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Style XXe

18 décembre 2010

Cette nuit j’ai rêvé que je pleurais, sans raison que je pourrais te dire.

C’est Léo Ferré, déjà âgé, qui m’a consolé en m’embrassant. Il m’a donné, sur une grande feuille d’un très beau papier — du papier de chiffon — tracée d’une écriture nerveuse, de style XXe siècle, une chanson ; la musique à droite, le poème dans la large marge de gauche, comme une glose.

L. & L.

Créature de douleur

15 décembre 2010

Toulouse, vitrine de la librairie Terra nova, rue Gambetta, 12 décembre 2010 Toulouse, vitrine de la librairie Terra nova, rue Gambetta, 12 décembre 2010.

Impossible d’entrer dans une librairie et d’en ressortir les mains vides. Encore que ça dépend des librairies — et des villes aussi. Dans certaines librairies : on peut passer tout l’après-midi dans l’oubli du temps qu’il fait, de la vie qu’on vit et de l’âge qu’on a.

Toulouse, vitrine de la librairie Ombres blanches, 12 décembre 2010 Toulouse, vitrine de la librairie Ombres blanches, 12 décembre 2010.

Étant sans intention je regarde les livres, j’en ouvre certains dont je lis la première page, parfois seulement une phrase ; ceux qui sont empilés sur les tables ; ou bien ceux d’un auteur auquel je pense tout à coup ; parfois je ne pense à rien ; je vais au rayon théâtre ; tiens je le croyais ici, il a changé de place ? Qu’à cela ne tienne, voyons les DVD, oh regarde ! (c’est à moi-même que je m’adresse in petto), La religieuse portugaise est sorti en DVD ! Prends-le tout de suite, tu vas l’oublier sinon.

Je regarde les gens, j’écoute les conversations.

Dans une librairie comme celle-ci certains parlent fort exprès — c’est du moins ce que je me figure — pour bien marquer qu’ils sont ici chez eux, que cet endroit constitue une extension de leur biotope, et qu’ils relèvent par conséquent d’une toute autre catégorie que ceux qui ne sont pas entrés dans la librairie. Une manière de brandir des quartiers de noblesse en défiant par avance quiconque d’en vérifier l’authenticité. Comme la femme de la publicité pour les rillettes, tu vois ce que je veux dire ? « Nous n’avons pas les mêmes valeurs », c’est ça. Il y en avait une comme ça dimanche, avec une gamine (à peine quatre ans, déjà fatiguée de sa mère). À l’inverse on voit aussi des gens qu’on ne s’attendrait pas à trouver là (je dis on, mais c’est de moi qu’il s’agit ; preuve que je ne vaux pas mieux que cette femme puisque je n’échappe pas aux idées toutes faites : par exemple une fois j’ai vu à Ombres blanches un pompier en tenue au rayon philosophie, et j’avais trouvé ce fait remarquable dans son incongruité ; tu vois le lieu commun. Et j’aggrave mon cas, puisqu’en ce moment même je suis en train de rapporter cette anecdote.)

Quels bavardages.

Toulouse, librairie Ombres blanches, rue Gambetta, 12 décembre 2010 Toulouse, librairie Ombres blanches, 12 décembre 2010.

Genet, évidemment.

Non loin de Genet, sur la gauche, ceci :

Il y a quelque temps une « aventure » banale arrivait à Catherine Crachat. Catherine Crachat, quel nom, n’est-ce pas. Un nom qui ne peut être porté que par une créature de douleur.
Pierre Jean Jouve (1887-1976). Hécate.

C’est évident, j’ai besoin de ce livre.

L. & L.

Frénésie

14 décembre 2010
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— Qu’est-ce t’as fait ce week-end ?

— J’étais à Toulouse, je te l’ai déjà dit au moins vingt fois.

— Ah ? Oui peut-être. Enfin vingt, tu exagères. Et qu’est-ce t’as fait ?

— Chais plus. Faisait froid.

Toulouse, rue Pierre de Fermat, 11 décembre 2010 Toulouse, rue Pierre de Fermat, 11 décembre 2010. La nuit tombe.

Toulouse, place Saint-Georges dans le miroir, 12 décembre 2010 Toulouse, place Saint-Georges dans le miroir, 12 décembre 2010

— Et toi qu’est-ce t’as fait ?

