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La chanson du dimanche

14 novembre 2021

Elle vient de Finlande et nous la devons à Matti Kalevi Siitonen, alias Fredi (1942-2021), chanteur, acteur, auteur-compositeur et présentateur de télévision de vaste envergure extrêmement célèbre dans son pays.

Kolmatta linjaa takaisin signifie, dans la singulière langue finnoise : « De retour sur Kolmas linja » (Kolmas linja, littéralement « Troisième ligne », est une rue rectiligne, parallèle à quatre autres artères dénommées respectivement Ensi linja, Toinen linja, Neljäs linja et Viides linja (« Première, Deuxième, Quatrième et Cinquième lignes ») dans le quartier populaire et escarpé de Kallio (« le Rocher ») à Helsinki. C’est à travers ce quartier que déambule Fredi dans ce clip réalisé en 1983. On y reconnaît la caractéristique église de Kallio (construite de 1908 à 1912) et son massif clocher de granit gris.

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Fredi (1942-2021) • Kolmatta linjaa takaisin. Juha Vainio, paroles finnoises ; Jackie Trent & Tony Hatch, musique et paroles originales anglaises. Adaptation finnoise de : Beautiful in the rain (1967).
Fredi, chant ; Nacke Johanssonin Orkesteri, orchestre ; Nacke Johansson, direction & arrangements. Finlande, ℗ 1968.
Vidéo : Päiviö Pyysalo, réalisation. Finlande, 1983.

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Vous allez vouloir chanter avec Fredi : voici les paroles.

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Mä Kolmatta linjaa takaisin kuljen kerran
Ja rahaa on, takaan sen.
Kun Kolmatta linjaa askelin käyn mä herran,
Saa vanhat saatavat jokainen.
Saa Oivan portsari lantin,
Jonka velkaa jäin.
Ja maksan kelloni pantin
Kymppikäärölläin.
Kun löydän Limperin Antin,
Sille kädestäin
Mä heitän – kuin luun – femman näin.
Kun Kolmatta linjaa takaisin kuljen kerran,
Saa vanhat saatavat jokainen.
Niin tiedän, että en yhtä vain saa.
Kun mä Kolmatta linjaa takaisin noin kuljen,
Niin tiedän, nuoruutein jäänyt on taa.
Voin itsetuntoa nostaa
Shekkivihollain.
Voin iskut ilkeät kostaa,
Jotka kerran sain.
Voin sylin lämpöä ostaa,
Jos mä tahdon vain,
Mut ostaa en voi nuoruuttain.
Kun Kolmatta linjaa takaisin kuljen kerran,
Niin tiedän, yhtä en koskaan saa.
On nuoruusaika tuo jäänyt taa.
Juha Vainio (1938-1990). Kolmatta linjaa takaisin (1968).

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Kolmatta linjaa takaisin est en réalité l’adaptation en langue finnoise d’une chanson anglaise de 1967, Beautiful in the rain, enregistrée l’année suivante par Petula Clark, que voici.

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Petula Clark • Beautiful in the rain. Jackie Trent & Tony Hatch, paroles & musique.
Petula Clark, chant ; accompagnement d’orchestre ; Johnny Harris, direction ; Tony Hatch, arrangements.
Extrait de l’album Petula / Petula Clark. Royaume-Uni, ℗ 1968.

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José Afonso • As sete mulheres do Minho

13 novembre 2021

João Paulo Bessa. Affiche de « Zé do Telhado », pièce de Hélder Costa, mise en scène d'Augusto Boal, musique et direction musicale de José Afonso, compagnie A Barraca, Lisbonne, 1978.
João Paulo Bessa. Affiche de Zé do Telhado, pièce de Hélder Costa, mise en scène d’Augusto Boal, musique et direction musicale de José Afonso, compagnie A Barraca, Lisbonne, 1978.

