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Philharmonie

14 janvier 2015

Philharmonie de Paris - Jean Nouvel, architecte. 13 janvier 2015
Philharmonie de Paris, 13 janvier 2015

Quand je la vois je dis à mon collègue « Ben dis donc, elle a pas l’air vraiment finie ».

J’aurais mieux fait de me taire.

« Pas finie », qu’elle dit, « et vous Monsieur, vous vous croyez fini peut-être ? Vous avez beau vous dire Charlie, vous êtes un malpoli Monsieur. Charlie ou pas, les goujats restent des goujats ! »

Les gens sont susceptibles.

Philharmonie de Paris - Jean Nouvel, architecte. 13 janvier 2015

  • Philharmonie de Paris – Gala d’ouverture ce soir, mercredi 14 janvier. Orchestre de Paris, Paavo Järvi, direction. Renaud Capuçon, violon. Sabine Devieilhe, soprano. Matthias Goerne, baryton. Hélène Grimaud, piano. Œuvres de Dutilleux, Fauré, Ravel, Escaich.

Revivre

10 janvier 2015

Et maintenant ?

Gérard Manset | Revivre. Gérard Manset, paroles, musique, orchestration, chant ; Gérard Manset, Vick Anderson, claviers. Extrait de l’album Revivre / Gérard Manset (1991).

#JeSuisCharlie #JeSuisAhmed #JeMangeCacher #JeNeSuisPasCharlie etc.
#JeSuisLaVieQuiContinue #MaisComment?

À écouter : une émission de radio de la BBC sur la scène musicale portugaise actuelle

3 janvier 2015

Global beats — Lisbon (BBC World Service). Présentation Rodrigo Pinto (en anglais). 55 minutes.

(jusqu’au 23 janvier 2015).

Avec : Carminho (A ponte, de son dernier album Canto), António Zambujo (une interprétation assez réussie, extrêmement zambujesque, de Foi Deus du répertoire d’Amália), la chanteuse Silva Tavares — saveur cap-verdienne —, le groupe Buraka Som Sistema — spécialiste du kuduro, genre d’origine angolaise plus ou moins comparable au zouk —, le groupe Real combo lisbonense (Ca Room Pa Pa, hommage à l’impétueuse Carmen Miranda), le musicien Bruno Pernadas (Pink poneys don’t fly on Jupiter), le remarquable guitariste Filho da mãe (Rui de Carvalho de son nom d’état civil) — le seul qui ne se laisse pas interviewer en anglais —, et enfin l’ineffable Lula Pena (un collage inédit, qu’elle interprète désormais en concert : Garcia Lorca, Atahualpa Yupanqui, Amália Rodrigues), point final idéal de cette intéressante émission.

Blaumut | Pa amb oli i sal

2 janvier 2015

À vrai dire la sonorité de la langue catalane m’enchante, voyez. Il suffit de ces e prononcés sur tous les sons intermédiaires entre é et a ou des diphtongues identiques à celles du portugais (comme celle de veure). Et puis de phrases telles que celle-ci : « Els astronautes volen baix, els núvols passen com qui no diu res. » C’est à dire : Les astronautes volent bas, les nuages passent l’air de rien. Els núvols. Ils passent com qui no diu res : comme qui ne dit rien.

Paraît qu’elle découle de l’occitan, cette langue catalane.

Blaumut | Pa amb oli i sal. Xavi de la Iglesia, paroles et musique ; Xavi de la Iglesia & Oriol Aymat, arrangements ; Blaumut, groupe instrumental & vocal (Xavi de la Iglesia, chant, guitares, guitare basse ; Vassil Lambrinov, violon, « xerrac », sifflets & percussions ; Oriol Aymat, violoncelle, voix & sifflets ; Manel Pedrós, batterie & chœurs) ; Sergi Goubert, contrebasse.
Vidéo : Enric Recoder, réalisation. 2012. Bande son extraite de l’album El Turista (Picap, 2012).

Prudence : si on écoute cette chanson, son motif sifflé récurrent s’insinue en soi et s’y installe durablement.

