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Un été portugais

21 juillet 2010

Si cet été tu te trouves dans le Sud, ou à Paris, tu as des délices à ta portée.

Ça commence après-demain vendredi en Corse avec Ana Moura, invitée surprise de Prince à Lisbonne dimanche dernier. Le lendemain (samedi 24 donc), l’homme à la voix de soie, l’adorable António Zambujo entame sa tournée estivale de nos régions (figure-toi qu’il sera à Montpellier en octobre !) tandis que Hélder Moutinho se produit à Frontignan. Enfin les pétulants O’queStrada donneront 5 spectacles gratuits début août dans le cadre de Paris Quartiers d’été. J’ajoute pour mémoire que Cristina Branco était il y a quelques jours l’invitée du festival Voix de la Méditerranée à Lodève.

Regarde le programme :

Ana Moura

Ana Moura

23 Juillet 2010, 21 h 30
Festival Les nuits de la guitare de Patrimonio
Patrimonio (2B – Haute-Corse)
20253 Patrimonio
17 € à 30 € (prix indicatif)
Réservations : voir sur le site
Voir ce concert sur le site du festival

Ana Moura (site officiel)Ana Moura sur MySpace


António Zambujo

António Zambujo
© Rita Carmo

24 Juillet 2010, 22h00
Festival Autres rivages : musiques du monde
Uzès (30 – Gard) – En plein air
Place de la Liberté, Saint-Quentin-la-Poterie
30700 Uzès
Tél : 04.66.22.68.88
15 € (prix indicatif)
Voir ce concert sur le site du festival

12 Août 2010 , 21h30
Festival Au fil des voix
Vaison-la-Romaine (84 – Vaucluse) – Théâtre du Nymphée
84110 Vaison-la-Romaine
Tél : 04 90 28 74 74 (Ferme des Arts)
20 €
Voir ce concert sur le site du festival

14 Août 2010, 22h30
Festival À voix haute
Bagnères-de-Bigorre (65 – Hautes-Pyrénées) – La Halle aux grains
Place du Foirail
65200 Bagnères-de-Bigorre

Voir ce concert sur le site de la Fnac

António Zambujo (site officiel)António Zambujo sur MySpace


Cristina Branco

Cristina Branco

18 Juillet 2010, 20 h 30
Festival Voix de la Méditerranée
Lodève (34 – Hérault) – Scène Cathédrale
Parvis de la cathédrale Saint-Fulcran
34700 Lodève
12 € à 20 €
Tél : 04 67 88 41 09 (Office du tourisme)
Voir ce concert sur le site du festival

Cristina Branco (site officiel)Cristina Branco sur MySpace


Hélder Moutinho

24 Juillet 2010, 21 h 30
Festival À la rencontre des Suds
Frontignan (34 – Hérault) – Parc Victor Hugo
34110 Frontignan
Gratuit
Tél : 04 67 18 31 60 (Office du tourisme)
Voir ce concert sur le site du festival

Hélder Moutinho (site officiel)Hélder Moutinho sur MySpace


O’queStrada

O'queStrada

1er Août 2010, 18 h 00
Festival Paris Quartiers d’été 2010
Paris (75019 – Paris) – Parc de la Butte du Chapeau-Rouge
Gratuit

2 Août 2010, 19 h 00
Festival Paris Quartiers d’été 2010
Paris (75018 – Paris) – Jardin d’Éole
Gratuit

3 Août 2010, 18 h
Festival Paris Quartiers d’été 2010
Paris (75015 – Paris) – Théâtre de verdure du Monfort
Gratuit

4 Août 2010, 17 h 30
Festival Paris Quartiers d’été 2010
Paris (93120 – La Courneuve) – Terrain Raymond-Poincaré
Gratuit

5 Août 2010, 18 h 00
Festival Paris Quartiers d’été 2010
Paris (75005 – Paris) – Jardin du Luxembourg
Gratuit

O’queStrada (site officiel)O’queStrada sur MySpace

Luíz e a Lata — Plágio de mim

26 juin 2010

Luíz Caracol, chanteur du groupe Luíz e a Lata
Luíz Caracol, chanteur du groupe Luíz e a Lata. Source : Luíz e a Lata sur MySpace

Une sorte de pop-soul portugaise agréable et fraîche pour cette fin de semaine d’été, par Louis et la boîte de conserve. C’est leur nom, Luíz e a Lata, en v.o.

