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Lula Pena — Fria claridade

13 novembre 2011

Une autre version de Fria claridade, celle de la plus émouvante des chanteuses contemporaines, Lula Pena — plus fadiste que bien des fadistes.

Fria claridade / Lula Pena, chant et guitare ; Pedro Homem de Mello, paroles ; José Marques do Amaral, musique. Capté au Café Maxime, Lisbonne.

L. & L.

Amália Rodrigues, Pedro Homem de Mello — Fria claridade

13 novembre 2011

Je suis arrivé de Montpellier vêtu pour le froid, la pluie, l’obscurité dans laquelle cette ville est ensevelie depuis des jours. Une tristesse interminable qu’on porte en soi parce qu’elle vous a gagné ; qu’elle s’est infiltrée en vous comme une maladie nosocomiale.

Mais Toulouse, indifférente à sa lointaine voisine, baigne dans une clarté heureuse et tiède, à peine refroidie dans certaines rues par des rafales d’autan sans malice.

Fria claridade / Amália Rodrigues, chant ; Pedro Homem de Mello, paroles ; José Marques do Amaral, musique. RTP (Rádio e Televisão de Portugal), 1967.

Fria claridade
No meio da claridade
Daquele tão triste dia
Grande, grande era a cidade
E ninguém me conhecia

Então passaram por mim
Dois olhos lindos, depois
Julguei sonhar, vendo enfim
Dois olhos, como há só dois

Em todos os meus sentidos
Tive presságios de adeus
E aqueles olhos tão lindos
Afastaram-se dos meus

Acordei, a claridade
Fez-se maior e mais fria
Grande, grande era a cidade
E ninguém me conhecia
Pedro Homem de Mello (1904-1983). Fria claridade.

Froide clarté
Au cœur de la clarté
De cette si triste journée
Grande grande était la ville
Et personne qui me connaisse

Alors me traversèrent
Deux yeux profonds et beaux
J’ai cru rêver les avoir vus
Ces yeux incomparables

J’ai perçu de tout mon être
Les présages de l’adieu
Et ces yeux si beaux
Se sont éloignés des miens

Le rêve passé, la clarté
S’est faite plus vive et plus froide
Grande grande était la ville
Et personne qui me connaisse
Pedro Homem de Mello (1904-1983). Fria claridade. Traduction Lili & Lulu.

J’ai raté la traduction, ça ne me vient pas bien.

Fria claridade est un fado constitué par Amália Rodrigues à partir d’un poème de Pedro Homem de Mello, sur la Marcha de José Marques do Amaral (appelée aussi Fado marcha do Zé Marques do Amaral), à l’occasion d’un enregistrement réalisé en 1951. Elle raconte dans sa biographie (Vítor Pavão dos Santos, Amália, uma biografia, Contexto, 1987) avoir fait cela sans l’autorisation du poète, et être à moitié morte de frayeur lorsque, le forfait accompli et le disque publié, on lui dit qu’il cherchait à la joindre au téléphone. Preuve qu’elle n’avait pas la conscience tranquille, mais Pedro Homem de Mello était enchanté du fado et de l’interprétation d’Amália, au point d’écrire à son intention Quando os outros te batem, beijo-te eu (enregistré en 1956).

Il va sans dire que pour Pedro Homem de Mello, les « yeux incomparables » sont ceux d’un homme.

Amália a de nouveau enregistré Fria claridade en 1967 (album Fados 67) : c’est cette version qui est ici entendue. Vidéo de médiocre qualité.

L. & L.

La Douarneniste

8 novembre 2011

Je ne donne pas signe de vie depuis déjà quelque temps : ce n’est pas que je sois fâché, du moins pas contre toi. C’est que toute la vie disponible était engagée ailleurs : je finis de déménager.

Déménager est une entreprise déconcertante, angoissante, épuisante. Tu me trouverais désaxé.

Déménagement, novembre 2011
Entre les livres encore non rangés le Senhora da noite de Mísia, acheté hier, que je n’ai pas encore pu écouter.

Le nouvel appartement est plus petit que l’ancien, cela de beaucoup. Un 3 pièces banal dans un immeuble de 1956, 3e étage sans ascenseur — et sonore avec ça. Mais lumineux, avec une vraie cuisine où on peut tout faire. Il me plaît, il m’est sympathique. (J’aurai peut-être changé d’avis avant Noël.)