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José Teixeira da Silva (1818-1875), dit Zé do Telhado, était un chef de bande actif dans le Nord du Portugal, réputé détrousser les riches en faveur des pauvres : une sorte de Robin des Bois dont la légende a fourni le prétexte d’au moins trois films portugais. Il est aussi le sujet d’une pièce écrite peu après la Révolution des œillets par Hélder Costa, directeur de la compagnie A Barraca fondée à Lisbonne en 1975. Zé do telhado (c’est le titre de la pièce) a été présentée dans la capitale portugaise en mai 1978, mise en scène par Augusto Boal (1931-2009) et rehaussée d’intermèdes musicaux chantés, composés par José Afonso.

As sete mulheres do Minho (« Les sept femmes du Minho ») est l’une de ces chansons, que « Zeca » Afonso a toutes enregistrées et publiées dans Fura fura (1979), son antépénultième album de studio. Il est accompagné par le groupe Trovante, fondé en 1976 et dont sont issus João Gil et Luís Represas qui deviendront ensuite des acteurs importants de la scène musicale portugaise.

La chanson évoque une révolte populaire qui s’est produite en 1846 dans la région du Minho, située tout au Nord du Portugal, dite révolte de Maria da Fonte.

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José Afonso (1929-1987) • As sete mulheres do Minho. Paroles traditionnelles ; José Afonso, musique. Extrait de la pièce Zé do Telhado de Hélder Costa, musique de José Afonso, présentée à Lisbonne (Centro Cultural Popular de São Mamede) en 1978 par la compagnie A Barraca, mise en scène d’Augusto Boal.
José Afonso, chant ; Trovante, ensemble vocal et instrumental, arrangements.
Extrait de l’album Fura fura / José Afonso. Enregistrement : Lisbonne, studios Arnaldo Trindade, septembre & octobre 1978. Portugal, ℗ 1979.

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As sete mulheres do Minho
mulheres de grande valor
Armadas de fuso e roca
correram com o regedor

Les sept femmes du Minho,
Des femmes de grande valeur,
Armées de fuseaux et quenouilles,
Ont chassé le gouverneur.

Essa mulher lá do Minho
que da foice fez espada
há-de ter na lusa história
uma página doirada

Cette femme-là du Minho
Qui de sa faucille fit une épée
Aura dans l’histoire du pays
Une page dorée.

Viva a Maria da Fonte
com as pistolas na mão
para matar os Cabrais
que são falsos à nação

Vive Maria da Fonte
Avec ses pistolets à la main
pour tuer les « Cabrais* »
Qui sont traîtres à la nation !
Traditionnel (Portugal). As sete mulheres do Minho (XIXe siècle).
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Traditionnel (Portugal). Les sept femmes du Minho, traduit de : As sete mulheres do Minho (XIXe siècle) par L. & L.
* Les « Cabrais » (pluriel de « Cabral ») désignent le gouvernement de António Bernardo da Costa Cabral et ses partisans, cible de la « révolte de Maria da Fonte ».

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Kraków

11 novembre 2021

Il m’a dit cela il y a quarante ans. Je n’ai jamais su exactement quand ni comment il est mort.
Sur la place Nowy — parmi les sèche-cheveux volés, le pain d’épice aux zestes d’orange confits, la femme qui fume en attendant de vendre ses robes, Jagusia et son panier presque vide, les cerises noires qui doivent être vendues et consommées rapidement avant qu’elles ne pourrissent, le tonneau de harengs salés, la voix d’Ewa Demarczyk, sur un CD, qui chante une chanson provocante —, sa mort, pour la première fois, me fait mal.
[…]
Quelque chose me ramène vers les pigeons. Quand j’arrive, un homme se tourne vers moi et, comme s’il devinait ma détresse — existe-t-il sur terre un pays plus accoutumé à ce sentiment ? —, il me tend sans sourire le pigeon voyageur qu’il tient entre les mains.
John Berger (1926-2017). D’ici là, traduit de Here is where we meet (2005) par Katya Berger Andreadakis. Éd. de l’Olivier, impr. 2005, © 2006, ISBN 2-87929-483-5. Page 108.

