui des autres : sa langue, qui infusait au plus intime d’elle-même. C’est pourquoi dans sa voix tout était Fado, quand bien même le Fado proprement dit n’occupait qu’une partie somme toute assez réduite de son vaste répertoire.
Voici deux de ses enregistrements, situés aux deux extrémités de sa longue carrière. L’un appartient à ses toutes premières sessions de studio réalisées en 1945 au Brésil. L’autre est extrait du dernier album de studio, Obsessão, publié en 1990.
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Ojos verdes (1945)
Amália Rodrigues a chanté dans plusieurs langues. Mais son véritable génie de l’interprétation, la justesse de son approche poétique et musicale ne s’exerçaient pleinement qu’en portugais et décroissaient à mesure de sa maîtrise plus ou moins grande des autres idiomes employés. Cependant l’espagnol lui était familier, elle qui se revendiquait une chanteuse « ibérique ». Cette interprétation prodigieuse d’Ojos verdes (« Les yeux verts »), une copla de 1937, en témoigne.
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Amália Rodrigues (1920-1999) • Ojos verdes. Rafael de León & Salvador Valverde, paroles ; Manuel Quiroga, musique.
Amália Rodrigues, chant ; orquestra de guitarras de Fernando de Freitas.
Enregistrement : Rio de Janeiro (Brésil), 1945. Première publication : Brésil, 1945.
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Apoyá en er quisio de la mansebía
miraba ensenderse la noche de mayo;
pasaban los hombres y yo sonreía
hasta que a mi puerta paraste el caballo.
« Serrana, ¿me das candela? »
Y yo te dije: « Gaché,
ven y tómala en mis labios
que yo fuego te daré ».
Dejaste er caballo
y lumbre te di,
y fueron dos verdes luceros de mayo
tus ojos pa mí.
Debout sur le seuil de la maison close
Je regardais s’embraser la nuit de mai ;
Les hommes passaient et je souriais,
Jusqu’à ce qu’à ma porte tu arrêtes ta monture.
— Gitane, tu me donnes du feu ?
Et je t’ai dit : — « Gaché* »,
Viens le prendre sur mes lèvres ;
Je te donnerai du feu !
Tu as mis pied à terre
Et je t’ai donné de la braise
Et pour moi, tes yeux ont été
Deux étoiles de mai.
Ojos verdes, verdes como la albahaca.
Verdes como el trigo verde
y el verde, verde limón.
Ojos verdes, verdes, con brillo de faca,
que están clavaítos en mi corazón.
Pa mí ya no hay soles, luceros ni luna,
no hay más que unos ojos que mi vía son.
Ojos verdes, verdes como la albahaca.
Verdes como el trigo verde
y el verde, verde limón.
Des yeux verts, verts comme le basilic
Verts comme le blé vert
Et le vert citron vert.
Des yeux verts, verts, étincelants comme des couteaux,
Plantés dans mon cœur.
Pour moi il n’y a ni soleils, ni étoiles ni lune,
Il n’y a plus que deux yeux qui sont ma vie.
Des yeux verts, verts comme le basilic
Verts comme le blé vert
Et le vert citron vert.
Vimos desde el cuarto despertar el día
y sonar el alba en la Torre la Vela.
Dejaste mis brazos cuando amanecía
y en mi boca un gusto de menta y canela.
« Serrana, para un vestío
yo te quiero regalá ».
Yo te dije: « Estás cumplío,
no me tienes que dar na ».
Subiste ar caballo,
te fuiste de mí
y nunca una noche
más bella de mayo
he vuelto a viví.
Depuis la chambre on voyait poindre le jour
La première heure a sonné à la tour de la Vela
À l’aube, tu as quitté mes bras
Et laissé dans ma bouche un goût de menthe et de cannelle.
— Gitane, je vais te donner
De quoi t’acheter une robe.
Je t’ai dit : — Tu es quitte,
Tu n’as rien à me donner.
Tu es remonté en selle
Et tu t’en es allé.
Et depuis,
Je n’ai jamais connu
Plus belle nuit de mai.
Rafael de León (1908-1982). Ojos verdes (1937).
.Rafael de León (1908-1982). Les yeux verts, trad. par L. & L. de Ojos verdes (1937).
*Pour un gitan, manière de désigner un Andalou (non gitan).