— J’ai dormi.

L. & L.

Non-beatlemania

8 décembre 2010

Ils ont fait une émission sur les Beatles aux Matins de France Culture aujourd’hui. Voilà quelque chose, la Beatlemania, à laquelle je serai resté insensible et irréceptif. Pour beaucoup une telle indifférence passe pour une anomalie, voire une pathologie comparable à la privation totale ou partielle d’un sens — le défaut de perception du rouge par exemple, ou l’insensibilité au goût du poivre.

Presque toujours les artistes de variété ou de rock, lorsqu’on les interrogeait sur leurs influences (je ne sais pas si c’est encore le cas), citaient celle des Beatles comme étant prépondérante : « d’abord les Beatles bien sûr … » ; « … et puis les Beatles, évidemment. » Ceci posé on apprenait qu’il y avait eu par ailleurs Yvette Horner ou Fernandel. C’est pourquoi j’ai toujours cru qu’il s’agissait d’une posture.

À y réfléchir, ce sont les voix que je n’aime pas ; mais surtout c’est une certaine raideur, une faiblesse dans le roll qui de mon point de vue empêche leur rock de se développer.

Toi aussi tu penses que je suis malade ? Que je souffre d’une anesthésie d’une certaine zone du cerveau, celle qui chez toutes les personnes parfaitement constituées est le siège de la Beatlemania ?

Je suis frappé d’une autre insuffisance cérébrale : depuis cette émission de radio, Still my guitar gently weeps me tourne sans arrêt dans la tête, je n’arrive pas à l’interrompre. Il n’y a pas de bouton stop là-dedans, pas même de bouton pause.

L. & L.

Alcindo de Carvalho (1932-2010)

8 décembre 2010

Alcindo de Carvalho (1932-2010)
Alcindo de Carvalho (1932-2010)
Il est mort avant-hier, 6 décembre. Alcindo de Carvalho a chanté presque toute sa vie dans des casas de fado à Lisbonne. Il s’est cependant produit en France et dans quelques autres lieux d’Europe en 2005 à l’occasion de la tournée du spectacle Cabelo branco é saudade, de Ricardo Pais, où il partageait la vedette avec Celeste Rodrigues, Argentina Santos et Ricardo Ribeiro. Sa voix profonde et lyrique contrastait avec celle plus verte de son jeune collègue, ici dans le morceau d’ouverture, qui mêle en fait deux fados, Partir é morrer um pouco (« Partir c’est un peu mourir ») et Gaivotas em terra (« Mouettes à terre »), qui se répondent à travers les voix et les styles des deux chanteurs :

Partir é morrer um pouco, Gaivotas em terra / Alcindo de Carvalho & Ricardo Ribeiro, chant ; Bernardo Couto, guitare portugaise ; Diogo Clemente, guitare ; Nando Araújo, guitare basse ; Mascarenhas Barreto, paroles ; António dos Santos, musique. — Extrait de : Cabelo branco é saudade : fados / conçu et dirigé par Ricardo Pais.

L. & L.


Pais, Ricardo. Dir.
Cabelo branco é saudade

Cabelo branco é saudade (DVD)

Cabelo branco é saudade : fados / conçu et dirigé par Ricardo Pais ; direction musicale Diogo Clemente ; Argentina Santos, Celeste Rodrigues, Alcindo de Carvalho, Ricardo Ribeiro, chant ; Bernardo Couto, guitare portugaise ; Diogo Clemente, guitare ; Nando Araújo, guitare basse. — Promo music, P 2005.

1 DVD zone 2. — Promo Music PM DVD 002.

Disponible sur Amazon, Fnac (France).

Mines flottantes

3 décembre 2010

Mine vaganti. Ferzan Özpetek, 2010. Affiche« De plus compliqué que l’amour il n’y a que la famille. »

As-tu vu Mine vaganti (de Ferzan Özpetek, Italie, 2010) ? Littéralement « Mines flottantes », mais le titre français était Le premier qui l’a dit. C’est cette chanson, Cinquantamila lacrime, entendue hier soir comme accompagnement d’un reportage sur les pâtes italiennes à la tv qui m’y a fait penser. Assez bien vu, car la famille héroïne du film fabrique les meilleures pâtes d’Italie (c’est à dire du monde) dans la splendide ville de Lecce (Pouilles).

