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Vers le mont Ararat

23 Mai 2011

Montagne de la Séranne (Hérault), 23 mai 2011 Montagne de la Séranne (Hérault), 22 mai 2011.

Montagne de la Séranne (Hérault), 22 mai 2011 Montagne de la Séranne (Hérault), 22 mai 2011. À l’arrière-plan : le pic Saint-Loup.

Montagne de la Séranne (Hérault), 22 mai 2011 Montagne de la Séranne (Hérault), 22 mai 2011.

Le chemin descend vers l’Est, vers chez toi peut-être.

Vers l’Italie, le Danube, la mer Noire, le mont Ararat.

Mais l’horizon est bouché, on ne le verra pas.

L. & L.

Montagne de la Séranne (Hérault), 22 mai 2011.

Un peu au-dessous du sommet (Roc blanc), qui est à 942 m. La vue porte à peu près vers le Sud-Est. Dans le lointain, le pic Saint-Loup.
Grand vent.

La Séranne (Wikipédia)

Hélas quand ils arrivent

8 Mai 2011

Place de La Canourgue, Montpellier, 8 mai 2011
Place de La Canourgue, Montpellier, 7 mai 2011.

Les escargots / Joseph Gordon Levitt, réalisation, acteur ; Jacques Prévert, poème.

À l’enterrement d’une feuille morte
Deux escargots s’en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s’en vont dans le soir
Un très beau soir d’automne
Hélas quand ils arrivent
C’est déjà le printemps
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés.
Jacques Prévert (1900-1977). Chanson des Escargots qui vont à l’enterrement.

Place de La Canourgue, Montpellier, 8 mai 2011
Place de La Canourgue, Montpellier, 8 mai 2011

Ils sont largement plus de deux.

Ils ont fait des petits en route, probable. Et cette idée de s’habiller bleu blanc rouge.

Ils ont cru … Qui sait ce qu’ils ont cru.

L. & L.

À prononcer leurs noms sont difficiles

7 Mai 2011

Madame de Strahlenheim avait une belle-sœur nommée Wilhelmine, fiancée à un jeune homme de Westphalie, Julius de Katzenellenbogen, volontaire dans la division du général Kleist. Je suis bien fâché d’avoir à répéter tant de noms barbares mais les histoires merveilleuses n’arrivent jamais qu’à des personnes dont les noms sont difficiles à prononcer.

Prosper Mérimée (1803-1870). Il viccolo di Madama Lucrezia (1846). Maximilien Vox, 1944. (Brins de plume ; 2). P. 21.

Prosper Mérimée. Il viccolo di Madama Lucrezia. M. Vox, 1944.

?

7 Mai 2011

Y a-t-il un rapport entre :

Des yeux pervenche, en anglais ça se dit periwinkle eyes.

et :

Je déplore l’écoulement de ma jeunesse, glissée de mes doigts comme du sable.

?

Lisbonne, Escadinhas da Costa do Castelo, 13 mars 2011. « Souviens-toi des moments divins »
Lisbonne, Escadinhas da Costa do Castelo, 13 mars 2011. « Souviens-toi des moments divins ».

L. & L.

Cristina Branco — Fado / tango (2011)

5 Mai 2011

L’édition internationale du nouvel album de Cristina Branco (Não há só tangos em Paris, publié d’abord au Portugal), est sortie il y a deux semaines sous le titre Fado / tango.

Un titre trompeur s’il en est. On y trouve bien deux fados (sur 16 morceaux), et la confirmation que Cristina Branco n’est pas une fadiste. Facilité commerciale, comme celle qui a conduit à nommer Nuit du fado un concert en deux parties dans lequel elle se produira avec António Zambujo en juillet, successivement à Châteauvallon et à Lyon.

Mais l’album est honnête, avec quelques bons moments, notamment cette jolie et triste Laurindinha, en forme de chanson populaire :

A Laurindinha / Cristina Branco, chant ; Bernardo Couto, guitare portugaise ; Carlos Manuel Proença, guitare ; João Paulo Esteves da Silva, piano ; Bernardo Moreira, contrebasse ; Ricardo J. Dias, accordéon ; Miguel Farias, paroles ; João Paulo Esteves da Silva, musique.

Laurindinha minha mãe,
O sol raiou, não chores mais
Vê que a dor é como a lei
Diz sim Senhor e finge uns ais
Está o milho por colher
A filha só está por casar
Antes do país morrer
Canta outra vez para o Douro transbordar.
A Laurindinha / Miguel Farias.

