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Malfaçon

4 novembre 2013

Alors, si j’ai bien compris, il va falloir se mouvoir jusqu’au bout sur deux pieds ! Ce n’est pas nous qui serions nés avec un ventre d’écailles luisantes, vertes ou blanches, sur lequel ramper puis dormir dans le même mouvement. Trop bon pour l’homme, sans doute, voué dès l’origine aux pires avanies et aux équilibres précaires. Nous voici donc dotés de ces extrémités gourdes et sans prise qui ne savent que bleuir dans la neige et puer abondamment quand le temps se réchauffe, comme si les turpitudes que notre visage dissimule derrière le doux rideau des cils et la parfaite grimace du sourire, nos pieds cyniquement s’en vantaient, éventails éventés affichant notre noirceur jusque sur les plages fréquentées par l’enfance innocente, sur ce sable que la patte tridactyle de la mouette délicatement festonne avant que notre empreinte grotesque ne saccage son ouvrage — puis il ne faut rien de moins qu’un tsunami pour effacer nos traces.

[…]
Alors que faire ? Je ne vois qu’une solution : amputons ! Mes amis ! Coupons la jambe au niveau de la cheville. Vivons sur ces pointes, telle la danseuse virevoltante et gracieuse, et, plutôt que de les fouler aux pieds pour nous blesser à leurs tessons, laissons-nous émouvoir enfin par la douceur des choses.
Éric Chevillard. Péloponnèse (2013). Fata Morgana, impr. 2013, ISBN 978-2-85194-879-3, pages41-43.

………

Éric Chevillard -- Péloponnèse. Fata Morgana, 2013Éric Chevillard
Péloponnèse (2013)

Péloponnèse, ou De qui se moque-t-on ? / Éric Chevillard ; dessins de Jan Voss. — Fata Morgana, 2013. — 104 p. ; 22 cm.

ISBN 978-2-85194-879-3 (livre imprimé).

El día de los muertos

3 novembre 2013

Cimetière de Blajan (Haute-Garonne, France), 2 novembre 2013

Cimetière de Blajan (Haute-Garonne, France), 2 novembre 2013

Cimetière de Blajan (Haute-Garonne, France), 2 novembre 2013

Cimetière de Blajan (Haute-Garonne, France), 2 novembre 2013

Pour mon cas personnel, j’hésite entre ce modèle entièrement végétal, charmant (sur le cliché on distingue mal les rosiers qui bordent l’arrière), mais qui demande certainement beaucoup d’entretien :

Cimetière de Saint-Girons (Ariège, France), 2 novembre 2013

et l’incinération.

Je vais réfléchir.

Cimetière de Blajan (Haute-Garonne, France), 2 novembre 2013

Pour voir

3 novembre 2013

Montpellier (France) -- La Panacée, centre d'art contemporain, 5 octobre 2013

— C’est quoi ce qu’il y a à voir ?
— Peux pas te dire.
— Ah bon, tu sais pas ? T’as pas vu ?
— Si, mais si je te le disais ça te servirait à rien.
— Ah pourquoi ?
— Parce que toi tu pourrais pas le voir.
— Mais pourquoi ?
— Parce qu’il faut faire un certain geste pour le voir et…
— Un geste ? Quel geste ?
— Un certain geste. Et que dans ton cas…
— Mais quel cas, je suis dans un cas ?
— Oh arrête, tu sais bien ce que je veux dire !
— Je vois pas du tout de quoi tu parles.
— Mais arrête à la fin ! Tout le monde est au courant.
— Mais, au courant de quoi ?
— Bon. On se voit demain ? Je file.

Pour voir

2 novembre 2013
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Toulouse (France), 10 octobre 2013

Toulouse (France), 10 octobre 2013

— Voir quoi ?
— Ça là-bas.
— Quoi, ça ?
— Mais ça là, en face, tu vois bien.
— Je vois rien.
— Tant pis pour toi.

Lula Pena, rapport d’activité

29 octobre 2013

Lula Pena n’est jamais dans l’inactivité créatrice. Toujours au contraire dans un pétillement, animée d’une bougeotte exploratrice qui s’exerce dans tous les domaines à sa portée, graphisme, cinéma, poésie, musique.

