Fait suite à :
- Fado Raúl Pinto. 1. Maria Teresa de Noronha (& Manuela Cavaco)
- Fado Raúl Pinto. 2. Ricardo Ribeiro, Fernando Maurício
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Le Fado Raúl Pinto semble assez prisé par les jeunes générations de fadistes. Sur cette musique, plusieurs ont employé le poème Por saudade ou por memória, de Manuela de Freitas (née en 1940, comédienne de théâtre surtout, mais dont l’activité de parolière pour le fado n’est pas négligeable). Ce texte avait d’abord été chanté sur la musique du Fado dos sonhos de Frederico de Brito (par Camané dans son album Uma noite de fados en 1995, ou encore par Beatriz da Conceição). Puis, en 2012, à quelques semaines d’intervalle, sa reprise sur le Fado Raúl Pinto est parue sur deux albums distincts.
Dès les premiers jours de janvier Sandra Correia (à ne pas confondre avec Sara Correia) publie son album Ao vivo, qui renferme son interprétation limpide, très classique, du Fado Raúl Pinto.
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Sandra Correia (née en 1973) • Por saudade ou por memória. Manuela de Freitas, paroles ; Raúl Pinto, musique (Fado Raúl Pinto).
Sandra Correia, chant ; Mário Henriques, guitare portugaise ; Manuel Reis, guitare ; Filipe Teixeira, contrebasse.
Extrait de l’album Ao vivo = Live / Sandra Correia. Portugal, Menezes Entertainment, ℗ 2012.
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Disse-te adeus não me lembro
Em que dia de Setembro
Só sei que era madrugada;
A rua estava deserta
E até a lua discreta
Fingiu que não deu por nada
Je t’ai dit adieu, je ne sais plus
Quel jour de septembre,
Je sais juste que l’aube
Se levait sur la rue déserte
Et que la Lune, discrète,
Feignait de ne rien voir.
Sorrimos à despedida
Como quem sabe que a vida
É nome que a morte tem
Nunca mais nos encontrámos
E nunca mais perguntámos
Um p’lo outro a ninguém
Nous nous sommes souri
Comme ceux qui savent que la vie
Est l’autre nom de la mort.
Nous ne nous sommes plus revus
Et n’avons jamais cherché
À rien savoir l’un de l’autre.
Que memória ou que saudade
Contará toda a verdade
Do que não fomos capazes
Por saudade ou por memória
Eu só sei contar a história
Da falta que tu me fazes
De quel souvenir, quel vague à l’âme
Eclatera la vérité
Que nous n’avons pas su voir ?
Mélancolie ou souvenir,
Tout ce que je sais dire,
C’est ce mal que j’ai de toi.
… … Manuela de Freitas (née en 1940). Por saudade ou por memória (1995?). Autre titre : Disse-te adeus.
Manuela de Freitas (née en 1940). Mélancolie ou souvenir, traduit de : Por saudade ou por memória (1995?), par L. & L. Autre titre : Disse-te adeus (Je t’ai dit adieu).
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Deux mois plus tard Carminho publie son second album, Alma, avec sa propre version de Por saudade ou por memória. Rebaptisée Disse-te adeus, elle est bien représentative du style de cette chanteuse, très douée mais manquant de simplicité. Trop d’emphase, trop d’effets, sur tous les mots, sur les syllabes, étirées, triturées… jusqu’à la perte de sens.
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Carminho (née en 1984) • Disse-te adeus (Por saudade ou por memória). Manuela de Freitas, paroles ; Raúl Pinto, musique (Fado Raúl Pinto).
Carminho, chant ; Luís Guerreiro & Ângelo Freire, guitare portugaise ; Diogo Clemente, guitare & basse acoustique.
Enregistrement : Lisbonne, Lisboa Estúdios.
Extrait de l’album Alma / Carminho. Portugal, EMI Music Portugal, ℗ 2012.
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Pourtant la voici, cette Carminho, interprétant ce même fado de façon beaucoup plus convaincante. C’est dans la rue, à Lisbonne, selon l’indication placée au début de cette vidéo, au cours d’une « sardinhada com fados » (une soirée « sardines grillées » avec fado). La captation est datée d’un 21 juillet, l’année n’est pas précisée mais elle remonte à 2009 au moins.
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Carminho (née en 1984) • Disse-te adeus (Por saudade ou por memória). Manuela de Freitas, paroles ; Raúl Pinto, musique (Fado Raúl Pinto).
Carminho (Carmo Rebelo de Andrade), chant ; Ricardo Parreira, guitare portugaise ; Marco Oliveira, guitare ; João Penedo, basse acoustique.
Captation : Lisbonne, lieu non précisé, 21 juillet [2009?].
Vidéo : Maria Joana. 2010 (mise en ligne).