Laurindinha ma mère,
Le soleil brille à nouveau, ne pleure plus
La douleur tu sais c’est comme les lois
Dis oui Monsieur et fais semblant
Il y a le maïs à récolter
Et plus que ta fille à marier.
Avant que le village ne meure
Chante encore une fois, à faire déborder le Douro.
A Laurindinha / Miguel Farias ; traduction Lili & Lulu.

Pour le reste, voir le billet Cristina Branco — Não há só tangos em Paris (2011).

L. & L.

Branco, Cristina
Não há só tangos em Paris (2011). Édition française

Cristina Branco -- Fado tango. 2011Fado tango / Cristina Branco, chant ; Bernardo Couto, guitare portugaise ; Carlos Manuel Proença, guitare ; João Paulo Esteves da Silva, piano ; Bernardo Moreira, contrebasse ; Ricardo J. Dias, accordéon, arrangements ; Ana Cláudia Serrão, André Ferreira, Carlos Gomes, Marco Pereira, violoncelle ; Jorge Reis, saxophone ; Lars Arens, trombone. — [France] : Universal music classics & jazz France, 2011.

Emarcy 2763387. — EAN 602527633879.

Écouter sur Deezer
Disponible sur Amazon, Fnac
Télécharger sur Amazon, Fnac
CD+DVD (édition originale portugaise) : Disponible sur Fnac (Portugal)
CD (édition originale portugaise) : Disponible sur CDGO, Fnac (Portugal)

Cristina Branco — site officiel
Cristina Branco sur MySpace


Mercredi 18 Mai 2011, 19h30

Paris (75 – Paris) – La Cigale
120, boulevard de Rochechouart
75018 Paris
Tél : +33 (0)1.42.23.15.15
33 € (prix indicatif)
Voir ce concert sur le site du théâtre

Vendredi 1er Juillet 2011, 22h00

La nuit du fado. Avec António Zambujo
Châteauvallon (83 – Var) – Centre national de création et de diffusion culturelle
795, chemin de Châteauvallon
83190 Ollioules
Tél : +33 (0)4.94.22.02.02
12 à 24 € (prix indicatif)
Voir ce concert sur le site du théâtre

Samedi 9 Juillet 2011, 21h00

La nuit du fado. Avec António Zambujo
Lyon (69 – Rhône) – Théâtres romains de Fourvière (Odéon)
6, rue de l’Antiquaille
69005 Lyon
Tél : +33 (0)4.72.32.00.00 (réservations)
27 € (prix indicatif)
Voir ce concert sur le site du théâtre

Et à Cenon (Gironde) le jeudi 19 mai, Narbonne (Aude) le vendredi 20 mai, Vierzon (Cher) le jeudi 26 mai, Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) le vendredi 27 mai (il y sera, Rocard ?), Combs-la-Ville (Seine-et-Marne) le samedi 28 mai, Aurillac (Cantal) le mardi 31 mai.

Enfin belges !

4 Mai 2011

Il s’agirait donc de rattacher la France à la Belgique.

Nous n’aurions plus de gouvernement : quelle aubaine ! Enfin débarrassés du nôtre.

 Jessica Vaturi. Arythmie bruxelloise (2004). Extrait. Exposition Mappa Mundi, Museu Colecção Berardo, Lisbonne, 2011.

Notre capitale serait désormais Bruxelles.

Elle serait un peu décentrée c’est vrai. Depuis Montpellier il y a un TGV direct, six heures. Depuis Toulouse ce serait beaucoup plus long, il faudrait prendre l’avion.

Paris ne serait plus qu’un chef-lieu de région.

Nous serions belges. Notre langue commune s’appellerait-elle encore le français ? Probable. Mais l’accent de référence serait celui de Bruxelles.

Simenon, Maeterlinck etc. ne seraient plus par abus de langage rattachés à la littérature française ; il n’y aurait plus de littérature française.

Idem de tout.

Il n’y a que ça à faire.

C’est mon bateau / Jo Lemaire, chant. Extrait de Duelle (1990).

L. & L.

Étrangers en vacances

3 Mai 2011

Christof. Enciclopedia delle razze. Dans une vitrine de Sienne, 12 novembre 2010 Christof. Enciclopedia delle razze. Dans une vitrine de Sienne, 12 novembre 2010.