En témoigne ce collage sonore réalisé sur le film (muet) de Jean Vigo, À propos de Nice réalisé en 1929 [voir la notice Wikipédia (fr)], et dont voici un extrait de quelques minutes :

Lula Pena. À propos de Nice de Jean Vigo, collage sonore (2013). Extrait. L’intégralité de l’œuvre a été présentée au Museu Soares dos Reis, Porto (Portugal), le 17 août 2013.
À propos de Nice (1929) : film muet de Jean Vigo (1905-1934).

Ou encore cet enregistrement « home made » (dans le puits, on dirait, ou dans la buanderie), vieux de quelques jours, qui fait entendre à nouveau la voix singulière et renversante de l’artiste — du moins tel est l’effet produit sur moi, d’autant plus irrésistible, ou moins résistible, qu’il s’agit d’un poème de Lorca, suivi d’un petit bout d’une chanson d’Atahualpa Yupanqui (Yupankí ainsi qu’elle préfère l’écrire) :

Lula Pena. Fragmento #1 (2013) / Lula Pena, chant et guitare.
Poèmes : Canción de la madre del Amargo, de Federico García Lorca ; Pero a mí nunca jamás, d’Atahualpa Yupanqui, musique de Pablo del Cerro.

Lo llevan puesto en mi sábana
mis adelfas y mi palma.

Día veintisiete de agosto
con un cuchillito de oro.

La cruz. ¡Y vamos andando!
Era moreno y amargo.

Vecinas, dadme una jarra
de azófar con limonada.

La cruz. No llorad ninguna.
El Amargo está en la luna.
Federico García Lorca (1898-1936). Canción de la madre del Amargo. Dans : Poema del cante jondo (1921).

De loma en loma has de ir
y mi huella buscarás
El rastro de las vicuñas
Eso solo encontrarás
Pero a mí nunca jamás
Atahualpa Yupanqui (1908-1992). Pero a mí nunca jamás (extrait).

Gisela João, dans la nuit bleue du fado

28 octobre 2013

Gisela João -- Gisela João (album ; 2013)
Gisela João. Gisela João (2013).

Cette chanteuse, Gisela João, originaire du Nord du Portugal et non de Lisbonne, est décidément une nature (voir le billet du 27 janvier 2013).

Voilà plus d’un mois que j’ai cet album et que je l’écoute. Je n’en ai rien écrit jusqu’à présent, de crainte de me laisser emporter par mon enthousiasme, et d’avoir à le regretter.

Mais non. Au bout de six semaines, ou sept, je n’ai pas changé d’opinion. Cet album sans nom, sinon celui de son interprète, est mon préféré dans toute la production discographique de fado depuis le retrait d’Amália — du moins celle dont j’ai connaissance, moi qui vis hors du Portugal. Cela à une exception près : le génial Troubadour de Lula Pena, ce dernier n’étant pas exactement un album de fado, et restant hors d’atteinte. Du reste, quelque chose de Troubadour se retrouve ici : le souffle du vivant.

Le morceau d’ouverture de Gisela João est sidérant : une interprétation hors du commun de l’ample et magnifique mélodie du Fado menor do Porto (celle du Não é desgraça ser pobre d’Amália) sur le poème Madrugada sem sono, déjà employé par  Beatriz da Conceição en 1967 associé à une autre musique. C’est à dire que la chanteuse semble vivre profondément ce fado, en tout cas l’interpréter, sachant retenir sa puissance vocale dans la tension d’un murmure aussi longtemps qu’il le faut, pour ensuite la déchaîner à bon escient. Ainsi réalisé, ce fado est une pièce d’anthologie [Écouter]. J’ai tenté, sans grand succès je dois dire, une traduction du poème, pour en donner une idée :