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Ewa Demarczyk (1941-2020) • Karuzela z madonnami. Miron Białoszewski, paroles ; Zygmunt Konieczny, musique. Titre traduit : Manèges avec madonnes.
Ewa Demarczyk, chant ; ensemble instrumental ; Zygmunt Konieczny, direction ; Orchestre de la Radio polonaise ; Stefan Rachoń, direction.
Extrait de l’album Ewa Demarczyk śpiewa piosenki Zygmunta Koniecznego. Pologne, ℗ 1967.
Vidéo : Masses esclaves, à partir d’images extraites des films Teorema (réalisation Pier Paolo Pasolini, Italie, 1968 ; titre français : Théorème) & Strangers on a train (réalisation Alfred Hitchcock, États-Unis, 1951 ; titre français : L’Inconnu du Nord-Express).

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La chanson du dimanche

7 novembre 2021

Elle est slovaque. Il s’agit du détournement, par un DJ nommé « Mafia Corner », d’une chanson enregistrée en 1937 par l’acteur, chanteur et réalisateur František Kristof Veselý (1903-1977). Le clip réutilise un film plus tardif (années 1970 ?).

D’après son site Web, « Mafia Corner » semble être le pseudonyme d’un jeune homme à l’aspect ordinaire, un peu joufflu, slovaque, moustachu. Je n’en sais pas davantage.

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Mafia Corner • Zuzulienka. Josef Roch, Ľudovit Válka, paroles ; Josef Stelibský, musique.
Mafia Corner, DJ, production. D’après un enregistrement de Jaj Zuzka Zuzička, František Kristof Veselý, chant ; accompagnement d’orchestre ; R. A. [Rudolf Antonín] Dvorský, direction, Tchécoslovaquie, 1937.
Slovaquie, ℗ 2013.
Vidéo : Mafia Corner, d’après un film tchécoslovaque non daté. 2013.

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Site web (en slovaque exclusivement) :

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Ça n’a pas d’importance • Germaine Montero (& Milva)

6 novembre 2021

Germaine Montero (1909-2000) était avant tout une actrice de théâtre, une tragédienne qui, quoique née à Paris, a débuté à Madrid, sous la direction de Federico García Lorca, en 1932 ou 1933 selon les sources. Elle était aussi chanteuse et parmi ses premiers enregistrements figurent un ensemble de chansons populaires espagnoles (Paseando por España, 1952), puis un second (14 Chansons populaires d’Espagne, 1955), de même que des poèmes et des chansons de Lorca.

Parallèlement elle chantait et enregistrait de la chanson française, notamment des compositions sur les poèmes de Pierre Mac Orlan (1882-1970) dont elle est souvent la créatrice et qui constituent l’épine dorsale de son répertoire. Mac Orlan la « considérait comme sa meilleure et sa plus fidèle interprète » (Marc Robine, livret d’accompagnement de Germaine Montero, 2 CD, EMI Music France, 1997).

Ça n’a pas d’importance, moins connue que La fille de Londres ou La chanson de Margaret, était l’un de ses succès. Elle l’a enregistré deux fois en studio (1956 et 1965), plus une en public à l’Olympia (1956).

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Germaine Montero (1909-2000) • Ça n’a pas d’importance. Pierre Mac Orlan, paroles ; Victor Marceau, musique.
Germaine Montero, chant ; accompagnement d’orchestre ; François Rauber, direction. Enregistrement : France, 20 janvier 1965.
Extrait de l’album Germaine Montero chante Pierre Mac Orlan. Vol. 2 / Germaine Montero. France, ℗ 1965.