Ils se revendiquent enfants de la Lusophonie, c’est le terme qu’ils emploient, et puisent largement aux différents styles musicaux populaires de cette vaste région — du Portugal surtout. Même au fado : une jolie version de Estranha forma de vida d’Amália, mêlant instrumentation pop et une guitare portugaise très présente, figure dans leur premier album, Andei…, publié en 2005.

Plágio de mim, Plagiat de moi-même, est extrait de 9 [Nove], second album du groupe — ou, pour être précis, d’une nouvelle édition augmentée de celui-ci. Le morceau bénéficie de la contribution de la fadiste Raquel Tavares (tu l’as déjà rencontrée ici) et de Rão Kyao, célèbre au Portugal pour sa flûte de bambou.

J’aime beaucoup l’ambiance de la vidéo, pas toi ?

Plágio de mim / Luíz e a Lata, groupe vocal et instrumental ; avec Raquel Tavares, chant ; Luíz Caracol, musique ; Luíz Caracol et Ricardo Gageiro, paroles.

Beaucoup. Le thème des paroles est très portugais :

Um lugar vazio
na plateia o frio
de um personagem meu, serei eu?

Um olhar capaz
de esconder a paz
de um próprio acordar, devagar.

Um espectador atento de um filme muito lento
Que se repete mas não tem um fim.
Ou um duplo de cinema que incorpora qualquer cena
Que habilmente ri mas quer chorar.

Não sei se sou eu
Se sou real
Um plágio ou o original.

Não sei se sou eu, se sou assim
Um plágio de mim.
[…]
—————————
Un lieu vide
au parterre le froid
d’un personnage qui me ressemble, est-ce moi ?

Un regard capable
de simuler la paix
et la lenteur d’un réveil véritable

Un spectateur attentif d’un film très lent
Qui se répète mais qui n’a pas de fin.
Ou une doublure de cinéma entrant en scène
Qui rit avec art, mais voudrait pleurer

Je ne sais pas si je suis moi
Si je suis réel,
Un plagiat ou bien l’original

Je ne sais pas si je suis moi
Si je suis comme ça,
Un plagiat de moi-même.
[…]

Plágio de mim / Luíz Caracol, musique ; Luíz Caracol et Ricardo Gageiro, paroles.

Bon début de l’été !

L. & L.

Luíz e a Lata. -- 99 [Nove] / Luíz e a Lata, groupe vocal et instrumental. — Edição limitada. — Portugal : HM, 2009. — EAN 5600394240096

Disponible sur CDGO, Fnac (Portugal)

Télécharger sur Amazon, Fnac

Écouter sur Deezer

Luíz e a Lata sur MySpace

Fado de amor e pecado — Ala dos Namorados, Ana Sofia Varela

24 juin 2010

Nuno Guerreiro et Manuel Paulo (Ala dos Namorados) en 2007
Nuno Guerreiro (premier plan) et Manuel Paulo (pianiste du groupe Ala dos Namorados) en 2007

Ce matin a réveil j’avais en tête l’incipit impérieux du Fado d’amour et de péché, l’injonction faite aux hirondelles : « Parti andorinhas, parti longe do meu telhado », « Partez hirondelles, partez loin de mon toît ». C’est même ce qui m’a réveillé probablement. Quant à ce qui l’a déclenché dans le sommeil, je ne m’en souviens pas. Mais j’en avais la tête remplie, et pendant quelques instants je ne savais plus ce qu’était ce chant parce que mon rêve n’avait pas choisi entre les deux versions que je connais, celles de Nuno Guerreiro et celle d’Ana Sofia Varela. La voix tenait des deux à la fois.

Si tu te rappelles, mais je sais que tu as la mémoire courte, je t’ai parlé il y a trois mois environ d’un album splendide, Fados de amor e pecado, écrit par le génial tandem João Gil (musique) / João Monge (paroles), et interprété par la fadiste Ana Sofia Varela.

