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Mísia | Lágrima

19 septembre 2014

Une larme de chagrin pour l’Écosse.

Mísia | Lágrima . Amália Rodrigues, paroles ; Carlos Gonçalves, musique ; Mísia, chant ; José Manuel Neto, guitare portugaise ; Carlos Manuel Proença, guitare classique. Captation : New York (États-Unis), Lincoln Center, 2004.

Hercule, jardin d'Hercule, Blair Castle, Blair Atholl, Perthshire, Écosse, par Bernard Blanc sur Flickr (CC BY-NC-SA 2.0)

Hercule. Blair Castle (Écosse)
par Bernard Blanc sur Flickr
(CC BY-NC-SA 2.0)

Sic transit gloria mundi.

16 septembre 2014

Il y a quelqu’un.

Leiden = Leyde (Pays-Bas), 15 septembre 2014

Il n’y a plus personne.

Leiden = Leyde (Pays-Bas), 15 septembre 2014

Comme le temps passe.

Melina Mercouri | Αγάπη που ‘γινες δίκοπο μαχαίρι [Agápi pou ‘gines díkopo mahaíri]

14 septembre 2014

Pour bien commencer la journée. Une journée grecque.


Μελίνα Μερκούρη [Melína Merkourī] (Melina Mercouri, 1920-1994) | Αγάπη που ‘γινες δίκοπο μαχαίρι [Agápi pou ‘gines díkopo mahaíri] . Μιχάλης Κακογιάννης [Mikhális Kakoyánnis], paroles ; musique Μάνος Χατζιδάκις [Mános Hadjidákis] ; Μελίνα Μερκούρη [Melína Merkourī], actrice (Stella).
Extrait du film Στέλλα [Stélla] (Stella, femme libre), réalisé par Μιχάλης Κακογιάννης [Mikhális Kakoyánnis] (Michael Cacoyannis, 1922-2011), sorti en 1955 et présenté au festival de Cannes la même année.

Αγάπη που `γινες δίκοπο μαχαίρι
άλλοτε μου `δινες μόνο τη χαρά
μα τώρα πνίγεις τη χαρά στο δάκρυ
δε βρίσκω άκρη, δε βρίσκω γιατρειά.

Φωτιές ανάβουνε μες στα δυο του μάτια,
τ’ αστέρια πέφτουνε όταν με θωρεί.
Σβήστε τα φώτα, σβήστε το φεγγάρι
σαν θα με πάρει τον πόνο μου μη δει.

Amour devenu lame à double tranchant
autrefois tu ne me donnais que de la joie
mais maintenant tu la noies dans les larmes
je ne trouve pas d’issue ni de guérison.

Ses deux yeux s’enflamment
les étoiles s’éteignent quand il me regarde
éteignez les lumières éteignez la lune
qu’il ne voie pas ma douleur quand il me prendra.

Source : www.stixoi.info

Se eu morrer de manhã | Rosa Lobato de Faria, Emanuel Castelo

13 septembre 2014

Pour bien commencer la journée. Une journée portugaise.


Emanuel Castelo | Se eu morrer de manhã . Poème de Rosa Lobato de Faria ; Emanuel Castelo, musique, chant, guitare. Septembre 2013.

Se eu morrer de manhã
abre a janela devagar
e olha com rigor o dia que não tenho.

Não me lamentes. Eu não me entristeço:
ter tido a morte é mais do que mereço
se nem conheço a noite de que venho.
Deixa entrar pela casa um pouco de ar
e um pedaço de céu
— o único que sei.
Talvez um pássaro me estenda a asa
que não saber voar
foi sempre a minha lei.
Não busques o meu hálito no espelho.
Não chames o meu nome que eu não venho
e do mistério nada te direi.
Diz que não estou se alguém bater à porta.
Deixa que eu faça o meu papel de morta
pois não estar é da morte quanto sei.
Si je meurs le matin
Ouvre la fenêtre, lentement
Regarde avec sévérité cette journée dont je suis privée.
Ne me pleure pas. Je ne suis pas triste :
Avoir reçu la mort est plus que je ne mérite
Puisque je ne connais même pas la nuit dont je viens.
Fais entrer un peu d’air
Et un bout de ciel
— le seul que je connaisse.
Peut-être qu’un oiseau me tendra son aile
Car n’avoir pas su voler
Fut ma constante loi.
Ne cherche pas mon haleine sur le miroir.
Ne m’appelle pas, car je ne viendrai pas,
Et du mystère je ne te dirai rien.
Si quelqu’un frappe à la porte dis que je ne suis pas là.
Laisse-moi tenir mon rôle de morte
Et ne pas être là est ce que j’en connais.

