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Rosa Balistreri | Lu focu di la paglia

15 décembre 2018

Une vie furieuse, emportée, celle de Rosa Balistreri (née en 1927 à Licata, près d’Agrigente en Sicile, morte en 1990 à Palerme). Crimes, vols, tentative d’assassinat sur son mari, fuite jusqu’à Florence, prisons, boulots de survie, pauvreté. La voix, inoubliable : indimenticabile.

Une vie à la fois ordinaire et tragique, du genre de celles sur lesquelles Marguerite Duras écrivait des articles dans France-Observateur ou Libération, « quand le dehors [la] submergeait, quand il y avait des choses qui [la] rendaient folle, outside, dans la rue – ou [qu’elle] n’avai[t] rien de mieux à faire. » (Marguerite Duras, avant-propos pour Outside, 1980). Mais Marguerite n’a rien su de Rosa ; nul, pas même son ami Elio Vittorini, ne l’a renseignée sur cette vie-là qui était en cours, « outside », dans le monde.


Rosa Balistreri (1927-1990) | Lu focu di la paglia (canto di sdegno). Traditionnel (Sicile) ; adaptation Rosa Balistreri et Otello Profazio.
Rosa Balistreri, chant, guitare. Extrait de l’album Amore, tu lo sai, la vita è amara. Italie, 1971.

Lu focu di la paglia pocu dura
Quantu l’amuri di la munzignara
L’amuri ca durò menu d’un ura
Vampa la capricciusa di mavara.
Un feu de paille dure aussi peu
Que l’amour d’une menteuse.
L’amour qui dura moins d’une heure
Est le feu capricieux d’une sorcière.
L’occhiu amurusu miu ti vitti chiara
Surgiva d’acqua cristallina e pura
Ma mètiri li petri di ciumara
È lu risparmiu di la fugnatura.
Mes yeux amoureux te virent claire
Source d’eau cristalline et pure
Mais si on ôte les pierres que charrie le torrent,
Il y reste encore la boue des égouts.
Stannu sunannu a mortu li campani
Ora ca tu ammazzasti lu miu amuri
Lu suli ca scurò cielu è lu mari
E lu me cori è chinu di duluri.
Entends le glas qui sonne
Maintenant que tu as tué mon amour
Le soleil a noirci le ciel et la mer
Et mon cœur est rempli de douleur.
Mi lu mittisti a modu di littani
Stannu scavannu fossi e sipurturi
Cercanu crozzi e mali cristiani
Pi darimi li spini ncanciu di ciuri!
Tu as donné mon cœur aux fossoyeurs
Ils creusent fosses et sépultures
Cherchant des crânes et des mauvais chrétiens
Pour m’offrir des épines en échange de mes fleurs.
Lu focu di la paglia : canto di sdegno. Traditionnel (Sicile) ; adaptation Rosa Balistreri et Otello Profazio.

Le feu de paille : chant d’indignation, traduit de : Lu focu di la paglia par L. & L., à partir d’une traduction italienne.

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