Même ici, en France, mais encore bien plus à l’étranger, je suis porté à jouer aux devinettes quant à la nationalité des passants. Je dis jouer, mais ce n’est rien de décidé, ça se déclenche tout seul.

Parfois le jeu cesse immédiatement : les Espagnols sont aisément décelables, et je ne dis rien des Espagnoles qui parlent tellement fort qu’elles n’ont d’égales que les Américaines, à croire qu’on souffre de problèmes d’audition dans ces pays-là. Dans un lieu fermé c’est douloureux.

À quoi les Espagnols sont-ils décelables ? Je ne le sais pas, au fond. Le mois dernier à Lisbonne, le premier dimanche de mon séjour, je me suis arrêté pour déjeuner dans une gargote qui servait une nourriture rudimentaire sur une placette du haut d’Alfama (là où j’ai eu du mal à identifier la nationalité de mes voisines de droite). Aux étrangers, infailliblement détectés par le taulier (tu vois qu’il n’y a pas que moi qui joue à ça) on soumettait un menu trilingue, portugais, castillan, anglais (enfin un genre d’anglais). On s’adressait à eux dans ce dernier idiome, et on attendait d’eux qu’ils rendissent la pareille. (Je m’en suis tenu mordicus à mon portugais lacunaire.)

Le patron adorait les Américains ; pour eux il était aux petits soins ; il aurait fait la danse du ventre — qu’il avait volumineux — s’il l’avait jugé utile à leur agrément. Le couple assis à ma gauche a vite compris le parti qu’il pouvait en tirer : la dame s’est fendue d’un « you speak English very well! » sur un ton qui disait l’inverse mais qui leur a valu double dessert et café gratos.

L’homme acceptait aussi le castillan, avec les peuples subalternes seulement (or c’est la langue qu’employaient avec lui mes deux voisines suédoises en dépit de son entêtement à leur parler en anglais, ce qui m’amusait beaucoup et me les a rendues sympathiques d’emblée).

J’en étais à mon plat de résistance (c’est le cas de le dire) lorsqu’un groupe de jeunes gens provenant du château São Jorge s’est intéressé au menu posé sur un fier lutrin aux confins du domaine. En trois secondes le patron était sur eux, comme un ours ayant flairé une ruche. On a parlementé plusieurs minutes autour du lutrin, mais il a eu le dessus. Une fois installés les jeunes ont négligé le menu trilingue, préférant dire chacun ce qu’il ou elle avait envie de manger, accaparant le type qui s’agaçait. Un comportement d’Italiens — à ceci près qu’ils étaient espagnols. J’ai pensé in petto : vraiment, les jeunes Espagnols en sont venus à ressembler exactement à des Italiens, jusque dans leur goût vestimentaire. Mais la commande finalement passée et les jeunes gens enfin libres de s’adonner à leur conversation, il n’y avait plus à se méprendre : ils étaient bel et bien italiens.

Les Français se reconnaissent à leur air tracassé. On dirait toujours qu’ils ont peur de quelque chose, peur de rater leur journée, de ne pas être à la hauteur, angoissés de passer à côté de la chose à voir, mais plus occupés à chercher les termes dans lesquels ils rapporteront à leurs collègues ce qu’ils ont vu qu’à regarder. On voit qu’ils ne se sentent pas à l’aise. Ils sont tendus. Par conséquent ils commettent effectivement des erreurs : « tu as vu cette cheminée d’usine ? » Raté. Ce qu’il fallait voir se trouvait de l’autre côté du tramway.

Ils s’habillent en vacanciers, vu qu’il sont en vacances. La tenue du vacancier français se procure chez Décathlon ou analogue. De pied en cap. Cet enlaidissement par lui revendiqué l’apparente au vacancier américain. Mais son arrogance lorsqu’elle survient (ce n’est pas rare du tout) est le résultat d’un complexe d’infériorité et d’une réaction au stress : en cela elle est à l’opposé de celle de son collègue américain.

Tu l’as remarqué toi aussi : nos compatriotes à l’étranger sont souvent tristes et antipathiques. Infréquentables.

Lorsque par extraordinaire on tombe sur des Français agréables et tout à leur plaisir d’être là, on s’aperçoit que ce sont des Belges.

With love baby / Witloof Bay, groupe vocal. 2011.

C’est pourquoi il y aurait lieu de militer pour le rattachement de la France à la Belgique. Ça nous ferait le plus grand bien.

L. & L.

Qu’est-ce qu’elles disent les grenouilles ?

