L’été 19
Durant cet intervalle, il régna sur l’île un été immuable et splendide ; cependant que, dans la Maison des « guaglioni », le temps mûrissait, obscur et inconstant, s’acheminant vers la tempête finale…
Elsa Morante (1912-1985). L’île d’Arturo. Traduit de L’isola di Arturo (1957) par Michel Arnaud (1963). L’île d’Arturo : mémoires d’un adolescent, Gallimard, impr. 2018 (Folio ; 1076), ISBN 978-2-07-037076-4, page 436.…
Durante quell’intervallo, sull’isola regnò un’estate ferma e stupenda ; mentre che nella Casa dei guaglioni il tempo maturava, oscuro e inconstante, verso la tempesta finale…
Elsa Morante (1912-1985). L’isola di Arturo (1957). L’isola di Arturo, Einaudi, 2014 (ET Scrittori), ISBN 978-88-06-22264-2, page 275.
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Toute la nuit ce vent a hurlé, sous les portes, dans les failles des murs, dans la tête, les vallées, le cœur, le sommeil. […] Des gens ont parlé, ils avaient peur, ils ont dit : c’est le bruit des convois, c’est celui de la guerre. Ils voyaient dans les plaintes du vent des signes de l’Est, ces signes de mort, vous savez comme ils sont, comme nous sommes, dans quel trouble de nos esprits, dans quel oubli, toujours, de toute raison, comment nous sommes toujours prêts à rejoindre la caverne noire de notre peur des loups. Mais non, ce n’était rien, rien que bruits de la mer et du vent. Et vous voyez, le soleil s’est levé sur le monde.
Marguerite Duras (1914-1996). L’été 80 (1980). Dans : Œuvres complètes III / Marguerite Duras, Gallimard, impr. 2014 (Bibliothèque de la Pléiade ; 596), ISBN 978-2-07-012229-5, page 838.
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Bruno Martino (1925-2000) | Estate. Bruno Brighetti, paroles ; Bruno Martino, musique.
Bruno Martino, chant ; orchestre dirigé par Ib Glindemann. Italie, 1960. 1ère publication sous le titre : « Odio l’estate ».
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Estate
Sei calda come i baci che ho perduto
Sei piena di un amore che è passato
Che il cuore mio vorrebbe cancellare
Été
Tu es chaud comme les baisers que j’ai perdus
Tu es plein d’un amour que je n’ai plus
Et que mon cœur voudrait oublier.
Odio l’estate
Il sole che ogni giorno ci donava
Gli splendidi tramonti che creava
Adesso brucia solo con furor
Je hais l’été,
Le soleil qu’il nous donnait chaque jour
Et qui formait de si beaux crépuscules
N’est plus à présent qu’une fureur qui brûle
Tornerà un altro inverno
Cadranno mille petali di rose
La neve coprirà tutte le cose
E il cuore un po’ di pace troverà
Un nouvel hiver viendra
Tomberont mille pétales de rose
Et la neige couvrira toute chose
Alors mon cœur un peu de paix retrouvera.
Odio l’estate
Che ha dato il suo profumo ad ogni fiore
L’ estate che ha creato il nostro amore
Per farmi poi morire di dolor
Je hais l’été
Qui a donné son parfum à chaque fleur
L’été qui a créé notre amour
Pour me faire ensuite mourir de douleur.
… … Bruno Brighetti (1926-2018). Estate (1960). Bruno Brighetti (1926-2018). Été, traduit de : Estate (1960) par L. & L.
Mais au centre du vide il y a une autre fête

Toulouse (Occitanie, France), rue d’Astorg, 16 août 2019
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A veces parece
que estamos en el centro de la fiesta.
Sin embargo,
en el centro de la fiesta no hay nadie.
En el centro de la fiesta está el vacío.Pero en el centro del vacío hay otra fiesta.
Roberto Juarroz (1925-1995). Extrait de : Duodécima Poesía Vertical, 1991.………
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On dirait parfois
que nous sommes au centre de la fête.
Cependant
au centre de la fête il n’y a personne.
Au centre de la fête c’est le vide.Mais au centre du vide il y a une autre fête.
Roberto Juarroz (1925-1995). Extrait de : Douzième poésie verticale, traduit de l’espagnol par Fernand Verhesen. Dans : Roberto Juarroz, présentation de Michel Camus, Éditions La Différence, 1993, (Orphée ; 147).
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- Roberto Juarroz dans Wikipédia (fr)
Mina | Come sinfonia
Sogno, sogno
e tu sei con me
chiudo gli occhi
e in cielo splende già
una luce.
[…]
Ascolto
e ti sento ancora più vicino
la musica che sento
è come sinfonia
[…]
Pino Donaggio. Come sinfonia (extrait).………
Je rêve, je rêve
Et tu es avec moi.
Je ferme les yeux
Et dans le ciel resplendit déjà
Une lumière.
[…]
J’écoute
Et je te sens encore plus près.
La musique que j’entends
Est comme symphonie.
[…]
Si vous avez vu Douleur et gloire, le dernier film de Pedro Alomdóvar (et l’un des meilleurs, selon moi), vous avez entendu cette interprétation de Come sinfonia par la géniale Mina.