Quelques-uns des morceaux réunis dans cet album sont des reprises. C’est le cas de celui dont il tire son titre, Fado de amor e pecado, qui figurait au répertoire du groupe Ala dos Namorados (Escadron des Amoureux), maintenant dissous.

À l’origine de ce groupe à la discographie impeccable on retrouve João Gil et João Monge et quelques autres musiciens, auxquels s’est bientôt joint un chanteur à la tessiture de contre-ténor unique en son genre dans la variété portugaise (et même internationale), Nuno Guerreiro.

Fado de amor e pecado / Ala dos Namorados, groupe vocal et instrumental ; Nuno Guerreiro et Carmen Linares, chant ; João Gil, musique ; João Monge, paroles

Tu le constates, la voix extraordinaire de Nuno Guerreiro est rejointe par celle de Carmen Linares, qui chante le refrain en espagnol et dans le style du flamenco. Un bijou.

L’autre version, celle d’Ana Sofia Varela, est très belle aussi :

Fado de amor e pecado / Ana Sofia Varela, chant ; Pedro Castro, guitare portugaise ; Carlos Manuel Proença, guitare ; Didi, guitare basse acoustique ; João Gil, musique ; João Monge, paroles

Et cet album, Fados de amor e pecado, est décidément une grande réussite.

Parti andorinhas, parti longe do meu telhado
Os barcos que jazem aqui foram de outro lugar
Quem sabe amor
Onde vai
Quem sabe
A dôr que nos cai
O vento passa por nós e o resto é o mar

Matei a rosa vermelha que usava ao decote
Tingi os lençóis com a raiva de amor e pecado
Olhai as mãos, meu amor
Olhai meus olhos, Senhor
Cantai guitarras cantai a tristeza do fado

Adeus amor que matei
O mar há-de encontrar o nosso coração
Adeus amor que jurei
Minha rosa de fogo e de paixão

Fui carne de amor e ciúme,
Fui vinho e loucura
Um cravo em botão,
Meu amor,
Preso á tua lapela
Chorei, amor, este fim
Sequei por dentro de mim
Deixei uma rosa vermelha á tua janela

Tracei o meu xaile no rosto,
É de luto este fado
Lavei o teu sangue na chuva que leva a saudade
Olhai as mãos, meu amor
Olhai meus olhos, Senhor
Cantai guitarras, cantai a minha liberdade

Adeus amor que matei
O mar há-de encontrar o nosso coração
Adeus amor que jurei
Minha rosa de fogo e de paixão

——————————————————

Partez hirondelles, partez loin de mon toît
Les navires qui gisent ici étaient d’un autre lieu
Qui sait où va
l’amour
Qui peut dire
la douleur qu’on aura
Le vent passe sur nous, et il reste la mer

J’ai détruit la rose que je portais au creux de la poitrine
J’ai teint mes draps dans la rage de l’amour et du péché
Voyez mes mains, mon amour
Voyez mes yeux, Seigneur,
Chantez guitares, chantez la tristesse du fado

Adieu amour que j’ai tué
La mer trouvera notre cœur
Adieu amour à qui j’ai donné pour toujours
La rose de feu de ma passion

J’ai été chair d’amour et de jalousie
J’ai été vin et folie
Œillet en bouton,
Mon amour,
Passé à ta boutonnière
J’ai pleuré cette fin mon amour
Je me suis desséchée jusqu’au cœur
J’ai laissé une rose rouge à ta fenêtre

J’ai croisé mon châle sur mon visage
Ce fado est un deuil
J’ai lavé ton sang dans la pluie qui emporte la saudade
Voyez mes mains, mon amour
Voyez mes yeux, Seigneur,
Chantez guitares, chantez ma liberté

Adieu amour que j’ai tué
La mer trouvera notre cœur
Adieu amour à qui j’ai donné pour toujours
La rose de feu de ma passion

Fado de amor e pecado / João Gil, musique ; João Monge, paroles

L. & L.

Ala dos Namorados. CristalCristal / Ala dos Namorados, groupe vocal et instrumental. — Portugal : EMI-Valentim de Carvalho, 2000. — EAN 724352787425

