La chanson du dimanche [69]. Nella vecchia fattoria
Il geniale Quartetto Cetra.
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Quartetto Cetra • Nella vecchia fattoria. Giovanni Giacobetti, paroles ; Gorni Kramer & Virgilio Savona, musique. D’après la chanson traditionnelle britannique Old MacDonald had a farm (18e siècle).
Quartetto Cetra, quatuor vocal (Felice Chiusano, Giovanni [dit Tata] Giacobetti, Lucia Mannucci & Virgilio Savona) ; accompagnement d’orchestre ; Virgilio Savona, direction.
Première publication : Italie, 1949.
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Nella vecchia fattoria (ia-ia-o)
Dove c’è lo zio Tobia (ia-ia-o)
C’è un bel cortil, un orticel
Un gran recinto col cancel
C’è vicin la ferrovia (ia-ia-o)Dans la vétuste fermette
Où vit la tante Antoinette
Il y a une belle cour, un potager,
Un grand enclos et son entrée
Tout près de la voie ferréeNella vecchia fattoria (ia-ia-o)
Quante bestie ha zio Tobia (ia-ia-o):
C’è la capra (bee), capra (bee), ca-(bee)-ca-(bee)-capra (bee)
Nella vecchia fattoria (ia-ia-o)Dans la vétuste fermette
Combien de bêtes a tante Antoinette ?
Il y a une chèvre (bèè), chèvre (bèè), chè (bèè), chè (bèè), chèvre (bèè)
Dans la vétuste fermetteAttaccato a un carrettino (ia-ia-o)
C’è un quadrupede piccino (ia-ia-o):
L’asinel (ih-oh), -nel (ih-oh), -nel-(ih)-nel-(ih)-nel (ih-oh)
C’è la capra (bee), capra (bee), ca-(bee)-ca-(bee)-capra (bee)
Nella vecchia fattoria (ia-ia-o)Attelée à la carriole
On peut voir une bestiole,
Un p’tit âne (hi han), âne (hi han), âne (hi), âne (hi), âne (hi han)
Il y a une chèvre (bèè), chèvre (bèè), chè (bèè), chè (bèè), chèvre (bèè)
Dans la vétuste fermetteTra le casse e i ferri rotti (ia-ia-o)
Dove i topi son grassotti (ia-ia-o)
C’è un bel gatto (miao), gatto (miao), ga-(mia)-ga-(mia)-gatto (miao)
L’asinel (ih-oh), -nel (ih-oh), -nel-(ih)-nel-(ih)-nel (ih-oh)
C’è la capra (bee), capra (bee), ca-(bee)-ca-(bee)-capra (bee)
Nella vecchia fattoria (ia-ia-o)Entre les caisses et la ferraille
Où les rats sont de grande taille
Il y a un gros chat (miaou), chat (miaou), chat (mia), chat (mia), chat (miaou)
Un p’tit âne (hi han), âne (hi han), âne (hi), âne (hi), âne (hi han)
Il y a une chèvre (bèè), chèvre (bèè), chè (bèè), chè (bèè), chèvre (bèè)
Dans la vétuste fermetteSempre grasso e tanto grosso (ia-ia-o)
Sempre sporco il più non posso (ia-ia-o)
C’è il maiale (oink), -iale (oink), -ia-(oi)-ia-(oi)-iale (oink)
C’è un bel gatto (miao), gatto (miao), ga-(mia)-ga-(mia)-gatto (miao)
L’asinel (ih-oh), -nel (ih-oh), -nel-(ih)-nel-(ih)-nel (ih-oh)
C’è la capra (bee), capra (bee), ca-(bee)-ca-(bee)-capra (bee)
Nella vecchia fattoria (ia-ia-o)Toujours gros et grassouillet
Toujours sale, toujours crotté
Il y a un cochon (groin), chon (groin), chon (gr), chon (gr), chon (groin)
Il y a un gros chat (miaou), chat (miaou), chat (mia), chat (mia), chat (miaou)
Un p’tit âne (hi han), âne (hi han), âne (hi), âne (hi), âne (hi han)