Come sinfonia (« Comme une symphonie ») concourait au Festival di Sanremo en 1961, présentée par son auteur-compositeur, Pino Donaggio. Bien qu’elle n’ait pas remporté la victoire, c’est elle qui a connu ensuite le plus grand succès commercial des chansons en compétition, grâce en particulier à sa reprise immédiate par Mina.
Dans la vidéo que voici, l’image est celle d’un clip réalisé également en 1961 pour la chanson Io bacio tu baci, montée sur la bande-son de Come sinfonia par le « youtubeur » Mister 2 note. Elle est superbe (la coiffure même de la chanteuse est une authentique œuvre d’art).
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Mina [Anna Maria Mazzini] | Come sinfonia. Pino Donaggio, paroles & musique.
Mina, chant ; Orchestra Tony De Vita ; Antonio De Vita, direction. Italie, 1961. Enregistrement sonore utilisé dans la bande originale du film Dolor y gloria (Douleur et gloire), écrit et réalisé par Pedro Almodóvar, sorti en 2019.
Vidéo (image) : extraite d’un clip réalisé en 1961 pour la chanson Io bacio tu baci, interprétée par Mina. Montage réalisé par Mister 2 note. 2019 (mise en ligne).
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La voyageuse

Madame ! Que faites-vous ici, à Urbin ? Vous êtes en villégiature sans doute.
De passage. C’est ça. Vous parcourez l’Europe. Inverness, Göttingen, la mer de paille, la grande porte de Kiev.
Qu’avez-vous vu à Göttingen ? À Marienbad ?
Demain l’île de Krk, puis l’île de Sein, celles de la Frise ; vous aimez les îles. Et l’Engadine, Tolède, Salonique, Helsinki, les Dardanelles, quel beau voyage ! Que de photographies ! N’allez-vous pas les confondre, une fois retournée dans vos enfers familiers ?
Peu importe, n’est-ce pas. L’important c’est de les avoir prises. Vous reviendrez l’année prochaine.
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Έλλη Πασπαλά [Éllī Paspalá] | Youkali, tango-habanera. Roger Fernay, paroles ; Kurt Weill, musique. Musique extraite de la musique de scène composée par Kurt Weill pour la pièce de théâtre Marie Galante (1934), de Jacques Deval (1890–1972), d’après son roman Marie Galante (1931). Les paroles ont été ajoutées en 1935.
Έλλη Πασπαλά [Éllī Paspalá], chant ; Θεόδωρος Κοτεπάνος [Theódōros Kotepános], arrangements et direction d’orchestre.
Extrait de l’album Στη Λάμψη του Φεγγαριού [Stī Lámpsi tou Fengarioú]. Grèce, 1988.
António Zambujo | Catavento da Sé
Da minha rua eu vejo ao longe o catavento da sé
E o galo gira ao sabor do vento que vira com a maré
Gira pelo próprio pé
Contra o tempo que gira o relógio da torre da sé
Miguel Araújo. Catavento da Sé (extrait).De ma rue je vois au loin la girouette de la cathédrale
Le coq tourne au gré du vent qui change avec la marée
Il tourne sur sa patte
À rebours du temps qui fait tourner l’horloge du clocher
Un joli mot que catavento (ou cata-vento). En portugais, il désigne la girouette. Quant à sé, qui vient du latin sedes (« siège ») et qu’il faut prononcer « sè », c’est le mot le plus couramment utilisé pour « cathédrale » : a sé de Lisboa.
Catavento da sé est une chanson extraite de l’album Do avesso (« À l’envers »), publié en novembre 2018 par António Zambujo, actuellement chanteur pop. Un grand succès au Portugal, et pourtant tout y a un air de déjà entendu. À une oreille française du moins, ça évoque parfois Michel Jonasz, ou des manières de chanter des années 70, ou encore, comme ici, certains yé-yés nonchalants des années 63, 64, 65, Bobby Solo, Richard Anthony, Danyel Gérard… C’est ça : Danyel Gérard. Vous vous souvenez ? « Il pleut dans ma maison ah ah oh oui, car toutes les tuiles s’en vont ah ah oh oui… » En son temps, l’art de Danyel Gérard ne s’était pas répandu jusqu’à Lisbonne. Voici que cette lacune se comble, au ravissement du Portugal.
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António Zambujo | Catavento da Sé. Miguel Araújo, paroles & musique (musique d’après Acorda Maria, acorda), chanson traditionnelle de l’Alentejo.
António Zambujo, chant, guitare acoustique ; Nuno Rafael, guitare acoustique ; Ricardo Cruz, basse électrique ; Filipe Melo, orgue Hammond ; Nuno Rafael & João Moreira, percussions ; Filipe Melo, João Moreira & Nuno Rafael, arrangements et chœurs. Extrait de l’album Do avesso / António Zambujo, Portugal, ℗2018.
Vidéo : Bruno Ferreira, réalisation. Production : Casper Films. Portugal, 2019
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António Zambujo
Do avesso (2018)
Do avesso / António Zambujo. — Production : Portugal : Sons em Trânsito, sous licence Universal Music Portugal, ℗2018.