Disponible sur CDGO

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Ala dos Namorados sur MySpace

Nuno Guerreiro — Site officiel

Nuno Guerreiro sur MySpace
——————————————

Ana Sofia Varela -- Fados de amor e pecado. 2009Fados de amor e pecado / Ana Sofia Varela, chant ; José Manuel Neto, guitare portugaise ; Marco Oliveria, Rogério Ferreira, Diogo Clemente, guitare ; Ricardo Cruz, Zé Nabo, guitare basse acoustique ; João Monge, paroles ; João Gil, musique. — [Portugal] : Iplay, P 2009. — Iplay 1529 2. — EAN 5604931152927.

Disponible sur CDGO

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Le blog de João Monge : les textes de ses chansons, de ses fados, au jour le jour.

João Gil — Site officiel

Ana Sofia Varela sur MySpace

Chopin, par Alexandre

21 juin 2010

Comme c’est la fête de la musique aujourd’hui, voilà pour toi :

Valse, op. posthume en la mineur / Frédéric Chopin ; Alexandre Tharaud, piano

C’est une de mes préférées. Parfois je n’écoute qu’elle sur l’intégrale d’Alexandre Tharaud.

Bonne fête !

L. & L.

Chopin. Les Valses. Alexandre Tharaud
Valses / Frédéric Chopin ; Alexandre Tharaud, piano. — Arles : Harmonia mundi, P 2006. — Harmonia mundi France HMC 901927. — EAN 0794881800520

3 versions de Vuelvo al Sur (Astor Piazzolla). 3, Amelita Baltar

2 juin 2010

Fait suite à : 3 versions de Vuelvo al Sur (Astor Piazzolla). 1, Roberto Giordi
Et à : 3 versions de Vuelvo al Sur (Astor Piazzolla). 2, Caetano Veloso

Amelita Baltar no Clasica y moderna. Photo © Caio Medeiros
Amelita Baltar au Clásica y Moderna, Buenos Aires. Photo © Caio Medeiros

La troisième et dernière version de la série est celle de la grande Amelita Baltar, la créatrice de Balada para un loco et de toutes les grandes chansons d’Astor Piazzolla dont elle a partagé la vie jusqu’en 1975 et dont elle fut la muse.

Elle n’est pourtant pas la première interprète de Vuelvo al Sur, loin s’en faut. Ce morceau, composé par Piazzolla pour la bande originale du film Sur (titre français : Le Sud, Argentine / France, 1988) du réalisateur argentin Fernando Solanas, était interprété à l’origine par Roberto Goyeneche (1926-1994), l’une des plus grandes vedettes du tango du vingtième siècle — qui était aussi l’un des acteurs du film.

La vidéo que voici est récente. Elle est extraite d’Amelitango, une émission de télévision réalisée pour la chaîne argentine Canal (á). Interprétation classique, dramatique comme il se doit.

Vuelvo al Sur / Amelita Baltar, chant ; Astor Piazzolla, musique ; Fernando Solanas, paroles

Quelle différence entre ces trois versions — Roberto, Caetano et Amelita, non ? Je voulais clore la série par elle, parce que c’est elle, et qu’elle est toujours une légende vivante du tango. Toi, tu préfères laquelle ?

L. & L.

Amelita Baltar. ReferenciasVuelvo al Sur est présent sur l’album :

Referencias / Amelita Baltar, chant. — Warner music Argentina, 1999. — WEA 3984272032

Disponible sur Amazon, Fnac (France)

Écouter sur Deezer

In memoriam Louise Bourgeois (1911-2010)

1 juin 2010

Elle est morte hier, 31 mai 2010, celle dont la maman était araignée. Tu ne la connais pas ? Il y a ça (Wikipedia), et par exemple ceci :

Louise Bourgeois dans son atelier

J’avais en réserve cette autre petite vidéo, que je comptais insérer dans ce blog un jour ou l’autre. On y entend la sculptrice chanter une sorte de ritournelle d’une voix fraîche et juste en dépit de son âge, avec un naturel d’enfant sage :

Le chant de Louise Bourgeois : Le murmure de l’eau qui chante, le murmure de l’eau qui goutte… La bouillotte qui marmotte, qui ronronne, qui sifflote, qui me dit ses secrets. De faire le tour de la maison me fait beaucoup de bien. Ta ta ta ta ta ta…

Sage elle ne l’était pas, du moins en tant qu’adulte. En tant qu’enfant, oui peut-être. Comme tout le monde, elle était à la fois Lili et Lulu.

