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Maria Teresa de Noronha • Amor bendito (1961)

11 juin 2026

Parlant du fado Licas (voir le billet précédent), en voici un de grande classe : celui de l’incomparable Maria Teresa de Noronha. Il faut l’entendre varier le tempo constamment, jouer avec le rythme, avec les pauses (les guitaristes ont intérêt à demeurer concentrés jusqu’au bout !). L’entendre animer le chant, avec une virtuosité qui n’est jamais démonstrative, de quantité de nuances dynamiques qui lui impriment un relief et une élégance merveilleuses. De tout cela, les fadistes d’aujourd’hui sont incapables.

L’enregistrement est une captation, réalisée par un amateur sur son magnétophone personnel, de l’une des émissions de radio (où elle chantait en direct) que Maria Teresa de Noronha a assurées pendant des années, jusqu’en 1961. Les bandes de ce collectionneur (Nuno Siqueira, devenu par la suite spécialiste du Fado et même fadiste) ont été recueillies et restaurées par la maison Valentim de Carvalho, puis intégrées au coffret de 5 CD et 1 DVD Maria Teresa de Noronha : integral publié en 2018 pour le centenaire de la naissance de la chanteuse.

Maria Teresa de Noronha (1918-1993)Amor bendito. Fernando Farinha, paroles ; Armando Machado, musique (Fado Licas).
Maria Teresa de Noronha, chant ; Raul Nery, guitare portugaise ; Joaquim do Vale, guitare.
Extrait du programme bihebdomadaire de radio Fados e Guitarradas (émission diffusée le 29 mai 1961). Production : Portugal, Emissora Nacional de Radiodifusão, 1961.
Il s’agit d’un enregistrement sur magnétophone réalisé par un auditeur (Nuno Siqueira), restauré puis publié en CD. L’enregistrement est tronqué à l’extrême fin (et un peu au début).
Première publication dans le coffret de 5 CD + 1 DVD Maria Teresa de Noronha : integral. Portugal, Valentim de Carvalho, ℗ 2018.

Se o meu amor sofreu cruel tormento
Vivendo à tua espera, sempre triste
Bendito seja o próprio sofrimento
Porque maior valor deu ao que hoje existe

Si mon amour a souffert la dure peine
De ne vivre qu’à t’attendre, toujours triste,
Que bénie soit cette souffrance même,
Car elle donne du prix à ce qui aujourd’hui existe.
Se o meu amor nasceu só para ti
E amor igual mais tarde recebeu
Bendita seja a esperança em que vivi
Bendita seja a fé que Deus me deu

Si mon amour, qui est né pour toi seul,
A reçu en retour un aussi grand amour,
Bénie soit l’espérance dans laquelle j’ai vécu,
Et bénie soit la foi que Dieu m’a donnée.
Se a minha voz cantou, alto e bom som
Amor que o coração lhe transmitia
Bendita seja a voz que teve o dom
De fazer da tristeza uma alegria

Si ma voix a chanté haut et fort
Cet amour que lui dictait mon cœur,
Bénie soit la voix qui avait le don
De transformer la tristesse en joie.
Se o meu amor nasceu, há-de viver
Por mais que os outros falem do seu fim
Bendito o teu amor que assim me quer
Bendita/o seja eu, por ser assim!

Si mon amour est né, il vivra,
Même si les autres parlent déjà de sa fin ;
Béni soit ton amour qui m’aime ainsi,
Et bénie sois-je, moi, d’être ainsi !

Fernando Farinha (1928-1988). Amor bendito (vers 1960).
Fernando Farinha (1928-1988). Amour béni, traduit de : Amor bendito (vers 1960), par L. & L.

Les paroles sont du fadiste Fernando Farinha, qui les chantait sur une autre musique, celle du fado Margaridas de Casimiro Ramos.

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