Na solidão a esperar-te,
Meu amor fora da lei
Mordi meus lábios sem beijos
Tive ciúmes, chorei.
Dans cette solitude à t’attendre
Mon amour que j’aime hors la loi
À me mordre mes lèvres privées des tiennes
La jalousie, et les larmes me viennent.
Despedi-me do teu corpo
E por orgulho fugi,
Andei dum corpo a outro corpo,
Só p’ra me esquecer de ti.
Résignée au manque de ton corps
Je m’en suis allée, par fierté,
Passant d’un corps à un autre corps
Croyant me déprendre de toi.
Embriaguei-me, cantei
E busquei estrelas na lama,
Naufraguei meu coração
Nas ondas loucas da cama.
Je me suis enivrée, j’ai chanté
Et j’ai fouillé la boue, y cherchant des étoiles
Et j’ai noyé mon cœur
Dans le déferlement des vagues des draps.
Ai abraços frios de raiva,
Ai beijos de nojo e fome,
Ai nomes que murmurei
Com a febre do teu nome.
Que d’étreintes glacées de rage,
Que de baisers avides, que de dégoût
Ah combien de noms murmurés
Dans le seul désir de ton nom !
De madrugada sem sono,
Sem luz, nem amor, nem lei
Mordi os brancos lençóis,
Tive saudades, chorei.
Au bout de cette nuit blanche
Sans feu, sans amour et sans loi,
Je mords ces draps dans lesquels tu n’es pas
Et les larmes me viennent avec le mal de toi.
Goulart Nogueira (1924-1993). Madrugada sem sono.

Goulart Nogueira (1924-1993). Nuit blanche, traduit de Madrugada sem sono par L. & L.

Parfaitement en accord avec le chant dans son déroulement et sa dynamique, l’accompagnement instrumental est remarquable, dans ce fado comme dans l’album entier. La guitare portugaise de Ricardo Parreira, qui joue plutôt dans le style de Coimbra, avec parfois la sécheresse percussive d’un clavecin, donne à l’album une forme d’intensité, parfois de violence, qui fait contrepoint à la présence et à l’expressivité incroyables de la chanteuse, dont la production a eu la bonne idée de ne pas gommer la respiration, qu’on entend. Ce qui en fait un album vivant, humain, dans lequel passe le frisson du fado.

Peu d’originaux dans l’album. Une présence du répertoire d’Amália, bien servi, interprété avec esprit (des chansons traditionnelles choisies dans l’album Folclore à guitarra e à viola de 1972, un « remake » malicieux de Casa da Mariquinhas — l’original de La maison sur le port) ou avec la profondeur requise, notamment dans le fado Meu amigo está longe :

Gisela João. Meu amigo está longe / José Carlos Ary dos Santos, paroles ; Alain Oulman, musique ; Gisela João, chant ; Ricardo Parreira, guitare portugaise ; Tiago Oliveira, viola de fado (guitare classique) ; Francisco Gaspar, basse acoustique ; Frederico Pereira, direction musicale.

(J’aime moins cette vidéo que celle, plus ancienne et superbe, qu’on peut encore voir sur le site Metropolis d’Arte.)

Nem um poema, nem um verso, nem um canto,
Tudo raso de ausência, tudo liso de espanto
Amiga, noiva, mãe, irmã, amante,
Meu amigo está longe
E a distância é tão grande.
Pas un poème, pas un vers, pas un chant
Tout est plein de l’absence, tout est lisse de l’effroi
Amie, fiancée, mère, sœur, amante,
Mon ami est loin
Et la distance est immense.
Nem um som, nem um grito, nem um ai
Tudo calado, todos sem mãe nem pai
Amiga noiva mãe irmã amante,
Meu amigo esta longe
E a tristeza é tão grande.
Pas un son, pas un cri, pas une plainte
Tout est silence et tous sont orphelins,
Amie fiancée mère sœur amante,
Mon ami est loin
Et la tristesse est immense.
Ai esta magoa, ai este pranto, ai esta dor
Dor do amor sózinho, o amor maior
Amiga, noiva, mãe, irmã, amante,
Meu amigo esta longe
E a saudade é tão grande.
Ah cette peine, ah ce sanglot, cette douleur
Douleur de l’amour privé de son amour
Amie, fiancée, mère, sœur, amante,
Mon ami est loin
Et la saudade est immense.
José Carlos Ary dos Santos (1937-1984). Meu amigo está longe.
José Carlos Ary dos Santos (1937-1984). Meu amigo está longe. Trad. L. & L.

L’interprétation de Maldição, un des plus beaux fados d’Amália, sur la splendide mélodie du Fado cravo d’Alfredo Marceneiro, me convainc un peu moins : péché de gourmandise.

