La chanson du dimanche [66]. Dévaste-moi
Brigitte Fontaine (née en 1939) • Dévaste-moi. Brigitte Fontaine, paroles & musique.
Brigitte Fontaine, chant ; Jimmi Walter, arrangement et direction.
Extrait de l’album 13 chansons décadentes et fantasmagoriques / Brigitte Fontaine. France, Disques Jacques Canetti, ℗ 1966.
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Dévaste-moi
Essouffle-moi
Envahis-moi
Et pille-moi
Dépense-moi
Gaspille-moiSaccage-moi
Dilapide-moi
Lapide-moi
Et râpe-moi
Liquide-moi
Émiette-moiRavage-moi
Et presse-moi
Et puis broie-moi
Et puis noie-moi
Et puis bois-moi
Écaille-moiColonise-moi
Piétine-moi
Déglutis-moi
Extermine-moi
Ravage-moi
Délabre-moiRatisse-moi
Corrode-moi
Démantèle-moi
Désintègre-moi
Massacre-moi
Écrabouille-moiMais c’est qu’il le ferait la brute !
Brigitte Fontaine (née en 1939). Dévaste-moi (1966)
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Fado Pintadinho. 3. Camané
Fait suite à :
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Vous l’aimez, le Pintadinho de Camané ? Il l’a enregistré en 2015 pour son album Infinito presente et le reproduit ici en public, trois ans plus tard, à Évora. L’arrangement instrumental, le même que celui de l’album (signé José Mário Branco), est incontestablement plus réussi que celui réalisé par Jorge Fernando pour Ana Moura (voir le billet précédent) – et Camané, raide et engoncé sur scène, a pour lui sa sincérité et sa sensibilité. Les paroles sont de Manuela de Freitas (née en 1940), actrice de théâtre et de cinéma.
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Camané (né en 1966) • Quando o fado acontece. Manuela de Freitas, paroles ; José António Sabrosa, musique (Fado Pintadinho).
Camané, chant ; José Manuel Neto, guitare portugaise ; Carlos Manuel Proença, guitare, arrangement ; Paulo Paz, contrebasse.
Captation : Évora (Alentejo, Portugal), Páteo de São Miguel, 28 juillet 2018, dans le cadre du Festival EA LIVE Évora 2018.
Vidéo : Production : Portugal, EALIVE, 2018.
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Quando uma voz se levanta
Veemente como uma prece
Quando é a alma que canta
É quando o fado acontece
Quand une voix s’élève,
Véhémente comme une prière,
Quand le chant vient de l’âme,
C’est alors qu’advient le fado.
E já não se sabe bem
O que alegra ou entristece
Mas tudo em volta emudece
Quando uma verdade é tanta
Quando uma voz se levanta
Veemente como uma prece
Et on ne sait plus bien
Ce qui réjouit, qui attriste
Mais le silence se fait
Devant tant de vérité
Quand une voix s’élève,
Véhémente comme une prière
É uma pausa, um cansaço
Uma aposta desmedida
Tão inútil como a vida
Uma pedra ou um estilhaço
C’est une pause, une fatigue,
Un pari démesuré
Aussi vain que la vie,
Une pierre ou une écharde
Ou apenas mais um passo
Pra saber que canto é esse
Que ao ouvi-lo mais parece
Que já não vem da garganta
Quando é a alma que canta
É quando o fado acontece
Ou juste un pas de plus
Pour savoir ce qu’est ce chant
Car plus on l’entend et plus il semble
Qu’il ne vient pas de la gorge
Quand le chant vient de l’âme,
C’est alors qu’advient le fado.
… … Manuela de Freitas (née en 1940). Quando o fado acontece (2015).
Manuela de Freitas (née en 1940). Quand le fado advient (19??), traduit de Quando o fado acontece (2015) par L. & L.
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Fado Pintadinho. 2. Ana Moura
Fait suite à :
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Le beau timbre de voix d’Ana Moura ne suffit pas à faire d’elle une fadiste.