CD : Universal Music Portugal, 2018. — EAN 0602577218989.
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Lula Pena | Come wander with me + Ojos, si queréis vivir
Quelle chaleur. On n’a pas de pouvoir, aucun, rien n’obéit ; les choses glissent, s’échappent de soi. On ne veut rien, on ne veut pas être transporté au paradis, on n’en a pas l’idée, aucune idée ne vient. On est liquide. Souffre-t-on ? On ne sait pas. On est le début ou la fin du monde.
Lula Pena | Come wander with me (1964). Jeff Alexander & Anthony Wilson, paroles et musique. Ojos, si queréis vivir (Espagne, XVIIe siècle). Auteur et compositeur inconnus.
Lula Pena, chant & guitare. Captation : Madrid (Espagne), 9 juin 2017, dans le cadre du programme de concerts de musique portugaise de la Feria del Libro de Madrid.
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Rundinella dans l’auto
Passagère. — Mince. Ma porte est bloquée. Je vais être obligée de sortir de ton côté.
Conductrice. — Rhaah encore. Oui la mienne aussi est bloquée. Elle remet ça, j’en ai marre. J’en ai marre.
P. — Qui remet quoi ?
C. — Cette bagnole de merde. On ne sortira pas tant qu’on n’aura pas fait ce qu’elle veut.
P. — Quoi ?
C. — C’est une perverse. Une française d’ailleurs, pas étonnant. Ceux-là pour emmerder les gens ils sont champions du monde.
P. — Ma mère est française je te rappelle.
C. — Eeeh oui. Bon. Qu’est-ce qu’elle a écrit sur l’écran ?
P. — Rundinella.
C. — Tu l’as pas oubliée j’espère ? Faut qu’on la chante, c’est ça qu’elle veut.
P. — Non non c’est bon, je la connais.
C. — Bon, on y va. Applique-toi. Elle est capable de nous faire recommencer sinon.
Ebbanesis | Rundinella (1918). Rocco Galdieri, paroles ; Gaetano Spagnolo, musique.
Ebbanesis, duo vocal et instrumental.
Vidéo : Italie, octobre 2018 (mise en ligne).
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la calle, sola a medianoche,
Doblaba en eco vuestro paso.
Llegados a la esquina fue el momento:
Arma presta, el espacio.Eras tú quien partía,
Fuiste primero tú el que rompiste,
Así el ánima rompe sola,
Con terror a ser libre.Y entró la noche en ti, materia tuya
Su vastedad desierta,
Desnudo ya del cuerpo tan amigo
Que contigo uno era.
Luis Cernuda (1902-1963). Despedida, extrait de Poemas para un cuerpo (1957).………
La rue, vide à minuit,
Doublait en écho votre pas.
Arrivés au coin, ce fut le moment :
Arme preste, l’espace.C’était toi qui partais,
Ce fut toi le premier à rompre.
Ainsi l’âme rompt seule,
Dans la terreur d’être libre.En toi la nuit entra, ta matière
Son étendue déserte,
Dépouillé du corps tant aimé,
Qui avec toi ne faisait qu’un.
Luis Cernuda (1902-1963). Adieux, traduit de Despedida par Bruno Roy. Extrait de : Poèmes pour un corps (1957).
Dans : Poèmes pour un corps / Luis Cernuda ; [illustrations de] Luis Caballero ; [texte français de Bruno Roy]. France : Fata Morgana, impr. 2010. Bilingue espagnol français. ISBN 978-2-85194-781-9. P. 9.
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Celeste Rodrigues (1923-2018) | Meu corpo. José Carlos Ary dos Santos, paroles ; Fernando Tordo, musique.
Celeste Rodrigues, chant ; Bernardo Couto, guitare portugaise ; Diogo Clemente, guitare classique (viola de fado) et direction musicale ; Nando Araujo, basse acoustique.
Vidéo : extrait du spectacle Cabelo branco é saudade, créé au Teatro Nacional São João, mis en scène par Ricardo Pais. 2005.
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Se ouvires o chorar duma criança
Ou um grito de vingança, sou euSou eu, de cabelo solto ao vento
Com olhar e pensamento no teu
Sou eu, na raíz do sofrimento
Contra ti e contra o tempo, sou eu
José Carlos Ary dos Santos (1937-1984). Meu corpo (extrait).………
Si tu entends un enfant qui pleure
Ou un cri de vengeance, c’est moi.C’est moi, les cheveux au vent
Les yeux et la tête pleins de toi
C’est moi, à la racine de la souffrance
Contre toi et contre le temps, c’est moi !
José Carlos Ary dos Santos (1937-1984). Mon corps (extrait), traduit de : Meu corpo par L. & L..
Fréhel | Où sont tous mes amants ?
Comme un lundi.
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Fréhel (1891-1951) | Où sont tous mes amants ?. Charlys (Charles André Cachan) et Maurice Vandair, paroles & musique.
Fréhel, chant ; accompagnement d’orchestre ; Pierre Chagnon, direction.
Enregistrement : France, 1935.