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Il y a quelques mois, en mai de cette année 2024, paraissait le premier album du jeune Sérgio Onze, Nós (« Nous »). Est-ce l’influence de Carminho (à laquelle s’ajoute celle, flagrante, de Ricardo Ribeiro, qui est par ailleurs le producteur de Nós) ? Son Por saudade ou por memória n’est pas loin de la caricature. C’est d’autant plus dommage que cette voix singulière est assez belle et pourrait procurer d’autres émotions.
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Sérgio Onze • Por saudade ou por memória. Manuela de Freitas, paroles ; Raúl Pinto, musique (Fado Raúl Pinto).
Sérgio Onze, chant ; instrumentistes non identifiés ; Ricardo Ribeiro, producteur.
Extrait de l’album Nós / Sérgio Onze. Portugal, ℗ 2024.
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Pour clore ce petit billet, voici une captation réalisée à Porto il y a quelques années, d’une autre interprétation de Por saudade ou por memória, très classique elle aussi, assez prenante. Le chanteur est Miguel Xavier (dont un album studio est paru, avec une version de ce fado, moins bonne que celle-ci). De bons instrumentistes l’accompagnent, parmi lesquels l’excellent Miguel Amaral. L’enregistrement est malheureusement de piètre qualité pour la voix du fadiste, couverte par les guitares et parfois inaudible.
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Miguel Xavier • Disse-te adeus. Manuela de Freitas, paroles ; Raúl Pinto, musique (Fado Raúl Pinto).
Miguel Xavier, chant ; Miguel Amaral, guitare portugaise ; André Teixeira, guitare ; Sérgio Marques, basse acoustique.
Captation : Porto (Portugal), boutique Porto Guitarra, [2015?].
Vidéo : Portugal, Porto Guitarra, 2015 (mise en ligne).
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Fait suite à :
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Ricardo Ribeiro • A porta do coração
Justesse de ton, interprétation véritablement fadiste : Ricardo Ribeiro en 2010. Pour son Fado Raúl Pinto il a choisi un poème du prolifique Carlos Conde (1901-1981), A porta do coração (« La porte du cœur »), qui donne son nom à l’album entier.
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Ricardo Ribeiro (né en 1981) • A porta do coração. Carlos Conde, paroles ; Raúl Pinto, musique (Fado Raúl Pinto).
Ricardo Ribeiro, chant ; Pedro de Castro, guitare portugaise ; Jaime Santos, guitare ; Joel Pina, basse acoustique.
Extrait de l’album Porta do coração / Ricardo Ribeiro. Portugal, EMI Music Portugal, ℗ 2010.
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Feia ou bonita, que importa
Se nos assalta a paixão
Por quem nos sabe vencer,
O coração tem uma porta
E a porta do coração
Abre-se às vezes sem querer!
Belle ou laide, qu’importe
Quand on est accablé d’amour
Pour celle qui a eu raison de nous
Le cœur a une porte
Et la porte du cœur
S’ouvre parfois toute seule.
Cruzei um dia na vida
Com um olhar tanto a preceito
Que me toldou a presença,
Ela não pediu guarida
Mas bateu com tanto jeito
Que entrou sem eu dar licença!
Un jour j’ai croisé
Un regard si parfait
Que je n’ai rien vu d’autre.
Elle n’a rien demandé,
Mais elle a frappé si fort
Qu’elle est entrée sans permission.
O amor é um imprevisto
Faz-nos rir, faz-nos chorar
Faz-nos sofrer e sentir,
O meu coração tem disto
Às vezes quero-o fechar
Mas ele teima em abrir!
L’amour est imprévisible,
Il fait rire, il fait pleurer,
Il fait souffrir et ressentir.
Mon cœur est comme ça.
Parfois je veux le fermer
Mais il s’obstine à s’ouvrir !
Que importa o riso, a traição
Quem ama tudo suporta
O resto não tem valor.
Só quem não tem coração
É que não tem uma porta
P’ra dar entrada ao amor!
Qu’importent le rire, la trahison,
Quand on aime on endure tout,
Le reste n’a pas de valeur.
Celui qui n’a pas de cœur
N’a pas non plus de porte
Pour y faire entrer l’amour !
… … Carlos Conde (1901-1981). A porta do coração (19??).
Carlos Conde (1901-1981). La porte du cœur, traduit de : A porta do coração (19??), par L. & L.
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Fernando Maurício (1933-2003) • Sótão da Amendoeira
Interrogé sur ses influences, Ricardo Ribeiro nomme invariablement Fernando Maurício (1933-2003) comme la principale d’entre elles. Il a d’ailleurs été accusé d’en être un simple épigone, ce qui, à mon avis, est injustifié. Autrefois surnommé « o Rei do Fado » (« le Roi du Fado »), Fernando Maurício a encore ses admirateurs. Pour ma part je préfère le Raúl Pinto de Ricardo Ribeiro à celui de son aîné.