À l’évidence la maison de disques croit en Gisela João, puisque cet album, le premier en solo de la chanteuse, a été réalisé avec le même soin et les mêmes moyens que celui d’un artiste confirmé, phoniquement et graphiquement. Le livret est bleu sombre, comme cette nuit du fado dans laquelle se tient Gisela João : telle est sa place, indiscutablement.

L. & L.
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Gisela João
Gisela João (2013)

Gisela João -- Gisela João (2013)Gisela João / Gisela João, chant ; Ricardo Parreira, guitare portugaise ; Tiago Oliveira et Rogério Ferreira, viola de fado (guitare classique) ; Francisco Gaspar, basse acoustique ; Frederico Pereira, direction musicale. — [Portugal] : Valentim de Carvalho, ℗2013. — 1 CD

Enregistrement : février 2013..

Valentim de Carvalho 0299-2. — EAN 5605231029926.

Internet : Gisela João — Site officiel

Heure d’hiver

27 octobre 2013

Montpellier (France), esplanade du Peyrou, 27 octobre 2013

À nouveau dans le noir. L’hiver est revenu, et il s’annonce terrible. Des événements avant-coureurs des malheurs à venir ont déjà eu lieu.

Cependant une tiédeur insolite pour une fin octobre, presque malsaine, trompeuse.

Où fuir ? À Lampedusa peut-être ?

Amália Rodrigues, Cecília Meireles — Canção (Nunca ninguém viu ninguém)

13 octobre 2013

Un court enregistrement toujours inédit d’Amália Rodrigues, datant probablement du début des années 1970. Le texte est de la poétesse brésilienne Cecília Meireles, qu’Amália interprète pour la première fois dans l’album Com que voz, enregistré en 1969 et publié l’année suivante.

Amália Rodrigues (1920-1999). Canção (Nunca ninguém viu ninguém)

Amália Rodrigues (1920-1999). Canção (Nunca ninguém viu ninguém) / Cecília Meireles, poème ; compositeur non identifié ; instrumentistes non identifiés. Vers 1970.

NUNCA eu tivera querido
dizer palavra tão louca:
bateu-me o vento na bôca,
e depois no teu ouvido.
JAMAIS je n’aurais voulu
dire une chose aussi insensée :
le vent s’est cogné dans ma bouche
avant de se cogner à ton oreille,
Levou sòmente a palavra,
deixou ficar o sentido.
Ne t’apportant que le mot
Mais non pas ce qu’il voulait dire.
O sentido está guardado
no rosto com que te miro,
neste perdido suspiro
que te segue alucinado,
no meu sorriso suspenso
como um beijo malogrado.
Ce qu’il veut dire est là
Sur mon visage qui te regarde,
Dans ce soupir éperdu
Qui te suit, halluciné,
Dans mon sourire en suspens
Comme un baiser interrompu.
Nunca ninguém viu ninguém
que o amor pusesse tão triste.
Essa tristeza não viste,
e eu sei que ela se vê bem…
Só si aquele mesmo vento
fechou teus olhos, também…
Nul n’a jamais vu personne
Que l’amour rendait aussi triste,
Et toi, cette tristesse tu ne l’as pas vue
Et je sais qu’elle se voit pourtant…
Ou est-ce que ce même vent
T’a aussi fermé les yeux ?
Cecília Meireles (1901-1964). Canção,
extrait de Viagem (1939).
Cecília Meireles (1901-1964). Chanson, traduit de Canção, extrait de Viagem (1939), par L. & L.

Adulte ? Jamais.

13 octobre 2013

Toulouse (France), place des Carmes = plaça dels Carmes, dimanche 13 octobre 2013

Venant de Montpellier, Toulouse fait un peu campagne. Un samedi comme celui-ci, nuageux et doux, elle est effervescente et joviale comme un gros marché.

Place Saint-Georges sont rassemblés tous les chocolatiers de la ville, qui sont incroyablement nombreux. Une cohue sur cette place ! Le monde a envie de chocolat et de douceur. Ça sent bon hein ? Oooh des canelés regarde, des canelés ! L’accent toulousain est d’une grande efficacité quant à l’expression des émotions, aussi ténues soient-elles.

