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Duarte | Sem dor nem piedade (2015)

26 février 2016

Já tentei fazer diferente
Já tentei não me afogar
Mas a força do corrente
Nunca me deixou mudar.
Duarte. Fado escorpião, extrait.

J’ai essayé de faire autrement
J’ai essayé de ne pas me noyer
Mais la force du courant
Ne m’a jamais permis de changer.
Duarte. Fado du scorpion, extrait.

Duarte | Fado escorpião. Duarte, paroles ; Filipe Pinto, musique (Fado meia noite) ; Duarte, chant ; Pedro Amendoeira, guitare portugaise ; Rogério Ferreira, guitare classique. Captation : Paris, Vingtième théâtre, décembre 2014.

Sem dor nem piedade [Sans douleur ni pitié], qui sort aujourd’hui en édition française, est le troisième album de Duarte, jeune fadiste originaire d’Évora trop mal connu en dehors du Portugal — méconnu même dans son propre pays à force de discrétion. Il est vrai qu’il est fadiste et seulement ça. Pas de chansons en anglais par ci par là, pas de sessions d’enregistrement en Amérique, pas même de tropisme brésilien, cap-verdien ou autre. Il lui est arrivé de chanter en grec : on ne saurait être plus à rebours de l’air du temps.

L’album, dont le titre dérive de l’expression portugaise sem dó nem piedade (littéralement : sans compassion ni pitié) est construit comme le récit en quatre actes d’une séparation amoureuse. Composé en majeure partie de fados traditionnels chantés sur les propres poèmes du chanteur, il est remarquable.

La voix et l’art du chant de Duarte font merveille dans les grands fados classiques du répertoire, comme ce Fado meia noite capté dans la vidéo ci-dessus, mais aussi le magnifique Fado cravo d’Alfredo Marceneiro, sur le poème Sete esperanças sete dias [Sept espoirs, sept jours] et le non moins superbe Fado versiculo, du même Marceneiro, sur le poème Nós jurámos tantas coisas tantas vezes [Nous nous sommes juré tant de choses tant de fois]. Le chanteur se montre tout aussi à l’aise dans des chansons au parfum de danses traditionnelles (Vai de roda), des ballades (l’adorable et mélancolique Quadras dum dia sozinho [Quatrains pour un jour solitaire]), ou dans le splendide et dramatique fado-chanson Rosas [Roses].

Duarte était à Toulouse en novembre (et je crois à Paris ces jours-ci, au théâtre de la Ville), pour un concert reprenant peu ou prou le programme de ce nouvel album. Un spectacle d’une très grande qualité. Le fadiste établit d’emblée un contact chaleureux avec le public, qui se laisse conquérir et dont la ferveur grandit au fil des morceaux. C’est aussi un artiste généreux, qui ne mégote pas sur les rappels, même dans une petite salle comme celle de l’espace Croix-Baragnon. Or le public ce soir-là en redemandait sans cesse.

Il a des concerts programmés dans plusieurs salles de France dans les mois qui viennent : il ne faut pas le manquer. À Lisbonne, il se produit régulièrement au Sr. Vinho, la maison de fados de Maria da Fé.

Duarte
Sem dor nem piedade (2015)

Duarte | Sem dor nem piedade (2015)Sem dor nem piedade / Duarte, chant ; Albano Jerónimo, récitant ; José Manuel Neto, guitare portugaise ; Carlos Manuel Proença, guitare classique ; Daniel Pinto, basse acoustique ; Bernardo Moreira, contrebasse ; João Moreira, trompette ; Tomás Pimentel & Diogo Pedro, bugle ; Xavier Ribeiro & Diogo Costa, trombone ; Ricardo Dias, accordéon ; Vicky Marques, percussions ; Carlos Manuel Proença, direction musicale. — Production : Portugal : Alain Vachier Music Productions, ℗2015.

CD : France : Aztec Musique, 2016. — EAN 3760051124700.
Portugal : Alain Vachier Music Productions, 2015. — Réf. commerciale AVM 201223. EAN 8429006762491.

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