Rosa Lobato de Faria (1932-2010). Se eu morrer de manhã
Dans : Os deuses de pedra [Les dieux de pierre] (1983).

Rosa Lobato de Faria (1932-2010). Si je meurs le matin,
traduit de Se eu morrer de manhã par L. & L.


La vie sur le rivage

10 septembre 2014

Pointe du Raz (Finistère, France), 1er septembre 2014



— Non mais ça veut dire quoi ça madame « je suis congolaise », vous vous moquez du monde, vous n’êtes pas congolaise madame, vous êtes presque aussi blanche que le dedans d’une huître, et vous avez les yeux gris comme…

— … le dos d’une mouette. Et alors ? Vous portez bien des lunettes vous, et pourtant

— Pourtant quoi madame, qu’est-ce que ça a à voir, ça n’a rien à voir, je ne vois pas le rapport.

— Vous ne voyez pas grand chose monsieur, en dépit de vos lunettes. Vous devriez en changer, ou les détruire puisqu’elles ne vous servent à rien. D’ailleurs elles vous enlaidissent.

— Et vous-même madame vous vous êtes regardée ? Ces oreilles là que vous avez, mais c’est une honte madame, vous osez entendre avec ces choses-là, aussi atroces ? Vous n’écoutez pas de musique j’espère madame.

— C’est vous que je n’écoute pas monsieur. Je ne discute pas avec les homards.

— Quoi ? Mais je ne suis pas un homard madame !

— Mais si monsieur, regardez ces pinces que vous avez.

— Mais. Ça alors c’est incroyable. En tout cas ça n’excuse pas vos oreilles.

— Qu’est-ce que vous y connaissez aux oreilles ? Vous êtes incompétent en matière d’oreilles monsieur. Les homards n’ont pas d’oreilles.

— Mais arrêtez avec cette histoire de homard, si j’étais un homard je le saurais quand même.

— Je n’ai jamais entendu dire que les homards aient conscience de leur être. Un homard ne sait pas qu’il est un homard. Vous ne savez pas que vous êtes un homard monsieur. Un beau homard je dois dire. Venez. Je fais la meilleure mayonnaise du monde.

— Vous allez me manger ?

— Oui dépêchez-vous je commence à avoir faim.

— Vous n’êtes pas congolaise.

— Mais si, arrêtez à la fin avec vos préjugés à la noix sinon je vous jette dans cette flaque, celle-ci, vous ferez la conversation aux bigorneaux.



Lesconil (Finistère, France), 31 août 2014

Capitale

6 septembre 2014

Lesconil (Finistère, France), 3 septembre 2014

À t’entendre on croirait que Lesconil est la capitale de l’univers.

Pas seulement à m’entendre. À me voir aussi. Par ce seul fait-là (celui de me voir) on est pénétré de la connaissance de cet autre fait : tout s’est créé ici, et toute mesure du monde s’effectue à partir d’ici.

Ici a été perçu pour la première fois le son que produit le monde. C’est à dire le bruit (indescriptible) de la marée, celui des malamoks partant, rentrant de pêche. Les mouettes qui hurlent, qui se crient dessus, tout le temps. La langue, le parler, qui ici sont bretons. Les voix, bretonnes aussi. Les voix bretonnes sont celles du monde. Le breton est la langue du monde. Les couleurs du monde, ici d’une puissance éclatante, bleus, bruns, gris, verts, blancs. Le mouvement du monde est celui de l’écume, celui des mouettes dont l’entier volume de l’air est parcouru.

Cependant tu as quitté cette capitale.

Je l’ai quittée. Il fallait vérifier si le monde, comme sa capitale, est fait dans sa totalité d’écume et de mouettes.

Et alors ?

La vérification est en cours.

Lesconil (Finistère, France), 3 septembre 2014

Ainsi passe la gloire du monde

6 septembre 2014

il y a quelqu’un.

Baie des Trépassés = Bae an Anaon (Finistère, France), 1er septembre 2014

Il n’y a plus personne.

Baie des Trépassés = Bae an Anaon (Finistère, France), 1er septembre 2014

Comme le temps passe.

En voyage

23 août 2014

Quelle étrangeté que d’avoir une correspondance ferroviaire là où on vit. D’y passer sans s’y arrêter. Une heure d’attente à Montpellier, en réalité un peu moins, le train venant de Lyon a du retard.

Foule d’été dans les gares du Sud.