Fes una foto del terrat
que des d’aquí es pot veure Mart.
La roba estesa, el meu agost,
un camp d’espigues i cargols.
Prends une photo sur la terrasse
Parce que d’ici on peut voir Mars.
Le linge étendu, mon mois d’août,
Un champ d’épis et d’escargots.
Esperarem que passi el fred
i sota l’arbre parlarem de tot.
Un bioritme elemental,
un mar d’antenes i animals.
On attendra que le froid passe,
Et sous l’arbre on parlera de tout.
Un biorythme élémentaire,
Une mer d’antennes et d’animaux.
Els astronautes volen baix,
els núvols passen com qui no diu res.
Amb les butxaques a les mans
caminarem els passos d’altres peus…
Les astronautes volent bas,
Les nuages passent l’air de rien.
Les poches dans les mains
Nous suivrons les pas d’autres pieds…
Esmorzarem pa amb oli i sal,
ho vestirem amb unes copes de vi,
deixant de banda la ciutat,
la tarda és llarga i potser més, molt més, la nit.
On déjeunera de pain à l’huile et au sel
qu’on habillera de quelques verres de vin
La ville on la laissera derrière nous
La soirée est longue, et peut-être plus longue, bien plus longue, la nuit.
Un altre lloc, un altre temps,
on parlarem amb altres déus.
El meu secret subtitulat,
camins d’arròs, camins de blat.
Un autre lieu, un autre temps,
Pour y parler avec d’autres dieux.
Mon secret sous-titré,
Chemins de riz, chemins de blé.
Esperarem que baixi el sol
i sota l’arbre parlarem del temps.
Un bioritme elemental,
un tros de vida artificial.
On attendra le coucher du soleil,
Et sous l’arbre on parlera du temps.
Un biorythme élémentaire,
Un morceau de vie artificielle.
Xavi de la Iglesia. Pa amb oli i salt (2012).
Xavi de la Iglesia. Du pain à l’huile et au sel, traduit de Pa amb oli i sal (2012), par L. & L.

Voilà.

Froide clarté de l’année qui commence

1 janvier 2015

2015.

Quel millésime sera-ce ?

Amália Rodrigues | Fria claridade. Pedro Homem de Mello, paroles ; José Marques do Amaral, musique ; Amália Rodrigues, chant.
RTP (Rádio e Televisão de Portugal), 1967.

No meio da claridade
Daquele tão triste dia
Grande, grande era a cidade
E ninguém me conhecia

Então passaram por mim
Dois olhos lindos, depois
Julguei sonhar, vendo enfim
Dois olhos, como há só dois

Em todos os meus sentidos
Tive presságios de adeus*
E aqueles olhos tão lindos
Afastaram-se dos meus

Acordei, a claridade
Fez-se maior e mais fria
Grande, grande era a cidade
E ninguém me conhecia
Pedro Homem de Mello (1904-1983). Fria claridade.
* Chanté : « presságios de Deus » (« présages de Dieu »).

Au cœur de la clarté
De cette si triste journée
Grande grande était la ville
Et personne ne me connaissait

Fugitivement se sont posés sur moi
Deux yeux profonds et beaux
J’ai cru les avoir rêvés
Ces yeux incomparables

J’ai perçu de tout mon être
Les présages de l’adieu
Et ces yeux si beaux
Se sont éloignés des miens

Le rêve passé, la clarté
S’est faite plus vive et plus froide
Grande grande était la ville
Et personne ne me connaissait
Pedro Homem de Mello (1904-1983). Froide clarté, traduit de Fria claridade par L. & L.

Bonne année !

L. & L.

Florence : Japonais et tout le tremblement.

28 décembre 2014

Va neiger ? Paraît. Fait pas chaud en tout cas.

Florence (Toscane, Italie) | Firenze (Toscana, Italia), Piazza della Signoria, 28 décembre 2014

Dès le point du jour, Florence est parcourue de cortèges de Japonais. Lorsqu’on en croise, il faut s’arrêter, attendre le passage du train.

Où qu’on aille ils nous devancent.

Galerie des Offices, Florence (Toscane, Italie) | Galleria degli Uffizi, Firenze (Toscana, Italia), 28 décembre 2014

À l’église San Miniato, nous sommes témoins d’un curieux phénomène : une femme en proie à un violent tremblement continu, extraordinairement intense et rapide. La voici une première fois :

Église San Miniato, Florence (Toscane, Italie) | Chiesa San Miniato, Firenze (Toscana, Italia), 28 décembre 2014

Et la voici encore (les photos ont été prises en toute hâte, de peur de manquer le passage de l’agitée) :

Église San Miniato, Florence (Toscane, Italie) | Chiesa San Miniato, Firenze (Toscana, Italia), 28 décembre 2014

On se perd en conjectures sur ce qui peut causer pareille conduite. Une transe excessive, suscitée par la messe qui vient de s’achever ? (L’officiant était il est vrai doté d’une remarquable voix de baryton.) Elle ne va tout de même pas nous faire le coup d’une apparition de la Vierge.

Ou alors, elle se sera tenu dans un courant d’air glacé durant tout l’office.