L. & L.

3 versions de Vuelvo al Sur (Astor Piazzolla). 2, Caetano Veloso

30 Mai 2010

Fait suite à : 3 versions de Vuelvo al Sur (Astor Piazzolla). 1, Roberto Giordi

Buenos Aires, Avenida de Mayo. Photo par anattolia sur Flickr
Buenos Aires, Avenida de Mayo. Photo par anattolia sur Flickr

L’ambiance n’est pas la même chez Caetano. Plus torpide.

Il y a moins de tangage, moins de houle, mais plutôt un balancement bahianais. Un accompagnement presque aride, fait d’une guitare et d’un violoncelle, bientôt rejoints par d’autres cordes.

Et la voix suave, magique de Caetano.

Vuelvo al Sur / Caetano Veloso, chant ; Astor Piazzolla, musique ; Fernando Solanas, paroles

Ce Vuelvo al Sur-là est au programme de Fina estampa, hommage de Caetano aux musiques latino-américaines hispaniques, paru en 1995. L’album contient aussi la splendide Tonada de luna llena, utilisée par Pedro Almodóvar au générique de fin de La flor de mi segreto (La fleur de mon secret, 1995) — mais non Cucurrucucú paloma, qui se trouve quant à elle dans l’album Fina estampa ao vivo (Polygram, 1996).

L. & L.

Caetano Veloso. Fina estampaFina estampa / Caetano Veloso, chant. — Baarn : Polygram International Music Bv ; Antony : distrib. Polygram. Division Polydor, 1995.
Rio de Janeiro : prod. Polygram Discos Ltds, P 1994. — Verve-World 5227452. — EAN 0731452274526.

Disponible sur Amazon, Fnac (France)

Écouter sur Deezer.

À suivre : 3 versions de Vuelvo al Sur (Astor Piazzolla). 3, Amelita Baltar

3 versions de Vuelvo al Sur (Astor Piazzolla). 1, Roberto Giordi

30 Mai 2010

Buenos Aires. Photo : anattolia sur Flickr
Buenos Aires. Photo par anattolia sur Flickr

Il y a quelques années je suis allé à Buenos Aires, c’était une fin d’août. Toulouse était dans une chaleur terrible quand je l’ai quittée, et à l’arrivée en Argentine j’étais gelé. C’était le matin, un samedi je crois. Je venais pour le travail, j’avais loué un studio au 9e ou 10e étage d’un bel immeuble qui se trouvait à l’angle d’une place arborée, non loin de la station de métro Callao de la ligne D. À Buenos Aires, le métro s’appelle le subte, abréviation de subterráneo.

J’ai beaucoup aimé Buenos Aires, qui malgré ses avenues américaines tient de Paris, de Madrid, et des années… je ne sais pas, cinquante peut-être. Je voudrais y retourner.

En souvenir de cette ville, une chanson du grand Astor Piazzolla, Vuelvo al Sur, trois fois, par trois artistes de nationalités différentes, quoique tous latins.

La première de ces trois versions est d’un italien, Roberto Giordi (je t’en ai déjà parlé ici), dont l’album Con il mio nome sort la semaine prochaine. Lui aussi est du Sud, celui de l’Italie, que le Nord regarde de haut — c’est le cas de le dire. Fait aggravant : il est de Naples, la ville que personne n’aime hormis les Napolitains et les étrangers.

Vuelvo al Sur / Roberto Giordi, chant ; Solis String Quartet, quatuor à cordes ; Astor Piazzolla, musique ; Fernando Solanas, paroles

Vuelvo al Sur,
como se vuelve siempre al amor,
vuelvo a vos,
con mi deseo, con mi temor.

Llevo el Sur,
como un destino del corazón,
soy del Sur,
como los aires del bandoneón.

