Importance du macaroni
Se vuoi vincere la guerra
sia per mare sia per terra
fai in maniera che i cannoni
siano pieni di maccheroniSi tu veux gagner la guerre,
Sur mer autant que sur terre,
Fais en sorte que tes canons
Soient remplis de macaronis.
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Coro della SAT [Società degli Alpinisti Tridentini] • Era nato poveretto. Paroles & musique traditionnelles (Italie, Trentin) ; Arturo Benedetti Michelangeli, harmonisation.
Coro della SAT, chœur ; Mauro Pedrotti, direction.
Italie, ℗ 1958.
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Nos stocks sont-ils suffisants ? Surtout : sommes-nous autonomes quant aux moyens de production ? Ne sommes nous pas en situation de dépendance vis-à-vis de l’Italie ? Ou, comme pour toute chose désormais, de la Chine ? De la Corée ou de quelque autre puissance orientale ? De l’Ukraine, du Canada quant à la matière première ? On ne va pas nous refaire le coup des masques, n’est-ce pas ?
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Era nato poveretto
senza casa e senza tetto
ha venduto i suoi calzoni
per un piatto di maccheroni
Il était pauvre de naissance,
N’ayant ni toit ni maison.
Il vendit son pantalon
Pour un plat de macaronis.
Era nato in quel di Napoli
lo tenente era di Sassari
e si davan dei lapponi
per un piatto di maccheroni
Il était né du côté Naples,
Le lieutenant était de Sassari,
Ils se donnaient de grandes claques
Pour un plat de macaronis.
Un gran piatto d’insalata
quattro uova e una frittata
e sessantasei vagoni
tutti pieni di maccheroni
Une grande assiette de salade,
Quatre œufs, une omelette
Et soixante-six wagons
Tous remplis de macaronis.
Se vuoi vincere la guerra
sia per mare sia per terra
fai in maniera che i cannoni
siano pieni di maccheroni
Si tu veux gagner la guerre,
Sur mer autant que sur terre,
Fais en sorte que les canons
Soient remplis de macaronis.
Anonyme (Italie, Trentin). Era nato poveretto (per un piatto di maccheroni).
.Anonyme (Italie, Trentin). Il était pauvre de naissance (pour un plat de macaronis), trad. par L. & L. de Era nato poveretto (per un piatto di maccheroni) (1962?).
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Chachachá
![Goffart, J. L. et Guillot, J. R., [Melons], gravure, dans : la Revue horticole, 1903. Source : Hortalia, bibliothèque numérique de la Société nationale d'horticulture de France, consulté le 7 août 2021. Goffart, J. L. et Guillot, J. R., [Melons], gravure, dans : la Revue horticole, 1903. Source : Hortalia, bibliothèque numérique de la Société nationale d'horticulture de France](https://jepleuresansraison.com/wp-content/uploads/2021/08/melonkroumirmeloncantaloupparisien.jpg?w=322&h=480)
Goffart, J. L. et Guillot, J. R., [Melons], gravure, dans : la Revue horticole, 1903. Source : Hortalia, bibliothèque numérique de la Société nationale d’horticulture de France.
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Pourtant ce n’est pas une année à melons ; ils n’ont aucun goût, sinon celui de la courge, du navet. Même en Italie, ils étaient sans force.
Quelle triste époque.
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Gloria Lasso (1922-2005) • Corazón de melón. Carlos Rigual, paroles & musique.
Gloria Lasso, chant ; accompagnement d’orchestre ; Franck Pourcel, direction. Enregistrement : France.
Première publication : France, Pathé-Marconi, ℗ 1959.
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Une musique inoubliable

« Boa viagem, Lisboa espera por ti » (Bon voyage, Lisbonne t’attend). Lisbonne (Portugal), belvédère de Senhora do Monte, 17 mars 2011.
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Les Lisboètes font souvent allusion à un sentiment, une humeur, qu’ils appellent « saudade », que l’on traduit habituellement par nostalgie, ce qui est incorrect. La nostalgie évoque un confort, une indolence que Lisboa n’a jamais connus. Vienne est la capitale de la nostalgie. Lisboa a toujours été trop agitée par les vents pour être nostalgique.