Le texte, lui aussi de Carlos Conde, évoque une mansarde (sótão) située dans la rua da Amendoeira (« rue de l’Amandier »), une voie étroite et pentue du quartier de la Mouraria, à Lisbonne. La mère de la célèbre Maria Severa, la première fadiste dont l’histoire ait retenu le nom, y a demeuré.
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Fernando Maurício (1933-2003) • Sótão da Amendoeira. Carlos Conde, paroles ; Raúl Pinto, musique (Fado Raúl Pinto).
Fernando Maurício, chant ; Manuel Mendes & Armandino Maia, guitare portugaise ; José Maria de Carvalho, guitare ; José Vilela, basse acoustique.
Première publication dans le disque 45t Quando me sinto só ; O sótão da Amendoeira ; O meu coração parou ; Fado é condão / Fernando Maurício. Portugal, Estúdios, [vers 1970].
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Naquele típico sótão
Sob as telhas mais antigas
Da Rua da Amendoeira;
Ainda há traços que denotam
O sabor dado às cantigas
P’la Matilde cantadeira
Dans cette mansarde typique,
Sous les antiques tuiles
De la rue de l’Amandier,
On croit sentir encore
La saveur que la Matilde
Donnait à ses chansons.
Airosa mas inconstante
A Matilde dava ao fado
A graça doutros estilos
No velho café cantante
Que ficava mesmo ao lado
Da estalagem dos Camilos*
Avenante mais inconstante,
Matilde donnait au fado
La grâce d’autres styles
Dans le vieux café chantant
Qu’on trouvait juste à côté
De l’hôtellerie des Pères camilliens*.No sótão esconso e sujo
Três sombras de porte ufano
Espreitam a Mouraria
As lágrimas dum marujo
Os ciúmes dum cigano
E os remorsos dum rufia
Dans la mansarde bancale et sale
Trois ombres au port altier
Observent la Mouraria
Les larmes d’un matelot,
La jalousie d’un gitan
Et les remords d’un maquereau.
Senti presos os meus pés
Mas desviei o caminho
E quedei-me ali à beira
Só para ver outra vez
Aquele sótão velhinho
Da Rua da Amendoeira
Mes pieds refusaient d’y aller,
Mais j’ai fait le détour
Et je suis resté là
À regarder encore une fois
Cette vieille mansarde
De la rue de l’Amandier.
… … Carlos Conde (1901-1981). Sotão da Amendoeira (19??).
* L’ordre des Camilliens, ou Ordre des clercs réguliers pour les malades, fondé par saint Camille de Lellis (1550-1614).
Carlos Conde (1901-1981). La mansarde de la rue de l’Amandier, traduit de : Sotão da Amendoeira (19??), par L. & L.
* L’ordre des Camilliens, ou Ordre des clercs réguliers pour les malades, fondé par saint Camille de Lellis (1550-1614).
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Raúl Pinto (1???-1943?) • Fado Raúl Pinto. Raúl Pinto, musique ; Arménio de Melo, arrangement.
Conjunto de guitarras de Arménio de Melo (Arménio de Melo, guitare portugaise ; autres instrumentistes non identifiés).
Extrait de l’album Lisboa, cidade de fado. Vol. V : 17 clássicos : silêncio, cantam guitarras. Portugal, Estoril, ℗ 1996.
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Raúl Pinto, le compositeur du fado qui porte son nom, reste fort peu documenté. En dehors d’avoir composé cette pièce, la nature de sa relation avec le fado ne semble pas absolument établie : probablement fadiste lui-même, était-il aussi instrumentiste ? Joueur de guitare portugaise peut-être, mais c’est une conjecture. Aucune autre composition que celle-ci ne lui est attribuée. Il est peut-être mort en 1943. Voilà tout ce qui semble être su de lui.
Le Fado Raúl Pinto, connu aussi sous le nom de Marcha do Raúl Pinto est une très jolie mélodie douce-amère, dans laquelle Maria Teresa de Noronha fait merveille.
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Maria Teresa de Noronha (1918-1993) • Minha mágoa. Maria Teresa de Albuquerque, paroles ; Raúl Pinto, musique (Fado Raúl Pinto).
Maria Teresa de Noronha, chant ; Raul Nery, guitare portugaise ; Joaquim do Vale, guitare ; Joel Pina, basse acoustique.
Première publication : disque 45t Minha mágoa / Maria Teresa de Noronha. Portugal, ℗ 1962.