Sueño el Sur,
inmensa luna, cielo al reves,
busco el Sur,
el tiempo abierto, y su después.

Quiero al Sur,
su buena gente, su dignidad,
siento el Sur,
como tu cuerpo en la intimidad.

Te quiero Sur,
Sur, te quiero.

Vuelvo al Sur,
como se vuelve siempre al amor,
vuelvo a vos,
con mi deseo, con mi temor.

Quiero al Sur,
su buena gente, su dignidad,
siento el Sur,
como tu cuerpo en la intimidad.
Vuelvo al Sur,
llevo el Sur,
te quiero Sur,
te quiero Sur…

Vuelvo al Sur / Astor Piazzolla, musique ; Fernando Solanas, paroles

—————————
Je reviens au Sud
Comme on revient toujours à l’amour
Je te reviens
Avec mon désir, avec ma peur.

Je porte en moi le Sud
Comme une destination du cœur
Je suis du Sud
Comme les airs du bandonéon.

Je rêve le Sud
Lune immense, ciel à l’envers
Je cherche le Sud
Le temps ouvert, et son après.

J’aime le Sud
J’aime son peuple, sa dignité
Je sens le Sud
Comme ton corps dans l’intimité.

Je t’aime, Sud
Sud je t’aime

Je reviens au Sud
Comme on revient toujours à l’amour
Je te reviens
Avec mon désir, avec ma peur.

J’aime le Sud
J’aime son peuple, sa dignité
Je sens le Sud
Comme ton corps dans l’intimité.
Je reviens au Sud,
Je porte en moi le Sud
Je t’aime, Sud
Je t’aime, Sud…

La pulsation du tango est assurée par un quatuor à cordes, le quatuor Solis : c’est la seule matière musicale, avec la voix chaude de Roberto Giordi.

L. & L.

Roberto Giordi. Con il mio nomeCe morceau figure sur Con il mio nome, avec d’autres comme Che fretta c’è?, Il mago, Il segreto et d’autres. J’espère pouvoir te fournir des renseignements sur la publication sous peu.

Roberto Giordi sur MySpace

À suivre : 3 versions de Vuelvo al Sur (Astor Piazzolla). 2, Caetano Veloso

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António Zambujo — Modas alentejanas (Fui colher uma romã ; Gota de água)

16 Mai 2010

Ce sont deux modas alentejanas, deux mélodies traditionnelles de l’Alentejo, chantées par l’enfant du pays devant un auditoire enchanté — car sa voix était fée.

Regarde, écoute, laisse-toi enchanter aussi.

Fui colher uma romã ; Gota de água / António Zambujo, chant, guitare ; paroles et musique traditionnelles. — Enregistrement public, Évora (Alentejo, Portugal), 30 avril 2010.

Toi aussi tu peux chanter, comme si tu étais dans le théâtre. Voilà les paroles. Uma romã, c’est une grenade, le fruit du grenadier. Fui colher uma romã : je suis allé cueillir une grenade. Et a gota de água, c’est la goutte d’eau, pour étancher la soif. La soif d’amour.

Fui colher uma romã

Eu quero ir p’la cidade
Já que o campo me aborrece
Que eu lá na cidade tenho
Quem penas por mim padece

Fui colher uma romã
Estava madura no ramo
Fui encontrar no jardim
Aquela mulher que eu amo

Aquela mulher que eu amo
Dê-lhe um aperto de mão
Estava madura no ramo
E o ramo caiu ao chão

Fui colher uma romã / paroles et musique traditionnelles

Gota de água

Fui à fonte beber água
Achei um raminho verde
Quem o perdeu tinha amores
Quem o perdeu tinha amores
Quem o achou tinha sede

Dá-me uma gotinha d’água
dessa que eu oiço correr,
entre pedras e pedrinhas
entre pedras e pedrinhas
alguma gota há-de haver

Alguma gota há-de haver
Quero molhar a garganta
Quero cantar como a rola
Quero cantar como a rola
Como a rola ninguém canta

Debaixo da oliveira
Não se pode namorar
Porque a folha miudinha
Porque a folha miudinha
Não deixa passar o ar [rires du public]

Dá-me uma gotinha d’água
dessa que eu oiço correr,
entre pedras e pedrinhas
entre pedras e pedrinhas
alguma gota há-de haver

Alguma gota há-de haver
Quero molhar a garganta
Quero cantar como a rola
Quero cantar como a rola
Como a rola ninguém canta

Gota de água / paroles et musique traditionnelles

J’ai la paresse de traduire tous ces couplets — et le temps me manque aussi. Demain peut-être.