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Prece (1990)
Obsessão (« Obsession », 1990), l’album duquel est extrait Prece (« Prière »), est le dernier ensemble d’enregistrements réalisés en studio par Amália, si l’on excepte les deux duos avec Roberto Murolo (Dicitencello vuje et Anema e core) gravés en 1994 en Italie, avec une voix très dégradée.
Prece, sur un poème de Pedro Homem de Mello, l’un des poètes les plus chantés par Amália, résonne comme un adieu au compositeur Alain Oulman (décédé à Paris en mars de cette même année 1990), au terme d’un compagnonnage fécond qui aura duré plus de trente ans. Sur l’album Obsessão (et sur Prece en particulier), voici un sensible commentaire de Rui Vieira Nery, musicologue et grand connaisseur du Fado, fils du guitariste Raul Nery :
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Enfin voici « Obsessão » (1990), espèce de cri final profondément triste, marqué par une atmosphère presque de deuil annoncé, mais où la marque unique d’Amália, au-delà de toutes les limitations de la voix, reste bien présente dans la tendresse dont elle enveloppe les mots, dans la manière de lancer et de soutenir la courbe des phrases, dans le jeu savant des rubatos et des silences, en particulier […] dans un ultime et extraordinaire legs du partenariat entre Pedro Homem de Mello et Alain Oulman, « Prece » [« Prière »]. Il s’agit d’un chant de solitude […], fait d’amour et de souffrance, qu’entendront ceux qui savent aimer Amália, dans un registre d’intimité et de tendresses partagées.
Rui Vieira Nery. Pensar Amália, Lisboa, Tugaland, 2009, ISBN 978-989-8179-38-8, p. 81-82 (non traduit). Traduction L. & L.
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Amália Rodrigues (1920-1999) • Prece. Pedro Homem de Mello, poème ; Alain Oulman, musique.
Amália Rodrigues, chant ; Carlos Gonçalves & Fontes Rocha, guitare portugaise ; Jorge Fernando, guitare ; Joel Pina, basse acoustique.
Extrait de l’album Obsessão / Amália Rodrigues . Enregistrement : Paço de Arcos (Portugal), studios Valentim de Carvalho. Portugal, ℗ 1990.
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Talvez que eu morra na praia,
Cercado, em pérfido banho,
Por toda a espuma da praia,
Como um pastor que desmaia
No meio do seu rebanho…
Je mourrai peut-être sur une plage,
Cerné par l’écume de la mer
Et trahi par ses eaux
M’effaçant comme un berger
Au cœur de son troupeau.
Talvez que eu morra na rua
– Ínvia por mim de repente –
Em noite fria, sem Lua,
Irmão das pedras da rua
Pisadas por toda a gente!
Je mourrai peut-être dans la rue,
– L’obstruant par ma chute –,
Par une nuit froide et sans lune,
Semblable aux pavés de la rue
Que foulent les passants.
Talvez que eu morra entre grades,
No meio duma prisão
E que o mundo, além das grades,
Venha esquecer as saudades
Que roem o meu coração.
Je mourrai peut-être sous les verrous,
Au fond d’une prison,
Sans qu’au-delà des verrous,
Nul n’ai souci de la détresse
Qui me ronge le cœur.
*[Talvez que eu morra dum tiro,
Castigo de algum desejo.
E que, à mercê desse tiro,
O meu último suspiro
Seja o meu primeiro beijo…]
*[Je mourrai peut-être d’une balle,
En châtiment d’un désir.
Et qu’à la faveur de cette balle
Mon premier baiser
Soit mon dernier soupir.]
Talvez que eu morra no leito,
Onde a morte é natural,
As mãos em cruz sobre o peito…
Das mãos de Deus tudo aceito.
– Mas que eu morra em Portugal!
Je mourrai peut-être dans mon lit,
D’une mort naturelle,
Mains en croix sur le cœur…
Des mains de Dieu j’accepte toute mort,
Pourvu qu’elle me frappe au Portugal ! Pedro Homem de Mello (1904-1984). Prece, extrait de Adeus (1951).
* Non chanté.Pedro Homem de Mello (1904-1984). Prière, traduit de Prece, extrait de Adeus (1951) par L. & L.
* Non chanté.
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La chanson du dimanche [24]
Kristábo langoustine, l’écrevisse me fait mal au visage
Je faisais du jogging et j’ai trébuché sur une branche
j’avais besoin de ça
des bombes à travers le pré, un coureur brisé
Martin Mihalčín. Langoš (2022). Trad. Google.