« J’ai une amie qui connaît quelqu’un qui a son neveu et même son fils… » « J’ai foutu 30 ans de ma vie en l’air à me cacher » « Vous croyez que ça se guérit ? » etc.

Ce jeune homme qui finit de se préparer avec pétulance pour le repas familial est le cadet des deux fils d’une famille de la bonne bourgeoisie locale. Le papa s’apprête à remettre solennellement les rênes de la fabrique de pâtes qui a fait leur fortune entre les mains de l’aîné, c’est décidé depuis toujours.

Le jeune homme quant à lui vit à Rome où il consacre son existence à la littérature et à un autre jeune homme, deux faits qu’il a décidé de révéler à sa famille qui le croit étudiant en droit ou en médecine je ne sais plus, et coureur de jupons. Mais coup de théâtre : son frère aîné le prend de court. Devant les convives frappés de stupeur il confesse son affreux secret : il aime un homme, il ne peut plus le dissimuler. Voilà le début de l’histoire.

Tu le comprends, il faut que tu voies ce film maintenant, tu ne peux plus vivre sinon, cela t’est impossible désormais.

— Come sei brutta!
— Anch’io ti voglio bene Signora.

— Qu’est-ce que tu es moche !
— Moi aussi je t’aime, Madame.

Ce sont les dernières répliques de la bande-annonce. Allez, encore un coup de Cinquantamila lacrime.

Cinquantamila lacrime / Nina Zilli, chant, paroles et musique.

(Il faut visionner sur Youtube, à cause d’Universal.)

Cinquantamila lacrime non basteranno perchè,
musica triste sei tu dentro di me.
Cinquantamila pagine gettate al vento perchè
eterno è il ricordo, il mio volto per te.
Non ritornare, no tu non ti voltare, non vorrei mi vedessi cadere.

A me piace così, che se sbaglio è lo stesso, perchè questo dolore è amore per te.
Cinquantamila lacrime senza sapere perchè
sono un ricordo lontano da te.

Cinquantamila lacrime non basteranno perchè
musica triste sei tu dentro di me.
Non mi guardare, non lo senti il dolore, brucia come un taglio nel sale.

A me piace così, che se sbaglio è lo stesso, perchè questo dolore è amore per te.
A me piace così, e non chiedo il permesso, perchè questo dolore è amore.
Cinquantamila lacrime / Nina Zilli, paroles et musique.

Cinquante mille larmes ne suffiront pas
Car tu es une musique triste qui vit en moi.
Cinquante mille pages jetées au vent
Car éternel est le souvenir, mon visage pour toi.
Ne reviens pas, non ne te retourne pas, je ne veux pas que tu voies mon malheur.

On croirait ces paroles écrites pour un fado. Bon week end !

L. & L.

B. U.

2 décembre 2010

Sienne (Toscane, Italie). Bibliothèque universitaire, Faccoltà di scienze matematiche, fisiche e naturali (sala Rosa), 13 novembre 2010
Sienne (Toscane, Italie). Salle de lecture, bibliothèque universitaire, Faccoltà di scienze matematiche, fisiche e naturali (Chiesa della Rosa), 13 novembre 2010.

Quand j’étais étudiant la B.U. ça me faisait peur. B.U. tu ne sais pas ce que c’est ? Bibliothèque universitaire. Je n’y allais jamais.

J’ai commencé mes études à Strasbourg. Il faut dire que là-bas ce n’était pas seulement la B.U. : à Strasbourg tout me faisait peur. À cette époque-là une grande partie des annonces de location de logement émanant des particuliers était réservée aux étudiants d’ « Alsace-Moselle » ; rien à ajouter, tout est dit. Je présume que les choses ont changé depuis, je n’ai pas eu l’occasion de le vérifier.

Au bout de deux ans de cet enfer je suis revenu dans mon Finistère. J’avais 19 ans. Étant originaire du Sud (du Finistère) je connaissais à peine Brest, une ville qui passe pour assez laide et particulièrement pluvieuse. J’y ai été heureux. Le paradis.

Sienne (Toscane, Italie). Bibliothèque universitaire, Faccoltà di scienze matematiche, fisiche e naturali (sala Rosa), 13 novembre 2010
Sienne (Toscane, Italie). Salle de lecture, bibliothèque universitaire, Faccoltà di scienze matematiche, fisiche e naturali (Chiesa della Rosa), 13 novembre 2010.