Amália, qu’on interrogeait un jour sur ce que représentait le fado pour elle, a répondu que c’était comme lui demander pourquoi elle respirait. « Desgraça é trazer o fado / No coração e na boca » chantait encore Amália : « Le malheur, c’est de porter le fado en soi / Dans son cœur, dans sa bouche » (extrait de Não é desgraça ser pobre, paroles de Norberto de Araújo). Ana n’est pas frappée par ce malheur. Ne disons rien du cœur ; pour ce qui est de la bouche, il lui manque, entre autres, de la fluidité et de l’agilité dans la conduite du chant, surtout pour aborder le Pintadinho dont la fameuse montée vers l’aigu et sa suite devraient être exécutées sans laisser paraître le moindre effort et sans s’appesantir sur la note aiguë comme si un trophée venait d’être conquis. Il ne s’agit pas de rivaliser avec Maria Teresa de Noronha, c’est impossible. Mais tout de même… (En plus, je crois bien entendre quelques libertés prises avec la justesse.)
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Ana Moura (née en 1979) • Passos na rua. Carlos Manuel, paroles ; José António Sabrosa, musique (Fado Pintadinho).
Ana Moura, chant ; José Manuel Neto, guitare portugaise ; Jorge Fernando, guitare, arrangement ; Filipe Larsen, basse acoustique.
Enregistrement : Paço d’Arcos (Portugal), studios MDL.
Extrait de l’album Aconteceu / Ana Moura. Portugal, Universal Music Portugal, ℗ 2004.
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Passos na rua, quem passa?
Quem passa traz o passado
Talvez seja uma ameaça
Ou um silêncio de fado
Des pas dans la rue, qui passe ?
Quelqu’un qui porte le passé
Peut-être est-ce une menace
Ou un silence de fado.
Passos na rua quem é?
É um sonho magoado
É a ira da maré
É a morte dum pecado
Des pas dans la rue, qui est-ce ?
C’est un rêve douloureux
C’est l’ire de la marée
C’est la mort d’un péché
Passos na rua, ilusão
De quem quer ouvir tais passos
Talvez seja o coração
A gritar os seus cansaços
Des pas dans la rue, illusion
De qui cherche à les entendre
Ou peut-être est-ce le cœur
Qui crie sa lassitude
Passos na rua, sentença
Dum fado por inventar
Passos na rua, descrença
Deixai os passos passar
Des pas dans la rue, sentence
D’un fado à inventer
Des pas dans la rue, incertitude,
Ces pas, laissez-les passer.
… … Carlos Manuel. Passos na rua (19??).
Carlos Manuel. Des pas dans la rue (19??), traduit de Passos na rua (vers 19??) par L. & L.
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Il manque aussi à Ana la capacité à « estilar », c’est à dire à donner vie aux couplets des fados traditionnels qui se répètent sur une musique identique, sans refrain. Le fado a besoin d’être interprété, comme s’il était vécu. Voilà bien une lacune dont ne souffrait pas Fernando Maurício (1933-2003), qui avait déjà chanté Passos na rua, le poème utilisé par Ana Moura pour son Pintadinho, sur la musique du Fado José António de quadras. « José António » désigne José António Sabrosa, le mari de Maria Teresa de Noronha, également compositeur du Pintadinho.
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Fernando Maurício (1933-2003) • Passos na rua. Carlos Manuel, paroles ; José António Sabrosa, musique (Fado do José António de quadras).
Fernando Maurício, chant ; Manuel Mendes & Armandino Maia, guitare portugaise ; José Maria de Carvalho, guitare ; José Vilela, basse acoustique.
Première publication : disque 45 t Eu quero / Fernando Maurício. Portugal, Estúdio, [1971?].
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Fado Pintadinho. 1. Maria Teresa de Noronha
Ce fado a été composé pour Maria Teresa de Noronha, par son mari José António Sabrosa qui a su ici tirer profit de l’exceptionnelle agilité vocale de son épouse.