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Milva, qui était sensible à un certain type de chanson française, en a interprété un certain nombre, le plus souvent adaptées en italien. Son premier enregistrement de Ça n’a pas d’importance, avec des paroles italiennes de Giorgio Calabrese (1929-2016), est paru en 1966. La voici captée en public, en 1977 au Piccolo Teatro de Milan, dans un spectacle nommé Canzoni tra le due guerre (« Chansons d’entre les deux guerres »)

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Milva (1939-2021) • Simone (Ça n’a pas d’importance). Giorgio Calabrese, paroles italiennes ; Victor Marceau, musique. Adaptation de Ça n’a pas d’importance. Pierre Mac Orlan, paroles.
Milva, chant ; Roberto Negri, piano ; Ferdinando Nebuloni, violon ; Ettore Cenci, guitare ; Giorgio Azzolini, basse ; Gianni Zilioli, accordéon ; Mario Lamberti, batterie ; Roberto Negri, arrangements & direction.
Enregistrement public réalisé à Milan (Italie), Piccolo Teatro di Milano, octobre 1977. Extrait d’un spectacle musical de Filippo Crivelli.
Extrait de l’album Canzoni tra le due guerre / Milva. Italie : BMG, ℗ 1978.

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Quand jean Marie de Nantes revint d’la Trinité,
Il déposa son sac aux pieds de son hôtesse
Dans un bar pavoisé par toutes les promesses,
Le bistrot de Simone à l’autre bout du quai
Qui donc a entendu cette vieille histoir’ là
Qui donc l’a raconté tout bas de porte en porte?
Chez Daisy ,chez Simone, ou chez Incarnita ?
Qui l’a confié au vent, au vent de la rue morte?

Simone aime les matelots,
Les matelots aiment qui les aime
Et moi je peux penser de même,
Car c’est là mon moindre défaut.
Mais si la mer plaît aux Bretons,
C’est qu’elle les tient en son giron
Et tant pis pour qui mal y pense.
Ça n’a pas tellement d’importance.

Un homme qui revenait de Gibraltar, port franc,
Avait dit à Simone : « On ira en Afrique »
À Zanzibar au lieu de boulotter des briques,
Je te couvrirai d’or ou, qui vaut mieux, d’argent.
Tu reviendra à Nantes quant il en sera temps
Dans le jour enchanté de notre indépendance
Quant à ton homme, Simone, c’est une affaire de sang
Et ça n’a vraiment pas une telle importance.

Simone aime les matelots,
Les matelots aiment qui les aime
Et moi je peux penser de même,
Car c’est là mon moindre défaut.
Mais si la mer plaît aux Bretons,
C’est qu’elle les tient en son giron
Et tant pis pour qui mal y pense.
Ça n’a pas tellement d’importance.

Simone ne sut jamais le vrai mot de la fin,
Les cars de la police sonnaient partout l’alarme.
Les filles jacassaient au milieu du vacarme
Et pendant quelques jours ce ne fut qu’un refrain
À peine chuchoté dans tous les clandestins.
Un refrain qui n’était qu’un souvenir de bagarre,
Entre le gars de Nantes et l’homme du destin
Au moment historique où les couteaux s’égarent.

Simone aimait les matelots.
Les matelots aiment qui les aime.
Incarnita pensait de même,
Moi je vais m’tirer au plus tôt.
J’irai me crécher à Meudon,
Devant la Seine et ses chansons
Pour prendre un bon coup d’innocence,
Et rien n’aura plus d’importance.
Pierre Mac Orlan (1882-1970). Ça n’a pas d’importance.

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Barbara • Le quatre novembre

4 novembre 2021

Barbara (1930-1997) • Le quatre novembre. Rémo Forlani, paroles ; Barbara, musique. Extrait de la pièce musicale Madame, livret de Rémo Forlani, musique de Barbara.
Barbara, chant ; Jean-Claude Vannier, arrangements et direction musicale.
Extrait de l’album Madame / Barbara. Enregistrement : Paris, studio des Dames, 23-26 septembre, 10-14 novembre et 18-19 décembre 1969). France, ℗ 1970.

