Concert : Katia Guerreiro à Brest et à Rouen
Elle est médecin urgentiste dans le civil. Mais Katia Guerreiro est aussi l’une des fadistes les mieux connues en France, elle s’y produit assez souvent, et elle parle très bien le français.
Son style vocal est très proche de celui de l’Amália Rodrigues des années 60-70, de même que son répertoire, qu’elle puise assez volontiers dans celui de son aînée. Par exemple ce Fadinho serrano d’Arlindo de Carvalho et Hernâni Correia, par lequel s’ouvraient souvent les récitals d’Amália.
Elle sera accompagnée de Paulo Valentim (guitare portugaise), João Veiga (guitare) et Rodrigo Serrão (basse acoustique), c’est à dire l’ensemble instrumental de Fado, son dernier album. À Brest toutefois, c’est Pedro Amendoeira, le frère de la fadiste Joana Amendoeira, qui assurera la partie de guitare portugaise.
1er février 2010, 20 h 30
Brest (29 – Finistère) – Le Quartz — Scène nationale de Brest
4 avenue Georges Clémenceau
29200 Brest
Tél : 02.98.33.70.70
11 €, 16,50 €, 22 €
Voir ce concert sur le site du théâtre
2 février 2010, 20 h 30
Rouen (76 – Seine-Maritime) – Hangar 23, Théâtre Duchamp Villon
Boulevard Emile Duchemin – Quai Rive droite
76000 Roeun
Tél : 02.32.18.28.28
20,80 €
Voir ce concert sur le site du théâtre
Fado / Katia Guerreiro, chant ; Paulo Valentim, guitare portugaise ; João Veiga, guitare ; Rodrigo Serrão, basse acoustique. – [France] : Milan, 2009.
Milan 399 269-2. – EAN 3299039926925.
Distribué en France.
Agenda des concerts
Vous avez vu ? Vous pouvez depuis quelques jours accéder à l’agenda des concerts (de fado, principalement) qui sont programmés en France.
On n’arrête pas le progrès.
(En réalité, si, le progrès ça s’arrête, tout le monde sait ça — enfin dans la vie réelle.)
Cet agenda est classé par artiste, au prénom de l’artiste. Si mes collègues bibliothécaires voyaient ça, il y aurait de la stupeur.
L. & L.
Rádio Macau — Cantiga d’amor
Loin du fado (mais non de Lisbonne) : la pop élégante et tranquille de Rádio Macau, un groupe formé dans les années 80, séparé, puis reconstitué en 1998.
Preferias que cantasse noutro tom
Que te pintasse o mundo de outra cor
Que te pusesse aos pés um mundo bom
Que te jurasse amor, o eterno amorQuerias que roubasse ao sete estrelo
A luz que te iluminasse o olhar
Embalar-te nas ondas com desvelo
Levar-te até à lua para dançarQue a lua está longe e mesmo assim
Dançar podemos sempre se quiseres
Ou então se preferires fica aí
Que ninguém há-de saber o que disseresTu aimerais que je chante sur un autre ton
Que je peigne le monde d’une autre couleur
Que je dépose à tes pieds un monde bon
Et que je te jure un éternel amourTu voudrais que je dérobe aux étoiles
Leur éclat pour illuminer ton regard
Que je te berce amoureusement dans les vagues
Et que je t’emmène danser sur la luneElle est loin la lune, mais on peut
Danser quand même si tu en as envie
Ou bien si tu préfères reste ici
Personne ne saura ce que tu diras
Cette Chanson d’amour assez réservée est extraite de leur dernier album, 8 — c’est son titre, étant leur huitième opus —, paru en 2008.
L. & L.
Rádio Macau. 8. Iplay, 2008. 1 CD + 1 DVD. EAN 5604931124320
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Le fado des étrangers. 4, La Grèce (4)
Les Athéniens, comme on le sait, ont leur propre forme de chanson urbaine, le rebetiko (ρεμπέτικο), d’apparition plus récente que le fado d’environ un siècle, mais né comme lui dans des quartiers pauvres de villes portuaires.
Autre analogie avec le fado : le rebetiko s’accompagne du bouzouki (μπουζούκι), un instrument de la famille des cistres comme l’est la guitare portugaise. Seulement son manche est plus long, il comporte moins de cordes et il se joue avec un plectre, ce qui lui donne un son assez différent.