Oui, mais pas à la B.U., qui me faisait peur.

Un jour j’ai été reçu à un concours et je suis devenu bibliothécaire. Mais ce n’est qu’au bout de quatorze ans que j’en suis venu à travailler en B.U., à Toulouse.

Tout à coup c’était comme rentrer à Strasbourg après les vacances de Noël, tout faisait peur, les lieux, les gens. La pénombre, une certaine laideur qu’on pouvait croire délibérée, une atmosphère de défiance, de culpabilisation. De la goujaterie parfois.

Dans cette bibliothèque, comme dans la plupart des B.U. françaises je pense, ces temps sont heureusement révolus. Non, tu ne crois pas ?

Sienne (Toscane, Italie). Salle de lecture, bibliothèque universitaire, Faccoltà di scienze matematiche, fisiche e naturali (sala Rosa), 13 novembre 2010 Sienne (Toscane, Italie). Bibliothèque universitaire, Faccoltà di scienze matematiche, fisiche e naturali (sala Rosa), 13 novembre 2010 Sienne (Toscane, Italie). Bibliothèque universitaire, Faccoltà di scienze matematiche, fisiche e naturali (Chiesa della Rosa), 13 novembre 2010.

Ici à Sienne, on pourrait croire qu’ils n’ont jamais commencé.

L. & L.

La salle de lecture de la bibliothèque universitaire de la Faculté des sciences mathématiques, physiques et naturelles (Chiesa della Rosa) est ouverte du lundi au samedi de 8 heures à 23 heures, et de 14 heures à 23 heures le dimanche (horaires à compter du 11 novembre 2010).
Biblioteca di Scienze Matematiche Fisiche e Naturali
Chiesa di S. Mustiola o della Rosa, 1
53100 Siena (SI)
Italie
Tél. : +33 0577 233 771

L’air des théâtres

2 décembre 2010

Théâtre du Capitole (Toulouse), 27 novembre 2010 Théâtre du Capitole (Toulouse), 27 novembre 2010

Tu sais, cet air qu’on respire dans un théâtre. Il est comme l’eau sur le point de bouillir. On dit de cette eau qu’elle est frémissante. L’air des théâtres n’est pas inerte, il est parcouru de vagues, il est dans une attente de quelque chose d’extraordinaire qui va se produire, quelque chose de prodigieux, la résurrection des morts.

Théâtre du Capitole (Toulouse), 27 novembre 2010
Théâtre du Capitole (Toulouse), 27 novembre 2010

Non tu ne trouves pas ? Tu n’es pas sensible à l’air des théâtres ?

Théâtre des Bouffes du Nord, Paris Théâtre des Bouffes du Nord, Paris

Quant à moi j’aime entrer dans les théâtres. J’aime les visiter aussi, même lorsqu’ils sont endormis, qu’aucun spectacle ne se prépare.

Je suis bon public tellement je suis enchanté. Au théâtre, un concert d’Ana Moura me tirerait les larmes, sans aucun doute.

L. & L.

Ana Moura — Leva-me aos fados (2010)

2 décembre 2010

Tu vois j’ai acheté ça le week-end dernier, Leva-me aos fados (« Emmène-moi aux fados ») d’Ana Moura. On ne peut pas dire que je sois en avance : l’album est paru en 2009 au Portugal, et il est disponible ailleurs depuis le mois d’avril. Je ne sais pas pourquoi j’ai fait cet achat. Pour relancer la consommation des ménages peut-être. Ou par manie de la collection ; c’est une pathologie tu sais.

Il y avait l’espoir d’être déçu en bien (je me cherche des raisons). Cela ne s’est pas produit. La voix est juste pourtant, le timbre n’est pas mal. De bons musiciens (parmi lesquels Custódio Castelo et l’éblouissant José Manuel Neto, tous les deux à la guitare portugaise) et quelques assez jolies chansons. Aucune étincelle, pas de fièvre, pas de merveille, voilà ce qu’il y a avec cet album. De mon point de vue il illustre ce constat lucide que fait Mísia quant à l’évolution de la scène moderne du fado :

Há excelentes vozes, mesmo as muito jovens, mas o que estão a fazer não é muito contemporâneo e comporta pouco risco e pouca reflexão. Não é culpa dessas pessoas. Imagino que devem ser pressionadas para aproveitarem o facto de o fado estar na moda.
[…]
Ultimamente o fado tem sido banalizado, feito espetáculo de variedades com sonoridades que se aplicam só porque é moderno.
Mísia. [Entretien]. Dans Portal do fado [en ligne], 13 novembre 2010. Consulté le 1er décembre 2010.