Il y a une chèvre (bèè), chèvre (bèè), chè (bèè), chè (bèè), chèvre (bèè)
Dans la vétuste fermettePoi sull’argine del fosso (ia-ia-o)
Alle prese con un osso (ia-ia-o)
C’è un bel cane (bau), cane (bau), ca-(bau)-ca-(bau)-cane (bau)
C’è il maiale (oink), -iale (oink), -ia-(oi)-ia-(oi)-iale (oink)
C’è un bel gatto (miao), gatto (miao), ga-(mia)-ga-(mia)-gatto (miao)
L’asinel (ih-oh), -nel (ih-oh), -nel-(ih)-nel-(ih)-nel (ih-oh)
C’è la capra (bee), capra (bee), ca-(bee)-ca-(bee)-capra (bee)
Nella vecchia fattoria (ia-ia-o)Et puis, au bord de la fosse,
À se battre avec un os,
Il y a un gros chien (ouah), chien (ouah), chi (ouah), chi (ouah), chien (ouah)
Il y a un cochon (groin), chon (groin), chon (gr), chon (gr), chon (groin)
Il y a un gros chat (miaou), chat (miaou), chat (mia), chat (mia), chat (miaou)
Un p’tit âne (hi han), âne (hi han), âne (hi), âne (hi), âne (hi han)
Il y a une chèvre (bèè), chèvre (bèè), chè (bèè), chè (bèè), chèvre (bèè)
Dans la vétuste fermetteTra le bestie c’è un trattore (ia-ia-o)
Quando gira, che rumore! (Ia-ia-o)
C’è la tromba (aua), tromba (aua), tro-(au)-tro-(au)-tromba (aua)
C’è un bel cane (bau), cane (bau), ca-(bau)-ca-(bau)-cane (bau)
C’è il maiale (oink), -iale (oink), -ia-(oi)-ia-(oi)-iale (oink)
C’è un bel gatto (miao), gatto (miao), ga-(mia)-ga-(mia)-gatto (miao)
L’asinel (ih-oh), -nel (ih-oh), -nel-(ih)-nel-(ih)-nel (ih-oh)
C’è la capra (bee), capra (bee), ca-(bee)-ca-(bee)-capra (bee)
Nella vecchia fattoria (ia-ia-o)Parmi les bêtes il y a un tracteur,
Quand il marche quelle clameur !
Il y a le klaxon (tuuut), klaxon (tuuut), klac (tuuut), klac (tuuut), klaxon (tuuut)
Il y a un gros chien (ouah), chien (ouah), chi (ouah), chi (ouah), chien (ouah)
Il y a un cochon (groin), chon (groin), chon (gr), chon (gr), chon (groin)
Il y a un gros chat (miaou), chat (miaou), chat (mia), chat (mia), chat (miaou)
Un p’tit âne (hi han), âne (hi han), âne (hi), âne (hi), âne (hi han)
Il y a une chèvre (bèè), chèvre (bèè), chè (bèè), chè (bèè), chèvre (bèè)
Dans la vétuste fermetteTexte italien : Giovanni Giacobetti (1922-1988). Nella vecchia fattoria. D’après la chanson traditionnelle britannique Old MacDonald had a farm (18e siècle)
Traduction française ! L. & L.
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Amália • Habito o meu país
Fait suite à :
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Amália Rodrigues (1920-1999). Gostava de ser quem era, nouvelle édition augmentée, Ed. Valentim de Carvalho, 2024.
La nouvelle édition de Gostava de ser quem era comporte 48 plages, alors que l’album original de 1980 n’en comptait que dix. Des 38 en supplément, sept sont issues de captations de concert réalisées en janvier et février 1980 : il s’agissait pour Amália de reprendre contact avec la scène et le public après son accident cardiaque survenu le 20 septembre 1979. Dix-sept autres sont des enregistrements de travail de pièces qui, pour la plupart, allaient figurer sur l’album tel qu’il a été publié en 1980.
