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Créature de douleur

15 décembre 2010

Toulouse, vitrine de la librairie Terra nova, rue Gambetta, 12 décembre 2010 Toulouse, vitrine de la librairie Terra nova, rue Gambetta, 12 décembre 2010.

Impossible d’entrer dans une librairie et d’en ressortir les mains vides. Encore que ça dépend des librairies — et des villes aussi. Dans certaines librairies : on peut passer tout l’après-midi dans l’oubli du temps qu’il fait, de la vie qu’on vit et de l’âge qu’on a.

Toulouse, vitrine de la librairie Ombres blanches, 12 décembre 2010 Toulouse, vitrine de la librairie Ombres blanches, 12 décembre 2010.

Étant sans intention je regarde les livres, j’en ouvre certains dont je lis la première page, parfois seulement une phrase ; ceux qui sont empilés sur les tables ; ou bien ceux d’un auteur auquel je pense tout à coup ; parfois je ne pense à rien ; je vais au rayon théâtre ; tiens je le croyais ici, il a changé de place ? Qu’à cela ne tienne, voyons les DVD, oh regarde ! (c’est à moi-même que je m’adresse in petto), La religieuse portugaise est sorti en DVD ! Prends-le tout de suite, tu vas l’oublier sinon.

Je regarde les gens, j’écoute les conversations.

Dans une librairie comme celle-ci certains parlent fort exprès — c’est du moins ce que je me figure — pour bien marquer qu’ils sont ici chez eux, que cet endroit constitue une extension de leur biotope, et qu’ils relèvent par conséquent d’une toute autre catégorie que ceux qui ne sont pas entrés dans la librairie. Une manière de brandir des quartiers de noblesse en défiant par avance quiconque d’en vérifier l’authenticité. Comme la femme de la publicité pour les rillettes, tu vois ce que je veux dire ? « Nous n’avons pas les mêmes valeurs », c’est ça. Il y en avait une comme ça dimanche, avec une gamine (à peine quatre ans, déjà fatiguée de sa mère). À l’inverse on voit aussi des gens qu’on ne s’attendrait pas à trouver là (je dis on, mais c’est de moi qu’il s’agit ; preuve que je ne vaux pas mieux que cette femme puisque je n’échappe pas aux idées toutes faites : par exemple une fois j’ai vu à Ombres blanches un pompier en tenue au rayon philosophie, et j’avais trouvé ce fait remarquable dans son incongruité ; tu vois le lieu commun. Et j’aggrave mon cas, puisqu’en ce moment même je suis en train de rapporter cette anecdote.)

Quels bavardages.

Toulouse, librairie Ombres blanches, rue Gambetta, 12 décembre 2010 Toulouse, librairie Ombres blanches, 12 décembre 2010.

Genet, évidemment.

Non loin de Genet, sur la gauche, ceci :

Il y a quelque temps une « aventure » banale arrivait à Catherine Crachat. Catherine Crachat, quel nom, n’est-ce pas. Un nom qui ne peut être porté que par une créature de douleur.
Pierre Jean Jouve (1887-1976). Hécate.

C’est évident, j’ai besoin de ce livre.

L. & L.

2 commentaires leave one →
  1. Laurent permalink
    16 décembre 2010 13:36

    Bonjour,

    Je lis la page de ton blog très souvent le matin lorsque j’ouvre ma boîte mail.
    J’ai toujours un petit sursaut quand je vois le « tu » qui semble m’être adressé. Ca me fait bien plaisir qu’un inconnu me parle, à moi tout spécialement, au petit déjeuner et avec parfois un peu de sollicitude, d’attention…surtout que j’apprends plein de choses, je vois des belles photos…
    Bon alors, merci et surtout continue de m’écrire 🙂
    Laurent

  2. lili-et-lulu permalink*
    18 décembre 2010 12:23

    Évidemment que ça t’est adressé !

    Et donc, je continue comme tu vois.

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