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Le sanglot de la flûte

28 novembre 2015

Cette année le couple qui tient le Spar de mon quartier – un quartier dont la population s’est dans une proportion significative constituée à partir d’immigrations successives, notamment en provenance d’Algérie et du Maroc – a cru bon d’installer, bien visible derrière l’une des deux caisses du magasin, une crèche de Noël. Ils ont réalisé cette installation avec beaucoup de soin, en lieu et place du sapin de plastique des années passées. Qui sait s’ils sont seulement capables de réciter le Notre Père, ni de nommer aucun des quatre évangélistes ? Ils ont fait ça ces jours-ci, alors que le pays est dans la stupeur.

Puissent leurs bulletins de vote leur brûler les doigts dimanche prochain (mais je n’aurai pas la joie de voir leurs mains pansées, vu que je ne remettrai plus les pieds chez eux fût-ce pour une bouteille d’eau) et leur dinde aux marrons les étouffer le soir de Noël. Ou bien qu’ils soient eux-mêmes métamorphosés en volailles, elle en dinde, lui en dindon, et leur monnaie en marrons. Ainsi soit-il.

Donne-moi la flûte et chante
Car le chant est le secret de l’existence
Et le sanglot de la flûte survivra
Quand aura péri l’existence.
Gibran Khalil Gibran [جبران خليل جبران]. Donne-moi la flûte et chante (extrait), traduit de : Atini nay wa ghani [اعطني الناي وغني]. Traduction extraite de l’album Barbara Fairouz / Dorsaf Hamdani (Accords croisés, 2014).

Dorsaf Hamdani [درصاف حمداني] à l’émission Un dimanche idéal sur France musique. France musique, production. Arièle Butaux, production exécutive et présentation. Dorsaf Hamdani [درصاف حمداني], chant ; Lucien Zerrad, arrangements, guitare ; Daniel Mille, arrangements, accordéon, mélodica. Captation : Paris, Maison de la radio, studio 105, 30 janvier 2015. France, 2015. Vidéo : Sasso Sabino.
Dorsaf Hamdani parle de son album Barbara Fairouz (Accords croisés, 2014), et interprète les morceaux suivants :

  • Zahrat Al Madaen [زهرة المدائن], du répertoire de Fairouz [فيروز]. Poème de Saïd Akl [سعيد عقل] ; musique des frères Rahbani [الأخوان رحباني].
  • Dis, quand reviendras-tu ? Barbara, paroles et musique.
  • Atini nay wa ghani [اعطني الناي وغني], du répertoire de Fairouz [فيروز]. poème de Gibran Khalil Gibran [جبران خليل جبران] ; musique de Najib Hankash [نجيب حنكش].
  • Gare de Lyon. Barbara, paroles et musique.

Dorsaf Hamdani [درصاف حمداني]
Barbara Fairouz (2014)

Dorsaf Hamdani | Barbara Fairouz (2014)Barbara Fairouz / Dorsaf Hamdani, chant ; Daniel Mille, direction musicale, arrangements, accordéon ; Lucien Zerrad, arrangements, guitare, oud ; Mohamed Lassoued, violon, oud ; Lofti Soua, percussions. — Production : France : Accords croisés, ℗2014.

CD : Accords croisés, 2014. — Référence : AC 159. EAN 3149028063226.

3 commentaires leave one →
  1. denise permalink
    29 novembre 2015 10:11

    je sens une grosse colère et aussi une grande inquiétude dans votre billet: dans quelle pays va-t-on se réveiller après les élections? Vite, un poème d’Aragon fait toujours des miracles sur un cerveau fatigué

    Epilogue :

    La vie aura passé comme un grand château triste que tous les vents traversent
    Les courants d’air claquent les portes et pourtant aucune chambre n’est fermée
    Il s’y assied des inconnus pauvres et las qui sait pourquoi certains armés

    Les herbes ont poussé dans les fossés si bien qu’on n’en peut plus baisser la

    herse

    Quand j’étais jeune on me racontait que bientôt viendrait la victoire des

    anges

    Ah comme j’y ai cru comme j’y ai cru puis voilà que je suis devenu vieux
    Le temps des jeunes gens leur est une mèche toujours retombant dans les yeux
    Et ce qu’il en reste aux vieillards est trop lourd et trop court que pour eux
    le vent change

    [Refrain] :
    J’écrirai ces vers à bras grands ouverts qu’on sente mon cœur quatre fois y
    battre
    Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
    Je suis le faucheur ivre de faucher qu’on voit dévaster sa vie et son champ
    Et tout haletant du temps qu’il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre

    Je vois tout ce que vous avez devant vous de malheur de sang de lassitude
    Vous n’aurez rien appris de nos illusions rien de nos faux pas compris
    Nous ne vous aurons à rien servi vous devrez à votre tour payer le prix
    Je vois se plier votre épaule A votre front je vois le pli des habitudes

    Bien sûr bien sûr vous me direz que c’est toujours comme cela mais justement
    Songez à tous ceux qui mirent leurs doigts vivants leurs mains de chair dans
    l’engrenage
    Pour que cela change et songez à ceux qui ne discutaient même pas leur cage
    Est-ce qu’on peut avoir le droit au désespoir le droit de s’arrêter un moment

    [Refrain]

    Songez qu’on arrête jamais de se battre et qu’avoir vaincu n’est trois fois
    rien
    Et que tout est remis en cause du moment que l’homme de l’homme est comptable
    Nous avons vu faire de grandes choses mais il y en eut d’épouvantables
    Car il n’est pas toujours facile de savoir où est le mal où est le bien

    Et vienne un jour quand vous aurez sur vous le soleil insensé de la victoire
    Rappelez-vous que nous avons aussi connu cela que d’autres sont montés
    Arracher le drapeau de servitude à l’Acropole et qu’on les a jetés
    Eux et leur gloire encore haletants dans la fosse commune de l’histoire

    [Refrain]

    Je ne dis pas cela pour démoraliser Il faut regarder le néant
    En face pour savoir en triompher Le chant n’est pas moins beau quand il
    décline
    Il faut savoir ailleurs l’entendre qui renaît comme l’écho dans les collines
    Nous ne sommes pas seuls au monde à chanter et le drame est l’ensemble des
    chants

    Le drame il faut savoir y tenir sa partie et même qu’une voix se taise
    Sachez-le toujours le chœur profond reprend la phrase interrompue
    Du moment que jusqu’au bout de lui-même Le chanteur a fait ce qu’il a pu
    Qu’importe si chemin faisant vous allez m’abandonner comme une hypothèse

    [Refrain]

    • 29 novembre 2015 11:31

      Merci Denise.
      Mais je reste pessimiste… Je crois que l’engrenage est en route et que la machine va s’emballer. J’espère que j’ai tort !

  2. denise permalink
    29 novembre 2015 10:15

    pas quelle pays, quel pays, pardon : pénible écriture automatique qui veut écrire les mots à ma place

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