Les quatorze restantes sont des enregistrements raisonnablement aboutis, tous réalisés après l’accident cardiaque, entre décembre 1979 et avril 1980 (sauf deux datant de mars 1979) qui auraient pu être publiés mais ne l’ont pas été. Elles ne présentent pas toutes le même intérêt, mais certaines auraient assurément mérité de ne pas rester aussi longtemps inédites. Parmi celles-ci, Habito o meu país :
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Amália Rodrigues (1920-1999) • Habito o meu país. José Cutileiro , paroles ; Armandinho, musique (Fado alexandrino antigo ?).
Amália Rodrigues, chant ; José Fonte Rocha & Carlos Gonçalves, guitare portugaise ; Pedro Leal, guitare ; Joel Pina, basse acoustique.
Enregistrement : Paço d’Arcos (Portugal), studios Valentim de Carvalho, 22 mars 1980.
Première publication dans la nouvelle éd. de l’album Gostava de ser quem era / Amália. Portugal, Edições Valentim de Carvalho, ℗ 2024.
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Habito o meu país. As aves e os rios.
Habito-o com raízes que me prendem à terra
Habito as casas brancas pousadas na colina
E a cidade quente aonde a tarde desce.
J’habite mon pays. Ses oiseaux et ses fleuves.
Je l’habite par des racines qui me tiennent à la terre.
J’habite les maisons blanches posées sur la colline
Et la ville chaude sur quoi le soir descend.
Aqui sofro de pé. Aqui estive sozinho
No dia em que cheguei, no dia em que parti
Aqui me lembrarás depois quando morrer
Aqui te esquecerás também de que morri.
Ici je souffre debout. Ici je me suis trouvé seul
Quand je suis arrivé et quand je suis parti.
Ici tu te souviendras de moi quand je mourrai.
Ici aussi tu oublieras que je suis mort un jour.
Por isso quando o vento do largo me arrefece
E nos ossos eu sinto os países distantes
As pernas se recusam a partir nos navios
Que demandam o mundo do poente ao levante.
Alors, quand le vent froid du large m’assaille,
Que dans mes os je sens tous les pays lointains
Mes jambes se refusent à partir sur les navires
Qui veulent tout du monde, du couchant au levant.
Sou de aqui. Como as pedras. Como o ar que respiro.
− A velha acácia seca novamente floriu –
Se me levassem hoje desta paisagem triste
D. José, a cavalo, ia afogar-se ao rio.
Je suis d’ici. Comme les pierres. Comme l’air que je respire.
− Le vieil acacia sec, voici qu’il refleurit.
Et si on m’arrachait soudain à ce paysage triste,
Dom José*, à cheval, se jetterait dans le Tage.
… … José Cutileiro (1934-2020). [Sans titre] (Habito o meu país), extrait de : O amor burguês (1959).
José Cutileiro (1934-2020). [Sans titre] (J’habite mon pays), traduit de [Sans titre] (Habito o meu país), extrait de : O amor burguês (1959), par L. & L.
* Dom José : Joseph 1er (José I), roi du Portugal de 1750 à 1777, dit « le Réformateur » (« o Reformador »). Sa statue équestre orne la Place du Commerce à Lisbonne, laquelle s’ouvre largement sur le Tage.
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Le poème est de José Cutileiro (1934-2020), anthropologue de formation, diplomate de métier, en outre journaliste et poète. Habito o meu país figure, sans titre, dans son recueil O amor burguês de 1959.
À ma connaissance, c’est le seul poème de Cutileiro qu’Amália ait jamais chanté. Son thème est en effet en résonance avec l’attachement puissant qui liait la chanteuse à son pays – mais comment l’a-t-elle découvert ? Mystère. Connaissait-elle le poète ? Le livret d’accompagnement de l’album, très pauvre, est presque vide d’informations (en dehors d’une longue interview d’Amália parue à la sortie du disque, en novembre 1980).