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Maria Teresa de Noronha (1918-1993) • Fado Pintadinho. José Mariano, paroles ; José António Sabrosa, musique ; Maria Teresa de Noronha, arrangement.
Maria Teresa de Noronha, chant ; Raul Nery, guitare portugaise ; Joaquim do Vale, guitare.
Enregistrement : Lisbonne, studio Valentim de Carvalho (Teatro Taborda), 1959.
Première publication : disque 45 t Pintadinho / Maria Teresa de Noronha. Portugal, Decca, ℗ 1959.
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Eu vi outrora o luar
À porta de Santa Cruz
Era o silêncio a rezar
Avé Marias de luz
J’ai vu le clair de lune un soir
À la porte de Santa Cruz
Le silence semblait réciter
Des ave Maria de lumière
Fiquei na sombra discreta
E murmurei: Que primor!
Não és apenas poeta
Ó luar tu és pintor
Discrète, je me tenais dans l’ombre
Et murmurai : quelle splendeur !
Tu n’es pas que poète
Clair de lune, tu es peintre !
Passou o tempo voltei
Vi a mesma claridade
E fui eu que então rezei
Padre-nossos de saudade
Le temps a passé, j’y suis retournée
C’était la même clarté
Et c’est moi qui ai récité
Des Notre Père de saudade
… … José Mariano. Fado pintadinho (vers 1959).
José Mariano. Fado pintadinho (vers 1959), traduction L. & L.
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Quelques fadistes après elle s’y sont aventurés, mais nul autre qu’elle n’a jamais réussi à interpréter ce fado ; certaines tentatives passent même la limite du ridicule.
C’est que le Pintadinho recèle, pour le ou la fadiste, une montée rapide vers l’aigu, d’abord par degrés conjoints pour finir par un saut de quarte, le tout sur un peu plus d’une octave, avant de redescendre vers la fin de la phrase musicale. Ce passage, qui se répète deux fois, Maria Teresa de Noronha l’effectue avec une grâce féline et une souveraine élégance.
Son art inégalable s’illustre particulièrement dans l’enregistrement que voici, réalisé en mai 1963 lors de la soirée d’adieu d’Alfredo Marceneiro organisée au théâtre São Luís à Lisbonne. Elle y tient chacune des notes aiguës sur une nuance piano qui va même diminuendo, avant de poursuivre, sans pause respiratoire, avec le plus grand naturel. Et cela, en public, hors de la sécurité du studio.
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Maria Teresa de Noronha (1918-1993) • Fado Pintadinho. José Mariano, paroles ; José António Sabrosa, musique ; Maria Teresa de Noronha, arrangement.
Maria Teresa de Noronha, chant ; Raul Nery & José Fontes Rocha, guitare portugaise ; Joaquim do Vale & Júlio Gomes, guitare ; Joel Pina, basse acoustique.
Enregistrement public : Lisbonne, théâtre São Luís, 25 mai 1963 (soirée d’adieu d’Alfredo Marceneiro).
Première publication : album Grande noite de fados / Alfredo Marceneiro, Maria Teresa de Noronha, Carlos Ramos, Hermínia Silva, … Portugal, Lisboa discos, ℗ 1998.
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Prodigieux.
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La chanson du dimanche [65]. Capri c’est fini
Quelquefois c’est au bord de la mer. Quand la plage se vide, à la tombée de la nuit. Après le départ des colonies d’enfants. Sur toute l’étendue des sables tout à coup, ça hurle que Capri c’est fini. Que C’ÉTAIT LA VILLE DE NOTRE PREMIER AMOUR mais que maintenant c’est fini. FINI.
Que c’est terrible tout à coup. Terrible. Chaque fois à pleurer, à fuir, à mourir parce que Capri a tourné avec la terre, vers l’oubli de l’amour.
Marguerite Duras (1914-1996). Yann Andréa Steiner (1992). Dans : Marguerite Duras, Œuvres complètes IV, Gallimard, impr. 2014 (Bibliothèque de la Pléiade ; 597), ISBN 978-2-07-012230-1, p. 798-799.