Un garçon de 20 ans, 22 ans attend, pas plus grand qu’un enfant, une jolie musculature, les fesses, le buste, un visage d’enfant confiant, un sourire illuminant qui lui vient inopinément — il téléphone. Il est comme un animal familier.

Voici l’ami attendu : moins ravissant, de hauteur identique exactement ; dans ses yeux l’intuition de l’amertume de la vie.

Courte passeggiata lyonnaise

23 août 2014

Lyon (France), place des Terreaux, 21 août 2014

Lyon a deux fleuves. Ils s’avancent vers le Sud, larges, mornes et placides, n’ayant pour perspective que de se noyer dans la Méditerranée. (Les eaux de la Garonne, ou celles de la Loire, qui dès leur source ont cette connaissance de leur destin qui est de se mêler au bout de leur course à la grande mer atlantique, ont une autre prestance. Elles, pour faire durer les préliminaires et retarder le moment de l’éclaboussement, des hurlements des mouettes, c’est d’abord vers le Nord qu’elles se dirigent.)

C’est une ville que j’avais connue grise autrefois, poussiéreuse, presque sale. Vieille, comme arrêtée dans les années trente, quarante. Je la vois ripolinée à la manière italienne, désireuse probablement de se donner pour piémontaise, ou du moins d’avertir qu’elle a Turin pour cousine (Turin ne l’entend peut-être pas ainsi quant à elle).

D’avertir qui ? Paris tiens, accusée de s’la péter. Lyon a des ambitions de capitale et se donne des airs. « Lyon capitale » on voit ça partout. Capitale de quoi, ce n’est pas dit. À l’appui de cette prétention elle s’est construit un centre des congrès immense, à la Georges Frêche. Et puis, situé juste à la pointe de la « Presqu’île », un nouveau quartier fait d’édifices modernes et de bâtiments anciens détournés de leur usage premier, qui aurait fait mourir de jalousie le déjà feu empereur de Septimanie.

Lyon (France), la Saône, 21 août 2014

Quelques Italiens flânent dans ses rues. Mais moins que de Catalans à Toulouse. (Du reste, sans l’avoir recherché du tout, Toulouse fait plus authentiquement italienne que Lyon, au point que s’il lui prenait la fantaisie de partir s’établir entre Modène et Bologne nul ne la prendrait pour une immigrée.)

Lyon n’est pas italienne. Il suffit de s’éloigner de cette partie de la ville qui fait vitrine pour retrouver une province française vieillotte et jolie, pleine de charme. Une France comme on n’en voit plus nulle part. C’est ce qu’elle a cette ville de Lyon, à défaut de réelle beauté : du charme, une personnalité singulière. Une forme de poésie dans les noms qu’elle donne à ses rues, à ses lieux.

Lyon (France), rue des Fantasques, 19 août 2014

De là, et de ses escarpements qui font des pentes et des escaliers, des paliers, des belvédères, ce peu d’étrangeté qui suffit à la rendre intéressante.

J’ai trouvé ses habitants aimables. La ville – c’est rare pour une française –, vivable.

Lyon (France), place Sathonay, 21 août 2014

Est-ce l’effet de l’été ?

Ça va mal

16 août 2014

De quelque côté qu’on regarde les choses…

Hortensias, Ariège (France), 10 août 2014

Cette année les hortensias étaient en abondance, pleins, lisses, doux et bleus comme une nostalgie d’enfances qu’on aimerait avoir eues.

L’huile venait de Sicile. On avait acheté sur le marché une tomate énorme, grande comme une assiette ou presque, dont on prélevait de quoi comme d’un jambon.

Mais il n’a pas fait beau.

Cette année l’huile était en abondance, pleine, lisse, douce et bleue comme une nostalgie d’enfances qu’on aimerait avoir eues.

11 août 2014

Les hortensias venaient de Sicile. On avait acheté sur le marché une assiette énorme, grande comme un jambon ou presque, dont on prélevait de quoi comme d’une tomate.

Mais il n’a pas fait beau.

Cette année le jambon était en abondance, plein, lisse, doux et bleu comme une nostalgie d’enfances qu’on aimerait avoir eues.

La tomate venait de Sicile. On avait acheté sur le marché des hortensias énormes, grands comme des assiettes ou presque, dont on prélevait de quoi comme d’une huile.

Col de l'Arrech (Ariège, France), 9 août 2014

Mais il n’a pas fait beau.

… on arrive à la même conclusion.

………

Hortensias, Ariège (France), 10 août 2014