Quant à la musique, il est tout juste indiqué qu’elle est d’Armandinho (Armando Freire, 1891-1946, l’un des plus grands joueurs de guitare portugaise qu ‘ait connu le fado de Lisbonne). Armandinho a composé nombre de musiques de fados, auxquels les fadistes de toutes générations n’ont pas manqué de recourir. Celui utilisé par Amália est probablement un fado « alexandrino » (composé pour des alexandrins). Armandinho en a composé plusieurs. Par exemple le Fado alexandrino « antigo » :
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Armandinho (Armando Freire ; 1891-1946) • Fado alexandrino. Armandinho, musique.
Armandinho, guitare portugaise ; Georgino de Souza, guitare.
Enregistrement : Lisbonne, Teatro São Luís, 12 octobre 1928.
Royaume-Uni, His master’s voice, 1928 ou 1929.
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Jesce Sole!
Jesce sole, jesce sole
nun te fa’ cchiù suspirà!
Siente maje ca le ffigliuole
hanno tanto da prià?
Anonyme napolitain. Jesce sole (12e siècle)Lève-toi, soleil !
Ne soupire plus !
Ne sais-tu pas que tes filles
Ont mille prières à t’adresser ?
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Roberto De Simone (né en 1933) • La gatta Cenerentola (1976). Atto I, Jesce Sole. « Favola in musica » de Roberto De Simone, d’après La gatta Cenerentola, de Giambattista Basile (1575-1632).
Antonella D’Agostino, chant ; Nuova Compagnia di Canto Popolare, ensemble vocal ; Orchestre de la Compagnia Il Cerchio ; direction Antonio Sinagra.
Enregistrement : Naples (Italie), Zeus record studio.
Extrait de l’album : La gatta Cenerentola / Roberto De Simone. Italie, EMI, ℗ 1976.
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Bonne année !
Amália • Gostava de ser quem era (nouvelle édition, 2024)

Amália Rodrigues (1920-1999). Gostava de ser quem era, nouvelle édition augmentée, Ed. Valentim de Carvalho, 2024.
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La maison Valentim de Carvalho poursuit sa réédition intégrale de la discographie d’Amália Rodrigues, avec Gostava de ser quem era (« J’aimerais être celle que j’étais »), un album très singulier publié initialement en 1980, cette fois remastérisé et augmenté d’un très grand nombre d’enregistrements inédits.
Après Com que voz (1970) et Cantigas numa língua antiga (1977), deux albums splendides entièrement composés par Alain Oulman sur des poèmes de grands auteurs, voici un recueil d’une humilité presque brutale : tous les textes sont d’Amália, les musiques de ses deux guitaristes, Carlos Gonçalves et José Fontes Rocha, moins inspirés que leur collègue français.
Et puis il y a la voix d’Amália, altérée, dépouillée de son lustre, comme rendue au bout d’elle-même. C’est que, au terme de tant de voyages incessants, de concerts sur tous les continents du monde, sans parler des dures années de l’après Révolution des œillets, l’organisme a fini par craquer : en septembre 1979, voici que la chanteuse est victime, en plein récital près de Lisbonne, d’une attaque cardiaque. Spectacle interrompu, hospitalisation… Il y aura désormais cette voix triste, douloureuse, rétive, avec parfois des embellies suivies d’autant de rechutes. Et l’obsession de la mort qui s’installe durablement et qui imprègne son nouveau répertoire.
Gostava de ser quem era peut mettre mal à l’aise tellement cet album qui semble né d’un crépuscule expose – avec une grande pudeur – l’intimité d’une souffrance. Tive um coração, perdi-o (« J’avais un cœur, je l’ai perdu »), accompagné seulement de la guitare portugaise de Fontes Rocha, en est le passage le plus déchirant et (selon moi) le plus beau.
Le morceau d’ouverture, Lavava no rio, lavava (« J’allais laver dans le fleuve »), donne le ton de l’album :
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Amália Rodrigues (1920-1999) • Lavava no rio, lavava. Amália Rodrigues , paroles ; José Fonte Rocha, musique.
Amália Rodrigues, chant ; José Fonte Rocha & Carlos Gonçalves, guitare portugaise ; Pedro Leal, guitare ; Joel Pina, basse acoustique.
Enregistrement : Paço d’Arcos (Portugal), studios Valentim de Carvalho, 29 ou 30 septembre 1980.
