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June Tabor — Finisterre

20 juin 2012

Pour moi c’est une merveille. C’est à dire que, oui je suis émerveillé (d’après le Petit Robert, émerveiller signifie : « frapper d’étonnement et d’admiration » ; c’est donc bien ça, je ne me trompe pas). Il me semble que j’ai rarement rien entendu d’aussi émouvant jusqu’à présent, pareille justesse. La voix est envoûtante, accompagnée avec simplicité et discrétion par le piano et l’accordéon diatonique. Je n’écoute plus que ça maintenant. Lorsque la chanson est finie je recommence. Ou bien j’écoute l’album entier.

Ce Finisterre est celui de la Galice, mais June Tabor le prononce comme Finistère, avec l’accent anglais,

Finestèe,

comme les Anglais qui avaient acheté une maison près de chez moi quand j’étais petit, une toute petite maison dont le pignon donnait sur la grève, une charmante maison de pêcheurs selon la terminologie des agents immobiliers (lorsqu’y vivait une famille de pêcheurs elle avait le sol de terre battue dans les deux pièces minuscules, aucun confort). Ils l’avaient appelée Mermaid Cottage et ce nom était peint en belles lettres noires au-dessus de la porte, il y avait des hortensias bleus devant.

Mais Finisterre est une chanson de séparation. La lenteur du tempo est géniale (une précédente version, très différente, avait été enregistrée en 1990 par June Tabor & the Oysterband, sur l’album Freedom and rain). Et la langue anglaise (anglaise d’Angleterre) doit être la plus triste du monde, d’une tristesse adorable.

June Tabor. Finisterre / June Tabor, chant ; Huw Warren, piano ; Tim Harries, contrebasse ; Andy Cutting, accordéon diatonique ; Ian Telfer, paroles et musique. Extrait de Ashore (2011).

Farewell, Finisterre,
Sleep away the afternoon
Just rocking with the tide,
Drinking with the moon
I found a ticket in my pocket
All the way from Port-of-Spain
And the warm wind from the Indies carried me again.

Santander, the sky is falling
The tale we told each other has an end
Santander, you hear me calling
You, that never lost a friend…

We’d often look for gold,
Treasure buried in the sand
We hid it long ago,
Before our wars began
When the world was green and early
And time was on our side
Before the storm got up to blow us far and wide.

Santander, the sky is falling
The tale we told each other has an end
Santander, you hear me calling
You, that never lost a friend…

Farewell, Finisterre,
Sleep away the afternoon
Just rocking with the tide,
Drinking with the moon
Last night I turned the glasses over
And I drained the bottle dry
The moon stared out to sea all night and so did I.

Santander, the sky is falling
The tale we told each other has an end
Santander, you hear me calling
You, that never lost a friend,
Never lost a friend
Ian Telfer. Finisterre.

——

Adieu Finisterre
Noyer l’après-midi dans un sommeil
Juste bercé par la marée
Boire en compagnie de la lune
Dans ma poche j’ai trouvé un ticket
Qui vient de Port-d’Espagne
Et le vent chaud des Antilles m’a emportée à nouveau.

Santander, le ciel s’effondre
L’histoire qu’on se racontait est finie
Santander, est-ce que tu m’entends ?
Toi qui n’as jamais perdu un ami…

Que de fois nous avons cherché l’or
Le trésor dans le sable
Nous l’y avons enfoui il y a longtemps
Avant que nos guerres n’éclatent
Lorsque le monde était encore jeune et vert,
Et que nous avions l’éternité
Avant que la tempête se lève et nous éloigne l’un de l’autre

Santander, le ciel s’effondre
L’histoire qu’on se racontait est finie
Santander, est-ce que tu m’entends ?
Toi qui n’as jamais perdu un ami…

Adieu Finisterre
Noyer l’après-midi dans un sommeil
Bercé par la marée
Boire en compagnie de la lune
Cette nuit j’ai rangé les verres
Et j’ai bu la bouteille jusqu’au fond
Comme la lune, toute la nuit j’ai regardé la mer

Santander, le ciel s’effondre
L’histoire qu’on se racontait est finie
Santander, est-ce que tu m’entends ?
Toi qui n’as jamais perdu un ami
Jamais perdu un ami
Ian Telfer. Finisterre. Traduction L. & L.

L. & L.

——

Tabor, June
Ashore (2011)

June Tabor -- Ashore (2011)Ashore / June Tabor, chant ; Huw Warren, piano ; Mark Emerson, violon, alto ; Tim Harries, contrebasse ; Andy Cutting, accordéon diatonique. — [Londres, Angleterre] : Topic Records, 2011.
Enregistrement : avril 2010, Red Kite Studio, Llanwrda, Carmarthenshire, Pays de Galles.

Topic Records TSCD 577. — EAN 714822057721

3 commentaires leave one →
  1. 26 juin 2012 22:31

    Les plaisirs de la découverte et de l’inattendu au fil de vos pages.

    • lili-et-lulu permalink*
      28 juin 2012 19:39

      C’était une découverte pour moi aussi : je ne la connaissais (June Tabor) qu’associée à Maddy Prior, il y a des années de ça… Et je découvre là un vrai trésor (en furetant sur l’Internet pour écrire le billet précédent !)

Trackbacks

  1. À confesse | Je pleure sans raison que je pourrais vous dire

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