2 Mai 2011

Elles avaient été victimes d’une aphonie provisoire, mais les voilà guéries, écoute :

Qu’est-ce qu’elles disent ?

On ne comprend rien. Elles parlent toutes en même temps.

L. & L.

Les gens dans les musées

30 avril 2011

Museu Colecção Berardo, Lisbonne, 18 mars 2011 Museu Colecção Berardo, Lisbonne, 18 mars 2011

Museu Colecção Berardo, Lisbonne, 18 mars 2011 Museu Colecção Berardo, Lisbonne, 18 mars 2011

Centro cultural de Belém, Lisbonne, 18 mars 2011 Centro cultural de Belém, Lisbonne, 18 mars 2011

Musée des Abattoirs, Toulouse, 11 avril 2010 Les Abattoirs, Toulouse, 11 avril 2010

L. & L.

Les Abattoirs (Toulouse)
Centro cultural de Belém (Lisbonne)
Museu Colecção Berardo (Lisbonne)

A música portuguesa a gostar de António Zambujo

26 avril 2011

J’ai déjà montré cette vidéo mais j’y reviens.

Elle est emblématique de la série A música portuguesa a gostar del própria de Tiago Pereira (voir ici) — et elle est très belle.
Regarde la vidéo en plein écran (clique sur l’icône juste à gauche de « vimeo » en bas à droite).

Pelo toque da viola / António Zambujo, chant, guitare ; paroles et musique traditionnelles (Alentejo) ; vidéo Tiago Pereira. Lisbonne, 2 mars 2011.

Tu t’en souviens ? J’avais posé près du clip, sans commentaire, cette peinture de Carpaccio

Vittore Carpaccio -- Sant'Agostino nello Studio (1502). Venezia, Scuola di San Giorgio degli Schiavoni
Vittore Carpaccio — Sant’Agostino nello Studio (1502). Venezia, Scuola di San Giorgio degli Schiavoni

montrant Saint Augustin dans le cadre ordinaire de son cabinet d’étude : il n’a pas fait le ménage, il n’a pas rangé son bureau — et le jeune chien est là, prêt à faire des bêtises ; pour un peu on l’entendrait japper. On appelle aussi cette peinture La vision de Saint Augustin parce que dans ce décor de vie quotidienne une chose extraordinaire est en train de se produire, perçue aussi bien par l’animal que par le saint. Comme tu le vois  l’ensemble de la scène reçoit une forte lumière depuis les ouvertures du côté droit.

De même c’est une chose extraordinaire — sinon d’essence divine –, celle qui advient dans la vidéo de Tiago Pereira. Dans ce cadre impeccablement composé (couleurs, disposition des personnes et des objets), les ustensiles les plus effrontément utilitaires et roturiers : le balai espagnol, la pelle à poussière, le tabouret de plastique orangé qui sert de siège à l’António, le bout de toile cirée bleue qui fait contrepoint à droite, ne se voient pas pour ce qu’ils sont.

Ce qui n’est pas inerte est presque immobile, comme la chanson elle-même : les plantes vertes à gauche, à peine animées par un souffle d’air, la dame dans l’ouverture de la porte, le chanteur, au point que son mouvement final de se tourner doucement vers sa spectatrice tient lieu de coup de théâtre, et le sourire paisible qu’il reçoit en retour de point d’orgue.

Pelo toque da viola est un chant traditionnel de l’Alentejo, chanté en principe par un chœur d’hommes (cante alentejano) mais lui, António Zambujo, en fait presque une berceuse.

Ó luar da meia-noite
Não digas à minha amada
Que eu passei à rua dela
Às quatro da madrugada

Pelo toque da viola,
Já sei as horas que são.
Ainda agora é meia-noite,
Já te dei um bom serão!
Já te dei um bom serão,
Vai dormir vai descansar,
Vai dormir vai descansar,
Amor do meu coração!
Pelo toque da viola / paroles et musique traditionnelles (Alentejo).

Ô lune de minuit
Ne dis pas à mon aimée
Que je suis passé dans sa rue
À quatre heures du matin.

Au son de la guitare,
Je sais quelle heure il est.
Il n’est encore que minuit,
Je t’ai fait une belle sérénade !
Je t’ai donné une belle sérénade,
Endors-toi, repose-toi,
Endors-toi, repose-toi,
Amour de mon cœur !
Pelo toque da viola / paroles et musique traditionnelles (Alentejo) ; traduction Lili & Lulu.

L. & L.
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