Pour lui j’ai quitté un grand rez-de chaussée cossu, des sols superbes, carreaux de ciment peints, parquet splendide, donnant sur un petit jardin. Mais très sombre et accablé d’une propriétaire infernale, selon moi à demi timbrée. Je m’y sentais cerné, je ne pouvais pas y vivre. Je l’appelais le terrier.

Je ne crois pas en avoir fait de photos. Seulement celle-ci avant de partir :

La Douarneniste dans la cuisine du terrier La Douarneniste dans la cuisine du terrier.

L. & L.

Les cris de quelqu’un qui ne veut pas

19 octobre 2011

Je ne sais pas comment était Marguerite Duras dans le quotidien, insupportable probablement. Cependant il y a cet humour qui se manifeste au détour de ses écrits, et qui était peut-être aussi un trait de sa personnalité ; cet humour qui est fait de déclarations subites telle que celle-ci :

Ce qui m’étonne, c’est que tout le monde n’écrive pas. J’ai une admiration secrète pour les gens qui n’écrivent pas. J’ai une admiration secrète pour les gens qui n’écrivent pas, et aussi, bien sûr, pour ceux qui ne font pas de films.
Marguerite Duras (1914-1996) & Michelle Porte. Les lieux de Marguerite Duras (1977). Éditions de Minuit, 1984. P. 11.

J’adore ça. Parce qu’on ne peut pas établir clairement si l’humour réside seulement dans l’effet de surprise ménagé par la teneur de ce type de saillies, ou bien aussi dans l’hypothèse qu’elle soit sincère. Qu’elle ait réellement « une admiration secrète pour les gens qui n’écrivent pas » et « pour ceux qui ne font pas de films ».

Elle dit ça au cours d’un entretien avec Michelle Porte, entretien filmé dans la maison de Neauphle-le-Château puis transcrit dans ce livre, Les lieux de Marguerite Duras (1977). Une maison, un homme ne peut pas l’habiter, c’est ce qu’elle dit. Un homme peut passer dans la maison, y avoir ses affaires, y manger, y dormir, mais pas l’habiter, jamais être en connivence avec elle. Une femme si, parce que la maison est autour des êtres (des femmes donc, à ce qu’on suppose) comme les femmes sont autour des enfants qu’elles abritent dans leur ventre, ou qu’elles y ont abrités. On en déduirait presque que les femmes qui n’ont pas enfanté forment une catégorie d’homme. Presque.

Je lisais ce livre dans le train l’autre soir, entre Montpellier et Toulouse. Et cette séquence-là m’a remis en mémoire un fado, un des premiers dont j’ai eu connaissance, il y a longtemps, vers 1980. Il se trouvait sur un disque, un 33 tours, que j’avais acheté aux puces de Saint-Ouen. C’était du fado de Coimbra, par un chanteur nommé Germano Rocha dont j’ignorais tout. Je pense que je ne savais pas non plus ce qu’était le fado de Coimbra. Ce disque était très beau ; je l’ai perdu.

Le fado auquel j’ai pensé dit ceci, de mémoire : « Já fui moço, já sou homem, só me falta ser mulher », « J’ai été garçon, à présent je suis homme, il ne me manque que d’être femme » (José Afonso. Tenho barco, tenho remos).

Duras parle de l’enfantement. Et tout à coup son point de vue est celui de l’enfant qui naît, qui sort de l’abri — enfin qu’on arrache à cet abri.

Le premier signe de vie, c’est le hurlement de douleur. Vous savez, quand l’air arrive dans les alvéoles pulmonaires de l’enfant, c’est une souffrance indicible, et, la première manifestation de la vie, c’est la douleur.
M. P. :
C’est le cri.
M. D. :
Plus qu’un cri, vous savez. C’est des cris d’égorgé, des cris de quelqu’un qu’on tue, qu’on assassine. Les cris de quelqu’un qui ne veut pas.
Marguerite Duras (1914-1996) & Michelle Porte. Les lieux de Marguerite Duras (1977). Éditions de Minuit, 1984. P. 23.

Ça semble outré ce qu’elle dit. Mais non. Je crois que c’est très juste. Tout ce qu’elle dit, chacune de ces phrases-là. C’est une horreur de naître. Pour rien au monde je ne voudrais revivre ça.