Je ne suis pas compétent quant au rebetiko, n’en ayant qu’une connaissance superficielle et extrêmement lacunaire. Il me semble que la sonorité du bouzouki, plus sèche que celle de la guitare portugaise, influe sur le style du chant, très orné comme l’est le fado, mais faisant peu ou pas usage du rubato, cette élasticité expressive de la ligne vocale par rapport au rythme, typique du fado. Ou bien, plus simplement, c’est l’origine orientale du rebetiko — qui est né au sein des populations grecques d’Istanbul et de Smyrne — qui explique cette différence.
Cette chanson, Synnefiasméni Kyriakí (Συννεφιασμένη Κυριακή), en français Dimanche nuageux, est connue de tous les Grecs, par cœur. Écrite et composée en 1943 par Vassílis Tsitsánis (Βασίλης Τσιτσάνης) (1915-1984), ses paroles évoquent l’entrée des troupes allemandes d’occupation dans Athènes, le dimanche 27 avril 1941.
Συννεφιασμένη Κυριακή, μοιάζεις με την καρδιά μου
που έχει πάντα συννεφιά, συννεφιά
Χριστέ και Πα-, Χριστέ και Παναγιά μουΕίσαι μια μέρα σαν κι αυτή που ’χασα την χαρά μου
Συννεφιασμένη Κυριακή, Κυριακή
ματώνεις την, ματώνεις την καρδιά μουΌταν σε βλέπω βροχερή, στιγμή δεν ησυχάζω
Μαύρη μου κάνεις τη ζωή, τη ζωή
και βαριανα-, και βαριαναστενάζω
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Dimanche nuageux
Tu ressembles à mon cœur
Toujours assombri
Ô Christ et Sainte Mère !Tu es comme ce jour
Où j’ai perdu ma joie
Dimanche nuageux
Tu fais saigner mon cœurDe te voir pluvieux
Ne me donnes de repos
Tu me fais la vie noire
Et je soupireSynnefiasméni Kyriakí / Sotiría Béllou, chant ; Vassílis Tsitsánis, paroles et musique.
Traduction française : Tous aux Balkans.
L’enregistrement date probablement de 1971. La chanteuse, l’extraordinaire Sotiría Béllou (Σωτηρία Μπέλλου) (1921-1997) à la voix si puissante et agile, est l’une des vedettes du genre. En réalité, c’est pour en arriver à elle que j’ai entrepris cette série un peu longue sur la Grèce. À en croire le peu de renseignements qu’on trouve sur elle, outre qu’elle était une très grande chanteuse, elle était connue pour son engagement dans la résistance contre l’occupant allemand, sa forte personnalité, de même que son penchant pour l’alcool et le jeu (cf. l’article de Wikipedia).
La voici à nouveau, interprétant une chanson de Mános Hadjidakis (Μάνος Χατζιδάκις) (1925-1994) dans un enregistrement des années 1970, interrompue assez abruptement juste avant la fin :
Eímai aitós horís fterá (Είμαι αϊτός χωρίς φτερά) / Mános Hadjidakis (Μάνος Χατζιδάκις), musique ; Eftihía Papagiannopoulou (Ευτυχία Παπαγιαννοπούλου), paroles.
Et une autre fois, plus récemment (1976), pour un duo avec Dionísis Savvópoulos (Διονύσης Σαββόπουλος), un chanteur de rock, ou de chanson contemporaine disons :
M’aeroplana kai batória (Μ’ αεροπλάνα και βαπόρια) / paroles et musique Dionísis Sabbópoulos (Διονύσης Σαββόπουλος).
Physique étonnant, la première fois que je l’aie vue j’ai cru que c’était un homme.
L. & L.
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Voir les articles sur le rebetiko et le bouzouki dans Wikipedia
Synnefiasméni Kyriakí figure sur Rembetika 4. Vassilis Tsitsanis, the postwar years 1946-1954, un coffret de 4 CD (Londres : JSP records, 2009. JSP 77123) disponible sur Amazon ou à la Fnac.
Si on recherche des enregistrements de musique grecque, le mieux est de visiter les sites des disquaires grecs, par exemple Nikos Xilouris à Athènes (je n’ai pas essayé).
Voir aussi : Le fado des étrangers. 4, La Grèce (3)
Le fado des étrangers. 4, La Grèce (3)
Les Athéniens, on l’a dit, ont leur propre forme de chanson urbaine, le rebetiko (ρεμπέτικο), qui pourrait passer pour leur fado à eux, leur phado (φάντο) comme dit Lula Pena.
Pourtant une chanteuse grecque, une au moins, chante le fado de Lisbonne : Elli Paspala (΄Ελλη Πασπαλά), ici dans un duo avec Duarte, un jeune chanteur de 30 ans originaire d’Évora, au Polis Theater à Athènes. Les paroles réunissent cinq des très nombreux quatrains dans le goût populaire de Fernando Pessoa :
Cantigas de portugueses
São como barcos no mar —
Vão de uma alma para outra
Com riscos de naufragar.Dias são dias, e noites
São noites e não dormi…
Os dias a não te ver
As noites pensando em ti.Tenho vontade de ver-te
Mas não sei como acertar.
Passeias onde não ando,
Andas sem eu te encontrar.Quero lá saber por onde
Andaste todo este dia!
Nunca faz-bem quem se esconde
Mas onde foste, Maria?Quando a manhã aparece
Dizem que nasce alegria.
Isso era se Ela viesse.
Até de noite era dia.Cinco quadras ao gosto popular / Elli Paspala et Duarte, chant ; poèmes de Fernando Pessoa ; musique fado Alfacinha.
Le jeune homme, qui chante un peu comme un folk singer des années 70, lui rend la politesse au cours du même concert, en interprétant To tsigaro (Το τσιγάρο, la cigarette) d’Evanthia Reboutsika (Ευανθία Ρεμπούτσικα) et Eleni Zioga (Ελένη Ζιώγα) :
Χάραξε και δε νυστάζω,
σκέφτομαι τι μου πες χθες
άσε με να σε κοιτάζω
κι άμα ξημερώσει ό,τι θες.Γύρισε να σ’ αγκαλιάσω,
τώρα ξέρω πως δε φταις
άσε με να σε χορτάσω
κι άμα βγει ο ήλιος ό,τι θες.Στο τσιγάρο που κρατώ,
στον ένα μου Θεό
να μη δώσει να ξημερωθώΣτο κορμί αυτό το αγγελικό
στο στόμα που φιλώ
έτσι μια ζωή θα σ’ αγαπώ
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L’aube vient et je n’ai pas sommeil
Je pense à ce que tu m’as dit hier
Laisse-moi te regarder
Et quand l’aube sera là, ce sera comme tu voudras.Tourne-toi que je puisse t’embrasser
Tu n’y peux rien, je le sais
Je veux être plein de toi
Et quand le jour sera là, ce sera comme tu voudras.[Je le jure], à cette cigarette que je tiens,
À Dieu tout-puissant
Qu’Il m’accorde de ne pas vivre un jour de plus[Je le jure], à ce corps d’ange,
À cette bouche que j’embrasse
tant que je vivrai je t’aimerai comme à présent.To tsigaro / Duarte, chant ; Evanthia Reboutsika, musique ; Eleni Zioga, paroles.
Cette chanson figure sur le récent album de Duarte, Aquelas coisas da gente.
L. & L.
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Duarte. Aquelas coisas da gente. — JBJ e viceversa, 2009.
JBJ 0018.09. — EAN 5600363980183.
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Voir aussi : Le fado des étrangers. 4, La Grèce (2)
Le fado des étrangers. 4, La Grèce (1)
Amália a aussi chanté en Grèce, où n’a-t-elle pas chanté, et elle en parle un peu dans les entretiens avec Vítor Pavão dos Santos publiés en 1987 :
Acho os gregos muito parecidos com os portugueses, mas a Grécia desiludiu-me um bocadinho. Acho bonito, mas ouvia tanto falar de Atenas… Não era bem aquilo o que esperava! Não o público que, com o público, nunca tive problemas em parte nenhuma.
Je trouve que les Grecs ressemblent beaucoup aux Portugais, mais la Grèce m’a un peu déçue. C’est beau, mais j’entendais tellement parler d’Athènes… Et ce n’était pas vraiment ce que j’espérais ! Pas le public, parce que je n’ai jamais eu de problèmes avec le public où que ce soit.
Santos, Vítor Pavão dos. Amália : uma biografia. Contexto, 1987. P. 179.
Les Grecs ressemblent aux Portugais. Alors, ils sont en mesure de chanter le fado eux aussi. Le fado, ou en tout cas quelque chose qui en sera, même sous un autre nom, un nom grec.