Il y a des voix remarquables, même les plus jeunes, mais ce que font ces chanteurs n’est pas très contemporain et témoigne d’une absence de prise de risques et de peu de réflexion. Ce n’est pas leur faute. Je suppose qu’on les presse de profiter du fait que le fado est à la mode.
[…]
Depuis quelque temps le fado est banalisé, il s’est transformé en spectacle de variétés, avec des sonorités qui ne sont utilisées que pour faire moderne.
Mísia. [Entretien] ; traduction Lili & Lulu. Dans Portal do fado [en ligne], 13 novembre 2010. Consulté le 1er décembre 2010.

Elle ne mettait peut-être pas Ana Moura dans le lot ; elle ne nomme personne.

Ce Caso arrumado (« Affaire classée »), est l’un des meilleurs morceaux de l’album. La mélodie est celle d’un fado traditionnel de Pedro Rodrigues connu simplement sous le nom de son auteur (Fado Pedro Rodrigues) :

Caso arrumado / Ana Moura, chant ; Manuela de Freitas, paroles ; Pedro Rodrigues, musique (Fado Pedro Rodrigues) ; Custódio Castelo et José Manuel Neto, guitare portugaise ; Jorge Fernando, guitare.

Ce n’était pas la peine d’en parler, franchement, si c’était pour en dire ça.

Le goût du bavardage probablement.

Et à toi, ça te plaît ?

L. & L.

Moura, Ana
Leva-me aos fados

Ana Moura -- Leva-me aos fados. 2009Leva-me aos fados / Ana Moura, chant ; Custódio Castelo et José Manuel Neto, guitare portugaise ; Jorge Fernando, guitare ; Filipe Larsen, guitare basse. — [Europe] : World village ; [France] : distribution Harmonia mundi distribution, P 2010.

Production : Universal music Portugal, P 2009.
World Village 468099. — EAN 713746809928.

Disponible sur Amazon, Fnac (France), CDGO
Télécharger sur Amazon, Fnac

En concert avec Rodrigo Leão (Festival Au fil des voix)
Jeudi 10 Février 2011, 20h30

Paris – Alhambra
21, rue Yves Toudic
75010 Paris
Tél : 01.40.20.40.25
29 € (prix indicatif)
Voir ce concert sur le site du théâtre

Ana Moura sur MySpace

De qui Topo est-il la souffrance ?

21 novembre 2010

Sienne (Toscane, Italie), Sant'Agostino, 13 novembre 2010 Sienne (Toscane, Italie), Sant’Agostino, 13 novembre 2010
Sienne (Toscane, Italie), via Giovanni Duprè, 13 novembre 2010 Sienne (Toscane, Italie), via Giovanni Duprè, 13 novembre 2010

Tu vois ceci ?

Sienne (Toscane, Italie), 13 novembre 2010 Sienne (Toscane, Italie), 13 novembre 2010

Ce détail se trouve sur une maison de la via Giovanni Duprè, une rue qui de Saint Augustin monte jusqu’à la piazza del Campo, le cœur de la ville de Sienne.

Tu vois ce qui est écrit ? Un message, un message d’amour : « Topo ti amo il culo ! »

Topo a-t-il connaissance de cet amour ?

L’inscription se trouve dans un renfoncement, elle n’est pas directement visible de la rue, comme si la déclaration avait été retenue dans la gorge de celui ou celle qui est sous l’emprise de cette passion, et pour qui Topo est toute la beauté du monde. On doit supposer que cette déclaration n’a été faite que de cette manière n’est-ce pas ? que Topo n’en saura rien, à moins qu’il ne passe là. Il y a eu la crainte du rejet.

Cependant cette déclaration a été faite, et tous les passants la voient. De qui Topo est-il la souffrance ?

L. & L.

Sienne (Toscane, Italie), piazza del Duomo, 12 novembre 2010 Sienne (Toscane, Italie), piazza del Duomo, 12 novembre 2010