Voilà aussi ce que j’aime chez Duras, cette capacité à dire ces choses-là, crûment et dans une sorte de poème spontané, génial.

Je te laisse avec cet autre fado de Coimbra, chanté encore par Germano Rocha et dansé par Pina Bausch. « Tes yeux ne sont pas tes yeux, ce sont deux Avés d’un chapelet d’amertume que je récite tous les jours. »

Pina Bausch danse sur Os teus olhos / Germano Rocha, chant ; Ensemble de Coimbra, ensemble instrumental ; paroles et musique traditionnelles.

Os teus olhos não são teus
São duas Avé-Marias

Dum rosário de amarguras
Que eu rezo todos os dias

Os teus olhos não são teus
Desde o dia em que te vi

Os teus olhos são os meus
Que os meus cegaram por ti

L. & L.

Les lieux de Marguerite Duras. -- Minuit, 1977.Duras, Marguerite (1914-1996)
Porte, Michelle
Les lieux de Marguerite Duras (1977)

Les lieux de Marguerite Duras / Marguerite Duras, Michelle Porte. — Paris : Éditions de Minuit, 1984. — 103 p.-[8] f. de planches : ill. ; 19 cm.

ISBN 2-7073-0203-1

Puisque c’est ça

16 octobre 2011

je crois que je vais voter pour Eva.

Dine øyne / Kari Bremnes, chant ; Edvard Munch, paroles ; Ketil Bjørnstad, musique.

Stå op på Tuen så kan jeg se ind i dine øine

Du er høiere end jeg – jeg står op på Tuen,
så jeg kan se ind i Dine øine

Hvor bleg Du er i maaneskinnet og hvor
Dine øine er mørke – De er så store at de
dækker halve himmelen – Jeg kan næsten
ikke se Dine træk – men jeg skimter Dine
hvide tænder når de smiler –

Jeg fryser lidt – og hvor mørk skoven er –
Ser Du ikke et Dyr derinde – er det en sten
– eller et hoved – et slangehoved

– Jeg føler Du smiler

Når vi står sånn – og mine øine ser inn i Dine
store øine – i det blege maanelys – ved Du
da – fletter fine hænder usynlige tråde – der
bindes om mit hjerte – ledes fra mine øine –
gjennom Dine store mørke øine – ind om
Dit hjerte – Dine øine er store nu – De er
så nær meg – De er som to store mørke
Himmeler
Edvard Munch (1863-1944)

L. & L.

António Zambujo — Arraial

15 octobre 2011

La vidéo, qui n’est pas très bonne, date probablement de quelque temps déjà. Le Sr. Vinho où elle a été prise est la maison de fado de Maria da Fé. António Zambujo s’y produit, de même qu’Aldina Duarte et d’autres.

Arraial figure sur le premier album d’António Zambujo (O mesmo fado, Ocarina 2002), actuellement indisponible. Paroles et musique de João Ferreira-Rosa, connu pour ses opinions monarchistes, qu’il exprime jusque dans ses fados, parfois d’un anti-républicanisme véhément.

Arraial / António Zambujo, chant, guitare ; João Ferreira-Rosa, paroles et musique. Capté au Sr. Vinho, Lisbonne.

Arraial
Acabou o arraial
folhas e bandeiras já sem cor
tal qual aquele dia em que chegaste
tal qual aquele dia meu amor
Para quê cantar se longe já não ouves
o nosso canto ainda está na fonte
o nosso sonho nas estrelas do horizonte

Ainda nasce a lua nos moinhos
ainda nasce o dia sobre os montes
ainda vejo a curva do caminho
ainda os mesmos sons, as mesmas fontes

Sabes meu amor não estou sozinho
pelas salas do silêncio em que te escuto
abro as janelas ainda cheira a rosmaninho
vejo-me ao espelho
ainda vejo luto.
João Ferreira-Rosa. Arraial (1975)

La fête
La fête est finie
Feuilles et drapeaux déjà sans couleur
Comme ce jour où tu es apparu[e]
Comme ce jour-là mon amour.
Pourquoi chanter, tu es loin tu n’entends plus
Notre chanson est encore dans la source
Notre rêve dans les étoiles à l’horizon.

