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A música portuguesa a gostar de António Zambujo

26 avril 2011

J’ai déjà montré cette vidéo mais j’y reviens.

Elle est emblématique de la série A música portuguesa a gostar del própria de Tiago Pereira (voir ici) — et elle est très belle.
Regarde la vidéo en plein écran (clique sur l’icône juste à gauche de « vimeo » en bas à droite).

Pelo toque da viola / António Zambujo, chant, guitare ; paroles et musique traditionnelles (Alentejo) ; vidéo Tiago Pereira. Lisbonne, 2 mars 2011.

Tu t’en souviens ? J’avais posé près du clip, sans commentaire, cette peinture de Carpaccio

Vittore Carpaccio -- Sant'Agostino nello Studio (1502). Venezia, Scuola di San Giorgio degli Schiavoni
Vittore Carpaccio — Sant’Agostino nello Studio (1502). Venezia, Scuola di San Giorgio degli Schiavoni

montrant Saint Augustin dans le cadre ordinaire de son cabinet d’étude : il n’a pas fait le ménage, il n’a pas rangé son bureau — et le jeune chien est là, prêt à faire des bêtises ; pour un peu on l’entendrait japper. On appelle aussi cette peinture La vision de Saint Augustin parce que dans ce décor de vie quotidienne une chose extraordinaire est en train de se produire, perçue aussi bien par l’animal que par le saint. Comme tu le vois  l’ensemble de la scène reçoit une forte lumière depuis les ouvertures du côté droit.

De même c’est une chose extraordinaire — sinon d’essence divine –, celle qui advient dans la vidéo de Tiago Pereira. Dans ce cadre impeccablement composé (couleurs, disposition des personnes et des objets), les ustensiles les plus effrontément utilitaires et roturiers : le balai espagnol, la pelle à poussière, le tabouret de plastique orangé qui sert de siège à l’António, le bout de toile cirée bleue qui fait contrepoint à droite, ne se voient pas pour ce qu’ils sont.

Ce qui n’est pas inerte est presque immobile, comme la chanson elle-même : les plantes vertes à gauche, à peine animées par un souffle d’air, la dame dans l’ouverture de la porte, le chanteur, au point que son mouvement final de se tourner doucement vers sa spectatrice tient lieu de coup de théâtre, et le sourire paisible qu’il reçoit en retour de point d’orgue.

Pelo toque da viola est un chant traditionnel de l’Alentejo, chanté en principe par un chœur d’hommes (cante alentejano) mais lui, António Zambujo, en fait presque une berceuse.

Ó luar da meia-noite
Não digas à minha amada
Que eu passei à rua dela
Às quatro da madrugada

Pelo toque da viola,
Já sei as horas que são.
Ainda agora é meia-noite,
Já te dei um bom serão!
Já te dei um bom serão,
Vai dormir vai descansar,
Vai dormir vai descansar,
Amor do meu coração!
Pelo toque da viola / paroles et musique traditionnelles (Alentejo).

Ô lune de minuit
Ne dis pas à mon aimée
Que je suis passé dans sa rue
À quatre heures du matin.

Au son de la guitare,
Je sais quelle heure il est.
Il n’est encore que minuit,
Je t’ai fait une belle sérénade !
Je t’ai donné une belle sérénade,
Endors-toi, repose-toi,
Endors-toi, repose-toi,
Amour de mon cœur !
Pelo toque da viola / paroles et musique traditionnelles (Alentejo) ; traduction Lili & Lulu.

L. & L.
A música portuguesa a gostar dela própria sur Vimeo
A música portuguesa a gostar dela própria (blog)
Tiago Pereira sur Myspace

4 commentaires leave one →
  1. Anne-Marie permalink
    29 avril 2011 16:10

    Bien sûr, qu’on s’en souvenait, de l’Antonio (tu vois, j’apprends le portugais, et je progresse, encore que je n’arrive pas à trouver sur ma machine comment placer l’accent sur le o..); et plus que la musique c’est sa mise en scène qui est effectivement saisissante, avec cette femme presque peinte en trompe l’oeil sur sa porte tant elle est immobile, jusqu’à ce qu’elle tourne la tête pour jeter un coup d’oeil qui semble peu amène sur le spectateur qu’on aperçoit reflété sur le carreau de la fenêtre, il partage et donc gêne son écoute attentive… Mais plus qu’au Carpaccio (moi, le chien, je ne le vois pas prêt à faire des bêtises, au contraire, il me semble effrayé par la lumière qui attire son maître, sa tête me paraît en recul par rapport à son corps alors que celle du saint avance, parce qu’il ne peut comprendre cette vision que le peintre semble lui faire partager avec saint Augustin ! ) il me fait penser à cette autre vidéo que tu m’as fait connaître, de Ricardo Ribeiro chantant « avec » Céleste Rodriguez : bien sûr pas la même tension amoureuse ici où tout est calme et douceur, mais comme si le fadiste chantait pour la femme qui l’écoute, comme si son chant lui était destiné alors qu’il ne peut l’être..

    • lili-et-lulu permalink*
      29 avril 2011 16:58

      [ó : alt+122]
      Oui 🙂 C’est vrai qu’il y a aussi le reflet de ce spectateur. Mais même ça c’est typique de cette série : la musique est filmée « sur le vif », comme si elle était un élément de la vie normale. Donc pas de retouche. Dans d’autres vidéos il y a un camion qui passe, ou autre.

      Le chien oui, tu as raison. Il n’est pas prêt à faire des bêtises, c’est plutôt qu’il vient de se comporter en chien, et puis tout à coup il se passe un truc bizarre. Je ne le trouve pas effrayé moi. Un peu interloqué plutôt. Bien sûr qu’il ne peut pas comprendre, mais lui aussi a une vision. A mon avis, il va se mettre à frétiller et à aboyer dans une minute, et Augustin lui dira gouez peoc’h, ta !

      Quant à ta dernière remarque : oui, très juste, c’est l’un des charmes de cette vidéo si riche.

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  1. António Zambujo — Pelo toque da viola « Je pleure sans raison que je pourrais vous dire
  2. Gisela João « Je pleure sans raison que je pourrais vous dire

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