La « saudade », décidai-je en buvant un deuxième café et en observant les mains d’un ivrogne arranger soigneusement l’histoire qu’il était en train de raconter comme s’il classait une pile d’enveloppes, la « saudade » était le sentiment de rage éprouvé au son des mots « trop tard » prononcés trop calmement. Et le fado en était la musique inoubliable. »
John Berger (1926-2017). D’ici là, traduit de Here is where we meet (2005) par Katya Berger Andreadakis. Éd. de l’Olivier, impr. 2005, © 2006, ISBN 2-87929-483-5. Page 22.
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Amália Rodrigues (1920-1999) • Na esquina de ver o mar. Luís de Macedo, paroles ; Alain Oulman, musique.
Amália Rodrigues, chant ; Domingos Camarinha, guitare portugaise ; Castro Mota, guitare classique. Enregistrement : Paço de Arcos (Portugal), studios Valentim de Carvalho, 1964.
Extrait de l’album Fado português / Amália Rodrigues. Portugal, Edições Valentim de Carvalho, ℗ 1965.
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Foi no outeiro da Graça
Na esquina de ver o mar.
Quanta é tristeza, desgraça
Que finge alegria e passa
Pelas ruas a cantar.
C’était sur les hauteurs de la Graça,
À l’endroit d’où l’on voit la mer.
Comme la tristesse est infortune,
Quand elle feint la joie et qu’elle passe
Par les rues en chantant !
Foi no outeiro da Ajuda,
Na esquina de ver o Tejo.
Quem é triste não se iluda,
Que essa tristeza não muda,
Mesmo que mude o desejo.
C’était sur les hauteurs d’Ajuda,
À l’endroit d’où l’on voit le Tage.
Les tristes sont sans illusion,
Car leur tristesse demeure
Même si change le désir.
Foi no outeiro do céu,
A olhar o mar e o rio,
Que uma noite aconteceu
Que um sonho que era só meu
Passou por mim, mas perdi-o.
C’est sur les hauteurs du ciel,
Alors que je regardais la mer et le Tage,
Qu’une nuit un rêve m’a visitée,
— Un rêve qui n’était qu’à moi,
Et que je n’ai pas su retenir !
Luís de Macedo (1925-1987). Na esquina de ver o mar (1962?).
.Luís de Macedo (1925-1987). À l’endroit d’où l’on voit la mer, trad. par L. & L. de Na esquina de ver o mar (1962?).
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Souvenir d’Italie

Crémone (Lombardie, Italie) = Cremona (Lombardia, Italia), 27 juin 2021
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Adriano Celentano • Il ragazzo della via Gluck. Luciano Beretta & Miki Del Prete, paroles ; Adriano Celentano, musique.
Adriano Celentano, chant ; I Ribelli, groupe instrumental ; Detto Mariano, arrangements et direction.
Italie, Clan, ℗ 1966.
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Souvenir d’Italie

« Tout le monde déteste la police ». Crémone (Lombardie, Italie) = Cremona (Lombardia, Italia), 27 juin 2021
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Françoise Hardy • L’età dell’amore. Vito Pallavicini, paroles ; Jacques Dutronc, musique. Adaptation italienne de : Le temps de l’amour. André Salvet & Lucien Morisse, paroles originales.
Françoise Hardy, chant ; accompagnement d’orchestre ; Ezio Leoni, direction. Italie, ℗ 1963.
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Amália Rodrigues • Sombra
És a noite que à noite me procura.
David Mourão-Ferreira (1927-1996). Sombra (1964).Tu es la nuit qui la nuit me cherche.
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Amália Rodrigues (1920-1999) • Sombra. David Mourão-Ferreira, paroles ; Alain Oulman, musique.