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La jardinera • Violeta Parra (& Carmela)

3 novembre 2021

À « L’Escale », l’un des multiples cabarets qui se sont ouverts à Paris dans les années d’après-guerre, se retrouvaient les Latino-Américains et les Espagnols de la capitale, qu’ils s’y soient établis ou n’aient fait qu’y passer. Fondée en 1947 par un couple franco-espagnol, L’Escale était située rue Monsieur-le-Prince, dans le Quartier latin. Le plasticien vénézuélien Jesús-Rafael Soto y accompagnait à la guitare une chanteuse madrilène à la belle voix grave et moelleuse nommée Carmen Requeta et on y entendait aussi, entre autres, les auteurs-compositeurs interprètes Atahualpa Yupanqui (Argentine) ou Violeta Parra (Chili). Le jeune Paco Ibáñez y a fait ses premiers pas de musicien, y croisant les écrivains Gabriel García Márquez (Colombie), Alejo Carpentier (Cuba), Julio Cortázar (Argentine), …

  • Voir l’article L’Escale sur le site Maison Orange.

Violeta Parra donc, qui s’y est produite régulièrement lors de ses deux séjours parisiens (1954-1956 et 1962-1965), y a probablement fait entendre La jardinera (« La jardinière ») : cette tonada, l’une de ses chansons les plus connues, figure au programme de son premier album français, Chants et danses du Chili. I, enregistré pour le label Le Chant du monde en 1956. La version ci-dessous est plus tardive, et enregistrée au Chili.

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Violeta Parra (1917-1967) • La jardinera. Violeta Parra, paroles & musique.
Violeta Parra, chant & guitare.
Extrait du disque 33t : Toda Violeta Parra : El folklore de Chile, Vol. VIII / Violeta Parra. Chili, ℗ 1960.

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Para olvidarme de ti
voy a cultivar la tierra.
En ella espero encontrar
remedio para mi pena.

Afin de t’oublier
Je vais cultiver la terre.
J’espère qu’en elle je trouverai
Le remède à ma peine.

Aquí plantaré el rosal
de las espinas más gruesas.
Tendré lista la corona
para cuando en mí te mueras.

Ici, je planterai le rosier
Aux épines les plus dures
Et tiendrai prête la couronne
Pour l’instant où tu mourras en moi.

Para mi tristeza, violeta azul,
clavelina roja pa’ mi pasión,
y, para saber si me corresponde,
deshojo un blanco manzanillón:
si me quiere – mucho, poquito, nada –,
tranquilo queda mi corazón.

Pour ma tristesse, violette bleue,
Œillet rouge pour ma passion
Et, pour savoir s’il m’aime,
J’effeuille la blanche marguerite :
S’il m’aime — un peu, beaucoup, pas du tout —,
Mon cœur s’apaise.

Creciendo irán poco a poco
los alegres pensamientos.
Cuando ya estén florecidos,
irá lejos tu recuerdo.

Petit à petit grandiront
Les pensées de bonheur
Et lorsqu’elles fleuriront
Ton souvenir se sera éteint.

De la flor de la amapola
seré su mejor amiga.
La pondré bajo la almohada
para dormirme tranquila.

De la fleur du pavot
Je serai la meilleure amie.
Je la mettrai sous l’oreiller
Pour m’endormir en paix.

Cogollo de toronjil,
cuando me aumenten las penas,
las flores de mi jardín
han de ser mis enfermeras.

Rameau de mélisse
Si mes peines reprennent :
Les fleurs de mon jardin
Seront mes infirmières.

Y si acaso yo me ausento
antes que tú te arrepientas,
heredarás estas flores:
¡ven a curarte con ellas!

Et si je venais à partir
Avant qu’advienne ton repentir,
Tu hériterais de ces fleurs :
Viens, elles t’aideront à guérir !
Violeta Parra (1917-1967). La jardinera (1954?).
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Violeta Parra (1917-1967). La jardinière, traduit de : La jardinera (1954?) par L. & L.

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C’est à L’Escale que le tout jeune Paco Ibáñez a débuté, d’abord en complétant à la guitare le duo formé par Jesús-Rafael Soto et Carmen Requeta et formant avec eux le trio « Los Yares », puis en accompagnant Carmen Requeta seule. C’est avec elle, pour l’album Chansons d’Amérique du Sud qu’elle publie en 1963, qu’il connaît sa première expérience d’enregistrement en studio. Même après la parution de son propre premier album Poèmes de Federico Garcia Lorca et Luis de Gongora (voir le billet 2 novembre), il continue pendant plusieurs années à accompagner Carmen Requeta — renommée Carmela —, à la scène comme au disque. Chants d’Espagne et d’Amérique Latine (1969), leur dernière collaboration discographique, contient une version de La jardinera (tronquée d’un couplet).