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Hervé Vilard (né en 1946) • Capri c’est fini. Hervé Vilard, paroles ; Hervé Vilard & Maurice Hurten, musique.
Hervé Vilard, chant ; avec Jacques Denjean et son orchestre.
Première publication : France, Mercury, ℗ 1965.
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Caetano Veloso • Sozinho
Cette chanson a fait de l’album dans lequel elle est apparue pour la première fois, Prenda minha (« Mon cadeau », 1998), enregistré en public, le plus grand succès discographique de Caetano Veloso. Elle n’est pas de lui, mais sa version n’a rien à voir avec celle de son auteur, Peninha (Aroldo Alves Sobrinho), qui la chante sur un arrangement pop assez banal. Ici une captation plus récente (2011), en public également, effectuée dans la même salle que celle de 1998, à Rio de Janeiro :
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Caetano Veloso (né en 1942) • Sozinho. Peninha (Aroldo Alves Sobrinho), paroles & musique.
Caetano Veloso, chant & guitare.
Enregistrement public : Rio de Janeiro (Brésil), Citibank Hall (ex-Metropolitan).
Bande-son extraite de l’album Multishow ao vivo / Caetano & Maria Gadú. Brésil, Multishow, ℗ 2011.
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Às vezes, no silêncio da noite
Eu fico imaginando nós dois
Eu fico ali sonhando acordado
Juntando o antes, o agora e o depois
Parfois, dans le silence de la nuit,
Je nous imagine tous les deux.
Je reste éveillé, je rêve,
Je pense à l’avant, au présent et à l’après.
Por que você me deixa tão solto?
Por que você não cola em mim?
Tô me sentindo muito sozinho
Pourquoi tu me laisses avec moi-même ?
Pourquoi tu n’es pas toujours avec moi ?
Je me sens vraiment tout seul.
Não sou nem quero ser o seu dono
É que um carinho, às vezes, cai bem
Eu tenho os meus desejos e planos secretos
Só abro pra você, mais ninguém
Je ne suis pas et ne veux pas être ton maître
Mais parfois un peu de tendresse ça fait du bien.
J’ai mes désirs et mes projets secrets
Que je ne dis qu’à toi seule.
Por que você me esquece e some?
E se eu me interessar por alguém?
E se ela, de repente, me ganha?
Pourquoi tu m’oublies et tu disparais ?
Et si je m’intéressais à quelqu’un d’autre ?
Et si je tombais amoureux ?
Quando a gente gosta
É claro que a gente cuida
Fala que me ama
Só que é da boca pra fora
Quand on aime quelqu’un
On en prend soin.
Tu dis que tu m’aimes
Mais c’est juste des paroles.
Ou você me engana
Ou não está madura
Onde está você agora?
Ou bien tu me trompes
Ou tu es immature.
Tu es où en ce moment ?
Quando a gente gosta
É claro que a gente cuida
Fala que me ama
Só que é da boca pra fora
Quand on aime quelqu’un
On en prend soin.
Tu dis que tu m’aimes
Mais c’est juste des paroles.
Ou você me engana
Ou não está madura
Onde está você agora?
Ou bien tu me trompes
Ou tu es immature.
Tu es où en ce moment ?
… … Peninha (Aroldo Alves Sobrinho, né en 1953). Sozinho (1996).
Peninha (Aroldo Alves Sobrinho, né en 1953). Tout seul, traduit de : Sozinho (1996), par L. & L.
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Et la version de Prenda minha (1998), bien meilleure – la voix avait treize ans de moins :
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Caetano Veloso (né en 1942) • Sozinho. Peninha (Aroldo Alves Sobrinho), paroles & musique.
Caetano Veloso, chant & guitare.
Enregistrement public : Rio de Janeiro (Brésil), Metropolitan), 10-13 septembre 1998.
Extrait de l’album Prenda minha / Caetano. Brésil, PolyGram do Brasil, ℗ 1998.