Amália Rodrigues, chant ; Domingos Camarinha, guitare portugaise ; Castro Mota, guitare classique. Enregistrement : Paço de Arcos (Portugal), studios Valentim de Carvalho, 1964.
Extrait de l’album Fado português / Amália Rodrigues. Portugal, Edições Valentim de Carvalho, ℗ 1965.
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Contrairement à Água e mel, Sombra (« Ombre »), issu des mêmes sessions d’enregistrement, fait partie du programme de l’album Fado português d’Amália Rodrigues, tel qu’il a été publié en 1965. David Mourão-Ferreira en a composé le poème tout spécialement pour Amália, en reprenant toutefois, légèrement réécrits, deux quatrains provenant respectivement de deux sonnets préexistants, Casa (« Maison ») et Paraíso (« Paradis »), publiés en 1962 dans son recueil Infinito pessoal ou A arte de amar. La musique, très éloignée du style du Fado traditionnel, est d’Alain Oulman.
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*Bebi por tuas mãos esta loucura
De não poder viver longe de ti
És a noite que à noite me procura
És a sombra da casa onde nasci.
Tu m’as fait boire dans tes mains
Cette impossibilité de vivre loin de toi.
Tu es la nuit qui la nuit me cherche,
Tu es l’ombre de la maison où je suis née.
**Deixa ficar comigo a madrugada
Para que a luz do Sol me não constranja
Numa taça de sombra estilhaçada
Deita sumo de lua e de laranja.
Je voudrais que tu retiennes l’aube
Pour me garder de la lumière du soleil.
Dans une coupe lacérée d’ombre
Verse-moi un jus d’orange et de lune.
Só os frutos do céu que não existe
Só os frutos da terra que me deste
Hão-de fazer-te a ausência menos triste
Tornar-me a solidão menos agreste.
Seuls les fruits du ciel qui n’existe pas
Seuls les fruits de la terre que tu me donnes
Te feront l’absence moins triste,
Me rendront la solitude moins dure.
Vou recolher à casa onde nasci
Por teus dedos de sombra edificada
Nunca mais, nunca mais longe de ti
Se comigo ficar a madrugada.
Je vais rentrer dans la maison où je suis née,
Celle que tes doigts d’ombre ont bâtie.
Plus jamais, plus jamais loin de toi,
Si pour moi toujours l’aube demeure.
David Mourão-Ferreira (1927-1996). Sombra (1964).
.David Mourão-Ferreira (1927-1996). Ombre, trad. par L. & L. de Sombra (1964).
*Ce quatrain est repris par D. Mourão-Ferreira, avec quelques modifications mineures, de son sonnet Casa (« Maison »), publié dans son recueil Infinito pessoal ou A arte de amar (1962).
**Ce quatrain est repris par D. Mourão-Ferreira, presque à l’identique, de son sonnet Paraíso (« Paradis »), publié dans son recueil Infinito pessoal ou A arte de amar (1962).
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Canción china en Europa (La señorita del abanico)
Merveille.
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Paco Ibáñez • La señorita del abanico. Poème de Federico García Lorca ; Paco Ibáñez, musique.
Paco Ibáñez, chant, guitare ; Antonio Membrado, guitare. Enregistrement : Paris, 1964.
Première publication dans l’album Poèmes de Federico García Lorca et Luis de Góngora / Paco Ibáñez. France, Polydor, ℗ 1964.
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La señorita
del abanico,
va por el puente
del fresco río.
La demoiselle
à l’éventail
passe sur le pont
du frais ruisseau.
Los caballeros
con sus levitas,
miran el puente
sin barandillas.
Les messieurs
en redingote
regardent le pont
sans garde-fou.
La señorita
del abanico
y los volantes
busca marido.
La demoiselle
à l’éventail
et robe à volants
cherche un mari.
Los caballeros
están casados,
con altas rubias
de idioma blanco.
Les messieurs
sont mariés,
avec de grandes blondes
qui parlent une langue blanche.
Los grillos cantan
por el Oeste.
Les grillons chantent
du côté de l’Ouest.
(La señorita,
va por lo verde).