La lune se lève encore sur les moulins
Le jour se lève encore sur la montagne
Je vois encore la courbe du chemin
Toujours les mêmes bruits, les mêmes sources

Tu sais mon amour, je ne suis pas seul
Dans le silence de ces pièces où je t’écoute
J’ouvre les fenêtres, le parfum du romarin monte encore
Je me vois dans le miroir
C’est encore le deuil que je vois.
João Ferreira-Rosa. Arraial (La fête). Trad. Lili & Lulu.

L. & L.

António Zambujo — Site officiel
António Zambujo sur MySpace

Beau, un peu de vent d’autan

15 octobre 2011
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Toulouse, 15 octobre 2011. Le café place Saint-Étienne. Toulouse, 15 octobre 2011. Le café place Saint-Étienne.

Toulouse, 15 octobre 2011. Les bouquinistes place Saint-Étienne. Toulouse, 15 octobre 2011. Les bouquinistes place Saint-Étienne.

Toulouse, rue Fermat, 15 octobre 2011. Toulouse, rue Fermat, 15 octobre 2011.

Chère Martine, si tu

15 octobre 2011

deviens présidente de la république, il faudra que tu t’occupes des chemins de fer. Et tout spécialement de la ligne Bordeaux-Nice.

Jeudi dernier : 40 minutes de retard à l’arrivée à Toulouse (un tgv, train à grande vitesse). Hier soir, le même tgv s’est traîné jusqu’à Carcassonne — déjà 20 minutes de retard —, où on nous a informés, mes compagnons d’infortune et moi-même, que suite à « des incidents sur la voie » le train resterait en gare pour une durée indéterminée. Puis plus rien, aucune information pendant 50 minutes. Mais aucune. Les contrôleurs : disparus. Alors, comme si de rien n’était, l’annonce habituelle : Mesdames messieurs, le tgv numéro 5117 à destination de Bordeaux va partir, attention à la fermeture des portes, attention au départ.

Je pourrais aussi te parler du retour à Montpellier lundi dernier — et sans aucun doute de celui de lundi prochain.

D’ici là, je te souhaite — et à moi pareillement — un excellent dimanche.

L. & L.

António Zambujo à Toulouse en janvier 2012

15 octobre 2011

Ce sera donc bien à l’espace Croix-Baragnon. Deux soirs consécutifs, comme la Galeazzi cette année : jeudi 5 et vendredi 6 janvier.

Pour seulement 10 € rends-toi compte : c’est donné. Puis il est à Albi le 17 janvier. Voir ci-dessous pour les renseignements.

Foi Deus / António Zambujo, chant ; Ricardo Cruz, contrebasse ; Alberto Janes, paroles et musique. Capté au Teatro São Luíz, Lisbonne, 2010?.

Les prochains concerts en France :

Jeudi 20 octobre 2011 , 20h30

Fontenay-aux-Roses (92 – Hauts-de-Seine) – Théâtre des Sources
8, avenue Jeanne et Maurice Dolivet
92260 Fontenay-aux-Roses
Tél : +33 (0)1 41 13 40 80 (réservations)
15 € à 22 € (prix indicatif)

Voir ce concert sur le site du théâtre

Vendredi 21 octobre 2011, 18h30
25e festival Tourcoing jazz

Tourcoing (59 – Nord) – Maison Folie Hospice d’Havré
100, rue de Tournai
59200 Tourcoing
Tél : +33 (0)3 59 63 43 63

Voir ce concert sur le site du théâtre

[…]
Jeudi 5 et vendredi 6 janvier 2012 , 20h30

Toulouse (31 – Haute-Garonne) – Salle bleue, Espace Croix-Baragnon
24, rue Croix-Baragnon
31000 Toulouse
Tél : +33 (0)5 62 27 60 60
5 € à 10 € (prix indicatif)

Voir ce concert sur le site du théâtre

Mardi 17 Janvier 2012, 20h30

Albi (81 – Tarn) – Scène nationale
81000 Albi
Tél : +33 (0)5 63 38 55 56

Voir ce concert sur le site du théâtre

António Zambujo — Site officiel
António Zambujo sur MySpace

O Pierrot (Fado versículo) — Alfredo Marceneiro

8 octobre 2011

Alfredo Marceneiro (1891-1982). O Pierrot / Alfredo Marceneiro, chant & musique ; João Linhares Barbosa, paroles. Dans : Nos tempos em que eu cantava (1972)

La musique de ce fado — fado menor versículo, ou fado menor em versículo, ou encore fado menor com versículos –,  a été composée par Alfredo Marceneiro lui-même à partir de celle du fameux fado menor (voir ici) — quant à lui de compositeur inconnu. La partition manuscrite porte la date de 1928.