Ce billet commence non par du chant, mais par des voix, deux voix parlées qui sont comme du chant. Celle de Marguerite Duras — j’en ai déjà parlé ici ou là — et celle de Maria Amalia, dite Melina, Mercouri (Μελίνα Μερκούρη).
Extrait de : Dim Dam Dom, 4 février 1967. Voir ce média sur www.ina.fr
Le français de Melina Mercouri est coloré de la sonorité de sa langue natale, pleine de ces consonnes dont aucune ne semble avoir la même valeur que les nôtres, elles se forment autrement que les nôtres, au moyen d’autres parties de la bouche, de la gorge, des lèvres, ou par d’autres mouvements de ces parties, d’autres rapprochements. On l’entend.
On entend aussi ce qui se dit, comment Melina, vis à vis des maisons, est à l’opposé exact de Marguerite (voir, dans La vie matérielle, le chapitre intitulé La maison), on est enchanté, par exemple par Melina disant « je ne m’adore pas tellement », par les gros plans sur les visages, les mains.
Qu’est-ce qu’elle dit encore, Melina ? Elle dit ça, de nous les Français, de notre attitude envers les étrangers :
Je crois que vous êtes un peuple… que vos lois sont très hospitalières mais que les Français ne s’ouvrent pas tellement, que, enfin ils ne se font pas connaître par les étrangers…
À présent que nos lois ont changé, il n’y a plus qu’à cesser de tenir compte de nous. Circulez.
L. & L.
Duras, Marguerite. La vie matérielle. Paris : P.O.L., 1987. ISBN 2-86744-086-6
Franco Battiato — Povera patria (2)

Je me suis dit que j’allais traduire les paroles de Povera patria, que ça me ferait travailler un peu mon italien. Donc voilà.
Pauvre patrie ! Écrasée par les abus de pouvoir
de gens sans vergogne, qui ignorent ce qu’est la pudeur.
Ils s’estiment puissants, ils sont contents d’eux,
et tout leur appartient.Parmi ceux qui nous gouvernent, que de guignols parfaits et inutiles !
Ce pays est ravagé par la douleur…
Mais ça ne vous fait donc rien,
Ces corps gisant à terre, dont la chaleur se retire ?Ça ne changera pas, ça ne changera pas
Non ça changera, ça changera peut-être.Mais comment excuser ces hyènes, celles des stades, celles des journaux ?
Elle s’enfonce dans la boue, la botte des porcs.
Ça me fait honte un peu, ça me fait mal
De voir un homme se comporter en animal.Ça ne changera pas, ça ne changera pas
Mais si ça changera, tu verras que ça changera.Je veux espérer que le monde va se reprendre
Qu’il redeviendra possible de contempler le ciel et les fleurs,
Qu’on ne parlera plus de dictatures
S’il nous reste encore un peu de temps à vivre…Mais en attendant, le printemps tarde à venir.
Povera patria / Franco Battiato, paroles et musique ; traduction de Lili et Lulu.
La « botte » qui s’enfonce dans la boue est probablement une allusion à L’Italie, c’est une image courante.
Après quoi, mystère de l’âme humaine, j’ai eu en tête cette interminable ritournelle :
Je FRAppe au numéro un,
Je d’mande Mam’zelle AnGÈÈÈle,
La CONcierge me répond
Mais quel métier fait-EEElle ?Elle fait des pantalons,
des jupes et des jupons,
et des gilets d’flanelle,
Elle fait des pantalons,
des jupes et des jupons,
Et des gilets d’cotonpom pom
Je FRAppe au numéro deux,
Je d’mande Mam’zelle AnGÈÈÈle
…
et ainsi de suite, il n’y a aucune raison que ça s’arrête, de toute la journée.
L. & L.
Voir aussi Povera patria — Franco Battiato (1)
Franco Battiato — Povera patria (1)
C’est un des charmes de l’Internet, on se promène, on cherche sans chercher, on s’engage sur des sentiers, on revient, on est attiré par des riens et sans prévenir on bute sur l’extraordinaire. Chez les gens chics on appelle ça la sérendipité, on dirait un mot-valise qui résulterait de la compression de serpillère, humidité et précipité, mais non.