(La demoiselle
va du côté du vert.)
Los grillos cantan
bajo las flores.
Les grillons chantent
sous les fleurs.
(Los caballeros,
van por el Norte).
(Les messieurs
vont vers le Nord.)
Federico García Lorca (1898-1936). Canción china en Europa, extrait de : Canciones para niños. Dans : Canciones (1921-1924), 1927 (1ère publication).
.Federico García Lorca (1898-1936). Chanson chinoise en Europe, trad. par L. & L. de Canción china en Europa, extrait de : Canciones para niños. Dans : Canciones (1921-1924), 1927 (1ère publication).
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Minutieuse fourmi
Né le 8 juillet 1621 à Château-Thierry, ce qui lui fait quatre-cents ans tout juste sonnés : qui est-ce ?
Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau… Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. Un saint homme de chat, bien fourré, gros et gras… Le Héron au long bec emmanché d’un long cou… C’est assez, dit le rustique ; Demain vous viendrez chez moi.
On s’en souvient, n’est-ce pas ? Quand j’étais enfant on les apprenait par cœur, ces Fables de La Fontaine, et elles se déposaient sans effort dans nos mémoires encore intactes, quand bien même certains mots nous en étaient inconnus et leurs tournures Grand siècle parfois incompréhensibles. Je sais toujours, d’un bout à l’autre, La cigale et la fourmi. Vous aussi, sans aucun doute.
![Cul-de-lampe extrait de l'édition originale (Barbin, 1668) des « Fables choisies mises en vers [...] » de Jean de La Fontaine Cul-de-lampe extrait de l'édition originale (Barbin, 1668) des « Fables choisies mises en vers [...] » de Jean de La Fontaine](https://jepleuresansraison.com/wp-content/uploads/2021/07/fables_choisies_mises_en_vers_...la_fontaine_btv1b8610825dpage2e.jpeg?w=57&h=56)
La Cigale ayant chanté
Tout l’Esté,
Se trouva fort dépourveuë
Quand la bise fut venuë.
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmy sa voisine ;
La priant de luy prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu’à la saison nouvelle.
Je vous payray, luy dit-elle,
Avant l’Oust, foy d’animal,
Interest & principal.
La Fourmy n’est pas prêteuse :
C’est là son moindre défaut.
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
Nuit & jour à tout venant
Je chantois, ne vous déplaise.
Vous chantiez ? j’en suis fort aise :
Et bien, dansez maintenant.
Jean de la Fontaine (1621-1695). La Cigale & la Fourmy (1668). Transcription de l’édition originale (Barbin, 1668).
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La cigale et la fourmi a été mise en musique à de nombreuses reprises, par Gounod, Offenbach ou même Chostakovitch (sur un texte russe un peu plus bavard que celui de La Fontaine). On en a fait des chansons : les Frères Jacques en 1964, ou Charles Trenet (en 1942 avec Django Reinhardt, puis en 1960), pour ne citer qu’eux.
![Cul-de-lampe extrait de l'édition originale (Barbin, 1668) des « Fables choisies mises en vers [...] » de Jean de La Fontaine Cul-de-lampe extrait de l'édition originale (Barbin, 1668) des « Fables choisies mises en vers [...] » de Jean de La Fontaine](https://jepleuresansraison.com/wp-content/uploads/2021/07/fables_choisies_mises_en_vers_...la_fontaine_btv1b8610825dpage2e.jpeg?w=57&h=56)
En voici une déclinaison absolument insolite : une version portugaise mise en musique par le compositeur franco-portugais Alain Oulman à partir d’un poème d’Alexandre O’Neill (1924-1986). Velha fábula em bossa nova (« Vieille fable en forme de bossa nova »), c’est son titre, très librement adaptée de la fable originale, s’en distingue par un ton persifleur qui se résout en une morale effrontée. Une antimorale, pourrait-on dire. Publié à Lisbonne en 1965, ce poème prend le contrepied du discours officiel salazariste de l’époque, qui fait du travail une valeur fondamentale et une vertu cardinale de tout bon Portugais. Il exprime en outre une revendication du statut de l’artiste dans la société.