Première publication dans l’album Gostava de ser quem era / Amália. Portugal, Edições Valentim de Carvalho, ℗ 1980.
Enregistrement remasterisé : Gostava de ser quem era [édition 2024] / Amália. Portugal, Edições Valentim de Carvalho, ℗ 2024.
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Lavava no rio, lavava
Gelava-me o frio, gelava
Quando ia ao rio lavar
Passava fome, passava
Chorava, também chorava
Ao ver minha mãe chorar
J’allais laver dans le fleuve.
Et le froid me gelait
Quand j’allais au fleuve laver.
J’avais faim, oui faim.
Je pleurais, je pleurais aussi
De voir ma mère pleurer.Cantava, também cantava
Sonhava, também sonhava
E na minha fantasia
Tais coisas fantasiava
Que esquecia que chorava
Que esquecia que sofria
Je chantais, je chantais aussi,
Je rêvais, je rêvais aussi,
Et dans mon imagination
J’inventais tant de choses
Que j’oubliais que je pleurais,
Que j’oubliais que je souffrais.
Já não vou ao rio lavar
Mas continuo a chorar
Já não sonho o que sonhava
Se já não lavo no rio
Porque me gela este frio
Mais do que então me gelava
Je ne vais plus au fleuve laver
Mais je continue à pleurer.
Je ne rêve plus ce que je rêvais.
Si je ne lave plus dans le fleuve,
Pourquoi ce froid me gèle-t-il
Plus encore qu’il le faisait alors ?
Ai minha mãe, minha mãe
Que saudades desse bem
E do mal que então conhecia
Dessa fome que eu passava
Do frio que me gelava
E da minha fantasia
Ah ma mère, ma mère,
Quelle nostalgie de ce temps
Où j’étais heureuse et malheureuse,
De cette faim que j’avais,
Du froid qui me gelait
Et des rêves que je faisais !
Já não temos fome, mãe
Mas já não temos também
O desejo de a não ter
Já não sabemos sonhar
Já andamos a enganar
O desejo de morrer
Nous n’avons plus faim, mère,
Mais nous n’avons plus non plus
Le désir de ne pas l’avoir.
Nous ne savons plus rêver.
Nous ne savons plus
Que tromper le désir de mourir.
… … Amália Rodrigues (1920-1999). Lavava no rio, lavava (1980).
Amália Rodrigues (1920-1999). J’allais laver dans le fleuve, traduit de Lavava no rio, lavava (1980) par L. & L.
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La musique, de Fontes Rocha, rappelle certains fados traditionnels. De fait Amália a d’abord chanté ce poème sur le Fado cravo d’Alfredo Marceneiro, ainsi qu’en témoigne une captation publique, réalisée en février 1980, incluse dans la nouvelle édition. Une version qui ne convainc pas complètement (peut-être parce qu’elle était insuffisamment rodée).
Quant au morceau qui donne son titre à l’album, le voici. Musique de Carlos Gonçalves.
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Amália Rodrigues (1920-1999) • Gostava de ser quem era. Amália Rodrigues , paroles ; Carlos Gonçalves, musique.
Amália Rodrigues, chant ; José Fonte Rocha & Carlos Gonçalves, guitare portugaise ; Pedro Leal, guitare ; Joel Pina, basse acoustique.
Enregistrement : Paço d’Arcos (Portugal), studios Valentim de Carvalho, 29 ou 30 septembre 1980.
Première publication dans l’album Gostava de ser quem era / Amália. Portugal, Edições Valentim de Carvalho, ℗ 1980.
Enregistrement remasterisé : Gostava de ser quem era [édition 2024] / Amália. Portugal, Edições Valentim de Carvalho, ℗ 2024.
