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Um fado nasce • Amália Rodrigues

16 Mai 2026

Alberto Janes, auteur-compositeur à ses heures, pharmacien de son état, a fourni à Amália deux de ses plus grands succès : Foi Deus, au tout début des années 1950, et Vou dar de beber à dor – adapté en français sous le titre « La maison sur le port » –, en 1968.

Um fado nasce (« Un fado naît »), qui est aussi de sa plume, est plus ordinaire. La première trace discographique qu’en ait laissée Amália est un enregistrement public réalisé lors d’un hommage au fadiste Filipe Pinto au théâtre Tivoli de Lisbonne en 1962, auquel elle participait aux côtés du gratin des fadistes de l’époque : Alfredo Marceneiro, Lucília do Carmo, Fernando Farinha et Filipe Pinto lui-même.

Voici cet enregistrement. Au début de la plage, alors qu’Amália annonce le morceau qu’elle va chanter un brouhaha éclate dans le public, auquel Filipe Pinto tâche de mettre fin, ajoutant qu’il a entendu ce morceau la veille et qu’il est magnifique (« lindíssimo ») – à quoi Amália rétorque qu’il n’est pas « lindíssimo », qu’il serait plutôt « engraçadinho », « amusant ». Elle le présente ensuite comme étant un nouveau fado d’Alberto Janes, « l’auteur de Foi Deus », qu’elle « chante pour la première fois » (elle trébuche d’ailleurs sur le début du 2e vers).


Amália Rodrigues (1920-1999)Um fado nasce. Alberto Janes, paroles & musique.
Amália Rodrigues, chant ; Domingos Camarinha, guitare portugaise ; Castro Mota, guitare.
Enregistrement public : Lisbonne, théâtre Tivoli, 29 novembre 1962.
Première publication dans l’album Tivoli 62 : espetáculo de homenagem a Filipe Pinto : 29 de novembro de 1962. Portugal, Ed. Valentim de Carvalho, ℗ 2015.

Um fado nasce e só conseguirá viver
Andar nas asas do vento
Se quem o canta tiver sofrido a valer
P’ra lhe emprestar sentimento

Un fado naît, mais il ne vivra
Et ne s’envolera sur les ailes du vent
Que si qui le chante a souffert
Et peut lui prêter ses sentiments.
Não pode cantar-se a dor
Se a dor é desconhecida
E não pode dar calor
Se o calor não for ideia sentida
Ninguém pode cantar rindo
Se estiver sentindo as penas da vida

Comment chanter la douleur
Si on ne l’a jamais connue ?
Comment donner de la chaleur
Si on ne l’a pas ressentie ?
Quand on éprouve en soi les peines de la vie
Comment chanterait-on la joie ?
Cantar o fado não tem segredo, pois não?
Todos o podem fazer
Quem é fadista põe o coração na mão
E canta o que ele disser

Chanter le fado n’a rien de difficile,
Tout le monde peut le faire.
Mais être fadiste c’est tenir son cœur dans la main
Et chanter selon ce qu’il commande.
Dá-lhe alma, dá-lhe expressão
Que na dor é refletida
E então o coração faz a confissão
Toda de seguida
É como quando se chora
Logo se melhora as penas da vida

Donnez-lui de l’âme, donnez-lui l’expression
Qui dans la douleur se reflète
Et le cœur livrera sa confession
Abondante et complète.
De même lorsqu’on pleure,
Les larmes soulagent le mal de vivre.
Um fado nasce e só conseguirá viver
Andar nas asas do vento
Se quem o canta tiver sofrido a valer
P’ra lhe emprestar sentimento

Un fado naît, mais il ne vivra
Et ne s’envolera sur les ailes du vent
Que si qui le chante a souffert
Et peut lui prêter ses sentiments.
Cantar o fado não tem segredo, pois não?
Todos o podem fazer
Quem é fadista põe o coração na mão
E canta o que ele disser

Chanter le fado n’a rien de difficile,
Tout le monde peut le faire.
Mais être fadiste c’est tenir son cœur dans la main
Et chanter selon ce qu’il commande.

Alberto Janes (1911-1971). Um fado nasce (vers 1962).
Alberto Janes (1911-1971). Un fado naît, traduit de : Um fado nasce (vers 1962), par L. & L.

En réalité l’enregistrement de la soirée au Tivoli n’a été publié qu’en 2015. Um fado nasce était connu jusquà cette date par son enregistrement studio réalisé en 1967 et publié la même année :


Amália Rodrigues (1920-1999)Um fado nasce. Alberto Janes, paroles & musique.
Amália Rodrigues, chant ; Raul Nery & José Fontes Rocha, guitare portugaise ; Castro Mota, guitare ; Joel Pina, basse acoustique.
Enregistrement : Paço de Arcos (Portugal), studios Valentim de Carvalho, mars ou avril 1967.
Première publication dans le disque 45t Pedro gaiteiro / Amália. Portugal, Columbia, ℗ 1967.

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