Je suis allé à Ombres blanches, sans même me rendre compte que j’y allais. Resté là un long moment comme chaque fois, deux heures peut-être. Deux beaux jeunes hommes, sauf un qui vu de face ne l’était pas. Je lis les premières pages, ou seulement les premières lignes ; un chapitre entier d’un livre que j’ai finalement laissé — j’en avais déjà quatre en main –, un récit dont le personnage principal est Laura Betti — « la Folle » — et le lieu le fonds Pasolini dont elle s’occupait avec une passion excessive d’après ce livre, Quelque chose d’écrit (Qualcosa di scritto), d’un certain Emanuele Trevi. Je le note ici comme pense-bête, pour plus tard.

L’un des quatre (le troisième) est précisément un recueil de poèmes de Pasolini.

Adulto? Mai — mai come l’esistenza
che non matura — resta sempre acerba,
di splendido giorno in splendido giorno —
io non posso che restare fedele
alla stupenda monotonia del mistero.
Ecco perché, nella felicità,
non mi sono abbandonato — ecco
perché nell’ansia delle mie colpe
non ho mai toccato un rimorso vero.
Pari, sempre pari con l’inespresso,
all’origine di quello che io sono.
Pier Paolo Pasolini (1922-1975). Extrait de Roma 1950. Diario (1950).

Adulte ? Jamais. Jamais : comme l’existence
Qui ne mûrit pas, reste toujours verte,
De jour splendide en jour splendide.
Je ne peux que rester fidèle
À la merveilleuse monotonie du mystère.
Voilà pourquoi, dans le bonheur,
Je ne me suis jamais abandonné. Voilà
Pourquoi, dans l’angoisse de mes fautes
Je n’ai jamais atteint un remords véritable.
Égal, toujours égal à l’inexprimé
À l’origine de ce que je suis.
Pier Paolo Pasolini (1922-1975). Extrait de Rome 1950. Journal intime, traduit de Roma 1950. Diario (1950) par René de Ceccatty. Dans : Adulte ? Jamais : une anthologie (1941-1953), Points, 2013. ISBN 978-2-7578-3616-3.

J’aurais dû m’en tenir là puisque j’avais trois livres — et que leurs couvertures s’accordaient parfaitement. Or, contre absolument toute attente, j’ai vu, tout petit sur une table, tout petit, un tout petit livre : Le chrysanthème, de Robert Pinget. Un Pinget inconnu de moi.

Le Chrysanthème

Voix d’homme. Ton très proche de la confession. Nombreuses hésitations.
Robert Pinget. Le chrysanthème (1985, 1ère publication). Zoé, 2013. ISBN 978-2-88181-900-0.

Je jubile.

La couverture s’accorde mal avec les trois autres, ça me chiffonne un peu. Un beau jeune homme. Il se retourne, et non. Et c’est le même que tout à l’heure, celui qui de face ne l’était pas.

Je rentre. Dans l’ascenseur je me trouve brusquement, violemment nez à nez avec moi-même dans le miroir, je manque vaciller, il s’en faut d’un rien. Je me souviens à temps que je suis passé chez le coiffeur en début d’après-midi. L’instinct de conservation est toujours là.

L. & L.

Toulouse (France), rue Riguepels = carrièra Tira Pel, dimanche 13 octobre 2013

Dimanche à Ōsaka

6 octobre 2013

Carré Sainte-Anne, Montpellier (France), 6 octobre 2013. Exposition « After the dream, 2013 » de Chiharu Shiota



Carré Sainte-Anne, Montpellier (France), 6 octobre 2013. Exposition « After the dream, 2013 » de Chiharu Shiota

Carré Sainte-Anne, Montpellier (France), 6 octobre 2013. Exposition « After the dream, 2013 » de Chiharu Shiota

Carré Sainte-Anne, Montpellier (France), 6 octobre 2013. Exposition « After the dream, 2013 » de Chiharu Shiota

Carré Sainte-Anne, Montpellier (France), 6 octobre 2013. Exposition « After the dream, 2013 » de Chiharu Shiota

Carré Sainte-Anne, Montpellier (France), 6 octobre 2013. Exposition « After the dream, 2013 » de Chiharu Shiota

Carré Sainte-Anne, Montpellier (France), 6 octobre 2013. Exposition « After the dream, 2013 » de Chiharu Shiota

Carré Sainte-Anne, Montpellier (France), 6 octobre 2013. Exposition « After the dream, 2013 » de Chiharu Shiota