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Tinha alegria nos olhos
Tinha sorrisos na boca
Tinha uma saia de folhos
Tinha uma cabeça louca
J’avais de la joie dans les yeux
J’avais le sourire aux lèvres
J’avais une robe à volants
J’avais des folies en tête
Tinha uma louca esperança
Tinha fé no meu destino
Tinha sonhos de criança
Tinha um mundo pequenino
J’avais une folle espérance
J’avais foi en mon destin
J’avais des rêves d’enfant
J’avais tout un monde minuscule
Tinha toda a minha rua
Tinha as outras raparigas
Tinha estrelas, tinha a lua
Tinha rodas de cantigas
J’avais toute ma rue
J’avais les autres filles
J’avais des étoiles, j’avais la lune
J’avais des chansons
Gostava de ser quem era
Pois quando eu era menina
Tinha toda a primavera
Só numa flor pequenina
J’aimerais être celle que j’étais,
Car quand j’étais enfant
J’avais le printemps tout entier
Dans une simple fleur petite.
… … Amália Rodrigues (1920-1999). Gostava de ser quem era (1980).
Amália Rodrigues (1920-1999). J’aimerais être celle que j’étais, traduit de Gostava de ser quem era (1980) par L. & L.
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Frederico Santiago, le responsable de la nouvelle édition, fait valoir que les dix pièces qui constituaient la publication originale sont ici présentées remastérisées et débarrassées d’un effet « d’écho » qui y avait été ajouté en 1980, afin, selon lui, de masquer un tant soit peu la dégradation de la voix de la chanteuse (peine perdue). Cependant le véritable intérêt de cette réédition réside dans les 14 inédits enregistrés en studio tout au long de l’année 1980 (certains même en 1979), sans parler des 17 versions de travail ni des séquences enregistrées en public en janvier et février 1980.
À suivre bien sûr, dans un ou deux billets à venir.
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Très court
Un court instant de jubilation (1 minute 15, on ne peut pas s’en permettre davantage) pour trouer la ténèbre ambiante.
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Michelangelo Falvetti (1642-1692) • Il diluvio universale (1682). Acte IV, In l’Arca di Noè. Mio core festeggia. Michelangelo Falvetti, musique ; Vincenzo Giattini, livret.
Cappella Mediterranea, ensemble instrumental ; Chœur de chambre de Namur ; Leonardo García Alarcón, direction.
Enregistrement : Jujurieux (Ain, France), Centre culturel C. J. Bonnet, du 6 au 10 septembre 2010.
Extrait de l’album Il diluvio universale / Michelangelo Falvetti (1642-1692) ; Leonardo García Alarcón. France, Ambronay Éditions, ℗ 2011.
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Coro a 5
Mio core festeggia
Dal Cielo sparisce
Il nubilo.
Fulgor, che lampeggia
Il seno arricchisce
Di giubilo.
Chœur à 5
Mon cœur, réjouis-toi,
Du ciel disparaissent
Les nuages.
La clarté qui resplendit
Emplit le cœur
De jubilation.
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La chanson du dimanche [67]. La nuit d’été
Le sourire indéchiffrable de Marianne Faithfull.
(Ou bien elle était myope ?)
Sa voix adorable.
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Marianne Faithfull (née en 1946) • La nuit d’été. Marcel Stellman, paroles françaises ; Brian Thomas Henderson & Lisa Strike, musique et paroles originales anglaises. Adaptation française de Summer nights.
Marianne Faithfull, chant ; instrumentistes non identifiés.
Extrait de l’émission Douches écossaises du 7 mars 1966. Jean-Christophe Averty, réalisation. Production : France, ORTF (Office de Radiodiffusion-Télévision Française), 1966.
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Cet hiver est passé
Et je n’ai fait que rêver
Des nuits d’étéï.
Si je vois la vie en rose
Tou en es bien la cause.
Mon cœur est plein de joie
Quand tou es près de moi
Les nuits d’étéï.Dans le petit caféï
Où les mêmes disques passaient,
Nous étions seuls tous les deux
Comme de vrais ameureux.
C’est là que tou m’as embrassée,
Je n’ai jamais oubliéï
La nuit d’été.Nous nous sommes promenés
Tout au long des rochers
Puis après, main dans le main,
Pieds nus su le sable fin
La nuit d’étéï.Dans le petit caféï
Où nous avons danséï,
C’est là que l’on s’est promis
De s’aimer toute la vie.