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La chanson de ce dimanche est slovaque et contemporaine. Elle célèbre une variété locale de pain, une sorte de galette cuite dans l’huile, issue de la tradition hongroise, et qui se nomme : langoš (en hongrois : lángos, vous voilà renseignés).
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Heľenine Oči • Langoš. Martin Mihalčín, paroles & musique.
Heľenine Oči, ensemble vocal & instrumental.
Extrait de l’album Cirkus 22 / Heľenine Oči. Slovaquie, ℗ 2022.
Vidéo : Martin Mihalčín, réalisation ; Pavol Balčák & Martin Mihalčín, production. Slovaquie, 2022.
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Le groupe Heľenine Oči (« Les yeux d’Hélène ») est originaire de Prešov, ville de l’Est de la Slovaquie, à peu près équidistante des frontières polonaise et hongroise, assez proche en outre de l’Ukraine.
Il y a beaucoup de mots en « ar » dans cette langue slovaque : tvár, poľštinár, konár (qui n’a pas du tout le même sens qu’en français). Voici les paroles de Langoš, traduites par Google — dont la langue slovaque n’est pas la spécialité, je crois :
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Et la langoustine Kristábo, la dorade me fait mal au visage
Je faisais du jogging et j’ai trébuché sur une branche
Il manquait si peu
et un œil en « perdoľa » dirait un PolonaisKristábo langoustine, c’est ce que j’ai dit
Un délicieux produit semi-fini a sauté de ses mains
Tout était fini,
J’ai jeté les langos au loin comme une lanceOuah et mon visage est couvert de cancer
Ouah et chemin circulaireQue va-t-il se passer maintenant que mes visages sont terminés ?
Qu’est-ce que je vais faire, j’ai frotté les visages sur les cendres
Ça va être hé, des branches coincées dans la joue (greffées)
Que va-t-il se passer maintenant, donne-moi de bons conseils
Qu’est-ce que je vais faire, un gâchis sur le terrain
La langoustine est couchée face contre terreKristábo langoustine, l’écrevisse me fait mal au visage
Je faisais du jogging et j’ai trébuché sur une branche
j’avais besoin de ça
des bombes à travers le pré, un coureur briséKristábo langoustine, c’est ce que j’ai dit
Quand j’ai embrassé les cendres en guise de punition
C’est arrivé soudainement
Avec ce visage, Voštinár ne me reconnaîtra pas incognitoOuah cuisinier déchu
Ouah concasseur capillaireQue va-t-il se passer maintenant que mes visages sont terminés ?
Qu’est-ce que je vais faire, j’ai frotté les visages sur les cendres
Ça va être hé, des branches coincées dans la joue
Que va-t-il se passer maintenant, donne-moi de bons conseils
Qu’est-ce que je vais faire, un « voleur » sur le terrain
Tatarkov vers le bas de la langoustine se trouve sur le sol
Martin Mihalčín. Lángos, traduit automatiquement par Google de : Langoš (2022).
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Et les paroles originales slovaques :
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A kristábo langoš, kref mi dere tvár
Friško som behal a potkol o konár
Tak málo chýbalo
a očko v « pierdoľi » povedal by poľštinárKristábo langoš, tak som povedal
Z rúk vyskočil lahodný polotovar
Všetko sa dodrbalo,
langošom do diaľky hodil som jak oštepárAjajajaj a kref mi dere tvár
Ajajajaj a chodník cirkulárČo bude teraz, keď tváre mám dogabané
Čo budem robiť, zdrel som tváre na škváre
To bude hej, v ľici vrazené konáre (zaštepil)
Čo bude teraz ,dobrú radu dajte mi
Čo budem robiť, rozbrižďžindeľ na zemi
Tatarkou nadol langoš leží na zemiKristábo langoš, kref mi dere tvár
Friško som behal a potkol o konár
Toto mi trebalo,
bomby po lúke, zdretý pretekárKristábo langoš, tak som povedal
Keď pobozkal som škváru ako taký kar
To náhle sa stalo,
s tým ksichtom nespozná ma v inkognite VoštinárAjajajaj spadnutý kulinár
Ajajajaj drtič kapilárČo bude teraz, keď tváre mám dogabané
Čo budem robiť, zdrel som tváre na škváre
To bude hej, v ľici vrazené konáre
Čo bude teraz, dobrú radu dajte mi
Čo budem robiť, « rozbrižďžindel » na zemi
Tatarkov nadol langoš leží na zemi
Martin Mihalčín. Langoš (2022).
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