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Les manteaux jaunes
Dans la salle d’attente de l’ophtalmo toutes les personnes – moi compris – portent des lunettes. Et toutes – moi de même – ont passé la soixantaine, parfois largement. Cela, à une exception près : une femme, quarante-huit, cinquante ans, qui aussitôt assise s’absorbe dans son travail de correction de copies (et certains misérables allèguent que les profs n’ont rien à faire).
Attendre, attendre. On attend. Telles personnes sont appelées à comparaître, d’autres les remplacent. Les sièges restent peu de temps inoccupés, certains annexés pour un manteau et un sac. Voici qu’apparaît une nouvelle patiente : dans les trente ans, en outre dépourvue de lunettes. Que fait ici cette femme ?
Elle a sans doute à se plaindre de sa vue, on ne vient pas ici passer le temps. Et peut-être est-elle armée de lentilles de contact. Elle s’avance dans un jean ajusté à l’extrême, largement évidé aux genoux (de sorte que lorsqu’elle s’assoit les deux échancrures sont telles qu’on croirait qu’elle porte un bermuda et des jambières assorties).
On l’a su plus tard, son nom est de type anglo-saxon, dans le genre de « Morgan » : car au bout d’un temps une voix de femme a commandé depuis la coulisse « Madame Morgan ! », en disant le nom à la française, « gan » énoncé comme « gant », aussitôt reprise par l’interpelée : « Morgane ».
Dans le tram du retour, les personnes les plus proches de moi portent toutes des manteaux jaunes, de nuances et longueurs diverses, du caban moutarde d’un large barbu hirsute et grisonnant à la redingote safran qui descend à mi-mollet d’une jeune femme chargée d’un volumineux sac à dos. Moi qui suis en vert cyprès, j’ai l’air d’un artichaut fiché dans une foison de pissenlits.
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Hélène Delavault • Les pissenlits. Maurice Boukay, paroles ; Marcel Legay, musique.
Hélène Delavault, chant ; Jeff Cohen, piano et claviers ; Vincent Leterme, claviers ; Jean-Louis Matinier, accordéon ; Yves Prin, arrangements et orchestration ; assisté de Jean-Louis Matinier.
Enregistrement : Paris, Studio Acousti, septembre 1988.
Extrait de l’album La républicaine / Hélène Delavault. France, 1988.
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La chanson du dimanche [64]. The magpie
Une pie tant pis !
Deux pies tant mieux !
Dicton français.
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Donovan (né en 1946) • The magpie. Donovan, paroles & musique.
Donovan, chant, guitare.
Extrait de l’album A gift from a flower to a garden / Donovan. Royaume-Uni, Pye Records, ℗ 1967.
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The magpie is a most illustrious bird
Dwells in a diamond tree
One brings sorrow and one brings joy
Sorry and joy for me
La pie est un très illustre oiseau
Sa demeure est un arbre de diamant.
Une pie apporte le chagrin, la seconde la joie
Chagrin et joie pour moi.
The magpie is a most royal bird
Black and blue as night
I would that I had feathers three
Black and blue and white
La pie est un très noble oiseau
Noir et bleu comme la nuit
Je voudrais avoir trois plumes
Une noire, une blanche, une bleue
I saw the gentle magpie birds
In dusky yester-eve
One brought sorrow and one brought joy
And sooner than soon did leave
J’ai vu les aimables pies
Hier au crépuscule
L’une apporta le chagrin, la seconde la joie
Et aussitôt s’enfuirent
The magpie is a most illustrious bird
Dwells in a diamond tree
One brings sorrow and one brings joy
Sorry and joy for me
La pie est un très illustre oiseau
Sa demeure est un arbre de diamant.
Une pie apporte le chagrin, la seconde la joie
Chagrin et joie pour moi.
… … Donovan (né en 1946). The magpie (1967).
Donovan (né en 1946). La pie, traduit de : The magpie (1967), par L. & L.
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