Et te voilà pou toujours
Mon seul et unique amour
Des nuits d’été.Les nuits d’été.
Les nuits d’été.
Les nuits d’étéMarcel Stellman (1925-2021). La nuit d’été (1966).
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La chanson du dimanche [66]. Dévaste-moi
Brigitte Fontaine (née en 1939) • Dévaste-moi. Brigitte Fontaine, paroles & musique.
Brigitte Fontaine, chant ; Jimmi Walter, arrangement et direction.
Extrait de l’album 13 chansons décadentes et fantasmagoriques / Brigitte Fontaine. France, Disques Jacques Canetti, ℗ 1966.
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Dévaste-moi
Essouffle-moi
Envahis-moi
Et pille-moi
Dépense-moi
Gaspille-moiSaccage-moi
Dilapide-moi
Lapide-moi
Et râpe-moi
Liquide-moi
Émiette-moiRavage-moi
Et presse-moi
Et puis broie-moi
Et puis noie-moi
Et puis bois-moi
Écaille-moiColonise-moi
Piétine-moi
Déglutis-moi
Extermine-moi
Ravage-moi
Délabre-moiRatisse-moi
Corrode-moi
Démantèle-moi
Désintègre-moi
Massacre-moi
Écrabouille-moiMais c’est qu’il le ferait la brute !
Brigitte Fontaine (née en 1939). Dévaste-moi (1966)
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Fado Pintadinho. 3. Camané
Fait suite à :
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Vous l’aimez, le Pintadinho de Camané ? Il l’a enregistré en 2015 pour son album Infinito presente et le reproduit ici en public, trois ans plus tard, à Évora. L’arrangement instrumental, le même que celui de l’album (signé José Mário Branco), est incontestablement plus réussi que celui réalisé par Jorge Fernando pour Ana Moura (voir le billet précédent) – et Camané, raide et engoncé sur scène, a pour lui sa sincérité et sa sensibilité. Les paroles sont de Manuela de Freitas (née en 1940), actrice de théâtre et de cinéma.
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Camané (né en 1966) • Quando o fado acontece. Manuela de Freitas, paroles ; José António Sabrosa, musique (Fado Pintadinho).
Camané, chant ; José Manuel Neto, guitare portugaise ; Carlos Manuel Proença, guitare, arrangement ; Paulo Paz, contrebasse.
Captation : Évora (Alentejo, Portugal), Páteo de São Miguel, 28 juillet 2018, dans le cadre du Festival EA LIVE Évora 2018.
Vidéo : Production : Portugal, EALIVE, 2018.
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Quando uma voz se levanta
Veemente como uma prece
Quando é a alma que canta
É quando o fado acontece
Quand une voix s’élève,
Véhémente comme une prière,
Quand le chant vient de l’âme,
C’est alors qu’advient le fado.
E já não se sabe bem
O que alegra ou entristece
Mas tudo em volta emudece
Quando uma verdade é tanta
Quando uma voz se levanta
Veemente como uma prece
Et on ne sait plus bien
Ce qui réjouit, qui attriste
Mais le silence se fait
Devant tant de vérité
Quand une voix s’élève,
Véhémente comme une prière
É uma pausa, um cansaço
Uma aposta desmedida
Tão inútil como a vida
Uma pedra ou um estilhaço
C’est une pause, une fatigue,
Un pari démesuré
Aussi vain que la vie,
Une pierre ou une écharde
Ou apenas mais um passo
Pra saber que canto é esse
Que ao ouvi-lo mais parece
Que já não vem da garganta
Quando é a alma que canta
É quando o fado acontece
Ou juste un pas de plus
Pour savoir ce qu’est ce chant
Car plus on l’entend et plus il semble
Qu’il ne vient pas de la gorge
Quand le chant vient de l’âme,
C’est alors qu’advient le fado.
… … Manuela de Freitas (née en 1940). Quando o fado acontece (2015).
Manuela de Freitas (née en 1940). Quand le fado advient (19??), traduit de Quando o fado acontece (2015) par L. & L.
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