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De tanto, tanto cantar
Já quase não sei chorar
Dando alívio à minha mágoa;
Mas às vezes quando canto
A minha dor sinto tanto
Tenho os olhos rasos de água
À force de tant chanter
Je ne sais presque plus pleurer
Pour soulager mes peines ;
Mais quand je chante, parfois
Je sens si fort ma douleur
Que mes yeux s’emplissent de larmes.
Meu amor quando me ouvires
Se saudade ainda sentires
Do tempo que já passou
Escusas de pedir perdão
Que o meu pobre coração
Já tudo te perdoou
Mon amour si en m’entendant,
La saudade du temps passé
Te saisit encore,
Ne me demande pas pardon
Car mon cœur infortuné
T’a déjà tout pardonné.
Enquanto a guitarra toca
A minha saudade invoca
Os dias que já vivi
E então como um lamento
A voz é o pensamento
Que trago agarrado a ti.
Tandis que la guitare joue,
Ma propre saudade invoque
Les jours que j’ai vécus.
Alors, comme une plainte,
Ma voix est la pensée
Que je porte, attachée à toi.
… … Maria Teresa de Albuquerque. Minha mágoa (1962).
Maria Teresa de Albuquerque. Ma peine, traduit de : Minha mágoa (1962), par L. & L.
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Le Fado Raúl Pinto est pratiqué par les fadistes sur les textes les plus divers. Mais voici ce même texte, Minha mágoa, chanté sur cette même mélodie par une autre fadiste, Manuela Cavaco. Excellente chanteuse, très influencée par Amália Rodrigues et, à une moindre enseigne, par Maria Teresa de Noronha, elle délivre, en public, une bonne version de ce fado — quoique d’un tout autre niveau que celui du modèle qui reste hors d’atteinte.
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Manuela Cavaco (née en 1943) • Minha mágoa. Maria Teresa de Albuquerque, paroles ; Raúl Pinto, musique (Fado Raúl Pinto).
Manuela Cavaco, chant ; David Ribeiro, guitare portugaise ; Tiago Silva, guitare.
Captation : Galerie Urban Science, Lisbonne, 5 mars 2014.
Vidéo : Portugal, 4FadoLisbon, 2014.
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La chanson du dimanche [55]. Моя маленькая
La chanson de ce dimanche est une composition de son interprète, Polina Agoureeva [Полина Агуреева], sur des vers de l’une des grandes poétesses russes du siècle dernier, Marina Tsvetaïeva [Марина Цветаева]. La séquence est extraite du film Dolgoie prochtchanie [Долгое прощание] (titre français : Un long adieu), réalisé par Sergueï Oursouliak [Сергей Урсуляк] et sorti en 2004.
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Долгое прощание [Dolgoe prochtchanie] (2004). Extrait. Сергей Урсуляк [Serguej Ursuljak], réalisation ; Эльга Лындина [Elga Lyndina], Сергей Урсуляк [Sergueï Ursuljak], scénario ; adapté de la nouvelle éponyme de Юрий Трифонов [Jurij Trifonov]. Titre français : Un long adieu
Distribution : Полина Агуреева [Polina Agureeva] (Lialia Telepneva) ; Борис Каморзин [Boris Kamorzine] (Nikolaï Smolianov, dramaturge) ; Андрей Щенников [Andrej Chtchennikov] (Grigori Rebrov, le mari de Lialia) …
Production : Russie : Фильм-Про [Fil’m-Pro], avec le soutien du Ministère de la Culture de la Fédération de Russie, 2004. Sortie : 2004 (Russie, France).
Chanson :
Полина Агуреева [Polina Agureeva] (née en 1976) • Моя маленькая [Moja malen’kaja]. Poème de Марина Цветаева [Marina Tsvetaeva] ; Полина Агуреева [Polina Agureeva], musique.
Полина Агуреева [Polina Agureeva], chant ; guitare.
Russie, ℗ 2004.
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La traduction ci-dessous, réalisée par Véronique Lossky (1931-2018), a été recueillie dans :
Марина Цветаева [Marina Tsvetaïeva] (1892-1941). Poèmes de Russie II (1912-1920), éd. bilingue, traduit du russe et annoté par Véronique Lossky, Genève, Éditions des Syrtes, 2023 (Syrtes poche), ISBN 978-2-940701-65-0, p. 341-343.
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Ландыш, ландыш белоснежный,
Розан аленький!
Каждый говорил ей нежно:
«Моя маленькая!»
Muguet — blancheur de neige,
Petite rose rouge !
Chacun disait avec tendresse :
« Ma petite chérie ! »
— Ликом — чистая иконка,
Пеньем — пеночка… —
И качал её тихонько
На коленочках.
— Le visage, une vraie icône
Le chant : toute douce mousse…
Et il la berçait doucement
Sur ses genoux.