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Carmela (Carmen Requeta) • La jardinera. Violeta Parra, paroles & musique.
Carmela, chant, tumba ; Paco Ibáñez, guitare & arrangements.
Extrait de l’album : Chants d’Espagne et d’Amérique Latine / Carmela. France, [1969?].

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2 novembre

2 novembre 2021

Toulouse (Occitanie, France), cimetière de Rapas, 21 septembre 2021

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Vecinitas, les dije,
¿dónde está mi sepultura?
En mi cola, dijo el sol.
En mi garganta, dijo la luna.
Federico García Lorca (1898-1936). Casida de las palomas oscuras. Dans : Diván del Tamarit (écriture : entre 1931 et 1934 ; 1ère publication : 1940).

— Petites voisines, leur dis-je,
Où donc est ma sépulture ?
— Dans ma queue, dit le soleil.
— Dans ma gorge, dit la lune.

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Paco Ibáñez • Casida de las palomas oscuras. Poème de Federico García Lorca ; Paco Ibáñez, musique.
Paco Ibáñez, chant ; António Membrado, guitare.
Extrait de l’album Poèmes de Federico Garcia Lorca et Luis de Gongora / Paco Ibáñez. France, ℗ 1964.

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Por las ramas del laurel
vi dos palomas oscuras.
La una era el sol,
la otra la luna.
Vecinitas, les dije,
¿dónde está mi sepultura?
En mi cola, dijo el sol.
En mi garganta, dijo la luna.
Y Yo que estaba caminando
con la tierra por la cintura
vi dos águilas de nieve
y una muchacha desnuda.
La una era la otra
y la muchacha era ninguna.
Aguilitas, les dije,
¿dónde está mi sepultura?
En mi cola, dijo el sol.
En mi garganta, dijo la luna.
Por las ramas del laurel
vi dos palomas desnudas.
La una era la otra
y las dos eran ninguna.

Dans les branches du laurier
J’ai vu deux colombes obscures.
L’une était le soleil,
L’autre était la lune.
— Petites voisines, leur dis-je,
Où donc est ma sépulture ?
— Dans ma queue, dit le soleil.
— Dans ma gorge, dit la lune.
Et moi qui marchais
Avec la terre à la ceinture,
J’ai vu deux aigles de neige
Et une jeune fille nue.
L’une était l’autre
Et la jeune fille n’était aucune.
— Petites aigles, leur dis-je,
Où donc est ma sépulture ?
— Dans ma queue, dit le soleil.
— Dans ma gorge, dit la lune.
Dans les branches du laurier
J’ai vu deux colombes nues.
L’une était l’autre
Et les deux n’étaient aucune.
Federico García Lorca (1898-1936). Casida de las palomas oscuras. Dans : Diván del Tamarit (écriture : entre 1931 et 1934 ; 1ère publication : 1940).
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Federico García Lorca (1898-1936). Casida des tourterelles obscures, trad. par L. & L. de Casida de las palomas oscuras. Dans : Diván del Tamarit (écriture : entre 1931 et 1934 ; 1ère publication : 1940).

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Toulouse (Occitanie, France), cimetière de Rapas, 21 septembre 2021

Frappé par une plume

1 novembre 2021

Adolphe Millot (1857-1921). Dessin de plumes de faisan vénéré (Syrmaticus reevesii). Détail de : Plumes. Dans : Le Larousse pour tous : Nouveau dictionnaire encyclopédique, vol.2, Librairie Larousse, Paris, [1907-1910], p.465. Domaine public, via Wikimedia Commons.
Adolphe Millot (1857-1921). Dessin de plumes de faisan vénéré (Syrmaticus reevesii). Détail de : Plumes. Dans : Le Larousse pour tous : Nouveau dictionnaire encyclopédique, vol.2, Librairie Larousse, Paris, [1907-1910], p.465.. Domaine public, via Wikimedia Commons.