Musicalement, Alain Oulman en fait effectivement une bossa nova. Elle est enregistrée fin 1968 par Amália Rodrigues, avec accompagnement de guitare portugaise et de guitare classique — raison pour laquelle, probablement, son titre a été changé par facétie en Formiga bossa nossa (nossa, littéralement « nôtre », se substituant au nova attendu). Ce nouveau titre, intraduisible tel quel, pourrait être rendu par : « Fourmi bossa [nova] à notre manière ».
En réalité, Alain Oulman a composé Formiga bossa nossa à la demande de l’actrice portugaise Isabel Ruth* : c’est l’une des très rares œuvres qu’il ait accepté de réaliser pour quelqu’un d’autre qu’Amália Rodrigues. Celle-ci a néanmoins tenu à l’enregistrer pour l’intégrer au programme, à la tonalité d’ensemble assez sombre, de son extraordinaire album Com que voz (1970). La chanson y fait suite, comme une délivrance, à l’oppressant et morbide Cuidei que tinha morrido (« Je me suis crue morte »).
*Source : catalogue de l’exposition As mãos que trago : Alain Oulman, 1928-1990, Lisbonne : EGEAC, 2009.
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Amália Rodrigues (1920-1999) • Formiga bossa nossa. Alexandre O’Neill, paroles ; Alain Oulman, musique.
Amália Rodrigues, chant ; José Fontes Rocha, guitare portugaise ; Fernando Alvim, guitare.
Enregistrement : Paço de Arcos (Portugal), studios Valentim de Carvalho, 21 novembre 1968.
Portugal : Edições Valentim de Carvalho, ℗ 1969.
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Minuciosa formiga
não tem que se lhe diga:
leva a sua palhinha
asinha, asinha.
Minutieuse fourmi,
Pas besoin de le lui dire :
Elle prend sa petite paille,
Et allez, hop !
Assim devera eu ser
e não esta cigarra
que se põe a cantar
e me deita a perder.
Voilà comment je devrais être,
Et non cette cigale
Qui se met à chanter
Et qui gâche sa vie.
Assim devera eu ser:
de patinhas no chão,
formiguinha ao trabalho
e ao tostão.
Voilà comment je devrais être,
Les pattes sur terre,
Petite fourmi travailleuse
Et économe.
Assim devera eu ser
se não fora
não querer.
Voilà comment je devrais être,
Mais voilà :
Je ne veux pas.
(— Obrigado,formiga!
Mas a palha não cabe
onde você sabe…)
(— Merci, fourmi !
Mais la paille ne rentre pas
Là où vous savez…)
Alexandre O’Neill (1924-1986). Velha fábula em bossa nova. Dans : Feira Cabisbaixa (1965).
.Alexandre O’Neill (1924-1986). Vieille fable en forme de bossa nova, trad. par L. & L. de Velha fábula em bossa nova, extrait de : Feira Cabisbaixa (1965).
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![Cul-de-lampe extrait de l'édition originale (Barbin, 1668) des « Fables choisies mises en vers [...] » de Jean de La Fontaine Cul-de-lampe extrait de l'édition originale (Barbin, 1668) des « Fables choisies mises en vers [...] » de Jean de La Fontaine](https://jepleuresansraison.com/wp-content/uploads/2021/07/fables_choisies_mises_en_vers_...la_fontaine_btv1b8610825dpage2e.jpeg?w=57&h=56)
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Bien entendu, il nous faut aussi entendre le génial Charles Trenet — ici en récital à Bruxelles en 1965.
Charles Trenet (1913-2001) • La cigale et la fourmi. Poème de Jean de La Fontaine ; Charles Trenet, musique.
Charles Trenet, chant ; instrumentistes non crédités. Captation : Bruxelles, Palais des Beaux-Arts.
