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António Zambujo | A Rosinha dos limões (Oh ! Mais c’est Toulouse !)

31 juillet 2015

António Zambujo | A Rosinha dos limões. Max, paroles [?] ; Artur Ribeiro, musique (Fado Marujo) ; António Zambujo, chant et guitare. Captation : Toulouse (France), juin 2015, à l’occasion du festival Rio loco.

Il est semblable à l’étoile mystérieuse de Tintin qui grossit à vue d’œil ; le voici, nonchalant comme toujours et l’air de s’être levé l’après-midi, sur les berges de la Garonne qu’il nomme la rivié comme en Gwadloup. Et décidément se confirme sa prédilection pour les marinières (ou est-ce le haut du pyjama ?)

A Rosinha dos limões est une chanson des années 50, créée par Max (pseudonyme de Maximiano de Sousa), né à Funchal dans l’île de Madère en 1918, mort à Lisbonne en 1980, auteur, compositeur et interprète de quelques fados et de chansons dont certaines sont devenues de véritables tubes au Portugal. Tailleur de son état, il s’est entièrement consacré à sa carrière de chanteur et aussi d’acteur une fois le succès venu.

A Rosinha dos limões a été reprise par une pléthore d’interprètes. Il s’agit comme l’indique António Z. d’une chanson d’amour, dédiée à une Rosinha (diminutif affectif de Rosa) qui vend des citrons (limões) sur la place, enflammant les cœurs sur son passage et « semant des illusions ».

Quand elle passe, menue et pleine de grâce,
Son regard charmeur a toujours un air malicieux.
Chaque jour on la voit plus jolie,
Dans sa robe colorée comme si c’était dimanche.

Comme on s’en doute le chanteur (du moins le « je » du texte) en est amoureux, mais moyennement dégourdi car il en est à fantasmer sur le jour où il ira lui acheter ses citrons sur la place, en profitant de l’occasion pour la demander en mariage. À condition bien sûr (dans le cas d’António) qu’elle n’ait pas épuisé son stock dans la matinée.

Quando ela passa, franzina e cheia de graça,
Há sempre um ar de chalaça, no seu olhar feiticeiro.
Lá vai catita, cada dia mais bonita,
E o seu vestido, de chita, tem sempre um ar domingueiro.

Passa ligeira, alegre e namoradeira,
E a sorrir, p’rá rua inteira, vai semeando ilusões.
Quando ela passa, vai vender limões à praça,
E até lhe chamam, por graça, a Rosinha dos limões.

Quando ela passa, junto da minha janela,
Meus olhos vão atrás dela até ver, da rua, o fim.
Com ar gaiato, ela caminha apressada,
Rindo por tudo e por nada, e às vezes sorri p’ra mim…

Quando ela passa, apregoando os limões,
A sós, com os meus botões, no vão da minha janela
Fico pensando, que qualquer dia, por graça,
Vou comprar limões à praça e depois, caso com ela!
Max (pseudonyme de Maximiano de Sousa, 1918-1980) [?]. A Rosinha dos limões

Il n’est pas certain cependant que Max en soit le compositeur, contrairement à ce qu’António, avec une certaine pétulance, allègue dans la vidéo : une version masculine du texte, célébrant sur la même musique les charmes (que dis-je, le sex appeal) du « matelot portugais », a été enregistrée par Amália Rodrigues dès 1952 sous le titre O marujo português :

Quand il passe, le matelot portugais
Il ne marche pas, il danse, comme goûtant encore la saveur des marées
Et quand il se déhanche, il sait si bien jouer de son pas chaloupé
Qu’on pourrait prendre son corps pour une barque
[…]
Chaque fois que passe le matelot portugais,
C’est la mer qui passe, dans une menace de marées de tendresse

(paroles de Linhares Barbosa, grand pourvoyeur de textes pour Amália dans la première partie de sa carrière). Gainé de sa marinière, António ferait sans nul doute un tabac avec cette version. La musique, passée dans le répertoire du fado traditionnel sous le nom de Fado Marujo, en est attribuée à Artur Ribeiro. A Rosinha dos limões lui est probablement postérieure et Max, s’il a une responsabilité dans l’écriture de cette chanson, en serait donc plutôt l’auteur du texte (la dernière strophe fait d’ailleurs allusion à son état de tailleur : « seul à ma fenêtre, occupé à mes boutons… »).

Amália Rodrigues | O marujo português. Linhares Barbosa, paroles ; Artur Ribeiro, musique (Fado Marujo) ; Amália Rodrigues, chant ; Domingos Cararinha, guitare portugaise ; Santos Moreira, guitare classique. France (?), années 1950.

Quando ele passa, o marujo português
Não anda, passa a bailar, como ao sabor das marés
Quando se ginga, põe tal jeito, faz tal proa
Só para que se não distinga se é corpo humano ou canoa

Chega a Lisboa, salta do barco e num salto
Vai parar à Madragoa ou então ao Bairro Alto
Entra em Alfama e faz de Alfama o convés
Há sempre um Vasco da Gama no marujo portugués

Quando ele passa com seu alcaz vistoso
Tráz sempre pedras de sal no olhar malicioso
Põe com malicia a sua boina maruja
Mas se inventa uma carícia, não há mulher que lhe fuja

Uma madeixa de cabelo descomposta
Pode até ser a fateixa de que uma varina gosta
Sempre que passa, o marujo português
Passa o mar numa ameaça de carinhosas marés
Linhares Barbosa (1893-1965). O Marujo português

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