Ходит вправо, ходит влево
Божий маятник.
И кончалось всё припевом:
«Моя маленькая!»
La pendule balance à droite
Et à gauche, pour mon Dieu !
Tout finissait par le refrain
« Ma petite chérie ! »
Божьи думы нерушимы,
Путь — указанный.
Маленьким не быть большими,
Вольным — связанными.
Les pensées de Dieu sont immuables,
Le chemin tout tracé.
Les petits ne deviendront pas grands,
Les gens libres ne seront pas attachés.
*[И предстал — в кого не целят
Девки — пальчиком:
Божий ангел встал с постели —
Вслед за мальчиком.]
*[Il s’est levé, celui que ne visent pas
Les jeunes filles de leur joli doigt.
L’ange de Dieu de son lit s’est levé
Pour suivre le garçonnet.]
— Будешь цвесть под райским древом,
Розан аленький! —
Так и кончилась с припевом:
«Моя маленькая!»
Tu fleuriras sous l’arbre
Du paradis, rose rouge !
Elle s’est achevée sur le refrain
« Ma petite chérie ! »
… … Марина Цветаева [Marina Tsvetaïeva] (1892-1941). Ландыш, ландыш белоснежный [Landyš, landyš belosnežnyj] (Стихи к Сонечке [Stihi k Sonetchke]. 10) (16 juin 1919).
*Strophe non chantée.
Марина Цветаева [Marina Tsvetaïeva] (1892-1941). Muguet — blancheur de neige (Poèmes à Sonetchka. 10), traduit de : Ландыш, ландыш белоснежный [Landyš, landyš belosnežnyj] (Стихи к Сонечке [Stihi k Sonetchke]. 10) (16 juin 1919), par Véronique Lossky.
*Strophe non chantée.
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La chanson du dimanche [54]. Comme au théâtre
Deux pour le prix d’une.
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Cora Vaucaire (1918-2011) • Comme au théâtre. Roland Arday, paroles & musique.
Cora Vaucaire, chant ; Michel Frantz, piano ; Charles Hernandez, flûte ; Joe Rossi, accordéon ; Pierre Moreilhon, contrebasse ; Michel Franz, orchestrations & direction.
Enregistrement public : Paris, Théâtre de la Ville, 1973.
Extrait de l’album Cora Vaucaire : enregistrement public au Théâtre de la Ville. France, Disques Jacques Canetti, ℗ 1973.
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Danielle Darrieux (1917-2017) • Comme au théâtre. Roland Arday, paroles & musique.
Danielle Darrieux, chant ; accompagnement d’orchestre ; François Rauber, direction.
Extrait de l’album Une chanson ; Il n’y en a que pour la rose ; La Rochelle en hiver … / Danielle Darrieux. France, RCA, ℗ 1968.
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Mísia, la « voix de Marie-Madeleine »

Couverture de l’album Drama box de Mísia. Liberdades poéticas, © & ℗ 2005.
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Probable que le travail de Mísia ait été mieux reconnu à l’étranger qu’au Portugal (où les fadistes ne manquaient pas et où le milieu du fado n’est guère réputé pour son goût de la nouveauté). En France par exemple, elle a représenté à elle seule le renouveau du fado dans les années 1990, lorsqu’elle y est apparue avec Tanto menos, tanto mais qui était en fait son deuxième album. Son chic, qui avait quelque chose de parisien, son personnage, son goût pour la mise en scène de soi-même, pour le rituel et les couleurs du théâtre — le noir, le rouge sombre —, son timbre assez grave rappelant celui de certaines chanteuses françaises, Juliette Gréco, Monique Morelli et d’autres, y ont toujours été accueillis avec bienveillance.
En quelque sorte elle y a pris la suite d’Amália, aidée en cela par une très bonne maîtrise de la langue française, comme on peut le constater dans deux émissions de radio, respectivement diffusées à l’origine sur France Culture et sur France Musique et disponibles aujourd’hui en podcast sur le site de Radio France (liens ci-dessous). Elle répondait en 2014, avec beaucoup d’allant, aux questions parfois floues de Laure Adler (chez qui on sent néanmoins une réelle sympathie pour son invitée) et à celles, plus techniques, de Karine Le Bail sur « la voix du fado » en 2015.
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Titre : Misia
Conversation entre Laure Adler, productrice à France Culture, et Mísia, dans le cadre de l’émission Hors-champs. Production : Radio France, 2014. Première diffusion : France Culture, vendredi 5 décembre 2014.
Durée : 44 minutes.
Titre : La voix du Fado, avec Misia
Conversation entre Karine Le Bail, productrice à France Musique, et Mísia, dans le cadre de l’émission À pleine voix. Production : Radio France, 2015. Première diffusion : France Musique, dimanche 27 décembre 2015.
Durée : 59 minutes.
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Elle y évoquait ses origines familiales luso-espagnoles, son nom de scène emprunté à Misia Sert, sa carrière atypique, la vénération qu’elle vouait à Amália Rodrigues. Son désir, étant petite, de devenir anthropologue ou trapéziste. Et sa voix, sur laquelle, je crois, elle s’est toujours illusionnée. Le fado, en tant qu’expression des vicissitudes humaines, doit être chanté non « avec une voix comme la vierge Marie », mais « avec une voix de Marie-Madeleine », dit-elle dans la seconde de ces deux émissions. Le fait est que la sienne, qui était naturellement rugueuse, surtout dans la seconde partie de sa carrière, manquait d’agilité. En témoigne son album Drama box de 2005, dédié à sa mère espagnole, qui comporte à la fois des pièces virtuoses qu’elle maîtrise difficilement (E se a morte me despisse, ou encore Yo soy Maria, extrait de « l’operita » d’Ástor Piazzolla María de Buenos Aires) et d’autres où elle est parfaitement à son aise, notamment les deux boleros d’Armando Manzanero (1934-2020), auteur compositeur interprète mexicain renommé, qui ouvrent l’album. Voici le premier d’entre eux, Ese momento.
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Mísia (1955-2024) • Ese momento. Armando Manzanero, paroles & musique ; Ricardo Dias, arrangement ; en collaboration avec José Manuel Neto, Carlos Manuel Proença, Daniel Pinto & Luís Cunha.
Mísia, chant ; José Manuel Neto, guitare portugaise ; Carlos Manuel Proença, guitare ; Daniel Pinto, basse acoustique ; Luís Cunha – violon ; António Aguiar, contrebasse ; Ricardo Dias, piano & accordéon ; Victor Villena, bandonéon.
Extrait de l’album Drama box / Mísia. Portugal, Liberdades poéticas, ℗ 2005.
Vidéo : pas d’information.
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Ese momento
Cuando tus pasos van sonando
En la escalera
Me vuelvo loca
Mi sangre hierve y mi pulso
Se acelera
Y me imagino la humedad
De tu esperado respirar
Y me estremezco de saber
Como te voy a conquistar
À ce moment
Où tes pas résonnent
Dans l’escalier
Je deviens folle,
Mon sang bout et mon cœur
S’accélère,
Je sens déjà sur moi
Ton souffle imaginé
Et je tremble car je sais
Comment je te séduirai.
Ese momento
Que considero tan
Egoístamente mio
Ese momento
Donde se acaban expresiones
Y palabras
Cuando tus manos
Se depositan en la fiebre
De mi tiempo
Ce moment,
Dont si égoïstement,
Je considère qu’il est à moi,
Ce moment
Où les paroles ne veulent plus
Rien dire,
Où tes mains
Effleurent mon pouls
Enfiévré,
Ese momento
Yo no creo que se pueda
Describir
Es llanto, risa, vida plena,
Una forma de morir
Ese momento
Te considero tan
Egoístamente mio
Ce moment,
Je ne crois pas qu’on puisse
Le décrire.
Il est larmes, rire, vie comblée,
Il est une mort.
À ce moment,
Si égoïstement,
Je considère que tu es à moi.
Ese momento
Yo lo espero siempre
Cada atardecer
Miro la puerta, ese espacio
Donde vas a aparecer
Ese momento
Te considero tan
Egoístamente mio.
Ce moment,
Je l’attends toujours.
Chaque soir
Je fixe la porte, cet espace
Où tu vas apparaître.
À ce moment,
Si égoïstement,
Je considère que tu es à moi.
… … Armando Manzanero (1934-2020). Ese momento (1987).
Armando Manzanero (1934-2020). Ce moment, traduit de : Ese momento (1987), par L. & L.
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Mísia est morte
Mísia, la plus attachante parmi les fadistes contemporains, est morte aujourd’hui, samedi 27 juillet, victime du cancer contre lequel elle luttait depuis plusieurs années. Elle avait 69 ans.
Raffinée, intelligente, elle est sans aucun doute la principale instigatrice du fado novo, participant de toute son énergie au renouveau d’un genre menacé de désuétude, et lui assurant un avenir fécond.
Pour lui rendre hommage, cette vidéo dans laquelle elle interprète, en en faisant un fado, une chanson espagnole de Luis Eduardo Aute (1943-2020).
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Mísia (1955-2024) • De alguna manera. Luis Eduardo Aute, paroles & musique.
Mísia, chant ; António Chainho, guitare portugaise ; instrumentiste non identifié, guitare classique.
Extrait de l’émission El programa de Carlos Herrera diffusée le 3 novembre 1995. Production : Canal Sur Televisión. Espagne, 1995.
