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Silvana Peres, Marina Mota, etc. • Violência (2026)

25 juillet 2026

Le répertoire de Silvana Peres s’étend jusqu’au fado sans que cette chanteuse, née en 1987, puisse pour autant être qualifiée de fadiste. Les 15 morceaux de son troisième album, A todas as mulheres (« À toutes les femmes », juin 2026) évoquent divers aspects de la condition féminine contemporaine, certains sur des musiques de fados traditionnels, d’autres sur des compositions originales. Les textes (de même d’ailleurs que les musiques originales) sont tous signés par des femmes. Celui de Violência, un fado écrit et composé par Marina Mota (née en 1962), fait référence avec une certaine force à la question de la violence conjugale.

Silvana Peres (née en 1987)Violência. Marina Mota, paroles & musique. Autre titre : Violência doméstica.
Silvana Peres, chant ; Ângelo Freire, guitare portugaise ; Manuel Oliveira, piano ; Ângelo Freire, production musicale.
Enregistrement : Ponte do Rol, Torres Vedras (Portugal), studio Canoa.
Extrait de l’album A todas as mulheres / Silvana Peres. Portugal, Silvana Peres, ℗ 2026.

Os lábios dela
Já só murmuram cansaço
Nas veias dela
Pulsa lento sangue quente.

Sur ses lèvres,
Un murmure épuisé ;
Dans ses veines,
Le lent battement du sang chaud.
Aos braços dela
Já não se cola um abraço.
Isto porque ela
Até se esquece que é gente.

Ses bras
Ne s’ouvrent plus à d’autres bras
Car elle ne sait plus
Qu’elle est encore figure humaine.
A voz calou-se
Como se pecado fosse
Falar-nos da sua dor
E tem no peito
A bater descompassado,
Um coração envergonhado
Só porque senti amor.

Sa voix s’est tue
Comme si c’était pécher
Que de dire sa douleur
Et au fond d’elle,
Désordonné,
Bat un cœur honteux
D’avoir connu l’amour.
Olhem para ela,
Esse corpo fustigado
Onde um grito amordaçado
Por medo já se escondeu.

Regardez-la,
Voyez ce corps meurtri
Où se tapit un cri
Que la peur étouffe.
Reparem nela
Não finjam que não notaram
Que as forças já se esgotaram,
Mas a alma não morreu.

Regardez-la,
Ne dites pas que vous ne voyez pas
Que ses forces l’ont abandonnée ;
Mais son âme vit encore.
Nos olhos dela
Escorre um mar da humiliação.
Vive com ela
A mais dura solidão.

Ses yeux débordent
D’une mer d’humiliation.
Elle a pour compagne
La plus dure des solitudes.
Sorri p’ra ela,
Dá lhe um pouco de atenção
Que a vida dela,
Pode estar na tua mão.

Souris-lui,
Donne-lui un peu de ton attention
Car sa vie,
Tu la tiens peut-être entre tes mains.
A voz calou-se
Como se pecado fosse
Falar-nos da sua dor
E tem no peito
A bater descompassado,
Um coração envergonhado
Só porque senti amor.

Sa voix s’est tue
Comme si c’était pécher
Que de dire sa douleur
Et au fond d’elle,
Désordonné,
Bat un cœur honteux
D’avoir connu l’amour.
Olhem para ela,
Esse corpo fustigado
Onde um grito amordaçado
Por medo já se escondeu.

Regardez-la,
Voyez ce corps meurtri
Où se tapit un cri
Que la peur étouffe.
Reparem nela
Não finjam que não notaram
Que as forças já se esgotaram,
Mas a alma não morreu.

Regardez-la,
Ne dites pas que vous ne voyez pas
Que ses forces l’ont abandonnée ;
Mais son âme vit encore.

Marina Mota (née en 1962). Violência doméstica (1997 ?).
Marina Mota (née en 1962). Violence familiale, traduit de : Violência doméstica (1997 ?), par L. & L.

Violência n’a pas été conçue pour l’album de Silvana Peres. Marina Mota, qui en plus de chanteuse et fadiste est aussi comédienne, l’a écrite à la fin des années 1990 à la demande de Francisco Nicholson (1938-2016), homme de théâtre et de télévision, pour une « revista », c’est à dire un genre typiquement portugais de comédie musicale. Elle-même faisait partie de la distribution de la pièce – dont je n’ai pas trouvé le titre – ; elle y a donc créé son propre fado, qui portait alors le titre de Violência doméstica (« Violence familiale »). Elle le chante ici en public à Lisbonne, en septembre 2024.

Marina Mota (née en 1962)Violência doméstica. Marina Mota, paroles & musique.
Marina Mota, chant ; Guilherme Banza, guitare portugaise ; Bernardo Viana, guitare ; Francisco Gaspar, basse acoustique.
Enregistrement public : Lisbonne, 28 septembre 2024, dans le cadre de la 12e édition du festival « Caixa Alfama ».
Vidéo : Portugal, RTP (Rádio e Televisão de Portugal), 2024.

L’album de Silvana Peres avait été précédé en décembre dernier par la publication anticipée d’une version de Violência donnée par un collectif de quatorze chanteuses qui en assurent la ligne de chant à tour de rôle, parmi lesquelles, outre Silvana Peres : Cristina Branco, Matilde Cid, Sandra Correia, Lina ou Maria Emília, mais aussi Marina Mota qui apparaît à plusieurs reprises dans la vidéo – un peu démonstrative – réalisée pour l’occasion ; notamment, c’est à elle qu’est dévolue la dernière strophe.

Silvana Peres (née en 1987)Violência. Marina Mota, paroles & musique. Autre titre : Violência doméstica.
Silvana Peres, Joana Amendoeira, Cristina Branco, Matilde Cid, Sandra Correia, Beatriz Felício, Lina, Maria Emília, Marina Mota, Sara Paixão, Ana Rita Prada, Ana Margarida Prado, Sofia Ramos & Marta Rosa, chant ; Ângelo Freire, guitare portugaise ; Manuel Oliveira, piano ; Ângelo Freire, production musicale.
Enregistrement : Ponte do Rol, Torres Vedras (Portugal), studio Canoa.
Première publication : Portugal, ℗ 2025. Extrait publié séparément et en avance de l’album A todas as mulheres / Silvana Peres. Portugal, Silvana Peres, ℗ 2026.
Vidéo : Margot Rident, réalisation. Production : Portugal, 2026.

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