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Maria Valejo | Sombra triste de ninguém

7 novembre 2018

C’est un souvenir qui vient de loin. Une bribe de ce fado m’est remontée à la conscience il y a quelque temps (ce petit bout : « Sei que era noite e era frio », avec sa mélodie et la voix de la chanteuse) et s’est depuis obstinée à y flotter, revenant sans cesse comme un fétu qui résiste sur le bord du tourbillon et jamais ne disparaît dans la bonde. Elle ne se rattachait à rien. Le reste du fado ne venait pas, ni son titre, ni l’identité de la chanteuse.

J’ai cherché – et trouvé. Le fado, sa chanteuse, et la raison pour laquelle il se trouvait dans un tréfonds quelconque de ma mémoire. Il y a très longtemps, probablement au début des années 80, j’avais acheté une série de trois 33t intitulée Fado, o sentir português, une compilation sur laquelle se trouvait Sombra triste de ninguém (« Ombre triste de personne »), ce fado dont m’était resté, absolument intact, ce seul minuscule extrait. Probablement parce qu’à l’époque c’était le seul passage dont je pouvais comprendre le texte. Cependant le reste, dans sa totalité, m’est revenu en mémoire dès que je l’ai réentendu.

La chanteuse, Maria Valejo, est originaire de la petite ville alentejane de Reguengos de Monsaraz, toute proche de l’Espagne. Au temps de sa pleine activité (les années 60 et 70), elle était surnommée « la fadiste en mini-jupe » (a fadista da mini-saia). Une voix puissante et ductile, très à l’aise dans le fado castiço (celui dit « authentique », par opposition au fado-canção ou « fado-chanson »). C’est pourtant dans le fado-canção qu’elle s’est illustrée surtout, voire dans la chanson tout court, parfois enregistrée sur des arrangements dignes de bals du samedi soir en zone rurale.

Maria Valejo | Sombra triste de ninguém. António Calém, paroles ; Carlos da Maia, musique (Fado Carlos da Maia [quadras]).
Maria Valejo, chant ; Manuel Mendes, José Luís Nobre Costa, guitare portugaise ; Júlio Gomes, guitare ; Raúl Silva, basse acoustique. Portugal : Ovação, ℗1974.

Je n’ai pas trouvé de reproduction du texte. Je me suis donc efforcé de le transcrire comme je le comprends : des erreurs sont possibles.

E partias num navio
Com jeito de naufragar
Sei que era noite e era frio
E eu nem sabia chorar.
Et tu partais dans un navire
Prêt à faire naufrage
Je sais qu’il faisait nuit et froid,
Et je ne savais même pas pleurer.
Quem te mandou para longe,
Para là da terra e de mim?
Que voz trouxe não sei de onde
Aquela palavra fim?
Qui t’a ordonné de partir
Loin d’ici, loin de moi ?
Quelle voix, venue d’où
A crié ce mot « fin » ?
Porque não quebras os laços
Dessa voz que chamava
E não voltas aos meus braços
A sonhares o que eu sonhava?
Pourquoi écoutes-tu encore
Cette voix qui criait,
Pourquoi ne reviens-tu pas dans mes bras,
Rêver le même rêve que moi ?
Ó meu fim, meu desespero,
Minha voz, não sei de quem!
Noite negra em que ainda espero,
Sombra triste de ninguém!
Oh ma fin, mon désespoir,
Ma voix – est-ce la mienne ?
Nuit noire dans laquelle j’attends encore,
Ombre triste de personne !
António Calém. Sombra triste de ninguém.
António Calém. Ombre triste de personne, traduit de Sombra triste de ninguém par L. & L.

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