Vidéo : extrait de l’émission Face au public du 16 février 1965. Jacques Vernel & Philippe Marouani, réalisation. Production : Belgique, RTB (Radiodiffusion-télévision belge, émissions françaises), 1965. Voir l’émission complète : https://www.sonuma.be/archive/face-au-public-du-16021965
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![Cul-de-lampe extrait de l'édition originale (Barbin, 1668) des « Fables choisies mises en vers [...] » de Jean de La Fontaine Cul-de-lampe extrait de l'édition originale (Barbin, 1668) des « Fables choisies mises en vers [...] » de Jean de La Fontaine](https://jepleuresansraison.com/wp-content/uploads/2021/07/fables_choisies_mises_en_vers_...la_fontaine_btv1b8610825dpage2e.jpeg?w=57&h=56)
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Jamais deux sans trois, comme on dit. Après Amália sarcastique et Trenet fantaisiste et virtuose, voici un sketch désopilant de Robert Hirsch (1925-2017), donné au théâtre de la Comédie Française en avril 1974 et rediffusé à la télévision, la même année, dans le cadre d’un numéro de l’émission Le grand échiquier consacrée à Louis Seigner (1903-1991), alors doyen de la troupe. On peut décidément tout faire avec les Fables de La Fontaine.
Robert Hirsch (1925-2017) • La cigale et la fourmi. Poème de Jean de La Fontaine.
Robert Hirsch, acteur. Autres participants : Jacques Charon, Isabelle Adjani.
Vidéo : extrait de l’émission Le grand échiquier du 17 juillet 1974. André Flédérick, réalisateur ; Jacques Chancel, producteur. Diffusion : Deuxième chaîne de l’ORTF. Production : France, Office national de radiodiffusion télévision française, 1974.
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![Cul-de-lampe extrait de l'édition originale (Barbin, 1668) des « Fables choisies mises en vers [...] » de Jean de La Fontaine Cul-de-lampe extrait de l'édition originale (Barbin, 1668) des « Fables choisies mises en vers [...] » de Jean de La Fontaine](https://jepleuresansraison.com/wp-content/uploads/2021/07/fables_choisies_mises_en_vers_...la_fontaine_btv1b8610825dpage2e.jpeg?w=57&h=56)
Μακριά. Loin.

Vitrine à Brescia (Lombardie, Italie), 29 juin 2021
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Θα ’θελα αυτήν την μνήμη να την πω…
Μα έτσι εσβήσθη πια… σαν τίποτε δεν απομένει —
γιατί μακριά, στα πρώτα εφηβικά μου χρόνια κείται.Δέρμα σαν καμωμένο από ιασεμί…
Εκείνη του Αυγούστου — Αύγουστος ήταν; — η βραδιά…
Μόλις θυμούμαι πια τα μάτια· ήσαν, θαρρώ, μαβιά…
Α ναι, μαβιά· ένα σαπφείρινο μαβί.
Κωνσταντίνος Καβάφης [Kōnstantínos Kaváfīs] (1863-1933). Μακριά [Makriá] (1914).…
Je voudrais raconter ce souvenir…
Mais le voici effacé désormais… Il n’en subsiste presque rien —
car il gît loin, très loin dans ma prime jeunesse.La peau comme du jasmin…
Cette soirée d’août — était-ce en août ? — une soirée…
C’est à peine si je me rappelle les yeux ; ils étaient bleus, je crois…
Ah oui, bleus ; d’un bleu de saphir.
Constantin Cavafy = Κωνσταντίνος Καβάφης [Kōnstantínos Kaváfīs] (1863-1933). Loin. Dans : En attendant les barbares et autres poèmes, trad. du grec, préfacé et annoté par Dominique Grandmont, Gallimard, 2003 (Poésie ; 283), ISBN 978-2-07-030305-2. P. 97.
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Amália Rodrigues (1920-1999) • Gaivota. Alexandre O’Neill, paroles ; Alain Oulman, musique.
Amália Rodrigues, chant ; instrumentistes non identifiés.
Vidéo : [Carlos Vilardebó?], réalisation. Portugal, vers 1963.
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