Le terme versículo signifie verset. Il a peut-être un autre sens ici, faisant référence à la métrique des vers. Le fait est que dans ce fado chaque vers est divisé en deux parties inégales, la seconde — la plus courte, une sorte d’appendice — pouvant constituer ce « versicule ». C’est comme si au bout de chaque vers il y avait quelque chose à ajouter après réflexion, un codicille, une paperolle appliquée dans la marge.

Naquele dia de entrudo, lembro bem
Um intrigante Pierrot, da cor do céu
Um ramo de violetas, pequeninas
Á linda morta atirou, como um adeus

C’était un jour de carnaval, je m’en souviens
Un intrigant pierrot, couleur du ciel
Un bouquet de violettes, toutes petites
Sur la belle morte jeta, comme un adieu

La structure du vers est encore amplifiée dans la phrase musicale, avec un effet d’asymétrie marqué qui rend ce fado singulier et qui en fait la beauté. Et Marceneiro, en génial interprète qu’il était, en joue comme personne.

Naquele dia de entrudo, lembro bem
Um intrigante Pierrot, da cor do céu
Um ramo de violetas, pequeninas
Á linda morta atirou, como um adeus

Passa triste o funeral, é duma virgem
Mas ao povo que lhe importa, aquele enterro
Que a morte lhe passa á porta, só por ele
Em dia de carnaval, e de vertigem

Abaixo a máscara gritei, com energia
Quem és tu grossseiro que ousas, profanar
Perturbar a paz das lousas, tumulares
E o Pierrot disse não sei, que não sabia

Sei apenas que a adorei, um certo dia
Num amor todo grilhetas, assassinas
Se não vim de vestes pretas, em ruínas
Visto de negro o coração, e resoluto

Atirou sobre o caixão, como um tributo
Um ramo de violetas, pequeninas
Atirou sobre o caixão, como um tributo
Um ramo de violetas, pequeninas
João Linhares Barbosa. O Pierrot (1928).

Le Fado versículo de Marceneiro a été repris par d’autres interprètes au fil du temps, sur des textes différents comme le veut la coutume. Par exemple par Berta Cardoso (1911-1997) dans les années 1950 (Fado Fracasso), Fernanda Maria (Ausência), ou plus récemment Lenita Gentil (Quem me dera ser o fado que não sou, 1991) ou Camané (Não sei sur un très beau poème de Manuela de Freitas dans son 2e album Na linha da vida, 1998).

Fado Fracasso / Berta Cardoso, chant ; João Linhares Barbosa, paroles ; Alfredo Marceneiro, musique (fado menor versículo).

Et aussi par Carlos do Carmo dans son Fado da saudade, lauréat en Espagne du prix Goya de la meilleure chanson originale pour le film Fados de Carlos Saura (2007). Évidemment, ça a fait jaser au Portugal… Non seulement parce que ce n’est pas une chanson originale, du moins quant à sa musique, mais aussi parce que Carlos do Carmo lui-même ne reconnaît pas en ladite musique celle du Fado versículo de Marceneiro. Il s’agit pour lui d’un Fado menor. C’est nier l’évidence, je t’en laisse juge.

Fado da saudade / Carlos do Carmo, chant ; Fernando Pinto do Amaral, paroles ; Alfredo Marceneiro, musique (fado menor versículo) ; José Manuel Neto, guitare portugaise ; Manuel Proença, guitare ; José Marino Freitas, basse acoustique.

Quoi qu’il en soit, sa maison de disques ne commet pas la même erreur, car le livret d’accompagnement de l’album Fado maestro (Carlos do Carmo. Fado maestro. Universal music Portugal, 2008) porte bien, pour Fado da saudade, la mention : « música Fado menor (versículo) »… mais sans l’attribuer à Marceneiro.

L. & L.

Alfredo Marceneiro — Site officiel