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«Juvara, se ti dicessero che un tizio è stato ferito da un batuffolo di cotone scagliato dal quarto piano, o di un uno in fin di vita dopo esser stato colpito da una piuma? O di un altro stecchito da una cacata di piccione in piena fronte?»
«Scusi, cosa sta dicendo» sorrise l’ispettore.
«Ormai sui giornali si leggono solo notizie assurde.»
Valerio Varesi. Il Commissario Soneri e la strategia della lucertola (2014), Milano, Sperling & Kupfer, 2016 (Pickwick), ISBN 978-88-6836-322-2. Page 1.

« Juvara, si on te disait qu’un type a été blessé par un tampon de coton jeté du quatrième étage, ou qu’il est dans un état critique après avoir été frappé par une plume ? Ou qu’il est tombé raide après s’être pris une fiente de pigeon en plein front ?
— Mais qu’est-ce que vous racontez commissaire ? sourit l’inspecteur.
— Maintenant dans les journaux on ne lit plus que des nouvelles absurdes. »
Valerio Varesi. Le commissaire Soneri et la stratégie de la luciole (non traduit).

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Zizi Jeanmaire (1924-2020) • Mon truc en plumes. Bernard Dimey, paroles ; Jean Constantin, musique.
Zizi Jeanmaire, chant ; accompagnement d’orchestre.
Vidéo : extrait de l’émission Palmarès de l’espoir : gala au profit de la ligue contre le cancer. Abder Isker, réalisation. Zizi Jeanmaire, participante ; Roland Petit, chorégraphie. Production : France, ORTF [Office de radiodiffusion-télévision française], 1968. Première diffusion : 1ère chaine, 18 décembre 1968.

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Papier peint (détail), Paris, Riottot et Pacon, [vers 1865]. Source : Ville de Paris, bibliothèque Forney.

Fado des heures

31 octobre 2021

Pour le retour à l’heure d’hiver, aujourd’hui même : il faut écouter le Fado das horas (« Fado des heures »), par Maria Teresa de Noronha, la plus grande styliste de l’histoire du Fado, la plus musicienne.

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Maria Teresa de Noronha (1918-1993) • Fado das horas. António José de Bragança, paroles ; Maria Teresa de Noronha, musique.
Maria Teresa de Noronha, chant ; Raul Nery, guitare portugaise ; Joaquim do Vale, guitare. Enregistrement : extrait d’une émission de la radio portugaise diffusée en direct le 15 mai 1961. Production : Portugal, RTP (Rádio e Televisão de Portugal), 1961.
Extrait du coffret : Maria Teresa de Noronha (5 CD, 1 DVD). Portugal, ℗ 2018.

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Chorava por te não ver
Por te ver eu choro agora
Mas choro só por querer
por querer ver-te a toda a hora

Je pleurais de ne pas te voir
Et voici que je pleure pour te voir ;
Mais je pleure seulement de vouloir
Te voir à chaque instant de ma vie.

Passa o tempo de corrida
Quando falas eu te escuto
Nas horas da nossa vida
Cada hora é um minuto

Le temps passe à toute vitesse,
Lorsque tu parles, je t’écoute
Et dans le cours de notre vie
Chaque heure n’est qu’une minute.

Quando estás ao pé de mim
Sinto-me dona do mundo
Mas o tempo é tão ruim
Tem cada hora um segundo

Lorsque tu es auprès de moi
C’est comme si le monde m’appartenait.
Mais le temps dans sa cruauté
Transforme les heures en secondes.

Deixa-te estar a meu lado
E não mais te vás embora
P’ra meu coração coitado
Viver na vida uma hora

Je t’en prie, reste auprès de moi,
Ne t’en vas jamais plus !
Que dans sa pauvre vie, mon cœur
Vive au moins une heure entière !
António José de Bragança (1895-1964). Fado das horas (1954?).
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António José de Bragança (1895-1964). Fado des heures, traduit de : Fado das horas (1954?) par L. & L.

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