En tout cas elle s’en est allée, absolument mystérieuse ; l’énigme demeure.

Église San Miniato, Florence (Toscane, Italie) | Chiesa San Miniato, Firenze (Toscana, Italia), 28 décembre 2014

Les environs sont calmes.

Florence (Toscane, Italie) | Firenze (Toscana, Italia), depuis San Miniato, 28 décembre 2014

Galerie des Offices, Florence (Toscane, Italie) | Galleria degli Uffizi, Firenze (Toscana, Italia), 28 décembre 2014

Pitti

27 décembre 2014

Palazzo Pitti, Florence (Toscane, Italie) | Firenze (Toscana, Italia), 27 décembre 2014Jardin de Boboli, depuis le Palazzo Pitti, Florence (Toscane, Italie) | Giardino di Boboli, dal Palazzo Pitti, Firenze (Toscana, Italia), 27 décembre 2014
Palazzo Pitti, Florence (Toscane, Italie) | Firenze (Toscana, Italia), 27 décembre 2014

Calligraphie

26 décembre 2014

André, tu es un homme de merde.

C’est écrit.

Sarzana (Ligurie, Italie), 26 décembre 2014
Sarzana (Ligurie, Italie), 26 décembre 2014

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Cathédrale de Sarzana (Ligurie, Italie), 26 décembre 2014

Maria del Mar Bonet | Sonet

25 décembre 2014

Pour bien commencer la Noël.

Une Noël mallorquine, ou majorquine si on veut, le poète et la chanteuse-compositrice étant l’un et l’autre originaires de la grande île catalane.

Maria del Mar Bonet | Sonet. Bartomeu Rosselló-Pòrcel, poème ; Maria del Mar Bonet, Hilario Camacho, musique ; Maria del Mar Bonet, chant ; accompagnement de guitares. Extrait de l’émission ¡Qué noche la de aquel año! du 1er septembre 1987, réalisation Ramón Pradera, production TVE (Televisión Española).

Quan ella dorm el gaudi somnolent
del vell jardí vibrant de flors i nit,
passant per la finestra sóc el vent,
i tot és com un alenar florit.
Quand elle dort dans le plaisir somnolent
du vieux jardin vibrant de fleurs et de nuit,
passant par la fenêtre je suis le vent,
et tout est comme un souffle fleuri.
Quan ella dorm i sense fer-hi esment
tomba a les grans fondàries de l’oblit,
l’abella só que clava la roent
agulla – fúria i foc – en el seu pit.
Quand elle dort, et sans y prendre garde
s’abime dans les grands fonds de l’oubli,
je suis l’abeille qui enfonce l’ardente
aiguille — feu et furie — dans son sein.
La que era estampa, encís i galanor
i moviment ambigu, és plor i crit.
I jo, causa del dol, de la dolçor
Elle qui était image, charme, élégance
et mouvement ambigu, la voici pleur et cri.
Et moi, cause du mal, de la douceur,
en faig lasses delícies del pecat,
i Amor, que veu, ulls closos, el combat,
s’adorm amb un somriure embadalit.
j’en fais de lasses délices du péché,
et Amour, qui voit, les yeux clos, le combat,
s’endort en souriant de ravissement.
Bartomeu Rosselló-Pòrcel (1913-1938). Sonet, extrait de Nou poemes (1933).
Bartomeu Rosselló-Pòrcel (1913-1938). Sonnet, traduit de Sonet, extrait de Nou poemes (1933), par L. & L.

Insolite

24 décembre 2014

Montpellier (France), esplanade du Peyrou, 24 décembre 2014

Drôle de veille de Noël. L’air est comme illuminé de l’intérieur, comme si chacune de ses molécules réagissait chimiquement aux rayons du soleil qui la frappent. Les gens sont sur les terrasses, à déjeuner, à siroter des cafés ou des jus de fruits comme dans une saison intermédiaire. La ville ressemble à un samedi d’avril. Même lumière, même rumeur.

Un homme entre deux âges déambule, coiffé d’un chapeau melon. On n’a jamais vu ça. Un chapeau melon, un accessoire absolument révolu, condamné ; évocateur des Dupondt de Tintin autant que des plénipotentiaires du traité de Versailles — mais aucunement d’un quelconque lord anglais. Non, vraiment cet homme a quelque chose du gaffeur ordinaire, de l’oublieur de ce qu’il était allé faire en ville, du démanteleur de l’Autriche-Hongrie. De celui qui dit « mince alors » en se tapant le front du plat de la main une fois rentré chez lui.

Montpellier (France), esplanade du Peyrou, 24 décembre 2014