L. & L.

Νένα Βενετσάνου [Néna Venetsánou] — Πρωινό τσιγάρο [Proinó tsigáro]

8 Mai 2010

Νένα Βενετσάνου [Néna Venetsánou]

Honneur à la Grèce. Si elle n’avait pas existé, si elle n’existait pas, que serions-nous ? De toutes façons il y a longtemps que je voulais faire entrer Néna Venetsánou ici. Une voix splendide. J’ai assisté il y a quelques années à un concert qu’elle donnait à Aigues-Mortes, c’était en juillet je crois, en plein air : une de ces soirées dont on se souvient, prolongée jusqu’à la nuit close.

Elle parle parfaitement le français, elle a fait une partie de ses études universitaires ici. Elle y a travaillé le chant auprès de la grande cantatrice Irma Kolassi — sa compatriote, mais la nôtre aussi puisqu’elle s’est établie en France il y a bien longtemps (née en 1918, elle est toujours en vie aujourd’hui*).

La chanson s’appelle Πρωινό τσιγάρο [Proinó tsigáro], en français Cigarette du matin.

Νένα Βενετσιάνου

Πρωινό τσιγάρο [Proinó tsigáro] / Νένα Βενετσάνου [Néna Venetsánou], chant ; Νότης Μαυρουδής [Nótis Mavroudís], musique, guitare ; Άλκης Αλκαίος [Àlkis Alkaíos], paroles.

Χαράζει η μέρα και η πόλη έχει ρεπό,
στη γειτονιά μας καπνίζει ένα φουγάρο,
κι εγώ σε ζητάω σαν πρωινό τσιγάρο
και σαν καφέ πικρό, και σαν καφέ πικρό.

Άδειοι οι δρόμοι, δεν φάνηκε ψυχή,
και το φεγγάρι μόλις χάθηκε στη δύση,
κι εγώ σε γυρεύω σα μοιραία λύση
και σαν ανατολή, και σαν ανατολή.

Βγήκε ο ήλιος, το ράδιο διαπασών,
μ’ ένα χασάπικο που κλαίει για κάποιον Τάσο,
κι εγώ σε ποντάρω κι ύστερα πάω πάσο
σ’ ένα καρέ τυφλών, σ’ ένα καρέ τυφλών.

Πρωινό τσιγάρο [Proinó tsigáro] / Νότης Μαυρουδής [Nótis Mavroudís], musique ; Άλκης Αλκαίος [Àlkis Alkaíos], paroles.

Le jour se lève et la ville est en congé
Dans notre quartier, une cheminée fume
Et moi je te réclame comme une cigarette matinale
Et comme un café amer, et comme un café amer

Les rues sont vides, pas une âme
Et la lune vient de disparaître à l’Ouest
Et moi je te cherche comme une solution fatidique
Et comme l’aube, et comme l’aube

Le soleil s’est levé, la radio à plein volume
Beugle un « hasapiko » qui pleure pour un certain Tasos
Et moi je te mets en jeu et puis je passe
Dans une partie d’aveugles, dans une partie d’aveugles

Traduction d’après le site http://www.stixoi.info. Révision : 23 juin 2011 grâce à l’aide de « Der Wanderer »

La traduction m’a l’air un peu bancale, notamment dans la dernière strophe. Ce n’est pas que j’aie la moindre compétence en grec moderne, c’est juste que je trouve au texte français une drôle de tournure. Je l’ai un peu retapé en m’aidant des traductions italienne et anglaise que fournit aussi le site.

L. & L.

* Irma Kolassi est décédée le 27 mars 2012, près de 2 ans après la rédaction de ce billet (source : Bibliothèque nationale de France).