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De alguna manera
tendré que olvidarte,
por mucho que quiera
no es fácil, ya sabes,
me faltan las fuerzas,
ha sido muy tarde,
y nada más, y nada más,
apenas nada más.
De toute façon
Je devrai t’oublier
Mais j’ai beau essayer,
Ce n’est pas facile, tu sais,
Je n’en ai pas la force,
Il est déjà trop tard
Et c’est tout, c’est tout,
Rien de plus.
Las noches te acercan
y enredas el aire,
mis labios se secan
e intento besarte,
qué fría es la cera
de un beso de nadie
y nada más, y nada más,
apenas nada más.
La nuit te rapproche
L’air frémit de toi,
Mes lèvres se dessèchent
Et j’essaie de t’embrasser
Comme elle est froide la cire
Du baiser de personne !
Et c’est tout, c’est tout,
Rien de plus.
Las horas de piedra
parecen cansarse
y el tiempo se peina
con gesto de amante,
de alguna manera
tendré que olvidarte
y nada más, y nada más,
apenas nada más.
Les heures de pierre
Semblent s’épuiser
Et le temps se peigne
D’un geste d’amant
De toute façon
Je devrai t’oublier
Et c’est tout, c’est tout,
Rien de plus.
Luis Eduardo Aute (1943-2020). De alguna manera.
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Luis Eduardo Aute (1943-2020). De toute façon, traduit de : De alguna manera par L. & L.
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L’affaire du bateau-mouche
À cet instant, le bateau-mouche est apparu. Il glissait vers la pointe de l’île, sa guirlande de projecteur braquée sur les maisons des quais. Les murs de la pièce étaient brusquement recouverts de tâches, de points lumineux et de treillages qui tournaient et venaient se perdre au plafond. Dans cette même chambre, il y a vingt ans, c’étaient les mêmes ombres fugitives et familières qui nous captivaient mon frère Rudy et moi, quand nous éteignions la lumière au passage de ce même bateau-mouche.
Patrick Modiano (né en 1945). Livret de famille (1977), dans Romans, Gallimard, impr. 2014 (Quarto). ISBN 978-2-07-013956-9, p. 330.
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Catherine Sauvage (1929-1998) • L’affaire du bateau-mouche. Paul Gilson, paroles ; Jacques Diéval, musique.
Catherine Sauvage, chant ; Jacques Loussier, piano.
Extrait de l’album Chansons d’amour et de tendresse ; Chansons des amours déchirantes / Catherine Sauvage. France, ℗ 1964.
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Le bateau-mouche en quarantaine
Puni pour avoir trop fumé
De Charenton jusqu’à Suresnes
Dans la voilette de marraine
À la barbe du capitaine
Est mis en vente à réclamerQu’il en avait chargé des peines
En promenade aller retour
Des sourires pour les étrennes
Des serments à fin de semaine
Quand pour dix sous une sirène
Reprenait l’air du Point du JourEntre les berges de la Seine
Une voyageuse au long cours
Cours du dimanche et cours d’amour
Mêlait en jouant des mitaines
Et les jamais et les toujours
Au fond d’un manchon de velours.Belle passagère qu’entraîne
Une rumeur de revenants
O gué sachez que la sirène
Avait la voix de ma marraine
Et que Nemo le capitaine
Est mort sans lui laisser d’enfants.Paul Gilson (Paris, 1904 – Paris, 1963). L’affaire du bateau-mouche, extrait de Ballades pour fantômes (1950).
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Mísia • Venho de longe, Lisboa (2009)
Venho de longe, Lisboa (« Je viens de loin, Lisbonne »), enregistré à Paris, extrait du double album Ruas publié en 2009, serait l’un de mes morceaux favoris de Mísia sans l’horripilante intrusion finale d’un violon pleurnichard et m’as-tu-vu, presque obscène.
Rosa Lobato de Faria (1932-2010), l’autrice de ce joli texte, était à la fois actrice, romancière, dramaturge, poétesse (de toute son œuvre, seul un roman est traduit en français). Elle ne dédaignait pas d’écrire pour la chanson ni, on le voit, pour le fado. Quant au compositeur, Nuno da Nazareth Fernandes (né en 1942), très éclectique lui aussi, il s’est illustré aussi bien dans les arts graphiques que dans la musique et la poésie.
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Mísia (née en 1955) • Venho de longe, Lisboa. Rosa Lobato de Faria, paroles ; Nuno da Nazareth Fernandes, musique.
Mísia, chant ; Ângelo Freire, guitare portugaise ; Carlos Manuel Proença, guitare ; Daniel Pinto, basse acoustique ; Luís Pacheco Cunha, violon ; Daniel Mille, accordéon.
Enregistrement : Paris, studio Acousti.
