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Marco Oliveira • Gaivotas em terra

10 mai 2021

« Gaivotas em terra, tempestade no mar » (« Mouettes à terre, gros temps sur la mer »), disent les marins.

Gaivotas em terra est aussi le titre d’un fado composé et créé par António dos Santos (1919-1993), matelot dans sa jeunesse, fadiste discret qui s’accompagnait lui-même à la guitare classique. Auteur compositeur autant qu’interprète, son répertoire hésitait entre le fado et la chanson. De même son style de chant, dénué d’ornements contrairement à celui de ses collègues fadistes, s’apparentait à celui d’un chanteur de ballades.

Marco Oliveira est né en 1988. Guitariste lui aussi, il se partage entre son travail d’instrumentiste accompagnateur et une vocation de fadiste qui semble s’affirmer, comme en témoignait déjà son second album (Amor é água que corre, 2016), dans lequel il manifestait une grande sûreté d’expression autant qu’une parfaite indifférence vis-à-vis des dérives du fado commercial actuel. On y trouvait une reprise de Gaivotas em terra — preuve que ce jeune homme connaît ses classiques et qu’il sait choisir ce qui convient à sa voix et à son type de chant.

On attend avec curiosité son troisième album, annoncé pour ce 28 mai et dont un extrait prometteur, Nenhum de nós, est disponible depuis le mois dernier.

Marco OliveiraGaivotas em terra. Mascarenhas Barreto, paroles ; António dos Santos, musique.
Marco Oliveira, chant, guitare ; Bernardo Couto, guitare portugaise ; João Penedo, contrebasse ; João Barradas, accordéon.
Vidéo : Ariel Pinheiro, réalisation. Captation réalisée en public. Portugal, 2017 (mise en ligne).


Gaivotas em terra, de asas fechadas;
marujos sem rumo, num banco dum bar;
barcaças dormentes, no cais ancoradas;
meninas morenas que pensam casar…

Mouettes à terre, les ailes repliées,
Marins désœuvrés assis dans un bar,
Barques dormantes, amarrées au quai,
Jeunes filles qui rêvent d’amour…

Preciso é que voem, que batam as asas;
preciso é que deixem as altas janelas;
preciso é que saiam as portas das casas;
preciso é que soltem amarras e velas…

Qu’elles volent, qu’elles ouvrent leurs ailes !
Qu’elles quittent les fenêtres !
Qu’elles sortent des maisons !
Qu’elles larguent amarres et voiles !

As asas são duas, se acaso uma ave
quiser cortar céu, lançar-se no ar…
A barca só voga, se a brisa suave
quiser, ternamente, casá-la com o mar…

Les ailes vont par deux, si un oiseau
Se jette dans le ciel pour fendre l’air.
Et la barque ne vogue que si la douce brise
Vient tendrement lui faire épouser la mer.

*Marujos sozinhos, pensando outro mundo…
Meninas em casa, fiando desejo…
Preciso é que cruzem seu olhar profundo;
Preciso é que colem as bocas num beijo!

*Marins solitaires, rêvant d’autres mondes,
Jeunes filles au foyer filant leurs désirs…
Il vous faut échanger vos regards,
Et que vos lèvres se joignent dans un baiser.

**Mãos de marinheiro não temem procelas,
Se houver outras mãos, p’ra além vendaval;
Rezando por ele e tecendo outras velas
Mais brancas, mais belas, do seu enxoval!

**Les mains du marin ne craignent pas les tempêtes
Si d’autres mains l’attendent au-delà du gros temps,
Priant pour lui et tissant d’autres voiles
Plus blanches, plus belles, pour leur trousseau !
Mascarenhas Barreto (1923-2017). Gaivotas em terra.
* Strophe absente de l’enregistrement original d’António dos Santos.
** Strophe absente de la version de Marco Oliveira.
.
Mascarenhas Barreto (1923-2017). Mouettes à terre, trad. par L. & L. de Gaivotas em terra.
* Strophe absente de l’enregistrement original d’António dos Santos.
** Strophe absente de la version de Marco Oliveira.

Voici le merveilleux enregistrement original de Gaivotas em terra par son compositeur António dos Santos, publié en 1968 sur un disque 45t, repris en 1972 sur l’album Minha alma de amor sedenta qui fait partie de la discothèque de base de l’amateur de Fado.

António dos Santos (1919-1993)Gaivotas em terra. Mascarenhas Barreto, paroles ; António dos Santos, musique.
António dos Santos, chant, guitare ; António Pessoa, guitare ; Liberto Conde, basse acoustique.
Portugal, ℗ 1968.

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