Admettons que le verbe sérendipiter existe : alors aujourd’hui j’ai été sérendipité, c’est à dire précipité dans la découverte de Franco Battiato, musicien, écrivain, chanteur, peintre, que je connaissais de nom, et sidéré par ceci :
Voilà, j’ai écouté ça je ne sais pas, plus de quinze fois aujourd’hui, je l’ai même trouvé chez le marchand de disques sur une compilation (Ballades italiennes. Vox terrae, distr. Naïve, 2006. VT 0159) et je l’ai écouté encore. Ce Povera patria, une critique politique d’une violence inouïe, brandit crûment une Italie abominable au bout d’une voix suave et tendue, sur une musique superbe. C’est une des chansons les plus tristes qui existent, parce qu’il s’agit d’un pays adorable et désespérant.
Elle a été publiée en 1991, c’est à dire à la fin des « années de boue » (gli « anni di fango ») qui faisaient suite aux « années de plomb ». L’expression fait référence à la corruption de la classe politique. À l’époque, l’Italie est dirigée par une coalition entre le très controversé Bettino Craxi (socialiste) et les démocrates chrétiens Andreotti et Forlani.
Ainsi qu’il est indiqué très brièvement à l’écran au début du morceau, la vidéo a été tournée lors d’un concert donné en hommage aux juges anti-mafia Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, assassinés en Sicile en 1992.
Povera patria! Schiacciata dagli abusi del potere
di gente infame, che non sa cos’è il pudore,
si credono potenti e gli va bene quello che fanno;
e tutto gli appartiene.Tra i governanti, quanti perfetti e inutili buffoni!
Questo paese è devastato dal dolore…
ma non vi danno un po’ di dispiacere
quei corpi in terra senza più calore?Non cambierà, non cambierà
no cambierà, forse cambierà.Ma come scusare le iene negli stadi e quelle dei giornali?
Nel fango affonda lo stivale dei maiali.
Me ne vergogno un poco, e mi fa male
vedere un uomo come un animale.Non cambierà, non cambierà
sì che cambierà, vedrai che cambierà.Voglio sperare che il mondo torni a quote più normali
che possa contemplare il cielo e i fiori,
che non si parli più di dittature
se avremo ancora un po’ da vivere…La primavera intanto tarda ad arrivare.
Povera patria / Franco Battiato, paroles et musique. Voir la traduction.
Le dernier vers, tel qu’il est chanté, est bouleversant.
Vingt ans plus tard, toujours aucun signe avant-coureur du printemps. La même chanson pourrait être écrite. Et d’ailleurs de nombreuses vidéos mises sur l’Internet la réutilisent, et l’illustrent d’images de la vie politique de l’Italie d’aujourd’hui.
En voici une — mais il y en a bien d’autres :
J’ai choisi celle-ci parce qu’elle va un peu au-delà de l’histoire récente de la seule Italie, et qu’il s’y trouve une évocation de la mort de Pasolini. L’auteur du clip a la dent dure quand même, puisqu’il maltraite tout autant Prodi et Veltroni que Berlusconi et consorts. C’est même l’image de Prodi qui illustre l’impitoyable Tra i governanti, quanti perfetti e inutili buffoni! (parmi ceux qui nous gouvernent, que de guignols parfaits et inutiles !)
L. & L.
Voir aussi Le twist des anges
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Povera patria a été publié pour la première fois dans l’album Come un cammello in una grondaia. EMI, 1991. Réédité en 2008.
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Cet album à la Fnac
Le rire d’António Zambujo et des Olives
Que faisiez-vous le 9 novembre dernier ? Moi je m’apprêtais à partir à Venise, alors que la veille encore il était question de Lisbonne.
Ce jour-là, précisément ce jour-là, à Lisbonne où il était prévu d’aller, António Zambujo éclatait de rire dans une cuisine, en compagnie d’un groupe appelé les Olives (Os Azeitonas et non as Azeitonas, car attention ce sont des garçons), qui riaient aussi. Un zambujo, il faut le savoir, c’est une variété d’olive sauvage en portugais.









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Une cuisine très agréable et extrêmement bien tenue je dois dire. L’appartement, pareil. Impeccable. Regardez :
Un rire contagieux. Une belle journée certainement — que j’aurais bien passée avec eux. D’ailleurs j’adore les olives.
L. & L.
Anda comigo ver os aviões levantar voo
A rasgar as nuvens
Rasgar o céu
Anda comigo ver os aviões / Miguel AJ, paroles et musiques ; António Zambujo, chant et guitare ; Miguel AJ, chant et guitare ; Salsa, accordéon ; Ricardo Cruz, basse. Enregistré à lisbonne, le 9 novembre 2009.