Extrait de l’album Ruas / Mísia. France, ℗ 2009.
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Venho a ti de mãos abertas
Como se fossem de espanto
Trago a chama dos poetas
Sob uma vela de pranto.
Je viens à toi les mains ouvertes
Comme si elles étaient de stupeur,
Portant la flamme des poètes
Sous une voile de pleurs.
Venho a ti de mãos fechadas
Como se fossem de bruma
Trago a flor das madrugadas
Nos meus cabelos de espuma.
Je viens à toi les mains fermées
Comme si elles étaient de brume,
Portant la fleur des aurores
Dans ma chevelure d’écume.
Venho de longe, Lisboa
Desaguar no teu regaço
O meu corpo de canoa
Amortalhado de espaço.
Venho de longe, Lisboa
Agasalhar no teu cais
O meu corpo de falua
Despido nos temporais.
Je viens de loin, Lisbonne,
Amarrer à tes genoux
Mon corps de goélette
Pris dans un linceul d’immensité.
Je viens de loin, Lisbonne,
Mettre à l’abri de ton quai
Mon corps de felouque
Dépouillé par les vents.
Venho a ti de mãos vazias
Perdi sonhos no caminho
Quero pousar os meus dias
No teu vestido de linho.
Je viens à toi les mains vides :
J’ai laissé des rêves en chemin.
Je veux déposer mes jours
Dans ta tunique de lin.
Venho a ti de pés descalços
Como se fossem de vento.
Sou a sombra de dois braços
Na laje do esquecimento.
Je viens à toi les pieds nus
Comme s’ils étaient de vent.
Je suis l’ombre de deux bras
Sur la tombe de l’oubli.
Só tu sabes o meu nome
Por isso a ti me confio
Com fados mata-me a fome
Com penas tira-me o frio.
Quero voar no teu sono
Como a gaivota no rio
Que viveu por não ter dono
Que morreu por desafio!
Toi seule connais mon nom
C’est pourquoi je me confie à toi.
Nourris-moi de tes fados
Réchauffe-moi de peines et de plumes.
Je veux voler dans ton sommeil
Comme sur le fleuve la mouette
Qui a voulu vivre sans maître
Et qui est morte par défi !
… … Rosa Lobato de Faria (1932-2010). Venho de longe, Lisboa (2009).
Rosa Lobato de Faria (1932-2010). Je viens de loin, Lisbonne, traduit de : Venho de longe, Lisboa (2009), par L. & L.
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chez les grandes hirondelles
Ils se sont en allés
Le berger et la rose
se sont en allés
en amont des rêves
dans le centre d’eux-mêmes.
Ils se sont en allés
là où l’on ne meurt plus
chez les grandes hirondelles
chez les anges transparents
là où l’on ne meurt plus.
Ils se sont en allés
dans le centre d’eux-mêmes
en amont des rêves
le berger et la rose
se sont en allés.Jean Arp (1886-1966). Ils se sont en allés, extrait de Le voilier dans la forêt (1957)
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Madredeus • O pastor. Pedro Ayres Magalhães, paroles ; Madredeus, musique.
Madredeus, ensemble instrumental & vocal (Teresa Salgueiro, chant ; Rodrigo Leão, claviers ; Gabriel Gomes, accordéon ; Francisco Ribeiro, violoncelle ; Pedro Ayres Magalhães, guitare classique).
Extrait de l’album Existir / Madredeus. Portugal, EMI-Valentim de Carvalho, ℗ 1990.
Vidéo : Cuidado. Paulo Miguel Forte, réalisation. Production : Portugal, Latina Europa, 1991.
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Ai que ninguém volta
Ao que já deixou
Ninguém larga a grande roda
Ninguém sabe onde é que andou
Mais nul ne revient
À ce qu’il a laissé.
Nul ne lâche la grande roue
Nul ne sait où tout s’est en allé.
Ai que ninguém lembra
Nem o que sonhou
E aquele menino canta
A cantiga do pastor
Mais nul ne se souvient
Même de ses rêves
Et là-bas l’enfant chante
La chanson du berger.
Ao largo ainda arde
A barca da fantasia
E o meu sonho acaba tarde
Deixa a alma de vigia
Ao largo ainda arde
A barca da fantasia
E o meu sonho acaba tarde
Acordar é que eu não queria
Au loin brûle toujours
La barque du songe
Et mon rêve se prolonge,
Laissant l’âme veiller.
Au loin brûle toujours
La barque du songe
Et mon rêve se prolonge,
Je ne veux pas m’éveiller.
… … Pedro Ayres Magalhães (né en 1960). O pastor (1990).
Pedro Ayres Magalhães (né en 1960). Le berger, traduit de : O pastor (1990), par L. & L.
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