Skip to content

Lula Pena | O negro que sou + Breviário

10 juillet 2017

Lula Pena | O negro que sou + Breviário.
O negro que sou. Poème de Ronald Augusto ; musique de Lula Pena.
Breviário. Poème de Jerusa Pires Ferreira ; musique de Lula Pena.
Lula Pena, chant, guitare. Captation : Pays-Bas, mai 2016.
Vidéo : Hilversum (Pays-Bas) : VPRO, 2016.

Deux extraits de l’album Archivo pittoresco (2017), l’un et l’autre employant des poèmes d’auteurs brésiliens.

À propos du premier, O negro que sou, voir le billet Lula Pena | O negro que sou.

Le second poème, Breviário (« Bréviaire »), est l’œuvre de Jerusa Pires Ferreira, universitaire spécialiste de littérature populaire, née en 1938 dans la région de Salvador de Bahia. Il évoque la ville de Breves de Marajó située au nord du Brésil, dans l’état du Pará. Breves emprunte son nom à celui de ses fondateurs, les deux frères portugais Manuel Fernandes Breves et Ângelo Fernandes Breves qui s’y installèrent dans la première moitié du XVIIIe siècle. Ils y implantèrent une fabrique de transformation de la canne à sucre autour de laquelle s’organisa l’activité économique de la ville, longtemps désignée pour cette raison du nom de Engenho dos Breves (« Fabrique des Breves »). Un des vers du poème fait référence à cet ancien nom (« antigo engenho dos irmãos » : « antique fabrique des frères »).

Santana festeja a vinda
do grande barco
que acaba de
varar o estreito
vencer a morte
clarear a noite
em Breves de Marajó
o giro de um outro
este tão pequeno
no entorno
escreve partes do nome
da cidade santa
Jerusalém
traça um esboço
um destino
homem e mulher sob a lua
jesuítas e índios
negros caboclos e todos
Ao léu dos perigos
tantos barcos a passar
buscavam no escuro
orações-fortes
breves resumos amuletos
por isso a cidade festejada
antigo engenho dos irmãos
e o nome
que a eterniza
em seu aflito
pedido de proteção
que ela sobreviva
aos decibéis
aturdidores
e a tantas cobiças
Santana célèbre l’arrivée
du grand navire
qui vient
de passer le détroit
vaincre la mort
changer la nuit en clarté
à Breves de Marajó
le sillage d’un autre
celui-ci si petit
auprès de l’autre
écrit des parties du nom
de la ville sainte
Jérusalem
trace une ébauche
une destinée
homme et femme sous la lune
jésuites et indiens
nègres métis et tous
À l’abri des dangers
de nombreux navires passaient
cherchant dans l’obscurité
prières miraculeuses
médailles, formules, amulettes
c’est pourquoi : que la cité en fête,
antique fabrique des frères,
et le nom
qui la rend éternelle
dans sa demande de protection
pleine d’affliction,
survive
aux décibels
assourdissants
et à toutes les convoitises
Jerusa Pires Ferreira (née en 1938). Breviário. Dans : Sete cromos para Breves (2010).
Jerusa Pires Ferreira (née en 1938).
Bréviaire
, traduit par L. & L. de : Breviário. Dans : Sete cromos para Breves (2010).
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :