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L’aventure c’est l’aventure

2 octobre 2011

Une terrasse à Toulouse ce midi, dans la chaleur. À la table voisine deux femmes, l’une 45 ans environ, l’autre peut-être vingt de plus. La plus âgée n’habite pas Toulouse, elles se retrouvent ce dimanche et parlent de la vie, ne s’étant pas vues sans doute depuis quelque temps. Je ne sais pas ce qu’est leur relation. Pas mère et fille, la conversation aurait couru sur des sujets tout différents. Tante et nièce peut-être, ou alors anciennes collègues. Quoi qu’il en soit elles connaissent chacune la disposition du domicile de l’autre, pas besoin d’explications de situation lorsqu’il est fait allusion à telle ou telle pièce chez l’une ou l’autre.

— Tu sais ma salle de bain, en haut, j’ai un problème avec le vélux. Il suffit qu’il fasse orage ou qu’il grêle maintenant et…

— Tu le fais pas réparer ?

— J’ai demandé à Michel de s’en occuper, il sait tout faire lui tu sais, mais il vient jamais.

Elles ont aussi en commun un réseau de relations assez vaste.

— Et Pierre, tu as des nouvelles ? Comment il va ?

— Parfois très mal, et puis après ça va un peu mieux, mais tu sais de toutes façons globalement ça pourra qu’empirer.

Et puis Unetelle qui est partie aux États-Unis, et Untel « tu ne sais pas ce qu’il m’a dit ? Je ne sais pas s’il se rendait compte à quel point c’était insultant pour moi » et encore cette autre :

— … sa fille à elle elle est aventurière tu sais, elle est en train de préparer un truc, une expédition au pôle nord avec des traineaux tout ça, c’est compliqué, ils doivent se retrouver avec d’autres, les rejoindre après tout un périple…

Elle dit sa fille à elle elle est aventurière tu sais sur le ton qu’elle emploierait pour dire sa fille à elle elle vend des glaces au Mas d’Azil tu sais, ou elle a une pharmacie place Jeanne d’Arc.

Sur quoi la plus âgée s’en va payer. Un détour par les toilettes. À son retour :

— Tu sais je ne te conseille pas d’y aller, figure-toi que…

Le reste est inaudible, car elle ne veut pas être entendue. Des rires. Sa compagne demande enfin :

— Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse maintenant ? On n’est pas loin du métro, on peut aller n’importe où.

— Je sais pas… on pourrait aller derrière le Capitole là, tu sais ? il y a un jet d’eau…

La femme de 45 ans — la Toulousaine — a un moment de stupeur. Très vite elle se reprend.

— Non. C’est tout en travaux là maintenant.Ya peut-être une expo au Château d’eau, en tout cas on peut aller voir…

Moi tout de suite j’ai en tête ce couplet de Trenet :

Et pour finir cette belle journée,
Nous irons nous asseoir sur un banc.

Tu vois ce que je veux dire ?

À la porte du garage / Charles Trenet, chant, paroles et musique. Enregistrement public à Paris (Palais des Congrès), le 20 novembre 1993.

80 ans passés rends-toi compte, quelle santé ! Les paroles sont ici.

L. & L.

2 commentaires leave one →
  1. Marc permalink
    1 septembre 2014 20:42

    Je viens de tomber sur ton blog aux fils des liens internet, d’ailleurs, je ne saurais plus dire qu’elle était ma recherche initiale mais je profite de ma visite pour dire que j’aime l’ingénuité de tes écrits.

    • 6 septembre 2014 20:42

      Merci !

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